Généralités

Bibliographies et encyclopédies

A

– Abstracta Iranica Suppl. 14, 1991: contient la bibliographie sur les études iraniennes pour 1990.

– J. M. ASHER-GREVE, « Women and Gender in Ancient Near Eastern Cultures: Bibliography 1885 to 2001 AD », NiN 3, 2002, p. 33-114.

B

– BiOr Cumulative Index (vol. 1-25 = 1943-1968), Leyde, 1988: index auteur par champ d’études.

– P. BIENKOWSKI et A. MILLARD, Dictionary of the Ancient Near East, Philadelphie, 2000

C

– P. CALMEYER, “Archäologische Bibliographie 1989″, AMI 23, 1990, p. 325-342.

– G. CONTI, Index of Eblaitic Texts, Quaderni di Semitistica Materiali 1, Florence, 1992, xxi + 202 p.: liste des textes d’Ebla publiés complètement ou partiellement, assortie du numéro d’inventaire, du numéro de catalogue dans MEE 1 et de la bibliographie correspondante.

D

– K. Deller & H. Klengel, Keilschriftbibliographie 50, 1988-1989, Or 60/1, 1990, p. 1-145.

– EIDEM, Keilschriftbibliographie 50 (1988-1989), Or 60/4, 1991, p. 1-145.

– EIDEM, Keilschriftbibliographie 51 (1990), Or 61/1, 1992, p. 1-119.

– EIDEM, Keilschriftbibliographie 54 (1994), Or 64/1, 1995, p. 1*-100*.

– K. DELLER, H. KLENGEL et K. MAKSEN, Keilschriftbibliographie 52, Or 62/1, 1993, p. 1-104.

– EIDEM, Keilschriftbibliographie 53 [1993], Or 63, 1994, p. 1-111.

– K. DELLER, H. KLENGEL et A. SCHUSTER, Keilschriftbibliographie 55, Or 65/1, 1996, p. 1*-124*.

– EIDEM, Keilschriftbibliographie. 56. 1996, Or 66/2, 1997, p. 1*-108*.

– M. DIETRICH, O. LORETZ, Analytic Ugaritic Bibliography 1972-1988, AOAT 20/6, 1996, viii + 1077 p.

F

– B. FAIST, J. –J. JUSTEL et J. –P. VITA, « Bibliografia de los estudios de Emar », UF 35, 2003, p. 191-230.

– B. FOSTER, « Selected Bibliography of the Sargonic Period », in: Akkad, p. 171-182

H

– J. -G. HEINTZ, Bibliographie de Mari. Archéologie et Textes [1933-1988], Wiesbaden, 1990, x + 128 p.: suite de l’Index Documentaire des textes de Mari (ARM XXVI/1), 1975.

– IDEM, “Bibliographie de Mari: suppl. I [1989-1990] », Akkadica 77, 1992, p. 1-37.

– IDEM, “Bibliographie de Mari: supplément II [1991-1992] », Akkadica 81, 1993, p. 1-22.

– IDEM, “Bibliographie de Mari: supplément III (1992-1993) », Akkadica 86, 1994, p. 1-23.

– IDEM, “Bibliographie d’El-Amarna », UF 27, 1995, p. 21-40.

– IDEM, Bibliographie de Mari – Supplementum IV, Akkadica 91, 1995, p. 1-22.

– IDEM, Index documentaire d’El-Amarna (= I.D.E.A.) 2, Bibliographie des textes babyloniens d’El-Amarna [1888 à 1993] et Concordance des sigles EA, Wiesbaden, 1995.

– IDEM, “Bibliographie d’El-Amarna: Supplément II [1995-1996] », UF 28, 1996, p. 257-274.

– IDEM, “Bibliographie de Mari: Supplément VI (1995 1996) », Akkadica 104/105, 1997, p. 1-23.

– IDEM, « Bibliographie de Mari: supplément VII (1996-1997) », Akkadica 109/110, 1998, p. 1-21.

– IDEM, « Bibliographie de Mari: supplément VIII (1997-1999) », Akkadica 118, 2000, p. 20-45.

– J. G. HEINTZ, L. MILLOT et R. MEHMEDI, « Bibliographie d’El-Amarna : Supplément IV [2000-2003] », UF 35, 2003, p. 231-238.

– W. HOROWITZ, T. OSHIMA & S. SANDERS, « A bibliographical List of cuneiform Inscriptions from Canaan, Palestine/Philistia, and the Land of Israel », JAOS 122/4, 2002, p. 753-766: très utile inventaire des 89 objets portant des inscriptions cunéiformes, avec bibliographie et brève description de ce corpus, constituant la première étape d’un projet de publication des textes cunéiformes retrouvés en Palestine et en Israël.

J

– F. JOANNÈS (éd. ), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, 2001, 974 p: présentation à l’usage d’un public élargi, et notamment étudiant, des acquis récents de la recherche assyriologique.

– M. JURSA et al., “Register Assyriologe », AfO 40-41, 1993-1994, p. 343-575: bibliographie mésopotamienne jusqu’à 1992; entrées par auteurs, matières, textes et vocabulaire.

N

– H. NEUMANN, “Keilschriftbibliographie. 57. 1997-1998 (Mit Nachträgen aus früheren Jahren) », Or NS 68/2, 1999, p. 1*-131*.

– IDEM, « Keilschriftbibliographie 58. 1999 », Or NS 69/2, 2000, p. 1*-100*.

S

– V. SOUČEK et J. SIEGELOVÁ, Systematische Bibliographie der Hethitologie 1915-1995, 3 vol. Prague, 1996.

W

– U. WEBER, J. WIESEHÖFER, Das Reich der achaimeniden, eine Bibliographie, AMI ErgBd 15, 1996, xxi +756 p.: bibliographie thématique complète sur l’empire perse achéménide.

Sources, grammaire, linguistique

A

– F. N. H. AL-RAWI, “Texts from Tell Haddad and Elsewhere », Iraq 56, 1994, p. 35-43: éd. complète de dix objets inscrits de Tell Haddad (ancienne Mê-Turan/Turna/Turnat), Tell al-Sib, Sippar, et d’autres sites non connus. Le lot se compose: d’une inscription d’Arîm-Lîm datant de l’époque paléo-babylonienne mais trouvée dans un contexte néo-assyrien; d’une tête de hache inscrite néo-assyrienne, dédiée à Nergal; d’un fragment de prisme de Sargon II; de deux modèles de foie dont l’un concerne la succession de Dadußa d’Eßnunna; d’une empreinte de sceau rectangulaire paléo-babylonienne trouvée dans l’Ebabbar de Sippar; d’un fragment de kudurru médio- ou néo-babylonien; d’un fragment de statue néo-assyrienne.

– B. ALSTER, “Halt or Dwarf. The Meaning of ba-za = pessû », in: Fs von Soden, p. 1-6: contre la traduction du PSD, qui propose “nain » pour le sumérien ba-za, l’a. maintient, avec Hallo, le sens de “boiteux » et fait de ce terme (synonyme ba-an-za) un emprunt à l’akkadien pessû.

– B. ALSTER et U. JEYES, “Two Utu Hymns and a Copy of a Royal Inscription », ASJ 12, 1990, p. 1-14: éd. complète de 3 textes de Sippar: deux hymnes à Utu (l’un, bilingue, précurseur de l’hymne à Šamaš) et une inscription royale d’un roi paléobabylonien, peut-être Hammurabi.

