Hittite

Histoire, institution

A

– S. ALP, “Der Palast in den Maşat-Briefen », in: Fs N. Özgüç, p. 15-22: étude de plusieurs lettres adressées par le roi en réponse aux gouverneurs de frontière et aux inspecteurs militaires, attestant le rôle central du palais dans la gestion administrative du pays. Le terme É.GAL peut se lire šaramma-, “palais royal » ou halentu-, “lieu cultuel principal ».

– IDEM, “Zur Datierung des Ulmitešup-Vertrags », AOF 25, 1998, p. 54-60: selon l’a., avant de régner, Tudhaliya IV se nommait Tašmi-Šarruma. La mention de ce NP parmi les témoins du traité d’Ulmi-tešup incite alors à dater le texte du règne de Hattusili

– IDEM, « Akkadian Names of Some Scribes in the Maşat-letters », RAI 34, 1998, p. 47-62 : étude des noms akkadiens de certains scribes mentionnés dans les lettres de Maşat Höyük. La présence de noms akkadiens à l’époque moyen-hittite doit être due à la montée de l’influence culturelle babylonienne dans le monde anatolien à la fin de l’époque des colonies assyriennes. On peut même supposer qu’on recrutait en pays de Hatti des scribes d’origine babylonienne afin de former les scribes anatoliens à la langue akkadienne, langue qui avait une grande importance à cette époque.

– IDEM, « IV. Tuthaliya’nın tahta çıkmadan önceki diğer adı » [Un autre nom pour Tuthaliya IV provenant de la période antérieure à la tablette (de bronze)], IIIrd Congress, p. 21-26: l’a. étudie l’empreinte de cachet hiéroglyphique de Tuthaliya IV découverte à Ougarit et publiée dans Ugaritica 3 et propose de lire “Tašmi-šarruma » le nom qui se trouve sous le nom de Tuthaliya. Cela permettrait de dater le traité d’Ulmitešub du règne de Hattušili III, Tašmi-šarruma/Tuthaliya IV intervenant alors dans la liste des témoins importants de son père. Son interprétation repose principalement sur le fait que dans la lettre KBo 28.44, Hattušili III appelle Tašmi-šarruma son fils.

– M. ALPARSLAN, « Einige Überlegungen zur Ahhiyawa-Frage », in: A. Süel (éd.), 5th ICH, 2005, p. 33-41: après avoir rappelé les données concernant l’Ahhiyawa, l’a. examine la ligne i 71 de la lettre de Tawagalawa. Pour lui, cette ligne pourrait indiquer que Tawagalawa était un temps roi d’Ahhiyawa. L’a. revient également sur la ligne iv 23 du traité de Šaušgamuwa qui a été interprétée de deux manières différentes : 1) soit elle fait allusion à une bataille navale ([lahh]iyauwaš GIŠMÁ); 2) soit elle mentionne des navires de guerre d’Ahhiyawa ([KUR Ahhiyauwaš GIŠMÁ). C’est cette seconde solution que privilégie l’a. [A. Mouton]

– IDEM et M. DOĞAN-ALPARSLAN, « The Hittites and their Geography : Problems of Hittite Historical Geography », European Journal of Archaeology 18, 2015, p. 90-110 : après une introduction sur les aspects généraux de la civilisation hittite (langue, histoire, religion…), les a. signalent l’importance de la géographie historique dans les études sur l’Anatolie hittite, et le besoin de croiser les données textuelles et archéologiques. Tout d’abord, ils présentent l’historiographie de la discipline. Puis, les a. centrent leur attention sur quelques identifications de villes et régions de l’Anatolie centrale. Certains sont encore à confirmer, notamment Tarhuntašša (la localisation exacte de la ville n’a pas été déterminée, mais les a. considèrent fort probable la suggestion de S. Alp qui place cette ville à Kızıldağ) ; Nerik (identifié probablement avec Oymaağaç, où plusieurs fragments de tablettes retrouvés mentionnent Nerik) ; Arinna (plusieurs chercheurs identifient Alaca Höyük avec la quatrième Arinna des textes hittites, tandis que d’autres le font avec Zippalanda. Les vestiges archéologiques semblent indiquer que l’identification avec Arinna est envisageable, pourtant, la distance entre ce site et Hattuša rend difficile cette association) ; Šamuha (dont la localisation est proposée à Kayalıpınar). D’autres ont été identifiées grâce aux trouvailles d’archives ou de tablettes (Šapinuwa/Ortaköy, Šarišša/Kuşaklı, Tapigga/Maşat höyük). Les a. concluent que, bien que les régions aient été plus ou moins identifiées, les villes sont beaucoup plus difficiles à placer sur la carte. Le problème est, principalement, que les textes hittites peuvent être interprétés de plusieurs façons. Finalement, les a. présentent le Hittite Historical Atlas Project, qui analyse ensemble les données philologiques et archéologiques. [L. Puértolas Rubio]

– A. ALPMAN, « Anadolu’da Hurriler [les Hourrites en Anatolie] », in: Third Congress of Hittitology, p. 27-37: l’a. retrace l’histoire de la présence hourrite en Anatolie à partir de l’époque d’Akkad, date de leur première attestation textuelle. Il met également l’accent sur l’ampleur de la présence hourrite à l’époque hittite.

– A. ALTMAN, « Claim of Possession over Occupied or Conquered Territory in the Bible and in the Ancient Near East », ZAR 7, 2001, p. 332-352: l’a. examine le mécanisme d’acquisition de la propriété territoriale dans la documentation hittite, principalement les traités de vassalité, et dans la Bible (Juges 11:12-27). Les arguments justifiant la suzeraineté du grand roi hittite sur les Etats vassaux rappellent ceux qui sont invoqués dans les revendications de propriété territoriale en droit public: possession continue et paisible, et acquisition licite. Ces trois conditions, qui rappellent celles de l’usucapion en droit romain, légitiment l’autorité d’un Etat sur le royaume d’autrui.

– S. ARBLI, « Zwei Berichte betreffend Heiraten zwischen dem hethitischen und dem ägyptischen Königshaus », in: Fs Heltzer, p. 19-26.

– A. ARCHI, « Hattušili I and the Treaty with Talmi-šarruma of Aleppo again », NABU 1999/40 : au sujet de la traduction du terme ultamli dans le traité de Talmi-šarruma et proposée par G. Steiner dans AoF 26, 1999, p. 13-25.

– IDEM, « Middle Hittite – ‘Middle Kingdom’ », in: Fs Hoffner, 2003, p. 1-12 : l’a. signale que le découpage tripartite de l’histoire de la langue hittite ne correspond pas forcément à une réalité politique et événementielle.

– IDEM, « Remarks on the Early Empire Documents », AOF 32, 2005, p. 225-229 : l’a. revient sur la subdivision en 3 phases de l’histoire hittite, insistant sur le caractère artificiel de l’appellation « Middle Kingdom ». Il résume le contenu de plusieurs contributions du congrès hittitologique ayant eu lieu à Trieste et portant sur la documentation moyen-hittite, et y voit une confirmation concernant l’absence de « Middle Kingdom ».

– A. ARCHI et F. VENTURI, « Hittites at Tell Afis (Syria) », Or NS 81, 2012, p. 1-31 : bilan des données archéologiques et épigraphiques relatives aux Hittites recueillies sur le site de Tell Afis, non loin d’Ebla. Les trouvailles archéologiques illustrent le peu d’influence culturelle exercée par le Hatti sur cette ville syrienne. Le pouvoir central hittite s’est contenté de diriger cette région indirectement. Les deux lettres en hittite mises au jour sur le site pourraient avoir été envoyées d’Alalah selon les a. Située sur une voie de communication en direction du Hatti, Tell Afis a dû servir de réserve à grain au Grand Roi à l’époque de la famine en Anatolie centrale. A. Archi publie les deux lettres déjà mentionnées, ainsi que les 6 autres fragments de tablettes découverts sur le site. Ces documents qui mentionnent des noms hourrites et sémitiques montrent que cette ville ne dépendait pas de Karkemish mais plutôt d’Alalah. [A. Mouton]

– A. ARDESI, « Il tema della malattia come spia di propaganda politica nei testi del periodo imperiale ittita », Atti della accademia nazionale dei Lincei Rendiconti 9/12, 2001, p. 229-257 : l’a. met en évidence l’utilisation du motif de la maladie en tant que manifestation de la colère divine dans le discours officiel des textes historiques hittites. [A. Mouton]

– D. ARNAUD, « Une lettre de Kamid-el-Loz », Semitica 40, 1991, p. 7-16: éd. d’une tablette apparentée aux lettres d’El-Amarna, très endommagée et dans laquelle le gouverneur égyptien en poste à Kumidi demande au prince d’Amurru d’envoyer des armes pour lutter contre les Hittites.

– S. ARO, « Luwians in Aleppo? », in: Fs Hawkins, 2010, p. 1-9: l’a. s’interroge sur la présence de Louvites à Alep. Pour ce faire, elle cherche notamment à identifier les responsables de l’introduction du louvite hiéroglyphique en Syrie du Nord. On pense traditionnellement que c’est la ville de Karkemiš qui a été à l’origine de cette introduction (lieu de création du style artistique dit « syro-hittite »). Selon l’a., certains louvitophones étaient si bien intégrés dans la société hittite qu’ils ne se reconnaissaient pas comme Louvites, mais comme Hittites. Le fait que des louvitophones aient constitué un pourcentage de la population hittite présente en Syrie du Nord expliquerait l’émergence d’éléments culturels louvites dans cette région. Outre certains membres de l’élite envoyés pour travailler pour l’administration hittite, il est possible que des soldats louvites se soient également installés en Syrie du Nord. La présence de Hittites/Louvites en Syrie du Nord serait, selon l’a., responsable de l’introduction de la pratique de la crémation des défunts. A Malatya tout comme à Karkemiš, une continuité dynastique est assurée par les inscriptions : les dynasties hittites perdurent au-delà de la chute de l’Empire. Mais la situation est moins claire à Alep. L’inscription néo-hittite de la citadelle d’Alep mentionne le roi Taitas du pays de Palasatani (Unqi/Patina, selon Hawkins). Il a manifestement revendiqué l’héritage culturel hittite, puisqu’il emploie les hiéroglyphes anatoliens accompagnés de représentations très hittitisantes. [A. Mouton]

– P. ARTZI, “EA 43, An (Almost) Forgotten Amarna Letter », in: Gs Kutscher, p. 7-10: relecture de la tablette endommagée EA 43, contenant une lettre officielle hittite en akkadien adressée au Pharaon et destinée à couvrir certains actes politico-militaires d’un Etat vassal.

– M. C. ASTOUR, Hittite History and Absolute Chronology of the Bronze Age, Partille, 1989, iii + 151 p.: tentative de synchronisation des périodes ancienne et moyenne de la royauté hittite avec le reste de l’histoire du Proche-Orient au IIe millénaire, d’après les références astrologiques orientales.

– P. ASTRÖM, “Early connections between Anatolia and Cyprus », in: Fs Özgüç, p. 15-17: les liens entre les Hittites et Chypre sont attestés par l’archéologie dès l’époque du Bronze ancien, et s’intensifient au Bronze moyen. L’épigraphie atteste aussi ces liens, notamment les récits hittites de la bataille maritime opposant Alašiya à Šuppiluliuma II, lequel a peut-être ramené en Anatolie des chypriotes. Ces Anatoliens pourraient faire partie des Peuples de la Mer qui, d’après les chroniques égyptiennes, attaquèrent Alašiya.

B

– L. BAYUN, “The Legend about the Queen of Kanis: a Historical Source? », JAC 9, 1994, p. 1-13: la légende de la Reine de Kanis et de la ville de Zalpa (KBo XXII 2 et KBo III 38) est moins une allégorie sur le passage du matriarcat au patriarcat qu’une justification de la politique expansionniste hittite à l’encontre de traditions culturelles étrangères perçues comme dangereuses.

– R. H. BEAL, “Kurunta of Tarhuntašša and the Imperial Hittite Mausoleum. A New Interpretation of § 10 of the Bronze Tablet », AnSt 43, 1993, p. 29-39: relecture du § 10 de la tablette de bronze, qui interdit l’accès du mausolée royal à Kurunta et annule les dispositions contraires transmises à Maraššanta, l’officier administratif chargé du mausolée.

– IDEM, “Hittite Correspondence », JAOS 113/2, 1993, p. 245-250: review-article de A. Hagenbuchner, Die Korrespondenz der Hethiter Teil 1 et 2, 1989.

– IDEM, « The Hurrian Dynasty and the Double Names of Hittite Kings », in: Gs Imparati, p. 55-70: l’a. remet en question le fait que tous les rois de l’époque impériale ait abandonné leur nom hourrite au profit d’un nom de trône hittito-louvite.

– IDEM, « Muršili II, previously GAL MEŠEDI », NABU 2001/4, n°85 : à l’aide de l’étude d’empreintes de sceaux inscrits en écriture hiéroglyphique, R. Beal suggère que Muršili II, avant que de devenir roi, était GAL MEŠEDI durant le règne de son frère Arnuwanda II.

– IDEM, « The Predecessors of Hattušili I », in: Fs Hoffner, 2003, p. 13-35 : l’a. tente d’établir la liste des rois hittites ayant précédé Hattušili I.

– IDEM, « Making, Preserving, and Breaking the Peace with the Hittite State », in: K. A. Raaflaub (éd.), War and Peace in the Ancient World, Malden, 2007, p. 81-97: l’a. met en avant le sens originel de « togetherness » du terme hittite takšul- traditionnellement traduit par « paix ». D’après les textes, c’est avant tout le Grand Roi hittite qui est en mesure de faire la paix avec un adversaire. L’a. revient ensuite sur les principales modalités des traités de paix puis sur les autres stratégies employées par le Grand Roi hittite pour tenter de préserver la paix avec ses voisins et ses sujets anatoliens. L’a. décrit ensuite le processus de guerre d’après les textes hittites, mentionnant brièvement, entre autres choses, les rituels préparant les soldats au combat [A. Mouton]

– IDEM, « Hittite Reluctance to Go to War », in: H. Neumann et al. (éds), Krieg und Frieden im Alten Vorderasien, 52e RAI, Muenster, AOAT 401, 2014, p. 109-115: l’a. montre que les Hittites cherchaient à établir une paix durable avec l’ensemble des grandes puissances de leur temps : l’Egypte, le Mittani, la Babylonie, l’Assyrie et l’Ahhiyawa. Il met en lumière la préférence des Grands Rois hittites d’accepter le règne d’un vassal étranger soumis plutôt qu’une conquête territoriale sanglante. Plusieurs épisodes de l’histoire hittite montre que les Grands Rois du Hatti préfèrent souvent éviter d’envoyer des troupes pour, avec le temps, dénouer le conflit par la diplomatie et les jeux d’influence. [A. Mouton]

– G. BECKMAN, compte rendu de H. OTTEN, Die Bronzetafel aus Bogazköy, ein Staatsvertrag Tuthalijas IV, 1988, WO 20-21, 1989/1990, p. 289-294: le recenseur ajoute au traité hittite examiné, datant de la fin du XIIIe s., la transcription et la traduction de deux autres textes du même genre (CTH 96 et 97) concernant la domination hittite sur la ville de Tarhuntašša, en Anatolie du sud. L’ensemble de ces documents permet de reconstruire l’histoire politique hittite après la mort de Muwattalli II: sous le nom de Muršili III, Urhi-Teššup accède au trône, en l’absence d’héritier du roi défunt. Il ramène le siège du gouvernement à Hattuša, puis choisit Tarhuntassa comme capitale. Il fuira lors de la révolte menée par son oncle, Hattušili, laissant la ville sous la responsabilité d’Ulmi-Teššup, lequel se ralliera finalement à la cause de Hattušili.

– IDEM, “Some observations on the Šuppiluliuma-Šattiwaza treaties », in: Fs Hallo, p. 53-57: après avoir fait le point épigraphique sur le dossier du traité conclu entre Šuppiluliuma Ier et Šattiwaza du Mitanni, au XIVe s., et proposé une nouvelle édition complète du texte du traité, l’a. compare la structure des deux versions conservées par les contractants. Les différences relevées montrent que chaque roi avait composé sa propre édition du traité.

– IDEM, « Le siège d’Uršu (CTH 7) », JCS 47, 1995, p. 23-24: éd. et commentaire de KBo 1.11 (CTH 7) qui décrit l’encerclement de la ville d’Uršu par les Hittites. Depuis la parution de la première copie par Weidner en 1916 et de la première édition par Güterbock en 1938, aucun fragment nouveau n’est apparu. Toutefois, le document soulève divers problèmes d’interprétation en raison de son état lacunaire. Il ne s’agit pas d’une source de première main, l’original a été perdu. Il illustre un exemple d’“historiographie négative ». Il souligne le contraste entre le roi qui est mis en valeur et les autres décrits comme des incompétents.

– IDEM, “Hittite Administration in Syria in the Light of the texts from Hattuša, Ugarit and Emar », in: Ancient Syria, p. 41-49: les traités de vassalité et les alliances matrimoniales conclus avec les pays conquis par l’empire hittite constituent le cadre général de l’administration impériale. Les problèmes de gestion quotidienne étaient réglés en dernier ressort par le roi de Karkémiš, plus rarement par le grand roi hittite lui-même. Les Hittites ont laissé subsister les cadres administratifs locaux, coiffés par des agents impériaux.

– IDEM, “New Joins to Hittite Treaties », ZA 87, 1997, p. 96-100: transcription et traduction des joints effectués par l’a. pour les traités entre Suppiluliuma Ier et Aziru d’Amurru, Šattiwaza du Mitanni et Suppiluliuma Ier, et Mursili II et Kupanta-Kurunta de Mira-Kuwaliya.

– IDEM, « Hittite Chronology », in: Just in Time, Proceedings of the International Colloquium on Ancient Near Eastern Chronology (2nd Millennium B. C.), Ghent (7-9 July 2000), Akkadica 119-120, 2000, p. 19-32 : les sources textuelles anatoliennes n’aident pas à établir une chronologie. La période impériale n’a livré aucune tablette chronologique (peut-être à cause de l’utilisation d’un support périssable, par exemple le bois), pas plus que la documentation hiéroglyphique postérieure. Les textes assyriens contemporains, bien datés, ne donnent presque aucun renseignement sur les petites cités “néo-hittites ». L’existence d’homonymes parmi les noms de souverains hittites (plusieurs Hattušili I ou III, Šuppiluliuma I ou II, etc.) accroît la difficulté. Restent, pour établir une chronologie absolue, les données astronomiques et les synchronismes avec des souverains étrangers (égyptiens et assyriens). La chute de l’empire serait à dater de 1175, d’après une inscription égyptienne mentionnant un mouvement de populations, notamment hittites. L’a. propose trois arborescences différentes en fonction des chronologies haute, moyenne et basse, dans lesquelles il insère les souverains hittites par ordre chronologique.

– A. BEMPORAD, « Per una riattribuzione di KBo 4.14 a Šuppiluliuma II », in: Gs Imparati, p. 71-86: le texte historique KBo 4.14 qui fait allusion aux relations entre les Hittites et les Assyriens seraient à dater du règne de Šuppiluliuma II et non pas de Tuthaliya IV (contra Singer).

– IDEM, « Considerazioni sulla fine dell’Impero ittita », KASKAL 3, 2006, p. 69-80 : l’a. revient sur les informations archéologiques fournies par J. Seeher (StBoT 45, 2001, p. 628-629) témoignant d’un abandon progressif et planifié de Hattuša. Cet abandon semble indiquer, comme cela a déjà été suggéré à plusieurs reprises, que les dernières années de l’empire hittite furent le théâtre d’un nouveau transfert de capitale. Dans le même ordre d’idées, les fouilles archéologiques indiquent que, lors du règne de Šuppiluliuma II, certains temples ont été vidés de leur mobilier et de leur personnel puis remployés comme édifices profanes. L’a. met donc l’accent sur le fait que Hattuša n’a pas été assiégée puis conquise de manière brutale mais qu’elle a au contraire été abandonnée de ses habitants, laissant aux conquérants étrangers une ville vidée de ses biens mobiliers. L’a. associe cet épisode du transfert de la capitale à un texte fragmentaire provenant d’Ougarit (RS 26.158) qui mentionne l’utilisation massive de bateaux par le roi hittite. Celui-ci aurait réclamé ces embarcations pour le transporter vers sa nouvelle capitale, accompagné des nombreux membres de sa Cour et de ses biens. Bemporad suggère que cette nouvelle capitale se situe plus au Sud-Est, loin des zones de troubles. Il propose plus particulièrement une ville située dans la zone de juridiction de Karkemiš, où des inscriptions ont largement témoigné de la continuité dynastique entre le Nouvel Empire hittite et la période dite néo-hittite.

– T. BRYCE, “Some Observations on the Chronology of Šuppiluliuma’s Reign », AnSt 39, 1989, p. 19-30: l’a. affine la chronologie des événements du règne de Suppiluliuma (1344-1322), en se basant sur la date, proposée par Kitchen, de 1337 pour la mort d’Akhénaton.

– IDEM, « The role of Telipinu, the priest, in the hittite kingdom », Hethitica 11, 1992, p. 5-18: l’a. retrace la carrière de Telipinu, second fils de Šuppiluliuma. Dans le cadre du contrôle hittite en Syrie, Telipinu, roi d’Alep, assume à la fois des fonctions religieuses (Grand prêtre) et politiques (arbitre des conflits entre états vassaux), complétant la domination militaire assurée par Šarri-Kušuh de Karkemiš. Ainsi sont partagés entre ces deux rois les trois principaux attributs de la royauté hittite.

– IDEM, The Kingdom of the Hittites, Oxford, 1998, xiv + 464 p.: synthèse historique sur les Hittites, insistant notamment sur les aspects politiques et militaires, et incluant de nombreuses citations de textes hittites traduits. L’a. récuse la division tripartite de l’histoire hittite (ancien/moyen/nouvel empire) pour la réduire à deux phases, l’ancien empire commençant avec Labarna (début XVIIIe s.) et le nouvel empire qui débute avec le règne de Tudhaliya (fin XVe-début XIVe s.).

– IDEM, « Relations between Hatti and Ahhiyawa in the Last Decades of the Bronze Age », in: Fs Hoffner, 2003, p. 59-72 : l’a. revient sur la question des relations commerciales susceptibles d’avoir existé entre les Hittites et la Grèce mycénienne et indique qu’il n’y a selon lui aucune évidence d’échange commercial direct.

– IDEM, « The Secession of Tarhuntašša », Fs Košak, 2007, p. 119-129 : Selon l’a. Hattušili III aurait lui-même placé Kurunta sur le trône de Tarhuntašša au moment même où il exilait son frère (ou demi-frère) Urhi-Tešub. Ce dernier est d’abord exilé en Nuhašše puis en Egypte. Toutefois, Ramsès est sans doute sincère lorsqu’il écrit à Hattušili qu’il ne peut pas lui livrer Urhi-Tešub, puisque ce dernier est déjà reparti d’Egypte. L’a. suggère que Urhi-Tešub est alors retourné en territoire hittite, peut-être au Kizzuwatna puis à Tarhuntašša, où Kurunta est roi. Il est même possible qu’Urhi-Tešub soit mort peu de temps après, et que ce fait ait contribué à inciter Kurunta à réclamer son indépendance vis-à-vis de Hattuša. La déclaration d’indépendance de ce dernier est manifeste dans l’adoption du titre Grand Roi. L’a. revient également sur l’identification de Hartapu, le « Grand Roi » des inscriptions de Kızıldağ et Karadağ. Selon lui, l’hypothèse soutenue par I. Singer selon laquelle Hartapu serait un fils d’Urhi-Tešub est convaincante et s’insère bien dans l’histoire de la dynastie hittite de Tarhuntašša. Hartapu aurait régné après Kurunta mais son royaume aurait perdu tout pouvoir lors de la conquête de la côte anatolienne par Šuppiluliuma II (dont fait écho l’inscription hiéroglyphique du Südburg).

– IDEM, « The ‘Eternal Treaty’ from the Hittite Perspective », BMSAES 6, 2006, p. 1-11 : l’a. s’interroge sur le contexte historique dans lequel le traité de Ramsès II et de Hattušili III a été ratifié. Ramsès II avait tout intérêt à tenter de maintenir un statu quo dans les territoires levantins et syriens après sa défaite à Qadeš. Hattušili avait quant à lui été chargé par son frère Muwatalli II de gouverner Aba (région de Damas), qui représentait alors la limite méridionale de l’empire hittite. Chacun des deux partis était en outre conscient d’autres conflits dans ses propres territoires : Ramsès devait affronter les attaques libyennes à l’Ouest et Hattušili faisait face à une crise en Anatolie occidentale (Piyamaradu et Ahhiyawa) et septentrionale (Gašgas). L’une des menaces les plus sérieuses pour le Hatti était en outre l’Assyrie, avec ses visées expansionnistes en direction de la Méditerranée. Hattušili aurait une raison supplémentaire de souhaiter signer un traité avec le souverain égyptien, selon l’a. : ayant usurpé le trône au détriment de son neveu Urhi-Tešub, il craindrait que le pharaon ne se range du côté de ce dernier plutôt que du sien. Dans le même ordre d’idées, Hattušili cherche à être reconnu par les deux autres grands souverains du Proche-Orient de l’époque : le roi de Babylone et celui d’Assyrie. Or, un traité avec le roi d’Egypte est sans doute une des manières les plus efficaces d’obtenir cette reconnaissance.

– IDEM, « The Hittite Deal with the Hiyawa-Men », Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 47-53: l’a. examine deux lettres de la maison d’Urtenu à Ugarit qui mentionnent « l’homme Hiyawa », expression qui désigne sans conteste les Mycéniens (Ahhiyawa des textes hittites). Il rejoint en partie l’interprétation d’I. Singer qui, contrairement aux éditrices de ces deux lettres, pense que le roi hittite Suppiluliuma II envoie des lingots de métal aux Mycéniens dans le cadre d’échanges commerciaux avec eux.  L’a. rappelle cependant que l’archéologie n’a jamais réussi à mettre en évidence l’existence d’un commerce régulier entre l’Anatolie hittite et le monde mycénien. Il pense que les Hittites avaient en réalité l’habitude de sous-traiter leurs échanges commerciaux avec des voisins. De même, il pense que les Mycéniens ne pratiquaient pas de négoce régulier avec le Proche-Orient cunéiforme. Pour lui, les Mycéniens mentionnés dans les deux lettres d’Ugarit sont des mercenaires recrutés par le Grand Roi hittite pour protéger le pays de Hatti d’une menace extérieure. Celle-ci pourrait être liée à l’approvisionnement du pays en grain, approvisionnement qui se faisait à partir de l’Egypte en passant par la côte syro-levantine. [A. Mouton]

– IDEM, « The Nisantepe Archive and the Hittite Royal Dynasty, ANES 49, 2012, p. 222-235: il s’agit d’un review-article de S. Herbordt, D. Bawanypeck et J. D. Hawkins, Die Siegel Der Grosskönige und Grossköniginnen auf Tonbullen aus dem Nisantepe Archiv in Hattusa, 2011. L’a. compte 141 sceaux partagés par dix souverains et cinq reines. Même les souverains qui régnèrent très brièvement, tels qu’Urhi-Tesub (7 ans de règne environ) et Arnuwanda III (2 ou 3 ans de règne), sont représentés. Les empreintes de sceaux royaux de Nisantepe permettent, d’après l’a., d’aller de l’avant dans le dossier de l’existence ou non d’un Hattusili II. Contrairement à ce qui est suggéré par certains hittitologues, le père de Suppiluliuma Ier ne se nomme pas Hattusili mais Tudhaliya, comme le montrent les empreintes de Nisantepe. Ces mêmes empreintes mentionnent également Henti, sans doute la deuxième femme de Suppiluliuma Ier qui est qualifiée de fille de Grand Roi dans la documentation. Enfin, les sceaux attestent aussi du nom hourrite de Muwatalli II, à savoir Sarri-Tesub, tout comme Ulmi-Tesub pourrait être, selon l’a., le nom hourrite de Kurunta de Tarhuntassa et tout comme Tasmi-Sarruma est le second nom de Tudhaliya IV. [A. Mouton]

– G. BUNNENS, “Hittites and Aramaeans at Til Barsip: A Reappraisal », in: Fs Lipinski, p. 19-27: Tell Ahmar, l’ancienne Til Barsip des Araméens et des Assyriens, nommée Masuwari en luwite, était une ville majoritairement néo-hittite au Ier millénaire, avant la conquête assyrienne. Le contrôle politique exercé par les Araméens se doublait d’une dynastie hittite locale vassale du puissant chef tribal Ahuni.

C

– C. CANNUYER, « Le grand ‘mariage hittite’ de Ramsès II et son empreinte dans la mémoire égyptienne », in: Identité et altérité, 2010, pp. 87-104 : l’a. revient sur la stèle du mariage de Ramsès II avec une fille du Grand Roi hittite Hattušili III. Il insiste sur la distorsion réalisée par les Égyptiens sur cet événement historique. Ceux-ci cherchent, en effet, à représenter cette union comme l’illustration de la prédominance égyptienne sur son ancien rival. Nous avons là une synthèse complète et claire sur ce texte important. Du point de vue de l’histoire des religions, il est, notamment, tout à fait intéressant d’observer le « télescopage » volontairement réalisé par les Égyptiens entre « leur » Seth, qui accompagne le Pharaon sur la stèle et que celui-ci qualifie de « père », et celui, artificiel, qui n’est que le résultat d’une interpretatio du nom du dieu de l’orage anatolien (phénomène que l’on retrouve systématisé dans la traduction égyptienne du traité égypto-hittite) et que Hattušili appelle « notre maître ». [A. Mouton]

– O. CARRUBA, “Stato e società nel Medio Regno eteo », SELVO, p. 195-224: l’a. cherche, notamment à l’aide des “listes royales », à reconstituer l’histoire du “siècle obscur » (1500-1380), entre Telipinu et Suppiluliuma. Il y distingue deux périodes: l’une, de décadence, sous les 5 premiers successeurs de Telipinu; l’autre, de sursaut avec la hourritisation des milieux gouvernementaux.

– IDEM, “Die Tawannannas des Alten Reiches », in: Fs Alp, p. 73-89: les sources historiques et religieuses de l’ancien Royaume, le titre de Tawannanna s’est appliqué à la reine épouse de Labarna Ier, et à la sœur de Labarna II/Hattušili.

– IDEM, « Hethitische Dynasten zwischen altem und neuem Reich », in: Third Congress of Hittitology, p. 87-107: l’a. établit une liste hypothétique des rois ayant régné à l’époque moyen-hittite, c’est-à-dire entre la fin du règne de Hattušili I (vers 1620) et le début de celui de Tuthaliya IV (vers 1227).

– IDEM, “Tauananna III. De Tauanannae nomine atque officiis », AOF 25, 1998, p. 215-221: l’a. fait le point sur les divers travaux concernant la Tawananna, pour conclure qu’il ne s’agit pas d’une dignité et que le titre n’a été qu’épisodique. Le seul privilège de la reine est de conserver son titre de reine après la mort du roi, la qualité de prêtresse étant un attribut normal pour la reine.

– IDEM, « Tauananna II. De magnae filiae regis cognominis significatione atque usu », in: Gs Cagni, vol. 1, p. 71-83 : étude des titulatures DUMU.MUNUS GAL = hiéroglyphique FILIA MAGNA, et MUNUS.LUGAL GAL = hiéroglyphique MAGNA REGINA en relation avec le titre de Tawananna. La première désignerait les épouses de princes héritiers avant que ceux-ci ne deviennent rois, par abréviation de DUMU.MUNUS LUGAL GAL, “fille du grand roi », indiquant qu’elles entrent dans la famille royale hittite par l’intermédiaire de leur époux.

– IDEM, « DUTUŠI », in: Gs Imparati, p. 145-154: sur la titulature du Grand Roi “(Mon) Soleil » et son introduction dans les textes hittites. Le fait que le roi était assimilé au dieu Soleil est corroboré par l’existence d’une titulature DUTU sans complément phonétique akkadien dans les sources OH.

– IDEM, Anittae res gestae, Studia Mediterranea 11, Series Hethaea 1, 2003.

– IDEM, « Tuthalija 00I. (und Hattusili II.) », AOF 32, 2005, p. 246-271: sur les différents rois Tuthaliya et leur identification.

– IDEM, « Dokumente für die Zeit Tuthaliyas I. und Hattusilis II. », in: A. Süel (éd.), 5th ICH, 2005, p. 179-205: l’a. énumère les témoignages écrits qui, selon lui, relève du roi Tudhaliya I. Il insiste par ailleurs sur le fait qu’aucun document n’atteste clairement de l’existence d’un Hattušili II.

– E. CLINE, “A possible Hittite Embargo against the Mycenaeans », Historia 40/1, 1991, p. 1-9: un embargo décidé par les Hittites contre les Mycéniens expliquerait l’absence de témoins archéologiques et épigraphiques des contacts, pourtant bien attestés par ailleurs, entre les Mycéniens et la Méditerranée orientale et proche-orientale.

– B. J. COLLINS, « Hattušili I, the Lion King », JCS 50, 1998-1999, p. 15-20 : seul Hattušili I se faisait appeler le Roi Lion. Les autres rois hittites, lorsqu’ils utilisent cette expression, feraient en réalité une allusion à Hattušili I.

– V. CORDANI, « Dating the Ascension to the Throne of Suppiluliuma I », KASKAL 8, 2011, p. 141-160: l’a. revient sur les difficultés de datation du règne de Suppiluliuma Ier, et cela jusqu’à sa mort. Celle-ci coïncide avec une éclipse solaire dont la datation est, elle aussi, l’objet de débats.  Concernant la date de l’ascension au trône de Suppiluliuma Ier, l’a. considère deux groupes de sources : 1) les lettres d’El-Amarna ; 2) les annales de Suppiluliuma et d’autres textes hittites. A Amarna, la fin de la correspondance du roi Tušratta du Mitanni serait contemporaine, selon l’a., à la grande campagne syrienne de Suppiluliuma Ier. Pour cette raison, la Première Guerre Syrienne de ce souverain hittite daterait au plus tôt de la 5e année de règne d’Akhenaton (aussi appelé Aménophis ou Amenhotep IV). A ces données issues d’El-Amarna, l’a. ajoute les annales de Suppiluliuma, revenant, notamment sur sa campagne en Arzawa. D’après elle, cette campagne serait restée inachevée à cause de la montée des troubles en Išuwa. Pour cette raison, l’a. suggère que la Première Guerre Syrienne n’a pas pu avoir lieu avant la 3e année du règne de ce souverain.  Parallèlement, elle date EA 41 du début du règne d’Akhenaton, ce qui impliquerait de situer l’accession au trône de Suppiluliuma lors du règne de son prédécesseur, Amenhotep/Aménophis III. En relation avec les problèmes syriens qui auraient, toujours d’après l’a., succédé aux troubles d’Išuwa, l’a. en conclut que le début du règne de Suppiluliuma Ier doit se situer entre la 35e et la 38e année de règne d’Amenhotep III. [A. Mouton]

– EADEM, « Suppiluliuma in Syria after the first Syrian War: The (non-)evidence of the Amarna letters », in: New Results and New Questions, Eothen 19, 2013, p. 43-64: l’a. remet en question la durée traditionnellement attribuée aux deux guerres syriennes de Suppiluliuma Ier, à savoir 1 et 6 ans respectivement. Bien que Suppiluliuma prétende avoir achevé sa première guerre syrienne en une année, nous ne sommes pas obligés de le croire, comme l’indique à juste titre l’a. à la suite de G. Wilhelm. Etant donné l’ampleur des événements narrés, l’a. a suggéré ailleurs une première guerre syrienne d’une durée de 3 à 5 ans. Quant à la durée de 6 ans traditionnellement attribuée à la seconde guerre syrienne, l’a. doute également de sa véracité. Elle pense en outre que les deux campagnes forment un tout, une seule et même guerre. A la recherche de preuves textuelles de sa théorie, l’a. se penche sur les lettres d’El-Amarna mentionnant les Hittites. Pour elle, la plupart des lettres de ce corpus datent d’après la première guerre syrienne, puisqu’elles mentionnent Aitakkama de Kadesh qui a probablement été alors déporté au Hatti puis réinstallé sur le trône de Kadesh en échange de sa loyauté envers le Grand Roi hittite. Dans la correspondance d’Aziru d’Amurru, on fait allusion à la prise du Nuhasse par Suppiluliuma, un événement qui intervient pendant la première guerre syrienne. Ainsi, l’a. pense que les lettres EA 158-162 et 168-170 datent de la période comprise entre les deux guerres syriennes. Dans l’ensemble, la présence très discrète des troupes de Suppiluliuma dans la correspondance d’El-Amarna de cette période pourrait s’expliquer par un recentrage des activités militaires du Grand Roi hittite sur l’Anatolie et la Syrie du nord à l’issue de la première guerre syrienne. [A. Mouton]

D

– L. D’ALFONSO, « Tarhuntassa in einem Text aus Emar », AOF 26, 1999, p. 314-321: nouvelle lecture du texte Emar VI 18. Dans ce texte, on devrait lire que Hešmi-Tešub dirige « le pays de Hatti (et) le pays de Tarhuntašša ». Les éléments internes du texte conduisent à le situer soit durant le règne de Urhi-tešub, la ville étant alors la capitale de l’empire hittite, soit pendant la première moitié du règne de Tudhaliya IV.

– G. DEL MONTE, “Ulmitešub re di Tarhuntaša », EVO XIV-XV, 1991-1992, p. 123-148: étude comparative de la tablette de bronze du traité de Tudhaliya IV avec Kurunta, et de KBo IV, 10 contenant un traité conclu entre Hattušili III et Ulmitešub du Tarhuntaša. L’a. soutient, contre van den Hout (JCS 41), que Kurunta et Ulmitešub sont une seule et même personne.

– S. DE MARTINO, “Hattušili I e Haštayar: un problema aperto », OrAnt 28, 1989, p. 1-24: étude d’un passage du testament politique de Hattušili où celui-ci fait de Muršili son successeur et recommande à Haškayar, son épouse, de ne plus consulter les oracles (sal.mešŠU.GI) . Ces femmes, peut-être d’origine louvite ou hourrite, furent sans doute introduites dans la religion hittite par la reine, princesse de Hurma.

– IDEM, “Alcune osservazioni su KBo III 27″, AOF 18/1, 1991, p. 54-66: étude du célèbre édit de Hattusili Ier, contenant la condamnation de la Tawananna et l’interdiction de prononcer son nom, la désignation de Mursili comme héritier au trône et une exhortation à l’unité et la cohésion de la famille royale. L’a. propose d’identifier la Tawananna avec la sœur ou la femme de Hattusili. La peine capitale prononcée contre celui qui transgresserait l’interdit formulé par l’édit et l’exposition du cadavre rappellent les §§ 227 et 21 CH, et 53 LA.

– IDEM, « I rapporti tra Ittiti e Hurriti durante il regno di Muršili I », Hethitica 11, 1992, p. 19-37: les textes de l’ancien Royaume, interprétés dans le cadre de la chronologie courte, conduisent à placer l’apparition d’un véritable Etat hourrite autonome à la fin du XVIe s., donc dès le règne de Muršili Ier.

– IDEM, “Die Unternehmungen des Muršili I. im südöstlichen Anatolien nach KUB XXXI 64+ (CTH 12) », AOF 22, 1995, p. 282-296: transcription et traduction du texte fragmentaire de CTH 12 relatant les campagnes militaires de Muršili Ier (et non pas Hantilis Ier) dans le sud anatolien.

– IDEM, « The military Exploits of the Hittite King Hattušili I in Lands situated between the Upper Euphrates and the Upper Tigris », in: Fs Popko, p. 77-85: la région peuplée de cannibales décrite en KBo 3 60 pourrait être celle du Tur-Abdin, non loin de Tikunani. La métaphore des cannibales désignerait les ennemis des Hittites, à savoir les Hourrites.

– IDEM, Annali res gestae antico Ittiti, Studia Mediterranea 12, Series Hethaea 2, 2003.

– IDEM, « Symbols of Power in the Late Hittite Kingdom », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 87-98: l’a. met en avant le rôle de Muwatalli II dans l’introduction d’une nouvelle iconographie royale : le roi est représenté dès lors comme l’élu des dieux, aussi bien sur les reliefs monumentaux (Sirkeli, où il porte des habits sacerdotaux le rapprochant du dieu Soleil) et que sur les sceaux (où il est représenté dans les bras de son dieu personnel = « Umarmungsszene »). Selon S. de Martino, ces innovations doivent être rapprochées des changements politiques et religieux imposés par le souverain : le changement de capitale de Hattuša à Tarhuntašša, ainsi que ce que les hittitologues ont coutume d’appeler la réforme religieuse de Muwatalli. Le fils et héritier officiel de Muwatalli, Urhi-Tešub, semble avoir suivi et même dépassé l’exemple de son père en se faisant représenter, pour la première fois dans l’histoire hittite, avec une tiare à corne, attribut auparavant réservé aux divinités. Selon S. de Martino, le port, par Urhi-Tešub, de la tiare à corne ne doit pas être interprété comme l’affirmation par ce souverain de sa nature divine. En effet, si tel avait été le cas, les textes devraient en rendre compte. La même observation est faite pour l’usurpateur Hattušili III qui adopte, à son tour, la tiare à corne dans certaines de ses représentations (ex : Fraktın). Comme l’indique à juste titre l’auteur, il y a tout lieu de penser qu’en se faisant représenter vêtu des habits et couvre-chef de la divinité, le Grand Roi hittite cherchait plutôt à mettre en valeur sa relation privilégiée avec le divin. De l’identification iconographique à une réelle identification, il n’y avait qu’un pas que semble avoir fait le roi Tudhaliya IV, destinataire d’une libation dans une inscription (autel d’Emirgazi : voir les travaux de T. van den Hout cités par l’auteur). S. de Martino suggère que cette importante innovation dans l’idéologie royale hittite est due au contexte politique particulièrement problématique de l’époque. Par la suite, l’auteur examine la possible appropriation des symboles royaux par des hauts personnages de la fin de l’Empire hittite. Cet aspect de son étude est particulièrement intéressant, car il fait, en quelque sorte, écho à ce que l’on observe en Égypte ancienne : des textes et représentations figurées originellement réservés aux pharaons furent, là aussi, « démocratisés ». [A. Mouton]

– IDEM, “Ali-Šarruma, re di Išuwa”, SMEA 52, 2010, p. 109-117: l’a. étudie les attestations hittites du nom d’Ali-Šarruma. Deux empreintes de sceaux hiéroglyphiques associent ce nom au titre de roi d’Išuwa. Ali-Šarruma représente, selon l’a., le troisième souverain connu du pays d’Išuwa, ensemble avec Ari-Šarruma et Ehli-Šarruma. Plusieurs personnages historiques peuvent être mis en relation avec lui : 1) f.DU-ÌR, mère d’Ini-Tešub, roi de Karkemiš ; 2) Lupakki, peut-être un GAL KARTAPPU ; 3) fKilušhepa, qui est peut-être la DUMU.MUNUS GAL des textes hittites, selon J. de Roos et, pour cette raison, la fille de Hattušili III et de Puduhepa ; 4) Šaušgaziti ; 5) Utli ; 6) Naninzi. Grâce au placement chronologique de ces différents personnages, il apparaît qu’Ali-Šarruma devait régner sur Išuwa pendant la fin du règne de Hattušili III et le début de celui de Tudhaliya IV. De plus, l’hypothèse de P. Houwink ten Cate reprise par J. de Roos consistant à voir, dans Kilušhepa, la femme d’Ari-Šarruma puis, à la mort de celui-ci, celle du frère de ce dernier, à savoir Ali-Šarruma, paraît vraisemblable, selon l’a. En effet, Kilušhepa est associée successivement à ces deux rois dans plusieurs documents. [A. Mouton]

– IDEM, « Nomi di persona hurriti nella prima età imperiale ittita », Or 79, 2010, p. 130-139: les premiers noms hourrites de personnes ayant vécu dans le royaume hittite remontent au tout début de l’époque impériale hittite, c’est-à-dire au règne de Tudhaliya I/II. Le personnage appelé BU-Šarruma et parfois considéré comme le second nom d’un hypothétique Hattušili II est plutôt à situer ultérieurement. En réalité, le premier personnage important de l’histoire hittite à porter un nom hourrite est la reine Nikkalmati qui, originaire du Kizzuwatna, épousa le roi Tudhaliya I/II. Sa propre fille, Ašmunikkal, porte un nom hourrite et épousa Arnuwanda I avec qui elle eut plusieurs enfants aux noms hittites, indo-aryens (alors en vogue au Kizzuwatna : Mannini et Pariyawatri), mais aussi hourrites : Tašmi-Šarri (autre nom de Tudhaliya III) et Ašmu-Šarruma. Ainsi, l’adoption, au sein de la famille royale hittite, de noms hourrites remonte à l’arrivée dans cette famille de la kizzuwatnienne Nikkalmati et correspond à la période de l’annexion du Kizzuwatna au royaume hittite. Les tablettes d’Ortaköy attestent de noms hourrites pendant le règne de Tudhaliya III. Il est possible que la communauté hourritophone ait été plus importante dans cette ville qui servit vraisemblablement de base d’opérations à Tudhaliya I/II contre Muwatalli I et, plus tard, de résidence à Tudhaliya III. Au total, les noms de personnes hourrites restent en nombre restreint au tout début de l’époque impériale. Ils sont portés par : 1) des membres de la famille royale après l’arrivée de Nikkalmati, 2) des personnes appartenant à l’administration d’Ortaköy-Šapinuwa, 3) des experts en médecine ou en rituels provenant de Syrie du nord et du Kizzuwatna. Ce n’est qu’à partir du milieu du XIVe siècle que les Hourrites deviennent plus nombreux en pays de Hatti, ce qui est sans doute une conséquence de la conquête du Mittani et de la Syrie du nord-ouest. [A. Mouton]

– IDEM, « Some Questions on the Political History and Chronology of the Early Hittite Empire », AoF 37, 2010, p. 186-197 : l’a. fait un bilan critique des travaux récents sur le début de l’époque impériale hittite, ce que l’on appelait dans les publications plus anciennes, l’époque moyen-hittite. Il montre ainsi que de nombreux points obscurs demeurent, même si certaines questions sont désormais considérées comme résolues. Il semble, par exemple, qu’il y ait à l’heure actuelle un consensus sur le fait que le Tudhaliya qui succéda à Muwatalli Ier (Tudhaliya I/II) était le fils d’un Kantuzzili. D’après D. Hawkins, ce dernier aurait été GAL MEŠEDI dès le règne de Muwatalli Ier, roi à l’assassinat duquel il aurait participé pour placer son fils sur le trône de Hatti. S. de Martino rappelle que plusieurs éléments semblent indiquer que Kantuzzili appartenait bel et bien à la famille royale hittite, ce qui en faisait un concurrent craint par Muwatalli Ier et férocement combattu par celui qui était vraisemblablement l’héritier désigné par ce dernier, à savoir Muwa. Les combats qui opposèrent Tudhaliya I/II à Muwa se déroulèrent probablement au Kizzuwatna à une période où celui-ci était encore sous domination mitannienne. Les premiers traités entre le Kizzuwatna et le pays hittite doivent remonter à cette époque (le traité de Šunaššura en particulier). Il est en outre possible que le Kizzuwatna fut alors annexé par les Hittites à la suite de ces combats. Le traité de Šunaššura indique que ce n’était pas la première fois, le Kizzuwatna ayant déjà été placé sous domination hittite pendant le règne de Zidanza II. L’a. revient également sur le problème de l’existence, très controversée, d’un Hattušili II. Pour lui, les sources qui ont été interprétés par certains savants en faveur de l’existence de ce roi sont pour le moins ambiguës. Il n’est, par conséquent, pas convaincu par cette thèse. La suppression de Hattušili II dans la liste des rois implique l’existence d’un seul Tudhaliya (I/II), et non de deux (Tudhaliya Ier puis Tudhaliya II). [A. Mouton]

– IDEM, « Kurunta e l’Anatolia occidentale », in: Fs Hawkins, 2010, p. 44-49: l’a. examine deux mentions du nom Kurunta, l’une dans la « lettre de Tawagalawa », l’autre dans la « lettre de Millawanda ». Pour lui, il s’agit dans les deux cas de Kurunta de Tarhuntašša qui a été chargé de missions diplomatiques en Anatolie occidentale aussi bien par Hattušili III (lettre de Tawagalawa) que par Tudhaliya IV (lettre de Millawanda). L’a. pense en outre que le titre de Grand Roi lui a été concédé pour reconnaître son pouvoir, à l’instar du roi de Karkemiš dont l’influence progresse à la même époque. [A. Mouton]

– IDEM, « The Wives of Suppiluliuma I », in: New Results, Eothen 19, 2013, p. 65-80: deux épouses de Suppiluliuma Ier sont connnues: Henti et la Babylonienne appelée Tawannanna. Les empreintes de sceaux de Nişantepe permettent de revenir plus précisément sur l’identité de Henti qui y est décrite comme fille d’un Grand Roi. Pour cette raison, et après avoir considéré les différentes possibilités, l’a. propose que Henti était fille de Tudhaliya III/Tašmi-Šarri, ce qui impliquerait que Suppiluliuma Ier n’était pas le fils biologique de son prédécesseur sur le trône de Hatti (l’a. réfute toujours l’hypothèse avancée par certains de l’existence d’un Hattusili II et de deux Tudhaliya distincts s’étant succédés au pouvoir). En assassinant Tudhaliya le Jeune, Suppiluliuma aurait tué l’héritier légitime au trône de Hatti, c’est-à-dire le fils de Tudhaliya III et de Sata(n)du-Hepa, sa première femme. Ayant épousé Henti qui serait la fille de Tadu-Hepa, la seconde épouse de Tudhaliya III, Suppiluliuma aurait hérité du trône à la mort de Tudhaliya le Jeune. Ce dernier a peut-être régné pendant un court laps de temps avant de se faire assassiner. La seconde épouse de Suppiluliuma Ier, la Babylonienne appelée Tawannanna dans les textes, aurait été envoyée à la Cour hittite en tant qu’épouse secondaire du Grand Roi alors que Henti était considérée comme la Grande Reine. Afin de compenser cette position inférieure à celle de Henti, les textes et surtout les documents diplomatiques attribueraient à la princesse babylonienne le titre de Tawannanna même si elle ne l’était pas vraiment. Quant au supposé bannissement de Henti, l’a. montre que les données textuelles ne permettent pas de confirmer cette hypothèse. [A. Mouton]

– J. G. DERCKSEN, « Anitta and the Man of Purušhanda », in: Fs Donbaz, 2010, p. 71-75: un document du niveau Ib de Kaneš mentionne le roi hittite Anitta dont le père, Pithana, déposa vraisemblablement le roi Waršama de Kaneš pour s’installer sur son trône. Par ailleurs, plusieurs historiens ont interprété les cadeaux faits par le roi de Purušhanda à Anitta (d’après le récit hittite) comme le symbole de l’abdication de ce premier souverain en faveur du second. En effet, le roi de Purušhanda offre à Anitta un trône et un cercle en fer, qui sont des insignes de royauté, ce qui a fait écrire à plusieurs savants qu’il lui cède les siens. Or l’a. montre qu’un tel cadeau est attesté dans plusieurs documents paléo-babyloniens de Mari comme un cadeau diplomatique fait par un roi puissant en faveur d’un souverain nouvellement investi de sa fonction. Ce cadeau ne doit, par conséquent, pas être compris comme un geste de soumission mais bien plutôt comme un symbole d’alliance et de protection. Ainsi, le royaume de Purušhanda resta probablement indépendant pendant le règne d’Anitta. Ce n’est que Labarna I qui l’annexa à son royaume. [A. Mouton]

– S. DE MARTINO et F. IMPARATI, « More on the so-called ‘Puhanu Chronicle », in: Fs Hoffner, 2003, p. 253-263: les a. pensent que la première partie du texte traditionnellement appelé « Chronique de Puhanu » décrit un rituel de substitution royale. Pour eux, la personne décrite au début du texte comme étant vêtue d’un habit coloré, portant un panier sur la tête et ayant un arc serait le substitut humain du roi même. La suite du texte ferait notamment allusion à une action rituelle de préparation de l’armée hittite contre les Hourrites. Pour les a., ce texte est composite et associe des actions rituelles de substitution royale et de préparation à la guerre à une campagne de Hattusili I en Syrie.

– J. DE ROOS, “KBo 33-216. A votive Text of Tuthalias IV », JAC 4, 1989, p. 39-48: étude d’un texte votif fragmentaire de la seconde année du règne de Tudhaliya IV (=1233), évoquant notamment la victoire assyrienne de Tukulti-Ninurta sur les troupes hittites.

– IDEM, “The Hittites and their History », JAC 9, 1994, p. 104-114: il existe chez les Hittites une réelle tradition historiographique, illustrée par les inscriptions royales et les préambules des traités internationaux notamment. Ces compositions reposent sur des faits souvent anciens, dont la mémoire a été conservée à des fins religieuses et politiques, le plus souvent pour légitimer les décisions des rois.

– IDEM, “Les Hittites, un peuple entre l’est et l’ouest », Akkadica 98, 1996, p. 1-10: l’a. présente les étapes de la redécouverte des Hittites (archéologie et épigraphie), ainsi que les grands points de leur histoire et de leur civilisation. Il aborde aussi la question toujours débattue de leurs origines.

– IDEM, « Rhetoric in the s. c. testament of Hattusilis I », in: Fs Veenhof, p. 401-406: le testament de Hattusili Ier relate les événements qui l’ont conduit à choisir Mursili pour successeur. Il ne les présente pas selon un ordre chronologique mais fait alterner les épisodes négatifs (successeurs potentiels indignes) et positifs (centrés sur la personne de Mursili) en un jeu de contrastes qui vise à la persuasion. Etude des procédés rhétoriques mis en œuvre dans ce but.

– IDEM, « DUMU.MUNUS GAL reconsidered », Anatolica 31, 2005, p. 211-215 : il s’agit de la contribution que l’a. avait présentée lors du Vème Congrès International d’Hittitologie (Çorum, Septembre 2002). L’a. réexamine le titre DUMU.MUNUS GAL qui n’apparaît qu’à trois reprises dans la documentation hittite. Il fait le point sur la bibliographie existante. Par la même occasion, l’a. maintient l’opinion qu’il avait exprimée dans JEOL 29, à savoir que la prière dite de Gaššuliyawiya serait en réalité une Sammeltafel constituée de deux compositions distinctes.

– IDEM, « Materials for a Biography : The Correspondance of Puduhepa with Egypt and Ugarit », Fs de Roos, 2006, p. 17-26 : l’a. étudie la personnalité de la reine Puduhepa, telle qu’elle transparaît dans la correspondance.

– E. DEVECCHI, « Amurru between Hatti, Assyria, and Ahhiyawa. Discussing a recent hypothesis », ZA 100, 2010, p. 242-256: l’a. examine le contexte historique dans lequel s’inscrivent les changements remarqués sur le site syrien de Tell Kazel (probablement ancienne Sumur du royaume d’Amurru). L’a. mentionne tout d’abord le texte cunéiforme retrouvé sur ce site et publié en 2003 par C. Roche (Berytus 47, p. 123-128). La tablette en question est une lettre en akkadien envoyée par le Roi (probablement le roi de Karkemiš) à un certain Palla. Elle concerne l’arrivée d’un haut fonctionnaire hittite (Upparmuwa) dans la région. L’a. rappelle qu’Upparmuwa est un contemporain de Hattušili III et d’Ini-Tešub de Karkemiš. Après un court abandon de la ville, Tell Kazel montre de nombreux changements dans sa culture matérielle, changements que l’archéologue Badre associe à un embargo hittite des marchandises mycéniennes (embargo supposé être mentionné dans le traité de Tudhaliya IV avec Šaušgamuwa).  Mais comme le fait remarquer l’a., le passage en question est fragmentaire et donc d’interprétation incertaine. Tout d’abord, l’embargo, s’il a vraiment existé, aurait été destiné à éviter l’enrichissement de l’Assyrie, et non pas de l’Amurru. En second lieu, cet embargo aurait sans doute cessé relativement rapidement, après quelques années, car les textes attestent de la relation au beau fixe, tout à la fin de l’Empire hittite, entre le pays de Hatti et l’Assyrie. Pour toutes ces raisons, l’a. réfute la possibilité que le changement de culture matérielle à Tell Kazel soit dû à un embargo contre l’Ahhiyawa. Pour l’a., l’absence de céramique mycénienne après l’abandon de la ville pourrait refléter le départ de l’élite amorrite de Tell Kazel, départ qui coïnciderait avec la chute du royaume d’Amurru tout entier à la fin du Bronze Récent. [A. Mouton]

– EADEM, « ‘We are all descendants of Suppiluliuma, Great King’. The Aleppo Treaty Reconsidered », Welt des Orients 40, 2010, p. 1-27: l’a. suggère que le traité d’Alep CTH 75 est plus proche d’un édit d’attribution de terrain (Landschenkungsurkunden) que d’un traité de vassalité. Ce document est une copie d’un manuscrit rédigé pendant le règne de Mursili II. Il présente la particularité de ne pas posséder les éléments constituant généralement un traité : pas de mention claire de serment ni de liste de témoins divins, notamment. En revanche, on y trouve une liste de témoins humains, ce qui est inédit dans le corpus des traités de vassalité hittites. Seuls les traités de Tarhuntassa se rapprochent de ce cas particulier puisqu’ils ont, comme lui, une liste de témoins humains à laquelle s’ajoute la liste de témoins divins attendue. Les particularités du traité d’Alep seraient dues, selon l’a., au statut du roi d’Alep, à savoir un membre de la famille royale hittite. Il ne s’agit donc pas d’un vassal ordinaire puisqu’il est lié par le sang au Grand Roi hittite. De plus, l’a. pense que toutes ces particularités étaient déjà présentes dans la version originale du traité, alors que d’autres auteurs suggéraient qu’elles avaient été insérées uniquement dans la copie datant du règne de Muwatalli II, fils de Mursili II. En appendice, l’a. fournit une étude prosopographique à jour des protagonistes du traité. [A. Mouton]

– M. DIJKSTRA, “On the Identity of the Hittite Princess Mentioned in Label KTU 6.24 (RS17.72) », UF 22, 1990, p. 97-101: le nom de la princesse hourrite qui épousa Niqmaddu IV au XIIIe s. pourrait être Anami-Peddigalli, un nom théophore.

– M. DILLO, « The unpublished hieroglyphic Luwian inscription ARSLANTAŞ 2: a duplicate version comparable with the situation of ARSUZ 1 and 2 », NABU 2016/17: l’a. revient sur la trouvaille de H. Galter de l’inscription  ARSLANTAŞ 2 qui dupliquerait le texte d’ARSLANTAŞ 1. Cette inscription sur orthostate est à peine visible sur la première photographie de l’a., mais la seconde en confirme l’existence. L’a. pense qu’une inscription se trouvait à la porte de la ville qui donnait sur l’intérieur des terres, alors que la seconde aurait été placée à une autre porte de la ville donnant sur la mer. [A. Mouton]

– A. DINÇOL, « The Rock Monument of the Great King Kurunta and its hieroglyphic Inscription », in: Third Congress of Hittitology, p. 159-166 : au sujet de la découverte, en 1996, d’un relief représentant un dieu et accompagné d’une inscription au nom de Kurunta désigné comme « grand roi, héros, fils de Muwatalli, grand roi, héros ». Cette inscription prouve, selon l’a., que Kurunta a eu un règne assez long et qu’il était le roi de l’ensemble du pays de Hatti, et non pas seulement du pays de Tarhuntašša.

– IDEM, « Die Entdeckung des Felsmonuments in Hatip und ihre Auswirkungen über die historischen und geographischen Fragen des Hethiterreichs », TÜBA-AR 1, 1998, p. 27-35: l’a. reprend les idées de l’article cité précédemment, en particulier concernant l’identité du roi Kurunta représenté sur ce relief de Hatip.

– IDEM et B. DINCOL, « Wer war Walanni? », Hethitica 16, 2010, p. 35-38: les a. étudient l’identité de plusieurs grandes dames de l’Histoire hittite : Kattešhapi, une grande reine dont l’époux est encore inconnu de nous, Mušuhepa, une autre reine mal connue, Ašmuhepa dont le titre n’est pas indiqué par les textes, mais surtout Walanni que plusieurs hittitologues proposent d’identifier à l’épouse de Kantuzzili. A la suite de la découverte en 1999 d’une empreinte de sceau royal mentionnant un Tudhaliya fils de Kantuzzili, les a. suggèrent l’équation Kantuzzili = Hattušili II. Par ailleurs, ils proposent de voir dans la reine Kattešhapi l’épouse de Muwatalli I. [A. Mouton]

– M. DOĞAN-ALPARSLAN, « Drei Schreiber, zwei Könige », VIth ICH, SMEA 49, 2007, p. 247-257 : sur la dynastie du grand scribe Mittannamuwa, dynastie contemporaine des règnes de Muwatalli II et de son frère Hattušili III. Selon l’a., cette grande famille pourrait avoir des origines kizzuwatniennes, de par le nom hourro-louvite de certains de ses membres. L’a. décrit en premier lieu l’organisation hiérarchique de la caste scribale, revenant notamment sur les rangs de « scribe de premier rang », « de deuxième rang », etc. apparaissant sur les empreintes de sceaux hiéroglyphiques. Se concentrant sur le parcours de Mittannamuwa, le « patriarche » de la dynastie scribale qu’elle a choisie d’étudier, l’a. suggère que la fonction de gouverneur de Hattuša que Muwatalli II lui a confiée au moment de s’installer à Tarhuntašša s’explique par le fait que de nombreux éléments des archives palatiales étaient restés sur place dans l’ancienne capitale. Par ailleurs, il est possible que Mittannamuwa ait œuvré en collaboration avec Hattušili III, alors responsable du Haut Pays, car il est clair que, par la suite, Urhi-Tešub a montré de l’hostilité à la famille de ce grand scribe.

F

– M. FORLANINI, « Remarques sur la Dynastie Hittite : avant et après Bogazköy »,Hethitica XIV, 1999, p. 19-26: l’a. rassemble les données récentes concernant l’existence d’une continuité dans l’histoire hittite. Selon lui, la notion de pays de Hatti aurait déjà existé lors de la montée au pouvoir de la dynastie de Kuššara (dynastie à laquelle Anitta appartient). Il propose également des hypothèses concernant la survie des deux dynasties ennemies hittites décrites dans les textes de Bogazköy. Il ne faut donc pas considérer que toute l’histoire du pays hittite se trouvait présente à Hattuša et se terminait avec la destruction de cette ville.

– IDEM, « A Attempt at Reconstructing the Branches of the Hittite Royal Family of the Early Kingdom Period », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 115-135: l’a. réexamine, entre autres choses, les règles de succession royale du pays de Hatti avant la réforme de Telepinu. Il pense que ces règles consistaient, pour le roi régnant, à désigner un neveu ou un beau-fils comme fils adoptif et successeur légitime au trône. Pour lui, Hattušili I (aussi appelé Labarna II) a été adopté par Labarna I qui lui-même aurait été adopté par son beau-père, Huzziya I. Le père de Hattušili I, Pawahtelmah, serait un des fils de Huzziya I qui se serait rebellé contre son beau-frère et légitime successeur au trône, Labarna I. Par ailleurs, il indique que la rédaction des Chroniques du palais, du texte du siège d’Uršu, ainsi que du texte des cannibales pourraient remonter au règne de Labarna I. Enfin, l’auteur se penche sur la possible origine géographique des différents membres de la famille royale hittite. Il en conclut que deux grandes branches dynastiques se sont alliées par le biais de mariages diplomatiques : une première branche provenant de Kuššar et s’étant par la suite en partie installée à Kaneš, et une seconde branche originaire de Zalpa. Cela expliquerait les liens de parenté dont le mythe de Zalpa et de la reine de Kaneš se fait l’écho. [A. Mouton]

– IDEM, « Considerazioni sullo sostamento del centro del potere nel periodo della formazione dello stato hittita », in: Fs Lebrun I, p. 249-269 : l’a. s’interroge sur le lien entre les premiers dynastes hittites connus, résidant à Kuššara, d’une part et la ville de Kaneš d’autre part.

– IDEM, « Hattušili II. – Geschöpf der Forscher oder vergessener König? Ein Vorschlag zu seiner Stellung in der hethitischen Geschichte », AOF 32, 2005, p. 230-245: l’a. réexamine la succession des rois hittites ayant régné entre les règnes de Telipinu et de Šuppiluliuma I et suggère qu’un roi Hattušili II ait bel et bien existé. Ce dernier aurait co-régné avec Tuthaliya I.

– G. FRANTZ-SZABÓ, article Nik(k)almati, RlA 9 3/4, 1999, p. 316: point sur nos connaissances concernant la reine Nikkalmati.

– J. FREU, « Les guerres syriennes de Suppiluliuma et la fin de l’ère amarnienne », Hethitica 11, 1992, p. 39-101: les lettres d’El-Amarna complètent les informations historiques et géographiques fournies par les textes hittites, notamment la « Geste de Suppiluliuma », la première campagne syrienne de ce même roi contre Tušratta du Mitanni et les troubles consécutifs, et enfin la « guerre hourrite de 6 ans ».

– IDEM, « De l’indépendance à l’annexion : le Kizzuwatna et le Hatti aux XVIe et XVe siècles avant notre ère », in: Cilicie, p. 13-36 : histoire de la Cilicie à travers les sources historiques hittites. La première entité politique attestée dans cette région est le “pays d’Adaniya », qui deviendra par la suite le Kizzuwatna. A l’aide de la datation des traités entre le Kizzuwatna et le Hatti et des listes de donations de terres “moyen-hittites », l’a. replace dans la chronologie relative le règne de celui qui a peut-être été le premier roi du Kizzuwatna, Isputahsu, et dont le sceau a été retrouvé à Tarse. L’onomastique des rois du Kizzuwatna révèle une importante composante hourrite se mêlant à la population louvite locale dès le XVIe s. La poussée hourrite est alors générale dans tout l’ouest du Proche-Orient. Elle mènera au syncrétisme louvo-hourrite et même, plus tard, à l’installation d’une dynastie de culture hourrite sur le trône hittite. L’a. propose une reconstitution de la liste des rois de Kizzuwatna du XVIe à la fin du XVe s.

– IDEM, « La chronologie du règne de Suppiluliuma: essai de mise au point », in: Fs Popko, p. 87-107 : réexamen de la chronologie des événements datant du règne de Šuppiluliuma I à l’aide des données issues des lettres amarniennes.

– IDEM, “Deux princes-prêtres de Kizzuwatna, Kantuzzili et Telepinu”, Hethitica 15, 2002, p. 65-80 : l’a. revient sur la personnalité et surtout le rôle politique des “princes-prêtres” les plus connus de l’histoire hittite, à savoir Kantuzzili, frère de Tudhaliya III et fils d’Arnuwanda et d’une mère à l’identité incertaine (Ašmunikkal ou une autre épouse d’Arnuwanda?), d’une part, et Telepinu, fils de Šuppiluliuma I d’autre part. Les “princes-prêtres” avaient des fonctions administatives voire parfois militaire, comme l’indique en particulier le parcours de Kantuzzili. L’existence très probable, selon J. Freu, d’un homonyme de Kantuzzili “le prêtre” ne facilite pas la reconstitution de cette partie de l’histoire hittite.

– IDEM, Histoire du Mitanni, Collection Kubaba, Série Antiquité III, 2003.

– IDEM, « De la confrontation à l’entente cordiale : les relations assyro-hittites à la fin de l’âge du Bronze (ca. 1250-1180 av. J. –C.) », in: Fs Hoffner, 2003, p. 101-118 : l’a. propose une synthèse sur l’éventuelle responsabilité des Assyriens dans la chute de l’empire hittite. Il en déduit que les Assyriens et Hittites avaient rétabli des relations amicales assez stables bien avant cette période critique.

– IDEM, « Šuppiluliuma I ou Šuppiluliyama (II) ? », RANT 1, 2004, p. 111-124: l’a. critique la thèse avancée à plusieurs reprises par A. –S. Dalix, consistant à dater le traité de Niqmadu d’Ugarit du règne de Šuppiluliuma II contrairement à l’attribution traditionnelle de ce texte à l’époque de son ancêtre Šuppiluliuma I. Outre les nombreux arguments historiques qui ne laissent la place à aucun doute quant à l’attribution à ce dernier souverain (ce qui confirme donc la datation traditionnelle de la composition), l’a. examine le scellement fait sur ce texte RS 17.227, qui confirme la datation haute : seul Šuppiluliuma Ier a été marié à une Tawananna d’une part, et le nom de son homonyme plus tardif est généralement écrit Šuppiluliyama et non pas Šuppiluliuma, d’autre part.

– IDEM, « Les îles de la mer Egée, Lazpa, le pays d’Ahhiyawa et les Hittites », RANT 1, 2004, p. 275-323 : l’a. fait la synthèse des informations dont nous disposons concernant les relations qu’entretenaient Alašiya (Chypre), Ahhiyawa (sans doute la Grèce mycénienne) et les Hittites. Il utilise, entre autres évidences du contact entre Ahhiyawa et Hittites, la découverte de l’épée dite de type mycénien sur laquelle une inscription akkadienne indique que Tudhaliya (II) a détruit le pays d’Aššuwa. On prendra cependant en compte les doutes émis par P. Taracha concernant cette même épée (voir son article dans Fs Hoffner, 2003). J. Freu évoque par ailleurs la situation géographique de Wiluša et son éventuelle identification avec la Troade : à l’instar de S. Heinhold-Krahmer (voir dans la section géographie), il nie cette équivalence que les textes semblent rendre impossible.

– IDEM, « Le grand roi Tuthaliya, fils de Kantuzzili », in: Fs Lebrun I, 2004, p. 271-304 : sur la personnalité d’un roi Tudhaliya qualifié sur un sceau de Boğazköy de fils de Kantuzzili (Bo 99/69 publié par H. Otten dans Archäologischer Anzeiger de 2000). Selon l’a. , il s’agirait du grand roi Tudhaliya I, fils d’un « roturier » de langue hourrite et d’une princesse royale du nom de Walanni, princesse mentionnée dans les « listes royales ». L’avènement au trône du Hatti de Tudhaliya I aurait donc bien provoqué une rupture dynastique, conformément à l’hypothèse anciennement suivie puis à présent délaissée par de nombreux hittitologues. Dans le cadre de cette discussion, l’a. fait également la critique de l’article publié par O. Soysal dans BiOr 60, 2003.

– IDEM, « Les “barbares” gasgas et le royaume hittite », Cahiers de Kubaba 7, 2005, p. 61-99 : l’a. nous offre une synthèse sur les relations mouvementées entre les Gašgas et le pouvoir hittite. En guise de conclusion, il tente également de faire le point sur ce que nous savons de la culture gašga elle-même, à savoir très peu de choses : quelques noms de divinités, quelques brèves allusion sur leur mode d’existence semi-nomadique, etc.

– F. FUSCAGNI, « Walanni e due nuove possibili sequenze di regine ittite », in: Gs Imparati, p. 289-297: Walanni est mentionnée dans la description de la fête nuntarriyašhaš parmi des noms de reines de l’époque moyen-hittite. L’a. pense qu’elle a pu être l’épouse de Kantuzzili I. Elle serait célébrée en tant qu’ancêtre durant la fête nuntarriyašhaš.

G

– A. GILAN, « How many Princes can the Land Bear? – Some Thoughts on the Zalpa Text (CTH 3) », SMEA 49, 2007, p. 305-318: l’a. insiste sur le fait que le conte de Zalpa ne démontre pas clairement une filiation ressentie par les Hittites à la ville de Kaneš/Neša. Il pense que cette filiation est plus reconstruite par les historiens modernes que documentée par les textes hittites. Pour lui, le fait que la langue des Hittites soit décrite comme « celle de Neša » n’est pas un argument suffisant pour associer la ville de Neša à l’ethnicité des Hittites. Ceux-ci se définissent uniquement par leur situation socio-politique d’habitants du pays de Hatti, et non par leur langue. Par ailleurs, l’a. suggère que la raison d’être du conte de Zalpa n’est ni un récit de fondation, ni une justification de la destruction de Zalpa, mais plutôt une illustration du danger à concevoir trop de princes héritiers qui resteraient à proximité du trône de Hatti. L’a. pense que le conte de Zalpa est plus un texte didactique destiné aux membres de la Cour de Hattuša qu’un texte de propagande ou qu’un préambule à un traité comme cela a été suggéré auparavant. [A. Mouton]

– M. GIORGIERI, « Il frammento di lettera KBo 8.14: un nuovo tentativo di interpretazione », in: Fs Hawkins, 2010, p. 64-75: l’a. pense que la lettre KBo 8.14 qu’E. Edel considérait comme une missive envoyée par Ramsès II à Hattušili III doit être interprétée à l’inverse, c’est-à-dire qu’elle serait, au contraire, issue du palais de Hattušili III et destinée au pharaon Ramsès II. Une allusion au « Grand Roi » qui y est faite se référerait à l’affaire relative au neveu de Hattušili, Urhi-Tešub, qui prit refuge en Egypte pendant une partie de son exil. Hattušili citerait, dans ce passage, une lettre précédente de Ramsès dans laquelle celui-ci réaffirmerait la légitimité de Hattušili en opposition à son rival Urhi-Tešub. Sh. Izre’el et C. Zaccagnini avaient déjà exprimé leur scepticisme concernant l’interprétation d’E. Edel pour cette lettre, le premier insistant notamment sur le fait que l’auteur de cette lettre n’était visiblement pas un Egyptien. [A. Mouton]

– M. GIORGIERI et C. MORA, « Kingship in Hatti during the 13th Century: Forms of Rule and Struggles for Power before the Fall of the Empire », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 136-157: les a. font le bilan des découvertes historiques faites au sujet de l’époque impériale hittite après la parution de leur ouvrage de 1996 (Aspetti de la regalità…). Ils se penchent, notamment, sur le texte appelé Apologie de Hattušili III qui pourrait, selon eux (suivant ainsi une proposition de F. Imparati), avoir été rédigé au moment de la désignation de Tudhaliya IV comme tuhkanti, c’est-à-dire comme héritier sur le trône de Hatti. Ils reviennent également sur la tendance mise en place par Tudhaliya IV et consistant à renforcer la légitimité religieuse de la royauté et, par la même occasion, la sacralité du roi même. Ils citent F. Pecchioli Daddi qui a proposé d’attribuer l’introduction, dans le culte étatique, des divinités de la royauté à Tudhaliya IV (Fs de Roos, 2006). Un autre point important abordé par les auteurs est le titre de Grand Roi porté par Kurunta de Tarhuntašša et sa signification. Les auteurs restent dubitatifs devant la possibilité d’un coup d’état de Kurunta sur le trône de Hatti et continuent à penser que le titre de Grand Roi lui a été concédé par le pouvoir central hittite pour des raisons diplomatiques. Concernant les périodes plus anciennes de l’Histoire hittite, les auteurs mettent notamment l’accent sur un possible changement sociétal au tout début de l’époque impériale. Selon eux, il y a tout lieu de penser que le pouvoir passa, à cette époque, de la sphère restreinte de la famille royale même à une famille royale élargie comprenant les familles par alliance. [A. Mouton]

– J. M. GONZALEZ SALAZAR, “Tiliura, un ejemplo de la política fronteriza durante el imperio hitita (CTH 89) », AuOr 12/2, 1994, p. 159-176: transcription et traduction du “décret relatif aux gens de Tiliura », (CTH 89), au nord-est de l’Anatolie, illustrant la politique de Hattušili III dans une ville frontalière, voisine des groupes Gašga.

– R. GORNY, “Hittite Imperialism and Anti-Imperial Resistance as Viewed from Alisar Höyük », BASOR 299/300, 1995, p. 65-89: analyse de la politique impérialiste hittite en Anatolie centrale, sur le site d’Alisar Höyük. L’a. relève notamment l’absence de murs de fortifications durant la presque totalité de la période hittite.

– D. GRODDEK, « Muršili II., die grossen Feste und die ‘Pest’. Überlegungen zur Anordnung der Fragmente der späteren Jahre seiner Regierung in den AM », in: Gs Imparati, p. 329-338: nouvelle chronologie des événements du règne de Muršili II.

– IDEM, « Neue Textfragmente zu den Annalen Muršilis II. – II », AoF 34, 2007, 237-240: suite de l’article publié dans Hethitica 14 en 1999, dans lequel il mettait à jour le corpus de textes des annales de Mursili II. Les compléments sont surtout dus à de nouveaux fragments et joints réalisés par l’a.

– O. GURNEY, “The Treaty with Ulmi-Tešub », AnSt 43, 1993, p. 13-28: l’a. maintient que le roi hittite contractant avec Ulmi-Tešub (KBo IV 10) est Hattusili et non Tudhaliya IV (contra van den Hout).

– IDEM, “The Annals of Hattusilis III », AnSt 47, 1997, p. 127-139: transcription et traduction de CTH 82 à l’aide des divers fragments édités, et commentaire historique et géographique pour déterminer les frontières de l’empire hittite.

– IDEM, « The authorship of the Tawagalawas Letter », in: Fs Popko, p. 133-141: synthèse sur les données historiques relatives à la lettre de Tawagalawa, qui daterait du règne de Muwatalli II.

– IDEM, « The authorship of the Ulmi-Tešub Treaty », in: Gs Imparati, p. 339-344 : le traité d’Ulmi-Tešub date du règne de Hattušili III (contra van den Hout) d’après l’examen de la prosopographie. Ulmi-Tešub et Kurunta de Tarhuntašša ne sont qu’une seule et même personne.

– H. G. GÜTERBOCK, “Wer war Tawagalawa? », Or 59/1, 1990, p. 157-165: le titre de “Grand roi » attribué à Tawagalawa, frère du roi du Ahhiyawa, dans la lettre KUB XIV 3 montre qu’il était soit corégent de ce royaume, soit roi d’un autre royaume.

– IDEM, « Survival of the Hittite Dynasty », in: Crisis Years, p. 53-55: les nouveaux textes de Lidar, sur le haut Euphrate, et les inscriptions de Malatya, confirment l’hypothèse de K. Bittel d’une continuité de la famille royale hittite, après la chute de l’empire, à Karkemiš et à Malatya.

– IDEM, “A new look at one Ahhiyawa text », in: Fs Alp, p. 235-243: relecture de KUB XXIII, 13, qui constitue peut-être l’introduction historique d’un traité de vassalité ou d’un édit royal. L’a. en propose une nouvelle interprétation historique qui conduit à contester la localisation d’Ahhiyawa en Asie mineure.

H

-V. HAAS, « Verfluchungen am hethitischen Hof und deren rituelle Beseitung », in: R. Albertz éd., Kult, Konflikt und Versöhnung. Beiträge zur kultischen Sühne in religiösen, sozialen und politischen Auseinandersetzungen des antiken Mittelmeerraumes Bd 2, 2001, p. 53-71: étude des divers conflits internes que la cour royale hittite a traversés tout au long de son histoire, avec un accent particulier sur l’utilisation fréquente de la sorcellerie et de la malédiction pour fomenter coups d’Etat et autres complots politiques. L’a. examine de manière détaillée les techniques magiques qui devaient être utilisées pour lutter contre ces pouvoirs occultes.

– A. HAGENBUCHNER, “War der LÚ tuhkanti Neriqqaili ein Sohn Hattušilis III? », SMEA 29, 1992, p. 111-126: il y eut deux Neriqqaili, l’un fils de Tudhaliya IV et successeur au trône (tuhkanti), l’autre frère de Tudhaliya (dumu.lugal).

– J. D. HAWKINS, article “Melid (Malatya, Arslan-Tepe). A. Historisch », RlA 8, 1992, p. 35-41.

– IDEM, “‘Great Kings’ and ‘Country-Lords’ at Malatya and Karkamiš », in : Fs Houwink ten Cate, p. 73-85: analyse des inscriptions néo-hittites de la dynastie de Malatya (XIIe-XIe s.) pour comprendre la situation politique post impériale dans le nord de la Syrie et sur l’Euphrate.

– IDEM, « Tarkasnawa King of Mira. “Tarkondemos », Bogazköy sealings and Karabel », AnSt 48, 1998 (paru en 1999), p. 1-31 : étude des inscriptions de Karabel et réflexion sur la situation géo-politique contemporaine de celles-ci.

– IDEM, « The Political Geography of Arzawa (Western Anatolia) », in: Nostoi, 2015, p. 15-35: l’a. fait le bilan des données textuelles concernant la géographie de l’Arzawa, incluant la tablette de bronze, les inscriptions hiéroglyphiques de YALBURT et SÜDBURG, de HATIP et de KARABEL, notamment. L’a. mentionne également ladite « lettre de Tawagalawa » qu’il propose d’appeler plutôt « inculpation de Piyamaradu ». [A. Mouton]

– J. HAZENBOS, « Der Mensch denkt, Gott lenkt. Betrachtungen zum hethitischen Orakelpersonal », in: Das geistige Erfassen, 2007, p. 95-109 :étude prosopographique de quelques devins mentionnés dans les textes hittites. L’a. étudie aussi les empreintes de sceaux inscrits en écriture hiéroglyphique.

– S. HEINHOLD-KRAHMER, « Zur Erwähnung Šahurunuwas im ‘Tawagalawa-Brief’ « , in: Gs Imparati, p. 359-375 : Šahurunuwa pourrait être le roi de Karkemiš mentionné dans la “lettre de Tawagalawa ».

– M. HELTZER, « New Evidence about Tribute from Ugarit to the Hittite King (KTU 4.610 and RS 92.2001+92.2002) », UF 35, 2003, p. 238-242 : sur deux listes de tributs destinés à mon Soleil, le Grand Roi de Hattuša. Ces listes mentionnent le nom de 82 villages selon la reconstruction de l’a.

– H. A. HOFFNER, « The Last Days of Khattusha », in: Crisis Years, p. 46-52: à propos des derniers rois de l’empire hittite. L’a. évoque les révisions de la chronologie mésoassyrienne et mésobabylonienne, liées à la découverte de nouveaux textes à Boğazköy, et maintient, contre Wilhelm et Boese, la chronologie relative. Il s’interroge d’autre part sur les facteurs politiques qui expliquent la destruction de la capitale hittite vers 1180.

– IDEM, “Advice to a king », in: Fs Alp, p. 295-304: éd. d’un texte contenant des instructions sur le comportement du roi, genre assez rare dans la documentation.

