Paléo-assyrien

Histoire, institution

H

– K. HECKER, « Zur Dauer des Intervalls zwischen den Schichten karum II und Ib am Kültepe », RAI 34, p. 297-308: reconstitution de la succession des éponymes entre la fin du karum II et le début du karum Ib, les deux périodes étant séparées par moins d’une dizaine d’années. Cette étude doit être désormais corrigée à la lumière de la Kültepe Eponym List découverte par K. Veenhof, publiée dans la série TTKY (Ankara).

L

– M. T. LARSEN, « The Old Assyrian City-State », in: M. H. Hansen (éd. ), A Comparative Study of Thirty City-State Cultures, Copenhague, 2000, p. 77-87.

O

– T. ÖZGÜC, Kültepe Kaniš/Neša : The Earliest International Trade Center and the Oldest Capital City of the Hittites, The Middle Eastern Culture Center in Japan, Tokyo, 2003: Une exposition sur Kültepe organisée à Tokyo est l’occasion pour l’a. de publier en anglais un ouvrage grand public faisant le point sur près de 60 ans de fouilles turques sur le site (début des fouilles en 1948). Après une longue introduction historique, géographique et sur l’administration des kārû (quartiers marchands), l’ouvrage se divise en chapitres dédiés chacun à un type de vestiges particuliers : l’architecture, la céramique, les figurines et les sceaux et scellements, notamment. Quelques textes provenant du site sont également proposés en traduction dans un appendice. [J. Patrier]

S

– H. SEVER et S. ÇEÇEN, “New Developments About Anatolia’s Social History According to the II. Level Documents in Kültepe », Belleten 218, 1993, p. 27-49: éd. complète de trois tablettes de marchands assyriens reflétant les luttes politiques entre les différents royaumes anatoliens.

Géographie

B

– B. J. BEITZEL, « The Old Assyrian Caravan Road in the Mari Royal Archives », in: Mari in Retrospect, p. 35-57: l’interruption du commerce entre Aššur et Kaniš, vers 1775-1755, s’explique par les changements politiques et économiques consécutifs à la bataille de Razamâ (1768-1763) opposant Zimri-Lim à Išme-Dagan. Les anciens alliés d’Išme-Dagan entrent dans la vassalité de Zimri-Lim, qui réoriente le commerce vers l’ouest. Mari, de par sa situation géographique, coupe la route commerciale vers la Cappadoce. L’a. propose des localisations pour Karanâ, Andarig, Qatarâ, Razamâ et le district de l’Idamaras.

F

– M. FORLANINI, « New Evidence and Recent Suggestions on the Anatolian Geography in the Old Assyrian Period », in: Fs Donbaz, 2010, p. 135-142: dans cet article, l’a. revient principalement sur les suggestions émises par C. Michel (in: K. Strobel, New Perspectives on the Historical Geography and Topography of Anatolia in the II and I Millennium BC », 2008, p. 235-252) au sujet de la géographie historique de l’Anatolie centrale. L’a. montre que les arguments utilisés par l’auteur pour réfuter certaines de ses anciennes tentatives de localisation ne sont pas valides. Les textes paléo-assyriens ne fournissent pas vraiment d’itinéraires à proprement parler, il est donc difficile de déterminer la distance et même la situation géographique des toponymes qui y sont mentionnés. L’a. réexamine notamment l’identification Purušhanda (Burušhatum) et la localisation de Turmitta qui est sa voisine. Etant donné que l’identification Purušhanda = Acemhöyük a été remise en question par Barjamovic, C. Michel proposait de voir Purušhanda à Karahöyük. L’a. considère cette proposition comme encore moins plausible que la précédente, car Karahöyük est un site de bien moindre importance par rapport à Acemhöyük. Il ne peut donc pas abriter Purušhanda qui est une ville bien attestée par les textes hittites. Ceux-ci apportent de précieuses informations qui contredisent les propositions de C. Michel, selon l’a. [A. Mouton]

G

– H. D. GALTER, “Gott, König, Vaterland. Orthographisches zu Aššur in altassyrischer Zeit », Fs Hirsch, WZKM 86, 1996, p. 127-141: l’orthographe Aššurki, courante dans les inscriptions royales aux époque d’Akkad et d’Ur III, s’efface au profit d’une graphie syllabique au début du IIe millénaire. Cette césure chronologique semble correspondre à un changement politique et théologique: le dieu de la ville remplace les anciens princes akkadiens et sumériens.

– P. GARELLI, « Hahhum, un relais assyrien sur la route commerciale de la Cappadoce », RAI 34, p. 451-456: la documentation évoquant la ville de Hahhum, étape sur la route commerciale entre Aššur et Kaniš et sans doute située dans la plaine d’Elbistan, montre qu’il s’agit d’un centre de transit plutôt que d’un marché régional.

M

– C. MICHEL, “Durhumid, son commerce et ses marchands », in: Fs Garelli, p. 253-273: étude du rôle économique et juridique du kârum de la ville de Durhumid, située au nord de l’Anatolie, des activités économiques de cette cité (commerce du cuivre, étain, étoffres, métaux précieux), contrôlées par quelques firmes familiales.

Economie, droit, société

B

– E. BILGIÇ, « Anatolisch-assyrische politische Beziehungen und Eidsprozedur bei einheimischer Verwaltung im Lichte der neuen Kültepe Texte », RAI 34, 1998, p. 473-478: le serment politique n’est pas pratiqué seulement entre rois ou avec les autorités du kârum; il est également utilisé avec les hauts dignitaires (e.g. rabi sikkim).

C

– E. W. CASTLE, “Kaniš and Beyond », NABU 1995/88: les 8 exemplaires de poids en plomb en forme de disque retrouvés principalement à Kaniš pourraient témoigner d’échanges commerciaux assyro-égéens via l’Anatolie, par mer le long de la côte sud anatolienne, ou par terre à travers l’Anatolie.

– D. COLLON, « Cappadocia and the Eastern Mediterranean », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 91-100: l’a. étudie la forme d’une barque sur laquelle voyage le dieu Lune sur certains sceaux de Kültepe. Ce type de barque à bords recourbés se retrouve tout au long de l’Euphrate, ce qui, selon l’auteur, indique que les marchands de Kaneš descendaient régulièrement ce fleuve. Par ailleurs, l’auteur propose de reconstruire une route commerciale allant des comptoirs assyriens de Cappadoce jusqu’en Égypte durant le niveau Ib de Kültepe grâce à la présence, sur de nombreux sites jalonnant cette route proposée, de sceaux relevant du « Old Syrian Popular Style ». [A. Mouton]

D

– J. G. DERCKSEN, “On the Financing of Old Assyrian Merchants », in: Trade, p. 85-99: l’étude de la terminologie financière figurant dans la correspondance des marchands montre que ceux-ci finançaient leurs entreprises commerciales sur leurs propres fonds (šaltu) ou à l’aide de capitaux prêtés par d’autres marchands ou banquiers (bûlâtu), investis à long ou à court terme dans des sociétés naruqqum ou ebuttum.

– IDEM, The Old Assyrian Copper Trade in Anatolia, PIHANS 75, Istanbul, 1996, 279: étude sur le cuivre, ses différents qualités, origines et formes selon les textes paléo-assyriens. Remarques à propos du transport, du stockage, mais aussi des poids utilisés. Le commerce de ce matériau, les commercants impliqués et le profit qu’ils espéraient en tirer sont traités. Présentation de vingt textes en trs. et trd.

– IDEM,  » ‘When we met in Hattuš’. Trade according to Old Assyrian Texts from Alishar and Boğazköy », in: Fs Veenhof, p. 39-66: étude de 3 lots d’archives contemporains de la première moitié du niveau Ib du karum de Kaneš, datant du début du XVIIIe s. av. J.-C. Deux de ces lots proviennent d’Alishar: celui de Nabi-Enlil (24 textes: 13 lettres, 1 reçu, 10 memoranda) qui le montrent impliqué dans des activités variées, avec pour partenaire principal Enna-Aššur; celui d’Iddin-kûbum, un marchand qui emploie des revendeurs au détail (13 textes: 4 lettres, 3 documents juridiques et 5 contrats de prêt). Les archives de Daya (18 textes: 12 lettres, 2 protocoles, 3 contrats de prêt, 1 mémorandum), qui est en relations d’affaires avec Nabi-Enlil, ont été trouvées à Hattuša et le montrent important des textiles d’Aššur. L’a. étudie les routes du commerce anatolien documentées par les textes du niveau Ib et conclut à une réorientation du commerce, autour de Mama et dans la boucle du Kızılırmak, et à une diminution du volume des échanges, même si leur contenu semble avoir assez peu varié: l’Anatolie importe toujours de l’étain pour son industrie du bronze et diverses sortes de textiles.