– P. AMIET, “La naissance de l’écriture ou la vraie ‘révolution' », RB 97/4, 1990, p. 525-541: l’invention de l’écriture à Sumer et en Egypte, liée à des nécessités pratiques et à l’essor urbain, est une mutation décisive dans l’histoire de l’humanité.

– D. ARNAUD, « Légendes cunéiformes sur pierre et sur bronze », AuOr 20, 2002, p. 21-47: édition de 29 inscriptions portées sur divers objets ou sceaux, issus de fouilles clandestines, et s’échelonnant entre l’époque d’Akkad et l’époque néo-assyrienne.

B

– G. BECKMAN, « Tablet Fragment from Sepphoris », NABU 1997/86: l’a. publie en copie trois petits fragments de tablettes (Kelsey Museum 89908) provenant de Sepphoris (moderne Zippori, près de Nazareth en Israël).

– R. D. BIGGS et R. L. ZETTLER, “Cuneiform Texts in Chicago Collections », ASJ 12, 1990, p. 15-49: copie, transcription et commentaire de 20 tablettes sumériennes présargoniques et néosumériennes avec leurs sceaux.

– M. BONECHI, “AOAT 3/1 7 + AOAT 3/1 57 + AOAT 3/1 63 + AOAT 3/1 65″, NABU 1992/130: joint de 4 fragments de tablettes du British Museum, permettant de reconstituer une liste de rations attribuées à des femmes.

– A. C. V. M. BONGENAAR, Th. J. H. KRIPIJN, R. de MAAIJER et K. R. VEENHOF, “Cuneiform Tablets of the Schoneveld Collection », JEOL 33, 1993-1994, p. 109-142: éd. de 20 tablettes de la collection privée du Professeur J. Schoneveld. Le lot comporte une inscription de fondation de Gudea; 14 tablettes d’Ur III concernant la livraison de bêtes, de fourrage, de métaux, de denrées et de travailleurs; 2 tablettes paléo- assyrienne et paléo-babylonienne, respectivement une vente de bétail de Kaniš et un bail foncier de Sippar consenti sur une terre appartenant à une nadîtum; 3 tablettes néo-babyloniennes: une lettre d’un fils à son père à propos d’un conflit avec des jardiniers sur la palmeraie familiale; 2 textes de métaux.

– R. BORGER, « Konkordanz der traditionellen Zeichennummern und der Nummern des Mesopotamischen Zeichenlexikons (MesZL) », UF 35, 2003, p. 57-78.

– IDEM, « Techniches zu den Keilschriftzeichen im Mesopotamischen Zeichenlexikon MesZL) », UF 35, 2003, p. 79-102.

– W. BURGGRAAFF, F. H. VAN DIJK, Y. KAWASAKI et R. DE MAAIJER, « The Ancient Near Eastern Collection of the Museon (The Hague) », JEOL 34, 1995-1996, p. 27-40: édition de six tablettes administratives d’Ur III, d’une tablette paléo-assyrienne de Kültepe (reconnaissance de dettes), d’une brique inscrite médio-élamite de Choga-Zanbil, d’une brique inscrite de Babylone (datant de Nabuchodonosor II, soit 605-562 av. J.-C.), et de quatre sceaux-cylindres de diverses périodes.

C

– A. CAVIGNEAUX, “Miettes de l’Edubba », in: Fs Limet, p. 11-26: éd. de plusieurs fragments de textes scribaux d’époques diverses, conservés à Philadelphie.

– A. CAVIGNEAUX, U. FINKBEINER, U. SEIDL, H. H. SIEWERT, “Uruk 33/34″, BagM 22, 1991, p. 1-164: copie et catalogue des textes des 33e et 34e campagnes de Warka par A. Cavigneaux.

– D. CHARPIN, « Esquisse d’une diplomatique des documents mésopotamiens », Bibliothèque de l’Ecole des chartes 160, 2002, p. 487-511: présentation des tablettes cunéiformes dans leurs aspects physiques externes et internes (paléographie, format, sceaux, langue, rédaction), des modes de rédaction et de classement des textes par archives, et enfin des profits que tire la recherche assyriologique de l’analyse diplomatique des sources à travers l’exemple d’Ur III et de Terqa.

– M. CIVIL, The Farmer’s Instructions. A Sumerian Agricultural Manual, Aula Orientalis Supplementa 5, 1994, xiii + 267 p., 16 pl.: photos, éd. et commentaires complets (philologiques, grammaticaux et techniques) des instructions d’un fermier à son fils. La composition, qui reprend un genre littéraire courant au Proche-Orient, est destinée à éclairer les élèves scribes de Nippur dans leur apprentissage du vocabulaire sumérien technique, et non à servir d’almanach aux paysans eux-mêmes. L’œuvre détaille les étapes du travail agricole sur une année (inondation, préparation de la terre, semailles, irrigation, récolte…). L’a. ajoute l’édition de sources inédites illustrant certains aspects des Instructions. Index complets.

F

– F. M. FALES et alii, Prima dell’alfabeto. La storia della scritura attraverso testi cuneiformi inediti (= Studia e Documenti, IV), Venise, 1989, 269 p., index, bibliographie: éd. complète de 84 tablettes inédites, provenant de collections privées et datées depuis le XXIXe s. jusqu’au VIe s. avant J.C. Le matériel est présenté dans l’ordre chronologique, accompagné d’un bref rappel historique de la période et d’une étude plus approfondie d’un thème particulier. I) L’âge des premières écritures (XXIXe-XXIVe); [D. SCHMANDT-BESSERAT, “Conto e contabilità nel Medio Oriente preistorico », p.54-59; II) Gudea de Lagash (XXIIe); [G. PETTINATO, “La biblioteca di Ebla », p. 72-77; III/IV) IIIe dynastie d’Ur (XXIe), Amoréens et Cassites (XXe-XVIe); [L.M. MILANO, “Alimentazione in Mesopotamia. Dalla tavola dell’abbondanza alla tavola della penuria », p. 155-160; V) Les marchands assyriens en Anatolie (XIXe); VI) L’âge international (XVe-XIIe); VII) L’empire assyrien (XIe-VIIe); VIII) Rois et empires babyloniens (XIe-VIe); [S. SALVATORI, “Sigilli ed impronte: breve viaggio tra i media del mondo antico », p. 252-257.

– I. FINKEL, “Fifteen Personal Names », NABU 1994/94: copie d’une tablette d’Alep, sans provenance, datée du milieu du IIe millénaire et comportant une liste de 15 NP.

– D. A. FOXVOG, “Cuneiform Tablets in Californian Private Collections », ASJ 15, 1993, p. 71-79: éd. complète de sept tablettes administratives d’Ur III, provenant de Drehem et d’Umma, et d’une tablette paléo-babylonienne de Larsa mentionnant le toponyme En-SIG.GIŠKI.

– S. FRANKE, « Weitere Exemplare von Inschriften Sînkašids und Gudea », NABU 1992/6: copie d’une inscription de fondation de Sînkašid d’Uruk, et d’un clou de fondation de Gudea de Lagaš.

G

– J. GARCIA RECIO, « Iscrizioni reali elamitiche e neoassire », in: Gs Cagni, vol. 1, p. 333-340: éd. complète de 3 inscriptions royales élamites du Musée de Madrid et d’une inscription néo-assyrienne du Musée de Pontevedra.

– M. J. GELLER, “The Last Wedge », ZA 87, 1997, p. 43-95: l’a. déduit des tablettes gréco-babyloniennes, dont une nouvelle éd. est donnée, et des références au cunéiforme dans les sources classiques, que le cunéiforme était encore lu au IIIe siècle de notre ère.