– IDEM, « Hurrian civilization from a Hittite perspective », in: G. Buccellati et Kelly-Buccellati (éd. ), Urkesh and the Hurrians. Studies in honor of Lloyd Cotsen, Urkesh/Mozan Studies 3, Bibliotheca Mesopotamica 26, 1998, p. 167-200: l’a. recherche des traces de l’importance de la culture hourrite (du point de vue technique, cultuel, littéraire…) au sein de la civilisation hittite. Il montre comment du statut d’ennemi, le peuple hourrite est devenu un interlocuteur important aux yeux des Hittites.

– IDEM, Letters from the Hittite Kingdom, SBL WAW 15, 2009: cet ouvrage rassemble les principales lettres en provenance de la capitale hittite ou d’ailleurs et relative au royaume hittite. Outre la correspondance diplomatique, on remarquera les nombreuses lettres envoyées par des administrateurs de Masat Höyük (Tapikka) et de Kusakli (Sarissa). [A. Mouton]

– IDEM, « The Political Antithesis and Foil of the Labarna in an Old Hittite Text », in: Fs Hawkins, 2010, p. 131-139: le texte « vieil hittite » KUB 36.110 est réédité par l’a. On y remarque la mention d’un adversaire du Grand Roi hittite. Etant donné l’allusion qui est faite à la maison de chacun de ces deux antagonistes, l’a. suggère de voir dans ce texte un motif politique: la maison du Labarna prospère alors que celle de son ennemi est détruite. L’a. examine en outre le terme utilisé pour désigner l’ennemi du Grand Roi, à savoir appaliyalla-. Ce terme louvite hittitisé dériverait de la racine appal- qui signifie « piège, subterfuge(?) ». appal- est parfois utilisé pour désigner une rébellion voire un coup d’état fomenté par un vassal du roi hittite. L’a. suggère de traduire appaliyalla- par « traître » ou « usurpateur ». Il cite en outre I. Singer qui voit dans Illuyanka l’archétype du appaliyalla- [A. Mouton]

– P. H. J. HOUWINK TEN CATE, “Urhi-Tessub revisited », BiOr 51, 1994, p. 233-259: reconstitution de certains aspects du règne de Urhi-Tessub (= Mursili III), à partir de la découverte spectaculaire de 3300 bulles d’argile attribuées au règne de ce roi. L’a. interprète ces documents comme des signes d’une redistribution massive des richesses sous forme de dotations royales. L’étude du dossier des relations diplomatiques entre Hatti et Amurru, lors de la fuite du roi hittite en Egypte, est l’occasion de proposer d’avancer de 10 ans le traité conclu avec Bentesina, roi d’Amurru. L’interrogation oraculaire (CTH 569) concernant l’intronisation de Tudhaliya IV, mentionnant les récriminations d’Urhi-Tessub est analysée. Enfin, l’a. se penche sur les textes religieux datant du règne de ce souverain.

– IDEM, « The Genealogy of Mursilis II. The Difference between a Legalistic and a Genealogical Approach to the Descent of Suppiliulumas I », JEOL 34, 1995-1996, p. 51-72.

– IDEM, « The Dynastic Marriages of the Period between ca. 1258 and 1244 B.C. », AOF 23, 1996, p. 40-75: étude de chronologie.

– IDEM, “An Alternative Date for the Sunassuras Treaty (KBo 1.5) », AOF 25, 1998, p. 34-53: l’a. plaide pour une datation du traité vers la fin du règne de Tudhaliya III, compte tenu des événements historiques relatés dans le texte.

– IDEM, « The Sudden Return of Urhi-Teššub to his former place of banishment in Syria », Fs de Roos, 2006, p. 1-8 : sur les différentes étapes du banissement d’Urhi-Teššub. L’a. suggère qu’après avoir échappé à la vigilance des Egyptiens qui le gardaient sous surveillance, Urhi-Teššub retourna dans son premier lieu d’exil, à savoir le pays de Niya en Syrie.

– IDEM, “The Hittite Usage of the Concepts of ‘Great Kingship’, the Mutual Guarantee of Royal Succession, the Personal Unswerving Loyalty of the Vassal to his Lord and the ‘Chain of Command’ in Vassal Treaties from the 13th Century B.C.E.”, in: C. Wilcke (éd.), Das geistige Erfassen der Welt im Alten Orient. Sprache, Religion, Kultur und Gesellschaft, Wiesbaden, 2007, p. 191-207 : l’a. s’interroge sur le concept hittite véhiculé par l’expression LUGAL.GAL « Grand Roi ». Cette expression implique des liens de vassalités qu’il explore plus avant.

– S. HUTTER-BRAUNSAR, « Elemente der hethitischen Herrscherlegitimation in hethitischen historiographischen Texten », in: Third Congress of Hittitology, p. 331-339: synthèse sur les principales qualités qui définissent un roi hittite. L’a. examine surtout le lien privilégié des souverains avec les dieux, qui va jusqu’à leur déification. Elle met également en valeur l’aspect religieux des textes historiques hittites, en particulier des annales royales.

– EADEM, « The Formula ‘to Become a God’ in Hittite Historiographical Texts », RAI 45, p. 267-277.

I

– F. IMPARATI, “Interventi di politica economica dei sovrani ittiti e stabilità del potere », SELVO, p. 225-239: la lutte menée par les rois hittites contre les exactions de toutes sortes comprend souvent, de façon significative, l’interdiction faite aux Grands de s’emparer du patrimoine des hauts personnages condamnés comme criminels d’Etat: ce patrimoine doit être dévolu aux héritiers. Outre une volonté de justice et de clémence, les dispositions de cette nature révèlent l’intention d’empêcher la constitution de grandes fortunes foncières.

– EADEM, « Significato politico della successione dei testimoni nel trattato di Tudhaliya IV con Kurunta », Seminari anno 1991, 1992, p. 59-86: étude des listes de témoins présents dans plusieurs actes officiels de Tudhaliya, en particulier lors de la conclusion du traité avec Kurunta, roi du Tarhuntassa, en 1235. La présence ou l’absence de dignitaires étrangers renseigne sur les relations politiques du Hatti avec ses voisins; l’ordre des hauts fonctionnaires hittites permet d’évaluer les structures politiques internes.

– EADEM, “A propos des témoins du traité avec Kurunta de Tarhuntassa », in: Fs Alp, p. 305-322: étude des rois étrangers cités comme témoins dans la tablette de bronze du traité de Tudhaliya IV avec Kurunta du Tarhuntassa, et figurant aussi dans le traité conclu entre le même roi hittite et Ulmi-Teššup du Tarhuntassa (CTH 225) et dans l’assignation héréditaire des biens de Sahurunuwa (CTH 106). L’a. reprend les conclusions exposées dans un article paru en 1992 (sur quoi v. RHD 1993, p.107-108).

– EADEM, “Apology of Hattušili III or Designation fo his Successor? », in : Fs Houwink ten Cate, p. 143-157: l’autobiographie de Hattušili III n’a pas été composée après son accès au pouvoir afin de justifier son usurpation, mais plus tard, afin de désigner Tudhaliya à sa succession, à la place de son fils aîné.

J

– S. JAKOB, “Pharaoh and His Brothers”, BMSAES 6, 2006, p. 12-30 : sur les relations égypto-hittites à partir de l’époque de Hattušili III. L’a. présente en outre le fragment d’une tablette cunéiforme découverte en 2003 à Pi-Ramsès et contenant une lettre échangée entre Tudhaliya IV et le pharaon d’alors. L’a. analyse ensuite la nature des relations diplomatiques entretenues entre les Grands Rois de l’époque, mettant l’accent sur l’envoi plus ou moins officiel de délégations.

– A. M. JASINK, « Kizzuwatna and Tarhuntašša : their historical evolution and interactions with Hatti », in: Cilicie, p. 47-56 : l’inscription hiéroglyphique du sceau du roi de Kizzuwatna Išputahšu, découvert à Tarse, remet en cause l’interprétation des signes TONITRUS et REX comme signifiant “roi de Tarhuntašša » car Išputahšu n’est jamais décrit comme roi de Tarhuntašša dans les textes cunéiformes, mais seulement comme roi de Kizzuwatna (cf. aussi l’inscription de Fraktin). Ce sceau ne prouve donc pas une extension du royaume de Tarhuntašša jusqu’au Kizzuwatna ou une localisation de la ville de Tarhuntašša à proximité de ce royaume. L’existence de deux royaumes de Tarhuntašša distincts (Alp) est également discutable. Les textes historiques hittites soulignent le lien entre le titre de roi de Kizzuwatna et celui de prêtre de Kumanni, capitale de ce royaume. Il n’y a finalement aucun lien entre le Kizzuwatna et le royaume de Tarhuntašša.

– EADEM, « Il ruolo di Tarhuntašša da Muwatalli II a Šuppiluliuma II », in: Fs Fronzaroli, 2003, p. 269-285 : selon l’a., la création par Muwatalli II d’une seconde capitale hittite, Tarhuntašša, était liée à deux objectifs : l’un à dimension religieuse (une réforme de grande ampleur comme l’a déjà suggéré I. Singer), l’autre à dimension politique et stratégique. Tarhuntašša était peut-être destinée à devenir la capitale d’un nouvel état qui devait contrôler le Bas Pays hittite ainsi que les voies de communication avec le Sud (Anatolie du Sud et en particulier le port d’Ura et Syrie). L’a. revient également sur l’épisode du règne de Kurunta en tant que Grand Roi de Tarhuntašša et sur son éventuelle tentative de coup d’état à Hattuša.

– E. JEAN, “L’implantation hittite en Syrie du nord au Bronze récent », Sources et Travaux Historiques 36-37, 1994 [1995], p. 39-48: le peu de traces archéologiques d’une implantation hittite en Syrie du nord à l’époque impériale s’explique par la nature du pouvoir politique mis en place par les rois hittites, qui cherchaient moins une domination matérielle sur les territoires conquis qu’une soumission obtenue par les traités d’alliance vassalique. L’influence archéologique syrienne sur l’Anatolie est en revanche manifeste.

K

– A. KEMPINSKI, “Suppiluliuma I: The Early Years of His Career », in: Gs Kutscher, p. 81-91: reconstitution de la chronologie et de l’histoire événementielle des premières années du règne de Šuppiluliuma, à l’aide des sources contemporaines et postérieures (règne de Hattušili III).

– H. KLENGEL, “Aspetti dello sviluppo dello Stato ittita », SELVO, p. 183-194: la géographie physique explique les conditions particulières de la formation de l’Etat hittite sous l’Ancien Royaume. La monarchie a éliminé les institutions gentilices en s’appuyant sur “l’assemblée de la totalité » (pankuš). Elle s’est dotée d’une bureaucratie et a confié les hautes dignités aux membres de la famille royale. Les Lois ont contribué à renforcer ses pouvoirs. D’après l’a., l’Edit de Telipinu a substitué à la matrilinéarité primitive la succession patrilinéaire du trône. L’idéologie monarchique, en faisant du roi le représentant des grands dieux nationaux, a rendu inutile sa divinisation. Il n’y a pas eu de directe royale universelle. Les donations royales, consenties à titre héréditaire, s’accompagnaient d’exemptions. La propriété privée semble avoir existé mais n’a guère laissé de traces dans la documentation officielle.

IDEM, “Tuthaliya IV. von Hatti: Prolegomena zu einer Biographie », AOF 18/2, 1991, p. 224-238: l’a. retrace les différentes étapes de la vie de ce roi d’après des sources récemment publiées, en insistant sur les rapports qu’il entretint avec l’Amurru et l’Assyrie.

– IDEM, “Die Hethiter und Surien: Aspekte einer politischen Auseinandersetzung », in: Fs Alp, p. 341-353: l’a. retrace les étapes de la domination hittite en Syrie puis l’organisation politique des conquêtes. L’administration hittite en Syrie repose sur un système de traités avec les princes syriens, qui répondent personnellement de leur territoire.

– IDEM, « Historischer Kommentar zum Šaušgamuwa-Vertrag », in : Fs Houwink ten Cate, p.159-172: les deux exemplaires du traité de vassalité entre Tudhaliya IV et Šaušgamuwa d’Amurru sont des brouillons qui ne contiennent pas la totalité de la convention, qu’on projetait peut-être d’inscrire sur une tablette en bronze. L’omniprésence de la question du devoir de protection et d’assistance de Šaušgamuwa, l’absence d’éléments constitutifs de ce type de traité (e.g. tribut, service de cour) et les nombreuses corrections du manuscrit indiquent plutôt qu’on a affaire à un accord politique ad hoc, une sorte de mémorandum.

– IDEM, Geschichte des Hethitischen Reiches, HdO 34, 1999.

– IDEM, «Einige Bemerkungen zur Struktur des hethitischen Staates», AOF 30, 2003/2, p. 281-289.

– J. KLINGER, “Das Corpus der Maşat-Briefe und seine Beziehung zu den Texten aus Hasstuša », ZA 85, 1995, p. 74-108: les textes de concessions foncières de Maşat remontent à l’époque médio-hittite, et non pas au début de l’Ancien Royaume. Les lettres documentent surtout le conflit entre le Hatti et les Kaškéens. L’a. se livre à une étude prosopographique détaillée des divers noms propres (noms de personnes et noms géographiques) mentionnés dans ce corpus.

– IDEM, « Das Korpus der Kaškäer-Texte », AOF 32, 2005, p. 347-359 : l’a. met à jour le corpus de textes hittites mentionnant les Gašgas. Ce corpus avait en premier lieu été constitué par E. von Schuler en 1965 (Die Kaškäer), mais il peut à présent être augmenté de manière significative. L’a. se penche notamment sur la composition CTH 375 et les textes de « traités » avec les Gašgas datant de l’époque moyen-hittite (CTH 137 à 140), voyant en eux des compositions proches des textes d’instructions contemporains.

– G. N. KNOPPERS, “Treaty, Tribute List, or Diplomatic Letter: KTU 3.1 Reexamined », BASOR 289, 1993, p. 81-94: le texte KTU 3.1 appartient au genre de la correspondance diplomatique, et énumère le tribut versé au roi hittite Šuppiluliuma par Niqmaddu III, roi d’Ugarit.

– G. KRYSZAT, « Altassyrische Quellen zur frühen hethitischen Geschichte », in : J. –W. Meyer/W. Sommerfeld (éd. ), 2000 v. Chr., Colloquien der Deutschen Orient-Gesellschaft 3, 2004, p. 45-48 : l’a. revient sur les documents iqqâti de Kaneš et d’Alişar, qui font allusion aux supposés princes fondateurs de la dynastie hittite de Kuššara. Alişar pourrait correspondre à l’antique Âmkuwa car c’est ce dernier nom de ville qui est le plus fréquemment mentionné dans les textes en provenance de ce site. A en croire l’a. le document OIP 27.1 comporterait l’inscription suivante : KIŠIB Anita rubae ša Akua « sceau d’Anitta, prince d’Âmkuwa ». Cette lecture permet de réinterpréter la lettre paléo-assyrienne KTK 10 dans laquelle on signale que le prince d’Âmkuwa, en alliance avec les princes de Šinahuttum et de Kapitra, a attaqué la ville de Hattuša. Il faudrait dorénavant considérer cet élément comme faisant écho aux événements relatés dans le texte hittite d’Anitta.

L

– S. LACKENBACHER et F. MALBRAN-LABAT, « Ugarit et les Hittites dans les archives de la maison d’Urtenu », SMEA 47, 2005, p. 227-240 : commentaire historique de deux lettres encore inédites provenant d’Ugarit. L’une d’entre elles provient de Penti-Šarruma alors que la seconde a été dictée par le Grand Roi de Hatti en personne. Ces deux lettres illustrent de manière explicite les relations diplomatiques liant le siège de l’empire hittite, Hattuša, et Ugarit. On regrettera seulement que cet article n’ait pas fourni d’édition ni de copie/photographie de ces tablettes inédites.

M

– F. MALBRAN-LABAT, « Les Hittites et Ougarit », in: Fs Lebrun II, 2004, p. 69-104 : l’a. énumère les hauts personnages cités dans les textes d’Ougarit qui appartiennent à l’administration hittite. Elle cite de nombreux noms propres parmi lesquels certains sont également bien connus par les tablettes de Hattuša tandis que d’autres appartiennent à la Cour de Karkemiš, cette ville servant souvent de relais entre Hattuša et Ougarit.

– F. MALBRAN-LABAT et S. LACKENBACHER, « Un autre ‘Grand-Scribe’ « , NABU 2005/10 : sur un « grand scribe-grand écuyer » hittite Pindi-Šarruma qui aurait succédé à Tagi-Šarruma à Ugarit.

– EAEDEM, « Penti-Šarruma (suite) », NABU 2005/90 : informations supplémentaires sur Penti-Šarruma issues des scellements de Nişantepe publiés par S. Herbordt. Ce personnage serait un prince royal hittite en poste à Ugarit.

– EAEDEM, « Ugarit et les Hittites dans les archives de la maison d’Urtenu », SMEA 47, 2005, p. 227-240 : commentaire historique de deux lettres encore inédites provenant d’Ugarit. L’une d’entre elles provient de Penti-Šarruma alors que la seconde a été dictée par le Grand Roi de Hatti en personne. Ces deux lettres illustrent de manière explicite les relations diplomatiques liant le siège de l’empire hittite, Hattuša, et Ugarit. On regrettera seulement que cet article n’ait pas fourni d’édition ni de copie/photographie de ces tablettes inédites.

– M. MARAZZI, “Das ‘geheimnisvolle’ Land Ahhijawa », in: Fs Alp, p. 365-377: d’après l’a., le terme Ahhiyawa désigne aussi bien les Mycéniens que la partie égéenne de la Méditerranée. Au fil du temps, ce mot a pris un sens abstrait et global pour désigner tous ceux qui, aux yeux des Hittites, s’assimilent aux Achéens.

– M. MARIZZA, « Un frammento ittita di difficile definizione tipologica: KUB XXIII 83″, KASKAL 2, 2005, 133-146 : étude du fragment KUB 23.83 qui fait allusion à une alliance entre le Hatti et deux villes du Lukka contre le pays d’Iyalanda. L’a. suggère de verser ce fragment au dossier déjà bien fourni du rebel Piyamaradu.

– I. MÁRQUEZ ROWE, “Halab in the XVIth and XVth Centuries B.C. A New Look at the Alalah Material », WZKM 87, 1997, p. 177-205: l’a. résume les grands axes de l’histoire d’Alep dans la période comprise entre les règnes des rois hittites Muršili Ier et Tudhaliya II et propose ensuite d’identifier un nommé Wantaraššura comme roi d’Alep sous la domination de Šauštatar, d’après une relecture de AT 101.

– E. MASSON, « Testament politique de Hattusili Ier : encore et toujours », dans A. Alfonso et R. Francia eds, VI Congresso Internazionale di Ittitologia, Roma, 5-9 settembre 2005, SMEA XLIX, 2008, p. 513-520: L’a. s’intéresse à la personnalité de Hattusili Ier, figure majeure de l’Ancien Royaume hittite. Elle étudie les documents susceptibles d’apporter des informations sur l’œuvre de ce dernier, qu’elle considère tout à la fois comme un « grand stratège » et un « fin diplomate ». [J. Patrier]

– W. MAYER et R. MAYER-OPIFICIUS, « Die Schlacht bei Qadeš. Der Versuch einer neuen Rekonstruktion », UF 26, 1994, p. 321-368: la bataille de Qadeš ne fut en réalité que le préambule d’une vraie bataille, mais l’armée de Ramses II était déjà battue et l’armée hittite de Muwatalli II remporta la victoire.

– H. C. MELCHERT (éd. ), The Luwians, HdO 1/68, 2003: synthèse sur nos connaissances actuelles concernant la géographie, l’histoire, la langue et la religion louvites.

– J. MILLER, « Anum-Hirbi and his kingdom », AOF 28/1, 2001, p. 65-101 : chronologie d’Anum-Hirbi (1795-1765), prince de Mâma; histoire et localisation de son royaume d’après les sources paléo-assyriennes, mariotes, hittites et néo-assyriennes. L’a. s’oppose à l’équation Mâma = Haššum, postulée par Forlanini et les spécialistes de Mari.

– IDEM, « Amarna Age Chronology and the Identity of Nibhururiya in the Light of a Newly Reconstructed Hittite Text », AoF 34, 2007, p. 252-293: sur les implications chronologiques d’un texte historique nouvellement reconstitué par l’a. et décrivant les années 7 et 9 du règne de Mursili II. L’une des questions que ce « nouveau » texte aide à résoudre est l’identité du Pharaon Nibhururiya dont la veuve contacta Suppiluliuma I pour qu’il lui envoie l’un de ses fils en mariage. Le texte mentionne en effet le nom de ‘Arma’a, nom qui doit être la retranscription hittite de Haremhab, d’après l’a. Ce dernier précise toutefois que Haremhab n’était sans doute pas encore pharaon au moment des événements décrits par ce texte, d’où l’absence de titre LUGAL ou LUGAL.GAL pour le décrire. D’après cette identification, le Pharaon Nibhururiya dont la veuve sollicite le roi hittite ne pourrait pas être Toutankhamon, comme cela a été le plus souvent admis, mais plutôt Akhenaton.

– IDEM, « Mursili II’s Dictate to Tuppi-Teššub’s Syrian Antagonists”, KASKAL 4, 2007, p. 121-152 : l’a. présente de nouveaux joints pour la composition CTH 63.A relative à la politique syrienne de Muršili II durant la première décennie de son règne. Grâce à cette nouvelle édition, le texte peut être plus précisément identifié comme une série d’ordres que Muršili II destine au roi de Karkemiš, à un gouverneur du nom de Tudhaliya et à un certain Halpahi (qui semble être le gouverneur dans la région d’Alep). Ces trois personnes sont manifestement en litige avec Tuni-Teššub, le roi d’Amurru. L’objet du litige est la gestion de réfugiés provenant de territoires égyptiens, réfugiés qui, placés sous la garde de l’Amurru, ont quitté ce pays pour les régions placées sous la juridiction des trois personnes citées plus haut (Karkemiš, peut-être l’Aštata et Alep). Tuni-Teššub n’ayant pas été entendu par ses trois voisins, il réclame un arbitrage du Grand Roi hittite, qui délivre un premier décret en sa faveur. Le décret demande manifestement à ce que les réfugiés restent en Amurru en cas de guerre avec l’Egypte mais soient retournés à celle-ci en cas de paix. Etant lui-même ignoré par les trois gouverneurs hittites, Muršili réitère ses ordres dans CTH 63.A.

– I. MLADJOV, « Ammuna, Huzziya, and Telipinu reconsidered », NABU 2016/14: l’a. rappelle les arguments en faveur d’une identification de Telepinu comme époux de la fille d’Ammuna, et non pas comme fils de celui-ci. Rappelant que le texte du traité entre Suppiluliuma Ier et Huqqana de Hayasa interdit le mariage entre cousins au premier degré, mariage qui est considéré comme l’équivalent d’une union incestueuse entre frère et soeur, l’a. pense que Istapariya, l’épouse de Telepinu, et ce dernier ne pouvaient être cousins au premier degré. Ainsi le frère d’Istapariya, Huzziya, ne l’était pas non plus. Or Huzziya essaya d’éliminer Telepinu et Istapariya pour s’emparer du trône de Hatti, ce qui indique que sa soeur était plus âgée que lui, l’empêchant de revendiquer le trône. [A. Mouton]

– C. MORA, “Una probabile testimonianza di coreggenza tra due sovrani ittiti », Rendiconti 121 (1987), Milan, 1988, p. 97-108: à partir de la restitution d’une inscription figurant sur un sceau royal hittite trouvé à Ras Shamra et conservé au Louvre (RLS 2), l’a. suggère que Hattušili III et Tudhaliya IV ont exercé ensemble le pouvoir en corégence,vers 1265. Le père aurait ainsi voulu assurer l’accès de son fils héritier au trône, contre les autres prétendants.

– EADEM, “KUB XXI 33 e l’identità di Muršili III », SMEA 29, 1992, p. 127-148: l’étude du fragment KUB XXI 33 (= CTH 387), une lettre datée de Hattušili III mentionnant Muršili III, conduit l’a. à contester la théorie du double nom des rois, l’un pour sa naissance, l’autre pour son règne. En l’occurrence, Mušili III ne s’identifierait pas à Urhi-Tešup, lequel ne serait donc pas le seul fils de Muwatalli.

– EADEM, “Regarding some inscriptions of post-hittite kings and ‘Great kings' », in: Fs Alp, p. 385-390: sur la datation des inscriptions hiéroglyphiques de Gürün, Kötükale, Ispekçür et Darende. L’a. étudie plus particulièrement la stèle de Karahöyük.

– EADEM, « Per una migliore utilizzazione della corrispondenza reale assiro-ittita come fonte storica », in: Gs Cagni, 2000, vol. II, p. 765-782 : à propos des 16 lettres découvertes à Hattuša et échangées entre des rois assyriens et hittites (éditées par A. Hagenbuchner, Die Korrespondez der Hethiter, THeth 15-16, 1989). La majeure partie de ces lettres est écrite en hittite et doit émaner du roi hittite, ce qui est surprenant : on s’attendrait plutôt à trouver à Hattuša les lettres en akkadien des rois assyriens, comme c’est le cas pour la correspondance hittito-égyptienne. Il s’agit probablement des brouillons des lettres définitives traduites en akkadien et envoyées en pays assyrien. L’a. fait le point sur l’identité de leurs auteurs.

– EADEM, « On some Clauses in the Kurunta Treaty and the Political Scenery at the End of the Hittite Empire », in: Fs Hoffner, 2003, p. 289-296 : l’a. revient sur les relations diplomatiques existant entre le royaume de Hattuša et celui de Tarhuntašša à l’époque du règne de Kurunta. Les textes ne décrivant aucun conflit ouvert entre les deux rivaux, C. Mora suggère que le titre de grand roi que Kurunta portait lui ait été donné par le grand roi de Hattuša en personne.

– EADEM, « Grands rois, petits rois, gouvernants de second rang », RANT 2, 2005, p. 309-314 : l’a. examine un passage de la lettre KUB 23.102 dans laquelle le Grand Roi hittite semble traite le roi assyrien avec mépris.

– EADEM et M. E. BALZA, « Importanza politica ed economica di alcune istituzioni religiose e funerarie nell’impero ittita », SMEA 52, 2010, p. 253-264: les a. expliquent l’importance accordée, notamment par Tudhaliya IV, aux institutions religieuses et funéraires (telles que le hekur) par le contexte de crise environnant le souverain hittite. Celui-ci avait besoin du soutien de ces institutions religieuses pour maintenir son pouvoir. Les hekur, « demeures de pierre » et autres sanctuaires ont en effet à la fois un poids économique, mais aussi politique dans la société hittite. Un roi déjà affaibli par des luttes dynastiques féroces ne pouvait pas se permettre de les négliger. [A. Mouton]

N

– N. NA’AMAN, “The Closing Paragraphs of Letter KBo I 10″, AOF 25, 1998, p. 61-67: nouvelle éd. et restitutions pour les 4 derniers paragraphes de cette lettre de Hattusili III à Kadašman-Enlil II.

– E. NEU, “Hethiter und Hethitisch in Ugarit », in: Ugarit I, p. 115-129: étude des contacts et des influences linguistiques entre Hatti et Ugarit, notamment à travers les traités d’alliance, les mariages, et la “littérature secondaire ».

– P. NEVE, “Šuppiluliuma I. oder II.? », in: Fs Alp, p. 401-408: les six bulles d’argile retrouvées dans le temple 2 de la ville haute de Bogazköi, et dans lesquelles le NP est suivi du titre de roi et non de grand roi, appartiennent à Šuppiluliuma II.

O

– N. OETTINGER, « Zur Einwanderung und ersten Entfaltung der Indogermanen in Anatolien », in: J. W. Meyer et W. Sommerfeld (éds.), 2000 v. Chr. Politische, wirtschaftliche und kulturelle Entwicklung im Zeichen einer Jahrtausendwende, Saarbrücken, 2004, p. 357-369: l’a. rappelle que les peuples du Proche-Orient ancien ne se définissent pas par ethnies ou groupes linguistiques, mais par appartenance à une ville. La présence de plusieurs langues au sein d’un même royaume n’avait donc pas d’impact politique direct. Par ailleurs, l’a. examine notamment le conte de Zalpa et pense que celui-ci reflète une migration hittite de Zalpa à Neša.

– H. OTTEN, “Bemerkungen zur Überlieferung einiger hethitischer Texte », ZA 80/2, 1990, p. 223-227: l’édition de KBo 32,3 daté du XVe s. et contenant une donation de terre permet 1°) de corriger le début du § 112 LH: la leçon hal-ki-in que porte la l. 21 est une erreur du scribe pour hal-qí-im, formé sur l’akkadien halqum, “fuyard »; 2°) de compléter CTH 271 (à propos de la succession de Tudhaliya); 3°) d’illustrer un nouvel exemple des intrigues de cour à la fin de la dynastie moyen-hittite (fin XVe-début XVIe s.), faisant intervenir une kattešhapi, “Grande reine ».

– IDEM, “Eine Anklageschrift gegen Halpaziti? », in: Fs Alp, p. 409-418: joint de deux fragments de tablette constituant une lettre d’accusation portée par le gouverneur d’une province frontalière contre un nommé Halpa-ziti qui s’est emparé de la bourgade d’Uššanda et s’est enfui avec les habitants et le bétail.

P

– V. PARKER, “Reflexions on the Career of Hattušiliš III until the Time of this Coup d’État », AOF 26, 1999, p. 269-290: nouvelle analyse du règne de Hattušili III à partir de la relecture des documents officiels de son règne. Hattušili ne semble pas avoir évincé son neveu (Muršili III – Urhi-Tešub) mais plutôt l’avoir remplacé, avec l’assentiment des nobles, à la suite de graves erreurs politiques de Muršili.

– IDEM, « Zum Text des Tawagalawas-Briefes: Ahhiyawa-Frage und Text-Kritik », Or NS 68/1, 1999, p. 61-83: l’a. réétudie des passages de la lettre de Tawalagawa.

– IDEM, « Zur Chronologie des Šuppiluliumaš I », AOF 29, 2002, p. 31-62: réexamen des sources concernant Šuppiluliuma I, notamment ses Actes, datant du règne de son fils Muršili II. La correspondance entre Šuppiluliuma I et la reine égyptienne en quête d’un nouvel époux serait contemporaine du décès du pharaon, sans doute Tutankhamon (1335-1325). L’a. tente de dater précisément les principales phases du règne de Šuppiluliuma en se basant sur la chronologie égyptienne.

– F. PECCHIOLI DADDI, « Note di storia politica antico-ittita », SEL 9, 1992, p. 11-19: Hattušili et Muršili ont eu besoin de légitimer leur pouvoir en faisant remonter à leur grand-père leur désignation controversée. L’hypothèse d’une usurpation du trône résulte aussi de l’absence de référence à leur père naturel, sans doute éliminé de l’ordre naturel de succession.

– EADEM, « A ‘new’ Instruction from Arnuwanda I », in: Fs Popko, p. 261-268: étude d’un petit groupe de textes moyen-hittites portant la mention “tablette d’išhiul et de lingai ». L’išhiul (fait d’attribuer des nouvelles fonctions aux employés du roi) et le lingai (serment de fidélité au souverain qui oblige les employés à accomplir leurs tâches) ne sont distingués qu’à la fin de l’époque moyen-hittite, sous Arnuwanda I. Le petit nombre de textes d’išhiul comparé à celui des lingai à l’époque hittite classique s’expliquerait par le fait que les premiers ont une validité permanente (peu de changements semblent avoir eu lieu dans l’organisation administrative à cette époque) alors que les seconds ont une nature contingente et doivent par conséquent être renouvelés à chaque époque charnière de la vie politique (intronisation d’un nouveau souverain, désignation de l’héritier au trône, etc).

– H. PEKER, « An Eastern Mediterranean Approach to Hatti-Ahhiyawa Relations », in: ICH 7, 2010, p. 613-622: l’a. fait une brève synthèse sur la nature des relations entre l’Empire hittite et l’Ahhiyawa.

– M. POPKO, « Muršili II, der mächtige Wettergott und Katapa », AOF 28/1, 2001, p. 147-153 : étude des liens privilégiés entre les dieux et les rois, visible notamment dans l’épithète royale NARAM + ND “aimé des dieux », et l’expression plus rare DINGIRLUM ŠA SAG.DU-ŠU/NI, “divinité à sa/notre tête » (une meilleur traduction pourrait être “divinité personnelle », compte tenu de l’influence mésopotamienne très nette dans ce motif, soulignée par l’a. lui-même). Lors des campagnes militaires royales, le dieu protecteur est dit courir devant le roi. Enfin, le “dieu de l’orage puissant » (dU NIR.GÁL/muwatalli) est un avatar de Tešub et le dieu tutélaire de Muršili II. Il est sans doute la divinité de poliade de Katapa, ville où peut avoir résidé Muršili II.

– IDEM, « Hethiter und Ahhijawa: Feinde? », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 284-289: l’a. revient sur la nature des relations entre l’Ahhiyawa et le pouvoir central hittite. Pour lui, ces relations sont vraisemblablement rapidement passé d’hostiles à amicales. Une des raisons de ce choix diplomatique est que l’attention des Hittites étaient plus centrée sur la Syrie. L’Anatolie occidentale était trop éloignée de ce centre d’intérêt. [A. Mouton]

R

– C. RÜSTER, “Eine Urkunde Hantilis II. », IstMitt 43, 1993, p. 63-70: éd. complète d’une tablette de Boghazköi, Bo 90/758, remontant au règne de Alluwamna, (XVe s.) et dans laquelle le roi concède une terre à un dignitaire de l’administration royale. Le fonds est constitué par des pâtures d’hiver et d’été, ce qui souligne sa finalité économique.

S

– M. SALVINI, “Una lettera di Hattušili I relativa alla spedizione contro Hahhum »,SMEA 34, 1994, p. 63-80: éd. complète d’une lettre du Grand roi à son vassal Tunip-Teššup, roi de Tikunani. Il y est question de la campagne entreprise par Hattušili Ier contre les villes hourrites, durant la sixième année de son règne. L’a. analyse la paléographie du document dans la perspective plus large de l’introduction du cunéiforme en Anatolie.

– IDEM, « New Documents for the History of Anatolia and Syria in the Old Hittite Period », in: Third Congress of Hittitology, p. 497-504 : étude de la lettre de Tikunani et de son importance dans l’étude de l’histoire hittite. Tikunani devait être un petit royaume hourrite à l’époque de Hattušili I, qui fut englobé par la suite dans le royaume de Mitanni.

– IDEM, “Un royaume hourrite en Mésopotamie à l’époque de Hattušili I », Subartu IV/1, 1998, p. 305-311: à propos du petit royaume multi-ethnique de Tikunani, gouverné par le roi hourrite Tunip-Teššup, et pour lequel on dispose désormais d’un lot de textes, parmi lesquels le “prisme des habiru ». A l’époque de la fondation de l’empire hittite, l’unité mitannienne est encore loin d’être réalisée.

– S. Ö. SAVAŞ, « Kizzawatnalı büyük Hitit kraliçesi Puduhepa’nın evlilik anıtı ile ölüm anıtı », [Témoignages concernant le mariage et la mort de la grande reine Kizzuwatnienne Puduhepa], in: Cilicie, p. 95-114 : dans les textes cunéiformes et hiéroglyphiques, la reine est nommée de deux manières différentes : 1) en tant que fille de Pentipšarri, prêtre d’Ištar de Lawazantiya ; 2) en tant que femme venant de Kummanni en Kizzuwatna. Dans l’inscription de Fraktin, il faut sans doute comprendre, après Woudhuizen (Talanta 26-27, 1994-95): «Puduhepa, grande reine, fille du pays de Kizzuwatna, faite divinité », c’est-à-dire morte », conformément au sens habituel de l’expression “devenir un dieu » en parlant d’un personnage royal. L’oiseau placé devant Puduhepa sur la partie iconographique de l’inscription symboliserait la mort de la reine, l’oiseau étant un motif récurrent des rituels funéraires hittites. Il est en outre logique que la reine, originaire du Kizzuwatna, se soit fait bâtir un monument funéraire à Fraktin, dans son pays. La ville de Lawazantiya dont est originaire Puduhepa ne doit pas être très éloignée de Fraktin, de même que la ville voisine d’Arušna, qui pourrait être Bakir Dağı.

– A. SCHACHNER et R. MERİÇ, « Ein Stempelsiegel des späten 2. Jahrtausends v. Chr. aus Metropolis in Ionien », SMEA 42/1, 2000, p. 85-102: publication d’un sceau pourvu d’une inscription hiéroglyphique découverte sur l’acropole de Metropolis, en Anatolie occidentale. Les signes, cursifs et donc difficiles à lire, doivent comporter un nom propre. Le sceau daterait de l’époque du petit royaume de Mira, qui participa à la création de la confédération des pays d’Arzawa, et remonterait donc à la fin du XIIIe s. av. J.-C. L’inscription hiéroglyphique cursive rappelle les sceaux du monde égéen, carrefour entre l’Anatolie hittite et la Grèce mycénienne.

– J. SIEGELOVA, « Der Regionalpalast in der Verwaltung des hethitischen Staates », AOF 28, 2001, p. 193-308: étude de la place des provinces dans l’organisation administrative hittite, subdivisée en trois niveaux: commune, région, et administration centrale. Les maires, nommés simplement LÚ URU NG “ homme (de) la ville de NG » ou LÚ DUGUD “personnage de haut rang », dressent la liste des impôts collectés. Les communes appartiennent à des régions appelées “palais (de) la ville de NG » (É.GAL URU NG) dans les textes. Les taxes prélevées des régions étaient thésaurisées dans la capitale. Parmi les “palais » attestés dans les sources figure celui de Šapinuwa (moderne Ortaköy), qui a donc été un centre administratif provincial plutôt qu’une des capitales hittites (contra A. Süel).

– Z. SIMON, « Kann Arma mit Haremhab gleichgesetzt werden? », AOF 36, 2009, p. 340-348: l’a. revient sur la proposition de J. Miller de voir dans le commandant égyptien Arma mentionné dans KUB 19.15++ un autre nom pour Horemheb. Selon lui, cette proposition ne peut pas être confirmée par la linguistique et doit par conséquent être invalide.

– IDEM, « Wer war Grosskönig I(a)+ra/i-TONITRUS der KARAHÖYÜK-Inschrift? », in: RAI 56, 2013, p. 823-832: au sujet du Grand Roi I(a)+ra/i-TONITRUS de l’inscription hiéroglyphique de KARAHÖYÜK. Dans un premier temps, l’a. rappelle les propositions de lecture et d’identification qui ont déjà été faites : Hawkins proposait de lire le nom Ir-Teššub et y voyait un roi néo-hittite de Karkemiš. L’a. pense lui aussi que le roi de l’inscription est de Karkemiš et qu’il doit avoir régné après Kuzi-Teššub. L’a. pense en outre que la lecture Ir(i)-Teššub pourrait être la version orale du nom Ini-Teššub (par rhotacisme). Ini-Teššub, roi de Karkemiš, est également connu pour avoir régné sur Malatya.

– I. SINGER, « The Title ‘Great Princess’ in the Hittite Empire », UF 23, 1991, p. 327-338: le titre de « Grande princesse » (dumu-sal gal) était donné aux filles du « Grand roi » (lugal-gal), mariées aux vassaux de l’empire. Le réseau d’alliances politico-matrimoniales mis en place par Hattušili a atteint son apogée au milieu du XIIIe s. (« Pax Hethitica »).

– IDEM, « ‘Our God’ and ‘Their God’ in the Anitta Text », in: 2 ICH, 1995, p. 343-349: étude du passage du texte d’Anitta mentionnant les dieux des différentes villes ennemies. Le dieu de l’orage du ciel est le dieu de la dynastie de Kuššara (Pithana et Anitta) alors que Šiu(na)šummiš « notre dieu » est le dieu de Neša qui a été capturé par le roi de Zalpa et ramené à Neša par Anitta. Quant à Halmaššuit « Trône », il est associé à la conquête de Hattuša par Anitta et doit donc représenter cette ville. Ces trois divinités sont vénérées par Anitta à Neša. Dans un passage du texte, Halmaššuit est mis en apposition avec Šiušmiš que l’on traduit généralement par « mon dieu ». L’a. montre que cette traduction ne convient pas au contexte, où le dieu personnel d’Anitta est clairement le dieu de l’orage du ciel. C’est pourquoi il propose de traduire Šiušmiš par « leur divinité » (Šiuš=šmiš), ce qui pourrait qualifier Halmaššuit plus aisément. La fin de l’argumentation de l’a. est plus douteuse : contrairement à ce qu’il indique, le texte hittite n’oppose pas des ethnies à proprement parler, mais des dieux représentant des villes.

– IDEM, “Great Kings of Tarhuntašša », SMEA 38, 1996, p. 63-72: le titre de Grand Roi est porté, à la fin du XIIIe s., par un souverain du Tarhuntašša, Hartapu, qui doit être inclus dans la chronologie impériale. Ce titre n’est donc pas réservé aux seuls rois de Hattuša.

– IDEM, « From Hattusa to Tarhuntassa : some thoughts on Muwatalli’s reign », in: Third Congress of Hittitology, p. 535-541 : au sujet du transfert de la capitale hittite de Hattuša à Tarhuntašša au cours du règne de Muwatalli II et étude des raisons de ce transfert. Il s’agirait en réalité d’une volonté principalement idéologique qui irait de pair avec l’avènement du dieu de l’Orage Pihaššašši, le dieu personnel de Muwatalli. On aurait donc affaire à un phénomène proche de celui d’Akhenaton.

– IDEM, « The Major of Ḫattuša and his Duties », in J. G. Westenholz éd., Capital Cities: Urban Planning and Spiritual Dimensions. Proceedings of the Symposium held on May 27-29, 1996, Jerusalem, Israel, Bible Lands Museum Publications 2, Bible Lands Museum, Jerusalem, 1998, p. 169-176 : L’a. tente de savoir quelles sont les fonctions qui se cachent derrière le titre akkadien de HAZANU, utilisé dans les textes hittites et notamment dans les instructions et les fêtes religieuses. Après l’étude de quelques cas de figure, il en déduit que le HAZANU était le fonctionnaire le plus important de la ville de Hattuša, dont la tâche principale était de surveiller ses subordonnés (contra Pecchioli Daddi qui y voyait une subdivision au niveau du militaire et du civil). [J. Patrier]

– IDEM, « The Fate of Hattusa during the Period of Tarhuntassa’s Supremacy », in: Fs Haas, 2001, p. 395-403: pendant la suprématie de Tarhuntašša, l’ancienne capitale Hattuša a été confiée par Muwatalli II au chef scribe Mittannamuwa au détriment de Hattušili III. Ce dernier aurait ainsi été simple roi de Hakpiš, sans doute parce que Muwatalli avait deviné l’ambition dévorante de son frère. A la mort de Muwatalli, son fils Urhi-Tešub et son frère Hattušili se succèdent sur le trône de Hattuša alors redevenue capitale. Or, Urhi-Tešub, qui n’était que le fils de la seconde épouse de Muwatalli, aurait ainsi évincé son demi-frère Ulmi-Tešub/Kurunta, ce dernier étant fils de Muwatalli et Danuhepa et donc héritier légitime du trône. Lorsque Hattušili évinça à son tour Urhi-Tešub, il adopta derechef Kurunta et en fit le roi de Tarhuntašša, sans doute dans le but de le maintenir éloigné de Hattuša. Il put ainsi désigner Tuthaliya (III anciennement “IV »), son propre fils, comme son successeur.

– IDEM, « Danuhepa and Kurunta », in: Gs Imparati, p. 739-751: Danuhepa était l’épouse de Muwatalli II et non celle de Muršili II. Elle aurait été répudiée par son mari pour un motif encore inconnu de nous. Son fils – peut-être Kurunta – aurait également été éloigné de Hattuša et plus particulièrement du trône hittite au profit de son demi-frère Urhi-Tešub/Muršili III. Ce dernier avait alors déjà été désigné par Muwatalli II comme son héritier légitime (tuhkanti).

– IDEM, « The Urhi-Teššub affair in the Hittite-Egyptian Correspondence », in: Fs de Roos, 2006, p. 27-38 : sur les relations entre Hatti et Egypte et plus particulièrement sur l’affaire de l’exil d’Urhi-Teššub. Celui-ci se serait caché pour un temps en Amurru et pas forcément en Egypte, selon I. Singer. L’a. réexamine en outre le « dossier D » de la correspondance égypto-hittite qu’E. Edel disait entièrement consacré à l’affaire d’Urhi-Tešub.

– IDEM, « Ships bound for Lukka : a new interpretation of the companion letters RS 94.2530 and RS 94.2523 », AOF 33, p. 242-262 : l’a. revient sur le contexte historique de 2 lettres d’Ougarit étudiées par S. Lackenbacher et F. Malbran-Labat. La première lettre était envoyée par le grand roi hittite Šuppiuliuma II à Ammurapi d’Ougarit alors que la seconde, destinée au même personnage, provenait du grand scribe Penti-Šarruma. Selon l’a., ces lettres feraient notamment allusion à des marchands d’Ahhiyawa faisant du commerce de métal avec Ougarit, métal transporté par bateau jusqu’en pays Lukka. Il met cette interprétation en parallèle avec la découverte des épaves transportant des lingots de métal et découvertes sur la côte lycienne.

– IDEM, « The failed reforms of Akhenaten and Muwatalli », BMSAES 6, 2006, p. 37-58 : l’a. réalise une étude comparative entre l’histoire de la fondation d’Akhetaton, la capitale du pharaon « hérétique » Akhenaton et celle de Tarhuntašša, siège du pouvoir de Muwatalli II. Akhenaton fonde sa nouvelle capitale pour en faire la demeure de son dieu tutélaire, Aton, et y installe son tombeau. Mais dès la fin de son règne, son œuvre est abandonnée et la capitale du pharaon d’Egypte est déplacée à Memphis. Le nom d’Akhenaton est taboué, considéré comme impie. Selon l’a., Muwatalli II a, lui aussi, voué un culte exclusif à une divinité en particulier : le dieu de l’orage des éclairs (pihaššašši) qu’il faudrait par ailleurs identifier avec le « dieu de l’orage du ciel » représenté sur l’un de ses sceaux. Pour l’a., la présence d’une Umarmungsszene sur son sceau, une innovation de l’époque, est en elle-même un indice de cette relation particulière entre le souverain hittite et le dieu de l’orage de l’éclair. Toujours d’après l’a., la principale raison du transfert de la capitale hittite à Tarhuntašša est la mise en place d’une véritable réforme religieuse, à laquelle l’Apologie de Hattušili ferait une brève allusion (§ 6 : « Quand mon frère Muwatalli, suivant la parole de son dieu, descendit dans le Bas Pays, il quitta Hattuša. »). Quant au transfert des GIDIM, les « mânes », l’a. suggère qu’il a consisté en l’exhumation des restes des souverains défunts dans la « Maison de pierre », qui sert de mausolée royal.

– IDEM, « A Hittite-Assyrian Diplomatic Exchange in the Late 13th Century BCE », Vth ICH, SMEA 49, 2007, p. 713-720 : l’a. met en relation une affaire décrite dans une lettre de Dur-Katlimu et celle mentionnée dans la lettre KBo 9.82. Il semble qu’il y soit question d’un rendez-vous entre deux délégations, l’une hittite et l’autre assyrienne, afin de régler une affaire particulière. Cette affaire implique deux hommes qui semblent devoir être « échangés » entre les deux royaumes. L’a. suggère un échange de spécialistes (devins, scribes ou autres techniciens), phénomène qui est attesté par ailleurs (voir C. Zaccagnini, « Patterns of Mobility among Ancient Near Eastern Craftsmen », JNES 42, 1983, 245-264).

– IDEM, « On Siege Warfare in Hittite Texts », in: M. Cogan et D. Kahn (éd.), Treasures on Camels’ Humps. Historical and Literary Studies from the Ancient Near East Presented to Israel Eph’al, Jérusalem, 2008, p. 250-265 : l’a. rassemble les données sur les techniques de siège employées par les Hittites. Il semble que les Hourrites étaient réputés dans ces techniques. I. Singer met en avant trois sources textuelles essentielles pour sa problématique : le texte du Siège d’Uršu, les instructions aux BĒL MADGALTI et la lettre de Maşat Höyük HKM 72 faisant allusion aux difficultés qu’éprouve le général hittite Kaššu pour assiéger une ville.

– IDEM, « Purple-Dyers in Lazpa », in: I. Rutherofrd et al. (éd.), Anataolian Interfaces, 2008, p. 21-43: revenant sur un passage de la lettre de Manapa-Tarhunta CTH 191 qui mentionne les « hommes SARIPUTU des dieux (appartenant) à mon Soleil », l’a. examine l’identité de ceux-ci. Pour ce faire, il se base principalement sur les données issues d’Ougarit, où l’akkadogramme est plus fréquent. Suivant la traduction de S. Lackenbacher, il pense que les SARIPUTU sont des teinturiers travaillant avec la pourpre. Cette activité est bien connue comme étant caractéristique de la côte levantine. Il apparaît donc que les Hittites aient cherché à contrôler les activités commerciales de ces artisans itinérants. Partant de l’idéee que le hittite arkamma(n) puisse provenir de l’akkadien argammanu que S. lackenbacher suggère de traduire tantôt par « tribut », tantôt par « laine pourpre » (la laine pourpre servant de tribut dans plusieurs pays levantins), l’a. en déduit que les SARIPUTU de CTH 191 demande, dans leur demande de libération, à ce qu’on les laisse faire leur travail de teinturiers. Cette interprétation, qui contraste avec les traductions précedentes de ce passage où le terme arkamman était rendu par « tribut », est fort judicieuse mais reste toutefois fragile, comme le reconnaît lui-même l’a.: il s’agirait de la seule attestation de cette acception du terme arkamman en contexte hittite.

– IDEM, « Mahhaza, King of Amurru », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 271-277: l’a. examine la lettre d’Ougarit RS 10.046 qui fait allusion à un certain Mahhaza. Celui-ci se désigne comme « frère » du roi d’Ougarit. La lettre mentionne également un personnage du nom d’Abušgama qui semble être du royaume d’Amurru et pourrait être au service de Mahhaza. Selon l’auteur, ce dernier pourrait être le dernier roi connu du royaume d’Amurru et le successeur de Šaušgamuwa. [A. Mouton]

– IDEM, « The Historical Context of the Two Tell Nebi Mend / Qadeš Letters », KASKAL 8, 2011, p. 161-175: parmi les 5 tablettes de Tell Nebi Mend, Syrie centrale, découvertes en 1975 mais publiées en 2010 (A. Millard, Levant 42), trois lettres retiennent l’attention de l’a. Deux d’entre elles sont destinées à un certain Niqmaddu qualifié, dans l’une d’elles, de « roi du pays de Kenza », c’est-à-dire roi de Kadeš. Un roi de ce nom est connu pour avoir été installé par Muršili II sur le trône de Kadeš lors de la 9e année de règne de ce souverain hittite (ca. 1313/1312), année durant laquelle Talmi-Šarruma fut, de son côté, investi prêtre-roi d’Alep (Halpa, Halab), à la suite de son père Telepinu. La première lettre de Kadeš fait allusion à l’imminence d’une cérémonie d’intronisation du roi de Halpa. Le fait que celui-ci se qualifie déjà de roi avant son investiture indique que la cérémonie n’est, dans ce cadre, qu’une confirmation publique de son statut. Par ailleurs, la cérémonie attribue visiblement un rôle important à un représentant hittite du nom de Maraššanda. Or un tel personnage est absent de la liste des témoins du traité de Talmi-Šarruma, ce qui incite l’a. à penser, vraisemblablement à raison, que le roi qui doit être intronisé dans la lettre de Kadeš n’est pas Talmi-Šarruma comme le suggérait Millard, mais un autre roi d’Alep. De plus, aucun Maraššanda n’est connu pour le XIVe s. Le candidat le plus plausible doit être, selon l’a., Halpa-ziti mentionné dans la lettre de Hanigalbat IBoT 1.34 redatée par B. Alexandrov de la première moitié du XIIIe s. (l’argument d’Alexandrov étant que le nom d’Ehli-Šarruma qui apparaît dans ce document pourrait avoir été porté par plusieurs souverains d’Išuwa, dont un roi précédant Ari-Šarruma). Le Halpa-ziti de la lettre IBoT 1.34 et, vraisemblablement, de la première lettre de Kadeš pourrait en outre être celui mentionné dans les textes de Tudhaliya IV comme devant pratiquer un rituel mantalli pour réparer sa faute envers Hattušili III. Celle-ci aurait consisté à soutenir Urhi-Tešub au détriment de Hattušili. Quant au Maraššanda de la lettre de Kadeš, il doit s’agir d’un envoyé du Grand Roi hittite à l’intronisation de Halpa-ziti. Par ailleurs, l’a. met en évidence le fait que tous les textes faisant allusion au rôle de relais politique et administratif du roi d’Alep en Syrie au nom du pouvoir central hittite datent exclusivement de la première moitié du XIIIe s. Selon lui, ce rôle a dû lui être retiré au milieu du XIIIe, car Ougarit, qui documente abondamment la seconde moitié du XIIIe ne fait jamais allusion qu’à Karkemiš comme « antenne » de l’Empire hittite en Syrie.  Il en déduit que le royaume d’Alep cessa d’exister en tant que tel après le règne de Halpa-ziti, son territoire étant englobé dans la juridiction hittite sans qu’un nouveau roi soit investi. La troisième lettre de Kadeš fait allusion à un déploiement de force militaire hittite à Kenza/Kadeš, ce qui, selon l’a., ferait référence à la reprise en main de Kadeš par le Grand Roi hittite Muwatalli II. [A. Mouton]

– O. SOYSAL, “Noch einmal zur Šukziya-Episode im Erlass Telipinus », Or 59/2, 1990, p. 271-279: transcription et traduction du passage de l’édit de Telipinu relatif à l’affaire de Šukziya et réinterprétation des faits, qui font intervenir deux reines: Harapšili d’une part, capturée par les Hourrites (lors de leur défaite devant les armées de Hantili Ier) et détenue à Šukziya où elle mourut de maladie; la reine de Šukziya d’autre part, dont la trahison vis-à-vis des Hittites fut démasquée et qui fut exécutée, en représailles, à Tagalaha. Le texte fait apparaître le rôle prépondérant d’Ilaliuma, haut fonctionnaire du Palais.

– IDEM, “Beiträge zur althethitischen Geschichte (II). Zur Textwiederherstellung und Datierung von KUB XXXI 64+ (CTH 12) », AOF 25, 1998, p. 5-33: reconstitution du document fragmentaire CTH 12, transcription, traduction et commentaire philologique, géographique et historique, dont il ressort que le texte ne peut être attribué avec certitude à l’époque de Mursili Ier et pourrait dater de Hantili Ier (contra S. de MARTINO, AOF 22).

– IDEM, « Beiträge zur althethitischen Geschichte (III). Kleine Fragmente historischen Inhalts », ZA 95, 2005, p. 121-144 : éd. et attribution à des numéros de CTH de fragments historiques de la période vieil hittite jusqu’ici inédits.

– F. STARKE, “Zur ‘Regierung’ des hethitisches Staates », ZAR 2, 1996, p. 140-182: l’a. conteste l’idée d’une évolution de l’Etat hittite, qui serait passé d’une organisation féodale à une organisation administrative centralisée (von Schuler), et montre au contraire, à travers l’analyse du rôle politique joué par les Grands (lú-meš sag), la permanence de l’institution royale, idéologiquement construite dès le XVIIIe s. d’une part sur la notion de fidélité, dont on retrouve l’expression dans les serments de loyauté faits à Tudhaliya IV (milieu du XIIIe s), et d’autre part sur une sorte de théorie des deux corps du roi: les deux concepts politiques de “corps du roi » et “volonté du roi » désignent respectivement la communauté des vassaux et la souveraineté royale.

– IDEM, « Neues zu den Kantuzzili- und älteren Tuthaliya-Siegeln », NABU 2011/62: examen d’empreintes de cachets hiéroglyphiques marqués au nom de Kantuzzili dans le but de placer plus précisément ce personnage dans la famille royale du début de l’époque impériale. Dans son article de BiOr 60, l’a. avait proposé que l’empreinte Bo 99/69 associe un Kantuzzili à son fils Tudhaliya, celui-ci n’étant pas, selon l’a., Tudhaliya I/II comme cela avait été proposé par d’autres hittitologues, mais plutôt Tudhaliya le Jeune. Pour lui, l’absence de titre Tabarna sur l’empreinte indiquerait que Tudhaliya le Jeune n’aurait pas régné, son père supposé Kantuzzili ayant alors été régent. Parmi les empreintes de sceaux hiéroglyphiques de Nisantepe récemment publiés (BoHa 23, 2011), l’a. remarque deux empreintes mentionnant un Kantuzzili prince et grand aurige.  [A. Mouton]

– B. STAVI, « The Genealogy of Suppiluliuma I », AoF 38, 2011, p. 226-239: l’a. pense que Šuppiluliuma Ier n’était pas le fils de Tudhaliya II (ancien « III », Tašmi-Šarri), mais plutôt son beau-fils, époux de Henti qui, elle, était fille de Tudhaliya II. Il serait devenu le fils adoptif de Tudhaliya II après son mariage. Šuppiluliuma aurait évincé du trône Tudhaliya le Jeune, l’héritier légitime de Tudhaliya II, l’assassinant et exilant ses deux frères …-uda et Pirwa (d’après une prière de Muršli II contre l’épidémie). A la lumière de ses interprétations, l’a. propose une lecture légèrement différente du sceau cruciforme qui aurait, selon lui, servi à prouver la légitimité de Muršili II malgré le meurtre perpétré par son père. [A. Mouton]

– G. STEINER, “‘Schiffe von Ahhijawa’ oder ‘Kriegsschiffe’ von Amurru im Šauškamuwa-Vertrag? », UF 21, 1989, p. 393-411: le traité conclu entre Šauškamuwa, roi d’Amurru et Tudhaliya IV, roi du Hatti, au milieu du XIIIe s., ne parle pas des “bateaux des Ahhiyawa » mais des “bateaux de guerre » d’Amurru. Il faut dès lors abandonner l’idée d’une présence des Ahhiyawa en pays amorite, d’un contact entre le Ahhiyawa et l’Assyrie, et contester l’assimilation des habitants du Ahhiyawa aux Achéens.

– EADEM, “Muršili I: Sohn oder Enkel Labarna-Hattušilis I? », UF 28, 1996, p. 561-618: Muršili I n’est pas le petit-fils de Hattušili I mais son fils et successeur, ce qui modifie la généalogie des premiers rois de l’ancien Empire hittite. Hattušili aurait adopté le fils de sa sœur, après la mort prématurée du Dauphin Huzziya, puis aurait eu un second fils, Muršili. Celui-ci aurait accédé au trône grâce à l’exhérédation de son frère adoptif, héritier présomptif, écarté par Hattušili mourant.

– EADEM, “The Immigration of the First Indo Europeans into Anatolia Reconsidered », JIES 18, 1990, p. 185-214: l’a. passe en revue les différentes voies d’immigration vers l’Anatolie (est, nord ou ouest) qu’auraient pu emprunter les Indo-européens (Hittites/Louvites). L’a. en se basant sur la répartition géographique des différentes langues en Anatolie au début du 2e millénaire, conclut à une immigration d’origine occidentale (Balkans), qui se serait produite au début du 3e millénaire au plus tard.

– EADEM, “Was bedeutet LUGAL-zu-nu …ul-tam-li Aleppo Vertrag? », AOF 26/1, 1999, p. 13-25: dans le traité de Muwatalli II et Talmi-Šarruma d’Alep, renouvelant l’engagement que Muršili II avait pris avec le même roi d’Alep, la phrase (Hattušili Ier) LUGAL-zu-nu…ul-tam-li signifie “il (Hattušili Ier) a ajouté (pour la seconde fois) sa Grande Royauté », indiquant que ce souverain a introduit en Anatolie un titre emprunté à Alep. Le Grand Roi doit être compris ici en référence à l’idéologie impériale mésopotamienne, comme désignation du souverain “universel », et non pas seulement supérieur aux autres rois.

– EADEM, « Syrien als Vermittler zwischen Babylonien und Hatti (in der ersten Hälfte des 2. Jahrtausends v. Chr.) », RAI 42, p. 425-441: la transmission de certaines valeurs politiques babyloniennes en Anatolie s’est faite par l’intermédiaire de la culture syrienne, notamment à travers le titre de « Grand Roi » ou l’idéologie impériale, la circulation de ces 2 thèmes ayant été effectuée au moyen de la littérature.

– K. STROBEL, « The Crucial 12th Century BC: The ‘Fall of Empires’ Revisited », in: Eothen 17, 2011, p. 167-254: l’a. réexamine les données égyptiennes relatives aux catastrophes associées aux Peuples de la mer, partant de l’idée que les événements décrits ont été volontairement dramatisés par les scribes égyptiens. Le texte poétique de la bataille de Kadeš donne la liste des ennemis de l’Egypte lors de cette bataille :  le pays de Hatti, Naharina (le nom traditionnel de Mitanni devenu à cette époque le Hanigalbat), Arzawa, Pedašša, Dardanaya (la dénomination égyptienne de Wiluša selon l’a.), Maša, le pays de Karkiša (la Carie?), Lukka, Karkemiš, Qode (Cilicie orientale), Kadeš, Ougarit, Mušnatu (identification incertaine). Une deuxième liste ajoute : les Gašga, Arwanna, Kizzuwatna et Nuhašše. Une autre liste mentionne les vassaux du pays de Hatti qui combattent à ses côtés : Arzawa, Maša, Arwanna, Lukka, Dardanaya, Karkemiš, Karkiša et Alep. L’a. pense que Kummanni/Kizzuwatna correspond au site de Tatarlı Höyük, alors que Lawazantiya est probablement à Sirkeli Höyük. Kinet Höyük se trouve, quant à lui, en Qode, une désignation vraisemblablement héritée d’un nom hourrite, d’après l’a. Dans une autre section, l’a. collecte toutes les informations écrites documentant les environs du 12e siècle en Anatolie. Il mentionne notamment Hartapu qui, selon lui, serait descendant d’Ira-Tarhunta et d’un Muršili postérieur au règne de Šuppiluliuma II. Il fait également allusion à un Tudhaliya V.

– A. SÜEL, « Orta Hitit dönemi belgelerinde yer alan bazı şahıs isimleri ve tarihleme ile ilgili problemler üzerine », in: 7th ICH, 2010, p. 817-828: sur les anthroponymes en commun entre les textes moyen-hittites de Hattusa, Tapikka et de Sapinuwa, à savoir Hulla, Tatta, Piseni, Tarhu(n)mi(m)ma et Kassu.

– D. SÜRENHAGEN, “Untersuchungen zur Bronzetafel und weiteren Verträgen mit der Sekundogenitur in Tarhuntašša », OLZ 87/4-5, 1992, p. 341-371: à propos de H. Otten, Die Bronzetafel aus Bo˙azköy. Ein Staatsvertrag Tuthalijas IV, 1988. L’a. se penche sur la datation du traité conclu entre Tudhaliya IV et son cousin Kurunta, roi du Tarhuntašša et examine le texte par rapport aux autres traités conclus entre Hattušili et Ulmi-Teššup du Tarhuntašša. Contre Otten, l’a. considère que Kurunta et Ulmi-Teššup sont une seule et même personne (dans le même sens, Del Monte, EVO XIV-XV).

– IDEM, “Verwandtschaftsbeziehungen und Erbrecht im althethitischen Königshaus vor Telipinu – ein erneuter Erklärungsversuch », AOF 25, 1998, p. 75-94: d’après l’a., le principe de la succession père-fils n’était sans doute pas en vigueur à l’époque de l’édit de Telipinu. La succession au trône obéissait à un système familial plus complexe d’oncle à neveu, par le biais de l’adoption et du mariage entre cousins.

– IDEM, “Forerunners of the Hattusili-Ramesses Treaty”, BMSAES 6, 2006, p. 59-67 : l’a. se penche sur un accord diplomatique entre l’Égypte et le pays hittite mentionné par le traité de paix de Ramsès II et Hattušili III et qui l’a précédé. D’après l’a., l’une des prières de Muršili II contre une épidémie fait allusion à ce traité antérieur. Elle mentionne le déplacement d’habitants de la ville hittite de Kuruštama en pays d’Égypte et la ratification d’un traité entre l’Égypte et le Hatti, notamment au sujet de ces nouveaux immigrés d’Égypte. Šuppiluliuma Ier, le père de Muršili II, est dit avoir rompu ce traité en envoyant des troupes en pays d’Égypte, ce qui a provoqué la colère des dieux. Celle-ci se manifeste sous la forme d’une épidémie introduite en pays hittite par les prisonniers de guerre égyptiens. Il y a tout lieu de penser que ce traité précédent correspond à ce que les Hittitologues ont pris l’habitude d’appeler « le traité de Kuruštama », traité connu par quelques fragments de textes. L’a. pense que ce traité n’impliquait pas directement le pharaon d’Égypte et le Grand Roi hittite mais a, au contraire, été ratifié au nom du dieu de l’orage de Hatti. Il s’agit donc plus d’un accord ad hoc dont le texte a dû par la suite être intégré à un véritable traité entre le pharaon et le roi hittite. Ce premier traité doit remonter à l’époque moyen hittite, probablement au règne de Tudhaliya Ier.

T

– N. TANI, « More about ‘Hešni Conspiracy’ « , AOF 28/1, 2001, p. 154-164: relecture de KUB 297.8 concernant le coup d’état organisé par Hešni pour renverser son frère Tudhaliya IV, avec des propositions d’interprétation du texte et des hypothèses sur les motivations politiques de la conspiration.

– P. TARACHA, “Zu den Tuthalija-Annalen (CTH 142) », WO 28, 1997, p. 74-84: l’a. attribue les annales de Tudhaliya (CTH 142) au père de Suppiluliuma Ier, autrement dit Tudhaliya III.

– IDEM, « Mycenaean peer(s) of the king of Ahhiyawa? A note on the Tawagalawa letter », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 279-287 : l’a. revient sur l’identité de Tawagalawa, le personnage qui apparaît dans la lettre à son nom. Il pense qu’il pourrait s’agir d’un roi mycénien plus ou moins proche du roi d’Ahhiyawa. Il propose de l’identifier au souverain de la Crète mycénienne. [A. Mouton]

U

– A. ÜNAL, “Reminiszenzen an die Zeit der altassyrischen Handelskolonien in hethitischen Texten », AOF 22, 1995,p. 269-276: l’a. cherche les traces de la présence assyrienne, à l’époque du commerce entre Assur et l’Anatolie, dans les sources hittites du milieu du XVIIe s., et conclut à une continuité culturelle et matérielle entre les deux époques.

– IDEM, « Fraudulent Premises of Anatolian Historiography and Early Hittite Involvement in and Direct Control of Cilicia-Kizzuwatna », in : N. Çınardalı-Karaaslan et al. (eds), Armağan Erkanal’a Armağan. Anadolu Kültürlerine bir bakış, Hacettepe Üniversitesi Yayınları, Ankara, 2014, p. 469-500 : l’a. invite les historiens et les archéologues de l’Anatolie de l’époque hittite à plus de prudence dans leurs attributions à tel ou tel artefact ou site à la « culture hittite ». Il prend, entre autres, l’exemple de l’Anatolie occidentale louvitophone qui était indépendante du Pays de Hatti et, n’a par conséquent, pas adopté le « modèle culturel » de ce royaume. Il revient ensuite sur la situation du Kizzuwatna auquel on attribue un lien culturel fort avec l’Anatolie centrale. Selon l’a., les fameuses Portes Ciliciennes n’ont jamais été utilisées comme voie de communication par les habitants de l’Anatolie centrale, que ce soit à l’époque paléo-assyrienne ou à l’époque hittite. Par sa situation géographique et sa topographie, le Kizzuwatna était, d’après lui, naturellement plus proche de la Syrie du Nord et du monde mésopotamien que de l’Anatolie hittite. [A. Mouton]

V

– M. VAN DE MIEROOP, « Sargon of Agade and his successors in Anatolia », SMEA 42 / 1, 2000, p. 133-159 : sur la figure légendaire de Sargon d’Akkad dans l’histoire hittite. Hattušili I, en particulier, se compare à ce roi prestigieux, et même démontre qu’il le surpasse par son courage. Dans la version hittite du texte littéraire šâr tamhâri, l’ennemi de Sargon, le roi de Purušhanda, est appelé Nûr-daggal, et correspond à Uta-rapaštim dans la version paléo-babylonienne, dont le nom rappelle celui Uta-napištim, le survivant du Déluge (épopée de Gilgameš). Il y aurait là une trace supplémentaire de l’aura de héros légendaire que finit par acquérir Sargon d’Akkad aussi bien en Mésopotamie paléo-babylonienne qu’en Anatolie hittite. La légende de Sargon d’Akkad aurait été transmise aux Hittites par le biais des marchands de Cappadoce originaires d’Aššur. L’a. étudie également un texte à caractère littéraire de Kaneš, publié par C. Günbatti, qui met également en scène le légendaire Sargon d’Akkad.

– T. VAN DEN HOUT, “A Chronology of the Tarhuntassa-Treaties », JCS 41/1, 1990, p. 100-114: reconstitution des relations diplomatiques entre le Hatti et le royaume de Tarhuntassa à partir des traités conclus entre les deux pays: Hattusili installe Kurunta au pouvoir et rédige un premier traité réglant la succession au trône de Tarhuntassa, les zones de pâturages d’été, accordant des exemptions militaires partielles, etc… Les privilèges accordés à Kurunta, réduits ultérieurement, sont rétablis par Tudhaliya, qui les retire néanmoins lorsque Ulmitešub succède à Kurunta.

– IDEM, « Hethitische Thronbesteigungsorakel und die Inauguration Tudhalijas IV », ZA 81/2, 1991, p. 274-300: examen du vocabulaire de l’intronisation à travers le traité de Tudhaliya IV et Ulmi-tešub, au XIIIe s., et les oracles évoquant ce thème. Ces sources confirment la thèse de C. Mora d’une corégence entre Hattušili III et Tudhaliya IV.

– IDEM, “Der Falke und das Küchen: der neue Pharao und der hethitische Prinz? », ZA 84/1, 1994, p. 60-88: éd. d’un joint à KUB 19, 20, une réponse de Šuppiluliuma Ier au Pharaon lui apprenant la mort du fils de Toutankhamon.

– IDEM, Der Ulmitešub-Vertrag. Eine prosopographische Untersuchung, StBoT 38, 1995, xx + 326 p.: étude des témoins au traité passé entre Tudhaliya IV et Ulmi-teššup de Tarhuntassa vers 1220, ce second personnage devant être distingué de Kurunta dont il serait le successeur. Transcription et traduction du texte, commentaires philologiques et analyse prosopographique des NP. Tous les témoins sont membres de la famille royale et occupent des postes officiels élevés.

– IDEM, “Halpaziti, König von Aleppo », AOF 25, 1998, p. 68-74: réflexions sur le règne du dernier roi d’Alep, Halpaziti, à partir des attestations de ce roi dans les sources hittites.

– IDEM, “A Tale of Two Cities: Twee nieuwe Hettitische provinciale centra », Phoenix 44/1, 1998, p. 39-48.

W

– W. WOUTERS, “Urhi-Tešub and the Ramses-Letters from Boghazköy », JCS 41/2, 1989, p. 226-234: un groupe de lettres de Ramsès II retrouvées à Boghazköy montre que le roi Muršili III, alias Urhi-Tešub, déposé par son oncle et successeur Hattušili III, a été exilé en Egypte.

– IDEM, « Boğazköy: Royal Correspondance between Assur and Hatti », RAI 34, 1998, p. 269-274 : au sujet de la datation des lettres échangées entre le pays d’Assur et celui de Hatti, à l’aide de la paléographie.

Y

– J. YAKAR, « The socio-economic organization of the rural sector in Kizzuwatna. An archaeological assessment », in: Cilicie, p. 37-46: les vestiges archéologiques et la topographie de la région du Kizzuwatna montrent une organisation politique et sociale structurée autour de petites cités-états gérant les territoires agricoles environnants. La combinaison des données textuelles et archéologiques (nature des vestiges architecturaux et nombre de höyük ayant livré du matériel contemporain de l’époque hittite) met en évidence une très forte poussée démographique après l’annexion du Kizzuwatna par les Hittites, due sans doute à la distribution par le pouvoir central de petits fiefs à des serviteurs du royaume de Hatti.

Z

– P. ZIMANSKY, « The Lattimore Model and Hatti’s Kaska Frontier », dans E. C. Stone éd., Settlement and Society. Essays Dedicated to Robert McCormick Adams, Cotsen Institute of Archaeology, University of California, Los Angeles et The Oriental Institute of the University of Chicago, Chicago, 2007, p. 157-172 : L’a. compare les relations entre les Hittites et les Gašgas à celles qu’ont pu avoir les Romains et les Germains ou la Chine et les « barbares » d’Asie centrale et pense que le modèle de frontières développé par Owen Lattimore à propos de l’Asie centrale et de la Chine peut s’appliquer dans le cas de l’Anatolie hittite. En effet, ce dernier envisageait les frontières d’un point de vue plus social que « comme un trait sur une carte ». L’a. dresse en outre un état de nos connaissances sur les Gašgas (origine, géographie, interaction avec les Hittites). [J. Patrier].

– A. ZIVIE, “Le messager royal égyptien Pirikhnawa”, BMSAES 6, 2006, p. 68-78 : ce personnage, qui n’était connu auparavant que par des allusions dans la correspondance diplomatique cunéiforme entre Hattušili III et Ramsès II, a maintenant été identifié comme le propriétaire d’un luxueux tombeau à Saqqara. Etant donné le prestige de sa dernière demeure, ainsi que les mentions dans les textes, il est à présent clair qu’il ne s’agit pas d’un simple messager, mais bien plutôt du plus haut représentant de la délégation égyptienne qui s’est déplacée en Anatolie hittite. Son second nom apparaîtrait, en outre, dans le traité de paix établi entre les deux grands souverains.

Géographie

A

– M. ALPARSLAN, « Das Land Hakmis: Geschichte, Lokalisation und politische Bedeutung einer hethitischen Metropole », in: 7th ICH, 2010, p. 29-44: l’a. fait la synthèse des données hittites sur la ville de Hakmis (ou Hakpis). La ville est connue dès l’époque OH et devient, au début de l’époque impériale, le siège temporaire du culte de Nerik après la destruction de cette ville. Une allusion se trouvant dans un texte d’Ortaköy semble indiquer que Hakmis elle-même aurait été conquise par l’ennemi pendant une courte période. C’est également ce que l’on peut comprendre d’un passage des annales de Suppiluliuma I qui mentionne une bataille ayant eu lieu dans le pays de Hakmis alors passé à l’ennemi. Mursili II passe par cette ville lors d’une campagne militaire effectuée pendant la neuvième année de son règne, ce qui montre vraisemblablement que Hakmis avait alors déjà été regagnée par les Hittites. Hakmis doit se trouver dans la province d’Amasya, non loin de Nerik (probablement sur le site d’Oymaagaç). Elle doit se situer au sud de la montagne Tavsan Dag (la hittite Haharwa) et son identification avec le site de Dogan Tepe paraît, pour cette raison, plausible à l’a. [A. Mouton]

B

– G. BARJAMOVIC, « Sites, Routes and Historical Geography in Central Anatolia », in: I. Singer (éd.), Fs Hawkins, 2010, p. 10-25: l’a. étudie le site d’Üçhöyük (Bolvadin, près du lac Eber) et suggère de l’identifier à Purushanda/Purushattum. Pour lui, en effet, l’identification traditionnelle Purushanda = Acemhöyük doit être abandonnée, car Purushanda doit se trouver plus à l’Ouest. Cette nouvelle localisation conviendrait au site d’Üçhöyük. L’a. examine ensuite d’autres sites archéologiques qui pourraient également abriter Purushanda. Il propose en outre d’identifier le site de Kapalıkaya (sur la rive Ouest du Kızılırmak et face au village Köprüköy) à la ville anatolienne de Wahšušana bien documentée par les textes paléo-assyriens.  [A. Mouton]

C

– P. CAMATTA, « Die Stadt Hanhana und ein Identifizierungsvorschlag », AOF 33, 2006, 263-270 : l’a. propose de localiser Hanhana dans la région comprise entre Vezirköprü et Çorum.

D

– S. DE MARTINO, « Ura and the Bundaries of Tarhuntassa », AOF 26, 1999, p. 291-300: tentative d’identification de la frontière Sud du royaume de Tarhuntašša qui pourrait être en partie résolue par la problématique suivante: Ura appartenait-elle ou non au royaume de Tarhuntašša?

– IDEM, « Il toponimo ittita Mutamutašša », in: Fs Lebrun II, 2004, p. 105-112 : sur la ville Mutamutašša qui pourrait, selon l’a., se trouver en Pamphylie et avoir appartenu à l’Arzawa.

– IDEM, F. M. FALES, S. PONCHIA, « Archaeological Investigations at Yassi-Hüyük (Yozgat). The Site of Yassi-Hüyük within the Overall Pictrure of Hittite Geography », in: 7th ICH, 2010, p. 189-197: il s’agit du compte rendu des travaux archéologiques effectués sur le site de Yassi Höyük. Un fragment de tablette hittite y a été mis au jour, qui décrit une fête religieuse. Il a été publié dans IM 57 (2007) par S. de Martino. Pour cet a., le site pourrait correspondre à la Tahurpa hittite dans laquelle le Grand Roi séjournait lors de certaines cérémonies religieuses. [A. Mouton]

– A. DINÇOL et al., « The Borders of the Appanage Kingdom of Tarhuntašša. A geographical and archaeological Assessment », Anatolica 26, 2000, p. 1-30.

F

– M. FORLANINI, “Uda, un cas probable d’homonymie », Hethitica 10, 1990, p. 109-127: le toponyme ú-da-a, mentionné dans diverses sources (décret royal de Hattušili III, annales de Šuppiluliuma, lettres, oracles, traités internationaux, etc…), est différent du sanctuaire hourrite d’Uda et s’identifie à Hydé, dont la localisation est controversée.

– IDEM, “Am mittlerem Kızılırmak », in: Fs Alp, p. 171-179: étude de plusieurs toponymes situés dans les environs de Kaniš, d’après les sources hittites.

– IDEM, « L’Anatolia Occidentale e gli Hittiti: appunti su alcune recenti scoperte e le loro conseguenze per la geografia storica », SMEA 40, 1998, p. 219-254: confrontation des données géographiques offertes par la tablette de bronze, les inscriptions hiéroglyphiques et les archives de Hattusa.

– IDEM, « The Geography of Hittite Anatolia in the Light of the Recent Epigraphical Discoveries »,in: Third Congress of Hittitology, p. 217-222. – V. HAAS, article Nerik(ka), RlA 9 3/4, 1999, p. 229-23: synthèse des données concernant la ville sacrée de Nerik.

– IDEM, « Quelques notes sur la géographie historique de la Cilicie », in: Cilicie, p. 553-564: localisation de la ville d’Izziya, appartenant au Kizzuwatna et mentionnée dans un texte votif en connection avec la mer (KUB 56 . 15), d’après l’emplacement du Mont Zara, lui-même cité en relation avec Izziya dans un autre texte (KUB 54 . 47).

– IDEM, “Dall’Alto Habur alle montagne dell’Anatolia nel II millennio A. C., Note sulla geografia storica di una regione poco conosciuta”, RAI 46, 2004, p. 405-426.

– IDEM, « Notes sur la géographie anatolienne dans les textes paléo-assyriens », NABU 2005/14 : étudie les localisations possibles des deux villes d’Aliašša et de Šalahšua (hittite Šallahšuwa).

– IDEM, « The Offering List of KBo 4.13 (I 17’-48’) to the Local Gods of the Kingdom, known as ‘Sacrifice List’, and the History of the Formation of the Early Hittite State and its Initial Growing beyond Central Anatolia », VIth ICH, SMEA 49, 2007, p. 259-280 : en réexaminant la liste des toponymes mentionnés en relation avec des divinités bénéficiaires de sacrifices sanglants dans KBo 4.13 (section que l’on a pris l’habitude d’appeler « liste des sacrifices »), un texte souvent associé à la fête de l’AN.TAH.ŠUM, l’a. s’interroge sur la raison de l’ordre suivi dans cette énumération. Il remarque, notamment, l’orthographe du toponyme Ušša, écrit avec un signe SA, ce qui, pour lui, est une marque d’archaïsme. Une datation haute de la composition étudiée pourrait, en outre, expliquer l’absence dans cette liste des célèbres centres religieux Arinna et Nerik, qui ne feraient pas encore partie du royaume hittite au moment de la rédaction de ce texte. Dans ce contexte, la ville de Hurma semble prendre une place prépondérante. Il se pourrait, selon l’a., que la liste des sacrifices de KBo 4.13 provienne de cette ville. Celle-ci semble, par ailleurs, être étroitement associée aux débuts de l’histoire du royaume hittite. L’un des premiers rois hittites attestés par les textes, Labarna Ier, semble en effet avoir été prince de Hurma avant de régner sur Neša grâce à son adoption par Huzziya, qui gouvernait sur Kaneš et Hattuš(a). Il aurait, selon l’a., adopté par la suite Hattušili Ier, fils d’un certain Pawatelmah, lui-même prince de Hattuš(a) et fils de Huzziya.