– IDEM, « Observations on Land Use and Agriculture in Kaneš », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 139-157: l’a. recense trois types de terres exploitées par le kārum de Kaneš : 1) des terres non irriguées adaptées à la culture de l’orge et du blé (akkad. eqlum). Selon l’auteur, certaines de ces terres appartiendraient à un groupe de personnes dont chaque membre en gérerait une partie. Ce système aurait en outre perduré à l’époque hittite, d’après l’interprétation que fait l’auteur d’un passage du Code de Lois hittite ; 2) des jardins où poussent légumes, vignes, fruits et fourrage (akkad. kirium) ; 3) la steppe, terre impropre à la culture mais servant de lieu de pacage pour le bétail (akkad. qaqqarim ša merīte). [A. Mouton]

E

– K. EMRE, « New Lead Figurines and Moulds from Kültepe and Kızılhamza », dans Fs N. Özgüç, 1993, p. 169-177. L’a. étudie cinq objets, deux moules et trois figurines en plomb, provenant du site de Kültepe et une figurine de plomb du village de Kızılhamza dans la province de çorum. [J. Patrier]

– EADEM, « Pilgrim-Flasks from level I of the Karum of Kanish », dans H.I.H.P.T. MIKASA éd., Essays on Ancient Anatolia and its Surrounding Civilizations, BMECCJ VIII, Harrassowitz, Wiesbaden, 1995, p. 173-200. L’a. publie une bonne vingtaine de céramiques de type « gourde de pèlerin » (pilgrimflask) provenant des niveaux Ib et Ia du Kârum de Kültepe. Certaines sont des importations syriennes, d’autres des imitations locales. Plusieurs types de pilgrimflasks ont été relevés : elles peuvent être peintes ou non, avoir une ou deux anses, et un corps plat ou arrondi. [J. Patrier]

– EADEM, « Kantharoi from Kültepe/Kanish », dans H.I.H.P.T. MIKASA éd., Essays on Ancient Anatolia in the Second Millenium B.C., BMECCJ X, Harrassowitz, Wiesbaden, 1998, p. 1-24. L’a. publie 41 céramiques des niveaux Ib et Ia du Kârum de Kültepe qualifiées de kantharoi d’après le terme grec. Les caractéristiques principales de ces céramiques sont un orifice quadrilobé, deux anses et un pied plus ou moins élancé. [J. Patrier]

– EADEM, « A group of metal vessels from kārum Kültepe/Kaneš », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 3-12: l’a. présente de la vaisselle métallique mise au jour à Kültepe en contexte funéraire. Parmi ces éléments de vaisselle, on remarquera notamment des « poêles à frire » et une louche perforée à poignée se terminant en tête de canard. Les « poêles à frire » ont des parallèles avec des exemplaires retrouvés à Aššur tandis que l’auteur ne signale aucun parallèle à la louche perforée. Un usage cérémoniel est suggéré pour cette vaisselle, mais étant donné que celle-ci a été trouvée dans une tombe, il pourrait tout aussi bien s’agir de vaisselle de luxe à usage domestique qui aurait suivi son propriétaire « dans l’au-delà ». [A. Mouton]

G

– P. GARELLI, “Le marché de Burušhattum », in: Fs Özgüç, p. 149-152: l’a. analyse les activités commerciales de la ville de Burušhattum, correspondant peut-être à l’actuel site d’Acem höyük. Les marchands, souvent unis par des liens de parenté, se livrent à la vente d’étoffes, d’étain, de cuivre et d’hématite, mettant souvent en jeu des sommes considérables comme l’attestent les jugements du kârum dans certains litiges.

– IDEM, “Remarques sur les sceaux des tablettes ‘cappadociennes' », in: Fs N. Özgüç, p. 209-213: synthèse sur les différents emplois juridiques et économiques des sceaux paléo-assyriens connus, notamment ceux d’Aššur, du karum de Kaniš, des juges et des hommes d’affaires.

– IDEM, “Le commerce assyrien de la Cappadoce au XIXe siècle av. n.e. », Akkadica 88, 1994, p. 1-17: synthèse sur les institutions et les activités commerciales assyriennes, qui fait apparaître le rôle prépondérant de la ville d’Aššur comme entité juridique dotée de la personnalité morale et de pouvoirs judiciaires importants, et les fonctions administratives, sociales et économiques du kârum de Kaniš, composé de deux assemblées, de limmû et d’un comité local de cinq membres (hamuštum). Les échanges commerciaux entre Aššur et l’Anatolie étaient dominés par trois personnages principaux: l’ummi¥ânum, bailleur de fonds; le tamkârum, agent officiel chargé d’effectuer une transaction; le négociant privé. Les temples intervenaient en finançant des expéditions grâce aux biens votifs (ikribû) apportés par les marchands assyriens, qui s’engageaient à les rembourser à date fixe.

– IDEM, « Le problème du tamkârum à l’époque paléo-assyrienne », in: Gs Bilgiç, p. 125-130: la vie commerciale assyrienne se répartit entre trois catégories de personnages: les bailleurs de fonds (ummi’ânû) souvent membres de l’administration, les négociants appartenant à des firmes privées, et les mandataires ou intermédiaires agréés (tamkârû).

– C. GÜNBATTI, “Some Observations about the commercial activities of women in the light of the Kültepe tablets », in: Fs Alp, p. 229-234: les tablettes de Kültepe attestent le rôle des femmes dans la vie économique. Elles s’occupent de la pesée et de l’envoi des textiles vers l’Anatolie, représentent leur mari en voyage dans les procès et gèrent activement les affaires de la firme familiale.

H

– K. HECKER, “Schultexte vom Kültepe », in: Fs N. Özgüç, p. 281-291: étude des dix textes scolaires retrouvés dans le karum de Kaniš, parmi lesquels figurent 4 inédits publiés par l’a. Ces tablettes reflètent une tradition scolaire vivante, sans pour autant démontrer l’existence d’une école au sens institutionnel ou matériel du terme.

– J. HENGSTL, “‘Soll und Haben’ in einer altassyrischen familienrechtlichen Urkunde », ZA 82/2, 1992, p. 212-220: l’analyse de TCL 4, 100 montre que unûtum, “meubles » et ut/tuptum, “ustensiles », appartiennent à une catégorie de mot qui, comme bîtum, “firme », ont un sens spécifique dans le vocabulaire commercial paléo-assyrien. Ce document est généralement compris, en référence aux §§ 59 LE et CH 137, comme un acte de divorce, où le mari laisse à sa femme les biens et les enfants. Pour l’a. il s’agit plutôt d’une transaction, dans laquelle l’époux renonce à la firme familiale (biens, créances, capital) au profit de sa femme, laquelle obtient la garde des enfants. Les deux termes précités désignent respectivement le bien commercial et le capital.

K

– H. KLENGEL, “Syrischer Handel und die Texte aus Kültepe /Kaniš », in: Fs Özgüç, p. 263-268: les tablettes de Kültepe attestent la présence syrienne dans les comptoirs commerciaux paléo-assyriens. Les textes documentent surtout les relations commerciales avec Ebla et Uršu (située peut-être vers Aruâr, et active dès l’époque d’Ur III). En dépit de cet aspect cosmopolite, le kârum de Kaniš n’a pas un caractère international: les habitants des villes syriennes n’ont pas le statut de marchands de Kaniš.

L

– M. T. LARSEN, article “Naruqqu-Verträge », RlA 9, 1998, p. 181-184: synthèse sur un type de contrat de société dans lequel des investisseurs (umme’ânû) sont rattachés à un gérant (šamallâ’um) pour des activités de commerce à longue distance.

– M. T. LARSEN et E. MOLLER, “Five Old Assyrian Texts », in: Fs Garelli, p. 227-252: éd. complète de 5 tablettes, dont 4 provenant d’une collection privée, concernant le remboursement de prêts en argent et les créances de plusieurs marchands. Etude des sceaux.