– IDEM, « A Kultmittelbeschwörung in Trinity College Dublin », ZA 91, 2001, p. 225-237: éd. complète de deux tablettes sumériennes contenant une version courte et une version longue des mêmes incantations récitées lors des rites de purification du roi, rappelant la tablette IX de la série šurpu.

– A. R. GEORGE, “Inscriptions from Tell Al-Hawa 1987-1988″, Iraq 52, 1990, p. 41-46: éd. d’une tablette paléo-babylonienne administrative très endommagée, mentionnant deux toponymes (Hadnum et Šuruzi), de deux textes néo-assyriens et d’un morceau de brique estampée.

– IDEM, “Sumerian tiru = ‘eunuch' », NABU 1997/97: à partir d’un passage de l’Épopée de Gilgameš (tablette XII), l’a. donne au sumérien tiru le sens d’eunuque.

– Y. GONG, « Fehlerhafte Schreibungen in den Namen der Keilschriftzeichen », WO 28, 1997, p. 58-73: à propos des écritures défectueuses dans les listes du Ier millénaire.

– J. GREENFIELD, “The Babylonian Forerunner of a Mandaic Formula », in: Gs Kutscher, p. 11-14: à propos des influences babyloniennes sur la culture et la langue mandéennes, à travers les textes incantatoires.

– J. -P. GRÉGOIRE, Contribution à l’histoire sociale, économique, politique et culturelle du Proche-Orient ancien, AAICAB I/1, Paris, 1996, 117 p., 81 + 23 pl.: première partie d’un projet d’éd. d’environ 1500 textes inédits des collection de la Bodleian et de l’Ashmolean Museum d’Oxford. Le vol. contient le catalogue, les copies et (parfois) les photos des textes paléo-sumériens, paléo-akkadiens et néo-sumériens.

H

– W. W. HALLO, “Nippur Originals », in: Fs Sjöberg, p. 237-247: la célèbre école scribale de Nippur, florissante entre 1820 et 1720, a produit des originaux que l’on a recopiés de l’époque cassite jusqu’aux Séleucides. L’a. illustre, par l’étude d’un hymne, dans quelle mesure un scribe néoassyrien a été fidèle à son modèle.

– IDEM, “The Syrian Contribution to Cuneiform Literature and Learning », in: Ancient Syria, p. 69-88: la base de la littérature cunéiforme syrienne est largement inspirée de celle de la Mésopotamie. Les scribes ont surtout emprunté les tablettes lexicales et les textes sapientiaux, parfois retouchés pour les adapter aux usages linguistiques ou culturels locaux.

– IDEM, “Scurrilous Etymologies », in : Fs Milgrom, p. 767-776: sur les étymologies injurieuses de certaines désignations ethniques, NP notamment de rois, divinités et NG. Tous ces termes ont en commun de qualifier de manière péjorative ou méprisante des personnes ou des lieux étrangers.

– W. W. HALLO et D. B. WEISBERG, “A Guided Tour Through Babylonian History: Cuneiform Inscription in the Cincinnati Art Museum », JANES 21, 1992, p. 49-90: éd. complète de 23 tablettes de la collection de Cincinnati, incluant des documents néo-sumériens, paléo-babyloniens et néo-babyloniens.

– K. HECKER, Rückläufiges Wörterbuch des Akkadischen, Wiesbaden, SANTAG Arbeiten und Untersuchungen zur Keilschriftkunde (hrsg K. Hecker et W. Sommerfeld) Bd 1, 1990, xii + 316 p.

– W. HEIMPEL, “Towards an Understanding of the Term sikkum », RA 88/1, 1994, p. 5-31: l’expression akkadienne ša sikkim équivaut au sumérien zi-gúm et désigne une prestation due aux messagers royaux, consistant dans la fourniture de voitures tirées par des mules ou des ânes.

– H. HIRSCH, “Interpretationsversuche III », AfO 40-41, 1993-1994, p. 46-51: sur l’emploi du préterit dans l’hymne à Šamaš (BWL 121ss).

– IDEM, « An den Rand geschrieben I », AfO 42/43, 1995/96, p. 122-144: remarques à propos du pluriel des mots composés; la consecutio temporum; des incantations d’amour paléo-akkadiennes.

J

– T. JACOBSEN, “Notes on the Word lú », in: Gs Kutscher, p. 69-79: analyse sémantique du terme lú, utilisé de manière inter-conceptuelle (pour désigner des individus appartenant à des groupes différents) ou infra-conceptuelle (à l’intérieur d’un même groupe). Dans le premier cas, le mot peut désigner l’homme par opposition à la femme, le particulier par opposition à l’officier administratif ou la personne ayant une responsabilité. Dans le second cas, lú équivaut au pronon indéfini “on ».

– M. JURSA et K. RADNER, “Keilschrifttexte aus Jerusalem », AfO 42-43, 1995/1996, p. 89-108: éd. d’un lot de tablettes de la collection du couvent Saint-Etienne de Jérusalem. Le lot comprend: 9 textes néo-assyriens (deux contrats d’achat d’esclaves, un procès en contestation de servitude, des prêts de céréales, deux lettres concernant des affaires commerciales, des fragments de textes lexicaux), un fragment de lettre paléo-babylonienne, des textes scientifiques babyloniens, un fragment de liste lexicale et une reconnaissance de dette néo-babylonienne.

K

– Th. R. KÄMMERER et D. SCHWIDERSKI, Deutsch-Akkadisches Wörterbuch, AOAT 255, 1998.

– J. V. KINNER WILSON, « Death of a ‘Queen' », in: Gs Cagni, vol. 1, p. 539-554: éd. de deux fragments de tablettes du British Museum relatant un rêve qui pourrait éclairer la “mise en scène » des tombes royales d’Ur. Les deux textes s’inspireraient d’un cas célèbre dans lequel une reine, dénoncée par un adversaire politique après la mort du roi, serait jugée par l’assemblée des dieux, qui exigeraient le sacrifice de la reine et detoute sa maisonnée.

– J. KLEIN, “The Sumerian me as a Concrete Object », AOF 24/2, 1997, p. 211-218: le terme me ne désigne ni un concept ni un objet mais un symbole bi-dimensionnel gravé ou peint sur une bannière.

– IDEM, « The So-called ‘Spell of Nudimmud’ (ELA 134-155): A Re-examination », in: Gs Cagni, vol. 2, p. 563-584: nouvelle étude sur le passage de l’épopée d’Enmerkar concernant la malédiction de Nudimmud, confirmant l’interprétation de Kramer en faveur d’un parallèle avec l’épisode biblique de la Tour de Babel.

– M. KREBERNIK, “Schriftfunde aus Tall Bi’a 1992″, MDOG 125, 1993, p. 51-60: éd. complète d’une tablette de livraison d’importantes quantités de céréales de Tuttul et Serda.

– IDEM, « Ein ki-utu-Gebet aus der Hilprecht-Sammlung », ZA 91, 2001, p. 238-252: éd. d’une prière bilingue à Samas, utilisant des signes sumériens volontairement archaïsants.

– J. KRECHER, “Über einige ‘zusammengesetze Verben’ im Sumerischen », in: Gs Kutscher, p. 107-118: à propos des verbes igi–bar, “voir », šu–ba/bar, “libérer » et ka–ba, “dire quelque chose », d’après leur traitement dans le PSD B.

– Th. J. H. KRISPIJN, “The Early Mesopotamian Lexical Lists and the Dawn of Linguistics », JEOL 32, 1991-1992, p. 12-22: les premiers scribes ont composé les textes lexicaux pour améliorer leur connaissance du vocabulaire sumérien, sans s’élever jusqu’à la maîtrise de la syntaxe et de la grammaire sumériennes.