– IDEM, « New Evidence and Recent Suggestions on the Anatolian Geography in the Old Assyrian Period », in: Fs Donbaz, 2010, p. 135-142: l’a. revient sur les suggestions faites dans le domaine de la géographie historique de l’Anatolie centrale par C. Michel dans l’ouvrage collectif dirigé par K. Strobel. Il réfute son argumentation en faveur d’une nouvelle localisation de Turhumit = hittite Turmitta, montrant que le texte paléo-assyrien utilisé à l’appui de cette argumentation peut être interprété autrement. Il réfute également la proposition consistant à restituer deux fleuves/rivières Zuliya en Anatolie centrale. Il pense, en effet, que seul le Cekerek portait ce nom. Enfin, il revient sur les raisons qui ont poussé G. Barjamovic et C. Michel après lui à changer la localisation de Burušhattum = hittite Purušhanda qui était traditionnellement placée à Acem Höyük. Pour lui, la reconstitution suggérée par G. Barjamovic est en contradiction avec les données hittites. Les « itinéraires » paléo-assyriens ne décrivant visiblement pas toutes les stations se trouvant entre deux villes, mais seulement celles dans lesquelles des dépenses ont été effectuées, ils ne permettent pas, indique l’a., de déterminer les distances séparant ces différentes localités. Enfin, l’a. se penche sur la ville de Kuburnat = peut-être la hittite Kappurnanda qui pourrait, d’après lui, se trouver non loin de Gümüshaciköy. [A. Mouton]

– IDEM, « La région autour de Nerik selon les sources hittites », SMEA 52, 2010, p. 119-135: la découverte, sur les sites de Kayalıpınar et d’Oymaağaç de tablettes cunéiformes hittites ont permis de confirmer de manière presque certaine les deux identifications Kayalıpınar = Šamuha et Oymaağaç = Nerik. Les fouilles d’Oymaağaç ont fourni dès leur début (2005) un bâtiment monumental hittite de type temple, ainsi qu’un fragment de tablette mentionnant le Mont Haharwa connu par ailleurs pour être dans le voisinage de Nerik. Partant du principe que le site d’Oymaağaç est bien Nerik, l’a. propose de revenir sur les textes mentionnant la région de cette ville hatto-hittite. Il suggère quelques identifications de sites, comme ceux actuellement fouillés de Doğantepe et d’Oluz Höyük qui pourraient correspondre à Palhuišša, Kabiruha ou Malazziya, mais pas, selon lui, à Hakmiš (contra Alparslan). Pour lui, Hakmiš doit se trouver plus en nord-ouest, vers Alıcık ou Sarıbuğday. [A. Mouton]

– IDEM, « ABoT 2.7 et la ville de Hu(wa)rniya dans le Pays-Bas hittite », NABU 2011/25: ABoT 2.7 fait un joint direct avec KUB 26.50 qui appartient à CTH 225.B, « donations de Tuthaliya IV en faveur de Šahurunuwa ». Ce joint permet de reconstruire plusieurs toponymes mentionnés dans le texte, tels que Paduwantaš, Huwarniya, Uri?šanaš, Nadašhapaš et Daha[ntariya]. Huwarniya est une variante graphique pour Hurniya, une ville associée à Ikkuwaniya dans les textes. Toutes deux devaient se trouver non loin au nord de Hulaya-Tarhuntašša. De l’autre côté du petit territoire de Hulaya (au sud) devait se trouver la ville de Zarwiša qui est, elle aussi, associée à Hurniya ici et là dans les textes. L’a. remarque aussi l’association de Hurniya avec le Mont Hana, si bien qu’il propose une équivalence Ikkuwaniya – Hurniya – Mont Hana = Ikonion – Korna – Kan(n)a de la Lycaonie tardive. Quant à Zarwiša, il rappelle qu’elle doit se trouver à l’est de Šaliya, peut-être au sud de Bacanak. Tarhuntašša serait alors à chercher sur le flanc nord du Taurus. [A. Mouton]

– IDEM, « The Historical Geography of Western Anatolia in the Late Bronze Age: Still an Open Question », Or NS 81, 2012, p. 133-140: il s’agit d’un review-article de l’ouvrage de M. Gander, THeth 27, 2010. Bien que les données géographiques issues des textes hittites soient aujourd’hui l’objet d’un relatif consensus, l’absence de trouvailles archéologiques pour l’époque hittite en Anatolie occidentale pose problème. Par ailleurs, l’a. critique les chercheurs qui, se basant sur des hypothèses formulées auparavant (telles que l’équation Wilusa = Troie ou encore que Millawanda = Milet), vont encore plus loin dans les suppositions, rendant l’ensemble de leur argumentation fragile. Or ce n’est pas le cas de M. Gander, ce dont le félicite l’a. Celui-ci revient sur la proposition que fait M. Gander de distinguer Hiyawa mentionnée sur la bilingue de Cineköy et les lettres d’Ougarit de l’Ahhiyawa des textes hittites, c’est-à-dire la Grèce mycénienne. L’a. n’est pas convaincu par les arguments de Gander et préfère conserver l’interprétation traditionnelle qui voit dans le Mopsos de Hiyawa un Grec. [A. Mouton]

– IDEM, « Les routes du Palâ », in: Fs Freu, 2013, p. 43-58: l’a. revient sur les données textuelles relatives au Palâ et au Tummana, données qui contredisent l’hypothèse émise par les archéologues Matthews et Glatz de déplacer le Palâ dans une autre région en raison de l’absence de sites du Bronze Récent identifiés dans le nord de la Paphlagonie. [A. Mouton]

– IDEM, « How to Infer Ancient Roads and Itineraries from Heterogeneous Hittite Texts: The case of the Cilician (Kizzuwatnean) road system », Kaskal 10, 2013, p. 1-34: l’a. pense à juste titre que les scribes devaient mentionner les villes dans un ordre logique pour eux, c’est-à-dire le long des routes qu’ils connaissaient. L’a. étudie les villes du Kizzuwatna qui sont citées ensemble et qui devaient être reliées par des routes. Il propose, notamment, de localiser Kummanni, la principale ville du Kizzuwatna, sur le site de Sirkeli dont l’emplacement convient à sa reconstruction. [A. Mouton]

– IDEM, « La survie des toponymes de l’Age du Bronze dans le Pont et en Cappadoce. Continuité ethnique, linguistique et survie des traditions de l’époque hittite impériale pendant les siècles ‘obscurs’ jusqu’au début de l’âge classique? », in: L’Anatolie des peuples, 2014, p. 69-84: bilan des découvertes archéologiques récentes, notamment des sites hittites de Kayalıpınar (Šamuha ?), Oymaağaç (Nerik ?), Uşaklı (Zippalanda ?), Büklükale (Turmitta ?) et Yassıhöyük (Tahurpa ?). L’a. propose en outre sa vision de l’Histoire après l’abandon volontaire de Hattusa par le Grand Roi et sa Cour : pour lui, Karkemis devint un des principaux sièges du pouvoir hittite et développa un petit empire en Anatolie mériodionale. Toutefois, il pense que la branche héritière de Hattusili III et Tudhaliya IV ne pouvait s’installer que dans sa région d’origine, à savoir les environs de Kussar et de Kanesh, en Cappadoce centrale (idée également récemment défendue par Z. Simon). Cette zone correspond en partie au futur Tabal de l’Age du Fer, royaume qui couvrait vraisemblablement une grande partie de la Cappadoce. Concernant l’identification qui a été envisagée entre Kummanni et Castabala près de Bodrum, l’auteur la rejette et propose à la place une équivalence Kummanni = Sirkeli à cause de l’importance de ce site. [A. Mouton]

– J. FREU, « Les montagnes dans l’historiographie et la géographie hittites », RANT 3, 2006, p. 219-243 : survol des principales montagnes mentionnées dans les textes historiques hittites et utile mise au point des identifications proposées.

G

– M. GANDER, « Ahhiyawa – Hiyawa – Que: gibt es Evidenz für die Anwesenheit von Griechen in Kilikien am Übergang von der Bronze- zur Eisenzeit? », SMEA 54, 2012, p. 281-309: réflexions autour de la bilingue louvite-phénicien de Cineköy, et plus particulièrement sur la localisation de ‘Hiyawa’. De même, la bilingue mentionne la dynastie des Muksas/Mopsos d’Adanawa. Selon l’a., le toponyme Hiyawa de l’inscription de Cineköy ne doit pas être identifiée à l’Ahhiyawa des textes hittites. Pour l’a., ce Hiyawa se fondrait secondairement avec la ville d’Adaniya pour former une seule et même ville. Pour cette raison, l’expression « les gens de Hiyawa » mentionnée dans deux lettres d’Ougarit désignerait les habitants de la Cilicie, ce qui correspond à l’époque néo-hittite au royaume de Que. Quant au nom de Mopsos/Muksas, l’a. pense qu’il s’agit d’un nom anatolien, et non pas grec. [A. Mouton]

– IDEM, « Tlos, Oinoanda and the Hittite Invasion of the Lukka Lands. Some Thoughts on the History of North-Western Lycia in the Late Bronze and Iron Ages », Klio 96, 2014, p. 369-415: l’a. insiste sur l’importance des données indigènes relatives à la géographie historique, données plus fiables que la comparaison diachronique de toponymes. L’a. reconnaît toutefois que certaines de ces équations entre toponymes hittites et toponymes classiques sont valides et précieuses, bien qu’à manier avec un sens critique aiguisé. L’a. se concentre ensuite sur les données géographiques issues de l’inscription hiéroglyphique de Yalburt. Il fait le point sur notre connaissance de la succession des blocs de l’inscription: Bloc 1, frgt 2, 16, 10,? 7, 17, 6, 14, 15, 12, 13, 3, 4. La suggestion d’I. Yakubovich consistant à voir, dans le bloc 2, la reconquête de Hattusa (qui aurait été prise par Kurunta) par Tudhaliya ne convainc pas l’a. Il rappelle aussi les doutes exprimés par Schürr et Oreschko concernant le signe hiéroglyphique lu VITIS par Hawkins. La suite de l’article se concentre sur le toponyme Wiyanawanda probablement rendu par le logogramme hiéroglyphique VITIS dans l’inscription de Yalburt. Selon l’a., il pourrait exister cinq villes différentes appelées ainsi: l’une est dans la région du Haut Halys, une autre en Cilicie, une autre en Anatolie occidentale. [A. Mouton]

– R. L. GORNY, “Zippalanda and Ankuwa: The Geography of Central Anatolia in the Second Millennium B.C. », compte rendu de M. Popko, Zippalanda: Ein Kultzentrum im hethitischen Kleinasien, 1994, JAOS 117, 1997, p. 549-557: pour le recenseur, le centre cultuel hittite de Zippalanda se serait trouvé à Kusakli et non pas à Alaca Höyük comme M. Popko l’a proposé. De plus, l’a. situe à Alaca Höyük la ville hittite de Arinna, et à Alisar Höyük, la ville de Ankuwa.

– O. GURNEY, “Hittite Geography: thirty years on », in: Fs Alp, p. 213-221: mise à jour des récentes publications sur la géographie hittite.

– IDEM, “The Hittite Names of Kerkenes Dağ and Kuşaklı Höyük », AnSt 45, 1995, p. 69-71: l’a. propose d’identifier le Kerkenes Dağ avec la montagne appelée Puškurunuwa par les sources Hittites, et de voir dans le site de Kuşaklı Höyük l’ancienne Haitta.

H

– J. D. HAWKINS, « Hittites and Assyrians at Melid (Malatya) », RAI 34, 1998, p. 63-78 : étude du rôle de ville frontalière de Malatya dans l’histoire de l’Anatolie.

– IDEM, « The Land of Išuwa:the hieroglyphic Evidence », in: Third Congress of Hittitology, p. 281-296: l’a. étudie l’histoire du pays d’Išuwa qui fut alternativement ennemi et allié du pays de Hatti. Il propose de voir dans un logogramme hiéroglyphique (PROFILE + CERCLE) le nom d’Išuwa et réinterprète une série de documents portant ce logogramme.

– S. HEINHOLD-KRAHMER, « Ist die Identität von Ilios mit Wiluša endgültig erwiesen ? », SMEA 46, 2004, p. 29-57 : l’a. refait le point sur la question de l’identification de Wiluša avec l’Ilios homérique. A travers son réexamen des quelques attestations de ce toponyme dans la documentation hittite, elle met l’accent sur le fait que seuls les points suivants sont bien établis : 1) la Wiluša des textes hittites appartient à la confédération de l’Arzawa qui est, elle, mieux connue ; 2) d’après la « lettre de Tawagalawa », cette ville est peut-être liée aux relations diplomatiques existant entre l’empire hittite et Ahhiyawa ; 3) la relation entre Wiluša (éventuelle Ilion) et Taruiša (éventuelle Troie) n’est pas claire. Reprenant par la suite l’argumentation de F. Starke et de H. Korfmann qui affirment tous deux l’équivalence Wiluša – Ilios – Hisarlık, l’a. en déduit qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de preuve irréfutable en faveur d’une telle équivalence.

L

– R. LEBRUN, “Réflexions sur le Lukka et ses environs au 13ème s. av. J.-C. », in: Fs Lipinski, p. 139-152: point sur les attestations du pays Lukka, dans le sud-ouest anatolien, dans la documentation hittite, amarnienne, ougaritaine et louvite.

– IDEM, « Kummanni et Tarse, deux centres ciliciens majeurs », in: Cilicie, p. 87-94 : à propos de l’importance de la ville de Kummanni = Kizzuwatna par rapport à celle de Tarse d’après les textes religieux. Le NG Kummanni est d’étymologie hourrite (kumma/i- “sacré/saint » + -ni déterminatif sg). Dès le règne de Suppiluliuma I, le grand prêtre de Kizzuwatna est toujours un prince royal. Le rôle de Tarse est moins manifeste dans les textes religieux hittites, mais la présence de nombreux sceaux hiéroglyphiques de hauts personnages politiques ou religieux sur le site donne un aperçu de l’importance que pouvait revêtir cette ville au IIe millénaire av. J.-C.

– IDEM, “Propos relatifs à Oinoanda, Pinara, Wanthos et Arnéai”, Hethitica 15, 2002, p. 163-172 : l’a. revient sur les occurrences du toponyme de Wiyanawanda (antique Oinoanda) qui serait porté par trois villes anatoliennes distinctes, selon M. Forlanini (Acts of the IIIrd International Congress of Hittitology (Corum 1996), 1998, p. 220). Il fait également allusion à d’autres cités situées dans la Lycie antique (le Lukka hittite) dont on retrouverait déjà le nom dans les inscriptions de l’époque hittite. Il conteste de cette façon l’idée préconçue de l’existence d’une Lycie non urbanisée au deuxième millénaire avant J. –C.

– A. LEMAIRE, “Ougarit, Oura et la Cilicie vers la fin du XIIIe s. av. J.-C. », UF 25, 1993, p. 227-236: sur le rôle économique de premier plan d’Ura et ses relations avec Ugarit. La rude concurrence imposée par les marchands uréens à ceux d’Ugarit explique la réglementation de leurs activités par le roi hittite et les incidents rapportés par les tablettes. L’a. maintient sa localisation d’Ura près de Silifke (contre R. Beal qui propose Aydincık), ce qui explique son envergure commerciale: Ura sert de port d’importation pour l’empire hittite et de port de commerce pour le Tarhuntašša, situé au sud-ouest du Hatti. Le contrôle de cette ville par les “peuples de la Mer » fut décisif dans la chute des royaumes hittite et ougaritain.

M

– M. G. MARINO, « From the Lukka Lands to Išuwa: a Comparative Analysis of Analogous Problems », in: 7th ICH, 2010, p. 489-502: l’a. revient sur le problème de la localisation du pays lukka en Anatolie occidentale. Il pense que plusieurs indices topographiques pointent en faveur de la vallée du Xanthos.

– M. MAZOYER, “A propos des sanctuaires de Telipinu”, Hethitica 15, 2002, p. 183-194 : l’a. fait l’inventaire des villes ayant abrité un sanctuaire pour le dieu Telepinu. Il qualifie ces cités de “ville sanctuaires” qui auraient, selon lui, la double fonction de proclamer la prédominance hittite sur le territoire qu’elles occupent et de protéger l’empire par leur fonction religieuse découlant de la présence de Telepinu.

– J. MELLAART, “The Present State of ‘Hittite Geography' », in: Fs N. Özgüç, p. 415-422: point sur les connaissances actuelles de la géographie hittite, à partir notamment du traité de Kurunta du Tarhuntassa et d’une inscription luwite de Hattuša. Les conclusions de l’a. sont résumées sur deux cartes.

– J. MILLER, « The Location of Nihriya and its Disassociation from Na’iri », in: Fs Roaf, p. 349-372: l’a. propose de situer Nihriya sur le Balih, et non sur le Tigre. Il réfute en outre l’équivalence Nihriya = Na’iri défendue par plusieurs a. Ces deux propositions ont déjà été formulées et acceptées auparavant, mais, paradoxalement, elles ne sont pas prises en compte sur les cartes géographiques du Proche-Orient ancien. [A. Mouton]

– G. DEL MONTE, Die Orts- und Gewässernamen der hethitischen Texte Supplement, RGTC 6/2, 1992, xii + 218 p.: supplément au vol. 6 du même auteur (1978).

– A. MOUTON, « Sulusaray/Sebastopolis du Pont (province de Tokat) : la Karahna des textes hittites ? », Anatolia Antiqua 19, 2011, p. 101-111: l’a. met en perspective la localisation du site archéologique de Sulusaray sur lequel un niveau d’occupation hittite avait été mis au jour avec les données textuelles concernant la ville de Karahna. Les textes cunéiformes hittites décrivent une grande partie du panthéon de cette ville hattie, ainsi que la présence de deux temples dédiés aux deux principales divinités poliades. L’a. suggère l’existence d’une continuité dans le culte de ces deux divinités au-delà de l’époque hittite. Elle examine en outre la position de Karahna sur les grandes voies de circulation du pays, de l’époque des comptoirs assyriens jusqu’à l’époque romaine. [A. Mouton]

– L. MURAT, « Hitit dünyasında Gašgaların yeri [La place des Gašgas dans le monde hittite] », in: Third Congress of Hittitology, p. 435-443: sur l’importance des Gašgas dans l’histoire hittite, en particulier dans le développement de villes-frontières et de zones-tampons hittites pour prévenir leurs attaques.

N

– M. NOVAK, « Kizzuwatna – Hiyawa – Quwe. Ein Abriss der Kulturgeschichte des Ebenen Kilikien », in: Fs Meyer, 2010, p. 397-425: l’a. fait un bilan de ce que l’on sait sur la plaine de Cilicie du Néolithique à l’Âge du Fer. Il met, entre autres choses, l’accent sur la prédominance de la culture louvite dans cette région, ce dès le Bronze Moyen. C’est ce qu’illustre l’histoire de Sinouhé, dans laquelle un souverain louvite est décrit comme dirigeant la région. Ce n’est qu’à partir du Bronze récent que la présence sur place de Hourrites se fait sentir. L’a. insiste également sur le statut de zone de contact de la Cilicie entre la Syrie du Nord, Chypre et l’Anatolie. Enfin, il s’interroge sur la localisation des deux villes principales de la Cilicie de l’époque hittite (appelée alors Kizzuwatna), à savoir Kummanni et Lawazantiya. Il considère les sites de Boz Höyük et de Bodrum Kalesi comme ceux abritant le plus vraisemblablement Kummanni. Quant à Lawazantiya, il propose de le situer sur le site de Sirkeli Höyük. [A. Mouton]

P

– A. PARKER, « Northeastern Anatolia : on the Periphery of Empires », AnSt 49, 1999, p. 133-141.

– M. POETTO, « Traces of Geography in hieroglyphic Luwian Documents of the late Empire and the early post-empire Period », in: Third Congres of Hittitology, p. 469-479: le signe hiéroglyphique MASA désignerait le nom d’une population d’Anatolie de l’Ouest sous le contrôle de l’Empire hittite.

– A. POLIT, « Die Stadt Katapa im Lichte hethitischer Keilschrifttexte », Hethitica XIV, 1999, p. 81-96 : étude des attestations du toponyme dans les textes hittites disponibles et tentative de localisation de cette ville, ayant tenu un rôle sans doute non négligeable dans le culte officiel hittite.

– M. POPKO, “Zur Geographie des nördlichen Zentralanatoliens in der hethiterzeit », in: Fs Houwink ten Cate, p. 253-259: sur l’identification de Zippalanda avec Alacahöyük, la localisation d’Ankuwa et de Katapa, et celle des toponymes figurant dans KBo XVI 78.

S

-D. SCHÜRR, « Zur Vorgeschichte Lykiens: Städtenamen in hethitischen Quellen », Klio 92, 2010, p. 7-33: l’a. dénombre 8 toponymes mentionnés dans les inscriptions cunéiformes hittites ou louvites hiéroglyphiques et qui correspondent vraisemblablement à des cités de Lycie: Tlawa (= Tlos), Pinali, Awarna, Patara, Hinduwa, Kwalabassi, Kwalandarna et Kwakwalwanda. L’a. insiste sur le fait que les témoignages hittites ne permettent pas de connecter ces toponymes avec le pays Lukka, qui est censé correspondre à la Lycie de l’époque hittite.  Pour lui, cette absence de correspondance indique que l’équivalence Lukka = Lycie doit être remise en question. Je pense pour ma part que l’argument a silentio est particulièrement dangereux dans ce cas, car les sources hittites sont de manière générale avares d’informations sur cette partie de l’Anatolie occidentale. L’absence de correspondance dans les sources hittites n’est pas, à mon sens, un argument suffisant pour réfuter l’équivalence traditionnelle Lukka = Lycie, de même que le manque de vestiges archéologiques. [A. Mouton]

– I. SINGER, « The ‘Land of Amurru’ and the ‘Lands of Amurru’ in the Sausgamuwa Treaty », Iraq 53, 1991, p. 69-74: le mot « Amurru » au 2e millénaire désigne d’abord toute la Syrie, puis se limite aux régions du centre et du sud syriens, pour s’élargir à nouveau à partir de l’Age du Fer. Au milieu du 2e millénaire, les deux acceptions large et étroite coexistent, comme variantes d’une même réalité géographique. Le traité hittite entre Tudhaliya IV et Sausgamuwa d’Amurru confirme cette ambiguïté: « les pays d’Amurru » sont les régions syriennes à l’ouest de l’Euphrate qui appartiennent au roi hourrite, tandis que « le pays d’Amurru » désigne au sens restreint le pays d’Aziru.

– IDEM, “The Topomyms Tiwa and Tawa », in: Fs Houwink ten Cate, p. 271-274: l’a. considère que les deux toponymes désignent une même ville, peut-être un établissement royal destiné à des occasions festives.

– IDEM, « The Cold Lake and its Great Rock », in: Fs Giorgadze, 2002, p. 128-132: l’a. revient sur un passage du Chant d’Ullikummi qui mentionne l’expression ikunta luli- « lac ikunta » (« froid » ou « pur » selon l’étymologie attribuée à cet adjectif). A cause des mentions du Mont Kanzura en relation avec les accouchements difficiles de Kumarbi, l’a. suggère de voir derrière l’expression ikunta luli- une désignation du lac de Van. [A. Mouton]

– Ö. SIR GAVAZ, « Involving the Whereabouts of the Tahurpa City », KASKAL 9, 2012, p. 31-43: l’a. propose d’identifier la hittite Tahurpa à la moderne Eskiyapar, ville dans laquelle une tablette cunéiforme a été mise au jour. [A. Mouton]

– A. SÜEL, « Hitit devleti’nin bir diger baskenti: Sapinuva », Fs Darga, 2008, p. 457-474: l’a. revient sur l’importance du site d’Ortaköy (hittite Sapinuwa) dans le système politique du royaume hittite. Pour elle, Sapinuwa a eu le rôle d’une capitale hittite à l’époque moyen-hittite. Selon l’a., Ortaköy a livré environ 4000 tablettes hittites jusqu’à présent. Cela constitue la 2e plus grande archive hittite après Bogazköy. Le plus grand ensemble de textes provenant d’Ortaköy semble être celui des lettres. Beaucoup de ces lettres sont destinées au Grand Roi hittite en personne et font allusion à des villes provinciales dont certaines n’étaient pas encore attestées par les textes de Hattusa. Au moins une de ces lettres fait allusion au fait que le Grand Roi hittite réside à Sapinuwa même. Par ailleurs, plusieurs objets archéologiques qui ont été mis au jour dans le site d’Ortaköy porte l’inscription cunéiforme « LUGAL.GAL », ce qui également un indice précieux en faveur de la présence physique du Grand Roi hittite dans cette ville. Plusieurs textes ainsi que des empreintes de sceaux hiéroglyphiques font plus précisément allusion au roi Tudhaliya III et à son épouse Taduhepa.

W

– G. WILHELM, article Nesa, RlA 9 3/4, 1999, p. 232-235: synthèse des données concernant la ville de Nesa/Kaneš, siège de la dynastie de Pithana et Anitta.

Y

– M. YAMADA, “The Northern Border of the Land of Aštata », ASJ 16, 1994, p. 261-268: la liste des villes cédées par Šuppiluliuma à son fils Piyaššili, roi de Karkémiš après sa victoire sur le Mitanni, et énumérée dans le traité de Šattiwaza (KBo I 1), montre que la frontière entre Karkémiš et Aštata est restée la même du XIVe au XIe s. La plupart des villes situées sur cette ligne sont à cheval sur l’Euphrate. Quoiqu’appartenant au pays d’Aštata, elles ne relevaient pas forcément de la juridiction d’Emar elle-même.

Economie, droit, société

A

– S. ALP, “Die Mehrheit der einheimischen Bevölkerung in der Kârum-Zeit in Kaneš/Neša », SMEA 39/1, 1997, p. 35-48: sur l’identité de Kaneš/Neša, qui permet de conclure qu’à l’époque des colonies commerciales assyriennes, la majorité de la population de cette ville était hittite.

–  M. DOĞAN-ALPARSLAN et M. ALPARSLAN, « Die Bedeutung von Zinn im Licht der hethitischen Texte », TÜBA-AR 12, 2009, p. 183-188: les a. étudient les mentions de l’étain dans les textes hittites. Outre sa valeur économique, ils examinent ses utilisations rituelles. [A. Mouton]

– EIDEM, « Wohnsitze und Hauptstädte der hethitischen Könige », IstMitt 61, 2011, p. 85-103: sur le transfert de la capitale hittite de Hattusa à Tarhuntassa pendant le règne de Muwatalli II. Pour ce faire, les a. redéfinissent les concepts d' »habitation », « résidence » et « capitale ». Par exemple, une capitale ne comprend pas seulement une résidence du souverain, mais aussi celle des dieux (temples), des ancêtres royaux et des Grands du royaume. La capitale comprend en outre des magasins et entrepôts pour stocker les biens et denrées reçus des états vassaux. Les a. se penchent ensuite sur les principales raisons du transfert d’une capitale. Ils en citent 5: 1. Raisons liées à l’environnement, 2. raisons liées à la géopolitique, 3. Raisons liées à la politique interne, 4. Raisons religieuses, 5. retour à un centre plus ancien. Les a. reviennent brièvement sur le statut de la ville de Sapinuwa (capitale ou résidence royale), ainsi que sur celui de Samuha. Pour les a., les données publiées relatives à Sapinuwa ne sont pas suffisantes pour affirmer le statut de capitale de cette ville. Par la suite, les a. reviennent sur le problème de la localisation précise de Tarhuntassa. Ils proposent Kızıldağ comme meilleur candidat. Concernant les raisons qui poussèrent Muwatalli II à transférer sa capitale à Tarhuntassa, les a. pensent que le caractère fort de son frère Hattusili III a pu constitué une motivation pour s’éloigner du siège traditionnel du pouvoir royal, en plus d’une raison religieuse. [A. Mouton]

– A. ALTMAN, “On the Legal Meaning of some of the Assertions in the ‘Historical Prologue’ of the Kizzuwatna Treaty (KBo I, 5) », in: Fs Artzi, p. 177-206: relecture du prologue du traité passé entre le roi hittite et Šunaššura, roi du Kizzuwatna, qui entre dans la vassalité du Hatti. Le souverain hittite en profite pour dénoncer l’alliance qui le liait aux Hourrites, au nom de diverses fautes qu’il leur reproche. En annulant par avance ce lien diplomatique antérieur, le roi se protège contre Šunaššura qui ne pourra plus invoquer un conflit d’obligations.

– IDEM, “Rethinking the Hittite System of Subordinate Countries from the Legal Point of View”, JAOS 123/4, 2003, p. 741-756 : l’a. tente de déterminer le statut exact de chacun des pays vassaux de l’empire hittite. Il établit les distinctions suivantes : 1) les pays qui se sont soumis de plein gré à l’autorité hittite ou qui ont au contraire été conquis par la force ; 2) les pays qui étaient auparavant indépendants ou ceux qui étaient les vassaux d’une autre puissance ; 3) les pays qui se sont rebellés contre le Hatti ou ceux qui lui sont restés fidèles ; 4) les pays qui sont considérés comme appartenant au grand roi hittite (et parfois dirigés par des membres de la famille royale) ou ceux qui ont été attribués à des potentats locaux subordonnés au pouvoir central hittite. Chacun de ces statuts doit impliquer, selon l’a., un traitement légal différent.

– IDEM, The Historical Prologue of the Hittite Vassal Treaties. An Inquiry into the Concepts of Hittite Interstate Law, Bar-Ilan Studies in Near Eastern Languages and Culture, 2004 : l’a. reprend la plupart des idées exposés dans son article de JAOS en les développant.

– J. A. ÁLVAREZ PEDROSA, “La conmutación de la pena de muerte entre los hititas

¿ Ideología o conveniancia ?” in: Fs Cunchillos, 2003, p. 119-134 : l’a. revient sur ladite clémence des souverains hittites, en particulier lorsqu’il s’agit de la peine de mort. Pour lui, la peine de mort s’impose surtout quand la « sécurité rituelle » du roi (son état de pureté rituelle) a été gravement ébranlée. Quoi qu’il en soit, les Hittites préfèrent de loin transformer la peine de mort en une forte amende dès que les circonstances le permettent.

– A. ARCHI, « Transmission of Recitative Literature by the Hittites », AoF 34, 2007, p. 185-203: sur le processus de transmission des compositions littéraires mésopotamiennes en Anatolie hittite. L’a. rappelle que la présence de scribes babyloniens à la Cour de Hattusa est avérée. Ces scribes de langue maternelle babylonienne devaient se charger de rédiger la plupart des textes en langue akkadienne qui ont été mis au jour dans la capitale hittite. L’a. étudie également les compositions littéraires d’origine mésopotamienne traduites en hittite. Les fragments hittites de l’épopée de Gilgames présente des caractéristiques que l’on retrouve surtout dans les fragments hourrites de cette oeuvre. L’a. en déduit, à l’instar de J. Klinger, que l’épopée de Gilgames hittite est une traduction d’une version hourrite de l’oeuvre mésopotamienne. L’a. se penche plus particulière sur le phénomène de transmission orale de certaines compositions littéraires étrangères aux Hittites. Pour lui, les Hourrites se seraient chargés de déclamer par coeur ces compositions aux scribes de Hattusa qui auraient écrit sous leur dictée. L’a. prend l’exemple de la bilingue hourro-hittite de Hattusa qui présente des archaïsmes en hourrite. Cette composition serait par conséquent issue d’une tradition orale comparable à celle des hymnes homériques. Les scribes de Hattusa qui ont compilé par écrit cette composition semblent avoir été de langue maternelle hourrite, étant donné les quelques fautes grammaticales présentes dans la version hittite. La version hourrite présente, selon l’a., toutes les caractéristiques du poème déclamé : scansion, assonances, rimes. Ainsi, l’a. démontre de manière tout à fait convaincante que ce que les textes nomment « chants » étaient des épopées chantées par des bardes hourrites, épopées d’origine hourrite ou inspirées de compositions littéraires mésopotamiennes. Ces épopées ont été retranscrites par écrit en Anatolie hittite à partir des environs du début du XIVe siècle mais continuèrent à être déclamées oralement, et donc à évoluer, ce qui explique l’existence de différentes versions pour un même récit (ex: Ullikummi).

– IDEM, « When did the Hittites begin to Write in Hittite? », in Fs Singer, 2010, p. 37-46: l’a. revient sur les réflexions de M. Popko (Fs Košak, 2007) concernant ce que l’on a pris coutume d’appeler le ductus OS (Old Script) hittite. M. Popko insiste sur le fait que le texte de référence pour ce ductus, le texte de Zukraši, doit en réalité être daté plus tard que généralement admis. Il pense en outre que les premiers textes rédigés en langue hittite ne sont pas antérieurs au règne de Telepinu. Tous les textes dits OS qui précèdent cette époque sont en akkadien. T. van den Hout (Studia Asiana 5, 2009) abonde dans ce sens en indiquant que le texte du siège d’Uršu représente selon lui l’un des premiers textes en langue hittite. Pour ces deux auteurs, la chancellerie hittite aurait en premier lieu utilisé exclusivement l’akkadien et l’utilisation de la langue hittite n’aurait commencé qu’au cours du XVe siècle. A. Archi accepte les arguments de ces deux auteurs et précise que toutes les compositions vieil-hittites ayant un contenu narratif historique étaient probablement rédigées en akkadien puis seulement dans un second temps traduites en hittite. Par ailleurs, il lui apparaît que le texte de Zukraši doit probablement dater du règne de Telepinu, c’est-à-dire après 1550. Il se pourrait que Telepinu soit à l’origine du passage systématique de la chancellerie hittite de l’akkadien à la langue vernaculaire. Ce passage découlerait de la systématisation de l’usage de l’écriture cunéiforme par cette chancellerie. L’a. relève toutefois quelques exceptions, tels que les textes de Lois hittites qu’il date du règne de Muršili I. Quant à la datation des Landschenkungsurkunden, A. Archi  considère qu’elle est délicate car ces textes sont trop stéréotypés pour être considérés comme des témoins fiables en matière de chronologie. A. Archi revient ensuite sur le texte du siège d’Uršu qu’il attribue à un scribe de langue hittite formé dans une école scribale syrienne. Pour lui, la chancellerie fonctionnait, avant le règne de Telepinu, sur deux bases : 1) une tradition orale, comme dans le cas des grandes compositions religieuses hatto-hittites qui devaient être transmises oralement et seulement retranscrites par écrit à partir du règne de Telepinu; 2) une tradition écrite en akkadien qui n’empêchait pas que les documents étaient oralement traduits en hittite lors de leur lecture à la Cour. [A. Mouton]

– Y. ARIKAN-SOYSAL, « Hitit Belgelerinde Körler » [Les Aveugles dans le Monde Hittite], Ar.An. 4, 2000, p. 207-224 : étude de la place des aveugles dans la société hittite notamment d’après les textes de lois, ou l’aveuglement peut être infligé comme peine. Le sumérogramme IGI.NU.GÁL désignant l’aveugle dans les textes de Hattuša n’est utilisé que chez les Hittites.

B

– M.-E. BALZA et Cl. MORA, « And I built this everlasting peak for him’. The two scribal traditions of the Hittites and the NA4 hekur SAG.UŠ », AoF 38, 2011, p. 213-225: les a. font un lien entre le développement des inscriptions hiéroglyphiques rupestres et l’absence de « légitimité politique » des derniers souverains de l’Empire. Pour elles, ces inscriptions monumentales tiennent lieu de légitimation religieuse. Leur contenu se substituerait à celui des textes cunéiformes d’annales des règnes précédents. Les a. pensent que les inscriptions hiéroglyphiques seraient destinées à un public plus large grâce à leurs signes souvent reconnaissables et pouvant rendre des langues diverses. Deux textes cunéiformes semblent, selon les auteurs, associer l’écriture hiéroglyphique au sanctuaire hekur. Ce dernier se caractériserait comme un monument funéraire imitant un pic rocheux. Pour cette raison, les a. proposent de voir dans les monuments de Fraktin et de Sirkeli des hekur. Ces deux monuments sont en outre accompagnés de cupules qui pourraient relever du culte de commémoration de Muwatalli II (Sirkeli) et Hattusili III (Fraktin). [A. Mouton]

– R. BEAL, The Organisation of the Hititte Military, Texte der Hethiter 20, Heidelberg, 1992 xiv + 594 p., index: étude terminologique et historique de l’armée hittite: modes de recrutement, entretien des soldats, structure et composition de l’armée, commandement.

– G. BECKMAN, “Herding and Herdsmen in Hittite Culture », in: Fs Otten, p. 33-44: l’économie pastorale est une composante essentielle de la société hittite, comme le montrent les rituels et les festivals, ainsi que LH 57-59, 63-70, 176, 178-181 et 185-186.

– IDEM, article “Medizin. B. Bei den Hethitern », RlA 7, fasc. 7/8, 1990, p. 629-631.

– IDEM, « The City and the Country in Hatti », RAI 41, p. 161-170 : analyse de la place de la ville dans la structure politique hittite à l’aide de la définition du terme gimra- “champs/lieu/zone » qui s’oppose au concept de ville.

– T. BILGIN, « Hierarchy at the Hittite Court », RAI 60, 2017, p. 129-142: l’a. étudie les listes de témoins humains qui apparaissent sur les actes de donation de terres (LSU) et certains traités diplomatiques. A ses yeux, les noms de personnes ne sont pas ordonnés selon la fonction de celles-ci, mais plutôt selon leur lien de parenté avec le roi. Il pense, en effet, qu’apparaissent en premier les proches parents du souverain, puis seulement les hauts fonctionnaires n’appartenant pas à la famille royale, en conformité avec l’ordre protocolaire qui devait être suivi à la Cour de Hattusa. [A. Mouton]

– J. BÖRKER-KLÄHN, “Der hethithische Aeropag: Yerkapı, die Bronzetafel und der ‘Staatsstreich' », AOF 21/1, 1994, p. 131-160: à propos du rôle juridictionnel et politique de la porte monumentale de Yerkapi, située sur les fortifications de l’ancien quartier administratif et religieux de Hattuša. Cette institution aurait eu à connaître d’une affaire de coup d’Etat, sous le règne de Šuppiluliuma II, Kurunta (II) du Tarhuntašša et Kuzi-Teššub de Karkemiš revendiquant le titre de “grand roi ».

– T. BOZKURT, « Hititler örneğinde levirat olgusuna sosyal antropolojik yaklaşım », in: 7th ICH, 2010, p. 131-138: l’a. revient sur la pratique hittite du lévirat, c’est-à-dire celle qui consiste, pour une veuve, à épouser le frère de son mari défunt afin de perpétuer sa lignée. C’est la loi § 193 du Code hittite qui atteste de cette coutume. [A. Mouton]

– E. J. BUIS, « Droit et religion en Asie Mineure: autour de la reconsacration comme sanction juridique chez les Hittites », RANT 4, 2007, p. 171-188 : sur l’utilisation de l’expression appa suppiyahh- « reconsacrer » dans les textes hittites. D’après l’a. la reconsécration d’un temple implique, d’un point de vue juridique, le renforcement de l’ordre religieux qui a subi les préjudices de l’activité impie/illégale à l’origine de la profanation.

C

– O. CARRUBA, “Zur Datierung der ältesten Schenkungsurkunden und der anonymen Tabarna-Siegel », IstMitt 43, 1993, p. 71-85: les 4 sceaux royaux les plus anciens appartiennent à Labarna I et à Labarna II/Hattusili (?), qui est aussi l’auteur de nombreuses dotations foncières. Il n’existe donc pas de sceaux anonymes à haute époque. Par ailleurs, la politique de concession de terres est bien attestée dès les premiers temps de la royauté hittite.

– C. CASANOVA, « Reflexões sobre os suportes obstétricos hititas kuppiššar, haššalli- e harnau- « , in: Fs Nunes Carreira, 2004, p. 105-119 : l’a. s’interroge sur les diverses postures de la parturiente attestées dans les rituels de naissance hittites. Pour ce faire, il étudie la nature et la fonction précise des sièges et autres éléments sur lesquels la femme s’assied ou s’accroupit.

– Y. COHEN, « The Image of the ‘Other’ and Hittite Historiography », RAI 45, p. 113-129: étude du concept d’altérité dans les textes hittites notamment dans l’expression natta âra “non convenable, non permis », qui détermine ce qui n’est pas acceptable dans la société hittite, et rappelle le terme âra du latin fas désignant la loi divine.

– IDEM, Taboos and Prohibitions in Hittite Society. A Study of the Hittite Expression natta āra (‘not permitted’), THeth 24, 2002: en étudiant les emplois de l’expression natta āra dans les textes de Bogazköy, l’a. tente de définir les règles morales hittites sous-jacentes.

– P. CORNIL, “Guerre et armée hittites », RIDA 41, 1994, p. 99-109: la guerre relève de la “justice » (hanessar) divine. Les soldats prêtent serment au roi par divers rituels analogiques utilisant notamment la levure (le parjure est saisi par le châtiment divin comme le pain par la levure), la cire ou la graisse de mouton (le feu de la colère divine fera fondre le parjure comme la cire ou la graisse animale), des abats d’animaux (étouffement dans le feu), du sel (éclatement dans le feu), du malt (broie celui qui l’avale et le stérilise), des attributs féminins (le parjure est changé en femme), des figurines (ventre gonflé d’eau, à rapprocher peut-être de l’ordalie des eaux amères du livre des Nombres), des outils de labour (le champ du parjure ne produira plus), l’eau éteignant le feu (le parjure et ses proches s’éteignent). La prestation s’accompagne d’une approbation du soldat (“ainsi soit-il »).

D

– S. DE MARTINO, article “Musik A. III. Bei den Hethitern » , RlA 8, 1997, p. 483-488: La musique est bien documentée dans les textes hittites mais en raison du caractère officiel des tablettes de Boğaköy, les informations restent limitées. La musique joue, toutefois, un rôle important lors des cérémonies religieuses. Les individus qui apparaissent avec des instruments de musique se répartissent en deux groupes. Le premier comprend en autres le lúNAR, la munusSÌR, le lúhallijari-, le lúišhamatalla. Le second groupe se compose de membres du palais ou du temple. Il arrive qu’ils jouent occasionnellement de la musique bien qu’il ne s’agisse pas de spécialistes. En hittite le verbe hazziya- et ses dérivés hazzik(k)- et hazzišk- sont employés pour signifier ‘jouer de la musique’ et s’appliquent indifféremment aux instruments à cordes et aux percussions. L’a. recense et commente les divers noms d’instruments de musique mentionnés par les sources hittites.

– IDEM, « Il banchetto nell’Anatolia ittita », in: L. Milano (éd.), Mangiare divinamente, Eothen 20, 2012, p. 133-151: l’a. n’a trouvé qu’une seule référence à un banquet « profane » : un passage des Chroniques du palais de l’époque vieil-hittite. A. Gilan (2007) a d’ailleurs proposé que ces anecdotes étaient racontées lors d’un banquet de ce type. Etant la seule mention en contexte non religieux, il n’est pas possible de savoir si la récitation d’anecdotes à la fois humoristiques et pédagogiques était une pratique courante lors des banquets palatiaux. Quant aux données archéologiques, les fouilles récentes de Hattusa ont mis en évidence un bâtiment interprété par A. Schachner comme étant une résidence d’un très haut dignitaire, peut-être le chef des gardes du corps du Grand Roi. La vaisselle de luxe qui a été trouvée dans ce bâtiment pourrait, selon l’a., refléter la pratique de banquets « profanes », contrairement à ce qu’avait proposé Schachner qui y voyait de la vaisselle cultuelle. Cette vaisselle n’est que pour manger et boire, mais pas pour cuire ou préparer les aliments. Cela implique-t-il que la nourriture était préparée ailleurs puis transportée prête dans ce bâtiment prestigieux ? Plus loin, l’a. fait allusion à des coquilles d’huîtres qui ont été trouvées en fouille dans la ville haute, ce qui constitue une nourriture de luxe vu la distance séparant Hattusa des mers les plus proches. L’a. fait ensuite le point sur les données relatives aux banquets rituels, banquets systématiquement présents dans chaque fête cultuelle. Ces banquets réunissent la « grande assemblée » composée, entre autres, des « vieux » (les anciens des villages sans doute) et d’UBARU (vraisemblablement des hauts dignitaires étrangers de passage à la Cour hittite). L’a. distingue à raison les banquets qui ont lieu lors des funérailles royales, leur fonction commémorative étant vraisemblable. Les banquets festifs en contexte cultuel sont très régulièrement accompagnés de musique. [A. Mouton]

– S. DE MARTINO et F. IMPARATI, « Sifting through the Edicts and Proclamations of the Hittite Kings », in: Third Congress of Hittitology, p. 391-400: considérations concernant la rebellion de Huzziya contre son père Hattušili I relatée dans le “testament » de ce roi (CTH 6). Les aa. proposent également une identification de la Tawananna mentionnée dans KBo III 27 et une étude linguistique de l’édit de Tuthaliya I/II (CTH 258).

– J. de VOS, « Amour, musique et poésie au gré des relations égypto-hittites. Réflexions autour d’une statuette de harpiste ‘hittite’ de Médinet el-Gourob/Miour », in: Identité et altérité, 2010, pp. 105-126: l’a. s’interroge sur la présence de Hittites en Égypte. À la lumière d’une figurine de musicien qui serait « hittite », l’a. suggère de voir dans son lieu de trouvaille la résidence des épouses « asiatiques » du Pharaon et, plus particulièrement, de la princesse royale hittite décrite dans la stèle étudiée par Christian Cannuyer. Il examine également certains éléments culturels qu’il considère comme hittites au sein de la documentation égyptienne, dont une « Šawouška de Ninive » mentionnée dans une lettre amarnienne (p. 107). Or, il semble bien que l’a. ait été ici victime d’une confusion entre l’Ištar de Ninive, divinité mésopotamienne intégrée à l’époque impériale au panthéon officiel hittite, vraisemblablement par l’intermédiaire du Kizzuwatna (voir G. Beckman, « Ištar of Niniveh Reconsidered », Journal of Cuneiform Studies 50, 1998, 1-10), et la déesse hourrite Šaušga, qui est un avatar hourritisé de l’Ištar mésopotamienne (voir, notamment, I. Wegner, Gestalt und Kult der Ištar-Šawuška in Kleinasien, Hurritologische Studien III, Alter Orient und Altes Testament 36, Neukirchen-Vluyn). Par ailleurs, cette dernière n’est pas « vénérée sous le nom d’Astarté au sein du panthéon hourrite », Astarté étant une déesse ouest-sémitique n’ayant jamais été intégrée telle quelle aux panthéons hourrites et anatoliens. [A. Mouton]

– V. DONBAZ, “Some Observations on the Treaty Documents of Qadesh », IstMitt 43, 1993, p. 27-37: translitt. et observations sur le traité intervenu entre Hattušili III et Ramsès II, à partir des fragments conservés à Istanbul et à Berlin.

E

– D. F. EASTON, « The Wooden Horse: Some Possible Bronze Age Origins », in: Fs Hawkins, 2010, p. 50-63: l’a. pense que le célèbre cheval de Troie de l’Iliade pourrait être une inspiration proche-orientale : il s’agirait d’une adaptation littéraire d’une machine de guerre constituant en la combinaison d’un bélier avec une tour de siège, combinaison déjà attestée à Mari à l’époque paléo-babylonienne et que l’on retrouve dans certains textes historiques hittites. Par ailleurs, il pense que le motif du cheval monumental offert en ex-voto pourrait se rapprocher de l’objet monumental en forme de taureau et muni de roues qui est représenté sur un relief d’Alaca Höyük. [A. Mouton]

– S. ERKUT, « Hititçe çivi yazılı Boğazköy belgelerinde geçen Sumerce SIMUG.A = metal işleyicileri hakkında », Tarih araştırmaları 21, 2003, pp. 69-77: l’a. confirme le fait que le sumérogramme SIMUG(.A) a un sens générique de « métallurgiste » dans les textes cunéiformes hittites. Il examine en outre les contextes textuels dans lesquels cet artisan intervient. [A. Mouton]

F

– E. FLOREANO, « The Role of Silver in the Domestic Economic System of the Hittite Empire », AOF 28/2, 2001, p. 209-235: l’argent, principal métal utilisé dans la vie économique, servait de moyen de paiement dans les transactions supérieures en valeur à 1/2 sicle; en dessous, on utilisait l’orge. La présence constante dans les listes de tarifications de la valeur d’1 sicle d’argent laisse supposer un système persistant de troc régulé. L’Etat tentait de contrôler la circulation de l’argent, notamment par la vérification des poids, la diffusion du métal sur l’ensemble du territoire et la limitation de la thésaurisation.

– J. FREU, « Les hittites: un peuple à deux écritures », dans R. Viers éd., Langues et écritures de la Méditerranée. Actes du Forum des 9, 10 et 11 mars2001, Maison du Séminaire, Nice, Éd. Karthala, Paris et Association Alphabets, Nice, 2007, p. 105-158 : L’a. cherche à présenter de manière accessible la civilisation hittite à travers ses langues et ses écritures. L’article début par une introduction générale sur l’origine des Indo-européens, l’utilisation du cunéiforme et une présentation des différentes langues parlées en Anatolie à cette période (nésite, louvite, palaïte, hourrite, etc.). L’a. s’intéresse ensuite aux trois stades de la langue et de l’écriture hittite puis à l’écriture hiéroglyphique, des origines à l’Âge du Fer, et à ses supports (notamment les sceaux et les inscriptions rupestres). [J. Patrier]

G

– G. GIORGADZE, “Zum Kauf und Verkauf von Grund und Boden in der hethitischen Gesellschaft », AOF 25, 1998, p. 95-103: la vente et l’achat de terres sont des pratiques répandues dans la société hittite. Il n’existe pas de texte documentant une fiction (adoption, adoption en fraternité) destinée à déguiser une aliénation foncière, de même qu’il n’existe pas d’actes de vente foncière hittites. L’a. explique cette lacune par l’inutilité d’un contrat écrit en la matière. Les dotations royales ont contribué à réduire le domaine public mais n’ont pas empêché que la propriété étatique reste, jusqu’à la fin de l’empire, la forme dominante de propriété du sol.

– M. GIORGIERI, « Birra, acqua ed olio: paralleli siriani e neo-assiri ad un giuramento ittita », in: Gs Imparati, p. 299-320: étude de la pratique magique hittite décrite dans KUB 26.25+ consistant à faire boire de l’eau, manger du pain et à oindre d’huile le corps d’une personne qui prononce un serment. Par ces trois actes complémentaires, la personne s’imprègne de l’âme du dieu témoin du serment (cf. l’expression hittite «boire le dieu») et se condamne aux pires souffrances physiques en cas de parjure. Cette pratique serait héritée du monde syrien, les textes de Mari utilisant l’expression « manger un serment».

– M. GIORGIERI et C. MORA, « Luxusgüter als Symbole der Macht: Zur Verwaltung der Luxusgüter im Hethiter-Reich », RAI 54, 2012, p. 647-664: selon les a., les biens qui sont inventoriés dans les textes administratifs hittites ne sont pas destinés à être redistribués ou donnés aux temples mais restent pour la plupart d’entre eux entre les mains des membres de la famille royale et des hauts fonctionnaires du palais royal. Les a. remarquent en outre que les noms de hauts fonctionnaires et princes qui apparaissent sur les textes d’inventaires se retrouvent aussi sur les scellements mis au jour dans le dépôt de Nisantepe. Pour cette raison, ils proposent de voir dans ce dernier un dépôt de biens luxueux conservés dans leurs récipients ou sacs d’origine et accompagnés de tablettes en bois scellées en faisant la liste. [A. Mouton]

– H. GONNET et F. MALBRAN-LABAT, “Un contrat akkadien avec sceau hittite: AO 28366″, Anatolica 16, 1989-1990, p. 1-6: édition complète d’un acte libératoire de prêt contracté sur un bien du Palais et remboursé au temple de Dagan. La tablette, datée de l’époque du Bronze récent, provient d’une ville sous contrôle hittite, située entre Emar et Karkemiš.

– J. M. GONZÁLEZ SALAZAR, “De confiniis hethaeorum. Reflexiones a propósito de la trascendencia de las fronteras y los límites entre los hititas. Su caracterización a través de las fuentes”, in: Fs Cunchillos, 2003, p. 135-168.

– S. GORDIN, « Scriptoria in Late Empire Period Hattusa : The Case of the É GIŠ.KIN.TI », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 158-177: l’a. s’interroge sur les relations qui existaient entre les artisans et les scribes à l’époque impériale hittite. Il montre que certains métallurgistes, notamment, officiaient également en tant que scribes. Par ailleurs, examinant les données prosopographiques relatives aux scribes du XIIIe siècle, S. Gordin montre que ceux-ci étaient actifs autour d’un scriptorium (désigné par le terme É GIŠ.KIN.TI) situé dans le Südareal de Hattuša et dans lequel les tablettes moyen-hittites étaient recopiées (pendant les règnes de Hattušili III et Tudhaliya IV), scriptorium qui devint plus tard une école scribale (pendant les règnes d’Arnuwanda III et Šuppiluliuma II). La célèbre Haus am Hang aurait également tenu lieu de scriptorium, mais à une autre période (règne de Šuppiluliuma II). [A. Mouton]

– IDEM, « A scriptorium of Mahhu(z)zi MAGNUS.SCRIBA in the reign of Tudhaliya IV », in: 7th ICH, 2010, p. 319-340: les lieux hittites de conservation des tablettes avaient très certainement plusieurs fonctions : bureaux administratifs, archives et écoles. Ils sont donc les équivalents des scriptoria de l’époque médiévale. L’a. examine plus précisément le scriptorium dirigé par Mahhuzzi et Halwaziti. L’a. pense que Mahhuzzi pourrait être celui qui est désigne comme « responsable des déclarations/litiges » (lúMUBARRI) dans le traité d’Ulmi-Tesub. Il serait de rang supérieur à Halwaziti et de sang royal. Il aurait vécu durant la seconde moitié du règne de Hattusili III et le début de celui de Tudhaliya IV. Quant à Halwaziti, il s’agirait de celui qui est mentionné sur la Tablette de Bronze. Ces deux personnages auraient co-dirigé pendant un temps un scriptorium pendant le règne de Tudhaliya IV. Ce scriptorium pourrait être la célèbre Haus am Hang, selon l’a. [A. Mouton]

– S. GÖRKE, « Provenienzangaben in hethitischen Ritualeinleitungen – ein jüngeres Phänomen? », AoF 34, 2007, 204-209: l’a. étudie les textes hittites retranscrivant des rituels vieil-hittite. Elle en déduit que les manuscrits vieil-hittite ne spécifiaient jamais la provenance géographique des experts rituels « auteurs » du rituel, mais que cette information a été ajoutée plus tard (à partir de l’époque moyen-hittite). La faiblesse de l’argumentation de l’a. réside dans le fait qu’elle utilise l’argument a silentio, ce qui est toujours délicat. Elle se repose en outre sur l’idée que la culture hittite s’est bigarrée à partir de l’époque moyen-hittite avec l’introduction durable de « provinces » dans le royaume, ce qui expliquerait la nécessité ressentie par les scribes moyen-hittite de préciser la provenance géographique des experts rituels dont les oeuvres sont destinées à figurer dans les bibliothèques de Hattusa. En réalité les textes OS sont encore bien trop minoritaires dans le corpus global de Hattusa pour que l’on puisse établir des généralités de ce type, et de nouvelles découvertes pourraient tout à fait nous réserver des surprises. Pourquoi les scribes vieil-hittite n’auraient-ils pas déjà commencé à collecter les rituels de la périphérie du royaume, même si celle-ci se réduisait alors au Nord et au centre du plateau anatolien (monde hatti et palaïte principalement)? En effet, chaque ville a sa propre tradition rituelle, et spécifier la ville d’origine d’un expert rituel pourrait faire sens dès l’époque vieil-hittite, me semble-t-il.

H

– V. HAAS, “Rituell-magische Aspekte in der althethitischen Strafvollstreckung”, AOAT 318, 2004, p. 213-226 : au sujet des peines déshonorantes et réprimandes attestées chez les Hittites. Ce motif est désigné en Hittite par le terme luri- “déshonneur” : il consiste notamment à suspendre le fautif à la porte de sa maison afin qu’il soit exposé au tout venant, à l’harnacher comme un boeuf, à tuer un ou des proche(s) parent(s) devant ses yeux (lorsque c’est l’honneur de la famille toute entière qui est remise en cause) ou encore à mettre l’individu en marge de la société. L’a. illustre son propos par l’étude de témoignages principalement OH. L’humiliation consistant par exemple à harnacher une personne comme un boeuf pourrait bien avoir une connotation sexuelle, à l’instar des exemples connus en Europe médiévale notamment. D’autres formes d’humiliations conçues comme des punitions sont mentionnées, comme le fait d’affubler le fautif de vêtements féminins par exemple. Dans ce dernier cas, comme dans beaucoup d’autres, la dimension magique de la peine déshonorante est flagrante : la technique se rapproche de la magie analogique bien documentée par les textes religieux hittites.

– R. HAASE, “Ehescheidung auf hethitisch. Anmerkungen zu den §§ “26a », “26b », 31 bis 33 und “33″ der hethitischen Gesetze », WO 24, 1993, p. 50-54: au contraire du mariage, le divorce ne semble pas nécessiter de formes particulières. Les deux époux ont le droit de rompre l’union, soit par consentement mutuel, soit unilatéralement. Les enfants sont confiés soit à l’un des parents, soit partagés entre eux. Quant aux biens, ils ne sont pas toujours répartis de manière égalitaire mais selon les charges assumées par chaque conjoint pour l’entretien des enfants. L’a. doute du sens habituel de takšan, “moitié » dans le contexte du divorce.

– IDEM, “Über vermutliche ‘Irrläufer’ in den hethitischen Gesetzen », AuOr 11, 1993, p. 95-100: examen des dispositions atypiques des LH, par leur forme ou leur contenu. Leur présence rend douteuse l’appellation “lois » pour ce corpus, qui constitue plutôt un recueil de sentences applicables à des cas précis.

– IDEM, “Drei Kleinigkeiten zum hethitischen Recht », AOF 21/1, 1994, p. 65-72: l’a. étudie 1°/ les §§ 27 et 192 LH, relatifs au droit successoral. Le § 27 règle le sort de la dot (iwaru) qui, en cas de prédécès de l’épouse chez son mari, revient à ce dernier pourvu qu’il accomplisse le rite funéraire de crémation. Si le domicile conjugal était chez le père de la défunte, sa dot revient à ses enfants ou à sa famille. Le § 192 envisage le cas inverse du prédécès du mari: ses biens sont transmis à son épouse; 2°/ le cas du divorce entre Ammistamru d’Ugarit et la fille de Bentešina d’Amurru, jugé par Tudhaliya IV, suzerain des deux parties. Sa sentence, consistant à autoriser la femme à reprendre sa dot, est conforme au droit commun oriental; 3°/ la communauté conjugale. Elle se compose, d’après les dispositions des LH, de la dot de l’épouse, des propres (aššu) du mari et des biens indivis.

– IDEM, “Deuteronomium und hethitisches Recht. Über einige Ähnlichkeiten in rechtshistorischer Hinsicht », WO 25, 1994, p. 71-77: comparaison de plusieurs passages deutéronomiques avec des textes hittites. Le serment exigé lors de l’alliance du peuple avec Dieu (Deut. XXIX, 11) menace le parjure de sanctions, tout comme le rituel hittite Bo 2039+Bo2864 où le sacrifice d’un homme et d’animaux précède peut-être un serment des soldats qui jurent de ne pas reculer devant l’ennemi. Deut. XXIV 6 et 10-13 et LH 164-165 protègent le débiteur pauvre contre le créancier gagiste trop avide, en lui interdisant de dépouiller le débiteur des biens de première nécessité. Deut. XXII, 9 et LH 166/167 font de l’ensemencement mixte un sacrilège. Le cas du meurtre commis par un inconnu (Deut. XXI, 1-9 et LH 6 et IV) est traité comme un crime religieux dans l’Ancien Testament, et comme une atteinte à l’ordre public dans les LH. Enfin, les deux recueils obligent celui qui a trouvé un objet perdu à chercher son propriétaire et à lui restituer son bien (Deut. XXII, 1-3 et LH 45, 71 et XXXV).

– IDEM, “Überlegungen zu § 173 (58*) der hethitischen Gesetze », Anatolica 20, 1994, p. 221-225: le § 173 LH concerne trois cas de rébellion contre un supérieur. 1°/ La contestation d’une décision royale entraîne la mort du coupable et de sa famille et la destruction de ses biens; 2°/ la même faute contre un dignitaire entraîne la décapitation du seul coupable; 3°/ le serviteur qui désobéit à son maître est enfermé dans une citerne vide.

– IDEM, “Bemerkungen zu einigen Paragraphen der hethitischen Gesetze (§§ 197/198, 95; 35, 37) », Hethitica 12, 1994, p. 7-13: le § 197 LH envisage 3 types d’infractions sexuelles: le viol, puni de mort pour le coupable; la séduction, punie de mort pour la femme, qui n’est pas nécessairement mariée; l’adultère flagrant vengé par le mari trompé, qui est impuni. Le verbe ak- utilisé dans l’apodose des deux premiers cas désigne la peine capitale, tandis que kuen-, qui qualifie l’acte du mari jaloux, signifie “tuer ». Le même verbe au § 198 LH l. 14, avec le roi pour sujet, indique que le roi, en laissant tuer les coupables, se substitue au mari pour le venger. L’a. maintient par ailleurs, contre Westbrook (JAOS 110, 656) son interprétation du § 95 LH, à propos du vol: le fautif paye une amende et, s’il ne peut restituer le bien, le compense par une somme correspondant à la valeur du bien volé. Enfin, l’ a. s’élève contre la persistance du mythe du mariage par rapt, encore tenace, et souligne que la validité de l’union matrimoniale dépend d’un acte juridique; ni le rapt, ni l’achat n’ont de valeur juridique en soi.

– IDEM, “Dienstleistungsverträge in der hethitischen Rechtssammlung », ZA 85, 1995, p. 109-115: sur les diverses formes du louage dans le droit hittite. 1/ Louage de choses: le § 78 LH oblige le loueur d’un bœuf à verser à son propriétaire un dédommagement de 60 litres de céréales si l’animal a été blessé par son harnais après un effort trop violent. Les §§ 151, 152 et 157 établissent les taux mensuels du louage d’animaux ou de haches. 2/ Louage de personnes (i.e. contrat de travail): le § 42 LH impose de payer a posteriori l’homme loué pour une expédition (non-militaire en l’espèce) s’il meurt en service sans avoir reçu son salaire. L’obligation de livrer une “tête » à la famille de la victime, en remplacement de la force de travail perdue, est difficile à concilier avec le paiement du salaire. Les §§ 150, 158-159 fixent le montant des salaires. 3/ Louage de travail: les §§ 145 et 160 LH visent l’architecte et le forgeron. 4/ Cas limites: § 74 LH sur les mauvais traitements à animaux; § 75 LH sur la mort involontaire de l’animal détenu par un tiers, peut-être loueur ou salarié du propriétaire; § 77 LH sur la sanction de l’avortement violent d’une vache ou d’une jument louées; § 113 LH sur la responsabilité du vigneron, dont on ignore le lien juridique avec le propriétaire de la vigne. Au total, le droit hittite ne distingue pas entre le louage de personnes et le louage de travail (tous deux appelés kuššan-) et considère les violations des obligations contractuelles comme volontaires, tombant sous le coup de la responsabilité délictuelle.

– IDEM, “Zur Stellung der Frau im Spiegel der hethitischen Rechtssammlung », AOF 22, 1995, p. 277-281: en général, les normes de droit privé et de droit pénal des LH démontrent, contrairement à l’idée reçue, une égalité hommes/femmes: ils sont traités de la même manière en cas d’homicide ou de coups et blessures; l’épouse intervient pour consentir au mariage de sa fille, pour l’exhérédation d’un enfant et dispose d’un même droit au divorce que son mari. Seuls les tarifs de louage différencient les sexes.

– IDEM, “Der Vertrag im Privatrecht der Hethiter. Versuch eines Überblicks », ZAR 1, 1995, p. 62-69: le droit positif hittite en matière d’obligations est peu abondant. Le corpus des lois hittites contient quelques références aux principaux types de contrats (vente, louage de services ou de personnes, contrat de société, d’apprentissage, mariage, divorce). La sanction est le plus souvent pénale, la non-exécution d’une obligation se traduisant par une amende.

– IDEM, “Überlegungen zur erlaubten Tötung eines Menschen in der hethitischen Rechtssammlung », WO 27, 1996, p. 36-44: étude des trois cas dans lesquels la mise à mort d’un individu est licite dans les LH. 1/ Les infractions à caractère sacré: § 101, à propos du vol sacrilège, en admettant que le coupable soit frappé à la tête; § 126 pour le vol d’un javelot en bronze; § 166 à propos de l’exploitation indue d’un champ; § 199b pour la bestialité. 2/ Les infractions profanes, qui ont en commun d’incriminer des pratiques magiques (§§ 44b, 92, 102, 111, 121, 170, 173, 176a, 187-188, 189, 190, 191, 195, 197-198, 199a). 3/ Enfin, la légitime défense (§§ 37-38).

– IDEM, “Eine Grenzstreitigkeit in der hethitischen Rechtssatzung », WO 29, 1998, p. 124-126: le § 168 des Lois hittites prévoit que le propriétaire d’un champ lésé par son voisin peut rétablir la frontière entre les deux fonds en s’octroyant un avantage; la portion de terrain qu’il s’arroge est conçue comme une amende. En outre, le contrevenant doit livrer un animal pour le sacrifice, sans doute à cause de l’impureté cultuelle dont il s’est rendu coupable en outrepassant sa frontière.

– IDEM, « Der Seitensprung einer Ehefrau und seine Folgen nach der hethitischen Rechtssatzung », ZAR 5, 1999, p. 71-74: la clause finale du § 198 LH, « et il couvre sa tête », ne fait pas allusion au remariage de la fautive avec son mari (Tsevat), mais évoque la capitis deminutio de l’amant, dont le statut discriminant sera désormais visible de tous.

– IDEM, « Über Bienen und Schafe in der Hethitischen Rechtssatzung », AOF 28/1, 2001, p. 124-131: les §§ 91-92 LH traitent du vol d’abeille. L’a. s’interroge sur la preuve du vol, puisque les abeilles n’ont pas de marque distinctive de propriété. La formule parnaššeya šuwaizzi (§ 91) dénote la réparation du dommage sur les biens du fautif et non plus sur sa personne comme c’était le cas à un stade antérieur du droit hittite. Le vol de ruches (§ 92) était passible antérieurement de mort par piqûres d’abeilles. Elles exécutent la sanction en tant que victime du délit (dont la punition est prononcée par les hommes), peut-être parce qu’elle sont assimilées à des divinités mineures. Les moutons sont cités dans un contexte cultuel aux §§ 164-168, 196 et 199 LH. La réforme du droit hittite montre une préoccupation humanitaire du droit, qui tend à remplacer la peine de mort pour certains délits par le sacrifice de moutons, et à s’inscrire ainsi dans un champ religieux plutôt que véritablement juridique.

– IDEM, « Anmerkungen zur Verfassung des Königs Telipinu », AOF 29, 2002, p. 68-72.

– IDEM, « Marginalien zur Tafel KBo VI 4 », AOF 29, 2002, p. 63-67.

– IDEM, « Randnotizen zum hethitischen Recht (§§ 9, 25, 53, 175 der Rechtssatzung) », AOF 30/2, 2003, p. 290-295.

– IDEM, “Zur sachlichen Zuständigkeit des Königsgerichts (DI.KUD LUGAL) in der hethitischen Rechtssatzung”, in: Fs Hoffner, 2003, p. 143-147.

– IDEM, “Zum Ordungsdenken der hethitischen Juristen”, WO 34, 2004, p. 40-49.

– IDEM, “Acto furiosus. Überlegungen zu § 38 der hethitischen Rechtssatzung”, WO 34, 2004, p. 50-53.

– IDEM, « Eine Bemerkung zum zweiten Satz des §200b der hethitischen Rechtssatzung », WO 39, 2009, p. 180-183; l’a. revient sur la seconde phrase de la Loi hittite §200b et suggère une faute dans le texte. Il restaure une négation dans la phrase, changeant ainsi son sens général. L’ajout de cette négation, bien que fort judicieuse et assez satisfaisante au niveau du sens pose toutefois un problème majeur : deux manuscrits sont connus pour cette Loi, ce qui impliquerait que l’omission de la négation se soit répétée. [A. Mouton]

– H. HAROUTUNIAN, « Bearded or Beardless? Some Speculations on the Function of the Beard among the Hittites », in: Gs Güterbock, 2002, p. 43-52: l’a. étudie les textes faisant allusion à la barbe, hittite zamankur. Toutefois, ses traductions sont fautives à plusieurs endroits : p. 44, le passage du rituel de contre-magie pour Tudhaliya doit être entièrement réinterprété (voir en dernier lieu la traduction de P. Taracha, CHANE 5, 2000); p. 45, la barbe mentionnée n’appartient pas à un bouc mais bien à un homme; p. 46, l’expression que l’a. traduit par « the virgin, with her beard cut » doit en réalité être traduite par « la femme consacrée dont le nez est percé ». Concernant l’iconographie des dieux du Pays de Hatti, l’a. rappelle que seuls les dieux hérités des traditions syro-mésopotamiennes sont représentés barbus à Yazılıkaya. [A. Mouton]

– J. D. HAWKINS, « Eunuchs among the Hittites », RAI 47, p. 216-233: l’a. maintient que les termes lú sag = ša rêši et wasinasi- désignent bien l’eunuque, contre les remarques de S. Dalley (BiOr 58, 2001, p. 197-206).

– J. HAZENBOS, “Der Mensch denkt, Gott lenkt. Betrachtungen zum hethitischen Orakelpersonal”, in: C. Wilcke (éd.), Das geistige Erfassen der Welt im Alten Orient. Sprache, Religion, Kultur und Gesellschaft, 2007, p. 95-109 : l’a. offre ici une présentation générale sur la place des devins dans la société hittite. La documentation hiéroglyphique de Nişantepe confirme encore une fois ce qui était déjà bien connu des hittitologues : certains devins sont très haut placés dans la hiérarchie de l’administration hittite. L’a. donne l’exemple des augures Nanuwa, Pihatarhunta et Ukkura, tous trois présents sur les empreintes de sceaux de Nişantepe et y cumulant leur métier de devins avec la fonction prestigieuse de LÚSAG. L’a. s’intéresse ensuite aux rôles militaires et rituels que peuvent jouer les augures.

– S. HERBORDT, „Die Tonbullen vom Nişantepe. Ein Archiv aus der hethitischen Haupstadt Hattuša“, Alter Orient aktuell 5, 2004, p. 6-9 : présentation générale des impressions de sceaux hiéroglyphes et digraphes découverts à Nişantepe, un quartier de Hattuša.

– H. A. HOFFNER, “Syrian Cultural Influence in Hatti », in: Ancient Syria, p. 89-106: la culture syrienne a influencé le monde hittite grâce à des vecteurs aussi variés que les prisonniers de guerre, les mariages mixtes, les réfugiés politiques, le personnel diplomatique, les marchands et les artisans. Cette influence se manifeste dans le vocabulaire, la culture matérielle, la littérature, le droit (rédaction de recueils de lois, rémission périodique des dettes) et la religion.

– IDEM, article “Milch(produkte). B. Bei de Hethitern », RlA 8, fasc. 3-4, 1994, p. 201-205: le lait, ses usages et sa production.

– IDEM, “Oil in Hittite Texts », BA 58/2, 1995, p. 108-114: sur le rôle essentiel de l’huile dans tout le Proche-Orient, et notamment en Anatolie. L’a. passe en revue le vocabulaire sur ce thème et les multiples usages de l’huile.

– IDEM, The Laws of the Hittites, A Critical Edition, Documenta et Monumenta Orientis Antiqui 23, 1997, xx + 36 2 p., 10 pl., index, bibliogr.: nouvelle éd. critique des LH. L’a. a pris le parti de séparer les deux version des Lois, puis en fournit un commentaire principalement linguistique et grammatical, nourri par des références au reste de la documentation hittite et aux éd. antérieures des Lois. Il présente la paléographie et l’orthographe des deux versions d’après leurs manuscrits respectifs, et établit un glossaire du vocabulaire rencontré. L’ensemble est ponctué d’une vingtaine de tableaux concernant surtout les prix évoqués dans les Lois.

– IDEM, article “Nachlass D/ Bei den Hethitern », RlA 9, 1998, p. 44-45: synthèse sur les droits successoraux d’après les Lois hittites, les textes du palais (Proclamation de Telipinu, concessions foncières, traités) et la mythologie.

– IDEM, article « Name, Namengebung C/ Bei den Hethitern », RlA 9, 1998, p. 116-121.

– IDEM, “On Homicide in Hittite Law », in: Fs Astour, p. 293-314: seul l’édit de Telepinu envisage le meurtre (homicide volontaire), passible de la peine capitale à la demande de la famille de la victime. L’homicide involontaire est compensé par la livraison de personnes (et non pas d’argent) aux §§ 1-4 des Lois hittites. Ce principe compensatoire montre que l’homicide n’est pas ressenti comme une infraction très grave; mais la place des lois sur ce thème, au début du recueil, indique qu’il s’agit d’une préoccupation centrale pour le pouvoir politique, coïncidant avec la forte réprobation du même crime dans l’édit de Telepinu. Ce rapprochement pourrait donner une indication sur la date de composition de la strate ancienne des Lois.

– IDEM, « Agricultural Perspectives on Hittite Laws §§ 167-169 », in: Third Congress of Hittitology, p. 319-330: la violation des frontières, qu’il s’agisse de celles d’un pays ou de celles d’une propriété privée, est automatiquement considérée comme une faute aussi bien judiciaire que religieuse. Cela explique la mention, d’une part, de denrées généralement utilisées pour la célébration d’un rituel, et d’autre part, du verbe (appa) šuppiyahh- (« re-consacrer ») dans ce contexte. L’a. étudie également plusieurs termes comme, par exemple, KASKAL qui prend la valeur de “frontière » (puisque la frontière d’un champ était souvent constituée par un simple chemin) ou encore gipeššar.

– IDEM, « Hittite Laws », in: W. W. Hallo et K. L. Younger Jr. éd., The Context of the Scripture II. Monumental Inscriptions from the Biblical World, 2000, p. 106-119: trd du code de loi hittite auquel est ajouté un passage de l’édit de Telepinu qui fournit un complément concernant le meurtre.

– IDEM, « Treatment and Long-Term Use of Persons Captured in Battle according to the Maşat Texts », in: Gs Güterbock, p. 61-72: les textes hittites différencient les captifs civils (arnuwala- = NAM.RA) et combattants (appant- = lú ŠU.DAB). Quand les captifs sont dans les mains des Hittites, la distinction entre ces deux groupes disparaît. Les captifs ont une position plus élevée que les esclaves. Ils ne sont pas mis dans des camps. Le sort des rois captifs est souvent humiliant (cf. les récits d’Anitta et de Hattušili I), du moins lorsqu’ils refusent de se soumettre à l’autorité hittite. A partir de l’époque impériale, les déportations de captifs sont de plus en plus fréquentes. Certains prisonniers se retrouvent au service de militaires méritants ou de temples, d’autres constituent une part de la dot d’une princesse royale. Les lois hittites indiquent qu’un captif peut se voir attribuer une terre en échange d’une obligation. Les lettres de Maşat Höyük montrent que certains captifs peuvent être aveuglés, probablement pour être contrôlés plus facilement. Ils servent alors de main d’œuvre dans les moulins (nombre de ces captifs aveuglés tiennent cet office à Šapinuwa notamment). Cette corvée étant d’ordinaire réservée aux femmes, assigner ces captifs à cette tâche est une manière supplémentaire de les humilier.

– IDEM, « The Disabled and Infirm in Hittite Society », in: Eretz-Israel 27, Hayim and Miriam Tadmor Volume, 2003, p. 84*-90*: l’a. cherche à déterminer la place que la société hittite réserve aux personnes infirmes. Il tente de distinguer celles qui étaient handicapées de naissance de celles qui le devenaient plus tard. Parmi ces dernières, nombre d’entre elles devenaient infirmes à la suite d’un châtiment qui leur avaient été infligé : les Lois hittites indiquent que certains fautifs étaient aveuglés ou que leurs dents étaient cassées. Cécité et surdité sont aussi les châtiments promis aux parjures. En contexte rituel, les aveugles et les sourds sont sollicités en contexte de magie analogique : le mal ou l’ensorcellement est comparé au handicap. La place que la société hittite accordait aux infirmes de naissance n’est pas décrite par les textes hittites, d’après l’a. [A. Mouton]

– IDEM, « The Institutional ‘Poverty’ of Hurrian Diviners and entanni-Women », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 214-225: l’a. édite le fragment hittite Bo 4952 qui retranscrit un rituel cherchant, semble-t-il, à neutraliser une atteinte à la dignité d’une prêtresse entanni ou d’un expert rituel AZU. Le texte semble témoigner du fait que l’un et l’autre de ces spécialistes doivent renoncer à leur héritage familial avant d’acquérir leur nouveau statut. [A. Mouton]

I

– F. IMPARATI, article “Miete D. Bei den Hethitern », RlA 8, 1994,184-187: seules les LH évoquent le contrat de louage pour calculer les prix à verser, les salaires des individus et pour réglementer le louage des animaux. L’absence d’actes de la pratique sur ce thème empêche de mesurer l’importance du louage dans la vie économique et d’évaluer la part que représente le louage de main d’œuvre spécialisée.

– EADEM, article “Mord. B. Bei den Hethitern », RlA 8, 1995, p. 382-385: sur les divers cas d’homicide envisagés par les LH (homicide intentionnel ou préterintentionnel; cas particuliers de l’homicide du marchand, du meurtrier inconnu, du pyromane) et leur sanction, déterminée en fonction du statut social de la victime et du lieu de découverte du corps ou de perpétration du crime. L’a. évoque aussi le § 45 de l’édit de Telipinu qui affirme la compétence de la juridiction privée dans la punition de l’homicide, en excluant expressément la compétence royale.

– EADEM, Studi sulla società e sulla religione degli Ittiti, Eothen 12, 2004 : kleine Schriften de l’a.

J

– J. JIE, “The šahhan festival », JAC 5, 1990, p. 49-75: à propos des deux attestations du cérémonial šahhan connues par 8 tablettes présentées en translittération et traduction. Ces festivités était célébrées lorsqu’une femme devenait une “maîtresse de maison » (par le mariage ou la maternité) et marquaient donc l’avènement d’un nouveau foyer dans la société. Le lien terminologique avec la notion juridique d’“obligation » donne à šahhan le sens d’une taxe due par la maisonnée constituée.

K

– C. KARASU, « Some Observations on the Women in the Hittite Texts », in: Gs Imparati, p. 419-424 : étude sur le statut de la femme dans la société hittite, en particulier à la lumière des données concernant la reine et des textes sur l’adultère (Lois hittites et traité entre Šuppiluliuma I et Huqqana de Hayaša). Les femmes hittites jouissaient d’un statut plus favorable que dans les pays voisins.

– IDEM, « Sevgili kardesim Uzzu’ya söyle! », Fs Hayat Erkanal, 2006, p. 476-478 : sur la place des scribes dans la hiérarchie sociale hittite d’après plusieurs lettres de Masat Höyük.

– H. KLENGEL, « Prolegomena zu einer hethitischen Wirtschaftsgeschichte », in: Gs Imparati, p. 425-436: point sur les différentes activités économiques des Hittites, à savoir l’agriculture, l’élevage et l’artisanat (en particulier la métallurgie) et étude du réseau d’échanges commerciaux internationaux mis en place avec la Syrie et l’Egypte, dont le rôle a été déterminant dans la politique intérieure du pays.

– IDEM, « Studien zur hethitischen Wirtschaft, 3: Tierwirtschaft und Jagd », AoF 34, 2007, p. 154-173: l’a. présente une synthèse sur l’élevage, la chasse et la pêche tels qu’ils sont pratiqués en Anatolie hittite.

– J. KLINGER, « Postface. Ethnogenèse et identité dans l’Anatolie de la période hittite ou : Qui étaient les Hittites ? », in: Identité et altérité, 2010, pp. 227-240: l’a. nous offre un tour d’horizon complet des principales données relatives aux habitants du Pays de Hatti, puisque tel est ce qui se rapproche le plus de ce que l’on a pris l’habitude d’appeler les Hittites. L’auteur montre clairement qu’être hittite, c’est partager un même territoire, ou plutôt une même entité socio-politique, mais ce n’est pas un fait ethno-linguistique. Comme l’indique très justement l’auteur, « [Les Hittites] ne pouvaient pas posséder une quelconque identité ‘hittite’, puisque leur ‘culture’ les a précédés et, par conséquent, on ne peut même pas parler d’une arrivée des Hittites. » En effet, la « culture hittite » est, dès son apparition dans les textes, un agglomérat inextricable de coutumes hatties, louvites, et très vite, hourrites, pour ne citer que les principaux éléments. Il ne faut pas oublier non plus les Nésites, les habitants de Neša dont la langue, le nésite, correspond à ce que l’on appelle aujourd’hui à tort le hittite. Quelle part jouèrent-ils dans l’élaboration de la « culture hittite » ? [A. Mouton]

– I. KLOCK-FONTANILLE, « Les traités de l’Ancien Royaume: esquisse d’une typologie des formes d’intégration dans l’état hittite », in: Third Congress of Hittitology, p. 377-389: l’a. tente de définir d’une manière conceptuelle (en se basant sur les théories de la sémiotique) la nature des relations qui se développent entre un roi et son vassal ou son ennemi.

– S. KOŠAK, “Night and Day, in War and in Peace », JAC 5, 1990, p. 77-86: éd. complète et identification du texte CTH 268, qui constitue la suite des Instructions à la garde royale (CTH 262).

– IDEM, « Ein Blick in die Bibliothek des Grossen Tempels in Hattuša », in: Das geistige Erfassen, 2007, p. 111-116: sur les fragments de tablettes retrouvés dans le Temple I de la capitale hittite. En établissant la datation de ces documents, l’a. suggère que plusieurs de ces textes ont été déplacés d’une bibliothèque plus ancienne à celle-ci. En effet, certains de ces documents précèdent dans le temps le bâtiment lui-même.

L

– R. LEBRUN, « L’apport hourrite dans l’élaboration de la culture hittite du XIIIe s. av. J.-C. », in: Identité et altérité, 2010, pp. 127-134: l’a. présente une synthèse des données relatives à la présence des Hourrites dans les différentes entités politiques du Proche-Orient ancien. Il revient, notamment, sur la composition très hourritisante du panthéon officiel hittite tel qu’il est représenté sur le sanctuaire rupestre de Yazılıkaya. [A. Mouton]

– J. LORENZ, « Ein neuer Join in den hethitischen Gesetzen », NABU 2005/32 : l’a. indique un joint entre les tablettes KUB 40.32 et KBo 19.3, ce qui supprimerait l’exemplaire U de l’édition des Lois de Hoffner.

– IDEM, « Kontrastierung und Variation: Zur Verwendung von Logogramm-Schreibungen und des Zeichens LI besonders in hethitischen Königsnamen », JCS 65, 2013, p. 163-168: l’a. montre que le choix des formes « ancienne » et « récente » du signe LI n’est pas lié à la chronologie. Il pourrait en revanche avoir un rôle de mise en contraste, en particulier quand il est utilisé dans les noms royaux. [A. Mouton]

M

– E. MASSON, “Hattusa, capitale d’empire », in: Cités, p. 185-191: l’a. présente les activités de la capitale hittite vers 1650 et retrace l’histoire et la civilisation métropolitaine hittite.