– S. LUMSDEN, « Material Culture and the Middle Ground in the Old Assyrian Colony Period », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 21-43: l’a. pense que les Anatoliens accélérèrent le processus d’urbanisation à partir de l’arrivée des marchands assyriens. La pratique extensive du commerce aurait incité le développement d’un système administratif centralisé. L’auteur insiste en outre sur le fait que l’art, notamment la glyptique, participa à l’unification des centres culturels anatoliens. Enfin, le contact entre Assyriens et Anatoliens fit évoluer chacune de ces deux communautés dans une aire qui correspond bien au concept du « middle ground », ce lieu caractérisé par l’hybridation de deux cultures. L’auteur insiste à juste titre sur les nombreuses interactions entre Anatoliens et Assyriens, ces derniers ne vivant pas en autarcie, contrairement à ce que certains auteurs ont pu suggérer auparavant. [A. Mouton]

M

– C. MICHEL, “A propos d’un contrat-naruqqu », NABU 1992/112: illustration d’une association commerciale et financière à travers le cas de Šû-Hubur. La mauvaise gestion de ses capitaux par son mandataire, Ikûnum, et l’enquête effectuée par un commissaire aboutissent à la rupture du contrat et au recouvrement des biens engagés.

– EADEM, “Le décès d’un contractant », RA 86/2, 1992, p. 113-119: sur les déboires du même marchand Šû-Hubur, qui avait consenti un prêt d’étain à un nommé Lâlum contre la promesse d’un remboursement en argent. La mort inopinée du débiteur avant l’extinction de sa dette oblige le créancier à produire des témoins, à défaut du contrat, pour rentrer en possesion de son bien.

– EADEM, Innâya dans les tablettes paléo-assyriennes, 2 vol., Paris, 1991, 290 p. et 436 p.: étude du commerce à l’époque paléoassyrienne à partir du remembrement des archives d’un marchand, Innâya. L’a. souligne la difficulté préliminaire de constituer un corpus sûr à cause des nombreux homonymes du personnage, et se livre à un examen onomastique des sources pour répartir les documents entre les deux principaux Innâya, fils d’Elalî ou fils d’Amurâya. L’analyse des activités commerciales de ces individus fait apparaître le rôle essentiel de la famille dans la création de véritables firmes, et le recours à la fraude pour contourner la réglementation anatolienne ou assyrienne. Ed. d’environ 300 tablettes concernant les deux Innâya, le lot contenant de nombreuses lettres, des notices comptables, des contrats et des procès-verbaux.

– EADEM, “Une maison sous scellés dans le kârum », in: Gs Birot, p. 285-290: éd. d’une tablette mentionnant l’homicide d’un nommé Hardûm, dans le quartier des marchands, et l’ouverture d’une enquête menée conjointement par les autorités du kârum et le représentant du roi. La maison de la victime est inventoriée et scellée en attendant la décision du roi sur le sort des biens du défunt.

– EADEM, « Transporteurs, responsables et propriétaires de convois dans les tablettes paléo-assyriennes. Réflexions sur les expressions šêp NP et ellat NP », RAI 38, p. 137-156: étude du sens de deux expressions figurant dans les tablettes économiques: šêp NP désigne le « responsable du transport », qui supervise l’acheminement des biens vers l’Anatolie; ellat NP est pris parfois comme synonyme de l’expression précédente ou qualifie plus précisément le « chef de caravane ».

– EADEM, “Propriétés immobilières dans les tablettes paléo-assyriennes », RAI 40, p. 285-300: la surface moyenne d’une maison modeste est de 70 m2, et dépasse 100 m2 pour certains riches marchands. Ces maisons comportent des pièces d’habitation mais aussi des entrepôts et magasins de stockage, dont les accès sont souvent scellés en guise de protection. L’a. examine ensuite les modes d’accès à la propriété (mariage, succession, achat) et évalue les prix moyens du bâtiment en Anatolie et à Aššur.

– EADEM, “A table avec les marchands paléo-assyriens », RAI 39, p. 95-113: sur les différentes composantes de l’alimentation des marchands assyriens.

– EADEM, “Un témoignage paléo assyrien en faveur du port du voile par la femme mariée », NABU 1997/40: on retrouve des attestations de cette pratique dans la documentation de Kültepe/Kaniš (AKT 3).

– EADEM, “Les enfants des marchands de Kaniš », in: Enfance, p. 91-108: sur le vocabulaire de l’enfance, l’éducation assumée par les deux parents ou les proches, le statut des enfants issus de mariages mixtes et leurs droits successoraux.

– EADEM, « Les Mites d’Assyrie: Moths in the Assyrian Texts of the Second Millenium B.C. », JAOS 118/3, 1998, p. 325-331: sur les dégâts occasionnés par les mites en Assyrie, d’après les lettres des marchands assyriens en Anatolie (XIXe s. av. J.-C.) et les textes de l’archive de Bâbu-aha-iddina, haut fonctionnaire d’Aššur à l’époque médio-assyrienne (XIIIe s. av. J.-C.). Cette étude aborde aussi bien la terminologie employée que les moyens mis en œuvre dans la lutte contre cet insecte.

– EADEM, « A propos d’un testament paléo-assyrien: une femme de marchand “père et mère » des capitaux », RA 94/1, 2000, p. 1-10: commentaire d’un testament retrouvé dans une maison du kârum de Kaniš, dans lequel le disposant instaure sa femme “père et mère » sur les biens qu’elle a reçus de lui. Cette clause est rapprochée des pratiques comparables attestées à Emar et Nuzi.

– EADEM, « Le commerce des Assyriens en Anatolie centrale au début du IIe millénaire av. Jésus-Christ », Méditerranées 30-31, 2001, p. 13-33: synthèse sur le commerce longue distance, les formes juridiques des sociétés (société-tappûtum, entreprise-ellâtum, contrat-naruqqum), et la nature familiale des firmes commerciales.

– EADEM, « Les femmes et les dettes: problèmes de responsabilité dans la Mésopotamie du IIe millénaire avant Jésus-Christ », Méditerranées 34/35, 2003, p. 13-36: les archives des marchands paléo-assyriens, mises en perspective avec le reste de la documentation juridique du IIe millénaire, montrent la participation active des femmes dans la vie économique, et leur capacité à contracter ou consentir des prêts. Elles sont également codébitrices ou solidairement responsables des obligations contractées par leur mari, mais bénéficient parfois aussi d’une indépendance économique qui détermine un régime juridique particulier protégeant leurs biens vis-à-vis des dettes familiales.

R

– R. REMS, “Eine Kleinigkeit zum altassyrischen Eherecht », in: Fs Hirsch, WZKM 86, 1996, p. 355-367: l’a. examine les textes relatifs au divorce et les contrats de mariage contenant une clause de divorce. L’étude de la première catégorie montre que la notion de mariage par achat existe au moins dans quelques cas où les parties s’entendent pour ne pas contester son “(fém) prix » (šimiša). La seconde catégorie montre notamment la place inférieure de la qadištum, souvent interdite comme seconde épouse (cf. LA 40).

S

– Th. STURM, “kaspum ammurum, ein Begriff der Silbermetallurgie in den Kültepe-Texten », UF 27, 1995, p. 487-503: l’expression kaspum amurrum désigne une qualité d’argent éprouvé au feu, d’une valeur identique à celle de l’argent courant, et peut-être distingué par une forme particulière ou par un tampon apposé sur le métal ou sur une bulle d’argile.

– IDEM, « Puzur-Annâ – ein Schmied des Kârum Kaniš? », in: Fs Veenhof, p. 475-502: reconstitution de l’arbre généalogique du métallurgiste (nappahum) Puzur-Annâ, dont l’a. identifie le père, le fils, deux frères et un neveu. Attesté avec certitude par 6 textes, il y est le plus souvent témoin, mais fournit aussi une somme d’argent et est créancier dans un prêt d’or. Son cercle de relations permet de le situer dans la première génération d’Assyriens établis en Anatolie.

– T. SUGIYAMA, « Trading perdum and its aspects in Old Assyrian Trade », Oriento 42, 1999, p. 1-14.

V

– K. VEENHOF, « Trade and Politics in Ancient Assur. Balancing of Public, Colonial and Entrepreneurial Interests », in: Mercanti, p. 69-118: les données fournies par les textes de traités commerciaux conclu entre Anatoliens et Assyriens montrent que le commerce est fondamentalement organisé autour des notions d’offre, de demande et d’échange. La Ville intervient pour soutenir les exportations et aider les marchands en difficultés temporaires. En Anatolie, le réseau des kârum veille à la fois aux intérêts politiques et économiques assyriens.

– IDEM,  » “In Accordance with the Words of the Stele »: Evidence for Old Assyrian Legislation », Chicago Kent Law Review 70, 1995, p. 1717-1744: dans les textes paléo-assyriens il est fait allusion « aux termes de la stèle », mais on ne connaît pas encore un code de loi paléo-assyrien. Ces allusions figurent dans des tablettes où le serment est prêté «selon les termes de la stèle∞, dans la détermination de l’intérêt d’un prêt (sabat sibtim), dans le règlement des dettes des commercants décédés, dans le dédommagement des pertes durant les trajet des caravanes, dans la règlementation du commerce de l’or (« aucun Assyrien ne doit donner de l’or à un Akkadien, un Amorite ou un Subaréen » sous peine de mort — on remarquera la vision assyrienne des divers peuples du Proche-Orient!). L’a. retrace et discute la procédure: verdict (dînum) -> projet de loi (isurtam esârum) -> loi (awâtum) et pose la question de savoir si ces lois étaient ensuite fixées par écrit.