L

– B. LAFONT, “Quelques nouvelles tablettes dans les collections américaines », RA 86/2, 1992, p. 97-111: éd. complète et commentaire de quatre tablettes: un bilan comptable annuel néo-sumérien provenant d’Umma et concernant le temple d’Apisal; un texte de partage successoral paléo-babylonien de Larsa; deux reçus de grains datés de Rîm-Sîn.

– W. G. LAMBERT, “Addenda et Corrigenda to W.G. Lambert, Catalogue of the Cuneiform Tablets of the Kuyunjik Collection of the British Museum, Third Supplement (1992) », NABU 1992/129: joint de 4 fragments d’une tablette d’inventaire appartenant à la série K du British Museum.

– B. LION, C. MICHEL et P. NOEL, « Les crevettes dans la documentation du Proche-Orient ancien », JCS 52, 2000, p. 55-60: sur la terminologie, la circulation et les usages culinaires et médicaux des crevettes en Mésopotamie.

– E. LIPINSKI, « The Root GZR in Semitic », in: Fs Del Olmo Lete, p. 493-497: analyse des divers emplois de la racine sémitique GZR signifiant « couper », mais aussi « massacrer » un animal, notamment dans le cadre d’un sacrifice scellant un pacte d’alliance (cf. gzr ‘dy’, « massacrer un traité ») et dans les actes de divination, ou encore « séparer » dans les contextes de circoncision, de jugement, ou encore pour désigner une île.

M

– I. MARQUEZ ROWE, “Inscripciones reales cuneiformes del II y I millenio a. de C. », AuOr 15, 1997, p. 69-98: trs et trd d’inscriptions royales du Musée de Monserrat pour les périodes paléo-babylonienne, médio-élamite, néo-assyrienne et néo-babylonienne.

– G. E. MENDENHALL, « The Amorite Migrations », in : Mari in Retrospect, p. 233-241: les migrations amorrites vers l’est ont produit le paléobabylonien et le paléoassyrien, par une combinaison des dialectes existants avec les innovations linguistiques; vers l’ouest, la langue amorrite s’est superposée sur le dialecte côtier pour devenir l’ougaritique. En même temps s’est exportée toute une tradition populaire coutumière, décelable dans la mythologie (cf. le thème du conflit cosmique opposant Marduk vs. Tiamat ou Baal vs. Yam) ou dans le droit (CH; Code de l’Alliance).

– A. MILLARD, « Aramaic Documents of the Assyrian and Achaemenid Periods », in: M. Hudson and C. Wunsch (éd.), Creating Economic Order, Record-keeping, Standardization, and the Development of Accounting in the Ancient Near East, CDL Press, Bethesda, 2004. p. 230—240. Récapitulatif des différentes tablettes araméennes retrouvées depuis l’Egypte jusqu’à la Perse, ainsi qu’une réflexion sur la nature de ces documents.

– M. MOLINA et B. BÖCK, “Textos y fragmentos literarios sumerios », AuOr 15, 1997, p. 33-41: catalogue, copies et photos des 9 textes littéraires sumériens de la collection du Musée de Monserrat, contenant des fragments des Instructions de Šurrupak, de mythes ou hymnes aux dieux, d’incantations et d’inscriptions royales néo-sumériennes.

– G. G. W. MÜLLER, “Die sumerischen Texte aus dem Kapuzinerkloster in Münster », in: Fs Loretz, p. 557-568: éd. complète de 6 tablettes d’Umma conservées dans un monastère de Münster. Le lot comporte 2 textes “mu-iti » paléo-akkadiens, 3 textes d’Ur-III et un texte paléo-babylonien.

N

– H. NEUMANN, “Gudea in Prag, Nebukadnezar in Halle », NABU 1994/88: éd. d’un duplicat de l’inscription de Gudea 48, conservé à Prague, et d’un fragment de sceau portant une inscription de Nabuchodonosor II, conservé à Halle.

– IDEM, « Historische Keilschrifttexte im Kestner-Museum Havvover I. Gudea, Lipit-Eštar, Sanherib », in: Gs Cagni, vol. 2, p. 783-796: édition de 3 clous d’argile de Gudea et Lipit-Ištar, et d’un fragment d’inscription sur pierre de Sennachérib.

O

– A. L. OPPENHEIM ET AL. (éd. ), The Assyrian Dictionary of Chicago vol. 17: Š Part One, Chicago, 1989

P

– O. PEDERSÉN, Archives and Libraries in the Ancient Near East 1500-300 B.C., Bethesda, 1998, xxii + 291 p.: mise en rapport de l’archéologie et des textes par une présentation de 253 lots d’archives ou de bibliothèques répartis sur 51 villes, avec leur locus de découverte. Les “archives » sont constituées par des documents conservés en un seul exemplaire, les “bibliothèques » contiennent en revanche des exemplaires multiples d’un même texte. L’ouvrage est construit sur une base chronologique (de 1500 à 1000, puis de 1000 à 300) et géographique (Mitanni et Egypte, Hatti, Assyrie, Babylonie, Elam pour la première période; empires néo-assyrien et néo-babylonien, Perse, royaumes de l’ouest pour la seconde période).

– C. A. PETERS et D. R. FRAYNE, “Cuneiform Texts at the University of British Columbia », ARRIM 8, 1990, p. 49-62: éd. complète de 15 textes économiques (reçus, reconnaissances de dettes, listes), la plupart d’Ur III; 1 de Nabuchodonosor, 2 de Darius.

– D. T. POTTS, A. PARPOLA, S. PARPOLA et J. TIDMARSH, “Guhlu and Guggulu », in: Fs Hirsch, WZKM 86, 1996, p. 291-305: le terme akk. guhlu désigne le bdellium (sorte de gomme-résine) plutôt que le khôl ou l’antimoine, et se retrouve dans le sanscrit guggulu.

R

– T. RICHTER, « Weitere Anmerkungen zu CAD Q », NABU 1992/24.

– W. H. Ph. RÖMER, “Beiträge zum Lexikon des Sumerischen (5) », AfO 40-41, 1993-1994, p. 24-38: sur le vocabulaire sumérien des armes.

– IDEM, Die Sumerologie, 2e éd. augmentée, AOAT 262, 1999: manuel d’introduction à la sumérologie, avec bibliographie à jour. La première partie traite des Sumériens, la deuxième de leur langue (grammaire et syntaxe) et la troisième présente la littérature.

– G. RUBIO, « On the Alleged ‘Pre-Sumerian Substratum’  » JCS 51, 1999, p. 1-16: l’a. reprend la question de l’existence supposée d’un substrat linguistique sur lequel serait venue se greffer la langue sumérienne. Contestant, sur des bases étymologiques, l’existence d’un tel substrat, il préfère mettre en avant le rôle de Kulturwörter et de Wanderwörter qui circulent en même temps que les innovations technologiques et culturelles. Il évoque le problème des contacts entre l’indo-européen et les langues de Mésopotamie. Il conclue à une situation linguistique de la Mésopotamie placée sous le signe de la fluidité, renonçant à envisager l’existence d’un substrat monolithique dont on trouverait des vestiges dans le lexique sumérien.

S

– S. SANATI-MÜLLER, “Texte aux dem Sînkâšid-Palast. Dritter Teil: Metalltexte », BagM 21, 1990, p. 131-213: suite de l’éd. des tablettes de la 19e campagne de fouilles d’Uruk. Ed. complète de 66 textes concernant le travail du métal et son utilisation.