– M. MARAZZI, “Tarife und Gewichte in einem althethitischen Königserlass », Or 63, 1994, p. 88-92: à propos du “Protocole des marchés » édité par S. Košak (Fs Otten). Transcription et commentaire du texte. Les §§ 3-4 et 5-6 contiennent une liste de prix et une liste de poids royaux.

– M. MARIZZA, « The Office of GAL GEŠTIN in the Hittite Kingdom », KASKAL 4, 2007, p. 153-180 : sur le statut de GAL GEŠTIN « chef du vin » et son rôle au sein de l’institution militaire hittite à la lumière des textes cunéiformes et des empreintes de sceaux hiéroglyphiques de Nişantepe. D’après l’a., ce statut est très prestigieux à l’époque de l’Ancien Royaume et au début de l’Empire. L’a. remarque, en effet, qu’il peut alors être porté par des membres de la famille royale et qu’il se trouve, dans la hiérarchie militaire, directement sous le GAL MEŠEDI, lui-même placé sous le commandement du tuhkanti et du roi. Le statut de GAL GEŠTIN semble avoir été déprécié par la suite. D’après l’a., l’office de GAL GEŠTIN aurait, à l’origine, inclus les fonctions du LÚSAGI.A « l’échanson », c’est-à-dire qu’il aurait, en plus de ses responsabilités militaires, celle de tenir la coupe du roi, notamment lors des cérémonies religieuses. Ce rôle lui aurait par la suite été retiré au profit de l’échanson.

– IDEM, « Le cariche di GAL DUB.SAR.MEŠ e GAL DUB.SAR.GIŠ nel regno ittita », Mesopotamia 45, 2010, p. 31-45: l’a. cherche à déterminer plus précisément le rôle du chef des scribes et du chef des scribes sur tablettes en bois. Le chef des scribes est responsable de la production des textes, et plus particulièrement des actes officiels: traités, correspondance internationale. Il supervise également la réalisation des tablettes relatives au culte ou aux annales royales. Son équipe supervise certaines acquisitions ou distributions de matériel: c’est lui qui contrôle les entrées et sorties des produits stockés en magasins. Quant au chef des scribes sur tablettes en bois, il se charge également de la production de textes. Il se peut qu’il ait également des charges diplomatiques. Il semble, en effet, que le chef des scribes sur tablettes en bois est plus mobile, dans ses fonctions, que le chef des scribes. Il est également plus présent que lui dans les cérémonies religieuses. Il faut noter que certains personnages cumulent peut-être ces deux fonctions, tel Šahurunuwa. [A. Mouton]

– E. MEMIŞ , “Hitit Sarayında Kraliçelerin Rolü » [Le rôle des reines dans le palais hittite], Belleten 222, 1994, p.279-294.

– C. MORA, “I proprietari di sigilli nella società ittita », SELVO, p. 249-269: les inscriptions hiéroglyphiques des sceaux hittites se différencient de leurs homologues mésopotamiens en ce qu’elles donnent seulement le nom et le titre de l’intéressé. L’inventaire des sceaux, traduit en 9 tableaux donnant l’origine et le contenu, conduit à distinguer 3 périodes: 1) à l’époque pré-impériale, les sceaux sont réservés aux milieux palatial et templier; 2) à l’époque impériale (ancienne et moyenne), ils connaissent une plus large diffusion dans le milieu administratif; les charges sont mieux différenciées; l’incision est plus soignée; 3) à l’époque impériale tardive, on verrait apparaître des sceaux privés; l’incision est plus négligée.

– EADEM, « Les Hittites en Syrie du Nord. Contacts, influences et échanges », in: Identité et altérité, 2010, pp. 163-170 : l’a. insiste, entre autres choses, sur la distance qui existe entre les données issues de la « documentation politique » (traités et annales royales, vraisemblablement) et celles provenant des « documents économiques ou commerciaux » (lettres et textes administratifs). Ces derniers reflètent la Realpolitik des souverains ancien, alors que les premiers ont parfois un discours qui est bien éloigné de la situation historique réelle. L’auteur rappelle le cas de la correspondance relative aux relations entre Assyriens et Hittites, relations qui étaient bien meilleures que ce que les textes dits historiques insinuent. Par ailleurs, l’auteur fait le bilan des données concernant les relations diplomatiques liant suzerain hittite et vassaux syriens, Karkemiš constituant un cas particulier, puisque son souverain fut élevé au plus haut rang dès le règne de Šuppiluliuma Ie. C’est aussi à partir de ce règne que les échanges culturels syro-hittites semblent être à leur apogée. L’a. suggère que Karkemiš a joué un rôle de premier plan dans ces échanges. Cette ville serait même, selon elle, à l’origine de certains courants artistiques d’alors. Toujours selon l’auteur, le fait de placer l’écriture hiéroglyphique sur des supports monumentaux alors que celle-ci était, avant le XIIIe siècle, essentiellement employée dans la glyptique pourrait également être originaire de Karkemiš. Malheureusement pour le lecteur et contrairement à ce qu’indique l’auteur (p. 167), les deux objets qui devaient illustrer l’existence d’une koinè syro-anatolienne ne sont pas reproduits dans l’ouvrage. [A. Mouton]

P

– A. PAYNE, « ‘Writing’ in Hieroglyphic Luwian », in: Fs Hawkins, 2010, p. 182-187: l’a. s’interroge sur les fonctions du scribe en Anatolie néo-hittite. Elle met notamment en évidence la distinction que font les textes hiéroglyphiques entre le métier de scribe et celui de graveur sur pierre, ce dernier étant responsable de la réalisation des inscriptions lapidaires. [A. Mouton]

– F. PECCHIOLI DADDI, “La condizione sociale del pastore (lú SIPAD) e del amministratore (lú AGRIG): esempi di ‘diversità’ presso gli Ittiti », SELVO, p. 240-248: l’a. propose une explication de la condition inférieure des “pasteurs » (lú SIPAD) et des “magasiniers » (lú AGRIG). Les premiers seraient les héritiers d’une tradition tribale et nomadique, opposée à la culture urbaine et palatiale. Les seconds seraient les porteurs d’une tradition hattie, récupérée par les Hittites, surtout mais non exclusivement, dans le domaine religieux.

– EADEM, “Le cariche d’oro”, Fs Hoffner, 2003, p. 84-92 : l’a. mène une investigation sur le titre hittite de doriphore (LÚ ŠUKUR GUŠKIN) qui représenterait selon elle une élite parmi les MEŠEDI chargée d’annoncer la présence du roi, notamment lors des fêtes religieuses. Quant au LÚ KUŠ7 GUŠKIN, il s’agirait davantage d’un personnage responsable de tâches administratives, dont la collecte des impôts dans les provinces du royaume hittite.

– EADEM, « The Economical and Social Structure of a Holy City : the Case of Zippalanda », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 169-180 : l’a. remarque l’association répétée en contexte administratif entre Zippalanda et Ankuwa, ce qui semble corroborer les identifications proposées pour ces deux villes, à savoir Zippalanda = Uşaklı höyük et Ankuwa = Alişar höyük. Pecchioli Daddi pense que l’importance de l’élevage des moutons à Zippalanda est illustrée par le fait que le roi revêt le TÚGšipahi- du berger lors de cérémonies de cette ville. L’auteur examine en outre l’ensemble des personnels cités en relation avec Zippalanda, remarquant la place prédominante tenue par le temple dans l’économie de la ville. [A. Mouton]

– A. PEDROSA, “La conmutacion de la pena de muerte entre los hititas Ideologia o conveniencia?”, dans: A. González Blanco/J.-P. Vita/J.-Á. Zamora (éds.), De la Tablilla a la Inteligencia Artificial. Homenaje al Prof. Jesús-Luis Cunchillos en su 65 aniversario, 2003.

– I. PELED, « Eunuchs in Hatti and Assyria: A Reassessment », in: RAI 56, 2013, p. 785-797: sur le rôle des eunuques dans les bureaucraties hittite et médio-assyrienne. Dans cette catégorie, on range généralement le LÚ.SAG qui est considéré, en Anatolie hittite, comme un héritage mésopotamien. D’après l’a., les SAG du palais royal de Hattusa seraient responsables du « harem ». Une impression de sceau d’un certain Taprammi le désignerait, selon l’a., comme chef des eunuques dans son inscription hiéroglyphique. Toutefois, le signe que l’a. identifie comme le seul exemple impérial du hiéroglyphe L. 474 n’a pas une forme voisine de celle de L. 474 à l’Age du Fer. Ce signe ressemble étrangement à un signe PA sur la photographie de l’empreinte de sceau. Le même signe se retrouverait, selon l’a., sur une empreinte de sceau d’un certain Pihamuwa. Pour cette raison, l’a. pense qu’aussi bien Taprammi que Pihamuwa seraient des équivalents hittites des chef d’eunuques connus des sources médio-assyriennes. [A. Mouton]

R

– E. REYHAN, « Hititler’de toprak tahsısı » (La répartition de la terre chez les Hittites), in: Third Congress of Hittitology, p. 481-489: l’a. distingue les différentes formes de propriétés foncières.

S

– M. SALVINI, « Note su alcuni nomi di persona hurriti », SEL 8, 1991, p. 175-180: étude des quelques noms de personnes de tradition hourrite attestés à Boğazköy à la lumière des sources bilingues hourrite-hittite.

– J. SIEGELOVÁ, article “Metalle und Metallurgie. A. II. In den heth. Texten », RlA 8, 1993, p. 112-119.

– EADEM, « Blendung als Strafe für den Eidbruch », in: Gs Imparati, p. 735-737: les prisonniers gašgas qui ont été aveuglés et déportés à Šapinuwa (d’après la correspondance de Tapikka/Masat Höyük) ont subi ce traitement pour servir d’exemples aux autres ennemis éventuels du pays hittite. Un texte de serment militaire indique en effet que quiconque rompt son serment de fidélité envers le roi hittite doit être rendu aveugle et sourd.

– EADEM, « Die hethitische Königin und die Wirtschaft der Krone », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 239-250: l’a. montre que la reine hittite dispose de tout un personnel pour gérer sa maison propre. Cette dernière se situe probablement dans le complexe palatial et prend sa part des tributs, butins et cadeaux diplomatiques qui arrivent à la Cour de Hattuša. L’auteur met en relief le rôle important de la reine hittite aussi bien dans le culte étatique que dans les affaires économiques et administratives. Elle soupçonne une situation comparable pour les princesses anatoliennes du temps des colonies assyriennes, quelques textes à l’appui. [A. Mouton]

– EADEM et H. TSUMOTO, « Metals and Metallurgy in Hittite Anatolia », in: Insights, 2011, p. 275-300: synthèse sur les utilisations du métal en Anatolie hittite. L’or et l’argent sont associés à la notion de pureté, l’argent étant utilisé lors des rituels de purification. En comparant les listes d’inventaire et les autres documents économiques hittites, A. Müller-Karpe a mis en évidence l’importance du secteur métallurgique dans le système étatique. [A. Mouton]

– I. SINGER, « A New Hittite Letter from Emar », RAI 44, p. 65-72: éd. de deux lettres hittites provenant d’Emar et concernant la même affaire, opposant un nommé Alziyamuwa au devin émariote Zu-Ba‘la. Le premier s’était emparé du domaine du second, et l’a restitué sur l’intervention personnelle du roi hittite. La première lettre émane du roi du Hatti, la seconde du roi de Karkémiš. L’a. suggère qu’Alziyamuwa serait un représentant de l’Etat hittite à Emar.

– D. SYMINGTON, « Late Bronze Age writing-boards and their uses: textual evidence from Anatolia and Syria », AnSt 41, 1991, p. 111-123: à propos des tablettes en bois hittites. Ce type de support était surtout utilisé comme double pour les archives des bibliothèques, au cours des campagnes militaires, par les marchands itinérants et, en matière diplomatique, comme documents officiels accompagnant les messagers et les cadeaux royaux.

T

– P. TARACHA, « Was gab man dem König zu Essen? Betrachtungen zur hethitischen Küche », in: Third Congress of Hittitology, p. 587-592: afin d’apporter une contribution à l’étude de la cuisine hittite, P. Taracha étudie ici le texte de rituel KBo XVI 16+ qui décrit assez bien, selon lui, ce que pouvait être le repas quotidien du couple royal.

– J. TAVERNIER, « Les Hittites dans les sources mésopotamiennes », in: Identité et altérité, 2010, pp. 171-192: l’a. présente une synthèse sur les relations entretenues entre les Mésopotamiens et les Hittites. Après avoir postulé une absence presque totale de « contacts directs » entre Assyriens et Anatoliens à l’époque des comptoirs commerciaux, et cela malgré l’existence de traités et de mariages mixtes, l’auteur pense que les Assyriens des kârû avaient développé une image négative et « élitiste » des autochtones de l’Anatolie (p. 174), cela en raison de la concentration de ces marchands dans un même quartier de la ville. Or, il serait probablement intéressant de se demander si ce ne sont pas plutôt les Anatoliens qui ont cantonné ces immigrants dans les kârû, étant entendu qu’ils étaient maîtres chez eux, comme les traités en attestent. Concernant les relations que l’auteur évoque entre les Assyriens d’Assyrie – et non plus les marchands des comptoirs commerciaux de l’Anatolie – et les Hittites, le lecteur suivra plutôt les interprétations de Clelia Mora dans le même volume, car celles-ci sont plus au fait des données textuelles en réfutant l’hostilité tenace entre ces deux civilisations. [A. Mouton]

– J. TISCHLER, « Heth. puriyaz ‘Vorwärts’ -arraz ‘Rückwärt’’ oder la giara ittita », in: Gs Imparati, p. 837-840: sur la pratique mentionnée dans les lois hittites consistant à enfermer une personne dans une grande jarre en guise de châtiment.

– G. TORRI, « The phrase ṬUPPU URUHatti in colophons from Hattusa and the Work of the Scribe Hanikkuili », AoF 38, 2011, p. 135-144: L’expression « tablette de la ville de Hattusa » semble étroitement liée aux activités du grand scribe Anuwanza (aussi connu comme seigneur de Nerik et SAG du Grand Roi) et son équipe. Cette équipe a pu recevoir la tâche de collationner et recopier les textes anciens partiellement perdus ou abîmés. Une telle tâche a pu lui être attribuée lors d’une restructuration des pratiques archivistiques (réorganisation des scriptoria, renouvellement des tablettes trop abîmées, etc.) souhaitée par Hattusili III. L’expression « tablette de la ville de Hattusa » marquerait, selon l’a., une première copie impériale d’un original moyen-hittite réalisée par l’équipe d’Anuwanza. Le scribe Hanikkuili, également associé à cette expression, aurait fait partie de cette même équipe, selon l’a. [A. Mouton]

– EADEM, « Hereditary Transmission of Specialized Knowledge in Hittite Anatolia : The Case of the Scribal Families of the Empire Period », in : RAI 57, 2015, p. 577-586 : l’a. indique que seules les données prosopographiques peuvent nous renseigner sur la transmission du savoir au sein d’une même famille. Cependant, les patronymes sont rarement indiqués. Marizza a proposé en 2010 que la règle générale consistait à donner au fils aîné le nom de son grand-père. Le fait que le savoir technique soit transmis de parent à enfant est illustré par les mentions de « mère de NP » associées aux noms d’experts rituels. J. Miller (StBoT 46, 2004, 469-532) voyait dans ces mentions la preuve que ces experts rituels relevaient plus de la légende populaire que de la réalité : ces noms auraient été insérés dans les compositions pour donner une certaine aura à ces dernières. L’a. se penche ensuite sur les deux grands cercles scribaux connus pendant les règnes de Hattušili III et de Tudhaliya IV : celui d’Anuwanza, scribe, fonctionnaire SAG et seigneur de Nerik et celui de Walwaziti, chef des scribes et descendant de Mittanamuwa qui fut scribe pendant le règne de Muršili II. L’équipe d’Anuwanza se chargeait de copier et de restaurer les tablettes déjà présentes à Hattuša mais en mauvais état ou dispersées. Cette équipe comprenait, notamment, ses deux fils (Tummani et un autre de nom inconnu), mais aussi plusieurs membres de familles de scribes dont certains devinrent plus tard chefs des scribes. Les textes hittites ne nous renseignent pas sur la formation des scribes, mais l’a. pense que la formation intervenait au sein de chaque famille. [A. Mouton]

– M. –C. TREMOUILLE, « I testi ittiti di medicina », RANT 1, 2004, p. 205-225 : l’a. nous offre une utile synthèse sur la pratique de la médecine chez les Hittites.

U

– A. ÜNAL, “Ein Vogelorakel aus Bogazköy mit pseudo-rechtlichen Bemerkungen über Familienrecht (KUB 43.22+ = Bo 854 mit Dupl. KBo 13.71) », AOF 25, 1998, p. 112-118: étude de certains passages des Instructions de Tudhaliya II/III (notamment l’un concernant l’esclave fugitif pris en flagrant délit de vol qui, s’il n’est pas aveuglé, est libéré), et de KUB 43.22, texte oraculaire, qui évoque le statut de l’enfant né d’un mariage mixte (homme libre et femme KI.SIKIL).

V

– T. VAN DEN HOUT, « The Rise and Fall of Cuneiform Script in Hittite Anatolia », in: Visible Language, 2010, p. 99-108: l’a. s’interroge sur les raisons de l’apparition puis de l’abandon de l’écriture cunéiforme en Anatolie hittite. Il insiste sur le lien qui existe manifestement entre l’apparition d’un système socio-politique centralisé et le début de l’utilisation extensive de l’écriture cunéiforme. Anitta pourrait avoir été le premier roi hittite a faire un usage systématique du cunéiforme mais il n’est pas possible pour le moment de déterminer dans quelle langue ses documents étaient rédigés. Peut-être l’étaient-ils en assyrien, selon l’a. Après le court règne d’Anitta, les Hittites seraient retournés à l’illettrisme, en se subdivisant à nouveau en petits royaumes rivaux. L’écriture reviendrait quand Hattusili I parvient à rétablir un royaume centralisé. Il fait alors probablement appel à des scribes du Yamhad (Syrie du Nord) pour ses besoins de correspondance diplomatique, notamment, puisqu’il a conquis ce territoire. Etant donné la forme des signes et le dialecte utilisés dans les documents provenant du règne de Hattusili I, il paraît acquis que c’est bien ce roi qui réintroduisit l’usage du cunéiforme en Anatolie hittite, par le biais de scribes de Syrie du Nord. L’a. pense que le cunéiforme n’était encore utilisé que pour de rares occasions pendant les règnes de Hattusili I et Mursili I. L’a. insiste également sur le fait que la chancellerie hittite devait initialement utiliser la langue akkadienne plutôt que le hittite, car cette langue était étroitement associée à l’écriture cunéiforme elle-même. L’introduction de la langue vernaculaire, le hittite, s’est sans doute faite progressivement, notamment parce qu’il a fallu adapter le cunéiforme à cette langue.  Pendant le règne de Tudhaliya I, l’akkadien était déjà réservé aux documents diplomatiques et le hittite recouvrait le reste de la documentation. Le cunéiforme hittite a, à ses débuts, adopté les particularismes que l’on remarque à Alalah (la variante « ancienne » des signes « hittites » IK et LI, par exemple) et ce n’est que dans les environs du XVe siècle, au contact avec les grandes puissances voisines dont Babylone, que les formes issues du babylonien sont introduites (la variante « récente » des signes « hittites » IK et LI). A la fin de l’histoire de l’Empire hittite, la langue louvite étant manifestement devenu la langue dominante (le hittite était peut-être déjà une langue morte au XIIIe siècle), les héritiers de l’Empire hittite ont naturellement préféré l’écriture hiéroglyphique au cunéiforme, car elle était la mieux adaptée à la langue louvite. [A. Mouton]

– IDEM, « Administration and Writing in Hittite Society », in: M. E. Balza, M. Giorgieri et C. Mora (éds.), Archivi, depositi, magazzini presso gli Ittiti. Nuovi materiali e nuove ricerche, Studia Mediterranea 23, Genova, 2012, p. 41-58: sur la très petite quantité de documents économiques en Anatolie hittite et leur contenu. A partir de leur lieu de trouvaille, on peut en déduire que les deux principaux emplacements administratifs de Hattusa se trouvaient dans la Haus am Hang et les magasins du Temple I, dans la ville basse. Dans un second temps, certains documents d’abord stockés dans les magasins du Temple I étaient déplacés dans le Bâtiment A de Büyükkale, un lieu d’archives. Les listes de rations, de personnes ou d’objets liées à l’administration centrale (cultuelle ou/et palatiale) sont peu nombreuses mais illustrent le système fortement centralisé en vigueur. Les quelques textes administratifs de Masat Höyük recouvreraient, selon l’a., une année ou deux tout au plus, ce qui indiquerait que ces petites tablettes administratives étaient rapidement recyclées après être devenues obsolètes. Le rapide recyclage des tablettes administratives expliquerait le très petit nombre de documents mis au jour à Hattusa : seules les tablettes ayant échappé à ce recyclage auraient survécu. Une des tablettes découvertes à Oymaagac (la probable Nerik) montre que les denrées reçues par l’administration locale étaient stockées dans des caisses en bois avec une liste. Le contenu de cette liste était ensuite reporté sur un registre et la caisse était scellée. Selon l’a., les DUB.SAR.GIS étaient chargés de gérer ces caisses de denrées en bois. Par ailleurs, tout porte à croire que l’Empire hittite était quasi auto-suffisant et ne pratiquait pas un commerce extérieur intensif, ce qui réduit d’autant le nombre de tablettes économiques. Concernant l’hypothèse formulée à plusieurs reprises qui consiste à imaginer des Landschenkungsurkunden sur tablettes en bois, l’a. montre que cela est contredit par la très longue conservation des versions en argile de ces documents. En revanche, des tablettes en bois pouvaient être utilisées pour les affaires courantes de l’administration, puis remployées. Concernant le grand nombre de scellements de sceaux retrouvés seuls dans le Westbau, l’a. pense qu’ils constituent les traces d’anciennes opérations économiques. Les documents auxquels les scellements étaient attachés ont été remployés, mais ces scellements ont été conservés pour le cas où. [A. Mouton]

– J. VANSCHOONWINKEL, « Milet entre Mycéniens et Hittites », in: Identité et altérité, 2010, pp. 193-216: l’a. fait la synthèse des données relatives au site de Milet, la Millawanda des textes hittites. Dans ce cadre, il fait notamment allusion aux Cariens et à leur possible relation avec les villes de Karkiya ou de Karkiša. Il faut préciser que cette identification fait encore débat au sein de l’hittitologie. Lors d’un colloque international à Istanbul (Nostoi – Indigenous Culture, Migration and Integration in the Aegean Islands and Western Anatolia during the Late Bronze and Early Iron Age, mars-avril 2011), Zsolt Simon a notamment argumenté contre cette hypothèse. [A. Mouton]

W

– M. WEEDEN, « Hittite Scribal Schools Outside of Hattusa? », AoF 38, 2011, p. 116-134: l’a. rappelle l’homogénéité du ductus des tablettes hittites trouvées dans les différents sites hittites, ce qui indique que les scribes de ces différentes villes étaient formés à la même « école » . A l’inverse, les villes syriennes d’Alalah, Emar et Ougarit présentent des caractéristiques relevant d’un courant scribal différent. Tel est également le cas de la ville d’Arušna, qui, selon J. Miller, présenterait des particularismes scribaux plus proches des traditions syriennes. L’a. met en relief la différence majeure qui existe entre les sources paléo-babyloniennes et hittites. Autant les premières sont connues en contexte « privé » ou, en termes plus choisis, dans le cadre de l’élite sociale étendue, autant les sources hittites semblent étroitement liées au cercle royal, et cela qu’elles soient préservées dans les complexes palatiaux ou dans les temples. Pour lui, il y a une possible adéquation entre la présence, sur un site hittite, de sceaux royaux (ou de leurs empreintes) et celle de tablettes cunéiformes. Par ailleurs, l’a. insiste sur le fait que la plupart des villes hittites dans lesquelles des tablettes ont été mises au jour sont connues comme ayant un intérêt stratégique et socio-économique et abritent, pour cette raison, une fête du culte étatique ou une portion de fête. Elles sont toutes visitées régulièrement par le Grand Roi. L’a. se penche par la suite sur une mention d’un stylet cassé dans une lettre de Tapigga. Le logogramme utilisé, GI É.DUB.BA, qui contraste avec le GI DUB.BA mésopotamien, tendrait à associer cet objet à une école scribale. Le stylet peut être métallique, des exemplaires en bronze étant connus à Hattuša et un exemplaire en or à Ortaköy, d’après A. Süel. Le rituel CTH 492 atteste en outre de l’existence de stylets d’argent. Ce même texte mentionne un ZI.KIN.BAR (hittite šepikkušta) [en argent?], ce qui désignerait, selon l’a., le stylet utilisé pour écrire le hiéroglyphique, à l’inverse du GI É.DUB.BA qui désignerait le stylet du cunéiforme. L’a. examine ensuite la mention d’une école scribale (É.DUB.BA.A) dans une lettre de Tapigga. Pour lui, cette école pourrait se trouver à Ortaköy/Sapinuwa, car F. Imparati a fait le lien entre plusieurs éléments de ce groupe de lettres de Masat/Tapigga et ce site. A côté de l’école scribale à proprement parler, l’a. suggère de voir dans les « maisons de scribe » des institutions semi-privées ayant pu accueillir des activités scribales. L’une d’entre elles devait se trouver à Ortaköy, peut-être était-elle la résidence secondaire du grand scribe Hattusili. A Tapigga, l’a. remarque l’utilisation de nombreux akkadogrammes inédits, comme si les scribes de cette ville avaient eu une prédilection particulière pour cette langue. A Hattusa, l’a. rappelle la présence possible, dans la zone sud du Temple I, d’une école scribale (voir les travaux de S. Gordin également), même si le logogramme employé, à savoir É GIŠ.KIN.TI, pourrait, selon l’a., avoir une acception plus large.  Ce fait serait notamment illustré par la présence, dans un temple de Karahna, d’une É GIŠ.KIN.TI abritant des « professionnels » différents de celle de Hattusa. Au total, l’a. pense que Hattusa centralisait les activités de formation de scribes en pays de Hatti, ce qui expliquerait la forte homogénéité de l’écriture. [A. Mouton]

– R. WESTBROOK et R.D. WOODARD, “The Edict of Tudhaliya IV », JAOS 110/4, 1990, p. 641-659: une nouvelle traduction de ce texte révèle qu’il ne s’agit pas d’un code de lois mais d’un édit royal traitant de sujets traditionnels, à savoir la rémission des dettes et les réformes administratives. L’introduction du texte explique les circonstances des réformes. Puis viennent des dispositions sur la remise des dettes, l’accès aux greniers royaux et la responsabilité des autorités locales pour les pertes survenues dans ces greniers et enfin des mesures contre l’oppression de certaines classes de tenanciers royaux.

– G. WILHELM, article “Matrilinearität. B. Bei den Hethitern », RlA 7, fasc. 7/8, 1990, p. 588-590.

Y

– M. YAMADA, “The Hittite Social Concept of ‘Free’ in the Light of the Emar Texts », AOF 22, 1995, p. 297-316: les textes “syro-hittites » d’Emar confirment l’existence de deux groupes sociaux dans la société hittite, les “libres » (LÚ.ELLUM = arawanni-) par opposition aux “non-libres » (flR). Dans le contexte palatial, l’“homme libre » est un dépendant non-esclave, mais pas forcément un “noble ». Les termes flR et GÉME désignent des personnes qui peuvent être achetées.

– IDEM, « The Family of Zû-Ba’la the Diviner and the Hittites », in: S. Isre’el et al. (éd. ), Past Links. Studies in the languages and cultures of the Ancient Near East, Israel Oriental Studies 18, 1998, p. 323-329: étude des textes provenant d’Emar et mentionnant le devin Zû-Ba’la. Parmi ces textes se trouve un contrat concernant la propriété du devin héritée d’un certain dIM-malik qui pourrait être son père. Le contrat a été présidé par les rois hittites Muršili II et Šahurunuwa de Karkemiš. Vient ensuite une recherche sur la famille de Zû-Ba’la.

Z

– M. ZORMAN, « La réforme de la langue hittite au XIIIe siècle av. J.-C. Un instrument au service de la construction de l’identité », in: Identité et altérité, 2010, pp. 217-226: l’a. nous offre ses réflexions personnelles sur les mots glosés dans les textes hittites, mots qui sont plus nombreux à l’époque impériale. Beaucoup de ces termes sont de nature technique, même si d’autres sont plus relatifs à la vie quotidienne. L’interprétation de l’auteur consistant à dire que les termes vernaculaires (et non pas argotiques) n’ont pas leur place dans les textes religieux qui sont plus conservateurs (p. 218) est, à mes yeux, quelque peu surprenante : le fait qu’il puisse y avoir des termes vernaculaires pour décrire une réalité religieuse « provinciale » ou tout au moins locale me paraît pourtant fort envisageable. L’auteur explore en outre le concept de « purisme linguistique », cherchant à déterminer s’il peut s’appliquer à ces mots glosés. Elle en conclut, à raison me semble-t-il, qu’un tel phénomène n’existe pas en Pays de Hatti. Pour cette raison, elle suggère une autre interprétation de l’utilisation des clous de glose. Pour elle, ceux-ci exprimeraient une forme de tabou linguistique : les clous de glose marqueraient les termes jugés « inappropriés » par le scribe. Mais la première objection que l’on peut faire à cette hypothèse est : s’ils sont inappropriés, pourquoi les conserver dans les textes ? Pourquoi, même, les mettre par écrit ? L’auteur étudie ensuite quelques exemples de ces mots glosés et, selon elle, taboués. Le champ sémantique de la mort fait souvent l’objet d’une certaine forme de tabouisation, il est vrai, d’où les nombreux euphémismes en relation avec lui. Mais dans la liste de l’auteur, on remarque, dans le domaine des tabous linguistiques, un grand absent : le domaine de la sexualité qui est pourtant le plus riche, culturellement, en tabouisations et euphémismes de tout genre avec celui de la mort. Par ailleurs, l’exemple de la faute : wašda(nt)- que choisit l’auteur est peu convaincant : ce terme et ceux relevant de la même racine sont abondamment employés sans clou de glose dans les textes hittites. S’il s’agissait d’une marque relative à la « morale », pourquoi ce terme n’est-il pas systématiquement glosé ? La même remarque est, en réalité, valide pour plusieurs mots de sa liste, un seul et même terme pouvant être tantôt sans clou de glose, tantôt avec. C’est donc qu’il est nécessaire de chercher la cause de ces clous de glose ailleurs que dans la tabouisation linguistique. Pour moi, l’hypothèse d’y voir des termes issus d’une langue vernaculaire, en opposition avec la langue de chancellerie que représente le hittite des textes, reste l’interprétation la plus vraisemblable pour le moment. [A. Mouton]

– EADEM, « Über die Gründe für die Verwendung von Glossenkeilen Im Hethischen », in: ICH 7, 2010, p. 1029-1046: l’a. revient sur sa proposition de voir dans les mots glosés des mots taboués (voir entrée précédente). Elle pense que le grand nombre de mots glosés au XIIIe siècle reflète un changement idéologique. [A. Mouton]

Sources, linguistique

A

– R. AKDOĞAN,  » ‘inan’ ile ilgili yeni bir hititçe tablet parçası », Fs Košak, DBH 25, 2007, p. 1-12 : éd. du fragment hittite AnAr 9251 conservé au musée des Civilisations Anatoliennes d’Ankara. Le texte fait allusion au dieu tutélaire (Ro 11’ : DLAMMA-aš) et comporte une conjuration (Vo 12’ : hūkkišk[anzi]). Ce texte décrit par conséquent un rituel qui est à mettre en relation avec une maladie (Ro 6’ : inan).

– EADEM, “Gurparanzah destanına birleşen bir tablet parçası”, VIth ICH, SMEA 49, 2007, p. 1-20 : éd. de nouveaux joints relatifs au mythe de Gurparanzah.

– EADEM, « Hititçe dampupi- kelimesi hakkında », Kubaba 7/15, 2010, p. 7-17: l’a. examine les acceptions du mot hittite dampupi- qui est le plus souvent traduit par « barbare ». Elle précise les connotations hittites de ce terme, à savoir « personne sans religion, étranger, indigène ». [A. Mouton]

– EADEM, « Huqqana antlaşması (A nüshası) transkripsyon ve tercümesi », Höyük 4, 2011, p. 1-77: nouvelle édition du traité de Huqqana incluant les joints que l’a. a identifiés lors de la préparation de sa thèse de doctorat. [A. Mouton]

– EADEM, « Zu einigen veröffentlichten Bo-Tafeln », AOF 40, 2013, p. 1-19: publication de 9 fragments de tablettes inédits de Hattusa. La plupart forment des joints avec des textes historiques connus. L’un d’eux appartient à l’ensemble du rituel de Mastigga contre des querelles familiales CTH 404. [A. Mouton]

– R. AKDOĞAN et J. D. HAWKINS, « Kırşehir – Yassıhöyük’ten ele geçen luvi hiyeroglif yazılı kurşun levha », Anadolu Medeniyetleri Müzesi 2007-2008, p. 7-14: éd. de la nouvelle lettre en plomb inscrite en louvite hiéroglyphique et conservée au Musée des Civilisations Anatoliennes d’Ankara. Cette lettre est envoyée par un certain Muwatalli à Tuwati, son supérieur hiérarchique. [A. Mouton]

– EIDEM, « The Kırşehir Letter: A New Hieroglyphic Luwian Text on a Lead Strip », in: 7th ICH, 2010, p. 1-16: les a. publient la lettre sur bande de plomb déjà publiée dans Anadolu Medeniyetleri Müzesi 2007-2008. Ce document néo-hittite porte à un total de cinq les documents louvites hiéroglyphiques sur bande de plomb découverts en Anatolie. Trois proviennent du site de Kululu et une de Bogazköy. Cette dernière est la seule qui date de l’époque impériale hittite. Par ailleurs, six documents similaires ont été mis au jour à Assur. Le Tuwati de cette lettre de Kırşehir pourrait être le souverain de Kululu connu par des inscriptions découvertes dans ce site. [A. Mouton]

– R. AKDOĞAN et G. WILHELM, “Hethitische und hurritische Keilschrifttafeln aus dem Besitz des Museums für Anatolische Kulturen in Ankara”, ZA 93, 2003, p. 214-230 : édition de fragments de tablettes hittites conservées au Musée des Civilisations Anatoliennes d’Ankara. Le premier fragment est un rituel de purification, le second appartient aux “chemischen Rezepte”, le troisième est un rituel festif, le quatrième également mais en langue hourrite.

– EIDEM, « Ein Täfelchen über Gerstenrationen aus Tigunānu(?) », AOF 37, 2010, p. 159-162: les a. éditent une petite tablette conservée dans une collection privée turque. Il s’agit d’une liste de rations de personnes dont les noms hourrites se retrouvent dans le prisme habiru. Pour cette raison, les a. pensent que cette tablette peut provenir de Tigunānu, ville qui n’a pas encore été localisée. [A. Mouton]

– S. ALAURA, « Fleh- und Unterwerfungsgesten in den hethitischen Texte », AOF 32, 2005, p. 375-385: l’a. examine les expressions hittites décrivant les gestes de supplication. Elle étudie notamment l’agenouillement ou encore le geste consistant à se prosterner aux pieds de quelqu’un.

– EADEM, « Gesten der Verzweiflung in den hethitischen mythologischen Texten », AoF 34, 2007, p. 149-153: sur le motif littéraire décrivant un personnage s’asseyant par terre. En comparant plusieurs épisodes de récits mythologiques dans lesquels ce même motif se retrouve, l’a. en déduit que s’asseoir par terre est une manière d’exprimer son désespoir.

– EADEM, « Aspekte der Gesten- und Gebärdensprache im ‘Ullikummi-Lied », in: Hethitische Literatur, AOAT 391, 2011, p. 9-24: étude de l’épisode du mythe d’Ullikummi pendant lequel le dieu Soleil refuse de manger et de boire avec le dieu de l’orage et l’avertit du danger constitué par le monstre de pierre. L’a. s’intéresse plus particulièrement à la communication gestuelle et aux mimiques décrites dans cet épisode. Le geste consistant à placer sa main sur son front pourrait, selon l’a., exprimer l’étonnement du dieu Soleil au moment de sa découverte d’Ullikummi. Quant à son refus de s’asseoir pour manger et boire avec son hôte, il révèle sans doute une grande émotion de la part du dieu. [A. Mouton]

– EADEM, « Proverbs and Rhetorical Strategies in § 7’ of the Hittite Instructions for Priests and Temple Personnel (CTH 264) », in: Fs Siegelova, CHANE 79, 2016, p. 1-15: l’a. examine un passage des instructions au personnel des temples dans lequel apparaît un dialogue relatif aux réactions d’une divinité lésée. Pour l’a., les deux principales sections contradictoires de ce dialogue sont des proverbes à part entière qui ont été insérés ici en tant qu’instruments de rhétorique pour mieux convaincre les membres du personnel des temples de révérer les dieux. [A. Mouton]

– B. ALEXANDROV et A. SIDELTSEV, « ‘If only we could be on good terms with each other!’ in Hittite letters », NABU 2011/23: cette note est un appendice à leur article publié dans RA 103, 2009. Les a. remarquent deux formules analogues dans deux lettres hittites : 1) KBo 18.28+ « I wish we were good to (each other), I wish we made a tablet of oath » ; 2) KUB 23.101 « If only we could be on good terms to each other! ». Ils suggèrent que ces deux textes relèvent de la correspondance diplomatique entre l’Assyrie et le Hatti. Concernant le premier texte, les a. pensent que, bien qu’un traité existait déjà entre les deux parties, le roi formulant le souhait cité ci-dessus insinue que ce traité ne lui est pas favorable. [A. Mouton]

– S. ALP, Hethitische Briefe aus Maşat-Höyük, Ankara, 1991, xv + 465 p., index, bibliogr.: éd. complète de 96 lettres remontant au règne de Tudhaliya III, et envoyées depuis la capitale aux fonctionnaires royaux de Maşat-Höyük, une place-forte de la région du Yeşilırmak. Cette correspondance donne des informations géographiques, onomastiques et administratives.

– IDEM, “Das hethitische Wort für “Gruss » in den Maşat-Briefen », in: Fs Özgüç, p. 3-8: le mot aššul, qui revient souvent dans les lettre de Maşat-Höyük, signifie “salut » et non pas “lettre » comme le pensaient les lexicographes.

– P. AMIET, “Encore à propos du sceau AO 29722″, Syria 67, 1990, p. 749-750: penche pour l’authenticité du sceau publié par M. Salvini (dans Syria 67).

– A. ARCHI, “‘Pensavano’ goli Ittiti? », SEL 12, 1995, p. 13-19: après avoir fait le point sur les divers instruments lexicographiques disponibles aujourd’hui, l’a. conteste certaines classifications terminologiques de J. Tischler, Hethitisch-deutsches Wörterverzeichnis, 1992, notamment l’entrée “compréhension, intelligence » où figurent les dérivés hatta- “penser ». Le hittite ne peut rendre cette notion que par des périphrases exprimant la sagesse plutôt que la “pensée ».

– IDEM, « Two New Hittite Documents from Northern Syria », in: 7th ICH, 2010, p. 45-51: l’a. fait le bilan des découvertes récentes de vestiges hittites en Syrie du Nord. Le site d’Ain Dara a fourni un relief représentant une déesse Istar qui pourrait dater de l’époque impériale hittite. Ce relief atteste de l’existence d’un temple datant du XIIIe siècle sur ce site. Une impression de sceau hiéroglyphique a été mise au jour sur le site d’Ebla et révèle le nom hittito-louvite de Walanani(ya), aurige de métier, ce qui correspond manifestement à un rang élevé dans l’administration palatiale hittite. L’aurige a, notamment, un rôle diplomatique. Cette empreinte de sceau indique qu’Ebla a été très probablement été intégrée dans le réseau administratif hittite au XIIIe siècle. Une tablette en langue hittite a, par ailleurs, été découverte en 2008 sur le site syrien de Tell Afes, non loin d’Ebla. Sur ce même site, un sceau inscrit en hiéroglyphe date du XIIIe siècle. Une seconde tablette découverte en 2009 à Tell Afes mentionne, comme la première, des personnes aux noms hourrites. Ces tablettes montrent que les Hittites contrôlaient la région au sud-est d’Alep à l’époque impériale, avec un gouverneur hittite qui devait siéger à Alalah, la capitale du Mukis. La région orientale devait, quant à elle, relever de la juridiction de Karkemis, également sous contrôle hittite. [A. Mouton]

– IDEM, « Hittites at Tell Afis (Syria) II. The Cuneiform Tablets », Or NS 81, 2012, p. 32-55: édition des neuf tablettes cunéiformes mises au jour à Tell Afes/Afis : trois textes en hittite et six en akkadien. Les trois documents en hittite sont des lettres qui mentionnent, entre autres choses, la ville d’Izziya (l’Issos classique et peut-être le site de Kinet Höyük) et une reine malade (peut-être Puduhepa d’après l’a.).

– IDEM, « How the Anitta text reached Hattusa », in: Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 1-13: l’a. revient sur la théorie de T. van den Hout qui proposait que le hittite n’a été mis à l’écrit qu’à partir du XVe siècle av. J.-C. Pour ce faire, il choisit le texte d’Anitta en guise de contre-exemple. Les trois topoi utilisés dans le récit, à savoir : 1) l’allusion au roi en tant que souverain bâtisseur, 2) celle du roi chasseur, et 3) les cadeaux diplomatiques reçus par Anitta de « l’homme de Purushanda » témoignent, selon A. Archi, de la connaissance des textes akkadiens par le scribe. Archi pense que le texte d’Anitta a été originellement rédigé en paléo-assyrien, car c’est cette langue et le ductus correspondant qui étaient utilisés par la chancellerie de Nesa/Kaneš. Pour cette raison, il rejette la possibilité de voir dans la version hittite du texte d’Anitta la traduction d’un original rédigé en babylonien. L’a. pense que le ductus syrien utilisé sur les quelques tablettes attestées Old Script pourrait avoir été adopté par les Anatoliens avant même la fin des comptoirs marchands assyriens. [A. Mouton]

– A. ARCHI et F. PECCHIOLI DADDI (éd. ), Studi di Ittitologia in onore di Onofrio Carruba (= Fs Carruba), Or NS 73/4, 2004.

B

-A. BAUER, « Der phorische Skopus des hethitischen Pronomens vom Stamm –a-« , in : E. Rieken/P. Widmer (ed.), Pragmatische Kategorien. Form, Funktion und Diachronie, Wiesbaden, 2009, p. 1-13: l’a. montre que le pronom de rappel -a- peut porter sur une à trois propositions. Elle montre également que la structure des phrases est plus complexe dans les textes relevant entièrement de la tradition écrite, à l’inverse de ceux reflétant en partie le discours oral (lettres et prières). [A. Mouton]

– G. BECKMAN, “An Anatolian Miscellany », SMEA 32, 1993, p. 111-121: éd. de sept textes de diverses provenances et époques. Le lot comporte 3 fragments hittites, deux textes paléo-assyriens (une lettre ordonnant le remboursement à terme de 10 sicles d’argent avec intérêts moratoires au-delà du terme; un prêt d’argent à intérêt), un achat ou une concession de terre hittite du XIIIe s. et deux sceaux anatoliens.

– IDEM, « Two New Hittite Hieroglyphic Seals », Fs Lebrun I, 2004, p. 65-68 : édition de cachets hiéroglyphiques conservés dans une collection privée. Sur l’un des deux sceaux, l’auteur identifie un signe hiéroglyphique jusqu’alors inconnu de nous et qui pourrait désigner une profession.

– IDEM, « Primordial Obstetrics. ‘The Song of Emergence’ (CTH 344) », in: M. Hutter et S. Hutter-Braunsar (éds), AOAT 391, 2011, p. 25-33: l’a. revient sur la découverte de C. Corti du titre de la « Théogonie » du Cycle de Kumarbi et propose de traduire ce titre « Chant de l’émergence », en référence à la naissance des dieux issus de l’union forcée entre Anu et Kumarbi. Le texte se focalise sur ces naissances successives, toutes problématiques. [A. Mouton]

– J. BERMAN, « Bovine Spatial Intelligence in Hittite and Biblical Literature », Journal of Northwest Semitic Languages 40, 2014, p. 1-7: l’a. examine une métaphore employée deux fois dans le traité de Šunaššura avec Tudhaliya (CTH 41), à savoir celle du gros bétail qui a choisi son étable. Une image analogue se retrouve, selon l’a., dans deux passages de l’Ancien Testament. Le premier passage, 1 Sam 6, décrit des prêtres philistins laissant des vaches choisirent leur chemin (mais en ayant attaché leurs veaux à l’étable au préalable) en vue de déterminer l’origine d’une épidémie. Au lieu de retourner auprès de leurs veaux comme leur instinct devrait le leur imposer, les vaches se dirigent dans la direction opposée, ce qui confirme une origine divine à l’épidémie. Le second passage, Isa 1:3a indique « le boeuf connaît son maître ». [A. Mouton]

– Ö. BILGI, « Ikiztepe’den ‘W’ kabartma bezekli kap », Fs Hayat Erkanal, 2006, p. 158-161 : l’a. a découvert sur plusieurs vases provenant du site d’Ikiztepe un motif en double chevron ressemblant au signe hiéroglyphique « W » du dieu de l’orage. Selon lui, ce motif est déjà à considérer comme monogramme sur les vases d’Ikiztepe malgré leur datation très haute (24e siècle avant J. -C.).

– N. BOLATTI GUZZO et M. MARAZZI, « Note di geroglifico anatolico », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 11-28: les a. examinent le signe hiéroglyphique *461 qui apparaît notamment pour former le nom de la divinité tutélaire Ala. Ils considèrent donc que ce signe doit se lire ALA, que ce soit dans le nom divin ou dans les noms de personnes. Ils identifient en outre la divinité Ala sur le célèbre rhyton en forme de cerf de la collection Schimmel : il s’agirait de la divinité assise devant les deux lances et dont l’inscription se trouvant devant son visage se lirait « Ala, fille divine » (á(DEUSx.FILIA).⌈*461⌉). Les auteurs reviennent également sur la distinction que fait J. D. Hawkins entre *19 et *521 (BoHa 19, 2005, p. 288-289). Ils suggèrent que la lecture phonétique de *521 est en réalité ax, ceci notamment à la lumière de la nouvelle lecture de *461. Cela ne remet pas en cause la différenciation que fait J. D. Hawkins entre *19 et *521, puisque ce dernier a parfois une valeur logogrammatique, plus particulièrement celle d’un verbe, ce qui n’est pas le cas de *19. [A. Mouton]

– J. BOLEY, Dynamics of transformation in Hittite. The Hittite particles -kan, -astan and -san, IBS 97, 2000.

– EADEM, « The Storyteller’s Art in Old Hittite. The Use of Sentence Connectives and Discourse Particles », RANT 1, 2004, p. 67-110 : l’a. examine la manière de construire la narration dans les textes en langue vieil hittite, et plus particulièrement la manière d’articuler les propositions et de mettre l’emphase sur certains de leurs éléments. Elle en déduit notamment que l’enclitique –a, généralement considéré comme un simple adversatif, servirait plutôt dans la langue vieil hittite à provoquer une rupture dans la narration en mettant l’emphase sur un élément mis en première position tout en reliant la nouvelle proposition à l’ancienne. L’a. examine également les autres particules de phrase connues dans la langue hittite et leur attribue une connotation différente pour chacune, à l’instar de nos mots de liaison.

– J. BÖRKER-KLÄHN, « Hethitisch bei Homer und anderen ‘Griechen’? », Fs Hayat Erkanal, 2006, p. 170-184 : l’a. suggère qu’un terme hittite (ais- « bouche ») est utilisé dans un passage de l’Iliade d’Homère. Le même phénomène serait également observable dans des inscriptions d’Ephèse datant du milieu du 4e siècle av. J. -C. (idée développée par Helck en 1979). L’a. propose toutefois de décomposer cette phrase cryptique des inscriptions d’Ephèse d’une manière sensiblement différente de celle de Helck. Elle examine ensuite le terme lukabas que l’on retrouve dans l’Odyssée, le rapprochant du hittite lukk- « briller; se lever (pour le jour) ».

– C. BROSCH, « Zu zwei hethitischen Hapax Legomena », in: Fs Nowicki, DBH 45, 2014, p. 27-32: l’a. examine deux hapax legomena hittites : ūrta- et pariššān. Le terme ūrta- intervient dans un texte de serment militaire KUB 43.38 Vo 23. Le texte indique notamment : « Que le dieu Lune frappe à plusieurs reprises ce qui (est dans?) leurs têtes (…) ; que le dieu Lune fasse des ūrta- dans leurs […] intérieurs ! » (cité par l’auteur p. 28). En raison de cet extrait qui impose un sens péjoratif à ūrta-, l’auteur propose d’y voir le nom d’une maladie touchant les entrailles d’une personne. Il suggère une étymologie indo-européenne signifiant « crampe ». Quant à pariššān, il apparaît dans la bilingue hourro-hittite de l’épopée de la libération et plus particulièrement KBo 32.15 iii 15 qui correspond à la section en hittite. Le texte indique : « (C’est) moi (qui) l’ai donné, le pariššān, mais ma ville ne va pas le donner. Le fils de Pazz[anik]arri, Zazalla, ne va pas donner la libérati[on]. » Le terme pariššān est donc mis en parallèle avec celui de libération (hittite parā tarnumar et hourrite kirenzi) dans ce passage. L’auteur pense que pariššān est formé sur le louvite pari « devant, en face de » et sā- « laisser », ce qui ferait de lui l’exact équivalent du hittite parā tarnumar. [A. Mouton]

C

– H. ÇAMBEL, Corpus of Hieroglyphic Luwian Inscriptions II, Karatepe-Arslantaş, Untersuchungen zur indogermanischen Sprach- und Kulturwissenschaft NF 8.2, 1999: il s’agit surtout de l’étude de la version phénicienne de l’inscription. Cependant, la version louvite hiéroglyphique a été copiée par J. D. Hawkins et figure à la fin de l’ouvrage.

– M. CAMMAROSANO, « 3D-Joins und Schriftmetrologie. A Quantitative Approach to Cuneiform Palaeography », in: E. Devecchi et al. (éds), Current Research in Cuneiform Palaeography, Gladbeck, 2015, p. 145-186: l’a. souhaite promouvoir une approche quantitative de la paléographie cunéiforme, sur le modèle de celle mise en place pour les écritures romaines. Pour ce faire, il insiste sur la nécessité d’une homogénéisation de la terminologie du cunéiforme et plus particulièrement des parties constituantes de chaque signe de cette écriture. L’a. revient également sur le caractère vague du terme « ductus », qui reflète soit un aspect particulier d’une écriture (l’inclinaison, l’espacement, etc.), soit l’écriture elle-même selon les auteurs. L’a. suggère d’utiliser plutôt les termes suivants : 1) « écriture » (script) pour désigner les traditions scribales (par ex. l’écriture hittite) ou l’écriture en général ; 2) « main » (hand/handwriting) pour les caractéristiques relevant d’un scribe en particulier ; 3) « forme de signe » (sign form/shape) désignant le nombre et la configuration des clous pour chaque signe ; 4) « ordre des impressions » (order of strokes) décrivant l’ordre selon lequel les clous ont été imprimés pour chaque signe ; 5) « équilibre » (equilibrium) ou « ductus » pour décrire l’impression générale provoquée par l’écriture (inclinaison, espacement, profondeur et relation entre les signes). L’a. nous met en outre en garde, à la suite de G. Wilhelm et d’autres auteurs, vis-à-vis de la possible hétérogénéité des formes de signes pour une seule main de scribe, d’où la nécessité de faire une étude statistique des signes et de ne pas se baser sur une seule occurrence de ces signes. L’a. cherche aussi de définir l’écriture cursive, en opposition à l’écriture de bibliothèque. Pour lui, la première se caractérise par des signes moins profondément imprimés dans l’argile et dont la forme peut être simplifiée, dans un souci de gain de temps. Les signes cursifs ont également souvent leurs verticaux qui penchent vers la droite. [A. Mouton]

– O. CARRUBA (éd. ), Per una grammatica ittita. Towards a Hittite Grammar, Studia Mediterranea 7, Pavie, 1992, vii + 353 p.: réunion de douze contributions sur la grammaire hittite.

– J. CATSANICOS, “L’apport de la bilingue de Hattuša à la lexicologie Hourrite », Amurru 1, p.197-296: analyse lexicologique de la bilingue hourro-hittite, exhumée en 1983 à Hattuša.

– B. CHRISTIANSEN, « Der Blick aus dem Fenster. Bemerkungen zu einem literarischen Motiv in einigen Texten des hethitischen Schirfttums und des Alten Testaments », in: Fs Košak, 2007, p. 143-152: l’a. examine le motif présent dans le traité de Suppiluliuma Ier avec Hukkana de Hayaša, motif qui consiste à décrire une personne regardant par la fenêtre et étant ainsi témoin d’un acte à connotation sexuelle. Ce motif se retrouverait dans l’Ancien Testament, selon l’a. et aurait une origine littéraire. [A. Mouton]

– Y. COHEN, « Akkadian Omens from Hattuša and Emar: The šumma immeru and šumma ālu Omens », ZA 97, p. 233-251 : l’a. édite plusieurs fragments de textes provenant de Bogazköy et contenant des passages des recueils mésopotamiens de divination šumma immeru et šumma ālu. Il s’interroge, dans ce contexte, sur le mode de transmission de ces compositions étrangères, qui se retrouvent presque à l’identique à Emar.

– IDEM, « The Ugu-mu Fragment from Hattusa/Bogazköy KBo 13.2 », JNES 71, 2012, p. 1-12: la liste lexicale Ugu-mu énumère les parties du corps humain, ainsi que les phénomènes qui leur sont directement associés. C’est un témoignage précieux de la perception mésopotamienne du corps. Le fragment KBo 13.2 représente une version trilingue sumérien – akkadien – hittite de ce texte. Seule la partie hittite est suffisamment bien préservée pour être commentée. Elle correspond vraisemblablement à la fin de la liste lexicale, mentionnant certains phénomènes physiologiques. Elle montre un certain degré d’adaptation du modèle mésopotamien, puisant ses références d’autres textes issus de la tradition scribale. Ainsi, l’a. met en évidence l’ingénuité des scribes hittites qui ne se contentaient pas de recopier sans réfléchir les modèles mésopotamiens mais utilisaient ces supports pédagogiques aussi pour leur contenu savant. [A. Mouton]

– V. CORDANI, « Aspects of Heroic Kingship in Hittite Literature », KASKAL 10, 2013, p. 221-234:  contrairement aux rois sumériens et akkadiens, les Grands Rois hittites ne mettent pas en avant leur héroïsme dans leurs textes historiques. Pas de grandes batailles mettant en scène le roi, pas de description de la force extraordinaire du souverain. L’a. pense que cette différence avec les textes mésopotamiens anciens est due au genre même des textes historiques hittites qui n’acquièrent pas la fonction d’épopées royales. Seul Hattusili Ier échappe quelque peu à ces observations, car les textes relatifs à son règne s’imprègnent plus largement des motifs d’héroïsme royal présents dans les épopées royales akkadiennes (Sargon et Naram-Sin). Les Grands Rois hittites se seraient par la suite éloignés de ces modèles akkadiens en abandonnant leur caractère héroïque. [A. Mouton]

– C. CORTI, « The so-called ‘Theogony’ or ‘Kingship in Heaven’. The Name of the Song », SMEA 49, 2007, p. 109-121: l’a. propose un joint direct entre le petit fragment KBo 52.10 (1194/u) et KUB 33.120++ qui correspond à la « Théogonie » du Cycle de Kumarbi. Grâce à ce joint, l’a. propose de lire sur le colophon le nom de cette composition de la manière suivante : SÌR GÁxÈ.A (= SÌ[R parā p]āwaš sur l’exemplaire en hourrite KUB 47.56). Bien que l’a. propose de traduire cet ensemble « Chant de la genèse/du début », la traduction plus littérale de « Chant de l’émergence », pour faire référence à l’émergence de Tešub et de ses frères et soeurs hors du corps de Kumarbi, paraît plus approprié, pace G. Beckman, AOAT 391. [A. Mouton]

– P. COTTICELLI-KURRAS/A. HAGENBUCHNER-DRESEL, Hethitisches Wörterbuch 2te Auflage Band 3 Lieferung 16, 2004.

D

– L. d’ALFONSO, « Ein neues hethitisches Stempelsiegel aus Anatolien », AOF 36, 2009, p. 319-323: l’a. étudie un sceau issu de la collection privée d’Olaf Sprenger. Sur ce sceau le nom d’un fonctionnaire de l’Etat portant le titre héiroglyphique AURIGA, le nom du personnage serait ku-AVIS-la-ya, à lire Kukula(ya), selon l’a.

– P. DARDANO, « Un caso di interferenza linguistica in area microasiatica: su alcuni antroponimi composti del panfilio », RANT 4, 2007, p. 21-43: l’a. analyse certains noms propres de personnes en pamphylien qui ont la particularité de contenir une voyelle de liaison -a-. D’après l’a. aucun écho grec à proprement parler ne peut être trouvé à cette voyelle de liaison, alors que celle-ci se retrouverait en louvite.

– EADEM, « ‘Guardare gli occhi del re’ : per l’analisi di una formula antico-ittita », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 47-60: l’a. cherche à déterminer le sens précis de l’expression « regarder les yeux (de quelqu’un) » qui apparaît dans une « Chronique du palais », KBo 3.28, ainsi que dans le fragment historique vieil-hittite KBo 3.24+ et dans la lettre KUB 26.89. Selon elle, cette expression indiquerait que la personne qui regarde les yeux du roi a été autorisée à se tenir en sa présence. L’auteur montre en outre qu’une expression similaire et véhiculant le même sens se retrouve en akkadien, à savoir ēn(ē) x amāru(m). Pour cette raison, elle propose de voir dans la formule hittite un calque de l’akkadien, et plus particulièrement du paléo-assyrien. [A. Mouton]

– EADEM, « La veste della sera: echi di fraseologia indoeuropea in un rituale ittito-luvio », in: Fs Mayer, Quaderni di Vicino Oriente 5, 2010, p. 75-84: l’a. examine l’utilisation du verbe « se vêtir de » + un nom de couleur en association avec le ciel ou la lune dans les deux rituels louvites de Pittei relatifs au phénomène de la naissance. Pour elle, la métaphore consistant à représenter le soir comme un personnage qui se vêt d’un manteau est un trait culturel indo-européen. Le latin vesper et le grec esperos peuvent, en cela, être associés au hittite waspa- « veste (du mort) ». [A. Mouton]

– EADEM, « Zur anatolischen Morphosyntax: das Suffix -(a)nt- und seine Bildungen », in: 7th ICH, 2010, p. 173-188: l’a. réexamine les emplois du suffixe hittite -ant- qui a auparavant parfois été appelé « ergatif » ou « pseudo-ergatif ». L’a. pense que ce suffixe sert à faire un nom animé à partir d’un inanimé (personnification). Lorsqu’il est ajouté à un adjectif, le suffixe -ant- pourrait avoir une fonction « individualisante », c’est-à-dire qu’il pourrait servir à distinguer l’adjectif auquel il s’attache aux autres éléments de la proposition. Cette fonction individualisante découle vraisemblablement de la fonction personnifiante qui est la fonction première de ce suffixe. [A. Mouton]

– EADEM, « Die Worte des Königs als Repräsentation von Macht: Zur althethitischen Phraseologie, RAI 54, 2012, p. 619-636: l’a. examine deux motifs de la phraséologie vieil-hittite. Le premier est celui qui consiste à désigner la mer comme la frontière des territoires conquis par le Grand Roi. Pour l’a., deux motifs proches doivent être distingués dans les textes hittites. Dans les textes religieux hatto-hittites, la mer est vue comme le lieu d’où peut provenir le pouvoir royal. Ce motif serait d’origine hattie. A l’inverse, celui consistant pour le Grand Roi à atteindre la mer et à en faire une frontière de son empire est tout droit issu de la tradition littéraire akkadienne. Le second motif étudié par l’a. est l’expression « manger et boire » lorsqu’elle est utilisée dans les textes historiques vieil-hittites. L’a. pense que cette expression est utilisée pour faire allusion au bannissement d’un ennemi. Ce n’est toutefois pas le cas si le pain et l’eau sont mentionnés en guise d’objets directs. Ce second motif pourrait être propre à l’Anatolie hittite. [A. Mouton]

– EADEM, « Šanda e i Hurriti : nota su KBo 3.34 I 24-25 », in: Fs Nowicki, DBH 45, 2014, p. 41-49: l’a. réétudie un passage des Chroniques du Palais, à savoir KBo 3.34 i 24-25 dans lequel un certain Šanda est mentionné en association avec les Hourrites. Le sens exact du passage dépend de la lecture du verbe dont « les Hourrites » sont l’objet direct. Les deux lectures envisagées sont : na-ah-ta « il craignait » ou tar-ah-ta « il vainquit ». Le texte d’Uršu CTH 7 fait, lui aussi, allusion à un Šanda qui est, lui, un fonctionnaire informant le roi des opérations militaires. Il semble donc qu’il était un responsable militaire hittite. Selon l’auteur, ce second Šanda serait le même que celui des Chroniques du Palais. Haššu qui est mentionnée en relation avec Šanda et les Hourrites dans ce même passage des Chroniques est connue pour s’être rebellée contre le pouvoir central hittite et pour avoir été conquise ou reconquise par Hattušili Ier (selon ses annales). Pour toutes ces raisons, l’auteur suggère de lire, dans le passage des Chroniques sur lequel elle se penche, hurlaš=(š)a tarahta « Le Hourrite avait le pouvoir » (tarh- sans la particule enclitique –za et sans objet direct), où hurlaš serait un nominatif singulier à sens collectif. Quant à l’enclitique –a/-ya utilisé après hurlaš, l’auteur explique sa présence par le caractère tardif de la copie. Le scribe aurait, selon elle, confondu –a/-ya avec la conjonction de coordination enclitique –a/-ma qui est plus attendue dans ce contexte. La phrase qui suit immédiatement hurlaš=(š)a tarahta indique : nu ešhe penniš « Il retourna auprès de (son) maître », action dont le sujet sous-entendu est vraisemblablement Šanda. Ainsi, ce passage ferait allusion à la rébellion de Šanda au bénéfice des Hourrites alors qu’il était à Haššu. [A. Mouton]

– A. DAUES, « Zur Korrelation der hethitischen Konjunktion kuitman mit dem Verbalsuffix –ske-, in: Fs Melchert, 2010, p. 9-18: l’a. examine une suggestion de Melchert de voir un lien entre le sens »pendant que, aussi longtemps que » de kuitman et la présence d’un verbe en –ske- ou à sens duratif, d’une part, et, d’autre part, entre le sens « jusqu’à ce que » de cette même conjonction et l’absence d’une telle forme verbale en –ske– ou la présence d’un verbe à répercussion ponctuelle. La seule exception à cette règle semble être en cas de présence de la négation nawi « pas encore » qui, combinée à kuitman dans son sens de « pendant que, alors que », ne nécessite pas de forme verbale en -ske-. L’a. remarque en outre que, contrairement à ce qu’indique la grammaire de Hoffner et Melchert, le sens de la conjonction kuitman n’est pas lié à la position de la subordonnée par rapport à la principale. Hoffner et Melchert pensaient en effet que « jusqu’à ce que » se trouvait toujours dans une subordonnée située après la principale. L’a. montre que ce n’est pas le cas. [A. Mouton]

– EADEM, « Stellung und Funktion der selbständigen Personalpronomina der 1. und 2. Person in den hethitischen Gebeten », in: Fs Nowicki, DBH 45, 2014, p. 51-60: l’a. recense les fonctions des pronoms personnels autonomes des première et deuxième personnes du singulier dans les textes de prières hittites. L’auteur confirme que l’utilisation de ces pronoms au nominatif peut servir à insister sur les personnes désignées par eux ou à créer un contraste avec une autre personne exprimée, en particulier quand ces pronoms sont placés en début de phrase. Elle rappelle également leur caractère indispensable dans le contexte des phrases nominales. Concernant la position des pronoms personnels autonomes en fin de phrase nominale, l’auteur suggère dans ce cas une influence de l’akkadien, beaucoup des textes de prières hittites étant en effet des traductions de modèles babyloniens. D’après l’auteur, les textes de prières les plus anciens utilisent principalement le pronom personnel autonome de la deuxième personne en début et en fin de phrase pour interpeler la divinité. En revanche, les textes plus récents utilisent surtout le pronom personnel autonome de la première personne toujours placé au début de la phrase et jamais à la fin. La disparition du pronom à la fin de la phrase pourrait être due au développement des phrases nominales en –za telles que les a décrites Hoffner en 1969. Quant à la prédominance de la première personne sur la deuxième, elle pourrait illustrer une plus grande attention apportée au locuteur, ce qui est surtout caractéristique des arkuwar « prières-plaidoyers ». [A. Mouton]

– J. DE KUYPER, « Some Aspects related to Hittite-Accadian Bilinguism in Royal Inscriptions », RAI 34, p. 93-98: rôle de l’accusatif dans l’inscription bilingue de Hattušili I.

– G. DEL MONTE, “Bier und Wein bei den Hethitern », in: Fs Houwink ten Cate, p. 211-224: à propos du vocabulaire de la bière et du vin (kaš.geštin, dug.ka.gag(a)).

– S. DE MARTINO, « Problemi di traduzione per antichi scribi ittiti: la redazione bilingue del “canto della liberazione » « , Hethitica 14, 1999, p. 7-18: l’a. étudie le texte bilingue hourro-hittite en mettant l’accent sur la démarche de traducteur du scribe hittite qui a rédigé son texte à partir de l’original hourrite.

– IDEM et F. IMPARATI, « La ‘mano’ nelle più significative espressioni idiomatiche ittite », in: L. Agostiniani et al. (eds), do-ra-qe pe-re. Studi in memoria di Adriano Quattordio Moreschini, Pise-Rome, 1998, p. 175-185: les a. examinent en contexte plusieurs expressions idiomatiques hittites autour de la main, à savoir 1) « chercher la main » (c’est-à-dire sans doute demander la protection de quelqu’un et se soumettre à lui); 2) « prendre (par/dans) la main » (c’est-à-dire, selon les a., conférer le pouvoir royal à quelqu’un, même si cette expression a, à mes yeux, un sens plus vaste dans certains contextes); 3) « tenir (par) la main » (c’est-à-dire guider quelqu’un); 4) « placer dans la main » (c’est-à-dire soumettre (quelque chose ou quelqu’un) à l’autorité de quelqu’un d’autre), etc. Toutes ces expressions idiomatiques associent étroitement la main à la notion de pouvoir. [A. Mouton]

– E. DEVECCHI, « The So-called ‘Mixed Ductus’ in the Akkadian Texts from Boğazköy », in: E. Devecchi (éd.), Palaeography and scribal practices in Syro-Palestine and Anatolia in the Late Bronze Age, PIHANS 119, 2012, p. 47-63: l’a. déplore l’absence d’outils adéquats pour étudier la paléographie des textes akkadiens de Hattuša, seule l’étude de D. Schwemer sur les textes rituels akkadiens comblant en partie cette lacune. L’a. répertorie 3 grandes catégories de ductus pour ces textes : 1) le ductus hittite ; 2) le ductus non-hittite : « syrien », « syrien du nord » ou « assyro-mitannien » selon les auteurs ; 3) le « ductus mixte », notion introduite par D. Schwemer. Ce dernier ductus présente un mélange de signes hittites et non-hittites. C. Mora et M. Giorgieri avaient suggéré que certains scribes de Hattuša apprenaient deux ductus différents, un pour la langue hittite et un pour l’akkadien, ce dernier étant plus fidèle à la tradition scribale  à l’origine de leur formation en akkadien. Ainsi, ils auraient appris conjointement la langue akkadienne et le répertoire des signes « syriens ». En contexte akkadien, certains signes interprétés comme NS seraient en réalité issus de la tradition « assyro-mitanienne ». L’a. examine ensuite KBo 1.8+ (traité de Hattušili III et Bentešina d’Amurru) qui illustre, selon elle, le « ductus mixte ». Etant donnée la nature des fautes présentes dans le manuscrit, l’a. pense que le scribe de ce texte est un Hittite qui écrit sous la dictée, ce qui signifierait que le « ductus mixte » proviendrait des scribes hittites associant à l’akkadien un ductus non-hittite. Etant donné les particularismes linguistiques du texte, la personne qui aurait dicté cette tablette serait originaire de la Syrie du nord. [A. Mouton]

– EADEM, « Treaties and Edicts in the Hittite World », in: RAI 54, 2012, p. 637-645: l’a. met en évidence les différences qui séparent les traités de vassalité entre le Hatti et ses sujets syriens et les édits hittites retrouvés à Ougarit. Outre le fait que les premiers impliquent un serment de fidélité, leur format est tout à fait différent de celui des édits d’Ougarit. La forme en coussin et la présence d’une empreinte de sceau au milieu des édits rapprochent ceux-ci des Landschenkungsurkunde, et leur donnent un caractère administratif. Les traités étaient quant à eux conservés dans les temples, les dieux des deux pays partenaires servant de témoins. L’a. remarque en outre des particularismes dans l’orthographie et le ductus des édits d’Ougarit. Elle reprend l’idée d’Otten et de Neu de voir dans ces textes le produit des scribes de Karkemis. [A. Mouton]

– A. DINÇOL, « A Hieroglyphic Seal Impression from Samsat », Belleten 215, 1992, p. 3-4: étude du sceau de Zuzuli, cocher du roi de Karkemiš.

– A. et B. DINÇOL, “Über die Bedeutung des Wortes hantijarahha im Hethitischen », Anatolica 22, 1996, p. 195-202: le terme se rapporte à l’ornement frontal du bœuf de sacrifice, et désigne donc un objet porté par l’animal exclusivement; il n’a rien à voir avec une décoration vestimentaire. KUB XL 102, qui contient la seule référence à ce terme, décrit un rituel concernant les prêtres purapši, qui tiennent deux bœufs à cornes d’or et des masques faciaux en or.

– EIDEM, « Die hethitische Hieroglyphenbulle aus Soloi », Fs Lebrun I, 2004, p. 201-206 : étude l’empreinte d’un cachet inscrit en écriture hiéroglyphique découvert à Soloi, dans les environs de Mersin.

– EIDEM, « Ein neues hethitisches Hieroglyphensiegel aus Westanatolien in der Perk-Sammlung », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 99-100: les a. publient un sceau inscrit en écriture hiéroglyphique dont la forme rappelle les sceaux mis au jour dans deux sites de l’Anatolie occidentale, à savoir Troie et Metropolis. Il s’agirait donc d’un de ces rares témoignages archéologiques de l’époque hittite de la zone culturelle louvite. Les deux noms propres inscrits sur le sceau, Asugami et Parimiyana, sont sans parallèle dans l’onomastique louvo-hittite. [A. Mouton]

– EIDEM, « Drei hieroglyphische Tripodstempel aus der Perk Sammlung », in: Fs Donbaz, 2010, p. 87-89: les a. publient trois sceaux tripodes inscrits en louvite hiéroglyphique et conservés dans la collection Perk. Le premier fournit l’inscription Pa-tu-ti PASTOR et équivaut vraisemblablement au nom Padutti attesté dans les textes cunéiformes. Le deuxième indique : He/a-pa-DARE BONUS2.FEMINA « Hepapiya, bonne femme ». Ce nom est bien connu des inscriptions cunéiformes et hiéroglyphiques. Le troisième sceau indique : Ti-VIR-zi/a SCRIBA « Tiziti, scribe », nom dont on ne connaît pas d’équivalent cunéiforme à l’heure actuelle. Les trois sceaux dateraient du XIIIe siècle, selon les a. [A. Mouton]

– M. DOĞAN-ALPARSLAN, « Hititçe metinlerde ‘reverans yapmak’: aruwai- ve hink- fiilleri üzerine bir deneme”, dans : I. Delemen et al. (éd.), Euergetes. Fs H. Abbasoğlu, Antalya, 2008, p. 389-403 : à travers l’étude contextuelle des deux verbes hittites aruwai- et hink- dont le sens est manifestement proche, l’a. suggère une équivalence systématique entre le hittite aruwai- et les formes conjuguées du verbe akkadien ŠUKÊNUM. Son interprétation se base principalement sur l’association entre chacun des deux verbes hittites et les personnages auteurs de ces actions dans les textes. L’a. étudie également les personnes ou les choses destinataires de ce geste rituel.

– EADEM et M. ALPARSLAN, « Ein hethitisches Siegel aus Amasya – Oluz Höyük », AoF 37, 2010, p. 302-305: les a. publient un sceau inscrit en écriture hiéroglyphique découvert sur le site d’Oluz Höyük. Les a. ne proposent pas de lecture pour les deux signes inscrits sur ce sceau. Le premier signe est clairement CERVUS alors que le second ressemble au signe URBS. Il paraît toutefois un peu surprenant de n’avoir qu’un nom de ville sur un sceau, car les sceaux portent généralement un nom de personne. Si le second signe n’est pas URBS, il pourrait peut-être s’agir d’une variante du signe su, mais un nom CERVUS-su n’est pas, à ma connaissance, attesté dans les textes ou empreintes de sceaux hittites. Ainsi, la lecture de ce sceau est quelque peu problématique et mériterait d’être examinée plus en détails. [A. Mouton]

– St. DURNFORD et J. AKEROYD, « Anatolian marashanha and the many uses of fennel », AnSt 55, 2005, p. 1-13: les a. reviennent sur la pratique consistant à maudire un territoire ennemi conquis et à y semer la plante ZÀ.AH.LI. Grâce à la liste lexicale d’Ortaköy Or 95/3, nous connaissons dorénavant la lecture hittite de ce sumérogramme, à savoir marašhanha-Les a. suggèrent de traduire ce nom de plante par « fenouil », et non pas « cresson » comme cela est généralement proposé. Le fenouil pousse à l’état sauvage en Méditerranée et ses propriétés médicinales correspondrait, selon les a., aux allusions faites à la plante ZÀ.AH.LI dans les textes hittites. En outre, les a. rapprochent le nom hittite ou louvite marašhanha- du grec ancien marath(r)o- qui signifie « fenouil ». [A. Mouton]

E

– H. EICHNER, »Laudatio hostiae und laudatio victimae im Palaischen », Hethitica 16, 2010, p. 39-58: l’a. cherche à proposer une traduction pour deux incantations palaïtes, l’une mentionnant du pain, l’autre un animal sacrificiel. Pour ce faire, il se base sur d’éventuels parallèles en langue hittite. [A. Mouton]

F

– R. FRANCIA, Le funzioni sintattiche degli elementi avverbiali di luogo ittiti anda(n), āppa(n), katta(n), katti-, peran, parā, šer, šarā, Studia Asiana 1, 2002.

– EADEM, « The Poetic Style of the Direct Speeches in the Hittite ‘Parables’ of the ‘Epos der Freilassung’ », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 65-71: contrairement à ce qui a été écrit auparavant, l’a. pense que les scribes hittites ont cherché à transcrire au plus près le style poétique de la version hourrite du Chant de Libération en hittite en employant à leur tour toute une série de procédés littéraires : rimes, chiasmes, assonances, etc. [A. Mouton]

– EADEM, « Storia degli studi sulla poesia ittita e una nuova chiave di lettura di un testo ‘classico’ : CTH 414 », SMEA suppl. 1, 2012, p. 79-105: l’a. recherche les traces d’une poésie anatolienne ne résultant pas de la traduction d’un modèle étranger. Elle considère le court « Chant de Nesa » comme appartenant à cette catégorie. Elle se penche en outre sur CTH 414, le rituel de fondation d’un palais royal, qui présente, selon elle, des éléments poétiques. Elle propose, notamment, de voir des figures d’allitérations et de métaphores dans plusieurs sections. [A. Mouton]

– J. FRIEDRICH et A. KAMMENHUBER, Hethitisches Wörterbuch Bd III: H, Lieferung 11, Heidelberg, 1991.

– EIDEM et I. HOFFMANN, Hethitisches Wörterbuch II. völlig neubearbeitete Auflage auf der Grund der edierten hethitischen Texte, III/14: H, Heidelberg, 2000: éd. augmentée du dictionnaire de J. Friedrich, concernant les termes commençant par la lettre H.

– E. FRITZSCHE, « GA.KIN.AG EMṢU im Hethitischen », AoF 38, 2011, p. 15-62: l’a. s’interroge à juste raison sur le sens précis de l’akkadogramme EMṢU qui est traditionnellement traduit par l’anglais « rennet » (français « présure ») sans que cela soit certain. Etudiant les divers contextes dans lesquels cet akkadogramme apparaît dans le corpus hittite, l’a. en déduit qu’il s’agit plus particulièrement d’un agent utilisé en boulangerie. Elle propose pour cette raison de traduire EMṢU par « levain ». [A. Mouton]

– F. FUSCAGNI, « An Unpublished Hittite Fragment of an Evocation Ritual: 894/z », KASKAL 6, 2009, p. 77-83: l’a. publie le fragment hittite inédit 894/z qui énumère, entre autres choses, des dons d’oiseaux dans un contexte cultuel hourrite. D’après l’a., la même séquence ne se retrouve que dans CTH 484, un rituel d’évocation aux déesses-mères et aux Gulšeš. [A. Mouton]

G

– J. L. GARCIA RAMON, « Idiome in hethitischer Literatur und in griechischer Dichtung. Anatolische bzw. akkadische Lehnübersetzungen oder indogermanische Phraseologie? », AOAT 391, 2011, p. 83-97: l’a. revient sur les supposés emprunts littéraires à l’Anatolie hittite dans la littérature grecque et homérique. Il se demande si ces emprunts sont bien d’origine hittite ou s’ils remontent à l’indo-européen. Pour certains d’entre eux, il y a même tout lieu de croire, à la suite de l’a., qu’il s’agit de motifs universels, comme dans le cas de l’expression « monter au ciel » qui n’a – à mes yeux – rien d’exclusif aux langues indo-européennes. [A. Mouton]

– J. V. GARCIA TRABAZO, « Luwische Zehen oder Zehennägel ? », in: Fs Nowicki, DBH 45, 2014, p. 65-69: l’a. étudie l’adjectif génétival louvite patašša- « du pied » qui a aussi le sens nominal d’« orteil » ou d’« ongle d’orteil » selon l’auteur. Il compare ce terme à plusieurs noms indo-européens de l’orteil, montrant que le louvite a adopté une stratégie différente des autres : au lieu d’utiliser le terme « doigt », il a construit un adjectif basé sur pāta- « pied ». [A. Mouton]

– R. GERARD, « Le(s) nom(s) de la montagne en louvite », RANT 3, 2006, p. 245-251 : sur la possiblité de lire MONS wati- et HUR.SAG watti-.

– A. GILAN, « Bread, Wine and Partridges – A Note on the Palace Anecdotes (CTH 8) », Fs Košak, 2007, p. 299-304 : l’a. suggère que les « anecdotes du palais » étaient énoncées lors d’un banquet durant au moins 3 jours et que mentionne le texte lui-même. Ce banquet aurait participé à une fête religieuse à l’occasion de laquelle on aurait célébré le roi défunt Hattušili I.

– IDEM, « Der Puhanu-Text – Theologischer Streit und politische Opposition in der althethitischen Literatur », AoF 31, 2004, p. 263-296: l’a. réédite le texte de Puhanu (CTH 16), un texte mythico-historique à caractère littéraire. L’a. discute notamment le motif de la traversée du Taurus facilitée par un taureau qui porta la montagne avec ses cornes. L’ensemble de ce récit fictionnel serait, selon l’a., à mettre en relation avec le transfert du dieu de l’orage d’Alep à Hattusa pendant le règne de Hattusili Ier ou celui de Mursili Ier. [A. Mouton]

– IDEM, « Were there Cannibals in Syria? History and Fiction in an Old Hittite Literary Text », in: Ancient Literatures, 2008, p. 267-284: l’a. discute la nature du célèbre texte des cannibales hittite KBo 3.60, qui oscille entre fiction et récit épique. [A. Mouton]

– IDEM, « Hittite Ethnicity? Constructions of Identity in Hittite Literature », in: B. J. Collins et al. (eds), Anatolian Interfaces. Hittites, Greeks and their Neighbours, 2008, p. 107-115: l’a. met en évidence la mixité ethno-linguistique des habitants du pays hittite au moins depuis le règne d’Anitta. Ce fait va dans le sens d’un long processus d’acculturation entre Nésites et Hattis, sans suprémacie claire d’un groupe ethno-linguistique sur un autre. [A. Mouton]

– M. GIORGIERI, “Ein Text über Tempelbedienstete aus Kuşaklı (KuT 32) », MDOG 128, 1996, p. 121-132: déchiffrement d’un fragment très endommagé d’une tablette de Kuşaklı, contenant une sorte de florilège des passages littéraires célèbres, notamment de la “chronique du Palais » (vieil hittite), conservé dans les archives du temple pour être enseigné aux officiers en poste et servir d’exemple pour leur conduite.

– IDEM, « Anahi, anahiti: luvio o hurrico? », in: Fs Carruba², StMed 24, 2012, p. 139-152: l’a. démontre l’origine hourrite du terme anahi et de son dérivé anahiti. Le premier pourrait se traduire par l’italien « delizia » et le second par « delicatezza ». Pour l’a., cette étymologie hourrite basée sur le verbe an- « se réjouir » corroborerait les contextes dans lesquels les termes anahi et anahiti désigneraient une portion de l’offrande sacrificielle destinée à mettre la divinité concernée dans de bonnes prédispositions face à l’offrande. Anahi auquel anahiti se confond en contexte religieux prend parfois la forme louvitisée d’anahit-. [A. Mouton]

– C. GIRBAL, « Zum hattischen Lexikon », AOF 29/2, 2002, p. 249-287

– IDEM, « Zu einigen Ortsnamen mit hattischer Etymologie », AoF 34, 2007, p. 51-62: sur la formation de certains toponymes ayant une étymologie hattie.