– IDEM, « Two Marriage Documents from Kültepe », in: Gs Bilgiç, p. 357-381: mariage et divorce sont analysés à travers deux séries de textes. D’abord un dossier de 3 textes concernant le mariage et comportant 1/ une convention visant à interdire le divorce (en cas de maltraitance par le mari ou de faute avérée par la femme), 2/ une protection de l’épouse contre la saisie pour une dette de son père dont son mari est codébiteur, et 3/ une caution du mari pour une dette de son beau-père. Ensuite une tablette et son enveloppe contenant une convention de divorce, dans laquelle la mère (veuve) de l’épouse joue un rôle important.

– IDEM, « The Old Assyrian Period », in: Security, p. 93-159: les lettres des marchands assyriens documentent plusieurs techniques garantissant un prêt commercial: le gage personnel ou réel, la caution, la responsabilité solidaire, la saisie bancaire ou personnelle. De nombreuses transactions entre Assyriens sont dépourvues de sûretés, parce que le risque encouru par le créancier était perçu comme minime, ou parce que le droit commun offre au créancier des moyens de pression suffisants sur le débiteur (saisie des biens ou des membres de la famille), ou enfin parce que la garantie est constituée postérieurement au prêt (ce qui semble être la situation la plus fréquente). Il arrive qu’un créancier accumule les garanties pour un même prêt, sans que l’on sache si elles étaient simultanées ou alternatives.

– IDEM, “Silver and Credit in Old Assyrian Trade », in: Trade, p. 55-83: l’a. étudie les diverses pratiques de crédit commercial, des plus simples (prêt à court terme, prêt à un agent commercial consigné sur une reconnaissance de dette) aux plus élaborées (paiement différé, compensations de dettes, bons au porteur). L’a. examine aussi les modes de recouvrement des prêts, les taux d’intérêt, les garanties (gages, cautions) et le mode amiable de règlement des contestations (“contrats de paiement »).

– IDEM, “‘Modern’ Features in Old Assyrian Trade », JESHO 40, 1997, p. 336-366: étude de la réglementation encadrant les associations commerciales à long terme, ancêtre du droit des sociétés, et notamment des moyens dont disposent les créanciers contre un débiteur absent, insolvable ou récalcitrant. Les Assyriens pratiquaient une forme de remboursement par bon au porteur, payable auprès d’un créancier anonyme qualifié parfois de “porteur du bon ».

– IDEM, “Old Assyrian and Ancient Anatolian Evidence for the Care of the Elderly », in: Care of the Elderly, p. 119-160: les sources assyriennes documentent un cas d’affranchissement-adoption, en vue de l’entretien des adoptants, incluant les rites funéraires et le culte qui leur est dû après leur mort. L’a. se penche sur le sens des termes palâhum et wabâlum dans les textes d’Emar. Plusieurs testaments et un partage successoral illustrent la même obligations à la charge des enfants. Les sources anatoliennes s’inscrivent dans un contexte de “contrats en fraternité », une institution typique de la région destinée à maintenir la cohésion du patrimoine familial, et assurant aussi incidemment l’entretien des parents (le contrat oblige le fils à faire fructifier les biens familiaux sans réclamer sa part).

– IDEM, « Communication in the Old Assyrian Trading Society by Caravans, Travelers and Messengers », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 199-246: l’a. cherche à définir de manière précise les moyens de communication employés par les marchands assyriens, s’intéressant aussi bien au message oral qu’au courrier écrit transporté à travers le réseau caravanier. L’auteur remarque notamment l’emploi de personnages servant ponctuellement de messagers et voyageant avec ces caravanes. D’après la liste qu’il en dresse, il s’agit vraisemblablement de petits négociants acceptant pour cette tâche un paiement. Par ailleurs, les messagers d’Aššur et ceux du kārum circulaient régulièrement et avaient un rôle diplomatique non négligeable en Anatolie. [A. Mouton]

Z

– C. ZACCAGNINI, « A Note on Old Assyrian Weight Stones and Weight System », in: Gs Cagni, vol. 2, p. 1203-1213: commentaires sur les conclusions de Dercksen (Copper Trade) à propos des éventuelles relations entre le système pondéral mésopotamien et celui d’Anatolie (aban måtim). Le “poids en pierre du pays » désigne le standard en vigueur en Anatolie, par opposition au standard assyrien et ne vaut que pour le commerce du cuivre à l’intérieur de l’Anatolie. Dans ce circuit interne, on avait donc recours au système métrologique local. Mais dans les relations avec les firmes assyriennes, ce standard local était converti en mesures assyriennes avec une différence de 10% en moyenne.

Sources, linguistique

A

– I. ALBAYRAK, « Koloni Çağında yerli bir bayan », RAI 34, p. 1-14: éd. de 8 nouveaux textes découverts en 1963 (o/k) concernant madame Madawada. Le lot comporte un contrat d’achat d’esclave et 7 prêts consentis par cette femme.

– IDEM, « Ein neues altassyrisches Testament aus Kültepe », Archivum Anatolicum 4, 2000, p. 17-27: éd. d’un nouvel exemple de testament concernant la succession d’un marchand, précédée d’un aperçu des textes représentatifs de l’utilisation du testament. Le nouveau texte appartient à l’archive d’Agûa et avait sans doute été remis à son fils Šu-Bêlum. Celui-ci hérite la plus grosse part successorale, composée notamment de la maison paternelle à Kaniš, et prend la suite des activités commerciales de son père. La clause ina kaspim zitiša abat u ummat « pour l’argent, sa part successorale, elle est père et mère », faisant référence aux droits de la femme du testateur, signifierait que l’épouse a des droits supérieurs à ceux de ses enfants puisqu’elle hériterait 2 parts, l’une en tant que mère et l’autre en tant qu’épouse.

– IDEM, « Kültepe metinlerinde geçen mâ’û “su » kelimesi », AMMY 2000, 2001, p. 300-311: sur les attestation du mot « eau » dans les tablettes, désignant le liquide à boire, mais qualifiant aussi l’or ou les étoffes, ou l’eau utilisée pour effacer une tablette, ou encore dans l’expression « ne pas boire d’eau sur le dos de quelqu’un ». Ed. d’un texte découvert en 1963 sur une vente de champs et d’un verger, les canaux d’irrigation restant propriété commune.

– IDEM, « A rubā’um Letter sent to kārum Kaneš », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 111-115: l’a. publie une lettre envoyée par un roi local au kārum de Kaneš. Ni l’identité ni même la ville de ce souverain ne sont malheureusement mentionnées par le texte. La lettre concerne un serment que le kārum de Kaneš réclame au roi anatolien. [A. Mouton]

– M. A. AYDIN, “Ev Satığıyla Ilgili Bir Kültepe Tableti ile Etüdlük Tableterde Geçen Yer Adları ve Kârum Nahria [Une tablette de Kültepe relative à une vente de maison et les noms de lieu des fragments de tablettes de Kültepe et du kârum de Nahria], Belleten 221, 1994, p. 29-49: l’éd. d’une tablette d’achat d’une maison est l’occasion de tenter une localisation des villes mentionnées dans les fragments de Kültepe, retraçant un itinéraire entre Aššur et Kaniš. Le kârum de Nahria pourrait être l’actuelle Yanıkkale. L’a. résume ses propositions sur une carte situant les différentes villes attestées dans les sources.

B

– S. BAYRAM, « Taşınmaz mallar hakkında yeni Kültepe vesikaları (= Nouveaux documents de Kültepe concernant les immeubles) », Belleten 213, 1991, p. 297-315: éd. complète de 7 tablettes paléoassyriennes.

– IDEM, « The nadîtum of the Stele », in: Fs Veenhof, p. 1-8: éd. de la tablette Kt 92/k 543, un procès entre 2 Assyriens à propos de 16 mines d’argent. Le texte mentionne à 4 reprises la stèle, naru’âum, où sont vraisemblablement inscrites des lois. L’a. rassemble les différentes attestations de ce mot, ainsi que celles du mot nadîtum, qu’il traduit par « document déposé » (dans des archives officielles), en précisant que ce type d’écrit enregistre une décision conforme aux lois gravées sur la stèle.