– IDEM, “Texte aus dem Sînkâšid-Palast. Vierter Teil. Texte verschiedenen Inhalts I », BagM 22, 1991, p. 313-332: éd. complète de 11 tablettes contenant des attributions de rations d’huile et de céréales; catalogue.

– IDEM, « Texte aus dem Sînkâšid-Palast. Fünfter Teil, Texte verschiedenen Inhalts II », BagM 23, 1992, p. 119-162: éd. complète de 31 textes, pour la plupart des reçus de divers biens pour le Palais. On notera en outre une liste de témoins scellée, et un fragment de tablette évoquant une prestation de serment.

– IDEM, “Tafel im Privatbesitz », BagM 27, 1996, p. 361-363: copie et trs. d’une tablette appartenant à un particulier, et contenant une liste de textiles désignés par leur poids et leur prix.

– G. SELZ, “Den Fährmann bezahlen! Eine lexikalisch-kulturhistorische Skizze zu den Bedeutung von addir », AOF 22, 1995, p. 197-209: l’a. réunit les attestation du mot sumérien addir pour montrer qu’il désigne à l’origine le “passage », avec une forte connotation mystique renvoyant au passage de la mort vers l’au-delà.

– M. SIGRIST et al., Catalogue of the Babylonian Tablets in the British Museum 2, 1996: catalogue des tablettes néo-sumériennes et paléo-babyloniennes conservées au British Museum. Les textes sont présentés par lots d’acquisition puis par ordre chronologique suivant les dynasties. Index complets (NP, termes sumériens/akkadiens, sceaux, index général).

– A. W. SJÖBERG, “UET VII, 73: An Exercice Tablet enumerating Professions », in: Fs Limet, p. 117-139: éd. d’une liste de professions avec commentaire philologique des noms de métier énumérés.

– M. P. STRECK, “ittašab ibakki “weinend setzte er sich »: iparras für die Vergangenheit in der akkadischen Epik », Or 64/2, 1995, p. 33-91: sur les emplois de l’inaccompli comme mode d’expression du passé dans la littérature épique akkadienne.

– IDEM, « Texte aus Münchener Sammlungen », ZA 89/1, 1999, p. 29-35: éd. complète de 8 documents de Munich, issues d’une collection privée. Le lot comporte un partage de champ d’Ur III, 3 textes paléo-babyloniens (une attribution de farine et de pain, un prêt de la région du Moyen-Euphrate, et une liste de témoin de la même région), une notice administrative néo-assyrienne, un fragment néo-assyrien comportant un nom divin et deux inscriptions de sceau élamites de Choga Zanbil.

– IDEM, « Keilschrifttexte aus Münchener Sammlungen », ZA 90/2, 2000, p. 263-280: le lot comporte 2 tablette d’Umma (un décompte de nourriture pour du bétail et une livraison de bœufs abattus), un contrat de louage de main d’œuvre de Larsa du début de la période paléo-babylonienne, 3 textes paléo-assyriens (2 reconnaissances de dettes et une quittance de paiement) et 2 textes juridiques d’Emar (achat d’un champ à Ninurta et aux Anciens d’Emar; adoption et mariage de l’adopté avec la fille de l’adoptant. Les clauses pénales prévoient que la rupture du lien adoptif est passible d’une indemnité de 60 sicles d’argent; l’adopté pourra quitter la maison de l’adoptant avec femme et enfants si l’adoptant rompt la filiation; à l’inverse, il perdra ses droits successoraux et l’autorité sur sa femme et ses enfants s’il prend l’initiative de la rupture).

T

– A. TAGGAR-COHEN, “An Index of grammatical Terms and Particles for “The Sumerian Language » by M.-L. Thomsen (Mesopotamia 10, Copenhagen: 1984) », Akkadica 89-90, 1994, p. 27-47.

– A. TSUKIMOTO, “Akkadian Tablets in the Hirayama Collection (II) », ASJ 13, 1991, p. 275-333: éd. complète de 26 tablettes documentant la vente d’esclaves, les dons de verger ou de servante, les successions (testaments, partages successoraux), le prêt, l’achat de personnes, l’extinction et la remise de dettes.

– IDEM, « Akkadian Tablets in the Hirayama Collection (III) », ASJ 14, 1992, p. 289-310: suite de l’éd. des tablettes datées du Bronze récent, et appartenant à la collection Hirayama. L’a. publie 7 textes contenant des conventions foncière, matrimoniale et d’asservissement, un décret royal protégeant les enfants d’un ancien esclave du palais, une liste d’objets pour la divinité et des fragments de rituels.

V

– M. VAN DE MIEROOP, Cuneiform Texts and the Writing of History, Londres, 1999: introduction à l’étude des sources cunéiformes. L’a. présente les différentes catégories de documents (administratifs, juridiques, épistolaires, historiographiques) et se penche sur plusieurs dossiers constitués à partir de lots significatifs de textes: les inscriptions royales, les actes privés, l’histoire économique et la question des genres et du statut des femmes.

– W. VAN SOLDT, “Three Tablets from Tell Hammâm et-Turkmân », in: Fs Houwink ten Cate, p. 275-291: éd. complète de trois tablettes trouvées en 1996. La première est une lettre paléo-babylonienne, présentant des affinités avec les documentations paléo-assyrienne et mariote. Un homme écrit à sa femme pour empêcher un marchand de vendre de l’huile à crédit ou à un prix trop faible. Le second texte est une courte lettre de la période mitanienne, et le troisième, en forme de cube inscrit sur trois côtés, contient une version paléo-babylonienne du vocabulaire Proto-Ea.

– N. VELDHUIS, « Cuneiform Tablets at the Groningen Institute for Semitics », ZA 93, 2003, p. 53-69 : publication de plusieurs tablettes conservées à Groningen en copie, photographie et transcription. On y trouve deux listes de rations d’orge, un reçu de farine, une liste de rations de bière, un « shepherd’s text » et un compte rendu d’inspection d’animaux de labour de Girsu, un reçu d’animaux, une transaction de colombes, un reçu d’animaux morts et l’enregistrement de la transaction de deux moutons de Drehem, un reçu de fagots de roseau, deux rapports d’inspection de travailleurs et une liste d’objets en cuir et de denrées d’Umma. Ces textes sont pour la plupart datés de l’époque d’Ur III. Quelques textes plus récents sont également présents : une étiquette paléo-babylonienne, des fragments de briques médio-babylonienne, néo-babylonienne et élamite.

W

– H. WAETZOLDT, “Die Berufsbezeichnung tibira », NABU 1997/96: tibira signifierait “sculpteur ».

– M. WEEDEN, « The Akkadian Words for ‘Grain’ and the God Haya », WO 39, 2009, p. 77-107: l’a. revient sur les deux termes akkadiens associés au sumérogramme ŠE, à savoir še’u(m) et e(y)yû(m). Il pense que le premier est issu du sumérien alors que le second est sémitique. Il associe ces deux termes aux deux dieux Ea et Haya, ce dernier étant l’époux divin de Nisaba, la déesse grain. [A. Mouton]

Sciences et techniques

A

– P. ABRAHAMI, « A propos des fonctions de l’asû et de l’âšipu: la conception de l’auteur de l’hymne sumérien dédié à Ninisina », Journal des Médecines Cunéiformes 2003, p. 19-20: l’hymne à la déesse Ninisina montre que l’âšipûtu, discipline consacrée au traitement des maladies, repose sur des savoirs fondamentaux dont dérivent notamment les techniques appliquées par l’asû, chargé des soins apportés aux blessures (pansage, incision, suture).