– F. GIUSFREDI, « Zwei hethitische Fragmente », NABU 2011/24: publication de deux fragments de tablettes hittites provenant de la collection de l’Académie des sciences de Mayence. Le premier fragment, E 755, provient d’un texte LNS d’inventaire mentionnant Suppiluliuma. Il énumère des objets plaqués en or, ainsi que d’autres en bronze et en bois. Le second fragment, E 779, est un texte NS de fête cultuelle. Il faut noter la mention d’un kupti-, un objet cultuel typique des cérémonies du Kizzuwatna qui est généralement « frappé » (walh-), mais aussi un dieu de l’orage du portique (DU KI.LAM). [A. Mouton]

– IDEM, « Note di lessico e di cultura ‘scribale’ ittita e luvia », in: N. Bolatti-Guzzo, S. Festuccia et M. Marazzi (éds), Studi vari di egeistica, anatolistica e del mondo mediterraneo, Centro Mediterraneo Preclassico Studi e Ricerche III, 2012, p. 145-172: l’a. revient sur le vocabulaire au coeur de la pratique scribale : le verbe hatrai- « écrire » d’origine indo-européenne. Le verbe guls « inscrire, dessiner » également d’origine indo-européenne serait plus particulièrement associé aux tablettes en bois. Le terme tuppi- « tablette » proviendrait du sum. DUB par l’intermédiaire d’une autre langue : soit l’akkadien, soit le hourrite. Les deux termes kurta- et gulzattar parfois précédés du sumérogramme GIŠ.HUR sont tous les deux d’origine indo-européenne et pourraient désigner des tablettes en bois. Le premier désignerait l’objet même alors que le second pourrait davantage faire référence au texte inscrit sur l’objet tablette. Quant au hittite tuppala- attesté une seule fois en lecture phonétique dans les textes, l’a. remet en question son équivalence avec l’écriture SCRIBA-la très fréquente en hiéroglyphique, équivalence proposée par Laroche. L’a. étudie ensuite le vocabulaire de l’art scribal en contexte hiéroglyphique de l’Âge du Fer, montrant que ce vocabulaire a peu de choses en commun avec celui du IInd millénaire. Seul le logogramme SCRIBA(-la) est employé indifféremment au IInd et au Ie millénaires. [A. Mouton]

– IDEM, « Further Considerations on the Ankara Silver Bowl », in: RA 56, 2013, p. 665-679: l’a. fait d’abord le point les différentes interprétations historiques proposées pour le bol d’argent d’Ankara : Hawkins suggère de le dater du règne de Tudhaliya I, Mora propose une provenance extra-anatolienne en raison de la précision « homme du Hatti » (argument par la suite réfuté par Simon qui montre qu’une telle précision apparaît aussi en Anatolie) et une datation néo-hittite à cause du caractère élaboré de l’inscription hiéroglyphique, Carruba va dans le sens d’une datation moyen-hittite, Yakubovich propose de dater le bol de cette même époque mais l’inscription de l’époque impériale et Simon suggère d’attribuer le tout à Tudhaliya V, un descendant plus ou moins direct de Suppiluliuma II qui aurait fui Hattusa. L’a. présente ensuite ses propres suggestions. Pour lui, la présence d’une date sur l’inscription du bol est remarquable, car absente des textes hittites. Cet élément doit, selon lui, inciter les chercheurs à dater le bol après la chute de l’empire hittite. Par ailleurs, la ville mentionnée dans l’inscription, Tarwiza, doit être mise en relation avec le lieu d’élaboration de ce bol ou, du moins, de son inscription. En raison de la présence du signe KAR (présent seulement à Karkemis et Tell Ahmar), une provenance syrienne pour ce bol ou au moins son inscription semble plausible. Le nom de deux des personnages mentionnés par l’inscription, Mazi-Karhuha et Asmaya, est hourrite/hourro-louvite et va dans les sens d’une identification nord-syrienne. Pour l’a., le Tudhaliya de l’inscription pourrait être le Tudhaliya ayant, selon lui, régné à Karkemis pendant l’Age sombre, au XIe siècle, car il se fait appeler Labarna, un titre royal tombé en désuétude à l’Age du Fer. [A. Mouton]

– P. GOEDEGEBUURE, « A New Proposal for the Reading of the Hittite Numeral ‘1’ šia-« , in: Fs de Roos, 2006, p. 165-188: l’a. montre que le terme hittite désignant le chiffre 1 doit commencer par la lettre š-. Par ailleurs, elle examine les emplois du pronom šia- et en déduit que celui-ci pourrait très bien être en réalité la lecture hittite pour le chiffre 1. [A. Mouton]

– EADEM, « The Hieroglyphic Luwian demonstrative ablative-instrumentals zin and apin », 6th ICH, SMEA 49, 2007, p. 319-334: l’a. examine les démonstratifs zin et apin en louvite hiéroglyphique. Elle suggère que ces deux formes ont initialement été des formes adverbiales qui ont été secondairement incluses dans le paradigme des pronoms démonstratifs. [A. Mouton]

– EADEM, « Central Anatolian Languages and Language Communities in the Colony Period: A Luwian-Hattian Symbiosis and the Independent Hittites », in: J. G. Dercksen (ed.), Anatolia and the Jazira in the Old Assyrian Period, PIHANS 111, 2008, p. 137-180: l’a. montre que le hatti et le louvite s’influencèrent mutuellement dès l’époque vieil hittite, contrairement au hittite qui semble ne pas avoir subi l’influence du hatti. [A. Mouton]

– EADEM, « The Luwian Demonstratives of Place and Manner », in: Fs Hawkins, 2010, p. 76-94: l’a. examine en premier lieu le phénomène de rhotacisme du /d/ intervocalique en louvite hiéroglyphique. Elle montre que ce phénomène n’apparaît qu’à partir de la fin du IXe siècle av. J.-C. Les inscriptions tardives de Commagène, de l’Amuq et d’Alep constituent des exceptions dans le corpus hiéroglyphique, puisqu’elles sont dénuées de rhotacismes. Ce fait pourrait, selon l’a., être attribué à une différence dans le dialecte. A la lumière de la présence, ici et là, de rhotacismes pour l’adverbe issu du pronom démonstratif za-, à savoir zati/zari « ici / de cette façon-ci », l’a. montre que cet adverbe doit vraisemblablement être lu /zadi/. Cela vaut aussi pour sa variante(?) /zidi/ qui prend parfois la forme /ziri/. A l’inverse, le datif-locatif du pronom démonstratif, zati, ne subit jamais de rhotacisme, ce qui montre qu’il était prononcé /zati/. L’a. se penche ensuite sur l’adverbe dérivé du pronom démonstratif apa- qui, pour cause de rhotacisme possible, se lirait /abadi/, à l’inverse du datif-locatif du pronom démonstratif même qui, lui dépourvu de rhotacisme, conserve la sourde /abati/, comme le montre la dentale géminée en louvite cunéiforme (apatti). Ce fait est par ailleurs confirmé par l’utilisation systématique des signes ta ou tá (définis par E. Rieken comme reflétant le son /t/) pour le datif-locatif du pronom démonstratif. [A. Mouton]

– EADEM, « The Luwian Adverbs zanta ‘down’ and *ânni ‘with, for, against' », in: 7th ICH, 2010, p. 299-318: à côté des adverbes louvites zadi « ici, de cette façon-ci » et apadi « là », à ne pas confondre avec les démonstratifs au dat.-loc. zati/apati, l’a. met en évidence l’existence de l’adverbe louvite zanta équivalent du hittite katta. Ainsi, le louvite hiéroglyphique INFRA-ta ne devrait pas se lire /kata/ comme souvent suggéré auparavant, mais /zanta/. Quant aux équivalents louvites des adverbes hittites kattan (« sous, en bas ») et katti, kattan (« avec, contre »), l’a. pense qu’il s’agit de ânnan (attesté en louvite cunéiforme et vraisemblablement sous le hiéroglyphique SUB-na-na) et *ânni (probablement derrière le hiéroglyphique CUM-ni), respectivement. [A. Mouton]

– EADEM, « Split-Ergativity in Hittite », ZA 102, 2013, p. 270-303: il s’agit d’un review-article de l’ouvrage de S. Patri (StBoT 49). L’a. remet fortement en question l’interprétation de Patri de voir dans le hittite -anza un ablatif au lieu d’un ergatif ou pseudo-ergatif. Pour l’a., la forme en -anza a une fonction individualisante, comme cela a déjà été suggéré auparavant. [A. Mouton]

– Y. GONG, “Die mittelbabylonischen Namen der Keilschriftzeichen aus Hattuša und Emar », ZA 85/1, 1995, p. 47-57: étude de la terminologie grammaticale utilisée pour les noms de signes dans les listes lexicales d’Emar et de Hattuša.

– H. GONNET, “Un sceau hittite inédit: AO 29395″, in: Fs Özgüç, p. 153-154: édition d’un sceau hittite du Louvre remontant au XIIIe s., provenant de la région du Moyen Euphrate et inscrit en hiéroglyphes louvites. Le propriétaire porte un nom hourrite. Ces éléments montrent la symbiose entre les 3 cultures hourrite, louvite-anatolienne et sémitico-syrienne.

– EADEM, « Une stèle hiéroglyphique louvite à Tall Stib », in: P.-L. Gatier et al. (éd.), Entre nomades et sédentaires. Prospections en Syrie du Nord et en Jordanie du Sud, Travaux de la Maison de l’Orient et de la Méditerranée 55, Lyon, 2010, p. 97-99: l’a. publie une stèle inscrite en louvite hiéroglyphique et découverte en 2002 vers Hama en Syrie. L’inscription de cette stèle rappelle fortement celles que J. D. Hawkins a appelées Hama + numéro. Tout comme celles-ci, elle commémore la fondation d’une ville par le roi néo-hittite de Hama Urhilina (milieu du IXe av. J.-C.). Selon l’auteur, le formulaire est identique à celui des stèles du même roi publiées par Hawkins. La photographie publiée dans l’article n’est pas très claire et le lecteur aurait aimé qu’elle soit retraitée ou accompagnée d’un relevé graphique. [A. Mouton]

– J. GOODNICK WESTENHOLZ, « The Transmission and Reception of the Sargonic Sagas in the Hittite World », AOAT 391, 2011, p. 285-303: parmi les légendes des rois d’Agadé, seule la légende cuthéenne de Naram-Sîn a été sériée en plusieurs textes littéraires dès l’époque paléo-babylonienne récente. Les autres n’étaient mises par écrit que ponctuellement et étaient surtout transmises oralement. L’a. insiste sur le fait que la filiation entre les versions hittites et d’éventuels originaux paléo-babyloniens n’est pas prouvée. L’un des modes de transmission de cette tradition littéraire pourrait être la culture des comptoirs assyriens de Cappadoce, culture qui connut une symbiose avec celle des autochtones anatoliens. La transmission orale a également dû jouer un rôle essentiel, ce qui implique plusieurs vagues successives d’importation. Pour l’a., l’origine des sagas sargonides remonte à l’époque akkadienne même et les versions hittites pourraient, pour certaines d’entre elles au moins, en dériver. Quoi qu’il en soit, ces dernières ne sont pas tributaires des exemplaires paléo-babyloniens, comme le montre notamment la transcription du nom du pays P/Barahšum dans les versions hittites qui seraient plus proches de la prononciation akkadienne que de celle des Babyloniens. [A. Mouton]

– S. GÖRKE, “Provenienzangaben in hethitischen Ritualeinleitungen – ein jüngeres Phänomen?”, AoF 34, 2007, p. 204-209 : l’a. remarque que l’origine géographique de l’expert dictant(?) un texte rituel n’apparaît que sur les manuscrits MS et NS mais jamais sur les tablettes OS. Même si elle reconnaît que son argumentation ne s’appuie que sur un petit nombre de textes OS disponibles, ce qui le rend quelque peu fragile, l’a. pense que le besoin ressenti par le scribe de mentionner la provenance géographique de l’expert rituel est à mettre en relation avec les changements culturels ayant eu lieu à l’époque moyen hittite. C’est en effet à cette époque que grandit l’influence kizzuwatnienne et nord-syrienne dans les sources religieuses hittites. La même remarque vaut pour l’Arzawa, dont les rituels sont mis par écrit principalement à cette époque. La spécification de la provenance de l’expert rituel pourrait être liée à un besoin de classification des scribes-bibliothécaires de Hattuša qui se retrouvent, à cette époque, confrontés à une documentation beaucoup plus variée qu’auparavant.

– EADEM, Das Ritual der Aštu (CTH 490). Rekonstruktion und Tradition eines hurritisch-hethitischen Rituals aus Boğazköy/Hattuša, CHANE 40, Leyde – Boston, 2010, 365 pp.: il s’agit de la publication de la thèse de doctorat de l’a. L’ouvrage donne une édition complète de CTH 490 puis commente le contenu de la composition. Après une étude des passages hourrites du texte, l’a. se penche sur les différents éléments religieux qui s’y trouve. Elle compare la structure du rituel d’Aštu avec celle de plusieurs rituels du monde anatolien puis étudie la materia magica. [A. Mouton]

– EADEM, « Das Konzept der ‘synthetischen Körperauffassung’ bei den Hethitern », in: AOAT 416, 2014, p. 41-53: l’a. étudie les usages du terme « main » dans les textes hittites, et notamment les connotations véhiculées par les expressions « tenir dans la main » et « faire de sa main », expressions qui impliquent la personne toute entière. L’a. étudie également le sens possible de certains gestes de la main, tels que le fait de lever la main ou de la donner à quelqu’un. [A. Mouton]

– D. GRODDEK, “Fragmenta Hethitica dispersa VII/VIII », AOF 26, 1999, p. 33-52: transcription et commentaire de vingt tablettes hittites.

– IDEM, “Fragmenta Hethitica dispersa IX », AOF 26, 1999, p. 301-309.

– IDEM, « Neue Textfragmente zu den Annalen Mursilis II », Hethitica XIV, 1999, p. 147-151: nouveaux joints réalisés avec les textes cunéiformes édités dans KBo 40, qui complètent le récit des Annales de Muršili.

– IDEM, « Beiträge zur Textherstellung des Rituals für den Wettergott von Kuliwišna », SMEA 41, 1999, p. 85-90 : ajout de joints complétant le texte du rituel du dieu de l’Orage de Kuliwišna (CTH 329/330) édité auparavant par J. Glocker dans Eothen 6.

– IDEM, « Hethitisch NA4 tahapšetai- u. ä. = “Schlachtblock » « , Or NS 69/1, 2000, p. 81-85: étude de vocabulaire.

– IDEM, « Neue Textfragmente zu den Annalen Muršilis II. – II », AoF 34, 2007, p. 237-240 : l’a. publie de nouveaux joints des Annalen de Muršili II.

– IDEM, « Heth. Éduruhanna- = ‘Dachgeschoss' », Hethitica 16, 2010, p. 59-64: selon l’a., le hittite Éduruhanna- serait l’équivalent du logogramme É GIŠ.ÙR.RA et désignerait le grenier. Grâce à la présence de ce mot-clé peut-être d’origine hattie dans plusieurs fragments de textes, l’a. propose de nouveaux joints à KBo 8.104+. [A. Mouton]

– IDEM, « Nachträge zum Corpus der hurritischen Sprachdenkmäler », AoF 38, 2011, p. 73-80: l’a. propose de nouveaux joints et duplicats des corpus de la série ChS à partir des publications d’ABoT 2, KBo 59 et KBo 61. [A. Mouton]

– IDEM, Detlev Groddek, « Neue Fragmente zu CTH 585 », in: Fs Nowikci, DBH 45, 2014, p. 71-77: l’a. présente de nouveaux fragments de tablettes appartenant, selon lui, aux textes de vœux de la reine Puduhepa (CTH 585). Certains fragments forment des joints avec les exemplaires déjà connus, d’autres en sont des duplicats. [A. Mouton]

– H. G. GÜTERBOCK, « Observations on the Tarsus Seal of Puduhepa, Queen of Hatti », JAOS 117, 1997, p. 143-144; la lecture d’un sceau de la reine hittite Puduhepa, retrouvé à Tarsus (Turquie) dans les années 30, a été améliorée grâce à la publication, par H. Otten, de nouvelles empreintes de sceaux de cette reine .

– H. G. GÜTERBOCK et H. A. HOFFNER (éd. ), The Hittite Dictionay of Chicago, fasc. 4: L-N, Chicago, 1989.

– H. G. GÜTERBOCK et T. VAN DEN HOUT, The Hittite Instruction for the Royal Bodyguard, AS 24, 1991, xvi + 99 p., glossaire, bibliogr.: translittération, traduction et commentaire de la tablette IBoT I, 36, relative à l’organisation de la garde personnelle du roi.

H

– V. HAAS, “Hethitisch purušijala-« , AOF 17/1, 1990, p. 182-185: d’après le rituel CTH 628, le purušiyala- est une coiffure en laine en forme de couronne.

– IDEM, Die hurritischen Ritualtermini in hethitischem Kontext, ChS I/9, 1998.

– IDEM, “Warum das Kupfer den Schmied verflucht – eine motivgeschichtliche Studie », AOF 36, 2009, p. 230-233: sur le motif du cuivre qui se plaint du traitement que lui fait subir le métallurgiste dans la bilingue hourro-hittite de Hattusa. L’a.compare ce motif littéraire à d’autres connus dans d’autres compositions mettant l’emphase sur le martyre du matériau pendant sa transformation.

– IDEM, « Bemerkungen zu der hethitischen Phrase ‘und sie begannen ihre Häuser zu fressen' », in: Fs Hawkins, 2010, p. 102-105: l’a. montre que l’expression hittite « dévorer une maison/une maisonnée » qui a, notamment, été remarquée par G. Dunkel, lequel voulait y voir un motif indo-européen, se retrouve en réalité en contexte hourrite (Chant de la libération), akkadien (textes de présages), mais aussi dans de nombreuses autres cultures. Il en déduit que ce motif n’est pas un trait indo-européen mais est universel. [A. Mouton]

– V. HAAS et I. WEGNER, “Baugrube und Fundament », IstMitt 43, 1993, p. 53-58: à propos de l’inscription bilingue hittite-hurrite KBo XXXII 14.

– A. HAGENBUCHNER-DRESEL, “Bemerkungen zu kürzlich edierten Briefen », ZA 89/1, 1999, p. 50-64: relecture de 4 textes (VS 28 129-132) après collation d’après photo. Le n° 129 est médio-hittite et semble appartenir au groupe des lettres de Maşat Höyük; le n° 130 appartient à la correspondance diplomatique du Hatti avec l’Assyrie, et fait sans doute joint indirectement avec KUB 23 109, l’ensemble datant du règne de Tukulti-Ninurta Ier et Tudhaliya IV ou Suppiluliuma II.

– M. HARTMANN, « Numerus, Numeralität, Kollektivität und Kollektivu », in: Fs Nowicki, DBH 45, 2014, p. 95-105: l’a. s’intéresse à l’expression du collectif en Hittite et dans les autres langues indo-européennes. Notons la faute de frappe mal venue de la p. 99, qui a transformé à tort uttanaš « de(s) mot(s) » (anglais « of the word(s) ») en « du monde » (« of the world »), alors que la faute n’est pas reproduite dans la version allemande (« der Worte »). La thèse de l’auteur suit celle de Melchert 2011 en la développant : selon ces deux auteurs, les collectifs indo-européens seraient formés sur les pluriels des noms ou des adjectifs neutres. [A. Mouton]

– J. D. HAWKINS, “Doubts on the Seal AO 29722″, Syria 67, 1990, p. 735-741: l’a. doute de l’authenticité du sceau publié par M. Salvini dans la même revue.

– IDEM, « The Storm-God Seal of Mursili III », Fs Hoffner, 2003, p. 169-175 : étude des signes hiéroglyphiques qui servent à former le nom du dieu de l’orage représenté sur le sceau de Muršili III – Urhi-Tešub de Nişantepe. Ce nom se retrouverait selon l’auteur sur le célèbre relief d’Imamkulu. Il se lirait DEUS.TONITRUS.GENUFLECTERE.MI « dieu de l’orage alépin ». Le dieu de l’orage d’Alep se caractériserait dans l’iconographie par son char en forme d’aigle tiré par des taureaux, iconographie que l’on retrouve, entre autres endroits, sur un bloc d’orthostate du temple hittite nouvellement découvert à Alep par l’équipe de l’archéologue allemand K. Kohlmeyer.

– IDEM, « A Unique Hieroglyphic Luwian Document », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 183-190: l’a. édite un texte louvite hiéroglyphique retrouvé sous forme d’impressions au British Museum. Étant donné la mention, sans parallèle connu, de la déesse « Kubaba du procès » (LIS-isa (DEUS)AVIS), ainsi que des dieux de Karkemiš, il y a tout lieu de penser que l’objet inscrit à l’origine de ces empreintes provient de cette ville. [A. Mouton]

– IDEM, « Sarissa, Toponym and Personal Name », Or 79 (= Fs Archi), 2010, p. 171-176; l’a. revient sur le premier signe hiéroglyphique qui compose le nom de la ville Sarissa et argue qu’il ne faut pas le lire sa5+ra/i comme précédemment, mais plutôt SARA/I, car l’extrémité longiligne du signe ne correspond pas à l’épine +ra/i. Par la suite, il montre que plusieurs sceaux ou empreintes de sceaux attestent l’existence d’un nom de personne Sarissa, nom qui s’écrit exactement comme le toponyme. Ce nom se retrouve déjà dans certaines tablettes paléo-assyriennes [A. Mouton]

– IDEM, « The Usage of the Hieroglyphic Luwian Sign ‘Crampon’ (L.386) », Kadmos 49, 2010, p. 1-10: l’a. réexamine les fonctions du signe du crampon dans les corpus hiéroglyphiques impérial et néo-hittite. A l’époque néo-hittite, il est clair que ce signe peut servir de séparateur de mots. A l’époque impériale (et cet usage perdure à l’époque néo-hittite), le crampon peut désigner le logogramme VIR2 « homme », notamment lorsqu’il est associé aux logogrammes INFANS et BONUS2, ainsi qu’à d’autres signes de la même catégorie. Lorsqu’il est redoublé, il signifie mot à mot « homme de l’homme », c’est-à-dire « serviteur » (SERVUS).  Il semble que, dans sa lecture logogrammatique VIR2, le crampon peut également tenir lieu de déterminatif ici et là dans les textes impériaux et néo-hittites, à l’instar du cunéiforme LÚ. [A. Mouton]

– IDEM, « The Inscriptions of the Aleppo Temple », AnSt 61, 2011, p. 35-54: publication des inscriptions hiéroglyphiques mises au jour dans les années 2000 sur la citadelle d’Alep. Elles participent au programme architectural du temple du dieu de l’orage d’Alep, un dieu local qui fut très tôt assimilé au dieu hourrite Tešub. Le temple est néo-hittite (XIe siècle) et porte une inscription votive du roi Taita de Palistin qui a reconstruit le temple après que celui-ci a été détruit par un incendie à la fin de l’époque impériale. Certains des blocs d’orthostate retrouvés, dont celui représentant le dieu de l’orage d’Alep accompagné de son nom en hiéroglyphe ((DEUS)TONITRUS GENUFLECTERE-MI « dieu de l’orage alépin ») datent d’ailleurs de l’époque impériale hittite et ont été remployés dans le temple néo-hittite de Taita. Les inscriptions de Taita, tout comme celles de MEHARDE et SHEIZAR, indiquent qu’aux XIe et Xe siècles, un petit royaume de Palistin  existait de l’Amuq aux environs de Hama, incluant ainsi Alep, Ain Dara, peut-être Karkemiš et Meharde-Sheizar. Ce petit royaume qui serait centré sur Tell Tayinat pourrait avoir existé pendant au moins trois générations, puisque les inscriptions semblent relever de deux rois Taita distincts : Taita I de Palistin et son petit-fils(?) Taita II de Walistin, où le nom du royaume oscille entre une initiale p et w pour rendre le phonème /f/.  La dynastie de Taita pourrait donc être philistine, c’est-à-dire descendre de ce « peuple de la mer » égéen appelé Philistins. L’utilisation du louvite hiéroglyphique est un choix inspiré de la tradition locale. [A. Mouton]

– IDEM, « Adana(wa) vs. Ahhiyawa: a rejoinder to R. Oreshko, N.A.B.U. 2015/3 (74) », NABU 2016/16: l’a. réagit aux propositions de R. Oreshko concernant une éventuelle lecture « hiyawa » du signe *429 alors que Hawkins et al. avaient suggéré une lecture « (a)tana » pour ce même signe. Dans les deux stèles d’ARSUZ 1 et 2, la ville d’Adana(wa) semble décrite comme appartenant au pays de Hiyawa, l’équivalent néo-hittite du Kizzuwatna de l’Âge du Bronze Récent. Par ailleurs, l’a. conteste – à raison – l’identification d’Oreshko du signe *306 « hi(ya) » avec le signe *429, cette identification étant pour le moins douteuse, ne serait-ce que graphiquement. [A. Mouton]

– J. D. HAWKINS et M. KALAÇ, “The Hieroglyphic Luwian Rock-Inscription of Malpinar », AnSt 39, 1989, p. 107-112: Malpinar est un village sis près du confluent du Göksu Çayi et de l’Euphrate (près du bourg Akpinar). Edition complète d’inscriptions concernant des offrandes à la statue d’Atayuza, seigneur de Kummuh et vassal de Hattusili fils de Suppiluliuma-Ušpiluluma (qui régna entre 773 et 750).

– J. HAZENBOS, “Die in Kuşaklı gefundenen Kultinventare », MDOG 128, 1996, p. 95-104.

– S. HEINHOLD-KRAHMER, « Asyndeton in vorangestellten temporalen Nebesätzen mit der Konjunktion kuwapi? », in: Fs Hawkins, 2010, p. 106-122: l’a. examine la structure de KUB 14.3 i 71-74, un passage de la célèbre lettre dite de Tawagalawa dans lequel une subordonnée temporelle est placée en asyndète. [A. Mouton]

– S. HERBORDT, « Seals and Sealings of Hittite officials from the Nişantepe Archive, Boğazköy », in: Third Congress of Hittitology, p. 309-318: étude des empreintes de sceaux trouvées à Nişantepe, un secteur de Hattuša. L’a. recense les différents types de scribes attestés par les signes hiéroglyphiques présents sur les empreintes, et identifie le titre de GAL.MEŠEDI sur un sceau de Tuthaliya IV.

– S. HERBORDT et M. ALKAN, « Ein Scheibenförmiges Hieroglyphensiegel im Sivas Museum », Ar.An 4, 2000, p. 89-98: publication d’un sceau hiéroglyphique du musée de Sivas qui porte, sur chacune de ses faces, le nom d’un personnage différent : ká-x-li sur la face A et Armana sur la face B. Ce dernier nom n’est pas encore attesté dans le reste de la documentation hittite. Ce sceau, de par sa typologie, serait à dater du XVe ou du début du XIVe s. Sur le pourtour de chacune de ses faces, il est orné de rosettes et du signe de vie égyptien ankh, sous une forme tout à fait particulière, et que les aa. rapprochent du même signe présent sur les empreintes de sceau de Nişantepe, contemporains de celui de Sivas.

– H. A. HOFFNER, “Hittite iwar and Related Modes of Expressing Comparison », IstMitt 43, 1993, p. 39-51.

– IDEM, « From Head to Toe in Hittite : The Language of the Human Body », in: Fs Young, 1996, p. 247-259 : l’a. examine les attestations des parties du corps dans les textes hittites (où nous retrouvons environ soixante-dix mots différents). Il montre que le vocabulaire est le même pour les hommes que pour les divinités, et que la seule différence entre les deux sexes est faite au niveau des organes sexuels. Il y a des parties du corps pour lesquelles plusieurs mots sont attestés, tandis que d’autres partagent un seul mot (par exemple, keššar, « main » peut être utilisé aussi pour « bras »). D’autres  parties du corps sont désignées par des euphémismes ou par des mots avec une qualité onomatopéique. Ensuite, l’a. analyse plusieurs expressions métaphoriques construites avec le lexique anatomique qui montrent que certains organes avaient un lien avec des aspects de la psyché (par exemple le cœur, « kard– »). Puis, il réfléchit sur les personnes handicapées à partir de la littérature et des Lois Hittites, et sur l’expression tapuša pait « il alla sur le côté », qui exprime le dysfonctionnement d’une partie du corps. Finalement, il examine quelques gestes symboliques qui impliquent des parties du corps et les attestations du corps compris comme un ensemble. L’a. conclut que le corps était la chose la plus intime et la plus précieuse pour les Hittites. [L. Puértolas Rubio]

– IDEM, « Thoughts on a New Volume of a Hittite Dictionary », JAOS 120, 2000, p. 68-75: ajouts au volume K du HED de J. Puhvel.

– IDEM, « Before and After: Space, Time, Rank and Causality », in: Fs Popko, p. 163-170 : les occurrences des termes appan “derrière, après » et peran “devant, avant » montrent que les Hittites imaginaient le futur comme se tenant derrière eux (l’inconnu) tandis qu’ils feraient face à leur passé. Une interprétation identique est connue pour le vocabulaire akkadien, qui donne également les équivalences devant – avant et derrière – après (cf. A. Archi, «History and Time», NABU 1998/86, pour qui ces équivalences montrent que le point de référence était différent dans certaines expressions et expriment une conception subjective du temps.

– IDEM, « Placenta, Colostrum and Meconium in Hittite », Fs Lebrun I, 2004, p. 337- : étude de la signification des deux akkadogrammes UZUŠALĪTU et UZUHAKURRATU qui sont attestés en tant qu’offrandes dans plusieurs sources hittites. Le sens du premier terme est connu, à savoir « placenta » mais H. A. Hoffner, Jr. suggère qu’il soit rendu par le Hittite UZUšarnanta. Le second terme, UZUHAKURRATU, pourrait signifier « cordon ombilical » selon l’a.

– IDEM, “On higher numbers in Hittite », VIth ICH, SMEA 49, 2007, p. 377-385 : l’a. remarque l’existence d’un signe GAŠAN.TI sur KBo 17.88+ dans un contexte qui implique qu’il s’agit d’un nombre supérieur à 10 000 (SIG7). Réfléchissant au processus de « gunification » des idéogrammes, il en conclut très judicieusement que ce GAŠAN.TI est une incompréhension du scribe MS d’un signe OS que l’on peut appeler IGI-gunû-šessig : partant du signe IGI (qui signe 1 000 : akkadien LIM), on y ajoute des gunû (on obtient alors le signe SIG7 : 10 000) puis le signe ŠE (processus appelé šessig par les scribes mésopotamiens). On obtient ainsi ce signe rare représentant un multiple de 10 000 : soit 100 000 soit même 1 000 000.

– IDEM, « A Grammatical Profile of the Middle Hittite Maşat Texts », in: Gs Neu, 2010, p. 106-136: l’a. met en lumière les principales caractéristiques du corpus cunéiforme de Maşat Höyük (hittite Tapigga). Il remarque, notamment, la tendance que les scribes de Maşat ont d’utiliser des akkadogrammes là où les textes plus anciens rendraient plutôt les mots phonétiquement (ex : Ú-UL au lieu de na-at-ta, EGIR-pa au lieu de a-ap-pa, etc.). Il indique également que les textes de Maşat emploient parfois les akkadogrammes au nominatif singulier pour exprimer un accusatif, à l’instar de l’akkadien tardif. À côté de cela, l’auteur montre que les scribes de Maşat ont l’habitude de ne pas systématiquement noter les consonnes géminées (ex : pí-pa-at-ti pour pippatti). Pour lui, il est clair que, bien qu’employant un état de langue relativement ancien, les scribes de Maşat ont déjà intégré certaines des innovations orthographiques et grammaticales caractéristiques de l’époque impériale. [A. Mouton]

– IDEM, « ‘The King’s Speech’. Royal Rhetorical Language », in: Fs Beckman, 2013, 137-153: l’a. montre que la rhétorique est un instrument aussi bien traditionnel qu’essentiel de la royauté hittite. Le problème d’élocution traversé par Mursili II doit par conséquent être interprété comme une perte de légitimité divine. L’a. met en évidence les principales figures de rhétorique qui se trouvent aussi bien dans les textes dits historiques que dans la correspondance et les prières. L’a. insiste notamment sur la coloration judiciaire de ces dernières. Comme paraissent l’indiquer les colophons, certains textes étaient dictés par le roi en personne, alors que d’autres étaient peut-être rédigés par des professionnels puis seulement approuvés par le souverain. [A. Mouton]

– P. H. J. HOUWINK TEN CATE, “The Scribes of the Maşat Letters and the GAL DUB.SAR(.MEŠ) of the Hittite Capital during the Final Phase of the Early Empire Period », in: Fs Römer, p. 157-178: étude des usages scribaux dans le corpus des lettres de Maşat-Höyük, du rôle des scribes et des messagers dans l’administration, du statut social des scribes et du rôle de Hattušili, sans doute le “chef des scribes » GAL DUB.SAR(.MEŠ) de Hattuša la capitale hittite.

– M. HUTTER, « Luwische Sprache und Kultur in der Eisenzeit. Zum “Corpus of Hieroglyphic Luwian Inscriptions » « , WZKM 91, 2001, p. 161-181: review-article de J. D. Hawkins, Corpus of Hieroglyphic Luwian Inscriptions, 2000.

– IDEM, « ‘Annalen’, ‘Gebete’, ‘Erzählungen’, ‘Ritualtexte’ und anderes. Wie haben Hethiter ihre Literatur kategorisiert? », in: S. Conermann et A. El Hawary (eds), Was sind Genres? Nicht-abendländische Kategorisierungen von Gattungen, 2011, p. 111-134: l’a. insiste sur le fait que seuls les tablettes-catalogues et les colophons permettent de déterminer les catégories « littéraires » indigènes à l’Anatolie hittite. Les genres attestés sont : les pešnatar (les annales royales), les arkuwar (les prières-plaidoyers), les mugawar (les invocations qui prennent souvent la forme de mythes des divinités disparues), les chants (ou épopées chantées), les rituels et les fêtes cultuelles. [A. Mouton]

 

I

– L. ISEBAERT et R. LEBRUN, « L’origine de l’élément °wiya- ‘femme’ dans l’anthroponymie louvite », Hethitica 16, 2010, p. 73-78: les a. étudient les noms propres louvites en -wiya et suggèrent qu’ils sont tous féminins. Pour cette raison, ils suggèrent que wiya- était le terme louvite pour « femme ». Toutefois, dans une étude à paraître, I. Yakubovich réfute cette interprétation, montrant que plusieurs noms propres masculins portent également cette forme. [A. Mouton]

J

– L. JAKOB-ROST, Keilschrifttexte aus Boghazköy im vorderasiatischen Museum, VS NF 12, 1997: catalogue et copie de 151 tablettes.

– J. H. JASANOFF, Hittite and the Indo-European Verb, 2003: l’a. étudie la conjugaison hittite à la lumière de la linguistique indo-européenne.

– J. JIE, A Complete Retrograde Glossary of the Hittite Language, Istanbul, 1994, 100 p.

K

– G. KARAUĞUZ et M. A. ŞANDA, « An Ethnobotanical Plant from the Hittite Flora: hatalkišni-« , in: H. Oniz et E. Aslan (éds), Proceedings of the 13th Symposium on Mediterranean Archaeology (SOMA 2009), BAR International Series 2200, 2011, p. 93-97: les a. proposent de voir dans le hittite hatalkišna– le nom de la rosa canina, une sorte d’églantier. [A. Mouton]

– A. KASSIAN, “On Anatolian Urartian Linguistic Contacts », JIES 25, 1997, p. 27-34: à travers l’étude de 3 mots, l’a. montre que des emprunts réciproques entre l’Urartéen et les langues Hittites et Louvites ont eu lieu.

– IDEM, « More about Hittite LÚ.MEŠMUHALDIM hantezzi tijanzi », Studia Linguarum 3, 2002, p. 11-20: l’a. suggère de traduire l’expression citée dans le titre de l’article par « les cuisiniers déposent (le plat) hantezzi-. », où hantezzi- serait un nom désignant un mets. Il suggère de voir dans ce terme la désignation du premier mets d’un repas, d’une entrée (« appetizer »). [A. Mouton]

– IDEM, « Hittite yaya- ‘to expectorate (phlegm)' », UF 40, 2008, p. 471-476: l’a. étudie la forme verbale yayai qui apparaît dans deux textes médicaux hittites. Celle-ci étant associée à un mal interne, l’a. propose qu’elle désigne l’action d’expectorer. Il remet ainsi en question l’interprétation de C. Melchert qui voulait voir à l’origine de ce verbe une onomatopée pour exprimer un cri de douleur. [A. Mouton]

– IDEM, « Anatolian *meyu- ‘4, four’ and its cognates, Journal of Language Relationship 2, 2009, p. 65-78: selon l’a., l’Anatolien *meyu- qui signifie « quatre » remonterait à une racine nostratique. [A. Mouton]

– A. KASSIAN, A. KOROLEV et A. SIDEL’TSEV, Hittite Funerary Ritual šalliš waštaiš, AOAT 288, 2002: réédition complète du texte du funérailles royales hittites édité auparavant par H. Otten dans ses célèbres Totenrituale.

– A. S. KASSIAN et I. YAKUBOVICH, “Muršili II’s Prayer to Telipinu (CTH 377)”, in: Fs Košak, 2007, p. 423-454 : Les a. se penchent tout d’abord sur la datation de cette composition, prenant en compte les éléments grammaticaux considérés comme fiables pour établir un tel diagnostic. Par la suite, ils en présentent une nouvelle édition, tenant compte des joints et nouveaux duplicats découverts depuis la première édition d’O. Gurney.

– G. KENDANA, « Anhang: die hethitische Version », UF 23, 1991, p. 69-74: complément à l’art. de M. Dietrich dans le même volume, donnant la translittération et la traduction de la version hittite du dialogue entre Šûpê-amêli et son « père ».

– S. E. KIMBALL, Historical Phonology of Hittite, IBS 95, Innsbruck, 1999: dans l’introduction, l’a. fait une synthèse sur les éléments de datation des textes hittites selon les trois périodes conventionnellement appelées: Old Hittite (OH), Middle Hittite (MH) et Neo-Hittite (NH). Ces trois grandes époques de l’écriture hittite ne correspondent pas aux périodes historiques mais ont été définies à partir de la langue, la graphie et de la phonologie.

– EADEM, « Tawananna », Hethitica 16, 2010, p. 79-86: l’a. propose une nouvelle étymologie indo-européenne du titre Tawananna porté par la reine-mère. Etant donné l’antagonisme fréquent entre ce personnage et le Grand Roi hittite, elle suggère de décomposer Tawananna en proto-anatolien *dawôn, le génitif pluriel de *dawos « rival, ennemi » + anna « mère ». Le titre se traduirait donc par « mère des rivaux (du Grand Roi) ». Toutefois, l’origine indo-européenne de ce titre est remise en question par certains savants (dont O. Soysal, qui y voit un terme hatti). [A. Mouton]

– H. KLENGEL, « Zur Rezeption der mesopotamischen Keilschrift in hethitischen Anatolien », RAI 34, p. 331-340: passage de la graphie paléo-assyrienne à celle issue de la tradition paléo-babylonienne en Anatolie.

– IDEM et E. KLENGEL, “ ‘Hurritische Hemden’ in der keilschriftlichen Tradition », AOF 36, 2009, p. 205-208: les deux a. tentent d’identifier ce que les textes cunéiformes de Hattuša appellent « vêtement hourrite ». Ils font ainsi la synthèse des caractéristiques connues pour ce vêtement.

– J. KLINGER, « ‘So weit und breit wie das Meer…’ – Das Meer in Texten hattischer Provenienz », in: Gs Carter, 2000, p. 151-172: l’a. s’intéresse à CTH 736, une composition semi-bilingue en hatti. Il en identifie les manuscrits et la classe dans la catégorie des rituels. L’a. revient ensuite sur la divinité solaire hattie de sexe féminin, Eštan, et de son lien éventuel avec Ištanu. Certains textes hittites utilisent le nom Ištanu pour désigner la déesse hattie. Enfin, l’a. se penche sur le topos littéraire décrivant la mer comme frontière du royaume de Hatti. Pour lui, ce motif est hatti et perdure dans les textes hittites.

– IDEM, « Hethitische Texte (A. Historische Texte: aus der sogenannten “Palastchronik »; B. Briefe aus hethitischen Archiven; C. Instruktionen und Verwandtes) », TUAT Erg. Bd, 2001, p. 61-81: trd des textes hittites mentionnés dans le titre.

– IDEM, « Literarische sumerische Texte aus den hethitischen Archiven aus paläographischer Sicht – Teil II », AoF 37, 2010, p. 306-340: l’a. se penche sur les textes bilingues voire trilingues de Hattusa, revenant, notamment, sur leur datation. Il rappelle l’existence de huit bilingues sumérien – akkadien. Il examine les deux textes trilingues sumérien – akkadien – hittite connus à Hattusa, à savoir CTH 314 et 315. Concernant CTH 314, l’hymne en l’honneur d’Adad, il pense que la version hittite est directement traduite du sumérien, sans passer par l’intermédiaire de l’akkadien. Plusieurs générations de scribes de l’époque impériale auraient recopié cette composition en guise d’exercice. Quant aux bilingues sumérien – akkadien, l’a. pense qu’elles sont issues de la tradition scribale paléo-babylonienne dont les Hittites sont les héritiers. [A. Mouton]

– IDEM, « Literarische sumerische Texte aus den hethitischen Archiven aus Überlieferungsgeschichtlicher Sicht I », in: E. Devecchi (éd.), Palaeography and scribal practices in Syro-Palestine and Anatolia in the Late Bronze Age, PIHANS 119, 2012, p. 79-93: l’a. se penche sur les tablettes « importées » à Hattuša. Il revient sur l’exemple de CTH 800, une tablette d’incantations en sumérien présentant des particularismes paléographiques qui la relient à l’école scribale médio-assyrienne. L’a. insiste sur l’ambiguïté qui existe entre les tablettes importées et celles réalisées sur place par un scribe étranger. Pour lui, le problème ne peut être tranché que par une étude de l’argile constituant la tablette. L’a. se demande si la présence de telles tablettes à Hattuša ne reflète pas l’existence d’échanges entre plusieurs experts d’horizons variés. Par ailleurs, il revient sur le problème de la « littérature pédagogique » qui est souvent difficile à identifier. Il remarque qu’il ne semble pas y avoir de tablettes d’exercice ni de notes d’apprentis scribes dans le corpus de Boğazköy, ce qui s’expliquerait par le caractère officiel des archives retrouvées jusqu’à maintenant. Dans la « littérature de traduction », comme l’appelait E. Laroche, l’a. fait la distinction entre les œuvres locales contenant une traduction hittite et celles qui ont vraisemblablement été importées et ont servi de modèles aux scribes hittites. Ces derniers textes sont soit en sumérien, soit bilingues akkadien – sumérien. La plupart des tablettes « importées » seraient selon l’a. entreposées dans le bâtiment A de Büyükkale, lieu qui aurait servi pour un temps d’école scribale. Les tablettes auraient par la suite été conservées sans ne plus être copiées. [A. Mouton]

– IDEM, « Šuppiluliuma II. und die Spätphase der hethitischen Archive », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 87-111 : l’a. essaie de faire coïncider les données archéologiques relatives à Hattuša, et plus particulièrement l’architecture et l’iconographie, avec les données historiques. Il rappelle la préexistence de plusieurs bâtiments publics de la ville haute avant le règne de Tudhaliya IV. Il revient aussi sur la datation de l’inscription hiéroglyphique de SÜDBURG dont il remet en cause le caractère archaïsant pour envisager d’y voir un monument plus ancien datant du règne de Šuppiluliuma Ier. [A. Mouton]

– A. KLOEKHORST, « Hittite hāpūša(šš)- (formerly known as hapuš- ‘penis’) », JIES 33, 2005, p. 27-39: l’a. suggère que le nom hittite habituellement cité sous la forme hapuš- et considéré comme désignant le pénis ou une hampe doit plutôt être cité sous la forme hāpūša(šš)- et être traduit par « hampe (d’une flèche), tige (de roseau), tibia ». [A. Mouton]

– IDEM, « Initial Laryngeals in Anatolian », HS 119, 2006, p. 77-108: l’a. examine l’évolution des laryngales proto-indo-européennes dans certaines langues anatoliennes, à savoir le hittite, le louvite et le lycien. Il se concentre sur les laryngales placées en début de mots. [A. Mouton]

– IDEM, « The Hittite 2pl.-ending –šten(i) », 6th ICH, SMEA 50, 2008, p. 493-500: l’a. montre que les deux familles de verbes hittites, celle en -mi et celle en -hi avaient originellement des désinences différentes à la deuxième pers. du pl. Les verbes en -mi devaient avoir une deuxième pers. pl. inacc. en -tten(i) alors que les verbes en -hi prenaient la forme -šten(i).  La famille en -mi contamina rapidement celle en -hi pour cette personne. [A. Mouton]

– IDEM, « Hittite mān, māhhan, māhhanda and mānhanda », in: Fs Melchert, 2010, p. 217-226: l’a. s’interroge sur les différentes acceptions des termes mentionnés dans le titre. Il suggère que le NH mahhan provient du OH māhhanda qui était originellement écrit mānhanda et découle du rapprochement de mān avec handa. Ce dernier terme serait la forme adverbiale de hant- « face, devant » et se traduirait par « en fonction de, en accord avec ». L’association de handa avec mān servirait à trancher le sens induit par mān dans certaines phrases. mān + handa signifierait « tout comme », alors que mān seul peut avoir le sens de « quand ». [A. Mouton]

– IDEM, « Initial stops in Hittite (with an excursus on the spelling of stops in Alalah Akkadian) », ZA 100, 2010, p. 197-241: l’a. pense que les signes cunéiformes syllabiques commençant par K et par G et placés au début des termes hittites reflètent les sons /k/ et /g/ respectivement. De même, les signes T- et D- placés en tête des mots hittites auraient été prononcés différemment. Ces signes ne seraient donc pas interchangeables quand ils sont placés en première position. Pour l’a., cette distinction peut être comparée à celle que l’on observe dans les tablettes d’Alalah. [A. Mouton]

– S. KOŠAK, « Ein hethitisches ghost word entgeistert », AOF 23, 1996, p. 95-97: il faut rayer des dictionnaires hittites šahuihu(i)ššuwali- et ranger les attestations sous huihu(i)ššuwali-. Il s’agit d’un terme qui décrit le rôle du fils aîné de la première femme du roi hittite – et qui fait qu’on choisit le fils d’une épouse secondaire comme successeur.

– IDEM, Konkordanz der Keilschrifttafeln III/1. Die Texte der Grabung 1933: 1/ c-1300/c, StBoT 42, 1998.

L

– S. LAMANTE, « KUB 49.71 (+)? KUB 6.4: Zwischen Sünde und Königtum », AoF 34, 2007, p. 241-251: l’a. suggère un joint indirect entre KUB 49.71 et KUB 6.4, deux fragments de compte rendu oraculaire. L’un et l’autre de ces fragments mentionnent en effet un « fils » qui serait, selon l’a., Tudhaliya IV. KUB 6.4 ferait en outre allusion à l’affaire ayant opposé Hattusili III à son neveu Urhi-Tesub, affaire dans laquelle Tudhaliya aurait été impliquée directement

– C. LEBRUN, « Lingai et MAMITU : réflexions sur les expressions communes dans les textes de Bogazköy et d’Ugarit », Fs Lebrun II, 2004, p. 29-45 : l’a. compare les expressions employant le terme « serment » en hittite et dans l’akkadien d’Ougarit.

– R. LEBRUN, « La montagne dans le monde hittite », RANT 3, 2006, p. 253-260: sur la permanence de l’utilisation de certains noms de montagne en Anatolie ancienne. L’a. cherche également à établir la signification de ces noms divins hittito-louvites.

– IDEM, « La langue étrusque : connexions anatoliennes? », RANT 3, 2006, p. 369-374: sur certains rapprochements morphologiques entre l’étrusque et les langues indo-européennes de l’Anatolie (hittite et louvite). L’a. examine également quelques noms propres qui auraient été empruntés par les Etrusques (selon Hérodote, les Etrusques sont des Lydiens conduits par un certain Tyrrhenos jusqu’en Toscane) aux Hittito-Louvites.

– IDEM, « Réflexions autour de a. Termiles b. Tatta », SMEA 52, 2010, p. 169-175: l’a. propose de rapprocher le terme grec termilai d’un toponyme louvite qu’il reconstitue sous la forme *tarmaliya, en passant par l’intermédiaire du lycien trmmili. Or le premier et le dernier termes sont connus pour désigner les Lyciens eux-mêmes. Ces termes doivent, selon l’a., être rapprochés du louvite tarma- « pic, pointe, sommet » et indiquent pour lui que les Lyciens étaient considérés comme des montagnards. Par la suite, l’a. s’interroge sur la localisation de la ville de Tarmaliya mentionnée ici et là dans les textes hittites et sur son lien éventuel avec les termes mentionnés ci-avant. Le second volet de cet article se penche sur la personnalité de la divinité louvite Tatta. L’a. propose de voir en elle un dieu de l’orage. Une montagne du même nom est également connue, qui émanerait, selon l’a., de la même entité divine. [A. Mouton]

– M. LEPSI, « ‘Und Hattušili nahm uns bei der Hand’ Die so genannte Apologie (CTH 81) im Licht moderner Erzähltheorie », AOAT 391, 2011, p. 177-185: l’a. examine l’Apologie de Hattušili III sous le crible des théories actuelles de narratologie. Elle utilise notamment les critères d’attribution d’un texte à la catégorie des récits définis par D. Weber. Ces critères sont, notamment, l’introduction d’une chronologie dans le texte (d’abord… puis…) et la citation de discours directs. [A. Mouton]

– J.-P. LEVET, « Palaïte Ha-a-ap-na-aš (Hāpnaš). Un vestige eurasiatique en anatolien ? », in: Identité et altérité, 2010, pp. 135-144: à travers l’étude du terme palaïte hāpnaš signifiant « fleuve » (l’instar du hittite hapaš), l’a. tente de remettre au goût du jour le concept linguistique d’« eurasiatique » et même de « nostratique ». [A. Mouton]

– J. LORENZ, « KBo 28.57 + KBo 28.58 », NABU 2005/92 : « join » de deux fragments en langue akkadienne mentionnant le toponyme Tunip.

– IDEM, « Fragmente hethitischer Verträge und Instruktionen », ZA 100, 2010, p. 257-263: l’a. propose d’identifier des duplicats et des joints à des compositions hittites de traités et d’instructions. Les fragments ainsi identifiés appartiennent pour la plupart à KBo 50, mais d’autres proviennent de KBo 48 et 57. [A. Mouton]

– IDEM, « ‘Lange Jahre’ und Lebenszeit bei den Hethitern », in: RAI 56, 2013, p. 169-180: l’a. énumère les occurrences de l’expression ‘longues années’ dans les textes cunéiformes hittites. Il cite les passages dans lesquels les dieux sont priés d’accorder une longue vie au souverain et à sa famille. Les prières des mortels révèlent en outre leur croyance en la possibilité de changer leur destin, changement qui ne peut avoir lieu qu’en cas d’assentiment divin. [A. Mouton]

M

– J. MARANGOZIS, A Short Grammar of Hieroglyphic Luwian, Lincom Studies in Indo-European Linguistics 26, 2003: présentation générale de la langue louvite suivie d’une tentative personnelle de l’a. d’identifier l’écriture du disque de Phaistos à du louvite hiéroglyphique teintée “d’influences extérieures”.

– M. MARAZZI, “Problemi vecchi e nuovi di sintassi hittita: a proposito di una recente pubblicazione », Or 62, 1993, p. 423-435: review-article de S. Luraghi, Old Hittite Sentence Structure, 1990.

– IDEM, « ‘Jenseits von Gut’… aber nicht ‘von Böse’. Gedanken über hethitisch tameuman », in: Fs Nowicki, DBH 45, 2014, p. 125-131: l’a. analyse, entre autres choses, deux extraits d’édits royaux hittites dans lesquels l’adjectif tameuman apparaît. Le premier extrait, KUB 1.16+ iii 46ff. indique : « [Vous], respectez mes paroles, (à moi), Labarna, le grand roi. [Ne] (les) respectez [pas] et votre pays deviendra tameuman (cité par l’auteur p. 125). Le second extrait est KBo 3.27 Ro 4’-5’ : « Il viendra rendre tameuman la ville de Ha[ttuša]. » Ces deux contextes, ainsi que d’autres brièvement examinés par l’auteur, montrent que tameuman a un sens négatif, comme cela avait déjà été remarqué auparavant. L’auteur propose de traduire cet adjectif par « aliéné ». [A. Mouton]

– IDEM, « Whistle-Blowing im hethitischen Beamtentum : Eine grundlegende Pflicht », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 133-136 : l’a. étudie le verbe išiyahh- dans sa connotation « rapporter, dénoncer » en contexte historique. [A. Mouton]

– L. MASSI, « The Meaning and Derivation of Anatolian Hieroglyphic BONUS2.VIR2 in the Second Millennium B.C. », SEL 26, 2009, p. 1-13: H. G. Güterbock voyait dans la mention BONUS2.VIR2 apparaissant sur les sceaux anatoliens une sorte de formule de bénédiction « bon (pour) l’homme ». Après avoir proposé d’y voir l’équivalent hiéroglyphique du cunéiforme LÚ.SIG5, D. Hawkins a préféré suivre l’interprétation de H. G. Güterbock. L’a. remarque toutefois que cette appellation BONUS2.VIR2 n’est jamais combinée à un titre royal ou princier, comme s’il était exclu pour la famille royale. Il en déduit qu’elle doit désigner une classe sociale extérieure à la sphère palatiale, mais urbaine. Il propose d’y voir un équivalent hittite de la notion d’aristocrate, une personne issue d’une grande famille propriétaire terrienne d’un centre provincial. Par ailleurs, il remarque qu’elle semble absente des sceaux de l’Ancien Royaume, ce qui indiquerait qu’il s’agit d’une innovation de l’époque impériale. La dernière partie de son argumentation est moins convaincante : il voit une analogie graphique entre une partie du signe hiéroglyphique VITA et VIR2, ce qu’il interprète comme une évolution de l’expression de bénédiction BONUS2.VITA « bonne vie » présente sur les sceaux de l’Ancien Royaume en BONUS2.VIR2 « bon homme » dont le sens serait progressivement passé de la bénédiction à un statut social. Cette reconstruction paraît bien compliquée et sa base iconographique ténue. Les signes VITA et VIR2 ne sont pas si proches pour que l’on soit convaincu par cette hypothèse. [A. Mouton]

– IDEM, « The GAL.GESTIN of the Seal SBo II 256: a new Deciphering and a Prosopographical Study », AoF 37, 2010, p. 341-352: l’a. étudie l’empreinte de sceau hiéroglyphique SBo II 256 et plus particulièrement le nom propre qui s’y trouve associé à un nom de fonction que l’a. suggère de lire MAGNUS.VITIS. A la suite de B. Dinçol, il pense que MAGNUS.VITIS est l’équivalent hiéroglyphique du cunéiforme GAL.GESTIN, et cela malgré le fait qu’un autre équivalent avait déjà été proposé auparavant. L’a. propose de lire le nom propre de l’empreinte hu/pa-sax-x/ni-ya et le rapproche du nom HAR-saniya attesté dans les textes cunéiformes comme GAL.GESTIN. Son interprétation présente toutefois deux inconvénients majeurs. En premier lieu, le signe que l’a. lit hu/pa ressemble, à mon sens, beaucoup plus à un signe pa standard. Si tel est bien le cas, son rapprochement avec HAR-saniya doit être réfuté. En outre, un second inconvénient beaucoup plus gênant consiste en l’absence, dans le nom hiéroglyphique, de /r/, alors que ce son est généralement maintenu dans les noms en écriture hiéroglyphique sous la forme de la célèbre épine +ra/i qui se place en ligature avec la syllabe précédente. Ainsi, le nom Harsaniya ou Hursaniya devrait être rendu ha/hu+ra/i-.., ce qui n’est visiblement pas le cas. [A. Mouton]

– E. MASSON, “La ville hittite », Sémitica 43-44, 1995, p. 63-66: l’a. passe en revue la terminologie hittite sur l’architecture.

– EADEM, “Le bilinguisme hittito-hatti au début du royaume », in: Bilinguisme, p. 23-32: dès les premiers âges de l’Etat hittite, deux catégories de textes bilingues sont présentes: d’une part les sources unilingues rédigées en trois langues (hittite, akkadien et hatti), traitant surtout de religion, et d’autre part les tablettes bilingues (hittite-akkadien ou hittite-hatti) à usage externe et politico-diplomatique (e.g. les Annales de Hattusili Ier ou son testament politique). L’analyse des textes de la seconde catégorie montre par quel processus l’Etat hittite a absorbé la composante hattie dès la fondation de la dynastie par Hattusili Ier.

– EADEM, « karū – karuili : sens, nuances et connotations », Gs Forrer, 2004, p. 455-469 : sur les différents usages de karū dans les textes hittites qui se différencierait d’annaz par son caractère révolu.

– EADEM, « La stèle mortuaire de Kuttamuwa (Zincirli): comment l’appréhender », Semitica et Classica 3, 2010, p. 47-58: l’a. fait en premier lieu le bilan des inscriptions bilingues ou trilingues de l’époque néo-hittite: Karatepe, Cineköy (publiée en 2000 par Tekoglu et Lemaire), Ivriz (annoncée par Dinçol en 1994 mais encore inédite), Aslan Tash (inscription en louvite, araméen et néo-assyrien mentionnée par Bunnens en 1995) et Incirli (louvite, phénicien et néo-assyrien; encore inédite et mentionnée par Tekoglu et Lemaire). L’a. se concentre ensuite sur la stèle de Kuttamuwa dont le texte est, pour elle, une traduction sémitique d’un original conçu en hittite ou en louvite. Elle revient notamment sur les noms divins qui apparaissent sur cette stèle et qui traduisent manifestement des théonymes anatoliens. On remarquera, par exemple, un dieu de l’orage de la vigne qui est bien connu des panthéons louvites. Le dieu Nikaruha / Nikarawa serait un dieu local, à mon sens il est pourrait plus précisément s’agir d’un dieu tutélaire de type LAMMA. L’a. pense en outre que l’âme de Kuttamuwa est vue comme habitant la stèle elle-même, ce qui n’est possible que par le statut royal du défunt. [A. Mouton]

– M. MAYRHOFER, “Hethitisch und Laryngaltheorie », AfO 40-41, 1993-1994, p. 67-70: review-article de J. Puhvel, Hittite Etymological Dictionary III, 1991.

– M. MAZOYER, « A propos de la mythologie hittite. Innovation et tradition », AOAT 391, 2011, p. 187-191: l’a. résume les arguments qu’il a publiés dans ses différents articles et ouvrages au sujet du mythe de Telepinu. Pour lui, le mythe de Telepinu constitue le modèle historique de tous les mythes anatoliens des dieux disparus. Il pense en outre que le récit s’inscrit dans le cadre du règne du roi hittite Telepinu. [A. Mouton]

– C. MELCHERT, “Historical Phonology of Anatolian », JIES 21, 1993, p. 237-257.

– IDEM, « Aspects of verbal aspect in Hittite », in: Third Congress of Hittitology, p. 413-418: mise en garde contre les idées reçues dans le domaine de la grammaire hittite (en particulier l’utilisation de “l’itératif »).

– IDEM, « Middle Hittite Revisited », SMEA 50, 2008, p. 525-530: l’a. réexamine la réalité linguistique se cachant derrière le terme « moyen-hittite », étant donné que le concept de « moyen-hittite » pour l’histoire hittite a été fortement contesté et tend à être abandonné. Suivant l’idée d’E. Neu, il pense que la langue « moyen-hittite » couvre la période comprise entre le règne de Šuppiluliuma Ier et celui de Muršili II, suivie de la langue « Neo-Hittite » (ou hittite impérial). L’a. cherche surtout à différencier la langue « moyen-hittite » du « vieil-hittite ». Pour lui, la langue moyen-hittite est responsable des innovations suivantes : 1) le remplacement de –e par –at comme pron. encl. nominatif de genre commun pluriel; 2) le remplacement de –par –ma comme conjonction de coordination encl.; 3) l’apparition de kattan en alternance avec katta en tant que postposition; 4) le remplacement de andan par anda dans un sens locatif de « dans, à l’intérieur »; 5) l’utilisation du pseudo-réfléchi –za dans les phrases nominales ou avec le verbe « être » à la 1e ou 2e personne; 6) le remplacement de uk par ammuk pour le nominatif (les deux formes pouvant coexister dans un même texte); 7) le remplacement de – par – pour le pron. encl. accusatif commun pluriel (les deux formes pouvant coexister dans un même texte); 8) l’utilisation de –eš pour l’accusatif commun pluriel et de – pour le nominatif commun pluriel ici et là (peut coexister avec les formes anciennes). [A. Mouton]

– IDEM, « Discourse Conditioned Use of Hittite –ma », in : E. Rieken/P. Widmer (ed.), Pragmatische Kategorien. Form, Funktion und Diachronie, Wiesbaden, 2009, p. 187-195: l’a. revient sur l’utilisation de la coordination -ma en hittite. Il insiste sur le fait que -ma sert à marquer un changement de direction dans le discours: l’introduction d’une nouvelle information, une mise en contraste du contenu ou une mise en exergue d’une information déjà donnée auparavant. L’utilisation de -ma n’a pas de motivation grammaticale mais relève du choix discursif du locuteur. [A. Mouton]

– IDEM, « Spelling of Initial /a-/ in Hieroglyphic Luwian », in: Fs Hawkins, 2010, p. 147-158: l’a. revient sur ce que D. Hawkins appelle « initial-a-final » du louvite hiéroglyphique. Cet élément se caractérise par la présence, en fin de mot, d’un -a qui doit être interprété comme un a- initial (comme dans mi-sa-a pour amis « mon »). Ce phénomène est attesté dès l’époque impériale hittite et perdure, selon D. Hawkins, à l’époque des royaumes néo-hittites. Pour l’a., ce « initial-a-final » a une raison d’être purement esthétique et ne possède aucune valeur linguistique à l’époque hittite.  Pour lui, le signe a est utilisé, à cette époque, comme un simple moyen de remplir un espace vide. Par ailleurs, l’a. montre qu’il n’est pas possible d’attribuer au signe hiéroglyphique á une valeur phonétique différente de celle du signe a (contra Kloekhorst). [A. Mouton]

– IDEM, »Hittite talliye/a- ‘to draw, allure’ », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 226-232: l’a. montre que le verbe talliya- désigne une action, et non un verbe de discours. En effet, KUB 7.60 l’utilise ensemble avec le verbe –ašta anda mema- qui exprime le fait de parler en même temps qu’une action (rituelle, le plus souvent) se déroule. Il en conclut que la traduction « to draw » choisie par H. A. Hoffner à la suite d’E. Laroche est la plus appropriée pour le verbe talliya-. [A. Mouton]

– IDEM, « Motivations for Hittite Mythological Texts », in: J. Falaky Nagy (ed.), Writing Down the Myths, Turnhout, 2013, p. 257-264: l’a. revient sur les concepts de « mythe » et de « littérature » et présente brièvement les différents textes du corpus hittite qui pourraient entrer conjointement dans ces deux catégories. Ils regroupent ces textes en trois ensembles: 1. les mythes relevant du substrat hatti ; 2. les mythes étrangers ; 3. les récits de la préhistoire du pays de Hatti. L’a. adhère à l’idée de G. Beckman, idée selon laquelle les mythes hourrites relèvent avant tout des Belles Lettres. [A. Mouton]

– IDEM, « The Hieroglyphic Luvian Verb PUGNUS.PUGNUS », in: Fs Nowicki, DBH 45, 2014, p. 133-138: l’a. se penche sur le verbe louvite hiéroglyphique PUGNUS.PUGNUS dont la traduction est encore débattue. Le sens militaire repérable, notamment, dans l’inscription du SÜDBURG n’est pas le seul attesté : les lettres néo-hittites d’Assur et de Kırşehir utilisent PUGNUS.PUGNUS dans un contexte de salutation. À la lumière de toutes ces occurrences, l’auteur rejette la traduction proposée par Yakubovich et Rieken en 2010, à savoir « servir / asservir » et insiste sur le fait qu’un nom/adjectif et un verbe relevant de la même racine sont généralement rendus par le même logogramme en louvite hiéroglyphique. Étant donné que « serviteur / esclave » est rendu par le logogramme SERVUS (*387), il serait par conséquent étonnant que le verbe « asservir » se cache derrière PUGNUS.PUGNUS. L’auteur propose de traduire ce logogramme par « saisir, tenir », avec le sens parfois plus abstrait de « posséder », avoir ». [A. Mouton]

– IDEM, « Alleged ‘Right Dislocation’ in Hittite », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 137-145 : l’a. montre que le report d’éléments d’une proposition après le verbe (auquel s’ajoute parfois la répétition d’un pronom enclitique) n’est pas toujours une « right dislocation », un phénomène exclusivement associé à des phénomènes de traduction (du hatti ou du hourrite), selon lui. Dans le cas de phrases hittites qui ne résultent pas d’une traduction, ce report est désigné par Melchert comme une extraposition servant, notamment, à mettre l’emphase sur l’élément reporté après le verbe. [A. Mouton]

– C. METCALF, « New Parallels in Hittite and Sumerian Praise of the Sun », WdO 41, 2011, p. 168-176: l’a. revient sur les hymnes et prières au dieu Soleil CTH 372 à 374. Il montre qu’ils sont des traductions d’un modèle paléo-babylonien rédigé en sumérien. Il fait plus particulièrement référence à l’hymne paléo-babylonien H 150 mis au jour à Tell Haddad/Meturan et édité par A. Cavigneaux (dans Gs Bottéro, 2009). Les parallèles relevés par l’a. sont tout à fait frappants et montrent une forte influence, même si le scribe hittite qui s’est chargé de la traduction a retranscrit certains gestes en équivalents hittites. L’a. donne l’exemple du geste d’hommage consistant à se toucher le nez qui a été modifié en révérence. Le parallèle le plus frappant est, bien sûr, le célèbre passage « philosophique » sur le lien entre la vie et la mort, passage que l’on retrouve dans cet hymne de Tell Hadad. Ce parallèle permet de résoudre la difficulté philologique inhérente à la dernière phrase de ce passage hittite : mam=man dandukišnaš=a DUMU-aš ukturi huišwanza ešta man=a=šta man antuwahhaš idaluwa inan arta man=at=ši natta kattawatar qu’il faut désormais traduire par « Si le mortel vivait éternellement, cela ne serait pas un sujet de tristesse pour lui, même si des maux (ou) la maladie de l’Homme étaient (toujours là). », la fin de la proposition ne devant donc pas être interprétée comme une question rhétorique, contrairement à ce que l’on envisageait avant de connaître le parallèle paléo-babylonien qui indique : « If man lived for all time, an evil (force?), an unpleasant thing could happen – it would not harm the man. » (trad. de l’a.). Quant au mode de transmission de ce modèle paléo-babylonien jusqu’en Anatolie hittite, la question reste ouverte pour le moment. [A. Mouton]

– P. M. MICHEL, « New reading of the Emirgazi monuments », NABU 2015/19: l’a. réexamine le signe hiéroglyphique *267 STELA qui est traditionnellement lu phonétiquement wanit- (voir http://web-corpora.net/LuwianCorpus/search/). C’est, contrairement à ce qu’indique l’a., le terme louvite attesté pour ce logogramme. En raison de la présence du signe *267 sur les inscriptions des monuments d’Emirgazi, l’a. pense que ces monuments sont des huwaši-, et non pas des autels. Pourtant, la forme de ces monuments est à tout à fait comparable à celle des tables d’offrande en vannerie que l’on voit, par exemple, sur le vase d’Inandiktepe. Le fait que les autels d’Emirgazi puissent être désignés, dans le texte inscrit sur eux, par le logogramme *267 indique, à mon sens, que le sens de *267 est plus large que « stèle ». Une traduction « monument » serait sans doute la plus appropriée pour ce logogramme. La réinterprétation en huwaši- des tables d’offrande clairement faites en vannerie sur le vase d’Inandiktepe me paraît douteuse. [A. Mouton]

– J. MILLER, « A Join to the Hittite Atramhasi Myth (KUB 8.63+1718/u) », NABU 2005/11.

– IDEM, Texte aus dem Bezirk des Grossen Tempels V, KBo 53, 2005.

– IDEM, « Some Disputed Passages in the Tawagalawa Letter », in: Fs Hawkins, 2010, p. 159-169: l’a. justifie les changements de lecture qu’il a introduits dans sa traduction allemande de la lettre de Tawagalawa et publiée dans la collection TUAT. De manière générale, il pense que les évènements relatés dans ce texte pourraient s’étaler sur plusieurs mois voire plusieurs années. [A. Mouton]

– IDEM, « Six Rituals ‘Edited’ in the Manner of Arusna », in: 7th ICH, 2010, p. 503-514: l’a. a repéré, lors de ses collations au musée d’Ankara, des fragments de rituel inscrits dans une écriture très reconnaissable (signes de petite taille et imprimés peu profonds). Ces fragments se joignent en plusieurs tablettes à une colonne par face et datant vraisemblablement du LNS. Le scribe des tablettes formant une seule et même composition – un certain Attanali – s’éloigne de la tradition scribale de Hattusa de plusieurs manières : 1. il trace un trait de paragraphe à la suite du dernier signe de la ligne précédente, et non pas sous cette ligne ; 2. il utilise parfois deux clous verticaux qui semblent marquer un changement de paragraphe ; 3. il utilise le logogramme BABBAR dans le sens du hittite parkui- « pur » et le logogramme IR pour le hittite hurtai- « malédiction » ; 3. la mention d’une fonction cultuelle nouvelle, à savoir hantezzisalla- et d’experts rituels portant le titre inédit de kankatitalla-, etc. Etant donné que le colophon d’une des tablettes de cette composition indique que celle-ci renferme six rituels « à la manière d’Arusna », l’a. pense que les particularismes graphiques et linguistiques de ces tablettes relèvent d’une école scribale provinciale, à savoir l’école d’Arusna. La ville d’Arusna doit se situer dans la plaine cilicienne, au Kizzuwatna ou à proximité immédiate, selon l’a. [A. Mouton]

– IDEM, « Die hethitischen Dienstanweisungen. Zwischen normativer Vorschrift und Traditionsliteratur », AOAT 391, 2011, p. 195-205: synthèse sur les textes d’instruction (hittite išhiul), textes qu’il faut mettre en relation avec les serments (hittite lingai-). L’a. propose notamment de rapprocher, dans les instructions aux maires datant du règne d’Arnuwanda Ier, l’allusion à une « maison d’Alep » de Hattuša du « Temple » 5 de cette ville. Celui-ci se situe vers le rempart de la ville haute. [A. Mouton]

– IDEM, « The Palaeography and Orthography of Six Rituals ‘Redacted’ in the Manner of Arusna », in: E. Devecchi (éd.), Palaeography and scribal practices in Syro-Palestine and Anatolia in the Late Bronze Age, PIHANS 119, 2012, p. 95-109: l’a. examine les rituels dédiés à la grande divinité d’Arušna (CTH 495) et comportant de nombreux louvismes. Il suggère de rassembler la quarantaine de fragments en quatre tablettes. Ces fragments se caractérisent par leur ductus très petit et par plusieurs autres signes particuliers : 1) l’utilisation de deux verticaux pour marquer le début d’un paragraphe sans avoir à faire appel à un trait séparateur ; 2) certains usages inhabituels de signes. Par ailleurs, le colophon d’une de ces tablettes fait allusion à six rituels édités « à la manière d’Arušna ». Arušna serait donc, après Kummanni, le second centre scribal provincial du royaume hittite, centre qui se situerait, lui aussi, au Kizzuwatna. L’a. s’interroge également sur le rôle du scribe « auteur » de ce colophon, un certain Attanali par ailleurs connu pour avoir copié un texte hatti. [A. Mouton]

– A. MOUTON, « Y a-t-il une relation entre les motifs de la glyptique cappadocienne et les hiéroglyphes anatoliens? », SMEA 44/1, 2002, p. 83-113.

– EADEM, « tarpalli-, tarpašša- et PUHU dans les rituels de substitution hittites », NABU 2004/54 : sur les différents termes hittites désignant des substituts et leurs connotations respectives.

– EADEM, « Quelques observations supplémentaires sur le compte rendu oraculaire hittite KUB 22.61 », NABU 2005/2, n°33

N

– E. NEU, “‘Baumeister’ und ‘Zimmermann’ in der Textüberlieferung aus Hattuša », IstMitt 43, 1993, p. 59-62.

– IDEM, “La bilingue Hourro-hittite de Hattuša, contenu et sens », Amurru 1, p. 189-195: la bilingue hourro-hittite trouvée à Hattuša en 1983 ainsi que quelques fragments découverts en 1985 ont été rédigés à la période Moyen Hittite. L’original hourrite remonte au XVe s. Le sumérogramme SflR qui signifierait dans ce contexte “épopée » définit cette composition comme un affranchissement collectif à Ebla, probablement d’esclaves pour dettes. Lors d’une séance au conseil, Zazalla, s’opposant à Megi, le souverain d’Ebla, refuse l’affranchissement et il s’ensuit une querelle entre les deux personnages. Neuf rois originaires des régions voisines se rendent alors à Ebla, mais c’est Teššup de Kummi qui intervient et exige fermement que Megi obtienne l’affranchissement. Le dieu tente de persuader le roi d’Ebla en se mettant à la place de l’esclave pour dettes et crée la fiction de son propre appauvrissement. Il menace de détruire la ville si sa volonté n’est pas respectée. Le dénouement de l’affaire est perdu. Deux autres tablettes de la bilingue intéressent la littérature sapientale. La bilingue retrace enfin la grande fête que la déesse Allani a organisée dans son Palais en l’honneur de Teššup de Kummi, le dieu de l’orage. Dans ce récit mythologique, les dieux célestes et les dieux des enfers se rencontrent, ce qui permet d’interpréter cette cérémonie comme une fête de réconciliation.

– IDEM, « Land aus loser Erde, Häuser aus Silber und Gold. Zu einem hethitischen Textfragment », Hethitica 14, 1999, p. 71-79 : éd. d’un rituel de substitution (KUB 43 . 49).

– E. NEU et C. RÜSTER, Konträr-Index der hethitischen Keilschriftzeichen, Materialen zum hethitischen Lexikon II, StBoT 24, 1993, ix + 173 p.

– C. F. NIEDORF, “Ein hethitisches Brieffragment aus Alalah”, Fs Dietrich, 2002, p. 517-526 : édition d’une lettre en langue hittite qui mentionne un certain Tudhaliya qui pourrait, selon l’a., être un parent du grand roi de Hattuša. Or, un prince royal du même nom était déjà documenté sur un bloc d’orthostate en hiéroglyphique d’Alalah. Il pourrait par conséquent s’agir de la même personne.

– A. NIKOLAEV, « Hittite menahhanda », JAOS 130, 2010, p. 63-71: l’a. examine l’étymologie indo-européenne du hittite menahhanda. Le terme dériverait de l’ie *men-eh2 *en(do) qui signifierait « into the face ». [A. Mouton]

O

– N. OETTINGER, « Heth. šāša- ‘Wildziege’ und šašā- (ein Vogel) typologisch betrachtet », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 161-167 : l’a. met en évidence l’existence de deux termes quasi homophones, à savoir šāša- « chèvre sauvage », animal représenté sous la forme du signe hiéroglyphique (*104), d’une part, et le nom d’un oiseau d’autre part. La traduction traditionnelle de šāša- par « gazelle » paraît moins logique à l’auteur, étant donné que la présence de cet animal n’est pas attestée dans les montagnes de l’Anatolie centrale. [A. Mouton]

– R. OPFERMANN, « Was für die Hethiter Yazılıkaya ein hekur? », RAI 34, p. 229-238: identification du terme NA4 hekur « petite montagne » et/ou parfois « sanctuaire rupestre ».

– H. OTTEN, “Ein Siegel Tuthalijas IV. und sein dynastischer Hintergrund », IstMitt 43, 1993, p. 107-112: le sceau de Tudhaliya IV figurant sur la tablette officielle RSL 2 illustre un thème traditionnel dynastique emprunté à Puduhepa, la “grande reine ». La permanence du motif contrastant avec la normalisation de l’inscription cunéiforme par rapport aux légendes hiéroglyphiques laissent supposer que le texte n’était pas lu, seule comptant la représentation figurée pour attester le caractère royal et dynastique du sceau.

– H. OTTEN et C. RÜSTER, Hethitische Texte vorwiegend von Büyükkale, Gebäude A, KBo 39, 1995: éd. en copie de 292 textes et fragments hittites, pour la plupart des rituels, auxquels s’ajoutent des textes historiques et oraculaires, et quelques pièces louvites et hurrites.

– EIDEM, Texte verschiedenen Inhalts vorwiegend aus Gebäude A (Büyükkale), KBo 40, 1997: éd. de 380 tablettes et fragments contenant des inscriptions historiques, des rituels et des oracles.

– EIDEM et G. WILHELM, Textfunde von Büyükkale aus den Jahren 1955-1959, KBo 46, 2004.

P

– A. PAYNE, Hieroglyphic Luwian, Elementa Linguarum Orientis 3, 2004 : manuel d’introduction à la langue louvite hiéroglyphique avec petite chrestomatie des principales inscriptions hiéroglyphiques publiées.

– EADEM, « Lycia – crossroads of Hittite and Greek traditions? », in: Ancient Literatures, 2008, p. 471-487: sur la Lycie de l’Age du Bronze, où les Louvites étaient majoritaires, et sa relation avec le monde égéen. L’a. examine notamment le panthéon lycien à partir des données textuelles. Elle remarque notamment la présence de la déesse Maliya qui est assimilée à l’Athéna grecque. [A. Mouton]

– EADEM, « Zum Herrscherhaus von Karkamiš », in: Fs Nowicki, DBH 45, 2014, p. 149-156: l’a. mène une investigation sur les rois de Karkemiš, de Piyaššili/Šarri-Kušuh, fils de Šuppiluliuma Ier, jusqu’à ceux de l’époque néo-hittite. Les inscriptions hiéroglyphiques néo-hittites de Karkemiš voient se côtoyer des mentions de « Grands Rois » (MAGNUS.REX), titulature issue de la tradition hittite, et celles de « maître du pays » (REGIO.DOMINUS), ces deux hauts personnages se partageant le pouvoir. L’auteur remarque par ailleurs que Karkemiš est principalement qualifiée de « pays » (REGIO) dans les inscriptions néo-hittites mentionnant Ura-Tarhunza et Astuwalamanza, alors qu’elle n’est plus qu’une « ville » (URBS) pendant la gouvernance de Suhi II, ce qui illustreraient la perte de puissance de Karkemiš au cours du Xe siècle. [A. Mouton]

– F. PECCHIOLI DADDI, “From Akkad to Hattuša : the History of Gurparanzah and the River that Gave him its Name”, Fs Fronzaroli, 2003, p. 476-494 : réédition de CTH 362 et réflexion sur l’origine et le but de cette composition littéraire hourritisante. D’après l’a. le mélange culturel qui transparaît dans cette oeuvre indique que cette dernière a été composée à Hattuša à l’époque impériale mais retrace peut-être une légende décrivant la naissance d’une dynastie hourrite et qui serait issue de la tradition orale.

– EADEM, « Palace Servants and their Obligations », Or NS 73/4, 2004, p. 451-468 : réexamen et une réédition des textes appartenant à CTH 265, que l’a. définit comme un texte appartenant au genre de l’išhiul.

– EADEM,  » The Hittite Word talla-« , Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 197-203: l’a. propose de voir dans les différentes occurrences de talla(i)- un seul et même mot, contrairement à ce qui était suggéré jusque là. Selon l’auteur, le terme talla(i)- désigne toujours un objet appartenant au matériel liturgique d’un temple. Il peut être confectionné à partir de matériaux divers : bois, métal précieux, pâte, cuir, etc. À partir d’un fragment de compte rendu de vœu, l’auteur propose de voir dans talla(i)- un objet en forme de jambe. Elle rapproche ce terme du latin tālus dont dérivent l’italien « tallone » et le français « talon ». [A. Mouton]

– I. PELED, « ‘Amore, more, ore, re…’ Sexual Terminology and Hittite Law », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 247-260: sur les différentes connotations inhérentes aux termes hittites relatifs à la sexualité dans les Lois hittites. L’a. montre que certains termes sont vulgaires et utilisés à dessein, alors que d’autres sont au contraire des euphémismes. [A. Mouton]

– M. POETTO, « Nuovi sigilli in luvio geroglifico V », in: Fs Popko, p. 273-276 : publication de deux cachets provenant d’une collection particulière. Ils portent respectivement les noms de Tamira/i(a) « maître de la ville » et de Ti/ati/ami « échanson ».

– IDEM, « Un nuovo frammento in Luvio geroglifico da Ancoz (Ancoz 12) », in: Fs Hawkins, 2010, p. 188-192: l’a. édite un fragment de stèle inscrit en louvite hiéroglyphique et conservé au musée d’Adıyaman. Il mentionne pour la première fois la ville de Lapuwa/ina/i. [A. Mouton]

– IDEM, « Nuovi sigilli in luvio geroglifico VII (Per il valore di á in alcune occorrenze) », in : Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 271-277 : édition d’un sceau inscrit en hiéroglyphique provenant d’une collection privée. Le sceau porte le nom propre Na-ní-á-tu (lecture suivant la nomenclature traditionnelle), un personnage qui était URBS.DOMINUS « maître de la ville » (cunéiforme EN URU). [A. Mouton]

– IDEM, « L’iscrizione luvio-geroglifica ANCOZ 5 (A) rivista e completata », Hethitica 16, 2010, p. 131-138: l’a. a eu l’occasion de réaliser une transcription plus complète de l’inscription louvite hiéroglyphique d’Ancoz 5. Grâce à elle, il s’interroge sur la généalogie des deux personnages mentionnés par l’inscription, à savoir « Hattusili et Suppiluliuma, père et fils ». Etant donné que l’inscription Ancoz 7 atteste d’un Hattusili fils de Suppiluliuma, l’a. reconstruit la dynastie royale de Commagène en 1) Hattusili – Suppiluliuma – Hattusili ou en 2) Suppiluliuma – Hattusili – Suppiluliuma. [A. Mouton]

– M. POETTO, « Un nuovo verbo luvio-geroglifico : zapa-, e la sua correlazione al luvio cuneiforme zapp(a)-« , in: Fs Melchert, 2010, p. 296-303: publication de la courte inscription hiéroglyphique de SARAGA, non loin de Karkemish. Dans cette inscription, le verbe louvite zapa– apparaît, que l’a. traduit par « offrir en sacrifice ». Il rapproche en outre ce verbe du verbe zapp(a)- des textes cunéiformes louvites qui n’avait, jusqu’à présent, pas reçu de traduction précise. De « sacrifier », le verbe peut prendre le sens de « détruire ». [A. Mouton]

– A. M. POLVANI, “Contributo alla lessicografia ittita », SEL 12, 1995, p.149-158: étude de plusieurs textes hittites enrichissant le lexique des minéraux.