– S. BAYRAM et S. ÇEÇEN, “The Institution of Slavery in Ancient Anatolia in the Light of New Documents », Belleten 229, 1996, p. 579-604 (en turc) et 605-630 (en anglais): éd. complète de treize tablettes concernant l’esclavage. Les aa. étudient les prix de vente et de rachat des esclaves, leur statut et les titres des officiers anatoliens intervenant dans les documents de vente d’esclave ou de maisons.

– S. BAYRAM et K. R. VEENHOF, “Unpublished Kültepe Texts on Real Estate », JEOL 32, 1991-1992, p. 87-100: éd. de sept documents relatifs à des transactions foncières. L’un des textes expose une cession conditionnelle d’un champ, qui sert de gage pour les créanciers-acquéreurs contre les vendeurs-débiteurs.

– R. D. BIGGS, “A Woman’s Plaint in an Old Assyrian Letter », in: Fs Hirsch, WZKM 86, 1996, p. 47-52: éd. complète d’une lettre, appartenant à une collection particulière, dans laquelle une femme (qui a sans doute écrit le document, rempli de fautes) se plaint à son frère d’avoir été expulsée de la maison familiale et dépossédée de sa servante, donnée indûment en gage puis décédée.

– E. BILGIÇ, “‘Ebla’ in Cappadocian Inscriptions », in: Fs Alp, p. 61-66: éd. d’une tablette de Kültepe écrite à Ebla et envoyée à Kaniš, témoignant des relations de confiance entre les deux pays.

– E. BILGIÇ, H. SEVER, C. GÜNBATTI, S. BAYRAN, Ankara Kültepe Tabletleri (Ankaraner Kültepe-Tafeln) vol. 1, Türk Tarih Kurum Yayınları VI/33, Ankara, 1990, xxi + 185 p., index complets: éd. complète de 82 tablettes cappadociennes concernant des opérations commerciales (crédit, constitutions de sociétés, transferts de fonds etc…).

C

– S. ÇEÇEN, « Yerli Kralların Mabedleri ziyareti ve Çıkan Neticeler », RAI 34, p. 119-124: éd. de 4 textes datés par une action ou un déplacement d’un prince anatolien.

– S. ÇEÇEN et K. HECKER, “ina mâtîka eblum. Zu einem neuen Text zum Wegerecht in der Kültepe-Zeit », in: Fs von Soden, p. 31-41: relecture et éd. complète d’une tablette étudiée par E. Bilgiç (Mélanges Alt), constituant la seconde “page » d’une lettre sans doute adressée au kârum de Kaniš et décrivant un contrat commercial entre les représentants d’un marchand assyrien et un prince anatolien.

– D. COLLON, “An intriguing ‘cappadocian’ Document and its relations », in: Fs Özgüç, p. 59-65: étude d’une empreinte de sceau atypique sur une enveloppe cappadocienne, qui constituait peut-être une sorte de carte de visite, à l’instar de celles qui sont imprimées sur des blocs d’argile.

D

– J. G. DERCKSEN, « Institutional and Private in the Old Assyrian Period », in A. C. V. M. Bongenaar (éd. ), Interdependency of Institutions and Private Entrepreneurs, MOS Studies 2, Leiden, 2000, p. 135-152.

– J. G. DERCKSEN et V. DONBAZ, « Merchants in Distress. An Old Assyrian Text mentioning habbâtu », JEOL 35-36 (1997-2000), 2001, p. 103-110: éd. complète du texte Kt 98/k 118, atypique au regard de son écriture, de sa syntaxe et de son contenu (lettre de la communauté des marchands de Takmur aux dieux et à la ville). Ces particularités incitent à considérer la tablette comme un exercice scribal utilisant des événements historiques et des toponymes réels. La mention, pour la première fois dans les textes paléo-assyriens, du terme habbâtu, désignant une sorte de mercenaires, place chronologiquement ce document à la fin de la période Ib du kârum de Kaniš, soit vers 1740. Il est possible que les incursions répétées de mercenaires dans les régions traversées par les marchands assyriens aient provoqué l’interruption fréquente des communications avec l’Anatolie et contribué à l’effondrement du commerce caravanier.

– M. DOĞAN-ALPARSLAN, M. ALPARSLAN, C. ÖZDEMIR, « Amasya müzesi’nde bulunan bir grup mühür », in: Fs Donbaz, 2010, p. 91-96: les a. éditent des sceaux conservés au musée d’Amasya. La plupart d’entre eux datent de l’époque des comptoirs assyriens. [A. Mouton]

– V. DONBAZ, “Some Remarkable Contracts of 1-B Period Kültepe Tablets », in: Fs Özgüç, p. 75-98: éd. complète de 9 textes-iqqâti, dont 8 inédits, certifiés par le kârum de Kaniš. Il s’agit de 4 transactions commerciales (achats fonciers, vente d’esclave), 3 divorces et 2 reconnaissances de dettes des enfants envers leurs parents. L’a. reconstitue l’ordre chronologique de succession des gouverneurs du kârum.

– IDEM, Keilschrifttexte in den Antiken-Museen zu Stambul II, FAOS Beihefte 2, 1989, 126 p., 45 pl., index: éd. complète de 71 textes paléoassyriens du Musée d’Istanbul, dont beaucoup de lettres, des reconnaissances de dettes, et un contrat de mariage.

– IDEM, « A small archive of Innâya. An assyrian merchant », RA 85/2, 1991, p. 101-108: éd. de 5 tablettes d’Istanbul concernant les activités commerciales d’Innâya, marchand assyrien ayant installé une firme à Kanesh. Il s’agit de lettres et d’un procès intenté contre Innâya à propos d’une somme d’argent et de ses intérêts.

– IDEM, « Old Assyrian idînum », NABU 1992/9: de nouvelles attestations du mot idînum conduisent à rejeter les traduction proposées jadis « steppe » et « jugement ». Le terme désignerait les biens fonciers non urbains dans les textes de partages successoraux.

– IDEM, « A Note on a Self-Sale Contract », NABU 1992/93: relecture d’un texte publié par W. Farber (AuOr 8, cf. RHD 70, p. 109) concernant l’auto-aliénation d’une femme. Le terme tusinnum désigne non pas un « droit de préemption », mais une fonction rattachée au gouverneur militaire (rabi sikkatim).

– IDEM, “Some remarkable Contracts of 1-B Period Kültepe tablets II », in: Fs N. Özgüç, p. 131-154: suite du travail publié par le même a. dans les Studies Özgüç, 1989 (sur quoi v. RHD 1992, p. 109). Ed. de neuf tablettes de Kaniš documentant des transactions foncières ou mobilières (esclaves), une adoption et un contrat-iqatti. L’a. revient sur le sens de arhâtum, qui désigne en général un ou une esclave acquis auprès du palais ou de personnes travaillant pour le palais.

– IDEM, “Niau(nû)/nûm/nitu, na’u and nua’u/nuwau in OA », NABU 1995/113: nouvelles attestations inédites de ces termes désignant non pas l’“indigène » mais le “créancier ».

– IDEM, “Reminder to the Author of ‘An Old Assyrian Marriage Contract' », NABU 1997/106: la nouvelle compréhension du texte AAA 1: 8 par K. Jensen, NABU 1997/75, avait déjà été proposée par l’a.

– IDEM, « mahar patrim ša Aššur. A New Interpretation », in: Fs Veenhof, p. 83-101: éd. de Kt n/k 67 et 66, et étude des références au GŠR (patrum) et aux autres emblèmes d’Aššur. L’a. propose que ces termes renvoient non seulement aux emblèmes eux-mêmes, mais aussi à des prêtres qui les portent, et qui seraient présents lors des jugements dans les kârum et les wabartum.

– IDEM, « The Archives of Eddin-Aššur Son of Ahiaya », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 47-62: l’a. retrace la famille d’un riche négociant de Kaneš, Eddin-Aššur fils d’Ahiaya, sur quatre générations. [A. Mouton]

E

– J. EIDEM, “An Old Assyrian Treaty from Tell Leilan », in: Fs Garelli, p. 185-207: éd. complète du premier traité paléo-assyrien connu. Il s’agit d’une tablette très endommagée, contenant un engagement unilatéral contracté par la ville d’Assur au profit du roi Till-Abnû vers 1750 av. J.-C. Ce texte atteste l’importance pour le commerce assyrien du site de Leilan, relais sur la route vers l’Anatolie.

– I. ESEN, « 1953 yıllı Kültepe kazılarında bulunmuş olan bir group vesika », AMMY 2000, 2001, p. 194-214: éd. de 6 textes découverts en 1953 (Ht e/k) appartenant à l’archive du marchand Aššur-emûqî.