– F. N. AL-RAWI et A. R. GEORGE, “Enûma Anu Enlil XIV and Other Early Astronomical Tables », AfO 38-39, 1991-1992, p. 52-73: nouvelle édition de la série astrologique Enûma Anu Enlil complétée par de nouveaux fragments et comparaison avec des textes similaires.

– A. ATTIA, « A propos de la signification de šer’ânu dans les textes médicaux mésopotamiens: une question d’anatomie », Histoire des Sciences Médicales 34/1, 2000, p. 1-10: le sens premier de « tendon » pour šer’ânu est élargi par les médecins et les exorcistes pour désigner les structures anatomiques en forme de corde.

– O. AURENCHE, article “Mauertechnik in Anatolien », RlA 7, fasc. 7/8, 1990, p. 596-601.

B

– P. A. BEAULIEU, « The babylonian Man in the Moon », JCS 51, 1999, p. 91-99: considérations sur la façon dont les Babyloniens interprétaient leurs observations des configurations de la surface de la Lune; analyses de dessins portés sur tablettes et de textes afférents, en relation avec des mesures cosmiques.

– A. BECKER et U. BECKER, “Ein verkannter Prüfungstext: die neue Interpretation von HS 229″, BagM 24, 1993, p. 279-286: étude d’une tablette mathématique paléo-babylonienne de Nippur.

– R. D. BIGGS, article “Medizin. A. In Mesopotamien », RlA 7, fasc. 7/8, 1990, p. 623-629.

– IDEM, « Conception, Contraception and Abortion in Ancient Mesopotamia », in: Fs Lambert, p. 1-13: les quelques informations concernant la conception semblent indiquer que le père est perçu comme le seul véritable acteur de la procréation. Il féconde la femme, autrement dit donne la vie, alors que la femme donne naissance. L’a. examine aussi les méthodes contraceptives, et récuse l’idée que l’infanticide et l’exposition d’enfant soient utilisés comme des moyens de contrôle des naissances. Il étudie enfin les différentes substances réputées abortives dans les textes médicaux.

– J. P. BRITTON, “A Table of 4th Power and Related texts from Seleucid Babylon », JCS 43-45, 1991-1993, p. 71-87: éd. et commentaire d’un fragment de texte mathématique du British Museum contenant une table de puissance 4 issue des archives d’un astronome du Ier s. av. J.C.

C

– D. CADELLI, “Lorsque l’enfant paraît… malade », in: Enfance, p. 11-33: étude des maladies infantiles et des méthodes de diagnostic pédiatrique d’après les présages médicaux (TDP 40).

– L. CAGNI, “Rassegna di calendari: Ebla e Mesopotamia », Ricerche Storico-Bibliche 9/1, 1997, p. 35-56: synthèse analytique des calendriers du Proche-Orient ancien, portant notamment sur la division du temps (année, saison, mois, semaine, jour), les fêtes et rituels et les processions.

– Y. CALVET Y et B. GEYER, Barrages antiques de Syrie, Collection de la Maison de l’Orient Méditerranéen n° 21, Série archéologique 12, Lyon-Paris, 1992, 144 p.: étude de quelques barrages syriens, de l’âge du Bronze jusqu’à nos jours, représentatifs de l’adaptation des techniques aux exigences du milieu naturel et des besoins de la population.

– D. CHARPIN, « Les scribes mésopotamiens », in: Ecritures, p. 37-43: synthèse sur le travail du scribe (rédaction de contrats privés, comptabilité publique, correspondance royale) et leur formation. Il n’y a pas d’école au sens institutionnel, mais un enseignement dispensé à domicile par des lettrés; le cursus progressif passe par l’apprentissage du syllabaire, puis l’écriture de courts proverbes, de textes courts et enfin de compositions littéraires entières. La bibliothèque d’Assurbanipal témoigne d’un souci de sauvegarde du roi (majorité de textes divinatoires, conjuratoires et apotropaïques). Il existe des bibliothèques de temples, comme dans l’Ebabbar de Sippar, au contenu diversifié.

D

– A. DEGRAEVE, “Mesopotamian and its Northern Neighbours. Part I », Akkadica 99/100, 1996, p. 15 35: l’a. tente de retrouver l’origine de trois groupes de minéraux (ponce, corindon et alun) qui sont attestés dans les textes cunéiformes mais qui, absents de Mésopotamie, étaient importés par le biais du commerce, peut être du Caucase.

– J. -M. DURAND, « L’écriture cunéiforme », in: Ecritures, p. 21-32: l’invention de l’écriture résulte d’une approche conceptuelle et non phonétique de ce qui est noté. Les premiers textes nécessitent une lecture globale, les pictogrammes représentant en réalité de véritables « textogrammes », contenant des messages complexes. L’apparition de l’écriture s’inscrit dans un contexte religieux plutôt qu’utilitaire, la lecture des messages divins dans les astres ou les foies d’animaux ayant précédé l’écriture. Le système d’écriture sumérien met l’accent sur l’aspect notionnel, au contraire du système akkadien qui privilégie le phonétique.

E

– R. K. ENGLUND, « Archaic Diary Metrology », Iraq 53, 1991, p. 101-104: éd. d’une tablette proto-cunéiforme indiquant des unités de mesure applicables pour une jarre de lait (DUGc) et un produit šakirc.

F

– A. FADHIL, “Erdbeben im alten Orient », BagM 24, 1993, p. 271-278: à propos des secousses sismiques dans l’antiquité orientale.

– X. FAIVRE, “Le recyclage des tablettes cunéiformes », RA 89, 1995, p. 57-66: étude des tablettes mises au rebut, soit par réemploi de l’argile qui les compose afin d’écrire un nouveau texte, soit par utilisation dans l’architecture (remplissage, terrassement, etc.).

– L. J. FATOOHI et F. R. STEPHENSON, “Angular measurements in Babylonian astronomy », AfO 44-45, 1997-1998, p. 210-214.

– I. FINKEL, “On TDP Tablets XXIX and XXXI, and the Nature of SA.GIG », JCS 46, 1994, p. 87-88: le formulaire atypique de deux des tablettes médicales de la série SA.GIG laisse supposer l’existence d’autres textes composant la série mais non encore identifiés comme tels.

– J. FRIBERG, article “Mathematik », RlA 7, fasc. 7/8, 1990, p. 531-585.

– IDEM, “>Seed and Reeds Continued< Another Metro-Mathematical Topic Text from Late Babylonian Uruk », BagM 28, 1997, p. 251-365: éd. d’une tablette babylonienne tardive constituant le premier chapitre d’un manuel de géométrie et de métrologie, et consacrée aux diverses méthodes de mesure de contenu.

– IDEM, “Round and Almost Round Numbers in Proto-Literate Metro-Mathematical Field Texts », AfO 44-45, 1997-1998, p. 1-58.

– IDEM, « Mathematics at Ur in the Old Babylonian Period », RA 94/2, 2000, p. 97-188.

G

– A. R. GEORGE, “The Quarters of Babylon in the Astronomical Diaries », NABU 1997/18: dans les journaux astronomiques publiés par A. Sachs et H. Hunger, on retrouve des attestations de noms des quartiers de Babylone que l’on connaissait par ailleurs (Tintir V 92 104).

– J. -J. GLASSNER, « Dilmun et Magan: la place de l’écriture », RAI 42, p. 133-144: l’apparition de l’écriture dans le Golfe, à la fin du IIIe millénaire, relève d’une procédure d’imitation et non d’invention et répond à une nécessité sociologique et économique. Les cachets remplissent la double fonction d’identification et, corrélativement, de scellement d’un document.