– EADEM, “Hittite Fragments on the Atrahasis Myth”, Fs Fronzaroli, 2003, 532-539 : réédition de deux fragments de tablettes en langue hittite semblant liés au mythe mésopotamien d’Atrahasis. Le second fragment, auparavant attribué par Güterbock au mythe de Kumarbi, semble résulter d’un conglomérat de traditions mythologiques d’horizons divers : sphères hourrite, mésopotamienne et anatolienne confondues.

– M. POPKO, « Der Zukraši-Text : althethitisch ? », NABU 2005/68 : l’a. propose de redater le texte de Zukraši, qui serait MS et non pas OS comme convenu généralement. Il s’agirait donc de la copie moyen-hittite d’un original vieil-hittite.

– J. PUHVEL, « Hittite Regal Titles: Hattic or Indo-Europeans? », JIES 17, 1989, p. 351-361: les titres Tabarna et Tawananna donnés respectivement au roi et à la reine sont bien hittites, et même d’origine indo-européenne. La Tawananna fut d’abord la “Première fille » du roi -non nécessairement l’aînée- destinée à assurer la succession dynastique en donnant au roi, à défaut de fils, un petit-fils. La période “régicide » (Hattusili Ier et Mursili Ier) discrédita l’institution: le trône passerait éventuellement, par mariage, dans la ligne féminine, comme en Egypte, ce qui fut amendé par l’Edit de Telipinu. Au début du Nouvel Empire, l’influence hourrite tendit à restaurer le système primitif, mais Suppiluliuma y coupa court en prenant pour reine une épouse étrangère.

– IDEM, “Anatolian: Autochton or Interloper? », JIES 22, 1994, p. 251-263: l’a. revient sur la question de l’origine des Indo européens, en comparant certains traits des langues anatoliennes (Hittite, Louvite) à ceux d’autres langues indo européennes. Il s’oppose à une origine anatolienne des Indo européens qui seraient au contraire arrivés en Anatolie par la voie de l’immigration.

– IDEM, Hittite Etymological Dictionary, vol. 5: Words beginning with L, Indices to volumes 1-5, Trends in Linguistics Documentation 18, 2001.

– IDEM, Hittite Etymological Dictionary 6 : Words beginning with M, 2004.

-IDEM, « More on Hittite kusduwai-« , Hethitica 16, 2010, p. 149-150: l’a. étudie l’étymologie du verbe hittite kušduwai- qui équivaut à l’akkadien karṣu « médire ». Le nom abstrait formé sur ce verbe signifie aussi bien « médisance » que « rumeur », équivalant ainsi la « langue de la multitude » si fréquemment mentionnée dans les textes rituels (pangauwaš lala-). Comparant kušduwai- à ses possibles équivalents indo-européens et surtout au nom grec psithuros provenant du verbe psithurizô « chuchoter », l’a. suggère de voir une onomatopée du type « chuchoter, susurrer » à l’origine  de ce verbe hittite. [A. Mouton]

R

– E. RIEKEN, Untersuchungen zur Nominalen Stammbildung des Hethitischen, StBoT 44, 1999: étude de l’étymologie des noms hittites.

– EADEM, « Hethitisch šumumahh », HS 113, 2000, p. 171-175: l’a. examine un passage du rituel de fondation KUB 29.1, dans lequel l’hapax legomenon šumumahh- apparaît. Le passage est difficile car il associe cette forme verbale à l’impératif de la 2e pers. du sg. au nom šešai- dont le sens précis est inconnu : il s’agit d’une partie du corps du lion et du léopard, sans que l’on sache s’il s’agit plutôt de la patte ou de la mâchoire (voir F. Starke, ZA 69, 1979, 89 note 89 qui exclut la queue). Quoi qu’il en soit, l’a. insiste sur le fait que le passage décrit un rite de magie analogique destiné à unir l’âme et le cœur du roi. Il faut donc attribuer au verbe šumumahh- un sens proche de l’action décrite par ailleurs, à savoir « unir, assembler ». Pour cette raison, elle propose de voir dans šumumahh- un factitif formé sur un terme signifiant « unité ». Cette racine *sm- doit dorénavant être rapprochée au terme hittite šia- identifié par P. Goedegebuure comme signifiant « un » (Fs de Roos, 2006: le proto-indo-européen *sem- aurait, selon elle, plutôt la forme *se- qui la rapprocherait du hittite šia-). Dans son lexique, A. Kloekhorst (2008, p. 784-785) rejette quant à lui l’étymologie de šumumahh- proposée par l’a. sans pour autant proposer une alternative. [A. Mouton]

– EADEM, « Die Zeichen <ta>, <tá> und <tà> in den hieroglyphen-luwischen Inschriften der Nachgrossreichszeit », 6e ICH, SMEA 50, 2007, 637-648 : l’a. montre que le signe *41 <tà> se démarque de *100 <ta> et *29 <tá> quant à son usage. À l’appui des occurrences de ces différents signes, l’a. en déduit que *41 est utilisé pour rendre le son /d/ alors que *100 et *29 servent à retranscrire /t/. Elle étaye son hypothèse par une comparaison entre certains termes du hiéroglyphique et le louvite cunéiforme. Le lycien est également pris en compte.

– EADEM, « Hethitisch kāša, kāšma, kāšat(t)a: Drei verkannte deiktische Partikeln », in: E. Rieken/P. Widmer (ed.), Pragmatische Kategorien. Form, Funktion and Diachronie, Wiesbaden, 2009, p. 265-273: l’a. revient sur l’interprétation de H. A. Hoffner qui voulait voir dans kāša, kāšma et kāšat(t)a des termes introduisant une notion temporelle dans la phrase. L’a. pense quant à elle que ces termes introduisent au contraire une notion spatiale: kāša indiquerait que l’action se situe dans la sphère du locuteur, alors que kāšma et kāšat(t)a marqueraient une action localisée dans la sphère de l’interlocuteur. [A. Mouton]

– EADEM, « Das Zeichen <tá> im Hieroglyphen-Luwischen », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 301-310: l’a. indique que le signe tá (*29) semble être privilégié, dans les inscriptions anciennes de Karkemiš, dans le cas d’une association entre elle et une première consonne (en particulier n et s). Plus tard au Ier millénaire, ce signe est apparemment délaissé au profit du signe ta (*100). [A. Mouton]

– EADEM, « Das Zeichen <sà> Im Hieroglyphen-Luwischen », in: 7th ICH, 2010, p. 651-660: l’a. poursuit son enquête sur les signes traditionnellement considérés comme homophones dans l’écriture hiéroglyphique de l’Anatolie hittite. Elle se penche cette fois sur les signes traditionnellement lus /sa/. En étudiant la distribution du signe sà, l’a. remarque l’association de ce signe avec les voyelles i et u qu’il suit très fréquemment. Selon l’a., la présence d’une de ces voyelles entraîne un son chuinté, ce qui justifierait l’utilisation d’un signe syllabique spécifique. La distinction entre sà et les autres signes lus /sa/ semble cependant disparaître sur les inscriptions néo-hittites tardives, seules celles datant du début de l’Age du Fer sont concernées par ce phénomène. De même, toutes les inscriptions de l’époque impériale ne semblent pas non plus faire cette distinction, seules celles de Yalburt et Emirgazi la font. [A. Mouton]

– EADEM, « Die periphrastischen Konstruktionen mit pai- ‘gehen’ and uwa- ‘kommen’ im Hethitischen », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 217-239: l’a. revient sur les constructions périphrastiques hittites basées sur les verbes « aller » et « venir ». Elle montre que le sens de ces constructions a sans doute évolué dans l’histoire de la langue hittite. La première étape correspond au maintien de la notion de mouvement dans ces constructions. Par la suite, celles-ci acquièrent une connotation temporelle. L’auteur suggère ainsi que les périphrases employant uwa- « venir » ajoutent une distance temporelle par rapport à un point de référence (le moment de l’élocution ou un autre moment exprimé par le discours). Cette distance décrit, le plus souvent, une projection dans le futur (« par la suite, ensuite, plus tard »). Par extension, les périphrases avec uwa- peuvent également parfois se traduire par « enfin », ajoutant une notion de culmination et de finalité (consécution). Pour l’auteur, la notion causale repérée ici et là dans ces périphrases n’est pas imputable aux constructions périphrastiques elles-mêmes, mais bien plutôt à l’utilisation de la particule inchoative indépendante nu qui sous-entend une progression entre les deux clauses qu’elle relie. Contrairement aux périphrases utilisant uwa-, celles employant pai- n’impliquent pas de distance temporelle, mais, à l’inverse, une proximité temporelle avec le point de référence et l’immédiateté de l’action décrite (futur proche). [A. Mouton]

– EADEM, « Fachsprachliche Merkmale in den hethitischen Ritualbeschreibungen », AOAT 391, 2011, p. 207-216: l’a. examine les éléments qui, dans les textes rituels et cultuels hittites, pourraient relever du jargon de spécialiste. Selon elle, les textes requièrent différents degrés d’expertise pour être compris et employés. Elle insiste en outre sur le fait que le style condensé, « télégraphique », des textes de fêtes cultuelles implique l’existence d’une longue tradition de transmission entre experts. A l’inverse, certains textes rituels présenteraient, selon l’a., des éléments de langage plus explicites destinés aux non-spécialistes. [A. Mouton]

– A. RIZZA, « ‘Cercato in traduzione’: su di un passo problematico della bilingue ‘SÌR parā tarnum(m)aš’ », in : B. Bellucci et al. (éd.), Traduzione di tradizioni e tradizioni di traduzione, Milan, 2008, p. 53-79: l’a. étudie KBo 32.15 i 4′-16′ / ii 4′-17′, le passage de la bilingue hourro-hittite du « Chant de libération ». Il cherche à mettre en évidence les distorsions introduites par la traduction du hourrite en hittite. [A. Mouton]

– IDEM, « Contributi allo studio dell’ergatività in anatolico: basi teorico-tipologiche. Sopra alcune recenti pubblicazioni », in: R. Arena (éd.), Atti del sodalizio glottologico milanese, 2010, p. 144-162: l’a. revient sur la question de l’ergativité dans les langues anatoliennes, dont le hittite. Il commente l’ouvrage de S. Patri (StBoT 49, 2007) et un article de C. Melchert sur le même thème à paraître dans les actes d’un colloque. [A. Mouton]

– S. R. ROSE, The Hittite -hi/-mi Conjugations. Evidence for an Early Indo-European Voice Opposition, Innsbrucker Beiträge zur Sprachwissenschaft 121, Innsbruck, 2006 : l’a. suggère que la conjugaison hittite en -hi soit originellement centripète (« centre-seeking ») tandis que celle en -mi serait centrifuge (« centre-fleeing »). -hi semble adosser plus naturellement la voix moyenne (voix qui entraîne une plus grande implication du sujet dans l’action).

S

– Y. SAKUMA, “Neue Kenntnisse hethitischer Orakeltexte 2″, AOF 36, 2009, p. 293-318: l’a. réédite le compte rendu oraculaire KBo 22.264+ auquel il ajoute un joint découvert par S. Kosak. Il publie également un joint réalisé entre KUB 18.42 et KBo 54.111, deux fragments de comptes rendus oraculaires.

– D. SALISBURY, « ana and andan in Neo-Hittite », JCS 51, 1999, p. 61-72.

– M. SALVINI, “Autour du sceau de Muršili II (RS 14.202) », Syria 67, 1990, p. 423-426: l’a. se prononce pour l’authenticité (débattue) du sceau, d’après des critères philologiques; l’objet daterait de l’aphasie de Muršili II.

– IDEM, “Un sceau original de la reine hittite Ašmunikal », Syria 67, 1990, p. 257-268: publication du second sceau original du palais hittite (avec celui de Muršili II), plus ancien exemplaire de sceau royal à édicule connu. Il appartient à la reine Ašmunikal, tawananna de Tudhaliya III et princesse d’origine hourrite comme l’indiquent l’analyse de son nom et l’influence hourrito-mitanienne du sceau.

– IDEM, “Doubts on the doubts », Syria 67, 1990, p. 743-747: réponse de l’éd. du sceau, qui maintient l’authenticité (voir article de J. D. HAWKINS dans le même journal).

– M. SALVINI et M. –C. TREMOUILLE, « Les textes hittites de Meskéné/Emar », SMEA 45, 2003, p. 225-271.

– M. SALVINI et I. WEGNER, Die mythologischen Texte, ChS I/6, 2004 : transcription des passages mythologiques en langue hourrite présents dans les sources de Boğazköy.

– P. SANDERS, « Argumenta ad deum in the Plague Prayers of Mursili II and in the Book of Psalms », in: B. Becking et E. Peels (éds), Psalms and Prayers, Oudtestamentische Studiën 55, 2007, p. 181-217: le fait de chercher à convaincre la divinité en mettant en avant son point de vue se retrouve aussi bien dans les textes de prières hittites que dans les Psaumes de l’Ancien Testament. Un argumentum ad deum qui apparaît plusieurs fois dans les prières hittites est l’idée que les hommes du Hatti sont ceux qui nourrissent et prennent soin des dieux. Si ces hommes disparaissent, les dieux perdent leur confort et, de manière plus problématique, leur nourriture. De manière analogue, les Psaumes font plus allusions au fait que Dieu se porterait lui-même préjudice s’il laissait mourir ses serviteurs humains : plus personne ne serait là pour le vénérer. [A. Mouton]

– D. SASSEVILLE, « The Luwian inscription ŞARAGA: an improved edition », NABU 2016/19: l’a. critique une partie de l’édition par M. Poetto de l’inscription de ŞARAGA vers Karkemiš. Il propose une lecture différente de la fin de l’inscription relative à un sacrifice sanglant, avec un verbe aniya- qui signifierait ici « fournir, procurer, produire » puis un verbe zappa- signifiant « abattre (rituellement) » (ce dernier sens étant conforme à la proposition initiale de Poetto). [A. Mouton]

– S. Ö. SAVAŞ, Anadolu (Hitit-Luvi) Hiyeroglif Yazıtlarhnda geçen tanrı, şahıs ve coğrafya adları (Divine, personal and geographical names in the anatolian (Hittite-Luwian) hieroglyphic inscriptions), Ege Yayınları, Bilimsel Dizi 1, Istanbul, 1998 : répertoire des noms propres attestés par les sources hiéroglyphique.

– IDEM, « Hattusa adı üzerine », in: Third Congress of Hittitology, p. 505-513: l’a. étudie les diverses dénominations de la capitale hittite.

– S. Y. SENYURT, « Ovaören-Göstesin geç hitit/luwi hiyeroglif yazıtı », in: Fs Donbaz, 2010, p. 261-268: l’a. publie des fragments d’inscriptions lapidaires en louvite hiéroglyphique découverts sur le site d’Ovaören qui devait se trouver, à l’époque néo-hittite, dans la région du Tabal. Au total, 22 fragments ont été mis au jour, qui ont été étudiés par D. Hawkins et M. Weeden. Le nom du roi du Tabal Wasusarma y serait mentionné. L’a. associe ce site à la ville de Parzuta, un centre important du Tabal pendant le règne de Wasusarma. [A. Mouton]

– D. SCHWEMER, « Lehnbeziehungen zwischen dem Hethitischen und dem Akkadischen », AfO 51, 2005-06, p. 220-234 : l’a. revient sur la notion d’emprunt de termes hittites au vocabulaire akkadien, ainsi que sur l’inverse (emprunt dans le vocabulaire paléo-assyrien de termes hittites). Il conclut que les emprunts sont en très petit nombre et souvent relatifs à la sphère scribale, sphère connue pour son multilinguisme.

– A. SHATSKOV, « Hitt. hi-ni-ik-ta and Related Matters », in: 7th ICH, 2010, p. 703-708: l’a. examine la forme hi-ni-ik-ta qui apparaît deux fois dans la documentation hittite. Malgré la proposition de certains indo-européanistes, en particulier G. Hart, cette forme semble être une variante graphique de hi-in-ik-ta du verbe hink- « attribuer ». [A. Mouton]

– K. SHIELDS, “On the Origin of the Hittite Accusative Plural Suffix -UŠ », Hethitica 12, 1994, p. 79-85.

– A. SIDELTSEV, »Syntax of Lists in Middle Hittite », in: 7th ICH, 2010, p. 709-723: sur la façon dont les énumérations sont insérées dans la syntaxe moyen-hittite.

– IDEM, « Clitic Doubling: A New Syntactic Category in Hittite », AoF 38, 2011, p. 81-91: l’a. distingue : 1) la dislocation vers la gauche (« left dislocation »), comme dans karpiš n=an arāit où l’objet direct du verbe est exprimé par un pron. pers. encl. qui se réfère à un nom placé avant la particule inchoative ; 2) la dislocation vers la droite (« right dislocation »), comme dans n=an lē šannatti memian où l’on a un double accusatif composé d’un pron. pers. encl. se référant à un nom à l’accusatif placé après le verbe ; 3) le redoublement clitique (« clitic doubling »), comme dans šer=(r)a=an DUGDÍLIM.GAL Ì [ištap]panzi, où l’on a un double accusatif composé d’un pron. pers. encl. se référant à un nom à l’accusatif placé avant le verbe mais après la particule inchoative, dans la même proposition. Un autre exemple de redoublement clitique se trouve dans : DUTUŠI=mu kuit BELI=YA ammuk IHapirin kiššan wātarnahta où le nom propre Hapiri est en outre en apposition avec ammuk. Selon l’a., le redoublement clitique est très rare dans les textes hittites.  Il s’agit pour lui d’un phénomène syntaxique utilisé pour marquer un changement de sujet ou de statut du discours. En cela, il n’est pas éloigné de la dislocation vers la gauche. Il apparaît à toutes les époques de la langue hittite. [A. Mouton]

– IDEM, « Hittite Clitic Doubling as an Innovative Category : Its Origin », in: RAI 57, 2015, p. 417-426 : l’a. indique que le redoublement clitique (« clitic doubling ») se développe à partir de la dislocation vers la gauche (« left dislocation »). D’après l’a., la seule hypothèse qui explique ce phénomène (proposée par T. Givón) est trop simple pour le cas hittite. Il propose, de son côté, que le point de départ est la fonction de changement de sujet de la dislocation vers la gauche, car elle se retrouve aussi dans le redoublement clitique. Plus concrètement, les deux catégories grammaticales sont utilisées pour marquer le changement de sujet (« shift topic »), le sujet qui peut être déduit (« inferable topic ») et le sujet accessible (« accessible topic »). C’est ici qu’il faut voir, selon l’a., l’origine du redoublement clitique. Finalement, l’a. établit l’échelle suivante : « sujet établi > sujets plus accessibles > sujets moins accessibles » dans laquelle, moins d’accessibilité implique un degré plus haut de marque grammaticale. Dans ce contexte, le redoublement clitique pourrait occuper une position intermédiaire entre les sujets établis (marqués juste par les pronoms clitiques) et les sujets plus accessibles, tandis que la dislocation vers la gauche marquerait les sujets moins accessibles. [L. Puértolas Rubio]

– Z. SIMON, « Hethitisch-luwische Fremdwörter im Ägyptischen? », Göttinger Miszellen 227, 2010, p. 77-92: l’a. réexamine un à un les termes qui ont été identifiés comme des emprunts hittites ou louvites en égyptien. Il montre notamment que les égyptologues qui ont proposé ces identifications n’ont pas tenu compte des règles de la phonétique anatolienne. Par exemple, une séquence en -pp- ne peut pas donner /b/ en égyptien mais doit être rendu par le phonème /p/. En fin de compte, l’a. n’identifie que trois emprunts assurés à l’anatolien. [A. Mouton]

– IDEM, « Hethitische Topoi in der hieroglyphen-luwischen Historiographie. Bemerkungen zur Frage der Kontinuität », AOAT 391, 2011, p. 227-243: l’a. s’interroge sur la notion de littérature appliquée aux textes hiéroglyphiques néo-hittites et plus particulièrement sur ceux qui ont un contenu historiographique. Il s’interroge également sur la continuité dont certains de ces textes ont pu bénéficier vis à vis des textes historiques hittites. A la recherche de topoi littéraires dans ces compositions, il montre que les textes historiographiques de l’Age du Fer sont, pour certains d’entre eux, les héritiers de l’annalistique hittite. Il pose la question du mode de transmission de ces topoi. Les royaumes néo-hittites dirigés par des rois hittito-louvites (Karkemiš, Melid/Malatya, etc.) disposaient-ils d’une partie des archives hittites ou de leurs copies ? Quoi qu’il en soit, Karkemiš a dû jouer un rôle central en tant que relais de cette tradition littéraire. [A. Mouton]

– IDEM, « Hinweise auf einen luwischen Lautwandel », NABU 2016/21: l’a. montre que le louvite hiéroglyphique nimuza– est une forme contractée logique de nimuwiza– « fils ». [A. Mouton]

– IDEM, « Zum hieroglyphen-luwischen Zeichen CAELUM (*182), NABU 2016/96: l’a. revient sur la discussion autour de l’existence éventuelle de deux termes louvites homophones, à savoir tipas- « ciel » et *tipas- « coupe », hypothèse défendue, entre autres auteurs, par J.D. Hawkins, mais remise en question par I. Yakubovich. L’a. argue que la séquence CAELUM-pi ne peut pas être utilisée pour prouver l’existence d’un terme *tipas- signifiant « coupe », puisque le vocalisme diffère. L’a. insiste toutefois sur le fait que la forme même du signe hiéroglyphique du ciel représente une coupe, ce qui tendrait à indiquer que le terme homophone *tipas- « coupe » existe. Pour l’a., on peut donc admettre l’existence de trois mots distincts, tipas- « ciel », *tipas- « coupe » et CAELUM-pi qui désignerait un autre récipient, et dont la lecture serait inconnue. [A. Mouton]

– I. SINGER, « Kantuzili the Priest and the Birth of Hittite Personal Prayer », in: Fs Popko, 2002, p. 301-313: l’a. met en contraste les prières vieil-hittites qui relèvent directement de pratiques rituelles et celles de l’époque moyen-hittite, en particulier la prière de Kantuzzili. Cette prière emprunte de nombreux motifs à des modèles syro-babyloniens avec des innovations propres. Elle servira elle-même de modèles à toutes les prières royales qui suivirent. L’a. soupçonne également des influences hourrites dans la composition. [A. Mouton]

– IDEM, « Some Thoughts on Translated and Original Hittite Literature », in: S. Izre’el et R. Drory (eds), Language and Culture in the Near East, Israel Oriental Studies 15, 1995, p. 123-128: l’a. réfute l’opinion commune qui consiste à considérer tous les textes « littéraires » mis au jour à Hattusa comme d’origine étrangère. La légende de la reine de Zalpa est un premier exemple de « littérature » anatolienne, et l’a. pense que le mythe d’Appu pourrait en constituer un autre. Il montre que rien, dans cette dernière composition, n’empêche son attribution aux scribes de la capitale hittite. [A. Mouton]

– O. SOYSAL, « Beiträge zur althethitischen Geschichte III. Ergänzende Bemerkungen zur Puhanu-Chronik und zum Menschenfresser-Text », Hethitica 14, 1999, p. 109-145: commentaire philologique et historique concernant la chronique de Puhanu.

– IDEM, « Analysis of a Hittite Oracular Document », ZA 90, 2000, p. 85-122: éd. d’un rapport oraculaire sans doute de l’époque vieil-hittite qui a trait à une campagne militaire d’un roi hittite (KBo XVIII 151). Ce texte fait donc partie de ce groupe très restreint de comptes rendus oraculaires hittites précédant l’époque impériale.

– IDEM, Hattischer Wortschatz in hethitischer Textüberlieferung, HdO I/74, 2004 : étude monumentale de l’ensemble des termes hattis attestés dans les textes hittites. Outre une liste exhaustive de ces mots, une analyse grammaticale des particules les composant est faite, qui tente de mettre en évidence quelques-uns des principes de la langue hattie telle que les textes hittites nous la font percevoir.

– IDEM, « On the origin of the royal title tabarna / labarna », Anatolica 31, 2005, p. 189-209 : l’a. repose la question cruciale de l’origine du titre royal T/Labarna. Il pense quant à lui qu’il s’agit d’un terme d’origine hattie, qu’il décompose ta=par=na. La forme Labarna n’est pas attestée dans les textes hattis unilingues ; l’a. en conclut donc qu’elle est une forme indo-européanisée (hittito-louvite) du nom hatti. Dans l’alternance t – l comme consonne initiale, l’a. propose que l’initiale hattie t-, qui correspondrait à la marque du féminin, ait été changée en l- masculin par les successeurs des Hattis, ceci pour des raisons idéologiques. Cette interprétation va dans le sens d’un matriarcat hatti auquel s’opposerait le patriarcat hittito-louvite. Ce clivage se retrouverait sur le plan divin au sujet de la déesse Soleil hattie Eštan à laquelle correspond le dieu Soleil hittite Ištanu.

– IDEM, « Zum Namen der Göttin Katahzipuri mit besonderer Berücksichtigung des Kasussystems des Hattischen », RAI 53, 2010, p. 1041-1058: l’a. analyse le nom de la divinité hattie Katahzipuri à partir des données grammaticales de la langue hattie. Il étudie également la transformation de ce nom en hittite, louvite et palaïte. [A. Mouton]

– IDEM, « Eski Anadolu toponomisi’nde değişik yorumlara açık bir yapım öğesi hakkında : Hititçe –+hapa ‘… nehir(i)’ ya da Hattice š(a)hap ‘tanrı’ ? », in: 7th ICH, 2010, p. 783-791: l’a. remarque le grand nombre de toponymes anatoliens en -hapa dont certains peuvent être composés du hittite hapa- « cours d’eau, fleuve », alors que d’autres pourraient comprendre le terme hatti š(a)hap « divinité ».

– IDEM, « Einige Beispiele mit abweichender Position und Funktion des Zeichens L. 312 ‚VIR‘ in den hieroglyphischen Siegelinschriften », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 269-278: l’a. pense que le signe hiéroglyphique *312 qui a la valeur logogrammatique VIR peut également se lire , en particulier lorsqu’il est placé au début d’un nom propre. [A. Mouton]

– B. STAVI, « HBM 74 from Maşat-Höyük, an Implementation of a Hittite Law? », SMEA 54, 2012, p. 311-322: l’a. revient sur les lettres de Maşat, sur leur datation (sans doute entre le règne d’Arnuwanda Ier et celui de Tudhaliya II), sur la durée de ces archives (2 voire 1 an, selon T. van den Hout), et les circonstances de leur préservation (il est possible que seules les tablettes anciennes et au contenu obsolète aient été préservées là, les documents toujours valides ayant probablement été déplacés lors de l’abandon volontaire de la ville). L’a. se penche ensuite sur la lettre HBM 74 dans laquelle Kassu et le Prêtre (sans doute Kantuzzili) se disputent 20 personnes relevant de l’autorité de Kantuzzili mais qui se sont réfugiées chez Kassu. L’a. pense que Kassu fait allusion à la Loi Hittite 23b qui indique que quand un esclave s’enfuit en territoire ennemi, celui qui le récupère là peut le garder pour lui. La lettre HBM 74 pourrait indiquer que les fugitifs ont été trouvés par Kassu « derrière » Zikkasta qui serait une ville-frontière du Hatti. [A. Mouton]

– G. STIVALA, »Contributo alla lessicologia ittita: per una classificazione dei nomi di piante erbacee », SEL 21, 2004, p. 35-64: étude des phytonymes anatoliens et de leur possible étymologie. Certains sont hérités de l’étranger, d’autres ont, au contraire, une étymologie indo-européenne. [A. Mouton]

– EADEM, « Format und Überlieferung der hattischen Strophengesänge », WdO 41, 2011, p. 191-200: l’a. étudie les textes monolingues hattis CTH 735 et les fragments en hatti CTH 745 dans lesquels des chants en strophes (expression de H. G. Güterbock) apparaissent. L’a. montre qu’il existe une grande continuité dans le formatage de ces textes, la tradition scribale liée à eux restant inchangée pendant des siècles. [A. Mouton]

– K. STROBEL, « Die Geschichtsschreibung der Hethiter und frühe griechische Historiographie. Wertungsfragen im Lichte der Anatolisch-Ägäischen Koinë », AOAT 391, 2011, p. 245-274: l’a. revient sur la continuité entre les textes historiographiques hittites et néo-hittites, d’une part et sur la transmission de la tradition historiographie hittite dans le monde grec, d’autre part. Il rappelle le caractère de relais de l’Anatolie occidentale et plus particulièrement, selon lui, de la ville d’Apaša/Ephèse.  [A. Mouton]

– A. SÜEL, « Ortaköy-Šapinuwa tabletlerinin tarihlendirilmesi [L’histoire des tablettes d’Ortaköy-Šapinuwa] », in: Third Congress of Hittitology, p. 551-558: présentation générale des tablettes découvertes à Ortaköy-Šapinuwa. Šapinuwa était, selon l’a., un lieu de résidence du Grand Roi hittite, étant donné le grand nombre de lettres qu’il a reçues en ce lieu. Dans ces lettres, de nombreux toponymes sont cités, qui n’étaient auparavant connus que par les lettres de Maşat Höyük. La paléographie permet de dater ces textes de l’époque Moyen-Hittite, en particulier du règne de Tuthaliya III (= Tašmi-šarri).

– C. E. SUTER, « The Hittite Seal from Megiddo », in: Fs Del Olmo Lete, p. 421-430 : éd. d’un sceau hiéroglyphique trouvé à Megiddo.

T

– A. TAGGAR-COHEN, « Political Loyalty in the Biblical Account of 1 Samuel XX-XXII in the Light of Hittite Texts », Vetus Testamentum 55, 2005, p. 251-268: l’a. montre que les mêmes règles de loyauté envers le roi s’appliquent en Anatolie hittite et dans 1 Sam XX-XXII. Le clergé de ce passage de l’Ancien Testament semble avoir avec le roi une relation équivalente à celle décrite dans les textes hittites entre le personnel des temples et le Grand Roi. [A. Mouton]

– P. TARACHA, « The Hittite word for ‘milk' », AOF 25/1, 1998, p. 156-157.

– IDEM, « Die Medizinalpflanze (heth.) hullupakašdu-SAR n.? », NABU 2006/4, n°79 : en mettant côte à côte plusieurs passages de textes hittites énumérant des plantes médicinales, l’a. s’aperçoit de l’existence d’une plante hullupakašdu.

– IDEM, « Hittitology up to date: Issues and new approaches, Rocznik Orientalistyczny 65, 2012, p. 212-223: l’a. résume quelques-uns des travaux récents en hittitologie, en particulier ceux tournant autour des dernières découvertes archéologiques, de la datation des textes et de la transmission des textes rituels. [A. Mouton]

– I. TAS et M. WEEDEN, « A Stele of Prince Anaziti in the Yozgat Museum », JAOS 130, 2010, p. 349-359: les a. éditent une stèle inscrite en louvite hiéroglyphique et relative à un certain Anaziti, prince, qui est également connu par une empreinte de sceau de Bogazköy. La stèle date, selon les a., du XIIIe siècle av. J.-C. et aurait été retrouvée dans les environs de Calapverdi. Elle mentionne une divinité solaire qualifiée par un terme ou une série de terme encore incompris. Peut-être s’agit-il d’une divinité solaire locale. [A. Mouton]

– EIDEM, « ISTANBUL 2: a hieroglyphic fragment from Tabal in the Haluk Perk Collection », AnSt 61, 2011, p. 55-60: publication d’une inscription néo-hittite du Tabal datant des environs du VIIIe siècle et conservée dans la collection privée Haluk Perk. L’inscription est très fragmentaire. Elle semble faire allusion à un fait de guerre et mentionne une divinité Husa(?), ainsi qu’un dieu Sanana(nta)(?), tous deux inconnus par ailleurs. [A. Mouton]

– J. TISCHLER, Hethitisches Etymologisches Glossar, Lieferungen 5 und 6: L-M, Innsbrucker Beiträge zur Sprachwissenschaft 20, 1990, vi + 244 p.

– IDEM, « Hethitische Schafe », Hethitica 16, 2010, p. 181-190: l’a. examine les différentes dénominations du mouton dans les textes hittites. Derrière les logogrammes se cachent vraisemblablement le hittite *pekku- et le louvite hawi-. Ce second terme est attesté phonétiquement dans plusieurs inscriptions louvites. Quant au hittite UDUiyant-, il décrit le mouton transhumant dont la laine est prisée.  [A. Mouton]

– IDEM, « Hethitische Kleinigkeiten III », in: Fs Nowicki, DBH 45, 2014, p. 175-179: l’a. montre que le signe lourd HAL peut également parfois se lire hel en contexte hittite. Les exemples qu’il donne, comme, notamment, l’alternance entre DUGHAL-wa-at-tal-la et he-el-wa-ta-al-la, semblent confirmer cette lecture déjà proposée par Emmanuel Laroche (voir la bibliographie donnée par l’auteur). [A. Mouton]

– F. A. TJERKSTRA, Principles of the relation between local adverb, verb and the sentence particle in Hittite, Cuneiform Monographs 15, Groningen, 1999.

– G. TORRI, « The scribes of the House on the Slope », 6th ICH, SMEA 50, 2008, p. 771-782: l’a. cherche à définir la fonction de l’édifice habituellement appelé Haus am Hang dans la littérature hittitologique. Etudiant les noms des scribes attestés dans les colophons des tablettes trouvées sur place et insistant sur la relation étroite que la Haus am Hang devait entretenir avec le Temple I, en raison de sa proximité, l’a. en déduit que la Haus am Haus devait notamment servir de lieu où l’on recopiait les textes avant de les stocker ailleurs. Pour l’a., le bâtiment Haus am Hang servait de lieu d’archivage mais également d’école scribale. Cela expliquerait, selon elle, la mention assez fréquente d’apprentis scribes dans les colophons des textes qui y ont été retrouvés. Elle suggère que les textes n’étaient conservés dans la Haus am Hang que le temps nécessaire à ce qu’ils soient recopiés, mais qu’ils étaient par la suite stockés définitivement dans le Temple I. D’après la prosopographie des scribes et la datation des textes, il apparaît que cet édifice était toujours en usage pendant le règne de Šuppiluliuma II. [A. Mouton]

– EADEM, « Hittite Scribes at Play: The Case of the Cuneiform Sign AN », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 317-327: l’a. montre que certains scribes impériaux se plaisaient à introduire des signes cunéiformes archaïques, à la « mode » paléo-babylonienne. C’est surtout dans les colophons, à l’endroit où ils indiquent leur nom, qu’ils se sentent libres de déroger quelque peu aux règles de l’orthographie de leur temps. L’auteur montre, ainsi, que les signes AN en forme d’étoile que l’on voit ici et là dans les colophons de textes hittites sont des touches personnelles des scribes. Trois de ces scribes travaillaient sous la supervision du haut dignitaire SAG Anuwanza, lui-même scribe ainsi que seigneur de Nerik. [A. Mouton]

– EADEM, « Hiding Words behind the Signs: The Use of Logograms in Hittite Scribal Praxis », Or NS 81, 2012, p. 124-132: review-article de H. Marquardt, DBH 34, 2011 et de M. Weeden, StBoT 54, 2011.

– M. -C. TREMOUILLE, “CTH 628: une mise à jour », SMEA 40, 1998, p. 263-270: reconstitution des 6e et 10e tablettes du rituel de la fête (h)išuwa (CTH 628) à partir des nouveaux joints réalisés dernièrement.

– EADEM, « Nouveaux matériaux pour le Corpus der hurritischen Sprachdenkmäler », AoF 34, 2007, p. 116-125: l’a. publie plusieurs fragments jusqu’alors inédits de Boğazköy (fragments en /u). Certains s’insèrent dans le corpus des rituels kizzuwatniens, d’autres sont des fragments de textes divinatoires et de compositions de nature indéterminée. [A. Mouton]

– EADEM, « Notes sur le fragment à caractère historique KUB 31.45 », in : Fs Košak, 2007, p. 681-692 : l’a. fournit une translittération du fragmet KUB 31.45 dont elle discute en outre l’identification. Pour elle, ce fragment pourrait relever du genre des protocoles et ferait allusion aux relations des Hittites avec les Gašgas. La mention de la ville de Kammama paraît convenir à cette interprétation, cette cité se trouvant vraisemblablement non loin du territoire gašga. [A. Mouton]

U

– A. ÜNAL, “Hethitische Tontafelfragmente aus München », ZA 86/2, 1996, p. 238-243.

– IDEM, Hittite and Hurrian Cuneiform Tablets from Ortaköy (Çorum), Central Anatolia, 1998: première éd. de tablettes d’Ortaköy-Šapinuwa.

– IDEM, « A Hittite treaty from Oylum Höyük in southeastern Turkey and the location of Haššu(wa) », AnSt 65, p. 19-34: l’a. publie un fragment de tablette mis au jour sur le site archéologique d’Oylum Höyük à la frontière turco-syrienne. L’a. pense que la tablette décrit un traité. Bien que le texte ne mentionne pas ce toponyme, l’a. propose de voir dans Oylum la ville hittite de Haššu. [A. Mouton]

– IDEM, « Word Play in Hittite Literature », in: Fs Hoffner, 2003, p. 377-388: l’a. indique qu’il n’y a pas de véritables jeux de mots dans les textes en langue hittite, mais qu’on peut quand même repérer ici et là quelques figures de paronymie et d’analogie. L’a. donne, en guise d’exemple, une édition du compte rendu de voeux KUB 56.19 dans lequel de nombreuses analogies sont faites entre le problème que l’on souhaite résoudre et le cadeau promis en échange de la résolution de ce même problème. [A. Mouton]

– IDEM et K. S. GIRGINER, « Tatarlı Höyük kazılarıda bulunan ‘Anadolu hiyeroglifli’ damga mühür baskısı », in: Fs Donbaz, 2010, p. 275-281: les a. publient une empreinte de sceau hiéroglyphique découverte sur le site de Tatarlı Höyük, dans la région d’Adana. Selon les a., le sceau indiquerait BONUS2.VITA tu-/PURUS-su2(?)-ta3-wa/i « Bonne vie. Tu/Suppi-sutawa », un nom dont ils n’ont trouvé aucun écho dans les sources hittites. D’après sa stylistique, les a. datent le sceau non retrouvé à l’origine de cette empreinte de l’époque vieil hittite. [A. Mouton]

V

– T. VAN DEN HOUT, “Another View of Hittite Literature”, in: Gs Imparati, 2002, p. 857-878: l’a. cherche à définir la notion de littérature selon les critères des Hittites eux-mêmes. Pour résoudre ce problème, il distingue les textes possédant un duplicat de ceux n’en possédant pas. Les documents qui ont été recopiés à plusieurs reprises doivent être vus comme des éléments à caractère prescriptif constituant la littérature hittite. Quant aux textes ne possédant pas de duplicat, au caractère descriptif, ils doivent avoir été archivés pour une certaine durée uniquement. Leur usage uniquement à court terme expliquerait l’absence de tels documents pour les périodes hautes de l’histoire hittite: seuls les documents représentant des affaires courantes à l’époque de la dernière importante occupation de Hattuša (Hattušili III-Tudhaliya IV, la capitale ayant vraisemblablement été transférée ailleurs après le règne de ces rois) ont été préservés. [A. Mouton]

– IDEM, “Studies in the Hittite Phraseological Construction I : its Syntactic and Semantic Properties”, Fs Hoffner, 2003, p. 177-203 : l’a. étudie la combinaison dans une seule et même proposition des verbes pai- et uwa- avec un second verbe conjugé au même temps et à la même personne. Selon l’auteur, cette combinaison servirait la plupart du temps à mettre en évidence la relation le plus souvent causale qui existe entre deux propositions consécutives. C’est pourquoi il propose de la traduire par l’anglais « thereupon ».

– IDEM, « Some Thoughts on the Composition known as Muršili’s Aphasia (CTH 486) », Fs Lebrun I, 2004, p. 359-380 : l’a. s’interroge sur la structure interne de la célèbre composition de l’Aphasie de Muršili. Il suggère qu’une partie du texte a été recopiée de descriptions de rituels (nous pourrions ajouter que ces rituels sont visiblement kizzuwatniens, étant donné les nombreux termes hourrites employés ainsi que les références faites au keldi et à l’ambašši).

– IDEM, « A Century of Hittite Text Dating and the Origins of the Hittite Cuneiform Script », Incontri Linguistici 32, 2009, p. 11-35: l’a. propose une synthèse historiographique sur les études de la datation des textes hittites. Il insiste notamment sur le fait que l’adaptation de l’écriture cunéiforme au hittite, la langue vernaculaire, n’a pas pu se faire immédiatement, mais qu’il a fallu une période d’expérimentation. [A. Mouton]

– IDEM, « Studies in the Hittite Phraseological Construction II: its Origin », Hethitica 16, 2010, p. 191-204: l’a. pense que la construction phraséologique de type n=aš paizzi GIŠhuluganni GÙB-za GIŠUMBIN kattan tiyazzi « Il va se tenir à gauche du char, près de la roue » résulte d’une évolution interne de la langue hittite et provient de l’asyndète. Ainsi, de deux phrases coordonnées (n=aš paizzi ta GIŠhuluganni GÙB-za GIŠUMBIN kattan tiyazzi), on passerait progressivement à l’asyndète puis à la construction phraséologique de type uēt NIM.LÀL-aš GIŠhuppari anda KUŠkuršan=šan daiš « L’abeille vint mettre sa gibecière dans le récipient huppar. » [A. Mouton]

– IDEM, « The Ductus of the Alalah VII Texts and the Origin of Hittite Cuneiform », in: E. Devecchi (éd.), Palaeography and scribal practices in Syro-Palestine and Anatolia in the Late Bronze Age, PIHANS 119, 2012, p. 147-170: la découverte du texte de Zukraši traditionnellement considéré comme OS a incité les hittitologues à caractériser tous les textes dits OS comme ayant une écriture dense et légèrement penchée, ainsi qu’un espace étroit entre les deux traits de colonnes. L’a. remet en question la méthode de datation de la paléographie hittite telle qu’elle fut défendue par F. Starke notamment. Les doutes qu’émet l’a. sont les suivants : 1) si seule la présence de signes « récents » détermine la datation, comment s’assurer de celle-ci quand la tablette est fragmentaire, ce qui est presque toujours le cas ? ; 2) les scribes NS accordaient-ils tant d’importance à la graphie qu’ils se donnaient la peine d’imiter chaque forme de signe de leurs modèles ? Par ailleurs, ce système de datation systématique n’a pas été appliqué de manière rigoureuse par les hittitologues. Les rituels dits « vieil-hittites » KBo 25 d’E. Neu, par exemple, ont des formes « récentes » et n’auraient par conséquent pas dû être datés OS si le système avait été appliqué. L’a. pense que la présence de quelques formes dites « récentes » ne remet pas en question la datation haute des tablettes concernées. Elle illustre plutôt, selon lui, la nécessité de redater l’apparition de ces formes « récentes ». Afin de redéfinir l’histoire du cunéiforme hittite et plus particulièrement ses origines supposées, l’a. examine ensuite le ductus hittite dit OS et celui d’Alalah VII, ce dernier étant traditionnellement considéré comme le principal représentant de l’école nord-syrienne ayant inspiré les scribes de Hattuša. L’a. prend aussi en compte les textes akkadiens de Hattuša datant du XVIIe siècle et prédatant le ductus OS proprement dit : la lettre de Tunip-Tešub de Tikunani et le texte d’Uršu. Ce que les hittitologues appellent les formes anciennes et récentes des signes se côtoient à la même époque à Alalah et parfois même au sein d’un même texte. Les formes dites « anciennes » sont toutefois majoritaires dans ce corpus. De toutes les similitudes qui apparaissent entre le ductus d’Alalah VII et celui du OS hittite, l’a. en conclut que l’école OS pourrait découler de celle d’Alalah VII ou de celle de Syrie du nord qu’Alalah VII illustre. Ces deux écoles ont déjà intégré des formes « récentes » de signes. Les premiers scribes hittites auraient simplifié le système connu à Alalah VII en rejetant l’usage de certaines formes dites « récentes » pourtant abondamment représentées à Alalah. Ce tri aurait été effectué par les scribes hittites entre le moment de l’introduction de ce ductus à Hattuša (pendant les règnes de Hattušili I et Muršili I) et la naissance du ductus typiquement hittite (milieu du XVIe siècle: cf. hache d’Ammuna, ca. règne de Telepinu). Les formes « récentes » ressurgissent en plus grand nombre au fil du temps, peut-être en raison du désir des scribes hittites de se rapprocher du modèle babylonien ou mitannien. [A. Mouton]

– IDEM et C. KARASU, « A Note on Hittite Envelopes and HKM 86 », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 372-377: les a. remarquent l’absence totale d’enveloppes en argile pour les lettres hittites. Ils suggèrent que celles-ci étaient enveloppées dans un matériau périssable non préservé. Quant à la lettre HKM 86 que S. Alp interprétait comme une lettre possédant une enveloppe en argile, les auteurs montrent qu’il s’agit en réalité d’un texte dont une face a été entièrement recouverte d’argile après avoir été inscrite, ce qui a permis au scribe de la réécrire en entier. [A. Mouton]

– S. VANSEVEREN, « L’infinitif hittite en –wanzi: essai de mise au point », in: 7th ICH, 2010, p. 951-959: l’a. s’interroge sur l’origine de l’infinitif hittite en –wanzi, à savoir peut-être une forme perdue de nom verbale avec un –i de dat.-loc.

– M. VIGO, « ‘Tradurre e non tradire’: il problema delle integrazioni. Il caso di KBo XII 39 », in: B. Bellucci et al. (ed.), Traduzione di tradizioni e tradizioni di traduzione, 2008, p. 191-248: l’a. étudie le texte historique KBo 12.39 et son contenu. Il réfléchit notamment sur l’identification du sanctuaire de Yazilikaya avec l’expression « huwaši du dieu de l’orage », suivant ainsi une proposition d’I. Singer (9ème TTK, 1986) [A. Mouton]

W

– W. WAAL, « They Wrote on Wood. The Case for a Hieroglyphic Scribal Tradition on Wooden Writing Boards in Hittite Anatolia », AnSt 61, 2011, p. 21-34: l’a. pense que les tablettes de bois étaient principalement utilisées pour les documents privés et économiques et étaient inscrites en hiéroglyphique. La terminologie technique relative à ces tablettes montre l’existence d’une tradition scribale séparée. Les scribes sur tablettes en bois (DUB.SAR.GIŠ) auraient été, selon T. van den Hout (Or 79, 2010), en premier lieu des clercs chargés des affaires courantes de l’administration. Leur rôle était, en réalité, plus étendu. Quant au sens de ce sumérogramme qui les désigne, l’a. montre que, par analogie avec les appellations néo-babyloniennes et achéménides, le logogramme du bois indique très vraisemblablement le matériau sur lequel le scribe écrivait, contrairement à ce que proposait T. van den Hout. Quant au verbe gulš-, il est clairement associé aux tablettes en bois et doit désigner le fait d’écrire en hiéroglyphique. On le retrouve aussi en association avec d’autres supports, tels que le métal et la pierre sur lesquels l’écriture hiéroglyphique a également été pratiquée. L’a. se penche également sur le nom GIŠ.HUR = gulzattar qui désigne probablement la tablette en bois. Elle montre que ce sumérogramme n’est jamais utilisé en relation avec l’écriture en contexte mésopotamien. Cet usage anatolien de ce logogramme signifiant originellement « dessin » tient au double sens du verbe gulš- « dessiner, tracer » mais aussi « écrire en hiéroglyphique ». Outre leur utilisation en contexte privé et administratif, l’a. rappelle l’utilisation des tablettes de bois en contexte religieux. Elle remarque que la majorité des prescriptions rituelles et/ou cultuelles inscrites sur ce type de support provient du Kizzuwatna, une région où le louvite est très largement parlé. Enfin, la non conservation des tablettes en bois expliquerait l’absence de documents privés hittites, ceux-ci étant, selon l’a., exclusivement rédigés sur ce support périssable. Pour l’a., les tablettes en bois pouvaient soit être recouvertes de cire, soit être directement inscrites à l’encre. [A. Mouton]

– EADEM, « Chronological Developments in Hittite Scribal Habits and Tablet Shapes », in: E. Devecchi (éd.), Palaeography and scribal practices in Syro-Palestine and Anatolia in the Late Bronze Age, PIHANS 119, 2012, p. 217-227: l’a. suggère d’ajouter les caractéristiques physiques des tablettes aux critères de datation. Pour ce faire, elle précise en premier lieu que les tablettes à durée éphémère doivent être exclues de cette étude, car elles sont concentrées sur une même période. Les tablettes destinées à être conservées à travers les siècles peuvent être regroupées en différentes catégories, en fonction du nombre de colonnes par face, de leur taille, de la forme de leurs tranches, notamment. Les tablettes à une colonne par face sont plus grandes à l’époque NS qu’à l’époque OS alors que celles à deux colonnes par face ont tendance à être légèrement plus grandes à l’époque OS. Quant aux tablettes à trois colonnes par face, elles sont toutes datées NS. Le choix d’un Ro plat et d’un Vo bombé servirait, selon l’a., à renforcer la solidité de la tablette sans en augmenter trop le poids. Cette forme permettrait en outre de faire apparaître le colophon dans les rayonnages des archives et bibliothèques. Des tablettes en forme de coussins c’est-à-dire avec des coins légèrement aplatis et à une seule colonne par face semblent représenter les tablettes les plus anciennes de Hattuša. Quant aux prismes, ils sont issus du modèle mésopotamien et employés exclusivement pour retranscrire des textes provenant de cette tradition. Le nombre de colonnes par face varie au sein de chaque genre « littéraire » : 1) de 1 colonne (MS) à 2 colonnes (NS) par face pour les traités et les prières ; 2) de 2 colonnes (pré-NS) à 3 colonnes (NS) par face pour les fêtes religieuses. Les tablettes OS montrent une volonté d’économie de l’espace : texte qui débute sur la tranche supérieure et se poursuit parfois sur la tranche inférieure, espace étroit entre les traits de colonnes, ductus petit et très dense. Ceci est à l’inverse des tablettes NS plus spacieuses. A partir du XIVe siècle, on observe une homogénéisation du format de la tablette, ce qui montre une unité dans la tradition scribale d’alors. [A. Mouton]

– C. WATKINS, « Toward a Hittite Stylistics: Remarks on Some Phonetic and Grammatical Figures, in: Fs Melchert, 2010, p. 356-362: l’a. étudie un passage de la prière « vieil-hittite » à la déesse Soleil de la terre CTH 371 où la forme verbale šašnušgatteni=an semble être mise en résonance avec une forme verbale x-ašnuškittani=ya=an dont le sens est incertain. Il propose de revenir à la suggestion du premier éditeur du texte, J. Friedrich, qui pensait que cette forme provenait d’un verbe par ailleurs inconnu. Suivant l’interprétation d’I. Singer, l’a. pense ainsi que le passage doit signifier : « vous qui la couchez et qui la levez », faisant ainsi allusion au coucher et au lever du soleil. L’a. se penche ensuite sur CTH 441.1 qui contient des formes verbales semblant rimer les unes avec les autres. Ces exemples illustrent une élaboration littéraire certaine. [A. Mouton]

– M. WEEDEN, « Assyro-Mittanian or Middle Assyrian? », in: E. Devecchi (éd.), Palaeography and scribal practices in Syro-Palestine and Anatolia in the Late Bronze Age, PIHANS 119, 2012, p. 229-251: l’a. revient sur ce que l’on a pris l’habitude d’appeler le « ductus assyro-mitannien », ductus qui a été observé sur certaines tablettes de Hattuaš par G. Wilhelm. L’a. compare les tablettes mitanniennes, « assyro-mitanniennes » de Hattuša et médio-assyriennes afin de tenter de déterminer l’origine du ductus en question. Il en déduit que ces trois groupes proviennent tous d’une même tradition, d’où leur grande proximité à certains égards. Etant données ses caractéristiques, il propose en outre que le ductus « assyro-mitannien » est en réalité un ductus médio-assyrien des XIVe et XIIIe siècles. Les éléments en commun avec les tablettes mitanniennes s’expliqueraient, quant à eux, par la présence d’u’n scribe assyrien en Mitanni, comme déjà suggéré par G. Wilhelm. Enfin, l’a. revient sur le ductus dit LNS qui serait, selon lui, déjà attesté dès le règne de Muwatalli II voire celui de Muršili II, et non pas celui de Tudhaliya IV, comme généralement admis. L’a. pense que certains signes LNS ont même été introduits dès le règne de Suppiluliuma I sous l’influence du ductus médio-assyrien. [A. Mouton]

– IDEM, « The Land of Walastin at Tell Tayinat », NABU 2015/44: l’a. édite deux fragments de reliefs néo-hittites inscrits en louvite hiéroglyphique mis au jour sur le site de Tell Tayinat en 2012. Ces deux fragments forment un joint et donne le nom de l’ethnique [w]a/i-la-s[à]-ti-ni-za(REGIO) « (de Walastin) ». Tell Tayinat est précisément la capitale supposée de ce pays de Walastin que l’on a rapproché du nom des Philistins. Ce rapprochement est fortement critiqué par l’a. [A. Mouton]

– I. WEGNER, “karnan, marnan. Eine hethitische formale Reduplikation », AOF 16/2, 1989, p. 383-384: il faut supprimer le mot marnan dans le CHD, car ce terme est une simple réduplication de karnan.

– EADEM, Hurritische Opferlisten aus hethitischen Festbeschreibungen, ChS I/3-3, 2004 : glossaire des deux premières parties de cet ouvrage qui offraient une transcription des passages en langue hourrite des descriptions de fêtes religieuses hittites.

– O. WIKANDER, « Ungrateful Grazers: A Parallel to Deut 32:15 from the Hurrian/Hittite Epic of Liberation« , Svensk Exegetisk Årsbok 78, 2013, p. 137-146: l’a. compare une des fables de la bilingue hourro-hittite à un passage du Deutéronome dans lequel un personnage est décrit comme un animal qui se met à mépriser le dieu qui l’a fait, le dieu étant alors désigné par l’expression « le rocher de son salut ». La fable que l’a. rapproche de ce passage biblique décrit un cerf qui méprise la montagne qui l’a nourri. L’a. pense que ces deux passages pourraient avoir hérité d’une même imagerie. [A. Mouton]

– G. WILHELM, “L’état actuel et les perspectives des études hourrites », Amurru 1, p. 175-187: exposé des résultats récents de la recherche sur les études hourrites. Concernant l’histoire des Hourrites, de nouvelles données ont permis d’établir qu’ils sont présents dans les montagnes d’Anatolie au troisième millénaire. Leur expansion à l’ouest est similaire; ils sont attestés en Syrie dès la période Kültepe Ib. Des compléments à l’histoire de Nawar sont également apportés. Du point de vue de la langue, la découverte de la bilingue hourro-hittite a permis d’enrichir la connaissance du hourrite. Les noms propres hourrites, en particulier, constituent une phrase complète.

– IDEM, “Die Könige von Ebla nach der hurritisch-hethitischen Serie ‘Freilassung' », AOF 24/2, 1997, p. 277-293: analyse de l’affranchissement d’esclaves à Ebla relaté dans la série bilingue hurrite-hittite “libération ». L’a. propose une nouvelle organisation interne de la série de tablette, pour montrer que Mêgi aurait agi sur le conseil de la divinité (Teššob), mais se serait heurté à un refus des Anciens. Pour ne pas encourir les représailles divines (notamment des défaites militaires), il aurait procédé à un rite de purification de sa personne et transféré la malédiction sur les responsables de la décision.

– IDEM, « Zwei mittelhethitische Briefe aus dem Gebäude C in Kuşaklı », MDOG 130, 1998, p. 93-174.

– IDEM, « Hethitische Texte: D. Epische Texte. Das hurritisch-hethitische “Lied der Freilassung » « , TUAT Erg. Bd, 2001, p. 82-91: trd du texte mythologique mentionné dans le titre.

– IDEM, « Zur Datierung der älteren hethitischen Landschenkungsurkunden », AOF 32, 2005, p. 272-279 : étude des données prosopographiques issues des LSU hittites.

– IDEM, « Ein Fragment mit hurritischen Gallenomina und der Beginn der hurritischen Überlieferung in Hattuša », in: Fs Meyer, 2010, p. 623-635: l’a. édite le fragment 2002/08 qui est une version hourrite d’un recueil de présage sur la vésicule biliaire. Il revient sur les problèmes de ductus, et plus particulièrement sur le ductus dit OS qui ne doit pas remonter avant le règne de Telepinu. Pour lui, le fragment 2002/08 doit être daté des environs du XVe siècle, ce qui correspondrait à l’entrée du Kizzuwatna dans le royaume hittite [A. Mouton]

– IDEM, « Patahuli – Die Tochter des Priesters? », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 378-384: l’a. revient sur la mention de la « fille du prêtre » dans la lettre KuT 49, qu’il rapproche de la « fille » mentionnée dans KuT 50, d’une part, et d’une certaine Patahuli mentionnée dans KBo 32.224, d’autre part. Les trois textes ont, en effet, plusieurs éléments en commun, que l’auteur énumère. Il suggère par conséquent qu’ils font allusion à la même affaire. [A. Mouton]

– IDEM, « Texts and Royal Seals of the Middle Hittite Period from the ‘House of the Chief of the Guards’at Hattusa », Fs Beckman, 2013, p. 343-353: l’a. présente les textes cunéiformes et empreintes de sceaux hiéroglyphiques mis au jour dans le bâtiment fouillé entre 2006 et 2008 à Hattusa près de Sarıkale. Le premier document cunéiforme présenté est une lettre qu’un chef des « fils du palais » (GAL DUMU É.GAL) envoya au chef des gardes (GAL MEŠEDI), ce qui indique vraisemblablement que ce bâtiment est la résidence de ce chef des gardes. Suit un contrat affublé d’empreintes de sceaux cylindres puis une empreinte de sceau hiéroglyphique inscrit au nom du Grand Roi Tahurwaili et une autre au nom de Tudhaliya II fils d’Arnuwanda et père de Suppiluliuma I. [A. Mouton]

– IDEM, « Zu verlorengegangenen Tafelsammlungen in der Oberstadt von Hattuša », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 307-316 : l’a. cherche à reconstituer des groupes de tablettes mises au jour au sud-ouest et à l’ouest de Sarıkale à Hattuša, où des habitations se trouvaient. Il montre que des fouilles dans ce secteur seront certainement riches en découvertes épigraphiques. [A. Mouton]

– F. C. WOUDHUIZEN, “Etruscan and Luwian », JIES 19, 1991, p. 133-150: l’a. reprend l’étude des correspondances entre l’étrusque et les langues indo européennes d’Anatolie, à la suite de l’article de F. R. Adrados dans JIES 17, 1989, p. 363-383.

– IDEM, “The Late Hittite Empire in the Light of Recently Discovered Luwian Hieroglyphic Texts », JIES 23, 1995, p. 53-81: l’a. présente en copie, trs. et trd. deux inscriptions hiéroglyphiques louvites retrouvées en Turquie, qui commémoraient notamment des campagnes militaires de rois hittites. La première a été retrouvée à Yalburt (au N O de Konya) et date de Tudhaliya IV (1240 1209 av. J. C.). La deuxième provient du Südbürg à Boghazköy, et date de Suppiluliuma II (1205 1180 av. J. C.). Selon l’a., ces inscriptions permettent de constater que peu de temps avant les invasions des Peuples de la Mer, l’empire hittite ne semblait pas affaibli.

– IDEM, Selected Luwian Hieroglyphica Texts, IBK Sonderheft 120, 2004 : catalogue des principaux textes hittites et néo-hittites hiéroglyphiques donnés en transcription et traduction. L’a. a adjoint quelques notes concernant le système grammatical louvite hiérolyphique employé lors de ces deux différentes périodes. Il est regrettable que ni l’autographie ni la bibliographie détaillée de chacun des textes étudiés ne soit donnée, car un tel ajoût aurait été bien commode.

– IDEM, « Two Assuwian Royal Seals », JEOL 40, 2006-2007, p. 125-129 : trois sceaux anatoliens regroupés dans les différents corpus de glyptique sous le nom de « groupe de Tyskiewicz » seraient, selon l’a., des objets issus d’Assuwa, comme l’indiquerait l’inscription hiéroglyphique de l’un d’eux : á-su-wi (AO 20.138).

X

– C. XU, « Hittite ker/kart- “heart“ : Functionnal and Ritual Aspects », JAC 10, 1995, p. 33-40: le terme ker/kart qui signifie le cœur peut être utilisé de façon concrète et désigner l’organe à l’intérieur du corps humain ou animal. Il peut aussi revêtir un sens abstrait et être le réceptacle de divers sentiments et émotions. ker/kart- n’est ni karat- qui signifie littéralement “l’intérieur », ni ištanza- qui correspond à “l’âme ». C’est une notion intermédiaire.

Y

– I. YAKUBOVICH, « Luwian Migrations in Light of Linguistic Contacts », in: I. Rutherford et al. (éd.), Anatolian Interfaces, 2008, p. 123-134: l’a. s’interroge sur la « préhistoire » des Hittites et Louvites en Anatolie. Il examine plus précisément la préhistoire de la langue louvite, langue parlée dans un territoire très vaste. Il revient brièvement sur le doute existant autour d’un éventuel dialecte istanouvien. Il remarque en effet, à la suite de C. Melchert, que les différences linguistiques notées entre le louvite de certains textes cunéiformes et celui des inscriptions hiéroglyphiques de l’Âge du Fer, par exemple, sont plutôt ténues. Ainsi, la langue louvite telle qu’elle nous est connue par les différents témoignages textuels semble relativement homogène. Par la suite, l’a. avance une théorie concernant le berceau des Louvites au sein de l’Anatolie. Pour lui, la langue louvite proviendrait du « Bas Pays » des textes hittites, ce qui correspond à la plaine de Konya. Ses principaux arguments sont de nature linguistique. Il revient dans ce cadre sur les emprunts vieil-hittites au louvite, emprunts étudiés auparavant par C. Melchert. Il remarque que ces emprunts sont pour la plupart relatifs aux sphères administratives et idéologiques, le plus important d’entre eux étant tabarna/labarna. De même, la plupart des premiers souverains hittites portent, en réalité, des noms louvites. Bien que n’étant pas forcément louvitophones de naissance, la langue louvite était assez prestigieuse et répandue pour servir à nommer les rois hittites à l’époque de l’Ancien Royaume. Les Louvites étaient donc au coeur même du royaume hittite dès le début de son histoire. Revenant en arrière dans le temps, l’a. montre en outre la présence de noms propres louvites dans les tablettes de Kültepe, ce qui indique que des Louvites étaient déjà en Anatolie centrale au temps des comptoirs commerciaux assyriens. Par ailleurs, le fait que la langue louvite des différentes zones louvitophones (Arzawa, Istanuwa, Kizzuwatna) soit si homogène indique que la migration des louvitophones d’un point à l’autre de l’Anatolie n’a pas dû précéder de beaucoup l’apparition des premières attestations écrites. Il suggère pour cette raison de situer cette migration à l’époque des comptoirs assyriens voire pendant l’Ancien royaume hittite.

– D. YOSHIDA, “Reconstruction of Anatolian Verbal Endings: The Third Person Plural Preterites », JIES 19, 1991, p. 359-374.

– IDEM, « Hethitische Hieroglyphensiegel aus Kaman-Kalehöyük », in: Prince T. Mikasa (éd.), Essays on Ancient Anatolia, BMECCJ 11, 1999, p. 183-197: publication de cachets hiéroglyphiques et étude de groupes de signes qui apparaissent de manière récurrente sur ces sceaux (il s’agit sans doute, au moins pour certains d’entre eux, de noms propres).

Z

– S. ZEILFELDER, « Probleme des hethitischen Nominativs : split-ergativity und Casus commemorativus », in: Fs Nowicki, DBH 45, 2014, p. 199-210: l’a. suggère, entre autres choses, que l’ergatif n’existe pas en hittite, contrairement à ce que pensait Emmanuel Laroche, ainsi que plusieurs grammairiens après lui (voir la bibliographie fournie par l’auteur). L’auteur examine un à un les facteurs qui ont été associés à l’existence d’ergativité ou de split ergativity en hittite. Le premier facteur serait l’impossibilité d’utiliser un nom neutre comme sujet d’un verbe transitif. Trois exemples issus de textes hittites remettent en cause cette hypothèse. Le deuxième élément conditionnant l’ergativité serait l’absence de noms à « l’ergatif » (-anza) en association avec des verbes intransitifs. L’auteur cite un exemple de nom en -anza servant de sujet d’un verbe d’état. [A. Mouton]

– C. ZINKO, « Bemerkungen zu hethitischen Vogelnamen », Grazer Beiträge 14, 1987, p. 1-22 : étude de l’étymologie de certains noms d’oiseaux apparaissant dans les textes cunéiformes hittites. Après avoir brièvement étudié les noms d’oiseaux dont l’identification est connue ou, du moins, probable, l’a. se penche sur des noms sans traduction assurée. Les onomatopées sont fréquemment au cœur de la formation de ses noms.

– E. ZOMER, « KUB 37.139: A fragment of an (historical) royal epic from Hattusa », NABU 2015/20: l’a. pense que KUB 37.139 est un fragment d’épopée royale, et non pas d’un texte mythologique, comme le suggérait Sassmannshausen. Ce fragment en akkadien est très petit, mais l’a. relève deux indices qui semblent aller dans le sens de son identification. [A. Mouton]

Religion

A

– R. AKDOĞAN, « Ein neues hethitisches Keilschriftfragment eines Festrituals », in: Fs Wilhelm, 2010, p. 17-26: l’a. édite le fragment AnAr 87-2-06 qui décrit une fête religieuse. Ce fragment a la particularité d’attester un nouveau nom de partie du corps animal : UZUzakkišra-. [A. Mouton]

– E. AKURGAL, “Are the Rituals Standards of Alacahöyük royal Symbols of the Hattian or the Hittite Kings?’, in: Fs Özgüç, p. 1-2: les symboles religieux hattis du 3e millénaire sont des emprunts aux rois hittites, quoique fabriqués par des artistes hattis. Il faut corriger, au vu de cette observation, la datation des tombes d’Alacahöyük, remontant à 2100-2000 et non 2300-2100.

– S. ALAURA, “Gesten der Verzweiflung in den hethitischen mythologischen Texten”, AoF 34, 2007, p. 149-153 : l’a. étudie les expressions de mélancolie voire de désespoir dans les textes mythologiques hittites. Elle s’intéresse notamment au geste consistant à se couvrir la tête, y compris pour un homme, geste qui semble indiquer un changement de statut social. Ce geste serait, selon elle, une originalité anatolienne dans le contexte littéraire. On peut le comparer à celui qui est présent plus tard dans la littérature grecque. Dans le Cycle de Kumarbi, Tešub exprime son désespoir en s’asseyant à même le sol et en versant des larmes « comme des canaux (d’irrigation) ». Cette même image est employée dans un passage de la traduction hittite de l’Épopée de Gilgameš pour décrire le désarroi d’Enkidu face à la maladie de son ami.

– A. ARCHI, « The Names of the Primeval Gods », Or 59, 1990, p. 114-129: l’a. examine les noms des dieux « anciens » aussi appelés « dieux d’en bas », c’est-à-dire les dieux souterrains. Il en déduit que ces divinités hourrites reflètent le panthéon kizzuwatnien, car il diffère largement de celui du Mitanni.

– IDEM, “Kamrušepa and the Sheep of the Sun-God », Or 62, 1993, p. 404-409: le mythe de Telepinu montre que le sacrifice d’animaux et la chasse doivent être ritualisés, comme attentatoires à la vie qui dépend des seules divinités.

– IDEM, “Šalaš Consort of Dagan and Kumarbi », in: Fs Houwink ten Cate, p. 1-6: à propos des diverses attestations de la divinité Šalaš(a), associée le plus souvent à Dagan, depuis Ebla jusqu’au Hatti

– IDEM, « The Former History of some Hurrian Gods »,in: Third Congress of HIttitology, p. 39-44: au sujet des “ancêtres » paléo-syriens (connus surtout par les textes d’Ebla) des divinités hourrites.

– IDEM, « The Singer of Kaneš and his Gods », AOAT 318, 2004, p. L11-26 : l’a. énumère les divinités qui sont associées aux chanteurs de Kaneš (LÚ.MEŠNAR URUkaniš) appelés le plus souvent « hommes de Neša » (LÚ.MEŠnešumeneš) dans les textes OS. Les divinités concernées sont la déesse hattie Inar, le dieu tutélaire de la « steppe » (DLAMMA SĒRI) et ladite « triade de Kaneš » (Aškašepa, Haššušara et Pirwa) en particulier. Le fait que la plupart des divinités célébrées par les chanteurs en langue hittite (car il ne faut pas oublier que nešili « langue de Neša » est la manière habituelle de désigner la langue hittite) soient d’origine hattie s’explique par le fait que les Hittites ont absorbé le panthéon hatti en s’installant à Hattuša et ont assimilé leurs propres dieux à ces divinités locales.

– IDEM, « Translations of Gods : Kumarpi, Enlil, Dagan/NISABA, Halki », Or NS 73/4, p. 319-336 : sur le phénomène de transmission et d’assimilation de plusieurs divinités qui se retrouvent dans le panthéon hittite.

– IDEM, « Hurrian Gods and the Festivals of the Hattian-Hittite Layer », in: Fs de Roos, 2006, p. 147-163 : sur la présence de noms de divinités hourrites dans des compositions décrivant des fêtes considérées comme relevant de la sphère culturelle hatto-hittite. L’influence de la culture hourrite sur la religion d’Etat hittite semble avoir débuté au XIVème siècle, pendant le règne de Tudhaliya I/II et s’est accentuée pendant le règne de ses successeurs, Arnuwanda I et Tudhaliya III. Les dieux d’origine étrangères étaient rapidement intégrés au panthéon officiel de l’empire hittite. Par ailleurs, l’a. s’aperçoit que les fêtes religieuses hatto-hittites n’ont pas subi de grands changements dans leur déroulement jusqu’à la fin de l’époque impériale. L’insertion, dans ce contexte, d’une divinité hourrite reste un phénomène marginal. Seule une exception est notable : un jour de la fête AN.TAH.SUM qui met en scène des divinités hourrites en association avec la déesse hattie Kattahha d’Ankuwa. Cette mixité cultuelle manifeste date probablement du règne de Tudhaliya IV, où le panthéon officiel combine divinités hatto-hittites et hourrites, comme en témoigne l’iconographie de Yazilikaya.

– IDEM, “Orality, Direct Speech and the Kumarbi Cycle », AOF 36, 2009, p. 209-229: pour l’a., le Chant de Kumarbi a été composé en Syrie orientale sous l’influence des épopées babyloniennes. Les autres Chants intégrés dans le Cycle de Kumarbi (excepté peut-être le récit intitulé traditionnellement Ea et la bête) proviendraient de la Syrie occidentale. Leur principale fonction serait narrative, et non pédagogique, ce qui expliquerait la prédominance du discours direct dans ces compositions. [A. Mouton]

– IDEM, « The West Hurrian Pantheon and its Background », Fs Beckman, 2013, p. 1-21: l’a. rappelle la forte influence babylonienne sur la culture hourrite et plus particulièrement sur ses panthéons et ses mythes. Il examine en outre les principaux dieux des panthéons hourrites, montrant leur parenté avec les dieux babyloniens. Les panthéons des villes syriennes sont ainsi composés d’au moins trois groupes de divinités : 1. les dieux sémitiques syriens, 2. les dieux hourrites, 3. les dieux babyloniens. L’a. montre également l’aura du panthéon d’Alep tant en direction du nord (Hattusa) que du sud (Ougarit). [A. Mouton]

– Y. ARIKAN, « Hitit kültünde bir görevli: tazzelli-« , in: A. Süel (éd.), 5th ICH, 2005, p. 49-82: il s’agit de la version turque de l’article publié en anglais par l’a. dans le Fs Košak (voir ci-dessous).

– EADEM, « zilipuriyatalla-Official in Hittite Cuneiform Sources », Fs Hayat Erkanal, 2006, p. 38-47 : sur le rôle du zilipuriyatalla dans les cérémonies religieuses hittites. L’a. indique que ce « prêtre de Zilipuri » relève de la culture religieuse hattie.

– EADEM, « An Official in Hittite Cult : tazzelli-« , Fs Košak, DBH 25, 2007, p. 33-58 : sur le statut du tazzelli-, un membre du personnel cultuel en pays hittite. L’a. recense les occurrences de ce terme et analyse la place de ce personnage dans les fêtes religieuses.

– A. ARROYO, « Some Remarks on Hittite Rituals: The Relation between Word and Object », AoF 37, 2010, p. 353-376: l’a. cherche à appliquer certaines définitions de l’anthropologie sociale aux textes rituels hittites. Elle examine plus particulièrement le caractère performatif de certaines paroles rituelles, caractère qui consiste, pour ces paroles, à donner une certaine réalité aux évènements qu’elles décrivent. Elle cite l’exemple suivant : « Ce n’est pas du vin, c’est votre sang » qui, pour elle, indique que les Hittites attribuaient à leurs paroles rituelles le pouvoir de vraiment transformer le vin en sang. Il me paraît difficile d’affirmer une telle chose, et il est tout aussi possible que cette incantation ait un caractère pédagogique voire persuasif envers les dieux hittites à qui elle s’adresse. Pour moi, ce type d’incantation a principalement une valeur symbolique et ne doit pas être prise au premier degré. Le caractère performatif de la parole rituelle hittite existe bel et bien, mais l’exemple cité par l’a. ne l’illustre justement pas. Un exemple clair du caractère performatif de l’incantation peut, en revanche, être repéré dans le rituel de Paskuwatti. Il s’agit de l’incantation prononcée juste après le passage du patient à travers le portail en végétation, incantation dans laquelle l’experte rituelle affirme avoir retiré la féminité du patient. L’erreur méthodologique de l’a. consiste donc avant tout à systématiser ses propos, le caractère performatif de la parole rituelle ne pouvant pas être confirmé pour toutes les incantations hittites. Le second exemple choisi par l’a., à savoir la célèbre expression anciennement traduite par « boire la divinité » est, lui aussi, un contre-exemple : il a été montré récemment que cette expression doit vraisemblablement être comprise comme signifiant « boire (en l’honneur de) la divinité ». Ainsi, l’a. est tombé dans le piège du calque d’un concept anthropologique sur les textes anciens, calque trop systématiquement appliqué et, pour cette raison, en partie erroné. [A. Mouton]

B

– M. BACHVAROVA, « CTH 767.7 – The Birth Ritual of Pittei: Its Occasion and the Use of Luwianisms », in: Luwian Identities, CHANE 64, 2013, p. 135-157 : l’a. présente une édition et traduction du texte rituel de Pittei, ainsi qu’une analyse, mettant l’accent sur certains points. Tout d’abord, elle argue que le mauvais présage contre lequel le rituel veut agir est en relation avec une lune rouge montante, et non avec une éclipse lunaire. Ensuite, elle analyse l’activité du scribe et défend que le texte est un premier brouillon dicté rapidement par Pittei dans une langue hittite fortement influencée par le louvite. Pour expliquer la présence de ces louvismes, l’auteur compare ce texte avec d’autres incantations louvites, et propose que le son produit par certaines combinaisons de mots est la raison pour laquelle ceux-ci sont gardés dans le texte. Finalement, l’auteur lance une hypothèse sur l’orthographe de certains mots louvites écrits par des scribes hittites. [L. Puértolas Rubio]

–  EADEM, « Hurro-hittite stories and hittite pregnancy and birth rituals », in: Women in the Ancient Near East, 2014, p. 272-306 : l’a. présente un ensemble de textes en relation avec la conception, la naissance, le mariage et le rôle de la femme. La première partie de l’article est dédiée à la littérature d’origine hourrite, notamment le cycle de Kumarbi, le Chant de la montagne Wasitta en travail, le Chant d’Ištar et la montagne Pišaiša, le Chant de Kešši et les faits héroïques de Gurparanzah. D’après l’a., ces récits montrent un sentiment de respect vis-à-vis du pouvoir de la femme, en relation avec la conception et la séduction. La deuxième partie présente quelques rituels de naissance hittites de différentes provenances culturelles (hattie, louvite, kizzuwatnienne), qui nous fournissent des informations sur le traitement rituel de différentes moments du processus de la naissance (grossesse, accouchement, soins post-natals). [L. Puértolas Rubio]

– E. BADALÍ, Strumenti musicali e musica nella celebrazione delle feste ittite, Heidelberg, Universitätsverlag, 1991, 387 p., bibliogr., index: constatant que la religion et la musique sont intrinsèquement liées chez les Hittites (la plupart des attestations concernant la musique proviennent de rituels de célébration de fêtes), l’a. fait le point sur les connaissances actuelles en ce domaine, faisant appel à l’ethnologie et à l’anthropologie, confrontant les textes et l’archéologie et étudiant le statut des musiciens dans le temple.

– E. BADALÍ et C. ZINKO, Der 16. Tag des AN.TAH.ŠUM-Festes. Text, Übersetzung, Kommentar, Glossar, Scientia 20, Innsbruck, 1989, 128 p.: étude du rituel accompli le 16e jour de la fête du dieu de la guerre, Zababa. Le texte analysé est une copie récente d’une composition plus ancienne.

– H. BALTACIOGLU, « Günes kurslari, Alaca Höyük ve Arinna », Fs Hayat Erkanal, 2006, p. 129-137 : l’a. suggère de voir dans les disques solaires trouvés dans les « tombes princières » d’Alaca Höyük un indice du culte de la déesse Soleil d’Arinna (qui pourrait être représentée soit sous sa forme anthropomorphique soit sous celle de disques solaires). Cet élément en lui-même prouverait donc, selon l’a., que le site d’Alaca Höyük correspond à l’Arinna hittite.

– D. BAWANYPECK, « Die Rituale der hethitischen Auguren. Zur Bedeutung ihrer Tätigkeit für das Königshaus und zu den Traditionen ihrer Rituale », AOAT 318, 2004, p. 31-46 : l’a. étudie les rituels pratiqués par les augures (généralement assistés par une Vieille Femme MUNUSŠU.GI). La plupart de ces rituels concernent la famille royale ou l’élite sociale. La présence de l’augure dans le rituel se justifie par le fait que le rituel en question sert à neutraliser un message oraculaire néfaste véhiculé par les oiseaux (ornithomancie). Cette tradition serait d’origine louvite, à en croire l’a.

– EADEM, Die Rituale der Auguren, Texte der Hethiter 25, 2005.

– EADEM et S. GÖRKE, « Einige Bemerkungen zu den hurritischen Sprüchen des Giziia-Rituals », Fs Košak, DBH 25, 2007, p. 59-68 : étude des passages en langue hourrite du rituel de Giziya. Pour chaque passage, les a. donnent une analyse des morphèmes employés ainsi qu’une proposition de traduction. Il apparaît que ces différents passages retranscrivent des incantations dont le schéma se répète.

– L. BAYUN, “Remarks on Hittite Traditional Literature (Cannibals in Nothern Syria) », JAC 10, 1995, p. 21-32: réédition intégrant la colonne I du texte KBo III 60, publié en 1938 par H. Güterbock, dans le cadre de son étude sur la transformation des traditions historiques dans la littérature hittite. Ce document fait état d’un cas extrêmement rare de cannibalisme en Syrie du Nord. L’a. propose une nouvelle approche de ce phénomène et tente d’en déceler les soubassements culturels. L’anthropophagie, en effet, est considérée par les hittites comme une pratique honnie et étrangère. S’ils éprouvent la nécessité de l’intégrer à leur littérature, c’est pour l’opposer à leurs valeurs et donc pour mieux affirmer leur identité culturelle. Ils attribuent, par ailleurs, cette pratique aux cités du nord de la Syrie, ce qui permet de se pencher sur les relations entre les deux peuples.

– G. BECKMAN, “From Cradle to Grave: Women’s Role in hittite Medecine and Magic », JAC 8, 1993, p. 25-39: les rituels médicaux font intervenir majoritairement des femmes, et reposent sur un principe de magie par analogie.

– IDEM, « Ishtar of Nineveh reconsidered », JCS 50, 1998-1999, p. 1-10: l’a. étudie l’importance d’Ištar/Šauška de Ninive, une déesse hourrite qui est la déesse principale du panthéon mitannien. Elle acquiert également une certaine importance dans la religion hittite, en particulier dans le domaine de la magie, à partir de l’époque moyen-hittite. L’auteur fait ensuite allusion à la perpétuation de ce culte en Assyrie au premier millénaire.

– IDEM, « The Tongue is a Bridge : Communication between Humans and Gods in Hittite Anatolia », ArOr 67, 1999, p. 519-534 : l’a. analyse les différents types de communication entre les divinités et les humains d’après les textes hittites. Tout d’abord, il montre la dépendance entre les deux groupes, qui explique le besoin de communiquer entre eux, et l’importance du roi hittite comme lien entre les deux mondes. Quand ce sont les hommes qui s’adressent aux divinités, l’élément oral (incantation) joue un rôle très important. Il sert à informer et convaincre le dieu d’agir d’une certaine façon. Pourtant, les méthodes utilisées par les divinités pour s’adresser aux humains sont très différentes. D’un côté, la divination qui sert à poser des questions aux divinités qui vont répondre par oui ou par non et, d’un autre côté, les rêves (où la divinité peut s’adresser verbalement aux humains). [L. Puértolas Rubio]

– IDEM, article « Pantheon. A. II. Bei den Hethitern », RlA 10, 2004, p. 308-316.