F

– W. FARBER, “Hanum kauft Gadagada: eine altassyrische Selbstverkaufs-Urkunde », AuOr 8/2, 1990, p.197-205: éd. d’une tablette paléo-assyrienne de Kaniš contenant une transaction inhabituelle: une femme anatolienne s’y vend comme esclave à un homme appartenant au même groupe ethnique. L’a. discute le terme tusinnum, “droit de préemption » ou “préempteur ».

– IDEM, “Šalim-ahum Revisited », ARRIM 9, 1991, p. 13-15: éd. de la photo de la seule inscription connue pour le roi Šalim-ahum, constituant l’un des rares exemples d’écriture en miroir (de droite à gauche) et permettant de compléter les éd. antérieures du texte faites par Meissner et K. Grayson.

– IDEM,  » ‘… But she refuses to take the silver!’ The Strange Case of the aššat rabi sisi’e », in: Fs Veenhof, p. 137-143: éd. d’une lettre de Buzazu à Puzur-Aššur, conservée à Chicago, et documentant les activités du rabi sisi’e et de son épouse. L’a. rassemble un dossier de plusieurs lettres impliquant les mêmes personnages et révélant des dissensions entre la femme du rabi sisi’e et Buzazu.

G

– S. GÜL, « Köle stisi üzerine yeni belgeler », AMMY 1997, 1998, p. 103-110: éd. de 4 contrats d’achat d’esclaves anatoliens par des Assyriens et des Anatoliens.

– C. GÜNBATTI, « The River Ordeal in Ancient Anatolia », in: Fs Veenhof, p. 151-160: éd. de Kt n/k 504, duplicata avec variantes d’une tablette publiée par C. Michel et P. Garelli (Fs Hirsch, p. 277-290). Le kârum demande au prince et à la princesse d’un Etat anatolien la libération d’un certain Aššur-taklâku, dans un contexte de conflit entre cette principauté et celle de Tawinia. L’expression ana id (variante: ittim) alâkum « aller à la rivière », ferait allusion à une épreuve ordalique que le kârum propose de faire subir à Aššur-taklâku. Il s’agirait donc de la première mention de cette pratique dans les textes paléo-assyriens de Cappadoce.

– IDEM, « Kültepe’den akadlı sargon’a ait bir tablet », RAI 34, p. 261-279 (republié dans Gs Bilgiç, p. 131-155): version paléo-assyrienne de l’expédition de Sargon d’Akkad menée contre Nûr-Dagan de Burushattum en Asie mineure (texte Kt j/k 97, découvert en 1958). Au cours de cette campagne, Sargon se vante d’avoir détruit 70 villes en un jour. Texte repris et commenté par M. Van de Mieroop, « Sargon of Agade and his Successors in Anatolia », SMEA 42, 2000, p. 133-159.

H

– K. HECKER, « Über den Euphrat (Ortsbezogene Restriktionen in aA Kaufurkunden) », in: Gs Bilgiç, p. 157-172: éd. de 9 tablettes d’Ankara concernant la vente. L’expression ašar libbî-šu figurant aux n°1-4 indique que l’acquéreur peut revendre son bien où il le souhaite, et qu’il a donc la pleine propriété du bien. En revanche, le n°6 interdit la revente de l’esclave à Kaniš ou dans ses environs, sans que l’on puisse expliquer cette restriction. Les n°7-9 sont de nouveaux documents-tuzinnum (vente de personne, partage successoral et vente de maisons).

– IDEM, « In nova… », ArOr 67, 1999, p. 557-565: rééd. du seul contrat naruqqu connu, déjà publié par B. Landsberger (TTAED 4, 1940, p. 21-31) et commenté par C. Michel, LAPO 19 p. 320 n. 312 et p. 324-326, qui mentionne l’existence d’un autre contrat de ce type, encore inédit et découvert en 1991.

– IDEM, « Wer war Tarâm-Mari ? », in: GS Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 101-108: l’a. publie deux enveloppes de tablettes surmontées d’empreintes de sceaux et de noms de témoins. Certains de ces noms ont une sonorité anatolienne : Šuppiahšušar, Happuahšušar, notamment. Par ailleurs, l’un des sceaux mentionne le nom de Taram-Mari, nom sans parallèle à Mari même, selon N. Ziegler citée par l’auteur. [A. Mouton]

– H. HIRSCH, « Ich schrieb mir doch », in: Fs Veenhof, p. 181-191: l’a. s’intéresse aux formes verbales pourvues d’un suffixe -am ou -nim. Dans la correspondance d’Innâya publiée par C. Michel, il examine les verbes présentant tantôt des formes avec ces suffixes, tantôt des formes sans suffixes.

J

– K. JENSEN, “An Old Assyrian Marriage Document », NABU 1997/75: l’a. propose une nouvelle interprétation de AAA 1: 8 (trs. et trd.).

K

– A. KARADUMAN, « A Letter to Ilī-Alum and Iddin-Aššur », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 63-67: l’a. publie une lettre échangée entre Enna-Su’en se trouvant en Anatolie et Ilī-Alum et Iddin-Aššur résidant à Aššur. La lettre fait allusion à une dette de sang qui doit être acquittée en cas de décès d’un marchand assyrien en Anatolie. [A. Mouton]

– G. KRYSZAT, « Beobachtungen zum Archiv des Iddi(n)-Ištar », in: Fs Veenhof, p. 263-273: étude des archives d’Iddin-Ištar, un marchand qui réside à Turhumed, même si les tablettes le concernant ont été retrouées à Kaneš, et établit la liste des textes se rapportant à ce personnage. L’a. examine les particularités de formulaire et de paléographie des textes sans doute rédigés par Iddin-Ištar lui-même. Iddin-Ištar est créancier dans CCT I 10a, la plus ancienne tablette datée du kârum II, ce qui place ses archives assez haut dans la chronologie. En appendice, liste de 24 joints faits sur des textes provenant des fouilles de B. Hrozný.

– IDEM, « Bemerkungen zu KT 98/K 118 und den Texten aus den Grabungen des Jares 1998 am Kültepe », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 175-180: l’a. réétudie une lettre adressée « aux dieux et à la ville » et qui présente des traits paléographiques inhabituels. Selon l’auteur, ces particularismes graphiques sont dus à l’origine non-assyrienne du scribe. [A. Mouton]

L

– M. T. LARSEN, « Affect and Emotion », in: Fs Veenhof, p. 275-286: belle étude sur l’expression des sentiments dans la correspondance des familles de marchands. Les lettres sont peut-être la forme d’écrit dans laquelle les émotions trouvent à se manifester le plus directement, surtout si l’on songe que les Assyriens de cette époque écrivent eux-mêmes leur correspondance, en se passant des services d’un scribe qui pourrait atténuer le côté spontané de cette expression. Sans surprise, on constate que les motifs de plainte l’emportent sur ceux de satisfaction, mais on note aussi une certaine retenue dans les manifestations émotionnelles. Les lettres de femmes constituent un corpus intéressant: moins impliquées que leurs époux dans les affaires, elles sont en revanche plus actives qu’eux dans la vie de la maisonnée et l’éducation des enfants, et doivent faire face à la solitude imposée par les déplacements des membres masculins de la famille. Aussi leurs missives comptent-elles parmi les plus expressives et les plus chargées d’émotion de ce corpus.

– IDEM, « Archives and Filing Systems at Kültepe », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 77-88: l’a. fait le point sur les tablettes paléo-assyriennes publiées récemment. Selon lui, cela correspond à une centaine de tablettes publiées au coup par coup, et non par archives. Il indique qu’une seule archive a été publiée dans son entièreté jusqu’à maintenant. Larsen émet l’hypothèse que les tablettes numérotées d’après une seule et même année proviennent le plus souvent d’une même maison et constituent ainsi une archive. Lorsque les informations archéologiques sont manquantes, la meilleure façon de reconstituer une archive consiste à reconstruire les familles de marchands, autant que faire se peut. Toutefois, l’auteur nous met en garde contre les problèmes d’homonymie très courants à Kaneš. De plus, le fils partait généralement de la maison paternelle et constituait parfois une archive distincte de celle de son père. Un autre problème est lié à l’absence de nom propre sur de nombreuses tablettes, ce qui empêche les chercheurs de les associer à une archive en particulier, d’autant que plusieurs d’entre elles proviennent d’un locus inconnu. [A. Mouton]

– IDEM, Kültepe Tabletleri VI-a. The Archive of the Šalim-Aššur Family. Volume 1: The First Two Generations, TTKY VI-33d-a, Türk Tarih Kurumu Basımevi, Ankara, 2010 : L’ouvrage est le premier d’une série de 5 volumes concernant l’archive d’un marchand du nom de Šalim-Aššur découverte en 1994 dont la maison est par ailleurs connue. L’archive compte 1 100 tablettes en tout dont 295 sont publiées ici en transcription et traduction. Les photos de certaines tablettes sont également fournies en couleur en fin d’ouvrage. Seuls quelques passages cassés ou peu intelligibles sont donnés en copie en annexe de l’ouvrage. [J. Patrier]

M

– C. MICHEL, “Règlement des comptes du défunt Hurasânum », RA 88, 1994, p. 121-128: éd. d’une tablette paléo-assyrienne appartenant à une collection privée, illustrant la procédure de liquidation du patrimoine d’un marchand et le désintéressement des créanciers.