– IDEM, « takâltu », NABU 2002/8: le terme takâltu, utilisé notamment dans le rituel du devin YOS XI 23:16, désigne les viscères.

– S. GREENGUS, « New Evidence on the Old Babylonian Calendar and Real Estate Documents from Sippar », JAOS 121, 2001, p. 257-267: utilisation des textes de Sippar récemment publiés pour reconstruire calendrier local et son synchronisme avec le calendrier standard sumérien de Nippur.

H

– W. HOROWITZ, « Two Abnu šikinšu Fragments and Related Matters », ZA 82/1, 1992, p. 112-122: éd. de deux nouveaux fragments de la série Abnu šikinšu et point des connaissances actuelles sur ces textes contenant des noms de minéraux et leur description.

– IDEM, “Two New ziqpu-star Texts and Stellar Circles », JCS 46, 1994, p. 89-98: éd; complète de deux fragments de tablettes astronomiques néo-babyloniennes.

– J. HOYRUP, “Mathematical Susa Texts VII and VIII. A Reinterpretation », AOF 20/2, 1993, p. 245-260: réinterprétation de deux textes mathématiques de Suse édités par E.M. Bruins.

– IDEM, “A Note on Water-Clocks and on the Authority of Texts », AfO 44-45, 1997-1998, p. 192-194.

– H. HUNGER, “Noch einmal: Wachstum eines Kindes vor der Geburt », NABU 1996/39: à propos d’une tablette calculant la taille d’un fœtus au début et à la fin de la grossesse.

I

– K. S. ISMA‘EL & A.R. GEORGE, « Tablets from the Sippar Library XI. The Babylonian Almanac », Iraq 64, 2002, p. 249-258: nouvelle éd. de l’almanach babylonien publié par Labat en 1941, dont le contenu peut être complété par la découverte de deux nouvelles copies découvertes dans le temple de Šamaš à Sippar.

J

– M. JURSA, “Zweierlei Mass », AfO 40-41, 1993-1994, p. 71-73: éd. d’une tablette mathématique du British Museum, d’époque chaldéenne ou du début de l’époque perse.

K

– J. KOCH, “Der Dalbanna-Sternenkatalog », WO 26, 1995, p. 43-85: trs. et trad. de la liste d’étoiles connue sous le nom de “texte Dalbanna », et examinée aussi par C. Walker.

– IDEM, “MUL.APIN II i 68-71″, AfO 42-43, 1995/1996, p. 155-162.

– IDEM, « Wache und Mine im antiken Mesopotamien », AfO 44-45, 1997-1998, p. 186-191.

L

– B. LAFONT, « Calendriers, almanachs et astrologie en Mésopotamie ancienne », in: J. Le Goff et al. (éd. ), Les calendriers, leurs enjeux dans l’espace et dans le temps, Colloque de Cerisy du 1er au 8 juillet 2000, Paris, 2002, p. 87-98: synthèse sur l’organisation du temps par le biais des calendriers et le recours à l’astronomie/astrologie par les rois assyriens.

– H. LIMET, “La perception de l’espace dans le Proche-Orient du Ier millénaire av. J.C. », Transeuphratène 8, 1994, p. 95-107: dans les sources babyloniennes et perses, la description des itinéraires est linéaire, énumérant les villes séparées par une journée de marche. On retrouve la même structure dans les narrations des mouvements de troupes assyriennes. Au contraire, les textes grecs expriment les distances par des unités de mesures. A toutes ces époques cependant, la notion de frontière est formellement reconnue.

– M. LIVERANI, “Lower Mesopotamian Fields: South vs. North », in: Fs Röllig, p. 219-227: les différences morphologiques des champs cultivés dans le nord (champs carrés ou irréguliers) et le sud mésopotamiens (champs allongés et étroits) s’expliquent par des considérations hydrauliques et des nécessités liées à l’irrigation.

M

– J. -Cl. MARGUERON, “Le bois dans l’architecture: premier essai pour une estimation des besoins dans le bassin mésopotamien », BSA VI, 1992, p. 79-96: la construction de bâtiments publics a toujours nécessité un approvisionnement régulier en bois, dès l’époque d’Obeid, essentiellement dans la partie méridionale de la Mésopotamie.

– J. L. MONTERO, “L’activité métallurgique dans la vallée du Haut Euphrate syrien (IIIe IIe millénaires av. J.C.), Akkadica 103, 1997, p. 6-28: l’a. étudie les sources, les moyens d’approvisionnement et la production métallurgique de la Syrie, à l’aide de données provenant des fouilles de sauvetage du Tishrin.

N

– K. R. NEMET-NEJAT, Cuneiform Mathematical Texts as a Reflection of Everyday Life in Mesopotamia, AOS 75, 1993 : l’essor économique intervenu vers la fin du IVe millénaire expliquerait l’apparition de l’écriture et le développement des mathématiques, indispensables aux nouvelles conditions de vie en société (sédentarisation, échanges économiques, modes de gouvernement). L’a. se penche sur les divers types de textes des époques paléo-babylonienne et séleucide (tables, listes de coefficients et problèmes pratiques).

– K. R. NEMET-NEJAT et R. WALLENFELS, “A Sealed Mathematical Tablet », NABU 1994/91: éd. d’une table de multiplication de Yale, comportant une empreinte de sceau. Cette pratique attestée pour la première fois renvoie peut-être à une sorte d’examen, l’apprenti scribe devant prouver qu’il sait calculer et utiliser un sceau.

– O. NEUGEBAUER, Vorlesungen über Geschichte der antiken mathematischen Wissenschaften, Erster Bd: Vorgriechische Mathematik, Die Grundlehren der mathematischen Wissenschaften 43, 2e éd., Springer Verlag, Berlin, Heidelberg, New York, 1989, 212 p.: à propos des mathématiques babyloniennes et égyptiennes.

P

– D. PARDEE, « Ugaritic Science », in: Fs Dion, vol. II, p. 223-254: aperçu des textes scientifiques ugaritiques (tératologie, astrologie, extispiscine, oniromancie et lexicographie), qui reflètent une tradition ouest-sémitique.

– L. E. PEARCE, « The Number Syllabary Texts », JAOS 116, 1996, p. 453 474: l’a. publie 4 fragments de “syllabaire numérique » en copie et trs./trd., qui s’ajoutent à une attestation récemment publiée. Ces textes se caractérisent par une équivalence numérique donnée à chaque signe du syllabaire (Syllabaire A). Ce serait la marque d’une tentative d’innovation scribale à la fin de la période d’utilisation du cunéiforme.

– O. PEDERSÉN, « Use of Writing among the Assyrians », RAI 39, p. 139-152: sur les divers usages de l’écrit par les Assyriens à toutes les époques: textes administratifs retrouvés dans les temples ou palais locaux méso- et néo-assyriens; bibliothèques des palais néo-assyriens destinées principalement aux lettrés et non aux institutions; archives privées dans 30 à 50% des maisons fouillées à Aššur et Kaneš, pour les époques paléo- et néo-assyriennes.

– A. PICHOT, La naissance de la science, 1. Mésopotamie, Egypte, Paris, Folio essais, 1991.

R

– E. REINER, “Two Babylonian precursors of astrology », NABU 1993/26: sur deux précurseurs néo-babyloniens de l’astrologie grecque, l’un associant les planètes aux parties du corps humain, et l’autre subordonnant les actions humaines à la position de la lune dans le ciel.