– IDEM, « A Hittite Ritual for Depression (CTH 432) », Fs Košak, DBH 25, 2007, p. 69-81 : réédition d’un rituel bilingue akkadien – hittite qui traite un patient insomniaque. Selon l’a. l’insomnie représenterait toutefois une partie du problème du patient, dont le mal serait plus grave. L’a. suggère ainsi que le patient est dépressif. Par ailleurs, le fait que le passage en langue hittite ne ressemble pas aux traductions habituelles de l’akkadien, dont le style est généralement plus maladroit, amène l’a. à penser que ce texte a été rédigé par un scribe hittite en collaboration avec son maître babylonien. Cette interprétation expliquerait le caractère mixte de la composition. [A. Mouton]

– IDEM, « On Hittite Dreams », in: Fs Hawkins, 2010, p. 26-31: l’a. offre un rapide tour d’horizon des récits de rêves présents dans les textes hittites. [A. Mouton]

– IDEM, « Temple Building among the Hittites », in: M. J. Boda/J. Novotny (éd.), From the Foundations to the Crenellations, AOAT 366, 2010, p. 71-89: l’a. présente en traduction les 9 rituels de fondations hittites connus, qu’ils concernent la reconstruction d’un temple ou d’un palais. Le rapprochement entre ces deux bâtiments se justifie, indique l’auteur, par le caractère éminemment sacré du roi qui transforme de facto sa demeure en espace sacré. [A. Mouton]

– IDEM, « Mesopotamian Forerunners to the ‘babilili Ritual’ from Bogazköy? », in: A. Süel (éd.), 7th ICH, 2010, p. 109-120: dans le contexte de son édition du rituel babilili à paraître prochainement, l’a. examine les incantations prononcées lors de ce rituel. La très grande majorité d’entre elles sont en langue akkadienne (appelée « babilili » babylonien en hittite). L’a. pense que les incantations akkadiennes sont issues d’un modèle mésopotamien ancien, même si celui n’a pas été retrouvé jusqu’à présent. [A. Mouton]

– IDEM, « Blood in Hittite Ritual », JCS 63, 2011, p. 95-102 : l’a. aborde d’abord l’association du sang avec la vie, la vigueur et la mortalité à partir de quelques exemples : notamment les expressions « boire le sang » (affaiblir) et « verser le sang » (perpétrer un assassinat). Ensuite, il nomme quelques rituels où le sang est mentionné, mais sans qu’il y ait, forcément, une manipulation de cet élément. Puis, il parle du rôle et de la manipulation du sang dans le culte hittite, où il peut être utilisé comme offrande. Pourtant, l’a. signale que les sources principales pour cette fonction du sang sont d’origine hourrite (comme prouve le vocabulaire hourrite employé), importées du Kizzuwatna. Une dernière utilisation du sang est analysée par l’a. : son rôle comme substance purificatrice. Elle est beaucoup plus rare et se retrouve dans des textes tardifs d’influence hourrite. D’après l’a., son analyse montre que le sang avait une grande importance dans le culte hittite (importance méconnue jusqu’à présent). En outre, il suggère une origine syro-hourrite pour certaines pratiques rituelles (telles que l’utilisation du sang comme élément purificateur et l’incinération d’oiseaux) attestées au Hatti et en Israël. [L. Puértolas Rubio]

– IDEM, « The Horns of a Dilemma, or On the Divine Nature of the Hittite King », in: RAI 54, 2012, p. 605-610: sur l’apparente contradiction entre les données textuelles (dans lesquelles le roi ‘devient un dieu’ seulement à sa mort) et l’iconographie (où le souverain peut être représenté avec les cornes de la divinité). L’a. remarque par exemple la présence de cornes sur la tiare de Tudhaliya IV représenté sur son sceau avec Puduhepa, sceau connu par les tablettes d’Ougarit. Cet exemple montre que les cornes étaient attribuées au souverain de son vivant. Dans un cas, celui où le roi est représenté en jupe courte, arme et tiare à corne, il est identifié au dieu de l’orage du ciel. Dans un autre cas, celui où il est en longue robe sacerdotale avec un bonnet et un lituus, il est identifié au dieu Soleil du ciel. Ces deux identifications se retrouvent dans une incantation d’un rituel dit vieil-hittite (CTH 458.10A) cité par l’a. Pour Beckman, le roi et les membres de sa famille nucléaire passent à leur mort du statut d’êtres sacrés et à celui de divinités mineures. Les cornes présentes dans l’iconographie indiquerait donc le statut sacré du roi, mais non pas son statut divin qu’il n’acquiert qu’à sa mort. [A. Mouton]

– IDEM, « Šamaš among the Hittites », in: Theory and Practice, PIHANS 121, 2012, p. 129-135: l’a. suggère que la déesse Soleil de la terre Eštan soit, aux yeux des habitants du pays de Hatti, la manifestation nocturne d’Ištanu, le dieu Soleil du ciel. Pour lui, l’aspect indo-européen d’Ištanu est impossible à démontrer. Parallèlement, il mentionne rapidement l’aspect souterrain de Šamaš et insiste surtout sur l’assimilation qui semble avoir été réelle entre ce dieu mésopotamien et Ištanu, ne serait-ce qu’au sein de l’élite du pays de Hatti. [A. Mouton]

– IDEM, « Intrinsic and Constructed Sacred Space in Hittite Anatolia », in: D. Ragavan (éd.), Heaven on Earth, OIS 9, 2013, p. 153-173: l’a. revient sur l’importance des éléments naturels, en particulier de l’eau et des montagnes dans les religions hittites. Il pense que le sanctuaire de Yazilikaya était le mausolée de Tudhaliya IV et que les niches creusées dans le rocher dans la chambre B pourraient avoir servi à recueillir les cendres royales et des offrandes funéraires. Il montre en outre la tendance anatolienne à modifier, ne serait-ce que légèrement, le rocher pour créer un espace sacré digne des dieux. [A. Mouton]

– IDEM, « The Ritual of Palliya of Kizzuwatna (CTH 475) », JANER 13, 2013, p. 113-145 : édition du rituel de Palliya destiné à installer le dieu de l’orage dans un nouveau temple. Le rituel est imprégné d’éléments hourrites. Or, la composition pourrait, d’après l’a., avoir été élaborée pour le Palliya du Kizzuwatna connus des sources historiques, à savoir celui qui fit alliance avec Idrimi d’Alalah, d’une part, et Zidanta II de Hatti (CTH 25), d’autre part. [A. Mouton]

– IDEM, « The Sea ! The Sea ! A rite from the South of Anatolia (CTH 719) », in: Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 15-29 : l’a. édite le rituel CTH 719 pratiqué en l’honneur du dieu de la mer (DAruna), dieu connu, par ailleurs, par un récit mythologique (CTH 322). Ce texte mentionne la ville de Tuwanuwa et c’est de cette ville que le rituel qu’il décrit serait originaire, d’après l’auteur. Outre les rites qui se retrouvent aussi au Kizzuwatna (tel que la crémation d’offrande ambašši), notons la mention du dieu de l’orage mūwānu qui n’apparaît, en dehors de cette composition, que dans un texte relatif au culte de la déesse Išhara (CTH 641) et peut-être aussi dans une séquence de la fête kizzuwatnienne hišuwa (B. H. L. van Gessel, Onomasticon of the Hittite Pantheon, Handbuch der Orientalistik I/33, Leyde, 1998, 319). Quant à la divinité Hurdumana, seul ce texte CTH 719 l’attesterait, comme l’indique G. Beckman. Il y a, pour cette raison, tout lieu de croire qu’il s’agit d’une divinité propre à Tuwanuwa, si tel est bien le lieu d’origine de ce rituel. On peut également remarquer le sacrifice d’un šarnumar, une partie non identifiée du corps de la victime sacrificielle. Cette partie est également mentionnée dans des textes relatifs à des cérémonies religieuses kizzuwatniennes (voir A. Mouton, « Quelques différences régionales concernant le sacrifice sanglant en Anatolie hittite », Studi Micenei ed Egeo-Anatolici 50, 2008, 567). Ces différents éléments semblent confirmer l’origine du rituel CTH 719 proposée par l’auteur, à savoir Tuwanuwa. En effet, la combinaison d’éléments locaux (une divinité sans doute autochtone) et de rites proches de ceux du Kizzuwatna semble caractériser les rituels du Bas Pays : voir A. Mouton, « Les rituels de la Vieille Femme Tunnawiya : témoignages du Bas Pays hittite ? », dans : D. Beyer, O. Henry and A. Tibet (eds), La Cappadoce méridionale de la préhistoire à la période byzantine. 3e Rencontres d’Archéologie de l’IFEA, IFEA, Istanbul, 2015, 79-89. [A. Mouton]

– IDEM, « Man’s Fate: Divine Responsibility for Human Welfare in Hatti », RAI 60, 2017, p. 39-48: l’a. cherche à circonscrire la définition hittite du destin. Outre le fait que le destin des Hommes dépend entièrement des dieux, qui peuvent accepter de modifier celui-ci, Beckman rappelle que les textes hittites n’attestent pas de l’existence d’une « tablette de destin » telle que celle des textes mésopotamiens et hourrites. Les déesses hatties Istustaya et Papaya qui filent les années du roi dans le texte du rituel de fondation appartiennent au cercle de la divinité souterraine Lelwani, ensemble avec le Jour divinisé, qui représente le jour de la mort de quelqu’un. Ainsi, naissance, destin et mort sont imbriqués. Les divinités protectrices masculines de chaque individu (LAMMA) seraient, selon l’a., celles qui sont représentées avec un arc à l’épaule dans la glyptique. Ces divinités « collaborent » avec les divinités personnelles des souverains, telles que le dieu de l’orage pihassassi pour Muwatalli II ou Sauska de Samuha pour Hattusili III. L’a. revient ensuite sur le concept de parâ handandatar, au sujet duquel on pourra également lire l’article d’A. Mouton dans le Fs Dinçol (2007). Enfin, Beckman pense que les dieux hittites sont plus décrits comme égoïstes que comme justes : il faut avant tout servir leurs intérêts pour obtenir leurs faveurs. [A. Mouton]

– A. BIRCHLER, « Quelques réflexions sur la montagne comme lieu de culte des Hittites », RANT 3, 2006, p. 165-177 : l’a. revient sur quelques séquences de fêtes saisonnières pouvant avoir lieu dans un paysage de montagne.

– J. -F. BLAM, « Le chant de l’Océan : fragment KBo 26.105 », Fs Lebrun I, p. 69-81 : étude de KBo 26.105 qui décrirait le Déluge tout en faisant partie du Cycle de Kumarbi.

– IDEM, « Des ‘Hourro-Hittites’ aux ‘Éthiopiens-Kushites’ ? Entre mythes et Histoire, visions de l’âge du bronze par les peuples de l’âge du fer (Grecs et Israélites) », in: Identité et altérité, 2010, pp. 35-86: à travers l’étude de son corpus de thèse, le Cycle de Kumarbi, l’a. cherche à déterminer l’historicité de l’appellation « hourro-hittite » employée dans certaines publications. Il parle plus particulièrement de « peuples ‘hourro-hittites’ » (notamment p. 37), ce qui pose un premier problème : qu’entend-il par « hittite » et pourquoi en exclure les Hourrites à l’époque impériale ? Il me semble ainsi que l’auteur entretient malgré lui une certaine confusion entre fait linguistique (présence de termes hourrites dans des compositions provenant du Pays de Hatti) et réalité socio-politique (intégration, probablement ancienne, d’une communauté hourritophone dans le royaume hittite). À cette première difficulté s’en ajoute une seconde : l’auteur semble avoir décidé d’ignorer les possibles influences syro-mésopotamiennes dans le Cycle de Kumarbi, présentant ce dernier comme « d’origine hourrite » sans autre précision. Or, il y a tout lieu de penser que ce Cycle a en partie hérité d’une tradition littéraire plus ancienne provenant du monde syro-mésopotamien (les fameux Cycles des dieux de l’orage dont on a un bref écho dès l’époque paléo-babylonienne à Mari : voir J.-M. Durand, « Le combat entre le Dieu de l’orage et la Mer », MARI 7, 1993, 41-61 et, plus récemment, A. Archi, « Orality, Direct Speech and the Kumarbi Cycle », Altorientalische Forschungen 36, 2009, 209-229). Il est, pour cette raison, d’emblée difficile de parler d’« identité » hourrite pour cette composition. Par la suite, l’a. propose de mettre en relation les Hourrites et les Kushites suggérant, d’un côté, l’existence d’une racine kuš-/kuz- dans l’onomastique « hourro-hittite » et, de l’autre, une filiation entre le Cycle de Kumarbi et le mythe grec de Phaéton qui serait, selon certaines traditions, mis en relation avec l’Éthiopie. Ces deux propositions posent des problèmes spécifiques. Dans le cas du rapprochement linguistique fait par l’auteur entre certains éléments de l’onomastique et les Kushites en passant d’ailleurs par les Kassites, on aurait aimé trouver dans l’article une argumentation un peu plus solide pour qu’on puisse sérieusement envisager ce rapprochement à première vue surprenant. L’article est déjà très long, mais il aurait dû être recentré sur ce point d’argumentation, ainsi que sur le second, à savoir une filiation entre le Cycle de Kumarbi et le mythe de Phaéton, filiation qui n’est pas démontrée (l’auteur renvoie simplement le lecteur à sa thèse inédite, p. 40). Ainsi, bien que rempli de notes érudites, l’article de J.-F. Blam présente une argumentation fragile qui ne convainc pas le lecteur. [A. Mouton]

– J. BREMMER, « The Myth of the Golden Fleece », JANER 6, 2006, p. 9-38: sur la possible filiation entre le kurša- hittite et l’égide de la mythologie grecque. L’a. examine également le motif du bouc-émissaire qui, d’après lui, aurait été diffusé de l’Anatolie vers la Grèce et la Palestine.

– B. BRENTJES, « Das Bestattungsritual der Hethiter », AOF 26, 1999, p. 58-76: l’a. propose de rapprocher les rituels funéraires hittites des pratiques d’inhumation eurasiatiques et caucasiennes (par exemple, chez les Kourganes).

C

– M. CAMMAROSANO, « Hittite Cult Inventories – Part Two: The Dating of the Texts and the Alleged ‘Cult Reorganization’ of Tudhaliya IV », AoF 39, 2012, p. 3-37: l’a. revient sur la supposée réorganisation du culte pendant le règne de Tudhaliya IV d’après les textes d’inventaires cultuels. Dans un premier temps, il montre que la rédaction d’inventaires cultuels remonte au moins à l’époque MH, même si les textes datant de cette période n’ont pas été conservés car jugés obsolètes. En second lieu, l’a. insiste sur le fait que le style fortement standardisé des textes d’inventaires cultuels NH sont l’œuvre des scribes de Hattusa, mais ne reflète en aucun cas une standardisation des pratiques cultuelles elles-mêmes. Par ailleurs, ces textes semblent plutôt faire allusion à la restauration voire l’enrichissement de certaines cérémonies cultuelles locales dans un souci royal de ne négliger aucun de ses dieux. On ne peut donc pas parler de « réforme » ni d' »innovation » de ces cultes locaux. Il faut plutôt parler de revitalisation de cultes qui ont pu être quelque peu négligés dans le passé. Un programme de revitalisation intensive pourrait avoir été mis en place du temps de Hattusili III (notamment pour restaurer le culte de Nerik) puis poursuivi par son fils Tudhaliya IV, mais tous les rois hittites devaient se charger ponctuellement de restaurer un temple, un objet de culte ou une cérémonie plus ou moins tombée en désuétude. [A. Mouton]

– B. CHRISTIANSEN, Die Ritualtradition der Ambazzi, StBoT 48, 2006 : édition du rituel d’Ambazzi et de ceux qui peuvent lui être associés.

– EADEM, « Reinheitsvorstellungen und Entsühnungsriten der Hethiter und ihr möglicher Einfluss auf die biblische Überlieferung », Biblische Notizen 156, 2013, p. 131-153: l’a. propose sa propre définition des concepts de pureté et impureté chez les Hittites. Pour elle, la pureté est un état qui est désiré. L’adjectif parkui- décrit l’absence de souillure. A l’inverse, l’a. pense que l’adjectif šuppi– a une définition en positif. La différence entre les deux adjectifs seraient donc uniquement une question de point de vue. Contrairement à ce qu’ont pu indiquer certains chercheurs, l’a. insiste à raison sur le fait que les Hittites ne concevaient pas l’impureté comme quelque chose de matériel, ils cherchaient seulement à la représenter de cette façon en contexte rituel par commodité. Pour les Hittites, l’impureté se manifestait par une perturbation de l’ordre social. L’a. s’intéresse ensuite à une des techniques rituelles qui se retrouve aussi bien en Anatolie hittite que dans l’Ancien Testament, à savoir la technique du bouc émissaire. Pour Lévitique 16, l’a. rappelle les hypothèses les plus récentes concernant l’expression « pour azazel » : ce nom ne désignerait pas initialement un démon (il s’agirait d’une réinterprétation tardive de ce terme) mais constituerait plutôt un terme technique rituel. La principale différence qui, selon l’a., existe entre le rite biblique et ceux attestés dans les textes hittites est que le rite biblique a une périodicité : il est pratiqué à une période précise de l’année. [A. Mouton]

– B. J. COLLINS, « The Politics of Hittite Religious Iconography », AOAT 318, 2004, p. 83-115 : l’a. suggère que la symbolique inhérente au félin et à l’oiseau de proie dans la religion hittite ne provienne pas originellement de l’imagerie des dieux mais plutôt de l’idéologie royale. Les divinités –généralement féminines- qui ont été secondairement rattachées à la symbolique de ces deux races animales seraient en relation plus ou moins directe avec la sphère royale, soit qu’elles soient des divinités poliades, soit qu’elles soient chargées de veiller sur la famille royale.

– EADEM, « A Note on Some Local Cults in the Time of Tudhaliya IV », Fs de Roos, 2006, p. 39-48 : au sujet de l’offrande de porcelet à certaines divinités lors de fêtes calendaires hatties. Sur ce même thème, voir également A. Mouton, « Le porc dans les textes religieux hittites » (article mentionné ci-dessous), avec des conclusions divergentes.

– EADEM, « Hittite Religion and the West », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 54-66: l’a. fait le bilan des données textuelles relatives aux contacts religieux entre l’Anatolie hittite et le monde égéen. Elle se penche plus particulièrement sur l’usage de boucs-émissaires dans les rituels de l’Arzawa. Dans ce cadre, elle mentionne le rituel de l’augure Dandanku destiné à traiter des personnes victimes d’une épidémie. Il faut préciser que les références qu’elle fait alors à divers passages de cette composition hittite sont erronées : le rite de « Tordurchschreitungszauber » ne se trouve pas dans KUB 7.54 iii 9-12 comme indiqué, mais dans le duplicat IBoT 4.16+ iii 9-14 ; le passage mentionnant un âne comme bouc-émissaire se trouve dans IBoT 4.16+ iii 32-38 et dans KUB 7.54 iii 11’-18’, et non pas dans KUB 7.54 iii 32-38 comme l’indique l’auteur. Par la suite, l’auteur mentionne quatre figurines anthropomorphes de sexe masculin dans le cadre du rituel d’Allī, alors que le texte indique plus exactement : « Cinq figurines en argile dont deux masculines. » (KBo 11.12+ i 3 : 5 ALAM IM ŠÀ.BA 2 LÚMEŠ.Voir mon édition récente de ce texte sur le site du Hethiter Portal Mainz : A. Mouton (ed.), hethiter.net/: CTH 402 (INTR 2010-10-04)), mais cela est, bien sûr, anecdotique dans le cadre de la discussion de l’auteur. En revanche, lorsque B. J. Collins indique la chose suivante : « Such shared elements indicate that the scapegoat rituals clearly belong to this western Anatolian tradition », elle aurait sans doute dû expliciter plus avant son propos et mentionner, en complément, l’existence d’une tradition « orientale » des rituels de boucs-émissaires. En effet, les textes hittites attestent que de tels rituels étaient également pratiqués au Kizzuwatna (voir notamment R. Strauss, Reinigungsrituale aus Kizzuwatna, 2006, p. 135). Par ailleurs, les réflexions de l’auteur concernant le rôle possible du roi Muršili II dans la transmission des « plague rituals » de l’Arzawa vers la capitale hittite sont tout à fait intéressantes et judicieuses. Il y a tout lieu de croire, en effet, que l’épidémie qui frappa durement le royaume hittite incita le roi et son administration à chercher des remèdes contre cette affliction. [A. Mouton]

– EADEM, « The Place of KBo 13.145 in the Hantitaššu Text Tradition », in: Fs Beckman, 2013, p. 63-74: l’a. montre que KBo 13.145 n’est pas vraiment un duplicat fidèle de KBo 11.14, le manuscrit principal du rituel de Hantitaššu, mais plutôt une version abrégée de ce texte. Les variations sont en effet nombreuses à un certain point du texte. L’a. examine deux possibilités : soit ces variations résultent d’un choix du scribe, soit elles reflètent la rédaction de mémoire du scribe, sans lecture d’un modèle. L’a. rejette la première possibilité qui impliquerait une trop grande liberté prise par le scribe, ce qui paraît peu conforme à la tradition scribale telle que nous la connaissons. Pour cette raison, l’a. privilégie la seconde interprétation : le scribe aurait rédigé le texte de mémoire. Le choix de ce procédé, bien moins fiable que la copie d’un original ou la rédaction sous dictée, tendrait à montrer que le contenu de ce texte était en partie tombé en désuétude du temps du scribe. [A. Mouton]

– EADEM, « Women in Hittite Ritual », in: Women in the Ancient Near East, 2014, p. 246-271 : l’a. analyse le rôle des femmes dans les rituels hittites à partir de certains textes donnés en traduction en guise d’exemples : le rituel de Tunnawiya contre l’impureté, le rituel pour la divinité protectrice du kursa– et son heptade, les rituels en relation avec Ziplantawiya (sœur du roi Tudhaliya II), le rituel du fleuve, le rituel de Paskuwatti et le rituel d’Ashella. Outre la Vieille Femme, experte rituelle très importante, l’auteur s’interroge sur la présence, dans ces rituels, d’autres catégories de femmes avec ou sans statuts religieux, comme une voyante, une prêtresse AMA.DINGIR (« mère de la divinité »), une hiérodule (MUNUS.SUHUR.LAL), une femme consacrée, une « jeune femme » et une femme (peut-être une déportée d’après l’auteur). [L. Puértolas Rubio]

– C. CORTI, « Perché a Hattuša si recitava in ‘lingua’ sconosciuta ? », NABU 2003/102 : l’a. transcrit une tablette de Boğazköy partiellement rédigée dans une langue inconnue. Il propose qu’il s’agisse d’un texte de rituel d’exorcisme dans lequel les paroles incohérentes du patient seraient retranscrites. L’a. propose d’autres interprétations (un abracadabra ou un oracle), que le caractère fragmentaire du texte ne permettent ni de réfuter ni de confirmer.

-IDEM, « The Religious Traditions of the ‘Zalpa Kingdom’. New Edition of CTH 733 and Related Documents », in: 7th ICH, 2010, p. 139-156: l’a. identifie trois compositions relatives au culte de la ville de Zalpa. Ces compositions sont dues: 1) à un prêtre oint du nom de Wahuttâili ; 2) à un chanteur ; 3) à un « homme du dieu de l’orage » du nom de Huzziya. Chacune de ces compositions comprend des incantations en langue hattie. La version dite du chanteur avait vraisemblablement un manuscrit bilingue hatto-hittite tandis que celle de l’oint avait deux manuscrits monolingues, l’un hatti, l’autre hittite. L’a. revient également sur la localisation de Zalpa. Cette ville doit se situer dans la région de la Mer Noire et est souvent associée à la ville de Hahhana, une ville qui doit, selon l’a., être distinguée de Hanhana, située plus au sud. Le nouvel ensemble de textes rituels que l’a. a défini comme CTH 667 « célébrations dans le pays de Zalpuwa » doit peut-être être mis en relation avec le rituel funéraire d’un souverain dans le pays de Zalpa IBoT 2.130. La mort du roi nécessite, visiblement, le renouvellement des objets liturgiques. [A. Mouton]

– IDEM, « ‘Words of Clay’, ‘Words of Water » Introduction to the Hutuši Magical Ritual », AOAT 391, 2011, p. 47-62: l’a. présente le rituel de Hutuši qui contient plusieurs passages en langue hattie. Le rituel comprend également un récit mythologique décrivant la déesse-mère en train d’enfiler les perles d’un collier. L’a. pense qu’il s’agit d’une métaphore renvoyant à l’état de pureté d’un individu : celui-ci serait symboliser par la première perle. Pour lui, le passage de la perle dans le fil du collier est comparable à celui d’un patient à travers un portail végétal. Bien qu’envisageable, cette comparaison ne semble pas être faite par le texte lui-même, elle reste donc très hypothétique. L’a. pense par ailleurs qu’un autre passage mythologique du texte ferait allusion à l’échec initial du rituel qui n’aurait pas réussi à purifier le patient. Le rituel serait pour cette raison pris en charge par l’homme du dieu de l’orage. Encore une fois, une telle interprétation est fort intéressante et envisageable, mais le texte ne permet pas de la confirmer fermement. Enfin, l’a. remarque une liste de douze parties du corps dans le texte. Il associe cette liste à l’expression de « douze parties du corps » très courante dans les textes rituels et qui serait, selon lui, d’origine hattie. Cette suggestion a d’ailleurs déjà été émise par O. Soysal (Fs Popko, 2002) qui interprétait le passage d’un texte hatti comme une énumération analogue. [A. Mouton]

– C. CORTI & F. PECCHIOLI DADDI, « The Power in Heaven : Remarks on the So-Called Kumarbi Cycle », in : RAI 54, 2012, p. 611-618 : dans les actes du 6e Congrès International d’Hittitologie (SMEA 49), C. Corti a identifié le titre officiel de ladite « Théogonie », à savoir « le Chant du Départ » (SÌR parā=kan pāuaš). Les a. interprètent ce nom comme ayant le sens figuré de « Chant de l’Origine ». Ils indiquent également la présence de cette appellation sur la liste lexicale Erim-huš qui mentionne en outre le sumérogramme KA.ZAL. Or ce sumérogramme désigne l’un des enfants de Kumarbi. Les a. pensent que KA.ZAL = hitt. walliura– de sens inconnu, pourrait désigner Šaušga, puisque cette personne semble sortir du crâne de Kumarbi, comme Athéna sortit du crâne de Zeus. Par ailleurs, les a. pensent que le Cycle de Kumarbi a été pour la première fois mis par écrit à Hattusa et témoigne ainsi d’un bricolage de traditions mésopotamiennes, hourrites et anatoliennes. F. Pecchioli Daddi pense que chaque ennemi du dieu de l’orage dans le cycle représente un vice qu’il possède et doit combattre afin de mériter le contrôle du ciel et de la terre : LAMMA représenterait l’inertie, Argent l’arrogance et la violence, Hedammu la voracité destructive et Ullikummi la brutalité obtuse. [A. Mouton]

D

– P. DARDANO, « Il vento, i piedi e i calzari. I messaggeri degli dei nei miti ittiti e nei poemi omerici », in: N. Bolatti-Guzzo, S. Festuccia et M. Marazzi (éds), Studi vari di egeistica, anatolistica e del mondo mediterraneo, Centro Mediterraneo Preclassico Studi e Ricerche III, 2012, p. 53-87: étude du motif du messager mettant des chaussures le rendant aussi rapide que le vent, motif qui se retrouve aussi bien dans la mythologie hourrite que dans les épopées homériques.  Dans les versions hittites des mythes hourrites, l’expression complète semble être « chausser ses (propres) pieds de chaussures (semblables au) vent rapide ». L’adjectif liliwant- que l’a. décide de traduire par « rapide » (et non pas par « ailé » comme le font certains auteurs) qualifie le vent, non les chaussures car quand on a affaire à une version abrégée de notre expression, aussi bien cet adjectif que le vent sont absents. L’originalité du motif commun entre la littérature hourrite en traduction hittite et les épopées homériques est de comparer les pieds ou les chaussures du personnage au vent. Quant au motif décrivant un personnage se chaussant à l’envers (la chaussure droite à gauche et inversement), il décrit l’état d’agitation et de confusion de ce personnage et constitue un motif distinct. [A. Mouton]

– A. DAUES et E. RIEKEN, « Das Gebet der Gaššuliyawiya: Struktur und Performanz », in: Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 31-49) examinent la structure de la prière de Gaššuwaliyawiya, la découpant en demandes, confession, vœux, dons d’offrandes, gestes rituels et rites de substitution. Les auteurs proposent une structure se divisant en deux parties principales, idée déjà proposée par d’autres auteurs avant elles (voir A. Mouton, Rêves hittites. Contribution à une histoire et une anthropologie du rêve en Anatolie hittite, Culture and History of the Ancient Near East 28, Leyde – Boston, 2007, 123-124 avec la bibliographie antérieure). Les auteurs pensent que Gaššuliyawiya est la locutrice qui parle d’elle-même à la troisième personne. Une autre solution que j’avais proposée consistait à penser que c’est sa belle-mère Tawannanna qui chercherait à sauver Gaššuliyawiya tout en expiant sa faute (Tawannanna ayant été accusée d’avoir ensorcelé Gaššuliyawiya). [A. Mouton]

– G. DEL MONTE, “Un rituale contro la peste. La tavola antologica KUB XLI 17 e frammenti collegati », EVO 18, 1995, p. 173-182: trs, trd et commentaire d’une tablette “anthologique » rassemblant cinq rituels dont quatre au moins sont contre la peste.

– IDEM, « Due note sul ‘Canto di Ullikummi », in: Fs Xella, 2013, p. 181-188: l’a. insère le fragment ABoT 2.293 dans la composition du Chant d’Ullikummi, ainsi que d’autres fragments publiés récemment. [A. Mouton]

– R. DELLA CASA, « A Theoretical Perspective of the Telepinu Myth: Archetypes and Initiation Rites in Historical Contexts », Antiguo Oriente 8, 2010, p. 97-116: l’a. pense que le mythe de Telepinu est exécuté sous forme d’un rituel après chaque crise majeure de l’Etat hittite. Pour elle, il décrit le retour à la norme après le chaos et la renaissance symbolique du dieu. Le départ de Telepinu serait ainsi ressenti comme l’origine mythologique d’une crise du royaume.  [A. Mouton]

– S. DE MARTINO, Die mantischen Texte. Corpus der hurritischen Sprachdenkmäler (ChS) I. Abteilung: Die Texte aus Boğazköy, Bd 7, Rome, 1992, xv + 159 p., index, bibliogr.: translittération et analyse linguistique de 47 textes hourrites des archives de Hattuša, concernant la mantique.

– IDEM, « Purità die sacerdoti e die luoghi di culto nell’Anatolia ittita“, Or NS 73/4, 2004, p. 348-362: sur les tabous que doivent respecter les prêtres hittites.

– IDEM, « Hittite Oracles on the Behvior of the Sacrificial Ram at the Time of its Slaughter », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 61-64: l’a. revient sur les oracles šašt(a)- des textes hittites, oracles qui découlent du comportement d’un bélier sacrifié. Il cherche à en définir les modalités. Les mots-clés relatifs à cette technique divinatoire sont : 1) šašt(a)- qui désigne la façon dont l’animal tombe au moment de sa mise à mort ; 2) les deux termes kamzuriti et pakmariti qui correspondent vraisemblablement soit à un lieu, soit à un moment du processus divinatoire. Il est possible que ces termes soient hourrites ; 3) le lieu du sacrifice et de l’interrogation oraculaire qui en découle, à savoir l’enclos (hittite hali-) ; 4) le bélier, dont le nom est généralement écrit UDU-. Grâce à ces mots-clés, S. de Martino établit la liste exhaustive des oracles šašt(a)- dans le corpus cunéiforme hittite. L’auteur relève une caractéristique importante de l’oracle šašt(a)-, à savoir son étroite association avec l’extispicine, puisque seul l’examen des entrailles du bélier alors mis à mort permet, semble-t-il, de conclure l’interrogation oraculaire. Il corrige, en outre, à juste titre, à la p. 63, une phrase que j’avais écrite dans un article publié dans RA 101, 2007, p. 84 et où je ne distinguais pas suffisamment clairement les textes en akkadien du šumma immeru et les comptes rendus d’oracles šašt(a)-. En mentionnant la possibilité qu’il s’agisse de textes scolaires, je ne voulais, en réalité, parler que des šumma immeru retrouvés dans les archives hittites. Il est vrai que ma formulation, influencée par ma lecture des articles de H. A. Hoffner et de B. J. Collins (cités par S. de Martino), était trop ambigüe pour refléter correctement mes pensées. Je voulais plus particulièrement indiquer que les textes hittites de rituels ou de cérémonies cultuelles ne font, à ma connaissance, aucune allusion à une éventuelle observation divinatoire du comportement de la victime sacrificielle, tout en n’affirmant pas qu’une telle pratique n’ait pas existé. Bien sûr, il paraît très raisonnable de penser que les béliers abattus lors des interrogations šašt(a)- étaient, par la suite, offerts en sacrifice aux dieux. Cependant, le lien fonctionnel entre les interrogations šašt(a)- (connues seulement par des comptes rendus oraculaires) et les rites de sacrifice sanglant (connus uniquement par les textes rituels ou de culte) ne peut qu’être supposé. En outre, S. de Martino insiste lui-même sur le fait que seuls des béliers sont attestés comme supports de la divination šašt(a)-, ce qui montre déjà que cette pratique oraculaire ne pouvait pas être effectuée dans n’importe quel contexte sacrificiel. C’est d’ailleurs ce qu’il indique lui-même dans cette même p. 63 : « Apparently, only very rarely the animal that was led to be sacrificed was observed also concerning its behavior at the moment of its slaughter. » [A. Mouton]

– IDEM, « The Hittite King: His Eyes are Those of an Eagle, His Mouth is That of a Lion », in: G. B. Lanfranchi et R. Rollinger (eds), The Body of the King. The Staging of the Body of the Institutional Leader from Antiquity to Middle Ages in East and West, HANE Monographs 16, 2016, p. 69-78: l’a. examine quelques aspects du corps du Grand Roi hittite. Dans les textes historiques, la main et les yeux du roi font allusion au pouvoir de celui-ci, alors que les textes religieux, le souverain a un corps idéal comparé à celui d’animaux sauvages et à du métal. Concernant la pureté du corps royal, l’a. rappelle brièvement les mentions des textes d’instructions, ainsi qu’un passage des Lois Hittites, avant de se pencher sur le corps mort du roi qui constitue une problématique à part entière. L’a. clot sa contribution sur les représentations iconographiques du roi hittite et le sens qu’elles pourraient véhiculer [A. Mouton].

– J. DE ROOS, « Hittite Votive Texts », in: Third Congress of Hittitology, p. 491-495: synthèse concernant le contenu des textes votifs hittites.

E

– M. EGETMEYER, « Lumière sur les loups d’Apollon », RANT 4, 2007, p. 205-219 : l’a. revient sur l’origine du dieu Apollon que certains auteurs voulaient situer en Anatolie. L’a. se prononce quant à lui en faveur d’une origine grecque de ce dieu. Pour lui, il est à mettre en relation avec la présence de Grecs en Anatolie occidentale, présence qui remonterait loin dans l’histoire de l’Antiquité.

F

– Y. FEDER, « A Levantine Tradition: The Kizzuwatnean Blood Rite and the Biblical Sin Offering », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 101-114: l’a. revient sur les rites sacrificiels kizzuwatniens zurki (« sang ») et uzi (« viande ») qui interviennent généralement ensemble dans les textes rituels. Il montre que ce double sacrifice de sang et de viande se retrouve dans l’Ancien Testament. Il en conclut que des contacts culturels ont bel et bien existé entre « Hittites et Israëlites », bien que par le biais d’intermédiaires. Il n’est, en effet, pas surprenant de retrouver des similarités culturelles entre le Kizzuwatna, la Syrie du Nord et la côte levantine, ces régions étant voisines les unes des autres. Les sacrifices zurki et uzi en sont une illustration parmi d’autres. On aurait également pu mentionner les sacrifices ambašši et keldi qui ont, eux aussi, fait l’objet de nombreuses études. Par ailleurs, l’auteur cite l’article que j’ai publié en 2007 dans les Mélanges Dinçol et écrit à ce propos (p. 104) : « As for para handatar, Mouton (2007: 529-530) draws the conclusion that these texts reflect a belief among the Hittites that even if a man’s actions stem from his own volition, misdeeds can only take place if he is abandoned, temporarily or permanently, by his protective deity. According to this understanding, the sense of para handatar in these contexts is the opposite of its usual sense of ‘divine protection’ and refers to a situation whereby the gods abandon man to his fate. » Je me permets de préciser que l’auteur déforme ici mes propos, car mon argumentation était, en réalité, plus complexe. J’indiquais, en effet, que l’abandon d’un mortel à son triste sort était très vraisemblablement considéré comme faisant partie de la « providence divine » (parā handandatar/handatar), puisqu’il découlait d’un choix divin. J’écrivais, par exemple (p. 530) : « C’est dans ce laps de temps où la protection divine a été refusée à l’homme que la faute peut avoir lieu. La faute est donc elle aussi le produit de la parā handandatar, de la providence divine, bien qu’indirectement : elle est une sorte de châtiment que les dieux réservent aux mortels. » [A. Mouton]

– S. M. E. FICK, « Zur Bedeutung der Baityloi in der Hoch- und Volksreligion. Ausgewählte Zeugnisse des syrischen und kleinasiatischen Raumes », AOAT 318, 2004, p. 157-171 : selon l’a., le bétyle, qu’elle définit simplement comme une pierre dressée dénuée de toute retouche faite par la main de l’homme, correspond à une certaine vision du monde, à savoir la croyance en une nature agissant comme un être individuel. On retrouverait l’emploi du bétyle non seulement dans le monde ouest sémitique et hittite, comme cela a été montré depuis longtemps, mais également dans la sphère culturelle sumérienne.

– J. FINCKE, « Zu den akkadischen Hemerologien aus Hattuša (CTH 546), Teil II: Die ‘Opferbrot-Hemerologie' », JCS 62, 2010, p. 127-145: l’a. étudie la tradition de l’hémérologie qui se concentre sur les jours favorables ou défavorables à l’offrande de pain ŠUKU. Elle montre que cette tradition est attestée aussi bien à Hattuša qu’à Assur et à Babylone (époques néo-assyrienne et néo-babylonienne). [A. Mouton]

– F. FUSCAGNI, « Una nuova interpretazione del rituale CTH 423 alla luce di tre nuovi duplicati », KASKAL 4, 2007, p. 181-219 : l’a. présente une nouvelle édition du rituel CTH 423 destiné aux dieux d’un peuple ennemi, ce à la lumière de la découverte de nouveaux duplicats et joints. Parmi ces duplicats, un fragment (dupl. B) comprend un compte rendu oraculaire en bonne et due forme, ce qui est une originalité dans le corpus des textes rituels hittites. Ce fragment permet également de préciser le contexte historique dans lequel ce rituel a été mis à contribution : il s’agit de la destruction et de l’anathème du village gašga de Timuhala lors de la 17e année de règne de Muršili II (épisode que l’on connaît par les Annales de ce roi). Etant donné que les comptes rendus oraculaires ne sont, en règle générale, inscrits qu’une seule fois au moment des événements relatés et ne sont pas dupliqués, l’a. suggère que les autres « duplicats » de CTH 423 (A et C) se réfèrent quant à eux à des événements ultérieurs. Le contenu rituel du texte aurait alors été recopié tel quel, contrairement au contenu divinatoire qui aurait été adapté à la circonstance.

– IDEM, « KUB 10.72 (CTH 66.94): una proposta di catalogazione », SMEA 52, 2010, p. 137-147: après avoir réédité la tablette KUB 10.72, l’a. propose de considérer celle-ci comme décrivant un rituel d’evocatio, et non pas une fête religieuse comme suggéré auparavant. Cette texte semble, en outre, avoir un lien avec la notion de royauté. [A. Mouton]

G

– A. GILAN, « Sakrale Ordnung und politische Herrschaft im hethitischen Anatolien », AOAT 318, 2004, p. 189-205 : l’a. s’interroge sur la signification politique des données religieuses hittites. Il examine plus particulièrement la relation existant entre l’ordre du cosmos tel que le voyaient les Hittites et celui régissant leur société de mortels, cette dernière pouvant se diviser en deux ensembles principaux : le roi et son entourage immédiat d’une part, et le reste de la population d’autre part. Le lien que de nombreuses cérémonies religieuses mettent en valeur entre le monde divin et celui des hommes sert principalement à légitimer le pouvoir politique en place.

– P. GOEDEGEBUURE, « Hittite Iconoclasm: Disconnecting the Icon, Disempowering the Referent », in: N. N. May (éd.), Iconoclasm and Text Destruction in the Ancient Near East and Beyond, OIS 8, 2012, p. 407-452: l’a. n’a pu trouver qu’un seul cas d’iconoclasme religieux dans les textes hittites. Il s’agit de la destruction des statues divines par les Gasgas dans le nord du pays (CTH 375). Les Grands Rois hittites ne détruisent pas les statues divines des ennemis, ils les kidnappent et les installent dans leurs propres temples. Pour l’a., la destruction d’une image et/ou d’un nom de souverain ennemi n’était pas une pratique hittite car, pense-t-elle, les Hittites ne voyaient pas dans le nom d’une personne l’essence même de cette personne. Seul Tudhaliya IV pourrait avoir introduit la pratique de malédiction du nom de l’ennemi, ce qui, selon l’a., pourrait être un trait emprunté aux Assyriens. L’a. examine ensuite les données textuelles relatives aux représentations divines, cherchant ainsi à déterminer la nature de ces images et leur relation avec les divinités. Les statues divines étaient-elles perçues comme les manifestations vivantes des divinités ? L’a. compare le procédé consistant à désigner la statue divine simplement par le nom de la divinité ainsi représentée avec le procédé que nous utilisons dans notre vie quotidienne, et qui consiste à désigner une personne par son nom sur une photographie, sans préciser qu’il s’agit d’une photographie de cette personne. Ce raccourci de langage est à la fois naturel et évident. Il ne prouve en rien une identification stricte entre la divinité et sa représentation figurée. Par ailleurs, l’a. suggère de traduire hitt. esri- par « apparence physique » sans plus de précision, la traduction « statue » étant souvent inadéquate. Pour l’a., la statue divine est un simple portail d’accès à la divinité : la divinité peut s’y manifester et l’homme peut grâce à elle se rapprocher de son dieu. [A. Mouton]

– H. GONNET, “Le culte des ancêtres en Anatolie hittite au IIe millénaire avant notre ère », Anatolica 21, 1995, p. 189-195: l’a. examine la place des ancêtres divins dans les rituels religieux (rôle de la fosse cultuelle hattessar) et celle des ancêtres royaux dans la vie politique (le roi défunt est divinisé et les actes officiels s’ouvrent par la généalogie de la dynastie).

– EADEM, « Analyse étiologique du mythe de Télébinu », Anatolica 27, 2001, p. 145-158: le mythe de Telepinu serait le récit symbolique de la fin de la grandeur hattie et de la naissance de l’ère hittite.

– S. GÖRKE, « Zur Bedeutung der hethitischen Familiengottheiten », AOAT 318, 2004, p. 207-212 : l’a. étudie les « dieux du père » (addaš DINGIRMEŠ) qui sont mentionnés à plusieurs reprises dans la documentation hittite et tente de les identifier avec plus de précision. Elle met plus particulièrement en évidence le rôle protecteur que ces divinités jouent au sein de leur famille. Selon l’a., ses divinités familiales tiennent un rôle équivalent à celui tenu par les divinités personnelles mésopotamiennes (DINGIR SAG.DU + possessif « divinité de la personne »).

– EADEM, « Hints at Temple Topography and Cosmic Geography from Hittite Sources », in: D. Ragavan (éd.), Heaven on Earth, OIS 9, 2013, p. 41-54: l’a. revient sur la théorie d’I. Tatishvili consistant à considérer une cosmologie bipartite à l’époque hattie et, avec elle, une grande perméabilité entre les deux sphères : le ciel et la terre avec ce qu’elle contient (le monde souterrain). L’a. associe à ce phénomène une observation qu’elle fait au sujet des fêtes cultuelles d’origine hattie : d’après elle, le profil des mortels autorisés à approcher le saint des saints est beaucoup plus large à cette époque que pendant l’Empire. Pour elle, cette observation irait dans le sens de la proposition de Tatishvili car elle illustrerait la perméabilité des deux sphères ciel et terre. Je ne pense pas que les deux phénomènes puissent être associés : dans le premier cas, la cosmologie, on décrit la répartition des entités surnaturelles en deux domaines alors que dans le second cas on fait allusion aux personnes autorisées à s’approcher du divin. Il est de mon point de vue difficilement concevable que les règles strictes de pureté en rapport direct avec le droit d’accès au sacré soit un phénomène tardif influencé par une cosmologie mésopotamienne. La phrase citée par l’a. juste avant la conclusion semble  d’ailleurs réfuter sa suggestion : le passage cité indique que l’effigie divine n’était pas accessible à toute la communauté. [A. Mouton]

– EADEM, « Hethitische Rituale im Tempel », in: K. Kaniuth et al. (eds), Tempel im Alten Orient, 7. CDOG, Wiesbaden, 2013, p. 123-135: tour d’horizon des principales caractéristiques des fêtes cultuelles hittites qui ont partiellement lieu dans l’enceinte d’un temple. Les principales actions sont les offrandes alimentaires solides et liquides, les banquets et les divertissements. Ces fêtes font intervenir de nombreux personnages non affiliés au temple, mais toujours de manière anecdotique, le rôle principal étant généralement tenu par le roi ou le couple royal. [A. Mouton]

– D. GRODDEK, « Prolegomena zum Ritual des Palliya », Hethitica 14, 1999, p. 27-33 : mise à jour des différentes tablettes appartenant au rituel de Palliya (CTH 475), avec proposition de joints.

– IDEM, « Neue Textanschlüsse zur Hurritischen Fassung des Kesse-Epos », Hethitica 14, 1999, p. 35-41: éd. d’un fragment hourrite du mythe du chasseur Kešši.

– IDEM, « CTH 331: Mythos vom verschwundenen Wettergott oder Aitiologie der Zertstörung Lihzinas? », ZA 89/1, 1999, p. 36-49.

– IDEM, « Ein Text aus dem Huwaššanna-Kult mit luwischem Spruchgut », Fs Lebrun I, 2004, p. 325-336 : éd. de KBo 9.139+ et de ses duplicats relatifs au culte de la déesse louvite Huwaššanna.

– IDEM, « Zwei neue Fragmente des hišuwa-Festes », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 91-96: l’a. publie deux fragments de la grande fête de hišuwa provenant de KBo 47. Le premier fragment, KBo 47.50 est un passage de la cinquième tablette de la composition, tandis que le second, KBo 47.56 correspond à la onzième tablette. Les deux fragments mentionnent plusieurs divinités hourrites, telles que Nupatik, Hutena, Hutelurra, Ninatta et Kulitta, Tiyabenta/i. [A. Mouton]

– IDEM, « CTH 447 noch einmal », Fs Otten, StBoT 58, 2015, p. 51-54 : l’a. publie deux joints complétant la composition CTH 447. Ce texte décrit un rituel adressé aux divinités souterraines. Le premier joint permet notamment de restituer un rite consistant à brûler des os puis à disperser leurs cendres dans un cours d’eau tout en comparant ces cendres à la « langue mauvaise » que l’on cherche à neutraliser. [A. Mouton]

– H. G. GÜTERBOCK, “Gedanken über ein Hethitisches Königssiegel aus Boghazköy », IstMitt 43, 1993, p. 113-116: analyse de la partie figurative du sceau de Mursili III, représentant une divinité sur un char en forme d’oiseau.

– IDEM, « To Drink a God », RAI 34, p. 121-130: étude de l’expression composée du nom d’une divinité à l’accusatif suivi du verbe “boire ».

H

– V. HAAS, « Marginalien zu hethitischen Orakelprotokollen », AOF 23, 1996, p. 76-94: l’a. examine les croisements entre divination et rituel dans les textes hittites. Il remarque les allusions à l’ornithomancie en contexte rituel arzawéen, mais aussi quelques mentions éparses à des conjurations proférées lors d’interrogations oraculaires. Il montre que ce phénomène se retrouve aussi dans les textes néo-assyriens, et plus particulièrement dans les rituels namburbi. Pour l’a., les rituels spécifiquement destinés à neutraliser un présage néfaste pourraient relever d’une tradition nord-syrienne qui se serait répandue en Anatolie centrale à partir de l’époque dite moyen-hittite. [A. Mouton]

– IDEM, article Neujahrsfest, RlA 9, 1999, p. 291-298: synthèse concernant la nature et l’importance de la Fête du Nouvel An chez les Hittites.

– IDEM, « Hethitische Bestattunsbräuche », AOF 27/1, 2000, p. 52-67: l’a. fait le point sur les coutumes d’inhumation des Hittites.

– IDEM, « Die Frauen mit den verstümmelten Nasen. Eine notiz zum hethitischen Ištar-Kult », in: Gs Cagni, vol. 1, p. 421-431: enquête sur les MUNUSMEŠ KIR4 hattanteš (“femmes coupées quand au nez ») qui apparaissent dans plusieurs rituels hourrites dédiés à Ištar. Les attestations de ce supplice en pays anatolien, en Mésopotamie et en Grèce montrent qu’il était généralement réservé aux femmes adultères et aux voleurs. Le lien entre la femme adultère et la prêtresse hittite au nez coupé au service d’Ištar pourrait bien être la sexualité, même s’il est difficile d’en savoir plus sur le rôle de la prêtresse.

– IDEM, « Das Vergehen der “Magierin » und des Priesters “Wettergottmann » « , in: Fs Hauptmann, p. 171-172 : à l’aide du rituel de la Vieille Femme (MUNUSŠU.GI) Tunnawiya, qui doit se pratiquer dans une partie d’un fleuve à côté de laquelle aucun champs cultivé ne doit se trouver, l’a. propose une nouvelle interprétation du texte n°1 du corpus d’Ortaköy édité par A. Ünal: le crime de la Vieille Femme et du prêtre du dieu de l’orage auquel il est fait allusion pourrait être la transgression de la règle énoncée dans le rituel de Tunnawiya.

– IDEM, Materia Magica et Medica Hethitica. Ein Beitrag zur Heilkunde im Alten Orient, 2003 : abécédaire des substances et objets employés dans les rituels magiques et/ou thérapeutiques hittites.

– IDEM, « Hittite Rituals against Threats and other Diseases and their Relationship to the Mesopotamian Traditions », in: I. L. Finkel/M. J. Geller (éd.), Disease in Babylonia, CM 36, 2007, p. 100-119 : synthèse très générale sur les différents types de rituels à fonction thérapeutique et leurs points communs avec ceux existant dans le monde mésopotamien.

– IDEM, « Notizen zu den Ritualen der Frau Allaiturahi aus Mukiš », AoF 34, 2007, p. 9-36: l’a. fait le bilan de nos connaissances sur le rituel d’Allaiturahhi, reclassant les tablettes et ajoutant les fragments identifiés après son étude de 1988 dans ChS. Il propose une nouvelle édition de cette composition, avec tablature et traduction.

– IDEM, « Ein jatro-magisches Ritual gegen zinen Fluchzwang »,in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 178-182: l’a. réétudie la « conjuration des langues » (ŠIPAT EME) de la Sammeltafel KUB 7.1+. Il remarque la mention de « fils du dieu Soleil » qu’il considère comme un hapax. [A. Mouton]

– V. HAAS et D. PRECHEL, article “Mondgott. A.II. Bei den Hethitern », RlA 8, 1995, p. 370-371.

– V. HAAS et I. WEGNER, “Die Orakelprotokolle aus Kuşalı- Ein Überblick », MDOG 128, 1996, p. 105-120: analyse de 4 tablettes de protocoles d’oracles-KIN, sans doute une forme d’interrogation du sort par l’inscription de diverses notions (“trône », “maladie », “Assemblée », “longue vie » etc…) sur des marques manipulées pendant la procédure oraculaire.

– H. S. HAROUTUNIAN, « The Hittite Ritual against a Curse (CTH 429) », Fs Hoffner, 2003, p. 149-168 : éd. d’un rituel vieil hittite contre une malédiction (i 33’ mentionne en effet « les langues mauvaises » idālamuš EMEMEŠ) ou une mauvaise parole (i 33’ : HUL-lu uttar).

– A. HARRAK, « Sources épigraphiques concernant les rapports entre les Assyriens et les Hittites à l’âge du Bronze Récent », RAI 34, p. 239-252: présentation chronologique des lettres échangées entre le pays d’Assur et celui de Hatti.

– J. HAZENBOS, « Die lokalen Herbst- und Frühlingsfeste in der späten hethitischen Grossreichszeit », AOAT 318, 2004, p. 241-248 : l’a. suggère que les fêtes de printemps et d’automne aient été les deux seules célébrations indispensables (et complémentaires entre elles) à tout culte local. Il en étudie les manifestations à travers les textes d’inventaires cultuels, la plupart de ces sources étant datées de l’extrême fin de l’époque impériale. L’a. est ainsi en mesure de montrer que les fêtes de saisons des diverses parties de l’Anatolie hittite possèdent un point commun : le remplissage d’une jarre avec du grain et l’ouverture de cette jarre (l’un au printemps, l’autre à l’automne) se retrouvent en effet dans les différentes traditions locales et symbolisent manifestement le début et la fin de l’année (cf la représentation de l’année par une jarre dans l’écriture hiéroglyphique). Le fait que ce motif soit présent dans divers lieux indique très probablement qu’il est le produit d’une politique religieuse centralisatrice de l’état hittite. Par ailleurs, de nombreuses disparités apparaissent également, qui sont le reflet de la vivacité des traditions locales.

– H. A. HOFFNER, “Hittite Equivalents of Old Assyrian kumrum and epattum », in : Fs Hirsch, WZKM 86, 1996, p. 150-156: étude de termes du vocabulaire religieux paléo-assyrien importés par le hittite.

– IDEM, Hittite Myths, 2e éd., 1998: compilation des textes mythologiques de la littérature hittite en traduction, accompagnés de leur bibliographie.

– IDEM, « The Royal Cult in Hatti », in: G. Beckman et T. J. Lewis (éds), Text, Artifact, and Image: Revealing Ancien Israël Religion, 2006, p. 132-151: synthèse générale sur la relation que le Grand Roi hittite entretient avec ses dieux. Après avoir examiné les représentations figurées du souverain et des dieux hittites, l’a. se penche sur les principales caractéristiques des grandes fêtes cultuelles auxquelles le Grand Roi participe. Il s’interroge notamment sur les actions effectuées par le Roi lors de ces cérémonies.  L’a. remarque notamment que le fait de boire (à) une divinité est toujours associé au Roi ou à la reine et à personne d’autre. Cela indique, selon lui, que ce geste est hautement symbolique. Quant à l’expression ‘devenir un dieu’ pour décrire le décès du Roi, l’a. pense qu’elle implique les prérogatives suivantes  : 1. une place dans le ‘paradis’ des anciens Anatoliens, 2. un culte à la mémoire du défunt. [A. Mouton]

– IDEM, « A Brief Commentary on the Hittite Illuyanka Myth (CTH 321) », in: Fs Biggs, 2007, p. 119-140: l’a. reprend les interprétations de Pecchioli Daddi/Polvani et des autres savants sur le mythe d’Illuyanka et la fête purulli- qui lui est associée. Il revient notamment sur l’épisode durant lequel la déesse Inara interdit à son amant mortel Hupasiya de regarder par la fenêtre de sa demeure. Cette interdiction pourrait être liée à la relation privilégiée que cet homme a développée avec la déesse, relation qui le coupe irrémédiablement des autres êtres humains. En cela, Hupasiya représenterait bel et bien un proto-souverain hittite. [A. Mouton]

– IDEM, « On Some Passages about Fish », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 63-75 : l’a. revient sur certains aspects des sources textuelles hittites relatives au poisson. Il commente, entre autres choses, le passage du rituel de Maštigga dans lequel le poisson manipulé est appelé « taureau de la mer », s’interrogeant sur le sens exact de cette désignation. Il examine également la séquence KU6 INA hantiyara qui apparaît sur la tablette de compilation KBo 3.8 et qui a été interprété par V. Haas comme désignant une tortue. Hoffner montre que cette interprétation ne reflète pas les problèmes syntactiques du passage cité. Il considère que hantiyara peut modifier soit le poisson, soit l’eau aussi mentionnée dans le même passage. [A. Mouton]

– M. HUTTER, “Bemerkungen zur Verwendung magischer Rituale in mittelhethitischer Zeit », AOF 18/1, 1991, p. 32-43: l’a. souligne l’utilité des rituels hittites des XVe-XIVe s. pour la compréhension de l’histoire. L’onomastique révèle notamment l’origine louvite ou hourrite de certaines femmes auteurs des rituels, et explique les tensions politiques à la cour royale. La magie et les sorcières étrangères servaient d’armes politiques contre les contradicteurs.

– IDEM, « Die Verwendung von hethitisch waštul in historischen Texten im Vergleich mit akkadisch hītu », RAI 38, p. 221-226: le sémantisme de waštul, « manquement », a peu subi l’influence de l’akkadien hītu, « péché ». La « faute politique » reste profane, et produit des conséquences juridiques et non pas religieuses.

– IDEM, « Magie and Religion in Tunnawiya-Ritual KBo XXI 1-KUB IX 34-KBo XXI 6 », RAI 34, p. 79-92: étude du rituel de Tunnawiya (identité de Tunnawiya, but du rituel décrit…).

– IDEM, « Der Gott Tunapi und das Ritual der fBappi im Huwaššanna-Kult », AOAT 318, 2004, p. 249-257 : l’a. étudie deux éléments constitutifs du culte de la déesse louvite Huwaššanna, à savoir : 1) la personnalité de la divinité Tunapi qui appartient à la sphère de la déesse ; 2) le rituel de Bappi, prêtresse de la déesse. Tunapi est manifestement un dieu local du Bas Pays louvitophone qui n’a jamais été véritablement intégré dans le panthéon officiel du royaume. Pour cette raison, on n’en retrouve la trace que dans des contextes louvitophones. Lors de son analyse du rituel de Bappi dont la fonction est de « soigner » une personne qui a fâché Huwaššanna, l’a. suggère que le rôle, d’habitude tenu dans le Bas Pays et au Kizzuwatna par la Vieille Femme (à savoir le rôle de la magicienne exorciste) est ici tenu par une prêtresse de Huwaššanna car la seconde est dans ce cas considérée comme plus compétente que la première (qui a le rôle d’un « généraliste »).

– IDEM, « Der ‘Schutzgott der Flur’ in hieroglyphen-luwischen Texten », in : Fs Lebrun I, 2004, p. 381-391 : sur le culte d’un dieu tutélaire de la steppe (DLAMMA LÍL) louvite d’après les inscriptions hiéroglyphiques des IXème-VIIIème siècles, culte qui doit remonter au moins à l’époque impériale hittite si l’on en croit l’a. Celui-ci suggère en effet que le nom de cette même divinité soit inscrit sur un des monuments hiéroglyphiques d’Emirgazi datant du règne de Tudhaliya IV.

– IDEM, « Methodological Issues and Problems in Reconstructing ‘Hittite Religion(s)' », in: ICH 7, 2010, p. 399-416: l’a. constate l’absence d’un cadre théorique dans les synthèses sur les religions de l’Anatolie hittite. Il relève, notamment, la tendance fortement évolutionniste de M. Popko de laquelle découle sa vision personnelle de la magie. L’a. suggère ensuite plusieurs approches méthodologiques. La première consiste à considérer l’onomastique comme une illustration de la dévotion individuelle. Cette étude révèle la prédominance des éléments louvites, ce qui s’explique par le changement démographique provoqué à la fin du XIVe siècle par la peste mentionnée dans les prières de Mursili II. Pour l’a., les gens du commun d’origine louvite conservèrent leurs croyances et pratiques ancestrales et n’adoptèrent pas le culte officiel, et la même chose peut vraisemblablement être dite pour les personnes du commun d’origine hourrite. Par la suite, l’a. revient sur les mentions de pauvres gens dans les prescriptions rituelles. Ces allusions montrent qu’au moins une partie des rituels connus de nous étaient aussi bien destinés aux élites qu’aux classes populaires. La dévotion privée est également illustrée par l’archéologie, des structures cultuelles ayant été ici et là identifiées dans les maisons. Quant aux fêtes cultuelles, l’a. pense que les gens du commun n’y avaient accès que de manière très limitée, mais qu’ils disposaient de leurs propres fêtes locales (telles que celle de Huwassanna et celles d’Istanuwa). L’a. se penche ensuite sur l’interaction entre « magie », religion et médecine. Il insiste notamment sur l’absence de frontière entre magie et religion. Enfin, l’a. encourage l’étude des religions locales qui, quand elles sont analysées individuellement, peuvent contribuer à mieux comprendre l’interaction existant entre elles. [A. Mouton]

– IDEM, « Jenseitsvorstellungen im hethitischen Kleinasien und ihre Auswirkungen auf das erste Jarhtausend », in: P. Bukovec et B. Klokmann-Klamt (éds), Jenseitsvorstellungen im Orient, Hambourg, 2013, p. 161-181: dans un premier temps, l’a. met en lumière la division du cosmos en trois sphères: le ciel, la terre et le monde souterrain.  Les cours d’eau et les sources sont considérés comme des points d’accès au monde souterrain. L’appellation hittite du monde souterrain, à savoir « Terre Sombre », donne une connotation négative à ce domaine. Concernant la topographie de celui-ci, seuls les textes mythologiques donnent quelques informations éparses : les sept portes vraisemblablement héritées de la Mésopotamie, et le récipient métallique mentionné dans le mythe de Telepinu. En tant que siège de toute impureté, le monde souterrain est indispensable au bon fonctionnement du cosmos. Par la suite, l’a. décrit rapidement les divinités les plus étroitement liées au monde souterrain, à savoir la déesse Soleil de la terre, Allani, Lelwani, Ereskigal et le « dieux anciens/d’en-bas ». L’a. examine ensuite les données relatives aux bonnes et mauvaises morts, une mauvaise mort engendrant un séjour désagréable dans l’au-delà. Le souverain hittite et les membres de sa famille proche ont un traitement à part, puisque leur mort est perçue comme une anomalie. En dernier lieu, l’a. fait un tour d’horizon du contenu des monuments funéraires néo-hittites qui illustrent, selon lui, une continuité avec la vision hittite de la mort du souverain. [A. Mouton]

– IDEM, « Concepts of Purity in Anatolian Religions », in: Chr. Frevel et Chr. Nihan (éds), Purity and the Forming of Religious Traditions in the Ancient Mediterranean World and Ancient Judaism, Leyde-Boston, 2013, p. 159-174: l’a. revient sur la notion hittite d’impureté ressentie comme une anomalie. Il examine ensuite les termes hittites, louvites et hourrites relatifs à la pureté et cherche à déterminer leurs liens éventuels. Il suit les conclusions de G. Wilhelm qui montrait que le concept de « profane » n’existe pas en Anatolie hittite. L’a. propose également sa propre interprétation de la différence entre les adjectifs hittites šuppi- et parkui-. Pour lui, ce qui les distingue n’est pas une différence d’intensité, de niveau hiérarchique, mais les contextes dans lesquels ces deux adjectifs sont employés. Le premier, šuppi-, serait réservé au culte, alors que parkui- engloberait tout le système culturel. C’est pourquoi il pense que šuppi- reflète la notion de pureté cultuelle, et non pas de sacralité. [A. Mouton]

– IDEM, « Die Göttin Harištašši und der harištani-Raum », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 77-85: l’a. réexamine la divinité Harištašši en contexte. Il remarque que cette divinité est souvent vénérée dans une chambre à coucher et est associée au Kizzuwatna. Les fêtes cultuelles dans lesquelles elle apparaît ne relèveraient pas, selon l’auteur, du culte étatique hittite mais seraient au contraire des événements locaux. Pour Hutter, Harištašši ne serait pas initialement rattachée au panthéon officiel de l’État hittite mais serait une émanation d’un culte domestique kizzuwatnien. Les manuscrits de l’époque impériale, dans lesquels le roi ou la reine vénèrent Harištašši en contexte festif, pourraient témoigner de l’adoption tardive de cette déesse dans le panthéon étatique. À ajouter aux attestations de Harištašši KBo 63.369 i 12’ publié en même temps que le volume recensé ici et qui est une tablette du CTH 646 mentionné par l’auteur (p. 79). Le passage est malheureusement très fragmentaire. Hutter associe Harištašši à la pièce harištani- qui semble accueillir un culte domestique dans les textes hittites et louvites hiéroglyphiques. Il pense que le nom de la déesse probablement d’origine kizzuwatnienne pourrait venir de l’akkadien harištu « parturiente », nom qui aurait été emprunté au monde syro-mésopotamien par leurs voisins kizzuwatniens. Cela associerait directement Harištašši à la notion de procréation, d’où son association fréquente avec la chambre à coucher. Notons que cette déesse n’apparaît pas dans les textes de rituels de naissance kizzuwatniens, ce qui pourrait s’expliquer par le fait que ces textes se focalisent sur les phases ultérieures de la procréation, et surtout sur la grossesse (A. Mouton, Les rituels de naissance kizzuwatniens…, de Boccard, 2008). [A. Mouton]

– IDEM, « The ‘Lady’ Kubaba (ANCOZ 1 § 2 etc.) in Hieroglyphic Luwian », NABU 2016/18: l’a. revient sur le terme (FEMINA)á-lá/í- présent avec le théonyme Kubaba sur plusieurs inscriptions hiéroglyphiques du Kummuh. Contrairement à Yakubovich et Rieken qui proposaient de voir dans ce terme le nom de la déesse Āla (nom qui aurait été l’objet d’un syncrétisme avec Kubaba), l’a. pense que ce terme á-lá/í- désigne plutôt un nom commun. Le fait que le déterminatif divin (DEUS) soit systématiquement absent de devant ce nom va dans le sens de l’interprétation de l’a. Etant donné la forte composante hourrite de la région concernée, l’a. pense que le terme ala- pourrait être un emprunt du hourrite allai- « Dame; reine », une épithète souvent associée à des théonymes féminins dans les textes religieux hittites. [A. Mouton]  

– S. HUTTER-BAUNSAR, « ‘Und Šauška, meine Herrin, nahm mich bei der Hand’. Staatsgottheiten und persönliche Gottheiten Hattušilis III. », AOAT 318, 2004, p. 259-268 : l’a. insiste sur la distinction qui existe à l’époque de Hattušili III entre les dieux personnels du roi (Šaušga de Šamuha et le dieu de l’orage de Nerik) et les divinités tutélaires du royaume (la déesse Soleil d’Arinna et le dieu de l’orage du Hatti). L’a. pense donc, à l’instar d’autres a., que l’expression « devenir prêtre du dieu de l’orage du Hatti/de la déesse Soleil d’Arinna » revient à dire « devenir roi » dans les textes hittites. Par ailleurs, elle suggère que le choix de Šaušga de Šamuha et du dieu de l’orage de Nerik comme divinités personnelles soit de nature politique.

– EADEM, « Vergleichende Untersuchungen zu den Texten über eine aus Zorn verschwundene Gottheit », AOAT 391, 2011, p. 129-144: l’a. étudie les passages mentionnant, dans les différents mythes anatoliens des dieux disparus, la période de crise et de famine découlant du départ du dieu. Elle montre que les textes peuvent être regroupés en deux catégories : 1) ceux qui font un parallèle clair entre la période de famine et celle du retour à l’état normal. Ces textes mentionnent le roi ; 2) ceux qui décrivent la période de crise sous une forme abrégée. Ces textes ne mentionnent pas le roi mais seulement des personnes par leur nom. Pour cette raison, l’a. considère que ce second groupe pourrait refléter des rituels domestiques (« Hausrituale »). [A. Mouton]

J

– A. M. JASINK, « Influenze reciproche fra area egea e area anatolica : l’aspetto del culto », Fs Lebrun I, 2004, p. 401-432 : l’a. nous offre une très intéressante synthèse sur les principales divinités qui pourraient témoigner d’influences bilatérales entre monde micénien et Anatolie ancienne dans le domaine religieux.

– L. JIAN, “Hittite Women Singers: MUNUS zintuhi and MUNUS ki.sikil », JAC 9, 1994, p. 82-94: ces deux catégories de femmes sont des chanteuses originaires des villes du Hatti, la première occupant une position sociale plus élevée que la seconde.

– C. JUSTUS, « What is Indo-European about Hittite Prayers ? », AOAT 318, 2004, p. 269-283 : l’a. tente de définir le substrat indo-européen susceptible de transparaître dans les prières hittites. Elle considère, en particulier, que la possibilité de décomposer la prière en trois parties, à savoir l’invocation, la « base » (c’est-à-dire la raison pour laquelle la prière est composée) et la « pétition » est inhérente à la culture indo-européenne. Cette interprétation est principalement basée sur la mise en parallèle entre les prières gréco-romaines et celles connues par les sources hittites, mais il n’est pas exclu que ce schéma puisse se retrouver également dans d’autres cultures, comme par exemple dans les prières suméro-akkadiennes qui ont, de reste, souvent inspiré les compositions hittites. Pour une remarque dans le même sens –bien qu’exprimée de manière un peu plus virulente !- voir J. Miller, StBoT 46, 2004, p. 459-460 note 766.

K

– M. KAPELUS, « La ‘maison (le palais) des ancêtres’ et les tombeaux des rois hittites », RANT 4, 2007, p. 221-229 : sur l’expression hittite É(.GAL) huhhaš « maison des grands-pères » et la fonction de l’institution qu’elle désigne. Selon l’a., ces « maisons des grands-pères » seraient associées aux résidences royales disséminées dans les différentes villes de l’Anatolie centrale : Hattusa, Katapa et Samuha. On y célèbre des fêtes religieuses et on y pratique des interrogations oraculaires.

– EADEM, « Good Death, Bad Death. On the Hittite Attitude towards Death », in: ICH 7, 2010, p. 431-440: sur les mentions de bonnes et mauvaises morts dans les textes cunéiformes hittites. L’a. revient également sur le concept de « jour de sa mère (et de son père) » et ce qu’il implique. Pour elle, la notion de mort vue comme un retour auprès de sa mère pourrait être un trait culturel hourrite adopté de la Mésopotamie. On peut toutefois penser que ce concept est partagé par de nombreuses cultures traditionnelles, ce qui fragilise l’hypothèse d’un lien de filiation entre cultures mésopotamienne et hourrite pour ce trait précis. L’a. différencie ensuite henkan d’aggatar, deux termes traduits par « mort » mais dont le premier pourrait, selon elle, avoir d’abord désigner l’épidémie pour seulement dans un second temps signifier « mort ». Pour cette raison, henkan ne serait utilisé que pour désigner les morts violentes. [A. Mouton]

– A. M. KITZ, “Effective Simile and Effective Act: Psalm 109, Numbers 5, and KUB 26”, The Catholic Biblical Quarterly 69, 2007, p. 440-456 : l’a. étudie ce passage de la Bible où il est question d’une malédiction qui est « vêtue comme un manteau », dans « l’intérieur du corps comme de l’eau » et « comme de l’huile ». Ces trois comparaisons rappellent les incantations hittites prononcées lors des serments militaires, et dont l’a. cite le fragment KUB 26.25. Cette comparaison est tout à fait pertinente, mais il est regrettable que l’a. ne se soit pas mieux informée sur la bibliographie hittitologique. La thèse de doctorat de Mauro Giorgieri précisément sur ce thème ainsi que son article « Birra, acqua ed olio: paralleli siriani e neo-assiri ad un giuramento ittita », publié en 2002 dans le Gs Imparati, auraient été particulièrement utiles à la discussion de l’a.

– J. KLINGER, “Zum ‘Priestertum’ im hethitischen Anatolien”, Hethitica 15, 2002, p. 93-111 : considérations générales sur les divers statuts de prêtre en pays hittite.

– IDEM, « The Cult of Nerik – revisited », in: Central-North Anatolia, Studia Asiana 5, p. 97-108: l’a. montre que contrairement à ce que Haas écrivait en 1970 (Kult der Nerik), certains textes religieux relatifs au culte de Nerik relèvent de l’époque vieil-hittite et non pas de l’époque impériale. C’est également le cas de la fête purulli- qui découle directement du culte de Nerik. L’a. rappelle par ailleurs que le culte de Nerik a été au moins en partie « délocalisé » à Hakmis après la prise de Nerik par les Gasgas. Pour l’a., même après cet événement, Nerik n’a pas été vidé de ses habitants hittites, contrairement à ce que paraît affirmer Hattusili III. Cette continuité d’occupation de la ville – même réduite – expliquerait, selon lui, la continuité cultuelle qu’il remarque dans les textes. [A. Mouton]

– IDEM, « Der Kult der Ištar von Šamuha in mittelhethitischer Zeit », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 153-167: l’a. revient sur l’introduction, dans le culte étatique hittite, de nombreux éléments hourrites. La théorie de la rupture dynastique, avec l’arrivée d’une famille royale hourrite, ayant été rejetée par la plupart des historiens, l’auteur s’interroge à juste titre sur les facteurs ayant permis ces changements dans le culte. Afin de tenter de répondre à cette question, il suggère d’examiner plus particulièrement les modifications subies par le panthéon officiel hittite, à partir de l’établissement d’une chronologie interne des grandes compositions religieuses. Il prend l’exemple d’Ištar-Šaušga qui fut, visiblement, introduite dans le panthéon hittite dès l’époque dite « moyen-hittite ». La petite tablette KUB 32.130 est un précieux témoignage, puisque son ductus est clairement « Middle Script ». Elle est perforée d’un côté sans pour autant être une étiquette. L’auteur en présente une réédition. Il pense que cette petite tablette a pu être rattachée à un compte rendu oraculaire par le biais de sa perforation. Comme le souligne à juste titre l’auteur, le contenu de la tablette atteste du déplacement de l’effigie de Šaušga de la steppe de Šamuha à partir de la ville du même nom jusqu’au lieu où se trouve le souverain hittite, puis de nouveau vers Šamuha. Ce « voyage divin » permet visiblement au Grand Roi d’apaiser la divinité courroucée sans avoir à se déplacer en personne. Les cérémonies faites en l’honneur de la déesse à Šamuha même ont donc lieu en l’absence du souverain. [A. Mouton]

L

– R. LEBRUN, “Les Hittites et le désert », Le désert. Image et réalité, Actes du colloque de Cartigny (1983), Cahiers du CEPOA 3, Louvain, 1989, p. 81-87: dans la mentalité hittite, le désert est le domaine des puissances surnaturelles. La steppe est désignée par le terme gim(ma)ra-, qualifiant la campagne proche d’une ville, mais aussi une zone dangereuse et non fréquentée, ainsi qu’un champ de bataille.

– IDEM, « Quelques aspects de la divination en Asie du sud-ouest », Kernos 3, 1990, p. 185-195 : l’a. propose de voir dans les témoignages d’époque classique de Pamphylie, Pisidie et Lycie des pratiques divinatoires en partie héritées de l’Anatolie louvo-hittite. Ainsi, il compare une divination par jet de dés aux oracles KIN hittites, indiquant que ces deux techniques ne nécessitent pas l’intervention d’un expert. Cela n’est toutefois pas le cas des sorts KIN hittites qui sont toujours interprétés par la Vieille Femme dans les comptes rendus oraculaires de Hattusa. L’ichthyomancie serait, elle aussi, héritée d’un substrat ancien.

– IDEM, « Le fragment KUB VII 60 = CTH 423 », Hethitica 11, 1992, p. 103-115: relecture et analyse philologique et religieuse de l’ensemble de ce texte, qui contient les restes du seul rituel connu d’évocation de dieux d’une ville ennemie.

– IDEM, « Aspects particuliers du sacrifice dans le monde hittite », in : J. von Quaegebeur (éd.), Ritual and Sacrifice in the Ancient Near East, OLA 55, 1993, p. 225-233: l’a. présente une vision évolutionniste du sacrifice sanglant hittite : de la libation de sang destinée aux dieux primitifs chthoniens à la cuisson de la viande pour les dieux célestes. Il décrit en outre certaines pratiques d’abattage rituel hittite en contexte d’exorcisme.

– IDEM, “Questions oraculaires concernant le nouveau déroulement de fêtes “secondaires » de printemps et d’automne = CTH 568″, Hethitica 12, 1994, p. 41-77: éd. ordonnée, trad. et commentaire de tous les manuscrits concernant la réforme des fêtes religieuses hittites.

– IDEM, « De quelques sanctuaires louvites : fonctionnement et continuité », RANT 4, 2007, p. 241-247: sur l’utilisation en continu de sanctuaires anatoliens entre l’époque hittite et la période classique. L’a. étudie plus particulièrement les sanctuaires de Kummanni, Hubesna et Sinuri (le nom hittite de ce dernier lieu n’étant pas encore connu).

– IDEM, « Nouveautés concernant la religion des Hittites tirées du fragment KBo XLVII 76 = 2012/u », in: Fs Dinçol, 2007, p. 457-464: l’a. édite le fragment hittite KBo 47.76 qui est un inventaire cultuel relatif à des villes se situant vraisemblablement dans le bassin du fleuve Zuliya (actuel Cekerek). Il suggère que ces panthéons hattis avaient à leur tête une divinité solaire. Il remarque également la présence de la divinité louvite Sanda. [A. Mouton]

– A. LOMBARDI, « Il culto delle montagne all’epoca di Tudhaliya IV:continuità e innovazione », RAI 44, p. 83-88: le culte des montagnes semble prendre une plus grande ampleur sous le règne de Tuthaliya IV: la symbolique de la montagne est alors étroitement liée à celle de la royauté hittite, comme le montrent la fête à tous les dieux LAMMA et celle de l’AN.TAH.ŠUMSAR, où les deux montagnes citées, Puškurunuwa et Tapala, symboliseraient respectivement les parties hattie et louvite de l’empire hittite. En organisant l’ascension de chacune de ces deux montagnes, Tuthaliya tente donc d’unifier symboliquement ces deux entités géographiques et culturelles à une période où d’importantes tensions déchirent le pays.

– C. LOPEZ-RUIZ, « Some Oriental Elements in Hesiod and the Orphic Cosmogonies », JANER 6, 2006, p. 71-104: sur la filiation entre le Cycle de Kumarbi et la Théogonie d’Hésiode. L’a. examine en outre les traditions orphiques de la cosmogonie grecque et met en évidence leur plus grande proximité avec le mythe de Kumarbi. En effet, la tradition orphique diffère du texte d’Hésiode en ce sens qu’elle met en scène Zeus en train d’avaler le phallus d’Ouranos (le ciel). Pour l’a., cette séquence est un emprunt plus fidèle au modèle hourrite, dans lequel Kumarbi émascule Anu (le ciel) avec ses dents.

– J. LORENZ, « Rituale für das Große Meer und das tarmana-Meer », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 113-131 : l’a.propose une édition de CTH 722, le rituel pour la « grande mer » à pratiquer pendant la fête du printemps en l’honneur de Šanta. La cérémonie est probablement kizzuwatnienne, puisqu’elle implique plusieurs divinités syriennes, dont Anna qui serait, selon l’auteur, la déesse de la ville de (H)anašepa. Cette fête cultuelle a sans doute un caractère local plus qu’étatique. [A. Mouton]

M

– H. MARCUSON, « The Festival of Ziparwa and the AN.TAH.ŠUM and nuntarriyašha-Festivals », AoF 38, 2011, p. 63-72: l’a. réexamine CTH 750, la fête de Ziparwa. Elle pense que celle-ci intervient dans le cadre de deux fêtes étatiques successives : 1) lors du 12e ou 13e jour de la fête AN.TAH.ŠUM au printemps ; 2) au 9e et 10e jours de la fête nuntarriyašha- en automne. Les jours qui, lors de ces deux grandes fêtes, sont dédiés à la divinité Ziparwa sont connus par les tablettes-résumés (« outline tablets ») de ces deux corpus de textes. Comme le montre l’a., les passages relatifs à la fête de l’AN.TAH.ŠUM ne fournissent que très peu d’information et il me paraît par conséquent délicat d’affirmer que la cérémonie qui y est si brièvement décrite correspond à CTH 750. L’a. écrit : « Neither of them [les descriptions de la fête dans les tablettes-résumés de l’AN.TAH.ŠUM] provide more information than that the king enters Ziparwa’s temple and a cultic celebration takes place; therefore, there is nothing to keep them from being descriptions of CTH 750. » On pourrait retourner aisément cet argument et considérer que ces informations sont insuffisantes pour affirmer une identification entre ces deux cérémonies dans le temple de Ziparwa. Cette divinité aurait très bien pu être honorée à différentes occasions. Les éléments que l’a. indique être communs aux deux grandes fêtes et à CTH 750 ne sont pas particulièrement significatifs : la présence du roi, d’un fonctionnaire du palais, de gros pains sacrificiels (NINDA.GUR4.RA) notamment. Ces éléments se retrouvent dans de nombreuses autres fêtes cultuelles. En réalité, seules les mentions du temple de Ziparwa et des Vieilles Femmes pourraient être considérées en faveur de l’argument de l’a. Il est en outre regrettable que l’expression-clé ištarniyaš EGIR-an tarnummaš « letting go to the center » d’un colophon de CTH 750 ne se retrouve pas dans les textes relatifs aux deux grandes fêtes saisonnières. A mon sens, une inclusion dans les deux grandes fêtes saisonnières d’une partie et de l’ensemble de la fête de Ziparwa est malgré tout envisageable, un phénomène analogue étant connu pour d’autres cérémonies festives. Toutefois, la fête de Ziparwa devait au préalable être une cérémonie indépendante avec sa propre finalité. Elle n’aurait été incluse dans la fête de l’AN.TAH.ŠUM et/ou la fête nuntarriyašha- que secondairement. Hypothèse qu’il ne sera possible de vérifier qu’en examinant en détail CTH 750 dont l’a. prépare une édition. [A. Mouton]

– E. MASSON, « Le complexe cultuel du “Südburg »: quelques réflexions », ArAn 4, 2000, p. 121-141: étude de l’assimilation du Grand Roi hittite avec les divinités solaires d’une part et le dieu de l’Orage d’autre part, dans l’iconographie (reliefs de Šuppiluliuma II à Südburg et de Tuthaliya IV à Yazilikaya) et les textes. L’a. propose également une nouvelle lecture de l’inscription du Südburg basée sur le concept indo-européen de “puits infernal », lieu de communication avec le monde chtonien.

– EADEM, « The Indo-European Schema of the Ritualized Foundation of the Kingdom and the Notion of the ‘Complete Society », AOAT 318, 2004, p. 285-292: sur l’héritage spirituel indo-européen des Hittites et en particulier sur la théorie dumézilienne du caractère tripartite des sociétés humaine et divine.

– M. MAZOYER, « Telipinu et Apollon fondateurs », Hethitica 14, 1999, p. 55-62 : l’a. tente de mettre en parallèle le personnage de Telipinu et celui d’Apollon qui seraient tous deux principalement des dieux fondateurs.

– IDEM, « Le mythe de Telepinu et les rituels du Kizzuwatna », in: Cilicie, p. 115-122 : à la suite de la suggestion de V. Haas et G. Wilhelm consistant à rapprocher le mythe de Telepinu avec les rituels kizzuwatniens décrits dans KUB 15.34 et KUB 15.31, l’a. propose de voir dans le premier la source d’inspiration des seconds.

– IDEM, « Quelques aspects du sacrifice sanglant chez les Hittites », in: Rites et célébrations, Cahiers de Kubaba 6, 2002, p. 81-90: l’a. reprend les données présentées par A. Ünal sur le vocabulaire hittite de l’abattage de la victime sacrificielle. Il propose en outre l’existence d’une forme de communion hittite par la consommation des viandes consacrées.