– EADEM, “Validité et durée de vie des contrats et reconnaissances de dettes paléo-assyriens », RA 89, 1995, p. 15-27: étude des pratiques archivistiques commerciales des marchands paléo-assyriens et des diverses possibilités de falsification des documents réalisées par certains d’entre eux.

– EADEM, Correspondance des marchands de Kanish, LAPO 19, 2001, 601 p.: présentation et traduction de 400 lettres adressées à des marchands assyriens, et parfois anatoliens, installés à Kaniš. Les textes sont regroupés en sept chapitres, respectivement consacrés aux institutions politiques assyriennes et anatoliennes (ch. 1 et 2), au commerce (ch. 3), à la fraude (ch. 4), au droit commercial (ch. 5), aux firmes familiales (ch. 6) et enfin à la correspondance féminine (ch. 7). L’ensemble représente une synthèse de nos connaissances actuelles sur l’époque paléo-assyrienne.

– EADEM, « Les malheurs de Kunnanîya, femme de marchand », in: Gs Bilgiç, p. 239-253: après avoir réuni les attestations de Kunnanîya dans la documentation, l’a. présente la famille et les activités de cette épouse de marchand, qui entra en conflit avec sa belle-famille et se retrouva ruinée et abandonnée.

– EADEM, « Les suites de la mort d’un tamkâru en Anatolie », RAI 34, p. 457-465: sur les implications complexes de la mort prématurée d’un marchand en route pour l’Anatolie, dont le frère s’empare de la marchandise (convoyée pour le compte d’Innaya) et parvient à échapper aux collègues et représentants d’Innaya, qui le poursuivent dans plusieurs villes anatoliennes.

– C. MICHEL et P. GARELLI, “New Old Assyrian Marriage Contracts », Anadolu medeniyetleri müzesi 1995 yıllığı, Ankara, 1996, p. 295-302: éd. de deux contrats de mariage de Kaniš. Dans le premier, un Assyrien achète une Anatolienne (esclave?), s’engage à ne pas épouser une autre indigène et pourra choisir son épouse principale (aššatum). Dans le second, un Assyrien épouse une Anatolienne et se mariera ultérieurement avec une Assyrienne. Dans les deux cas, le nombre maximum de femmes est fixé limitativement à deux, une dans chaque pays.

– EIDEM, “Heurts avec une principauté anatolienne », in: Fs Hirsch, WZKM 86, 1996, p. 277-290: éd. d’une tablette où le couple princier d’une ville anatolienne (peut-être Durhumit) accuse un marchand assyrien de commercer avec une ville ennemie. Le marchand est soutenu par son kârum, en vain, car le palais refuse de reconnaître l’innocence du prévenu et le détient comme otage.

– EIDEM, Tablettes paléo-assyriennes de Kültepe volume 1 (Kt 90/k), Istanbul-Paris, 1997, 338 p., index, catalogue: éd. de 259 tablettes et fragments provenant des fouilles de Kültepe réalisées en 1990, précédée d’une présentation des deux principales archives du corpus, celles de Šumî-abîya et d’Aššur-muttabbil. Ces nouveaux textes apportent des informations utiles sur la chronologie, la géographie, ou la société.

– M. MÜLLER et J. MARZAHN, « Fünf altassyrische Texte aus dem Vorderasiatischen Museum zu Berlin », AOAT 252 (Fs Oelsner), 2000, p. 295-309: éd. de 5 tablettes de Berlin absentes de VS 26 (K. Veenhof et E. Klengel-Brandt), dont une lettre du karum de Wahšušana aux payeurs de la dâtum et élus (sur ce dossier, cf. C. Michel, LAPO 19 ch. 1). Le lot comporte aussi un procès-verbal à propos d’une mine 15 sicles d’argent, un contrat d’investissement de 2 mines d’or dans une société en commandite, un contrat d’achat d’une maison et une créance.

O

– N. ÖZGÜC, « Identical Aspects of the Cylinder and Stamp Seal Representations of Level Ib Period », IstMitt 43 (1993), p. 175-178. L’a. étudie les empreintes de deux sceaux qui se trouvent sur une tablette provenant du niveau Ib du kārum de Kültepe (Kt. n/k 31). L’un d’eux est un cachet représentant deux divinités. L’a. arrive à identifier, par comparaison, son propriétaire ; il s’agit d’un certain Inar, « chef des greniers ». [J. Patrier]

– EADEM, Kültepe-Kaniš/Neša. Yerli Peruwa ve Aššur-ımittī’nin oğlu Assur’lu Tüccar Uṣur-ša-Ištar’ın Arşivlerine ait Kil Zarfların Mühür Baskıları/Seal Impressions on the Clay Envelopes from the Archives of the Native Peruwa and Assyrian Trader Uṣur-ša-Ištar son of Aššur-ımittī, TTKY V-50, Türk Tarih Kurumu Basımevi, Ankara, 2006 : L’a. publie ici les empreintes de sceaux des enveloppes de tablettes appartenant aux archives de deux marchands du niveau II du kārum Kaneš : l’un anatolien, Peruwa, l’autre assyrien, Uṣur-ša-Ištar. Après une introduction dans laquelle elle présente rapidement le contexte de découverte et les différents styles iconographiques représentés dans chaque archives, l’a. donne un catalogue complet des empreintes, également publiées sous forme de dessins et de photos. [J. Patrier]

– T. ÖZGÜC, « New Glazed Faience Objects from Kanish », dans Fs Strommenger, 1992, p. 159-162. L’a. décrit plusieurs objets en faïence découverts dans le niveau Ib du kārum Kaneš. Ils proviennent à la fois de contextes domestiques et de tombes. Parmi ces objets, on compte trois amulettes-sceaux boutons et une statuette de divinité féminine. [J. Patrier]

R

– W. H. Ph. RÖMER, « Zu einer ungewöhnilchen Hauskaufurkunde aus Kültepe », in: Fs Veenhof, p. 395-400: trs et trd de VS 26 100, un contrat de vente d’une maison à Kaneš, entre Anatoliens d’après les noms propres des parties et des témoins. Le formulaire ne suit pas l’ordre habituel. Ce texte vient s’ajouter aux assez rares contrats de vente de maisons connus dans les archives de Kültepe.

S

– H. SEVER, “Décision du Karum Kaniš. Sur des fiançailles rompues en Anatolie (= Anadolu’da Nişanın Bozulması Hakkında Verilmiş Kaniš Karumu Kararı) », Belleten 217, 1992, p. 667-674: éd. complète d’une tablette “cappadocienne » concernant la rupture d’un mariage inchoatif par le fiancé, qui invoque l’absence de traditio de la jeune fille. L’homme s’est marié avec une autre femme à Assur et refuse de prendre celle qu’on lui avait promise.

– IDEM, “Eine neue Ehescheidungsurkunde », in: Fs Alp, p. 483-486: éd. complète d’une tablette de Kültepe où un marchand assyrien et sa femme anatolienne divorcent. Ce document confirme l’égalité des époux lors de la constitution puis de la dissolution du mariage.

– Zs. SIMON, « Altassyrisch išhiulum: kein Vertrag, sondern ein Gürtel? », NABU 2015/10: l’a. revient sur le terme išhiulum du corpus paléo-assyrien qui avait été traduit par « traité » par Landsberger en 1950. Landsberger considérait en effet ce terme comme un emprunt direct du hittite išhiul- « traité, serment, obligation par serment ». Or, l’a. montre, comme plusieurs auteurs avant lui, que le sens de « traité » ne convient pas à išhiulum. Il propose par conséquent de privilégier une filiation avec le hittite (TÚG)išhiyal- « ceinture, bande de tissu ». [A. Mouton]

– Th. STURM, “Qannuttum – eine Dame in Assur zur aA Zeit », NABU 1995/37: l’entrée kannûtum dans les dictionnaires doit être corrigée en NP Qannuttum, “la (femme aux) cheveux bouclés » (ou peut-être Kannûtum, “la vénérée »).