– IDEM, « Télipinu, dieu protecteur », Fs Lebrun II, 2004, p. 133-138 : l’a. suggère, à la suite d’E. Laroche, que Télibinu appartient au cercle des dieux protecteurs LAMMA. Cette proposition, si elle se voyait clairement confirmée par les textes, pourrait aller dans le sens d’une identification du dieu Télipinu sur le célèbre rhyton Schimmel en forme de protomé de cerf.

– IDEM, « A propos de la montagne Ammuna et du mythe de Télipinu », Le Muséon 118, 2005, p. 210-213 : sur la mention de la montagne Ammuna dans le mythe de Telebinu. L’a. suggère qu’il s’agit d’une allusion au souverain du même nom, ce qui confirmerait sa datation du texte du règne de Telebinu.

– IDEM, « Quand la Montagne se rend à la ville », RANT 3, 2006, p. 261-270: d’après l’a., certaines séquences des fêtes religieuses se déroulant sur la montagne sont à mettre à relation avec la notion de fondation et sont destinées à réaffirmer le pouvoir royal. Ce serait notamment le cas d’un épisode de la fête du KI.LAM.

– IDEM, « Remarques sur la ‘maison du dieu' », RANT 4, 2007, p. 249-257 : en étudiant les occurrences de l’expression É.DINGIRLIM « maison du dieu », l’a. décrit la nature du temple hittite et certains principes de fonctionnement.

– IDEM, « Télipinu au Tabal », RANT 2, 2005, p. 427-438 : l’a. propose de voir dans la divinité figurant sur le relief d’Ivriz une représentation du dieu Telibinu, arguant que le logogramme TONITRUS alors utilisé signifie simplement « le vainqueur » et non pas « le dieu de l’orage ». On pourrait toutefois souhaiter, pour étayer cette suggestion, que le logogramme connu comme désignant le nom de Telibinu soit utilisé.

– IDEM, « A propos de la montagne Ammuna et du mythe de Télipinu », Le Muséon 118, 2005, p. 210-213 : sur la mention de la montagne Ammuna dans le mythe de Telebinu. L’a. suggère qu’il s’agit d’une allusion au souverain du même nom, ce qui confirmerait sa datation du texte du règne de Telebinu.

– IDEM, La vie cultuelle du dieu hittite Telipinu, KUBABA Série Antiquité, Paris, 2011: l’a. remanie une partie de sa thèse de doctorat soutenue en 1994, reprenant ainsi de nombreux thèmes publiés par lui sous forme d’articles. Il examine la personnalité du dieu Telepinu qu’il qualifie à tort de « hittite », alors qu’il s’agit très vraisemblablement d’une divinité d’origine hattie. L’a. pense quant à lui que le dieu Telepinu a gagné en importance dans le panthéon officiel pendant le règne du roi homonyme. Il insiste sur le rôle de fondateur du royaume hittite de ce dieu, rôle qui lui aurait été attribué à partir du règne de Telepinu. L’a. veut en outre à tort voir Telepinu aussi bien à Südburg (là où il s’agit d’un roi Suppiluliuma) que dans des inscriptions néo-hittites (élément non discuté dans l’ouvrage, semble-t-il). [A. Mouton]

– H. C. MELCHERT, « Hittite damnaššara- ‘domestic’ / Ddamnaššareš ‘household deities’ », JANER 1, 2001, p. 150-157: l’a. examine les occurrences du terme hittite damnaššara- dont le sens est encore l’objet de débats. On a, notamment, traduit ce terme par « sphinx » à la suite d’H. G. Güterbock, mais ce sens est loin d’être assuré. L’a. remarque que damnaššara- a non seulement un lien avec la porte, comme dans le mythe de Kešši, le rituel itkalzi et celui de Pupuwanni, notamment, mais aussi avec l’espace intérieur en général. Pour cette raison, il propose de traduire ce terme par « domestique » et considère les divinités Damnaššara- comme des équivalents hittites des Pénates romaines. [A. Mouton]

– J. L. MILLER, Studies in the Origins, Development and Interpretation of the Kizzuwatna Rituals, StBoT 46, 2004 : réédition et commentaire de quelques textes décrivant des rituels kizzuwatniens, en particulier les rituels de Maštigga et ceux de Tunnawiya.

– IDEM, « Paskuwatti’s Ritual: Remedy for Impotence or Antidote to Homosexuality? », JANER 10, 2010, p. 83-89: l’a. réexamine le célèbre rituel de Paskuwatti d’Arzawa édité en 1985 par H. A. Hoffner. Ce rituel, qui est généralement considéré comme destiné à soigner l’impuissance sexuelle masculine, serait, selon l’a., plutôt préconisé en cas de comportement homosexuel passif. [A. Mouton]

– IDEM, « Practice and Perception of Black Magic among the Hittites », AoF 37, 2010, p. 167-185 : l’a. pense que les mentions d’actes de sorcellerie dans les textes hittites ne peuvent pas être compris comme une évidence de ce type de magie. D’après lui, la plupart des hittitologues ont considéré les accusations de sorcellerie, par exemple dans les textes historiques, comme une preuve de l’existence de celle-ci. Cependant, l’a. critique cette idée et défend que, en revanche, ces témoignages nous fournissent de précieuses informations sur les peurs, les conceptions et les perceptions de cette société en relation avec la sorcellerie. [L. Puértolas Rubio]

– A. MOUTON, « Use of Private Incubations Compared to ‘Official’ Ones in Hittite Texts », AOAT 318, 2004, p. 293-300 : distinction de deux principaux types de rituels d’incubation dans les sources hittites : 1) l’incubation à but divinatoire ; 2) celle participant à un rituel thérapeutique/cathartique.

– EADEM, “Usages privés et publics de l’incubation d’après les textes hittites”, JANER 3, 2003, p. 73-91 : il s’agit d’une version plus développée de l’article cité précédemment.

– EADEM, “Une épreuve pour différencier l’homme du dieu : le “texte des cannibales” hittite (KBo 3.60) et quelques rapprochements, ou comment reconnaît-on un dieu hittite ?”, AOF 31, 2004, p. 303-319 : le motif de l’épreuve destinée à déterminer la nature divine ou au contraire humaine d’un individu qui est présent dans le « texte des cannibales » hittite se retrouve dans la littérature mythologique grecque et même dans la tradition littéraire ultérieure. Dans le texte hittite tout comme dans le mythe grec de Lycaon, c’est le régime alimentaire de l’individu qui permet de définir sa nature réelle.

– EADEM, “Le rituel de Walkui (KBo 32.176) : quelques réflexions sur la déesse de la nuit et l’image du porc dans le monde hittite”, ZA 94/1, 2004, p. 85-105 : à travers l’étude d’un rituel exorcistique destiné à purifier une personne qui a ingéré en rêve de la viande de porc, l’a. s’interroge sur l’existence d’un éventuel tabou alimentaire sur cette viande en pays hittite.

– EADEM, “Les rites de passage de l’Anatolie hittite : un projet de recherche”, Actes des Deuxièmes Rencontres Doctorales d’Orient-Express, 2005, p. 9-15 : présentation d’un nouveau projet de recherche de l’a. consistant à recenser et analyser les rites de passage hittites attestés dans les sources écrites.

– EADEM, “Anatomie animale : le festin carné des dieux d’après les textes hittites I. Les membres antérieurs”, Colloquium Anatolicum 3, 2005, p. 67-92 : première partie d’une étude dédiée aux parties du corps animal mangées par les dieux hittites. Cette étude a pour but ultime de définir avec le plus de précisions possibles ce que sont les šuppa, les viandes consacrées des textes hittites, et ce en tenant compte des différences régionales qui peuvent se faire jour dans les pratiques du sacrifice sanglant.

– EADEM, “Anatomie animale : le festin carné des dieux d’après les textes hittites II. Les membres postérieurs et d’autres parties anatomiques”, Colloquium Anatolicum 4, 2006, p. 139-154 : continuation de l’article cité ci-dessus.

– EADEM, « Quelques usages du feu dans les rituels hittites et mésopotamiens », Revue de l’Histoire des Religions 223, 2006, p. 251-264 : sur les principales vertus magiques du feu dans les rituels de l’ancien Proche-Orient.

– EADEM, “KUB 22.61 : comment traiter les yeux de mon Soleil ?”, WdO 36, 2006, p. 206-216 : édition d’un texte oraculaire mentionnant un rêve de la reine Puduhepa au sujet d’une maladie oculaire de son royal époux Hattušili III.

– EADEM, « L’importance des rêves dans l’existence de Hattušili III », Fs de Roos, 2006, p. 9-16 : sur la place des récits de rêve dans l’annalistique de Hattušili III comparée aux règnes des autres souverains hittites et proche-orientaux.

– EADEM, « Au sujet du compte rendu oraculaire hittite KBo 18.142 », in : Fs Kosak, 2007, p. 551-555 : étude de KBo 18.142 mentionnant un rêve de la reine mettant en scène un ensorcellement.

– EADEM, « Sur la différenciation entre rêve et parā handandatar dans les textes hittites », in : Fs Dinçol, 2007, p. 523-531 : sur la notion de rêve et de providence/décision divine. Le rêveur est-il tenu comme responsable du contenu de ses rêves et si oui, pourquoi?

– EADEM, “Le porc dans les textes religieux hittites”, in : C. Michel et B. Lion (éd.), De la domestication au tabou. Le cas des suidés au Proche-Orient ancien, Travaux de la Maison René-Ginouvès 1, 2006, p. 255-265: sur les attestations de sacrifice de porc dans les textes religieux hittites. Cette viande, qui semble avoir été taboue dans le Sud de l’Anatolie hittite (Kizzuwatna), était au contraire prisée des dieux de la région centrale (monde hatto-hittite en particulier).

– EADEM, « Quelques usages du feu dans les rituels hittites et mésopotamiens », Revue de l’Histoire des Religions 223, 2006, p. 251-264 : sur les principales vertus magiques du feu dans les rituels de l’ancien Proche-Orient.

– EADEM, « KUB 22.61 : comment traiter les yeux de mon Soleil ? », Die Welt des Orients 36, 2006, p. 206-216 : après avoir édité le texte oraculaire KUB 22.61, l’a. présente plus en détails l’affaire que le compte rendu divinatoire traite. La reine hittite a vu un rêve dans lequel l’herbe ayant le pouvoir de soigner les yeux de son époux est apparue.

– EADEM, « L’importance des rêves dans l’existence de Hattušili III », in : Fs de Roos, 2006, p. 9-16 : certains savants ont pu écrire que Hattušili III accordait plus d’importance au phénomène onirique que ses prédécesseurs. L’a. revient sur cette affirmation pour la remettre en question.

– EADEM, « Le porc dans les textes religieux hittites », in : C. Michel et B. Lion (éd.), De la domestication au tabou. Le cas des suidés au Proche-Orient ancien, Travaux de la Maison René-Ginouvès 1, 2006, p. 255-265 : sur la consommation divine de viande de porc en Anatolie hittite, en contraste avec sa tabouisation dans le Sud du royaume.

– EADEM, Rêves hittites. Contribution à une histoire et une anthropologie du rêve en Anatolie ancienne, CHANE 28, 2007 : il s’agit de la publication d’une partie de la thèse de doctorat de l’a. L’ouvrage édite les passages de textes hittites décrivant ou simplement mentionnant le rêve et les analyse par thématiques.

– EADEM, « Différences régionales concernant le sacrifice sanglant en Anatolie hittite », VIth ICH, SMEA 49, 2007, p. 565-573 : l’a. met en évidence les différentes techniques de sacrifice animal attestées, certaines d’entre elles relevant, selon elle, de traditions rituelles locales.

– EADEM, « Au sujet du compte rendu oraculaire hittite KBo 18.142 », in : Fs Košak, 2007, p. 551-555 : ce petit compte rendu fait allusion à un rêve vu par la reine au sujet de l’ensorcellement d’une autre personne. L’a. édite le texte et étudie l’importance du rêve dans ce contexte.

– EADEM, « Sur la différenciation entre rêve et parā handandatar dans les textes hittites », in : Fs Dinçol, 2007, p. 523-531 : deux textes hittites associent rêve et « providence ». L’a. s’interroge sur cette association tentant, pour cette raison, de définir plus précisément le concept de parā handandatar.

– EADEM, Les rituels de naissance kizzuwatniens. Un exemple de rites de passage en Anatolie hittite, 2008 : l’a. étudie les rituels de naissances du Kizzuwatna dans la perspective de l’anthropologie sociale et plus particulièrement dans le cadre du modèle théorique des rites de passage.

– EADEM, « Les ‘mauvais rêves’ en Mésopotamie et Anatolie anciennes : entre représentation et non représentation », dans L. Bachelot et C. Pouzadoux (éd.), La peur des images, La Part de l’Œil 23, Bruxelles, 2008, p. 40-47 : sur la peur de figurer voire de mentionner les mauvais rêves en Mésopotamie et en Anatolie hittite.

– EADEM, « ‘Dead of Night’ in Anatolia : Hittite Night Rituals », Religion Compass 2, Issue 1, Janvier 2008, p. 1-17, http://www.blackwell-synergy.com/doi/abs/10.1111/j.1749-8171.2007.00051.x : sur les rituels hittites ayant lieu la nuit et l’éventuel pouvoir « magique » de la nuit.

– EADEM, « Sorcellerie hittite », JCS 62, 2010, p. 105-125: l’a. examine les différentes techniques d’ensorcellement attestées dans les textes hittites. L’une des pratiques les plus attestées consiste à maudire son adversaire en présence d’une divinité que l’on prend comme témoin. [A. Mouton]

– EADEM et D. LEFEVRE-NOVARO, « Aux origines de l’ichthyomancie en Anatolie ancienne : sources archéologiques et textuelles », Anatolica 34, 2008, p. 7-51 : étude comparative des sources hittites décrivant la technique des oracles MUŠ et les témoignages grecs anciens attestant de l’existence d’une ichthyomancie orientale à l’époque classique.

– EADEM et I. RUTHERFORD, « The Sun deity of the hilammar: an unnoticed ‘pan-Luwian’ deity? », BiOr 67, 2010, p. 276-281: les a. mettent en évidence les mentions, dans une lettre d’El-Amarna et dans des textes religieux hittites relevant de la sphère culturelle louvite une divinité louvite : le dieu Soleil du hilammar qui semble se retrouve dans au moins deux zones culturelles distinctes. [A. Mouton]

– EADEM, « Réflexions autour de la notion de rituel initiatique en Anatolie hittite. Au sujet de la fête haššumaš (CTH 633) », JANER 11, 2011, p. 1-38: l’a. revient sur l’idée de H. G. Güterbock de voir dans la fête haššumaš un rituel d’initiation sexuel du prince hittite. Elle montre que les quelques éléments qui avaient été à l’origine de cette suggestion doivent être réinterprétés. Pour elle, la fête haššumaš est plus probablement une cérémonie d’installation du prince royale dans son rôle de prince héritier. [A. Mouton]

– EADEM, « Hommes et femmes au service des dieux hittites. La répartition sexuée du personnel des temples de l’Anatolie ancienne », Revue de l’histoire des religions 229, 2012, p. 307-323 : l’a. présente le personnel des temples à partir de différents textes. En premier lieu, l’a. commente un texte d’instructions au personnel des temples où les membres de ce personnel, ainsi que leurs droits et devoirs, sont décrits. Ensuite, à partir des inventaires des personnels des temples, l’a. organise les différents métiers par secteurs et les analyse tout en s’interrogeant sur la présence des femmes et sa signification parmi ce personnel. [L. Puértolas Rubio]

O

– N. OETTINGER, “Die ‘dunkle Erde’ im Hethitischen und Griechischen », WO 20-21, 1989/1990, p. 83-98: les expressions hittite et grecque désignant la “terre noire, sombre », sont la traduction d’une notion d’origine mésopotamienne empruntée au vocabulaire de la théogonie.

– IDEM, « Entstehung von Mythos aus Ritual. Das Beispiel des hethitischen Textes CTH 390 A », AOAT 318, 2004, p. 347-356 : l’a. tente de déterminer lequel du mythe ou du rituel est le plus ancien chez les Hittites. Pour ce faire, il se penche sur les deux mythes hattis d’Illuyanka et des « verschwundenen Gottheiten ». Les points communs que l’a. remarque entre les deux mythes et, parallèlement, avec le rituel CTH 390 A déjà édité par H. Kronasser sont les suivants : 1) tous ces textes ont un lien évident avec la notion de fertilité ; 2) l’être humain apporte son aide aux dieux pour résoudre un problème spécifique ; 3) le rituel associé à chacun de ces mythes et celui décrit dans CTH 390 A sont liés à la pratique de l’exorcisme. Pour l’a. le rituel CTH 390 A met en évidence l’existence du structure de base (« Basisstruktur ») qui pourrait indiquer que le mythe est un produit découlant du rituel dans certains cas.

– IDEM, « Sündenbock, Pandora und hethitisch dammili pedi », Hethitica 16, 2010, p. 111-120: l’a. revient sur un épisode raconté par l’auteur grec Polyainos au IIe siècle ap. JC. et déjà mis en valeur par W. Burkert. Cet épisode reprend clairement le schéma des rituels de boucs-émissaires arzawéens : l’animal est paré, il absorbe un élément mauvais dont on veut se débarrasser puis il est envoyé à l’ennemi. Mais l’élément le plus intéressant de cette narration tardive est la distorsion importante qu’elle fait subir au schéma rituel, ce qui montre une incompréhension du procédé à l’époque tardive. L’a. compare également ce schéma au célèbre épisode homérique du cheval de Troie, montrant toutefois que la distorsion est alors encore plus importante. Enfin, il se penche sur le mythe de Pandore qui, selon lui, aurait également des éléments en commun avec les rituels arzawéens de boucs-émissaires et plus particulièrement avec le rituel d’Ashella : tout comme dans le rituel d’Ashella, une femme parée est envoyée comme porteur rituel d’un mal à l’ennemi. Je ne suis pas totalement convaincue du bien-fondé de cette comparaison, qui me semble moins solide que celle que l’a. fait au début de son article avec l’épisode narré par Polyainos : l’envoi d’une femme pour piéger l’ennemi est un motif attendu qui n’a pas, à mon sens, de lien direct avec le motif des boucs-émissaires. Par ailleurs, les rituels de boucs-émissaires arzawéen font aussi appel à des substituts masculins. A la fin de son article, l’a. compare le désert dans lequel le bouc-émissaire du Lévitique 16 est envoyé à Azazel au « lieu non cultivé » des rituels hittites (dammel pedan). [A. Mouton]

P

– F. PECCHIOLI DADDI, « LÚzilipuriyatalla and LÚ/MUNUShuwaššannalla. Some observations on two particular religious orders », AOAT 318, 2004, p. 357-367 : l’a. suggère que les deux noms communs hittites mentionnés dans le titre de son article désigne un personnage religieux bénéficiant d’un lien privilégié avec la divinité auquel il se rapporte (le dieu hatti Zilipuri et la déesse louvite Huwaššanna respectivement). L’a. remarque en outre que les deux divinités dont il est question sont liées à la sphère privée de la famille royale. Ce lien est particulièrement clair pour le LÚzilipuriyatalla qui pratique généralement au sein même du palais royal des rites de purification ou de propitiation en faveur du roi et de ses proches. Sa fonction et son statut diffèrent donc de façon notable du « prêtre de Zilipuri » (SANGA DZilipuri) qui se comporte, quant à lui, comme un prêtre « habituel ».

– EADEM, « Connections between KI.LAM and the Tetešhapi Festival: The Expressions halukan tarnanzi and heun tarnanzi« , in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 261-270: l’a. examine les points communs, ainsi que les différences existant entre la fête du KI.LAM et celle de purulli, dont elle prépare l’édition. L’auteur met l’accent sur l’expression « on laisse la pluie (tomber) » (heun tarnanzi) qui ne semble se trouver que dans la fête du KI.LAM. Notons, cependant, la présence de l’expression « il/elle lève la pluie » (hēun karapzi) dans une fête religieuse relevant de la sphère d’Ištanuwa-Lallupiya (KUB 35.139 i 6’ : F. Starke, StBoT 30, 1985, p. 337-338) qui rappelle quelque peu cette expression, bien qu’elle est le sens opposé. Il aurait par conséquent été intéressant d’examiner l’éventuel lien culturel et rituel/mythologique entre ces deux expressions. Il est d’autant plus frappant de remarquer qu’aussi bien dans le contexte de la fête du KI.LAM que dans celui de la célébration d’Ištanuwa-Lallupiya, l’expression mentionnant la pluie est liée à un chant liturgique. Quoi qu’il en soit, la proposition de l’a. de voir, derrière l’expression heun tarnanzi, un acte rituel impliquant l’écoulement d’un liquide paraît tout à fait plausible. Un geste similaire doit également se cacher derrière l’expression opposée employée dans la fête louvite. [A. Mouton]

– EADEM, « The Performer Teases and/or Mocks the Bull », Hethitica 16, 2010, p. 121-130: l’a. réexamine l’iconographie des vases en relief de l’époque vieil hittite, cherchant à la mettre en parallèle avec les données textuelles. Elle se concentre plus particulièrement sur deux caractéristiques : 1) la scène de hiérogamie ou mariage sacré ; 2) la scène de l’acrobate au taureau. Concernant le point 1), l’a. suggère d’en voir le reflet dans la fête religieuse en l’honneur de la déesse hattie Tetešhapi. Notons toutefois que les deux premiers arguments présentés par l’a. sont insuffisants voire douteux. Le second en particulier, à savoir l’identification du bâtiment arzana- comme un lupanar me paraît peu convaincant, car les textes hittites ne permettent pas de clairement confirmer cette identification. En revanche, le troisième argument avancé, c’est-à-dire la mention explicite de mariages humain-divin dans le mythe d’Illuyanka paraît beaucoup plus convaincant. Le cinquième argument qui consiste à rapprocher la fête purulli- du Nouvel An est également douteux, les textes n’indiquant pas clairement cela. Concernant le point 2), l’a. suggère qu’une scène de « bull-leaping » similaire à celle représentée sur les vases à relief est mentionnée par l’expression « le saltimbanque se moque du divin taureau hourrite de la divinité » (KBo 19.138 Ro 8′ : [(… hurla)]n GU4.MAH DINGIR šiunaš ALAM.ZU9 haharšiēzzi). Cette interprétation présente une difficulté majeure : le verbe utilisé est un hapax legomenon, son sens est donc incertain. Il est par conséquent impossible, pour le moment, de confirmer l’hypothèse de l’a. [A. Mouton]

– EADEM et M. BALDI, « Un inventario di culto della città di Hurma », in: Gs Forrer, 2004, p. 495-506: les a. éditent le texte d’inventaire cultuel KUB 56.56 qui décrit, semble-t-il, le panthéon de la ville de Hurma. On y remarque l’importance de la divinité Hantitaššu, ce qui était déjà connu par le rituel d’Hantitaššu édité par A. Ünal (1996). On y remarque également le nom de plusieurs fêtes religieuses locales, dont la fête eššayaš, qui est par ailleurs attestée en relation avec le culte de la ville de Karahna. [A. Mouton]

– I. PELED, « The Use of Pleasure, Constraints of Desire: Anniwiyani’s Ritual and Sexuality in Hittite Magical Ceremonies », in: ICH 7, 2010, p. 623-636: l’a. suggère de voir dans le rituel d’Anniwiyani un rituel destiné à « soigner » un homme d’homosexualité passive. Toutefois, plusieurs éléments constitutifs du texte peuvent être interprétés différemment : la traduction du nom des divinités tutélaires impliquées est très incertaine, d’une part, et, d’autre part, l’a. ne tient pas compte du fait que le rituel traite plusieurs individus en même temps. L’a. énumère ensuite brièvement les rituels hittites qui, selon lui, « traitent » des pratiques sexuelles condamnées par la communauté. [A. Mouton]

– M. POETTO, « DINGIRSassa« , Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 181-187 : dans KUB 58.18 vi 20, l’auteur lit DŠa-aš-ša(-kán) là où M. Popko lisait DTa-aš-ša-kán. Il est vrai que la tablette, dont l’auteur publie une partie en photographie, utilise le signe ŠA, et non le TA. En revanche, la lecture que J. Lorenz donne à ce passage dans le même volume (p. 125), à savoir [… EZEN4 ]-⌈e⌉-na-an-ta!aš-ša-kán, est sans doute à privilégier, ceci pour deux raisons : 1) le signe E est presque complet sur la tablette ; 2) comme déjà remarqué (p. 182), il n’y a pas d’espace entre NA et AN (lu DINGIR par Poetto). Ainsi, la présence du théonyme Šašša sur cette tablette paraît douteuse. En revanche, Poetto retrouve ce même théonyme sur l’inscription hiéroglyphique de d’une stèle conservée au musée de Şanlıurfa. [A. Mouton]

– IDEM, « Yet again DINGIRSassa« , NABU 2016/20: l’a. avait précédemment proposé de lire DSassa le nom divin auparavant lu DTassa, lecture qui fait écho à celle de (DEUS)Sasa que l’on trouve dans l’inscription hiéroglyphique de ŞEKERLI encore inédite mais mentionnée par l’a, ainsi que sur l’inscription hiéoglyphique de DÜLÜK BABA TEPESİ 1 publiée par Z. Simon. L’a. remarque en outre la présence du toponyme  URUSassa dans KBo 62.29, et il pense que le théonyme Sassa pourrait être à l’origine du nom de cette ville. [A. Mouton]

– A. M. POLVANI, « Temi di mitologia anatolica tra Oriente e Occidente : il dio scomparso », in: La Questione delle Influenze Vicino-Orientali sulla Religione Greca. Stato degli Studi e Prospettive della Ricerca. Atti del Colloquio Internazionale Roma, 20-22 maggio 1999, 2001, p. 413-420 : l’a. étudie les mythes des divinités qui disparaissent, centrant son analyse sur trois points : 1. la définition du caractère de la divinité qui disparaît, 2. le lien entre le mythe et le rituel, 3. le problème de la pluralité des rédactions et des réélaborations de ces mythes. En outre, l’a. signale l’existence de deux structures différentes dans ces mythes. La première, plus simple, est « disparition de la divinité – conséquences négatives – retour de la divinité », tandis que la deuxième est plus développée : « colère de la divinité – conséquences de cette colère – disparition de la divinité – conséquences négatives – retour/recherche de la divinité ». L’a. conclut que la forte intégration entre le mythe et le rituel a contribué au phénomène de réélaboration de ce type de narration mythique, en l’enrichissant avec des épisodes à fonction religieuse. [L. Puértolas Rubio]

– EADEM, « Relations between Rituals and Mythology in Official and Popular Hittite Religion », AOAT 318, 2004, p. 369-376 : l’a. s’interroge sur la signification et le rôle de plusieurs mythologèmes présents dans des descriptions de rituels. Elle se penche notamment sur des rituels de naissance dans lesquels les récits mythologiques n’ont pas toujours une fonction étiologique, comme le pensait G. Beckman (StBoT 29) mais pourraient au contraire servir de formules propitiatoires. L’a. insiste cependant sur le fait que la relation entre mythologème et rituel est complexe et de nature très variée dans le monde religieux hittite.

– EADEM, « The Deity IMIN.IMIN.BI in Hittite Texts », Or NS 74, 2005, p. 181-194: sur l’identification de l’entité divine désignée dans les sources hittites par le sumérogramme IMIN.IMIN.BI. L’a. démontre la nature atmosphérique et nocturne des 14 divinités qui doivent se cacher derrière cette appellation et infirme l’équivalence IMIN.IMIN.BI = Pléiades pour l’Anatolie hittite.

– EADEM, « The God Bunene », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 278-283: l’a. examine les textes cunéiformes découverts à Hattuša qui mentionnent les divinités mésopotamiennes Bunene et Mišaru. Pour elle, la mention de ces deux personnalités divines relevant de la sphère du dieu Soleil Šamaš traduit une profonde connaissance de la littérature religieuse paléo-babylonienne par les Hittites. [A. Mouton]

– P. POPKIN, « Hittite animal sacrifice. Integrating zooarchaeology and textual analysis », in: G. Ekroth et J. Wallensten (éds), Bones, behaviour and belief. The zooarchaeological evidence as a source for ritual practice in ancient Greece and beyond, Stockholm, 2013, p. 101-114: l’a. emploie la zoo-archéologie pour mettre en évidence les pratiques sacrificielles de l’Anatolie hittite. Les données archéologiques étant très peu publiées, il prend l’exemple d’un squelette de mouton retrouvé presque complet dans un puits de Kilise Tepe. Ce puits avait été creusé au sein du bâtiment appelé « Stele Building » lors d’une phase de reconstruction du bâtiment. Le squelette présente de nombreuses marques de boucherie. L’a. pense que cet animal a pu être sacrifié dans le contexte d’un rituel de fondation au moment où le plan du bâtiment était en partie rebâti. Le puits constitue donc un lieu d’offrande dans ce cas, et non pas un emplacement pour des rebuts. [A. Mouton]

– M. POPKO, “Eine ‘schwarze Tafel’ aus Boğazköy (KUB LX 121) », AOF 18/2, 1991, p. 239-241: éd. complète d’une tablette du XIVe s contenant deux rituels.

– IDEM, “Nochmals zum hethitischen dhalmaš(š)uitt-« , AOF 16/1, 1999, p. 53-57: ce terme hittite désigne le trône réservé au roi ou à la reine dans le temple, pendant les cérémonies cultuelles.

– IDEM, « Berg als Ritualschauplatz. Ein Beitrag zur Kenntnis der hethitischen Religion », Hethitica 14, 1999, p. 97-108: sur l’importance de la montagne dans la religion hittite.

– IDEM, « Noch zu den hethitischen ARKUTI-Priestern », JANER 4, 2004, p. 71-74 : à la lumière de divers passages de textes décrivant une ou plusieurs fête(s) religieuse(s) d’Arinna, l’a. étudie le statut des « prêtres de derrière » (SANGAMEŠ ARKUTI = appezzēš SANGAMEŠ).

– IDEM, « Weitere Textfragmente zu CTH 447 », in: Gs Forrer, 2004, p. 521-529: l’a. présente des fragments de tablettes hittites qui doivent être attribuées au rituel CTH 447. La plupart de ces fragments ont été publiés dans KBo 44. Au détour d’un passage d’un de ces fragments, il revient sur l’hypothèse de Melchert de traduire damnaššara- par « domestique » qui ne l’a, manifestement, pas vraiment convaincu puisqu’il laisse ce terme sans traduction dans son article. Il corrige un passage étudié par Melchert et qui peut désormais être restauré différemment grâce au fragment identifié par l’a.

– IDEM, « Der hethitische Gott und seine Kultbilder », JANER 5, 2005, p. 79-87 : sur la relation entre la divinité et sa représentation figurée en Anatolie hittite. L’a. revient notamment sur le rituel d’Ulippi accompagnant la fondation d’un nouveau temple de la déesse de la nuit. Au moment de consacrer la nouvelle effigie divine, une incantation demande à la déesse de « diviser sa divinité » pour qu’elle réside en partie dans la nouvelle statue. Ce témoigne, que l’a. combine à d’autres, indiquent que pour les Hittites chaque statue divine abrite réellement la divinité qu’elle représente.

– IDEM, « Zur luwischen Komponente in den Religionen Altanatoliens », AoF 34, 2007, p. 63-69: sur la difficulté de retrouver les traces des panthéons locaux des régions louvitophones de l’Anatolie hittite. L’une des principales difficultés réside dans le fait que la seule religion anatolienne qui nous soit bien connue est celle du pouvoir central, religion d’Etat qui est à la jonction des religions régionales; L’autre difficulté relève de l’emploi presque systématique, dans les textes hittites, de logogrammes divins pouvant cacher toutes sortes de noms de divinités locales. L’a. se penche sur l’exemple du logogramme LAMMA, dont les lectures phonétiques sont multiples.

– IDEM, “Hethitisch Éhišta : ein Totentempel ?”, NABU 2007/29 : l’a. remet en question la lecture d’un passage de CTH 661 dans lequel on voyait habituellement une mention du temple hešta. Selon lui, cette mention est trop lacunaire pour être assurée. Or, il s’agirait, selon l’a., du seul argument véritablement en faveur d’un rapprochement entre le bâtiment hešta et le culte des ancêtres. Il s’interroge par conséquent sur la pertinence de ce rapprochement.

– IDEM, « Bemerkungen zum hethitischen Fragment Privat 35 », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 205-209: l’a. examine le fragment Privat 35 publié par D. Schwemer. Cherchant à remettre ce texte dans son contexte historique, il remarque la mention d’ennemis qui pourraient, selon lui, être les Gašgas. D’après sa paléographie, l’auteur date ce fragment des environs du règne de Tudhaliya III. Il rappelle ensuite l’identité des principales divinités du panthéon d’Arinna et les informations relatives à leurs temples dans cette ville. [A. Mouton]

– IDEM, « Weitere Bemerkungen zum hamina-Priester », Hethitica 16, 2010, p. 143-148: le hamina-, un prêtre de haut rang, serait une particularité du culte de Zippalanda, selon l’a. Etudiant les occurrences de cette fonction, il suggère que tous les textes reflètent l’appartenance de ce prêtre aux temples de cette ville hattie. Il apparaît, par exemple, dans une cérémonie se déroulant en partie au bord d’un bassin ou d’un lac (luli-), cérémonie qui serait typique du culte de Zippalanda. Quand il apparaît en dehors du contexte cultuel de cette ville, le hamina- interviendrait en tant que représentant de l’institution religieuse de Zippalanda, à l’instar du prêtre tazelli-. [A. Mouton]

– A. PORTNOFF, « Casius, le mont sacré de la Méditerranée orientale », RANT 3, 2006, p. 271-290: sur les cultes du mont Casius (hittite Hazzi et ougaritique Ñpn) dans l’Antiquité. Cette montagne est surtout connue pour être le siège des dieux de l’orage hourrite Tešub, ougaritique Ba’al et asianique Zeus Casios. L’a. revient sur le Cycle de Kumarbi, le Cycle de Ba’al et la Théogonie d’Hésiode, insistant sur le rôle similaire tenu par la montagne Casius.

– IDEM, « Eléments d’onomastique hourrito-louvite et la légende étrusque de Tagès », RANT 3, 2006, p. 375-390: sur l’origine possible du nom de l’enfant légendaire Tagès qui a donné les bases de la connaissance sacrée au peuple étrusque. Selon l’a., l’origine de ce nom est à rechercher du côté de l’Anatolie hittite, dont les liens culturels et plus particulièrement religieux avec l’Etrurie ne font pour lui aucun doute. Certains arguments avancés par l’a. peuvent cependant être contestés. En premier lieu, le nom de Tagès auquel il faudrait rapprocher celui du fondateur mythique de la confédération étrusque, Tarchon, serait, selon lui, issu du nom anatolien Tarku. Tarku se retrouverait notamment dans le nom Tarkumuwa présent sur le sceau de Tarkondemos. Or cette lecture doit être définitivement abandonnée, comme J. D. Hawkins et A. Morpurgo-Davies l’ont bien montré, étant donné la lecture de l’inscription cunéiforme au pourtour du sceau-cachet. En second lieu, le lien qui est fait par l’a. entre les rituels hittites dits taknaz da- et la légende de Tagès est plus que douteux. Dans le cas de l’expression hittite, il n’y a aucune raison évidente de la prendre au premier degré et il ne faut pas oublier que la Terre Sombre représente pour les Hittites le monde des morts. Taknaz da- doit donc simplement faire allusion à une pratique consistant à protéger une personne d’une mort imminente.

– D. PRECHEL, « Betrachtungen zum Ritual der Pupuwanni », in: Fs Popko, 2002, p. 277-288 : l’a. présente le « rituel de la conjuratrice Pupuwanni et d’un augure », composé en deux versions datées du XIIIe siècle. L’auteur réfléchit sur l’expression TÚGšeknu- šarā pippa- (le fait de tourner le manteau/la tunique šeknu-). Elle analyse d’un côté les attestations du mot šeknu– pour essayer de définir ce type de vêtement (même dans l’iconographie), et celles de l’expression šarā pippa-, cherchant des parallèles dans le monde mésopotamien. Elle conclut qu’il s’agit d’un geste appartenant au domaine légal qui marquerait un changement de statut social de la personne concernée. Par la suite, l’a. décrit les deux versions du rituel en les comparant, translittère et traduit partiellement les textes. Enfin, elle signale la présence, dans la version B, d’un autre rituel dont le lien avec le rituel de Pupuwanni n’est pas clair. L’a. pense que la présence de ces deux textes rituels soit à mettre en relation avec l’interprétation de l’expression TÚGšeknu- šarā pippa-, mais il se peut aussi qu’ils soient complètement indépendants. Dans sa conclusion, l’a. signale le besoin d’analyser plus en détail les différents éléments présents dans ce texte. [L. Puértolas Rubio]

– EADEM,  » ‘Gottesmänner’, ‘Gottesfrauen’ und die hethitische Prophetie », WdO 38, 2008, pp. 212-219: l’a. revient sur la fonction du *šiuniyant- « homme de la divinité » qui est associé, dans une prière de Muršili II contre une épidémie, à un contexte de divination. Elle revient plus précisément sur son éventuelle identification comme « prophète ». L’a. relève l’existence d’un parallèle louvite à ce terme, à savoir LÚ maššanāmi- qui intervient, le plus souvent, dans des cérémonies religieuses. Elargissant ses réflexions à l’ensemble du Proche-Orient pré-biblique, l’a. s’interroge sur la définition précise du concept de « prophète », tentant d’établir des critères. Pour elle, le prophète relève uniquement de la divination inspirée (« induktiver […] Divination »). Se basant sur les personnages bien connus comme relevant de la divination inspirée en Syrie et Mésopotamie anciennes (principalement le muhhum et l’āpilum), l’a. remarque à juste titre qu’aucun de ces personnes n’a un titre qui serait un calque, même approximatif, de notre « homme de la divinité » hittite. Ce dernier titre met surtout l’emphase sur la relation priviligiée qui existe entre cette personne et une divinité en particulier, ce qui est bien différent des « prophètes » et extatiques connus par ailleurs. Parallèlement à ses réflexions sur les fonctions de « l’homme de la divinité » d’après les textes hittites, fonctions qui, la plupart du temps, relient ce personnage au personnel du temple, l’a. examine une séquence d’une fête de Lallupiya dans laquelle un prêtre se pique plusieurs fois à l’aide d’une aiguille. Elle suggère de voir dans cette pratique une forme de rite extatique, ce que G. Beckman avait, d’ailleurs, déjà suggéré dans BiOr 42, 1985, 143. Le prêtre qui réalise ce rite pourrait, en déduit-on, être un « homme de la divinité » qui combinerait ainsi certaines prérogatives dévolues aux prêtres et des pratiques relevant plutôt de la divination inspirée.

R

– E. RAIMOND, « Les cultes de montagnes dans le monde louvite », RANT 3, 2006, p. 291-298: sur quelques noms de montagnes divines dans les inscriptions louvites hiéroglyphiques et leur survie au Ier millénaire avant J. -C.

– E. REYHAN, « Ortaköy/Šapinuva’dan Kizzuwatna kökenli ritëllerde geçen yeni bazı ‘kurban terimleri’ », in: 7th ICH, 2010, p. 637-650: l’a. fait l’inventaire des termes présents sur les tablettes religieuses d’Ortaköy qui se réfèrent au sacrifice. Ces termes relèvent de la langue hourrite. Certains d’entre eux apparaîtraient pour la première fois dans la documentation hittite, selon l’a. [A. Mouton]

-A. RIZZA, »Il tempo del mito. Il mito di Illujanka fra competenza linguistica e competenza comunicativa », Quaderni di semantica 26, 2005, p. 343-352: l’a. suggère d’appliquer la théorie du « temps sacré » de Mircea Eliade au mythe d’Illuyanka. Il considère que la fête purulli- introduit un temps sacré et réversible qui s’oppose au temps linéaire du monde profane. Il lui attribue en outre un rôle de commémoration, à l’instar des fêtes religieuses égyptiennes analysées par J. Assman. [A. Mouton]

– IDEM, « Due protagonisti della mitologia anatolica. Intorno a CTH 321 », in : L.  Busetto (éd.), Atti del terzo, quarto, quinto incontro genovese di Studî Vedici e Pāniniani, 2006, p. 321-356: l’a. analyse le rôle de deux personnages-clés du mythe d’Illuyanka, à savoir Inara et Hupašiya. [A. Mouton]

– S. RÖSSLE, « MUNUS.MEŠhazkarāi ‘weibliches Kultpersonal (kollektiv)’ oder von Kultsängerinnen und der Sirene des Gleichklangs », in: Gs Forrer, 2004, p. 557-569: l’a. examine les fonctions cultuelles des femmes hazkarāi dans le contexte des fêtes religieuses. Il apparaît qu’elles sont le plus souvent chargées d’entonner des chants en hatti. Il s’agit donc vraisemblablement de musiciennes au service des temples hittites. L’a. examine ensuite la possible étymologie de ce nom. [A. Mouton]

– H. ROSZKOWSLA-MUTSCHLER, “ ‘…And on its site I sowed cress’. Some Remarks on the Execration of Defeated Enemy Cities by the Hittite Kings », JAC 7, 1992, p. 1-12: à propos du rituel d’exécration des populations vaincues, dont le territoire est offert en sacrifice au dieu de l’orage.

– I. RUTHERFORD, « Women singers and the religious organisation of Hatti. On the interpretation of CTH 235.1 & 2 and other texts », AOAT 318, 2004, p. 377-394 : sur la présence des chanteuses dans les cérémonies religieuses hittites. Il s’intéresse en particulier aux mentions des jeunes chanteuses zintuhi dans deux listes de femmes (CTH 235.1 et 2).

– IDEM, « The Dance of the Wolf-Men of Ankuwa. Networks and Amphictionies in the KI.LAM Festival », in: A. Süel (éd.), Acts of the 5th ICH, 2005, p. 623-639 : sur la présence de délégations citadines lors de la grande fête étatique du KI.LAM à Hattusa et Zippalanda. Ces délégations représentent le plus souvent des villes hatties, et il est possible, selon l’auteur, que leur présence lors de cette cérémonie renvoie à leur intégration dans le royaume hatti puis hittite.

-IDEM,  » ‘When you go to the meadow’. The lament of the taptara-women in the hittite ‘sallis wastais’ ritual », in: A. Suter (éd.), Lament. Studies in the Ancient Mediterranean and Beyond, Oxford, 2008, p. 53-69: étude sur le rôle des pleureuses taptara- pendant les funérailles royales hittites. D’après l’a., les deux principaux rôles de ces femmes sont: 1) de prendre soin du corps et de l’âme du souverain défunt ; 2) d’établir le culte de l’ancêtre royal nouvellement engendré. Les textes mettent surtout l’emphase sur le point de vue du roi décédé, mais cela ne signifie pas pour autant que d’autres points de vue n’aient pas également été pris en compte par le rituel, comme par exemple la légitimation idéologique du nouveau souverain. [A. Mouton]

– IDEM, « Ea and the Beast. The Hittite Text and its Relation to the Greek Poetry », in: Hethitische Literatur, AOAT 391, 2011, p. 217-225 : l’a. revient sur le mythe publié par A. Archi sous le nom d’Ea et la Bête. Dans ce texte, le dieu de la sagesse mésopotamien Ea est pris en flagrant délit d’ignorance et écoute une prophétie proférée par la bête. Ce motif, bien décrit dans un ton tout autre, se retrouve au sujet du dieu de la prophétie et de la sagesse Apollon dans la Neuvième Ode pythique de Pindare. [A. Mouton]

S

– Y. SAKUMA, « Terms of Ornithomancy in Hittite », Tokyo University Linguistic Papers 33, 2013, p. 219-238: l’a. nous offre un résumé fort précieux des termes techniques louvo-hittites relatifs à l’ornithomancie anatolienne. Ces termes désignent les compartiments du templum anatolien, ainsi que les mouvements des oiseaux oraculaires. Une série de schémas illustrent fort à propos ces considérations techniques. [A. Mouton]

– M. SCHUOL, Hethitische Kultmusik. Eine Untersuchung der Instrumental- und Vokalmusik anhand hethitischer Ritualtexte und von archäologischen Zeugnissen, Deutsches Archäologisches Institut Orient-Abteilung Orient-Archäologie 14, 2004 : après avoir passé en revue les témoignages iconographiques qui nous donnent des informations sur la forme et l’usage des instruments de musiques hittites, l’a. entreprend une vaste analyse de la lexicographie hittite de la musique. Cet examen articule principalement autour de deux axes : 1) l’étude des termes désignant des instruments de musique ; 2) celle des différents types de musiciens et de chanteurs attestés dans les textes. L’a. termine son étude par une analyse des rôles que tient la musique dans le contexte cultuel hittite.

– D. SCHWEMER, Akkadische Rituale aus Hattuša. Die Sammeltafel KBo XXXVI 29 und verwandte Fragmente, THeth 23, 1998.

– IDEM, « Von Tahurpa nach Hattuša. Überlegungen zu den ersten Tagen des AN.DAH.ŠUM-Festes », AOAT 318, 2004, p. 395-412 : l’a. étudie la mention d’un voyage du roi de Tahurpa à Hattuša dans la fête de l’AN.TAH.ŠUM. Il propose en outre une réorganisation des premiers jours de cette grande fête religieuse.

– IDEM, « Ein akkadischer Liebeszauber aus Hattuša », ZA 94, 2004, p. 59-79 : édition de KBo 36.27, un rituel en langue akkadienne destiné à guérir l’impuissance.

– IDEM, « Zwei hethitische Fragmente », AOF 33, 2006, p. 237-241 : publication de 2 fragments de tablettes religieux hittites conservés dans des collections privées allemandes. Le premier fait allusion au culte de la déesse Huwaššanna tandis que le second est une prière à la déesse Soleil d’Arinna.

– IDEM, « Das hethitische Reichspantheon. Überlegungen zu Struktur und Genese », in: R. G. Kratz/H. Spieckermann (ed.), Götterbilder, Gottesbilder, Weltbilder, 2006, p. 241-265: l’a. donne sa propre définition du concept de « panthéon », mettant notamment en avant sa dimension éminemment politique. L’a. examine ensuite ce que l’on appelle communément le panthéon étatique et qui est principalement illustré par les listes de témoins divins des traités diplomatiques. L’a. étudie également les listes divines présentes dans les prières de Muršili II et Muwatalli II à « tous les dieux du pays de Hattuša ». Enfin, il se penche sur l’iconographie du sanctuaire de Yazılıkaya qui ne reflète pas, selon lui, le panthéon étatique pendant le règne de Tudhaliya IV, mais plutôt le kaluti- (cercle) de Tešub et Hepat à cette époque. L’a. pense en outre que Yazılıkaya est une huwaši- du dieu de l’orage, comme le suggérait déjà Güterbock. Pour lui, Yazılıkaya ne constitue pas la preuve d’une hourritisation du panthéon étatique à la fin de l’époque impériale.

– IDEM, « Gauging the influence of Babylonian magic: The reception of Mesopotamian traditions in Hittite ritual practice », in: Diversity, 2013, p. 145-171: l’a. subdivise les textes rituels de Hattuša en deux groupes : ceux des mondes hatto-hittite et louvo-hittite (Anatolie centrale et occidentale) et ceux issus des traditions hourro-hittites (Kizzuwatna et monde hourrite). Il se concentre par la suite sur l’influence de la tradition rituelle babylonienne en Anatolie hittite, influence due aussi bien à la présence d’experts rituels babyloniens à Hattuša qu’à la tradition scribale hittite elle-même héritière de la tradition babylonienne. L’a. décrit 5 cas de figures: 1. les rituels en langue hittite mais de provenance hourro-mésopotamienne contenant des motifs babyloniens (ces motifs ayant été adoptés dans un premier temps par la sphère hourrite); 2. les rituels en langue hittite d’origine hourro-mésopotamienne contenant des passages entiers en langue babylonienne (aussi bien les rites décrits que les incantations en langue babylonienne semblent être le produit de la sphère hourrite elle-même influencée par la tradition babylonienne); 3. les rituels en langue babylonienne mis au jour à Hattuša (selon l’a., ces tablettes témoignent de la présence à Hattuša de scribes étrangers formés en Babylonie, Assyrie, Mésopotamie du nord ou Syrie); 4. les traductions hittites de textes rituels babyloniens (seulement deux textes connus); 5. les adaptations hittites de textes rituels babyloniens (c’est le cas du rituel de substitution royale édité par H. M. Kümmel, StBoT 3 qui n’est pas une traduction fidèle d’un modèle babylonien mais bien une adaptation anatolienne, et sans doute plus précisément hourrite, de ce modèle). La tradition rituelle babylonienne n’a donc que très superficiellement pénétré celles de l’Anatolie hittite. La thérapeutique mésopotamienne étant réputée, quelques rites et pratiques associés à ce domaine sont adoptés par les experts rituels du Pays de Hatti. [A. Mouton]

– Z. SIMON, « Why did Paskuwatti’s patient fail in the matrimonial bed? », RAI 60, 2017, p. 97-103: l’a. revient sur les réflexions de H. Hoffner (AuOr 5, 1987) et, plus récemment, sur celles de J. Miller (JANER 10, 2010) concernant l’origine du mal du patient de Paskuwatti, experte rituelle de l’Arzawa. Alors que Hoffner pensait que le patient était atteint d’impuissance sexuelle, Miller suggérait que le rituel était destiné à « soigner » un homme homosexuel passif. Simon pense que le patient est plus précisément un homme âgé frappé d’incontinence et d’impuissance sexuelle. Cette tentative de guérir un mal dû à l’âge illustrerait, selon l’a., la méconnaissance des travers du vieil âge chez les Hittites. Pour preuve, l’a. interprète littéralement l’épisode bien connu de Hattusili III réclamant une aide médicale à Ramsès II pour « soigner » la stérilité de sa soeur âgée de 60 ans. Certains hittitologues ont, à l’instar de Simon, déduit de cet épisode que les médecins hittites avaient une connaissance très limitée de la gynécologie, comparés à leurs confrères égyptiens. C’est une des interprétations possibles, mais sans doute pas la seule. Peut-être le roi hittite s’est-il entêté à essayer d’obtenir l’impossible malgré l’avis défavorable des médecins de sa Cour? Plutôt que de croire que les Hittites méconnaissaient les attaques du temps, ce qui me paraît peu plausible, j’aurais quant à moi tendance à conserver l’interprétation de Hoffner de ce rituel : le patient est visiblement impuissant. Quant aux allusions faites, dans l’incantation, aux excréments et à l’urine, que l’a. interprète littéralement (d’où sa suggestion d’un patient incontinent et donc âgé), cela me semble constituer un argument fragile : une interprétation symbolique de l’ensemble du passage est également envisageable. [A. Mouton]

– I. SINGER, « Questioning Divine Justice in Hittite Prayers », AOAT 318, 2004, p. 413-419 : sur la notion de transmission de la faute de génération en génération d’après les prières hittites et sur le cas atypique d’une prière de Hattušili III dans laquelle le roi accuse la déesse Soleil d’Arinna d’avoir violé un tabou (l’action de la déesse est qualifiée de natta âra).

– IDEM, « Sin and Punishment in Hittite Prayers », Fs J. Klein, 2005, p. 557-567: l’a. étudie le concept de faute dans les textes de prières hittites. Selon lui, c’est Kantuzzili le Prêtre qui introdui pour la première dans la littérature hittite le concept de responsabilité individuelle devant les dieux. L’orant reconnaît qu’il a commis une faute, bien qu’il n’en connaisse pas la nature. La prière se personnalise de plus en plus après cette période. Dans l’une de ses dernières prières, Muršili II remet quant à lui en question la justice divine, arguant que la victime (c’est-à-dire lui-même) a été plus puni par les dieux que la coupable (sa belle-mère Tawannanna). Hattušili III suit son exemple en allant jusqu’à qualifier les décisions de la déesse Soleil d’Arinna d’« inacceptable » (natta āra).

– IDEM,  » ‘In Hattuša The Royal House Declined’. Royal Mortuary Cult in 13th Century Hatti », Studia Asiana 5, 2009, p. 169-191: l’a. cherche notamment à évaluer l’impact des réformes religieuses peut-être entreprises par Muwatalli II sur le culte des ancêtres royaux. En transférant la capitale hittite à Tarhuntašša, il est connu que le roi déplaça les GIDIM, les Mânes, c’est-à-dire les ancêtres royaux (d’après l’Apologie de Hattušili III). Dans un premier temps, l’a. réexamine la ou les fonctions supposées des divers édifices religieux associés au culte des ancêtres. Il insiste sur le fait que les restes des souverains hittites devaient être assemblés en un même lieu, à l’instar des rois de la plupart des civilisations connues. L’a. suggère que ce cimetière royal hittite est celui mis au jour à Gavurkalesi. Il précise qu’il était peut-être désigné par le terme hekur dans les textes hittites.  Revenant ensuite à l’épisode du transfert de la capitale hittite à Tarhuntašša, l’a. s’interroge sur les modalités précises du déplacement des « Mânes » par Muwatalli. Il suggère que les restes de crémation des anciens souverains ont été récupérés physiquement par Muwatalli et placés dans un nouveau lieu situé tout près de la nouvelle capitale. L’a. examine ensuite les listes d’offrandes aux ancêtres royaux hittites et remarque que Muwatalli II est le dernier souverain mentionné dans ces textes. Il suggère pour cette raison que le culte des ancêtres a été modifié après le règne de Muwatalli II. Hattušili aurait mis en place son propre monument funéraire afin d’être commémoré seul, et non pas ensemble avec ses ancêtres royaux comme le voulait peut-être la tradition. Cette initiative pourrait être à l’origine de la sacralisation du roi hittite à la fin de l’époque impériale, sacralisation remarquée par T. van den Hout.Enfin, l’a. examine les possibles fonctions de différents monuments hittites, dont Yazılıkaya et le Südburg. [A. Mouton]

– J. SOUCKOVA, « Edikt von Tuthaliya IV. zugunsten des Kults des Wettergottes von Nerik », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 279-300: l’a. réédite CTH 672 où le terme de išhiul « instruction, édit » apparaît et qui est relatif au culte de Nerik. Cette composition montre une juxtaposition d’éléments religieux d’origine hattie (nom des divinités impliquées et chants en hatti) et hourrite (sacrifice ambašši). L’élément le plus marquant de cette composition est, sans conteste, la mention de išhiul. Selon l’auteur, le roi se charge, par l’intermédiaire de ce texte, de définir la fréquence des offrandes mensuelles données au dieu de l’orage de Nerik. La dernière partie du texte semble plus précisément déterminer la nature et la quantité des offrandes que chaque province hatto-hittite impliquée dans ce culte est chargée de fournir : le texte mentionne les pays de Hakmiš, Hawarkina et Hattina. [A. Mouton]

– O. SOYSAL, « Philological Contributions to Hattian-Hittite Religion (II) 3. On the Origin and the Name of the hazkarai-women », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 340-350: l’a. examine les fonctions des femmes hazakarai- en contexte cultuel. Il en déduit qu’il doit s’agir de personnes d’un rang social relativement modeste appelées à participer à certaines cérémonies festives. Il n’est, par exemple, pas rare qu’elles entonnent des chants liturgiques en langue hattie. Ces femmes relèvent, en effet, de la sphère culturelle hattie, et sont associées aux villes de Hanhana, Kaštama, Hahiša et Zippalanda. [A. Mouton]

– IDEM, « Weitere sog. ‘formale Akkusativ’ Wendungen aus der hattisch-hethitischen Kultszene und Anmerkungen zu einer rezenten Arbeit über das Göttertrinken bei den Hethitern », NABU 2015/40: l’a. revient sur l’expression hittite anciennement traduite par « boire une divinité » qui, comme il l’a montré en 2008, doit très probablement se traduire par « boire (en l’honneur) d’une divinité », constituant, selon lui, une traduction maladroite d’une expression hattie. L’a. critique la contribution de Y. Heffron publiée dans JANER 14 en 2014 qui ne tient pas compte de sa proposition. Il rappelle qu’il avait relevé d’autres cas de ce qu’il appelle « formalen Akkusativ », c’est-à-dire un accusatif à sens datif. Certains de ces cas sont très vraisemblablement issus d’une traduction du hatti, comme l’a suggéré l’a., alors que d’autres pourraient très bien relever plutôt du double accusatif si typiquement indo-européen. [A. Mouton]

– IDEM, « A new join KUB 17.8 + Bo 6172: Mythological description of a natural disaster in Ancient Anatolia? », NABU 2017/46: l’a. publie un joint direct à KUB 17.8 qui décrit des incantations. L’une d’elle s’appelle l’incantation du feu et associe la maladie d’une personne à un récit mythologique qui n’est pas sans rappeler les mythes hattis des divinités disparues. Toutes ces incantations semblent être des conjurations hatto-louvites récitées lors de rituels thérapeutiques. [A. Mouton]

– C. STEITLER, « ‘Like an iron peg I have struck the words to the gods…’. A Hittite Invocation for Overturning Slander », ZA 105, 2015, p. 198-214 : l’a. réédite la composition CTH 389.2 qui est invocation prononcée par le roi s’il est victime d’une parole malveillante. Cette dernière est désignée par le verbe hurza- « maudire » et par l’expression « langue mauvaise ». Dans cette incantation, on retrouve plusieurs motifs connus, tels que la désignation des dieux comme père et mère de l’orant et la roue arrière ne pouvant atteindre la roue avant. En revanche, le motif hypothétique (car dans un passage lacunaire) des mots de l’incantation qui seraient enfoncés devant les dieux à la façon d’un clou en fer semble original. [A. Mouton]

– G. STIVALA, “L’apporto della lingua hattica alla tradizione cultuale ittita: due casi di canti strofici”, KASKAL 4, 2007, p. 221-243 : l’a. étudie deux passages de textes religieux hittites comprenant des chants choraux en langue hattie. Ces chants sont exécutés par des femmes de de Nerik et doivent probablement être mis en relation avec le culte du dieu de l’orage de cette ville. L’un d’entre eux est intitulé « le Chant du taureau », ce qui montre déjà en soi le lien fort qui existe entre le contenu de ce chant et la cérémonie religieuse qui lui est associée.

– R. STRAUSS, « Die Formel keldi halzai in hethitischen Ritualtexten », AoF 34, 2007, p. 174-178: sur la signification de l’expression keldi halzai « crier/appeler Santé/Bien-être » dans les textes religieux hittites. D’après l’a., le but de l’acteur rituel qui prononce cette parole est de provoquer, par le biais du rituel, la satisfaction et le bien-être (keldi) des divinités impliquées dans la cérémonie. L’a. remarque en outre que cette action rituelle intervient généralement après un changement de lieu. Elle en déduit que « crier/appeler Santé/Bien-être » est une forme de salutation que l’acteur rituel adresse aux divinités ou – comme dans le cas des rituels de naissance – à la femme enceinte dès qu’il arrive dans un nouveau lieu. keldi halzai équivaudrait par conséquent à l’expression assul halzai- « saluer » présente dans la correspondance.

T

– A. TAGGAR-COHEN, « The EZEN pulaš – ‘A Hittite Installation Rite of a New Priest’ in Light of the dIM Priestess in Emar », JANER 2, 2002, p. 127-159: l’a. étudie KUB 17.35 i 17′-37′ qu’elle identifie comme un rituel d’installation d’un prêtre. Ce rituel comprendrait le choix par les sorts de ce nouveau prêtre. Par ailleurs, l’a. trouve d’importantes analogies entre KUB 17.35 et le rituel d’installation de la prêtresse du dieu de l’orage d’Emar, rituel étudié en détail par D. Fleming. L’un des principaux points communs réside dans l’apparente importance de l’Assemblée dans le processus de l’ordination. Aussi bien dans les textes hittites que dans celui d’Emar, il semble que le roi ne joue pas véritablement de rôle majeur dans ce rituel. L’a. insiste en outre sur les similitudes de structure entre le rituel hittite et celui d’Emar. Il semble, enfin, que dans chacun de ces deux contextes, le prêtre ou la prêtresse soit sélectionné(e) par le biais d’une interrogation oraculaire. [A. Mouton]

– EADEM, « Violence at the Birth of Religion. Exodus 19-40 in Light of Ancient Near Eastern Texts », Journal of the Interdisciplinary Study of Monotheistic Religions 1, 2005, p. 101-116: l’a. examine Exode 19-40 à la lumière des textes cunéiformes. Ce passage de l’Ancien Testament est une compilation de différents textes relatifs au culte, textes dans lesquels les lieux cultuels (la montagne et des piliers), les rituels autour de la confection d’une image divine ou de l’édification d’un temple rappellent les données religieuses hittites et syro-mésopotamiennes. [A. Mouton]

– EADEM, Hittite Priesthood, THeth 26, 2006: l’a. examine les principaux personnages cléricaux du royaume hittite, à savoir le prêtre/la prêtresse SANGA, la prêtresse AMA.DINGIR, le prêtre GUDU et la prêtresse NIN.DINGIR. Elle examine en outre les principales fonctions de ces prêtres et prêtresses au sein du temple et du royaume hittite en général. Une synthèse qui vient combler une lacune importante dans la littérature secondaire. [A. Mouton]

– P. TARACHA, Ersetzen und Entsühnen. Das mittelhethitische Ersatzritual für den Grosskönig Tuthalija (CTH *448.4) und verwandte Texte, CHANE 5, 2000 : éd. de CTH 448 et réflexions sur les rituels exorcistiques hittites.

– IDEM, « Hethitisch É kippa- und das Sumerogramm (É.)GI.PAD mesopotamischer Texte », AOF 28/1, 2001, p. 132-146: rapprochement entre l’Ékippa- hittite, structure de roseau utilisée comme lieu de catharsis lors des rituels exorcistiques, et l’É.GI.PAD, hutte de roseau également à but cathartique, connue dans les textes mésopotamiens.

– IDEM, Religions of Second Millennium Anatolia, DBH 27, 2009: synthèse très documentée sur les religions anatoliennes à l’époque hittite. L’accent est surtout mis sur les panthéons et le culte, mais de courtes sections sur les prières, la divination et l’eschatologie sont également présentes. Un outil pédagogique à recommander aux étudiants. [A. Mouton]

– IDEM, « Local Cults in the Zuliya Basin », in Fs Singer, 2010, p. 351-355 : l’a. réexamine l’inventaire cultuel KBo 47.76 (édité auparavant par Lebrun, Fs Dinçol, 2007), améliorant plusieurs lectures de noms divins y apparaissant. Selon lui, ce texte se concentre sur une zone très restreinte du Bassin du Zuliya, et les villes qui y sont mentionnées doivent par conséquent toutes être voisines les unes des autres. Cela remet notamment en question les identifications d’Ankuwa avec Alişar et de Zippalanda avec Kuşaklı Höyük qu’avait suggérées M. Forlanini (Eothen 16, 2008). L’a. insiste en outre sur la présence de divinités louvites dans ces panthéons poliades hattis, ce qui est un témoignage supplémentaire des interactions culturelles hatto-louvites. [A. Mouton]

– IDEM, « Anatolian Hannahanna and Mesopotamian DINGIR.MAH », Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 301-310: l’a. pense que la DINGIR.MAH des textes religieux hittites est la déesse-mère mésopotamienne qui aurait été vénérée en personne en Anatolie hittite. Hannahanna ne serait, alors, qu’une épithète de cette déesse étrangère. Il me paraît en réalité difficile d’être aussi catégorique. Comme l’auteur l’indique lui-même, des déesses-mères anatoliennes ont bel et bien existé, et il me paraît délicat de les faire disparaître complètement des textes. La prédominance du sumérogramme DINGIR.MAH pour indiquer cette catégorie de divinités n’est pas un indice convaincant en faveur de l’interprétation de l’auteur. Le fait même qu’une DINGIR.MAH se retrouve à la tête du panthéon local de la ville de Šahhaniya me semble indiquer que ce logogramme cache, au moins dans ce contexte, le nom d’une divinité locale. En revanche, il n’est pas impossible de penser que les déesses-mères anatoliennes ont, à un moment donné, fait l’objet d’une assimilation ou, du moins, d’un phénomène d’interpretatio avec leurs « consœurs » mésopotamiennes. La seule manière d’y voir plus clair serait d’établir un corpus exhaustif des mentions hittites de ces divinités, d’étudier chaque contexte historico-culturel de ces mentions et de les mettre en perspective avec les données mésopotamiennes. [A. Mouton]

– IDEM, « Studying Hittite Religion », in: ICH 7, 2010, p. 857-868: l’a. résume ici les principaux points développés dans son livre (DBH 27, 2009). Pour lui, la religion de la région de Kaneš, par exemple, se caractérise par le syncrétisme d’éléments hittites, louvites et nésites, ainsi que par l’absence de substrat hatti. L’a. se penche principalement sur les panthéons, locaux ou d’Etat. Il insiste sur les changements survenus au fil du temps dans les panthéons dynastiques. [A. Mouton]

– IDEM, « The Iconographic Program of the Sculptures of Alacahöyük », JANER 11, 2011, p. 132-147: l’a. propose d’interpréter le détail des représentations figurées des orthostates d’Alaca Höyük à l’aune des textes cunéiformes hittites relatifs à la Grande Fête d’Arinna. Il part, en effet, du principe qu’Alaca abritait la ville hatto-hittite d’Arinna, ce qui est contesté par certains chercheurs. Dans cette optique, il identifie la figure d’un chasseur au dieu tutélaire de la steppe, alors que cette figure ne porte pas d’attribut divin clair. Il s’agit, à mon sens, d’une surinterprétation de l’a. qui cherche à calquer son interprétation à l’iconographie. Suite à l’identification de ce personnage comme étant le dieu tutélaire de la steppe, l’a. propose de dater les reliefs d’Alaca du règne de Tudhaliya IV, lors duquel ce dieu était particulièrement populaire. Le caractère inachevé de certains orthostates, qui rappelle celui d’une section de la Porte des Lions de Hattusa serait dû, selon l’a., à l’abandon progressif de ces deux villes dès le règne de Tudhaliya IV. Quant à l’identification d’Alaca avec Arinna, l’a. pense qu’elle est convaincante par les éléments festifs décrits dans les textes et qui sont en rapport avec cette ville hittite. Il pense également que le bassin de Gölpinar pourrait correspondre à celui décrit dans une de ces cérémonies. [A. Mouton]

– IDEM, « Hittite Éhalentuwa- Revisited », AoF 44, 2017, p. 101-110: l’a. revient sur la nature du bâtiment halentu(wa)-. Il montre que cet espace comprend un hall où des banquets ont lieu, un emplacement pour un trône et un espace sacré séparé du reste par un tarsanzipa- (un écran selon de Martino, Hethitica 5, 1983). Le halentu(wa)-, qui est directement connecté à une chambre à coucher (au sujet de la chambre à coucher du dieu dans le temple, voir notamment Mouton, JANER 3, 2003), apparaît aussi bien dans le complexe palatial que dans celui du temple. L’a. le compare au papâhum mésopotamien qui tient lieu de hall cérémoniel, auquel s’ajoute, en contexte anatolien, une partie sacrée séparée. [A. Mouton]

– I. TATISCHWILI, “Zur Éhalentu-Frage », RAI 39, p. 181-183: l’expression désignerait un temple construit à l’intérieur d’un palais.

– EADEM, « Some Remarks on a Passage of the Apology of Hattusili III », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 356-361: l’a. examine un passage de l’Apologie de Hattusili dans lequel le futur roi est « appelé à la roue » et une « mauvaise divinité » est mentionnée. Selon elle, cette « mauvaise divinité » pourrait être le dieu personnel de son frère et prédécesseur sur le trône de Hatti, Muwatalli II. Bien que plausible, cette suggestion reste très fragile, d’autant qu’elle n’explique pas l’allusion faite, dans ce passage, à un acte judiciaire à l’encontre de Hattusili. [A. Mouton]

– R. TOGNON, « La tecnica divinatoria del MUŠEN HURRI in ambito ittita », AION 65, 2005, p. 27-49: l’a. réexamine les données hittites relatives à la technique divinatoire dite de « l’oiseau-de-trou ». Elle revient d’abord sur les différentes identifications proposées pour cet oiseau. Pour elle, le tadorne (un canard migrateur de grande taille) est vraisemblablement le meilleur candidat. Elle adhère à la thèse généralement admise que cette technique divinatoire relève originellement de la sphère culturelle hourrite.  L’a. ne relève que trois termes techniques relatifs à la technique de « l’oiseau-de-trou »: erai-, zizzipki- et hat(a)hi-. Seul ce dernier terme est attesté par ailleurs dans le contexte de l’extispicine traditionnelle. [A. Mouton]

– G. TORRI, Lelwani, il culto di una dea ittita, Vicino Oriente Quaderno 2, 1999: étudie les différentes aspects de Lelwani dans la religion hittite et syro-hittite. Ed. de textes récemment publiés ainsi que d’inédits.

– EADEM, « A ‘New’ Prayer from the ‘House on the Slope’ », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 362-371: l’a. édite une prière contre une épidémie, document qui s’insère dans la tradition des « plague prayers » hittites. Selon l’auteur, cette tablette pourrait représenter une version intermédiaire entre KUB 24.4+ (datant de l’époque moyen-hittite) et les versions impériales des « plague prayers ». Elle aurait été élaborée sur le lieu même de sa découverte, la célèbre Haus am Hang de Hattuša qui servait alors de scriptorium. [A. Mouton]

– EADEM, « ‘The Great Sun God made a Feast’ A Mythical topos in Hittite Rituel Literature », in: Fs Wilhelm, 2010, p. 383-393: l’a. examine le motif du banquet du dieu Soleil qui apparaît aussi bien dans les mythes des divinités disparues que dans plusieurs rituels. Dans un cas, la divinité qui a disparu est en colère parce qu’elle n’a pas été invitée à ce banquet. Dans les rituels anatoliens à substrat hatto-louvite, ce récit mythologique du banquet du dieu a deux fonctions principales : il explique l’origine de la maladie du patient et il décrit les gestes à effectuer pour le soigner. [A. Mouton]

– EADEM, « Remarks about the transmission of festival texts concerning the cult of Lelwani (based on the fragment KBo 13.216 + KBo 56.89 (+) KBo 56.90) », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 289-300 : l’a. montre qu’une fête en l’honneur de Lelwani et attestée dès l’Ancien Royaume a sans doute subi des changements mineurs au moment de son insertion dans la grande fête de l’AN.TAH.ŠUM à l’époque impériale. [A. Mouton]

– M. -C. TREMOUILLE, « CTH 628 : une mise à jour II », SMEA 41/1, 1999, p. 115-121: suite de la mise à jour du texte de la fête (h)išuwa à partir de nouveaux joints.

– EADEM, « I rituali magici ittiti », RANT 1, 2004, p. 157-203 : présentation générale et pertinente des différents types de rituels attestés dans la documentation hittite. L’a. suit les catégories traditionnellement admises mais un regroupement de plusieurs types de rituels sous la catégorie « rites de passage » était également envisageable. Concernant la notion de « rites de passage » et son application à l’étude de la culture hittite, voir A. Mouton, « Les rites de passage de l’Anatolie hittite : un projet de recherche », Actes des IIèmes Rencontres Doctorales d’Orient Express, 2005, p. 9-15. L’a. offre également un tour d’horizon de la phraséologie stéréotypée des textes de rituels ainsi que des autres « topoi rituels » selon son expression.

– EADEM, « Un exemple de continuité religieuse en Anatolie. Le dieu Šarruma » , in : Pluralismus und Wandel, 2006, p. 191-224 : l’a. montre que le culte de certaines divinités hourrites perdure à l’Âge du Fer, ce qui indique sans doute que la population hourrite est toujours vivace à cette époque, bien que fondue dans des entités politiques dirigées par des élites non hourrites. Elle remarque, par exemple, que le dieu Tešub est mentionné à Tell Ahmar. Elle observe également la présence de Kumarbi dans la même ville, ainsi que de Hepat à Gürün et Darende, de Šaušga à Malatya, etc. L’a. se penche par la suite sur l’exemple du dieu Šarruma et sa présence jusqu’au Ier millénaire. Elle considère cette divinité comme hourrite, et non anatolienne comme le suggérait E. Laroche. En Anatolie hittite, Šarruma a été intégré très tôt aux cultes kizzuwatniens et c’est vraisemblablement par ce biais qu’il fut par la suite inséré dans les panthéons étatiques hittites. L’entrée de M.-C. Trémouille dans le RlA indique que Šarruma est également vénéré à Alep, Ougarit et Emar, ce qui confirme son appartenance à la sphère culturelle hourrite, puisque celle-ci est présente dans ces trois localités. Au passage, l’a. s’interroge sur le lien qui peut unir une torche et un rituel de serment (p. 198). Or on peut citer plusieurs incantations prononcées lors de rituels de serment qui comparent l’éventuel parjure à la torche allumée puis éteinte. En revanche, l’incinération d’individus parjures n’est pas attestée par les textes. Pour revenir à Šarruma, il est possible qu’il s’agisse originellement d’un dieu-montagne, d’où son association au taureau et aux dieux de l’orage (en tant que fils de Tešub, par exemple). C’est d’ailleurs cet aspect de dieu-montagne qui semble avoir été mis en valeur à Ougarit. [A. Mouton]

U

– A. ÜNAL, “The Textual Illustration of the ‘Jester Scene’ on the Sculptures of Alaca Höyük », AnSt 44, 1994, p. 207-218: les textes fragmentaires du rituel dédié à Tetešhapi, décrivant l’intervention de bateleurs dans la cérémonie cultuelle, sont illustrés par l’un des reliefs d’Alaca Höyük. Le rôle cultuel de ces personnages, en lien avec une prestation de serment, est éclairé par le rapprochement de ces informations épigraphiques et archéologiques.

– IDEM,  » ‘Edebiyete intikal edecek şekilde insa edeceksin!’; iple tavana tırmanan hitit mimarının cambazlıkları » [« You should build it for Eternity! The acrobatic skills of the hittite architects who climbed the ropes], RAI 34, p. 39-46 : étude du rituel de fondation KUB LV 28+.

– IDEM, « Pandora kutusu ve eski Anadolu mitolojileri », in: Fs Donbaz, 2010, p. 269-274: l’a. compare l’épisode mythologique de la boîte de Pandore à une allusion faite, dans le mythe hatto-hittite de Telepinu, à des récipients de bronze se trouvant sous terre et destinés à contenir les maux du dieu. Pour lui, ce motif est d’origine anatolienne et a été postérieurement adopté par les Grecs. [A. Mouton]

V

– T. VAN DEN HOUT, « A tale of Tiššaruli(ya): a dramatic interlude in the hittite KI.LAM festival », JNES 50/3, 1991, p. 193-202: le texte relate un incident rare intervenu au cours du rituel KI.LAM: le chef de la ville Tiššaruli(ya), invité par le roi à participer aux festivités, refuse et affiche des intentions belliqueuses.

– IDEM, « Tuthalija IV. und die Ikonographie hethitischer Grosskönige des 13. Jhs. », BiOr 52, 1995, p. 545-573: l’a. se penche sur le phénomène de déification du Grand Roi hittite, étant entendu qu’il définit une divinité d’une manière très large par « l’objet d’un culte », à la suite de G. Steiner dans RlA sub « Gott bei den Hethitern ». Il rappelle l’existence de l’expression « devenir un dieu » pour un Grand Roi défunt (ainsi que pour les membres de sa famille nucléaire) puis revient sur l’iconographie royale hittite et plus particulièrement sur l’implication de la présence d’une tiare à cornes sur certaines représentations de Grands Rois. L’a. remarque la présence de la tiare à cornes sur plusieurs représentations de Grands Rois vraisemblablement faites de leur vivant, représentations allant du règne d’Urhi-Tesub à Suppiluliuma II. Il met en outre en avant un passage d’un des autels d’Emirgazi (contemporains du règne de Tudhaliya IV qui s’y exprime à la 1e pers.) sur lequel une libation faite à Tudhaliya IV est envisagée.  Selon l’a., l’absence de référence au caractère divin de ce souverain dans les textes cunéiformes contemporains serait due à la fonction de ces textes, fonction purement administrative qui contraste avec les monuments hiéroglyphiques visibles par tous. [A. Mouton]

– IDEM, « Bemerkungen zu älteren hethitischen Orakeltexten », in: Fs Haas, 2001, p. 423-440: l’a. énumère les comptes rendus oraculaires hittites qui datent d’avant l’époque impériale. Il cite trois textes décrivant la technique des sorts KIN, quatre relatifs à l’extispicine et onze décrivant des interrogations ornithomantiques. Ces textes sont principalement de deux types : 1) des comptes rendus oraculaires insérés dans des lettres ; 2) des petites tablettes comprenant une seule interrogation oraculaire avec son résultat. Concernant cette seconde catégorie, l’a. revient sur la présence d’un chiffre ou d’un nombre sur certaines d’entre ces tablettes (HKM 115, KBo 18.144 et KuSa 39). Pour lui, ces nombres pourraient indiquer la place à laquelle cette interrogation doit être insérée au sein d’un grand texte de compilation d’interrogations oraculaires (les grands textes publiés dans KUB 5 et KUB 18, par exemple). Concernant la terminologie des interrogations ornithomantiques, on remarquera qu’elle est déjà en partie abrégée à cette époque pré-impériale (pre-NS), ce qui indique qu’elle était connue des scribes hittites depuis quelque temps déjà. Par ailleurs, il montre que la phraséologie des comptes rendus oraculaires n’avait pas encore été formalisée avant l’époque impériale. Les termes techniques de l’extispicine étaient, par exemple, non abrégés à cette époque. [A. Mouton]

– IDEM, Compte rendu de H. Peter, Götter auf Erden. Hethitische Rituale aus Sicht historischer Religionsanthropologie (2004), History of Religions 47, 2007, p. 104-107: dans son compte rendu, l’a. encourage la jonction de deux disciplines, la philologie et l’anthropologie sociale, démarche que H. Peter défend. H. Peter tente de montrer en quoi cette combinaison entre anthropologie et philologie peut enrichir chacun des deux domaines, prenant trois textes rituels pour illustration. T. van den Hout remarque que cet a. utilise une bibliographie hittitologique dépassée pour analyser ces trois textes, ce qui entraîne de nombreux contresens. De ses judicieuses remarques, on en déduit que la démarche intellectuelle promue par H. Peter, loin d’être inutile, ne peut être fructueuse que par une réelle collaboration entre philologues et anthropologues, car il est difficile de maîtriser conjointement ces deux disciplines si différentes l’une de l’autre.

– IDEM, « Zu einer Stratigraphie der hethitischen Totenrituale », Gs Otten, StBoT 58, 2015, p. 301-306 : l’a. propose de revoir les textes du šalliš waštaiš, le rituel funéraire royal hittite, en fonction de la datation des manuscrits. Il indique à juste titre que des changements dans le processus rituel sont attendus au fil des siècles. [A. Mouton]

– B. H. L. VAN GESSEL, Onomasticon of the Hittite Pantheon. Part Three, HdO 1/33, 2001: glossaire des termes hittites, hourrites et louvites en relation avec les noms des divinités mentionnées dans les deux premiers volumes; liste des théophores, des toponymes liés aux noms de divinités et des fêtes religieuses attestées.

– S. VELHARTICKA , « Der ‘Mann des Wettergottes’ und der Taube (CTH 652) », AOF 36, 2009, p. 324-339: l’a. remarque la prédominance de l' »homme du dieu de l’orage » et d’un personnage sourd dans CTH 652, un rituel qui contient des incantations en langue hattie. La principale fonction de ce rituel est purificatrice.

W

– G. WILHELM, « Reinheit und Heiligkeit. Zur Vorstellungswelt altanatolischer Ritualistik », in: H.-J. Fabry & H.-W. Jüngling (éds)., Levitikus als Buch, Bonner Biblische Beiträge 119, Berlin – Bodenheim b. Mainz, 1999, p. 197-217: l’a. propose de voir dans l’adjectif hittite parkui- « pur » le sens premier de « dénué de/libre de (quelque chose). » Ainsi, chez les Hittites, la pureté serait avant tout définie en négatif, comme « absence d’impureté ». Quant à l’impureté, l’a. montre qu’elle provoque une anomalie qui déséquilibre l’ordre établi. C’est pourquoi le décès d’un membre de la famille régnante hittite est appelé « grande anomalie » (šalliš waštaiš). L’a. renvient ensuite sur les divers processus de purification, et notamment sur ceux des textes hourro-hittites du Kizzuwatna. [A. Mouton]

– IDEM, « Die Lesung des Namens der Göttin IŠTAR-li« , Gs Neu, StBoT 52, 2010, p. 337-344: l’a. remarque l’association, dans le texte de Kuşaklı KuT 53, du nom divin Enzili avec IŠTAR. Il suggère, pour cette raison, de voir dans Enzili la lecture phonétique d’IŠTAR-li. Pour lui, Enzili est une variante du nom divin Anzili. Ainsi, la divinité hattie Anzili aurait, selon lui, fait l’objet d’une assimilation avec IŠTAR. [A. Mouton]

– IDEM, « The dispute on the manumission at Ebla: why does the Stormgod descend to the netherworld? », RA 107, 2013, p. 187-191: l’a. revient sur la bilingue hourro-hittite appelée Chant de Libération. Il pense que ce texte n’est pas lié à une fête de libération d’esclaves qui s’étaient endettés, comme le proposaient Neu et Burkert. Il suggère en outre que la descente de Tešub dans le monde souterrain s’explique par sa colère envers les Anciens d’Ebla qui refusèrent de libérer les hommes de la ville d’Ingigalliš. La destruction de la ville d’Ebla serait elle aussi interprétée comme une manifestation de cette colère divine. [A. Mouton]

Y

– I. YAKUBOVICH, « The West Semitic God El in Anatolian Hieroglyphic Transmission », in: Fs Singer, StBoT 51, 2010, p. 385-398: l’a. réexamine, entre autres éléments, la correspondance que semble faire l’inscription bilingue de Karatepe entre Ea (dans la version louvite) et « El créateur de la Terre » (dans la version phénicienne). Plus généralement, il s’interroge sur le culte d’El en Syrie néo-hittite. [A. Mouton]

– K. YOSHIDA, « Zur Kultmusik beim Trankopfer (Gott NN eku- “trinken ») in Festen hattisch-hethitischer Kultschicht », in: K. Watanabe (éd. ), Priests and Officials in the Ancient Near East. Papers of the second colloquium on the Ancient Near East-the City and its life held at the middle eastern culture center in Japan, Heidelberg, 1999, p. 239-252.

Publicités