– IDEM, « Zwei Kültepe-Texte aus der Hilprecht-Sammlung zu Jena », AOAT 252 (Fs Oelsner), 2000, p. 479-512: éd. d’une lettre adressée entre autres à Umdîlum et d’une autre lettre mentionnant la ville de Nenašša et les autorités du comptoir de Wašhaniya.

V

– K. VEENHOF, “Status and Offices of an Anatolian Gentleman. Two unpublished letters of Huharimataku from karum Kanish », in: Fs Özgüç, p. 515-525: éd. complète de deux lettres paléo-assyriennes émanant d’un Anatolien, haut personnage de la société urbaine. Il demande à Innâya de lui fournir une mule (perdum) afin de participer à une expédition militaire (sikkâtum), étant lui-même financièrement démuni. Il a en effet promis un cadeau (erbum) en remerciement de deux offices qui lui ont été offerts par le gouvernement. Il s’agit des fonctions de šinahîluttum, “commandant en second », sorte de vizir à compétences administratives, et d’allahhinnuttum, “maître de la maisonnée ».

– IDEM, « makkârum, ‘trader’? », NABU 1992/5: il faut supprimer l’entrée makkâru dans le CAD, le terme faisant double emploi avec mâkirum et tamkarum, « marchands ». L’unique attestation répertoriée doit être lue mâ karum ana isrisu itt´ua, « si le karum est redevenu normal (littéralement « à sa place »).

– IDEM, « The Old Assyrian hamuštum-period: a seven-day week », JEOL 34, 1995-1996, p. 5-26: l’a. reprend d’une manière détaillée la question fort discutée de la durée de la période-hamuštum et propose d’y voir l’équivalent d’une semaine (soit sept jours).

– IDEM, “Old Assyrian isurtum, akkadian esêrum and hittite GIŠ.HUR », in: Fs Houwink ten Cate, p. 311-332: le terme rare isirtum désigne une tablette d’argile contenant une obligation, le plus souvent une dette d’étain à la charge d’un Anatolien (ou du palais anatolien). Le choix de ce terme plutôt que de l’expression équivalente tuppum harmum reste inexpliqué.

– IDEM, The Old Assyrian List of Year Eponyms from karum Kanish and its Chronological Implications, Ankara, 2003: éd. des 2 listes d’années éponymales découvertes à Kültepe en 1998, donnant les noms de 130 limu présentés en ordre séquentiel avec le nom de leur père. L’a. ajoute une 3e liste plus ancienne, fragmentaire, récemment identifiée comme liste éponymale. Le dossier complet comporte une 4e liste, annoncée à la RAI de Paris en 2000, qui sera publiée par C. Günbatti. L’a. analyse le système éponymal et donne des commentaires détaillés sur plusieurs éponymes ainsi que sur les princes d’Assur, avant de présenter une reconstitution chronologique générale pour l’époque paléo-assyrienne.

– IDEM, « Three Unusual Old Assyrian Contracts », in: Fs Kienast, 2003, p. 693-705: éd. de 3 contrats de vente présentant des aspects atypiques. Le premier, une vente de maison, indique que l’acheteuse a reçu du vendeur la tablette du prix revêtue du sceau de l’Anatolien propriétaire d’origine, dont le nom n’est pas cité. Si la transmission des titres de propriété est bien attestée dans le monde paléo-babylonien, elle n’apparaît jamais dans une clause de contrat mais seulement dans les textes judiciaires. Le deuxième est une enveloppe de contrat de vente d’un esclave anatolien précisant que l’acquéreur peut, s’il le veut, vendre l’esclave « sur le marché » (ina mahîrim), ce qui suggère une aliénation sans rachat laissée au bon vouloir du maître. Le troisième texte est une déposition sous serment faite au cours d’un procès par les témoins d’une vente d’une servante, attestant que l’acquéreur a coupé le hâmum, geste symbolisant le transfert de propriété comparable à l’acte consistant à couper la frange (sissiktum/qannum) de l’habit en matière de divorce. Il n’y a pas d’implication juridique spécifique dans ces deux gestes (contra Westbrook pour la sissiktum), qui accompagnent les paroles prononcées solennellement devant les témoins, et dont la description est fournie de manière occasionnelle dans les sources.

– IDEM, Kültepe tabletleri V. The Archive of Kuliya, son of Ali-abum (Kt. 92/k 188-263), TTKY VI-33c, Türk Tarih Kurumu Basımevi, Ankara, 2010 : L’a. publie ici, en transcription et traduction, 76 textes appartenant à l’archive de Kuliya, fils d’Ali-abum, provenant d’une demeure du niveau II du kārum de Kültepe. Des photos couleurs des 27 premiers textes sont fournies. Les empreintes de sceaux-cylindres sont publiées par M. Omura (avec dessins et photos). [J. Patrier]

– K. VEENHOF et E. KLENGEL-BRANDT, Altassyrische Tontafeln aus Kültepe. Texte und Siegelabrollungen, VAS N. F. 10, Heft 26, Berlin, 1992, 60 p., 51 pl.: éd. de 196 tablettes de contenu varié (lettres, listes, notices, memoranda, contrats, protocoles d’accord, créances et jugements du karum).

Religion

B

– K. BALKAN, “The Conception of Trinity in the Tablets of Kültepe », in: Fs Alp, p. 15-44: éd. complète de 18 tablettes inédites du niveau 2 du kârum de Kaniš (1950-1850), mentionnant des NP formés sur des noms de divinités d’origine indo-européenne.

M

– C. MICHEL, “Une incantation paléo assyrienne contre Lamaštum », Or 66/1, 1997, p. 58-64: l’a. publie en photo, copie, trs. et trd. Kt 94/k, 821, retrouvée dans le kârum de Kaniš (Kültepe). Cette tablette en forme d’amulette, contenant une incantation contre la démone Lamaštum, serait le plus ancien document de ce type (XIXe s av. J. C.).

– EADEM, « Les Assyriens et les esprits de leurs morts », in: Gs Garelli, PIHANS 112, 2008, p. 181-197: l’a. fait le bilan des données paléo-assyriennes sur la mort et les morts. Les tablettes font notamment plusieurs fois allusion aux frais acquittés par les parents d’un défunt dans le cadre de son inhumation : construction de la tombe, frais pour les cérémonies de déploration et de banque funéraire, etc. Les tablettes mentionnent aussi les problèmes découlant de la vente de la maison paternelle, demeure sous laquelle se trouve le caveau familial. Notons que, dans le cadre de sa synthèse sur la place des morts parmi les vivants, l’auteur reprend à tort la traduction trop spécifique d’oniromancienne pour l’akkadien šā’iltum, suivant ainsi la tradition assyriologique, alors que la šā’iltum (et son équivalent masculin šā’ilum, sumérien ENSI) est une devineresse spécialiste de plusieurs techniques oraculaires, dont la libanomancie et la nécromancie, mais en aucun cas une « oniromancienne » spécialisée, l’onirocritique et la technique divinatoire qui en découle, l’oniromancie, n’étant pas l’apanage d’un seul corps de devins au Proche-Orient ancien. Comme l’indiquait déjà A. Leo Oppenheim en 1956, « It has to be stressed (…) that the interpretation of dreams was by no means the only function of the šā’ilu-priest. » (A.L. Oppenheim, The Interpretation of Dreams in the Ancien Near East, Philadelphie, 1956, p. 223). Voir également à ce sujet A. Mouton, Rêves hittites, CHANE 28, 2007, p. 53 et note 87. Ainsi, bien que celle-ci puisse, de temps à autre, interpréter un rêve à l’instar de l’haruspice, par exemple, la šā’iltum ne garantit pas, par sa présence dans un texte, celle d’un songe. Du moins, est-ce le cas dans les sources mésopotamiennes (CAD Š1, p. 110) et hittites, et il serait surprenant que la situation soit radicalement différente à Kaneš. [A. Mouton]

– C. MICHEL et N. WASSERMAN, “Du nouveau sur šumma zikar a-li-da-ni šumma sinnišat na-ap-TA-ar-ta-ni », NABU 1997/64: dans la tablette de Kültepe Kt 90/k 178 se trouvent 2 incantations, dont l’une permet la compréhension d’un passage de VS 17 34: 16-17.

V

– K. R. VEENHOF, “An Old Assyrian Incantation Against a Black Dog (kt a/k 611), in: Fs Hirsch, WZKM 86, 1996, p. 425-433: éd. complète d’une incantation contre un chien noir, peut-être destinée à réduire les agressions de voyageurs en Anatolie. Le texte se situe dans la tradition mésopotamienne des “formules mannam lušpur » mais contient des traits particuliers.

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