– K. REITER, Die Metalle im Alten Orient unter besonderer Berücksichtigung altbabylonischer Quellen, AOAT 249, 1997.

– F. ROCHBERG-HALTON, « Between Observation and Theory in Babylonian Astronomical Texts », JNES 50/2, 1991, p. 107-120: classification et comparaison des textes astrologiques d’après la méthode théorique ou pratique utilisée.

S

– D. W. W. STEVENSON, “A proposal for the irrigation of the hanging gardens of Babylon », Iraq 54, 1992, p. 35-55: les 125 m2 de jardins suspendus du palais de Babylone étaient arrosés par un système mécanique placé le long du mur parallèle à l’escalier central séparant les deux parties des jardins. Des dessins illustrent cette hypothèse.

– M. STOL, « De Babyloniërs dronken bier », Phoenix 37/1, 1991, p. 24-39: sur les procédés de fabrication de la bière, les diverses sortes de bières et les autres boissons consommées en Babylonie.

T

– V. TUMAN, « Astronomical Dating of MUL.APIN Tablets », RAI 38, p. 397-414.

V

– G. VISICATO, « Uso e diffusione di alcune unità di misura in periodo Presargonico e Sargonica: NI-ga e gur-sag-gál », SEL 9, 1992, p. 3-10: l’utilisation puis l’abandon des unités de mesures reflète des changements économiques, politiques et sociaux. L’abandon du Ni-ga, remplacé par le gur-mah à l’époque protodynastique marque le recul de l’influence du nord sur le sud; la diffusion du gur-sag-gál correspond à l’accès au pouvoir de Mesanepada d’Ur; l’utilisation du gur-lugal est liée à l’affirmation de Lugalzagesi d’Uruk; enfin, la diffusion plus vaste du gur-a-ga-dèki coïncide avec la dynastie de Sargon.

W

– C. WALKER, “The Dalbanna Text: a Mesopotamian Star-list », WO 26, 1995, p. 27-42: trs. des diverses tablettes et fragments composant le texte dit de Dalbanna, qui contient une liste d’étoiles.

Géographie, histoire

A

– P. ARTZI et A. MALAMAT, “The Great King. A preeminent royal title in cuneiform sources and the Bible », in: Fs Hallo, p. 28-38: examen du titre de Grand Roi dans les textes orientaux, tant cunéiformes que bibliques. Quoique bien attestée à Mari, l’expression prend la valeur d’un titre standard chez les Hittites et dans les tablettes d’El-Amarna. L’usage de cette appellation décline au Ier millénaire, dans les documents mésopotamiens, tandis qu’il se maintient dans les sources bibliques.

– J. ASHER-GREVE, « Observations on the historical relevance of visual imagery in Mesopotamia », in: Histoire, p.175-195: sur l’art mésopotamien et ses liens avec la conscience historique des sociétés du Proche-Orient ancien. Le message visuel s’adresse à tous, tandis que le message écrit atteint l’élite sachant lire.

– M. ASTOUR, “Haššu and Hasuwan. A Contribution to North Syrian History and Geography », UF 29, 1997, p. 1-66: les attestations de ce NG, depuis l’époque paléo-babylonienne jusqu’à l’empire néo-assyrien semblent indiquer une localisation à Tell Beddâyeh.

B

– M. BONECHI, “Remarks on the III Millenium Geographical Names of the Syrain Upper Mesopotamia », Subartu IV/1, 1998, p. 219-241: étymologie et traduction des toponymes du triangle du Habur jusqu’à l’Euphrate.

– M. BONECHI & A. CATAGNOTI, « Le volcan Kawkab, Nagar et problèmes connexes », NABU 1992/65: le toponyme Kakkabân figurant dans une tablette administrative de Brak (peut-être l’ancienne Nagar) désigne le volcan Kawkab. Ce texte permet de déterminer les principaux centres géo-politiques d’une aire comprise entre Šehnâ (= Leilan) à l’est, Urkis au nord et Kawkab au sud. L’éd. d’une lettre de Mari mentionnant le même volcan est l’occasion d’une étude sur l’origine de ce toponyme et sa persistance à partir de l’époque sargonique.

– G. BUNNENS, « Syria in the Iron Age. Problems of Definition », in: Syria, p. 3-19: géographiquement, la Syrie de l’âge du Fer couvre une région délimitée au sud par l’Egypte et le Sinaï, au nord par l’ancienne Marqasi (Marash), à l’est par Guzanna (Tell Halaf) et à l’ouest par le Liban et la vallée de l’Oronte. C’est l’observation de traits culturels communs, au Bronze récent et au Fer, qui détermine la délimitation géographique de cette région: un système de petits Etats territoriaux centrés sur une capitale hébergeant un palais; le développement de formes artistiques diffusant l’idéologie royale; le plurilinguisme; l’organisation sociale tribale; l’essor de secteurs économiques non palatiaux.

C

– F. CARROUÉ, “Études de géographie et de topographie sumériennes II. A la re­cherche de l’Euphrate au IIIe millénaire », ASJ 13, 1991, p. 111-156: suite de l’art. du même a. paru dans ASJ 8, 1986, p. 13-57. L’a. reprend le dossier concernant la localisation du cours de l’Euphrate au IIIe millénaire à partir des données écrites et géographiques, et contredit l’opinion dominante qui appelle “Euphrate » un ensemble de cours d’eau ramifiés en aval de Sippar. L’analyse des sources montre que la terminologie usitée est souvent floue, en raison des nombreux bras du fleuve et des fluctuations fréquentes de son cours. Les noms spécifiques et partiels dominent localement. Une carte reconstitue l’itinéraire présumé de l’Euphrate.

– IDEM, “Études de géographie et de topographie sumériennes III. L’Iturungal et le sud sumérien », ASJ 15, 1993, p. 11-69: étude d’ensemble du réseau d’irrigation du sud sumérien. Les régions d’Ur et d’Uruk étaient alimentées en eau grâce à une dérivation de l’Euphrate, effectuée dans le premier cas grâce à chenal, en amont de Nagsu (l’Idnun, un bras de l’Iturungal), et dans le second cas par un barrage sur le fleuve en amont d’Uruk (l’Iturungal). La domination d’Ur sur Uruk et Lagaš tient entre autres à cette raison hydrographique.

– D. CHARPIN, “Une mention d’Alašiya dans une lettre de Mari », RA 84, 1990, p. 125-127: éd. d’une tablette fragmentaire de Mari montrant que le toponyme Alašiya désigne une ville de Chypre et non l’île de Chypre elle-même. La ville en question pourrait être Enkomi.

– M. W. CHAVALAS, “Ancient Syria: A Historical Sketch », in: Ancient Syria, p. 1-21: synthèse historique sur la Syrie pré-classique, incluant les récentes découvertes archéologiques et épigraphiques.

– P. CLANCIER, « Le Moyen-Euphrate de l’implantation des Araméens à la période romaine », dans Christine KEPINSKI, Olivier LECOMTE, Aline TENU (éd.), Studia euphratica, Le Moyen Euphrate iraquien révélé par les fouilles préventives de Haditha, 2007 : Très utile synthèse qui utilise sources cunéiformes et classiques pour donner une histoire aussi suivie que possible de l’intégration du Moyen-Euphrate dans les grands ensembles, néo-assyrien, néo-babylonien, puis achéménide. L’article décrit également les routes, terrestres et fluviales, qui y passent, ainsi que leur usage diplomatique et militaire : contrôler le Moyen-Euphrate, c’est tenir l’un des accès à la Babylonie. La région sert à la fois de point de passage pour le commerce caravanier et de point de contrôle des populations nomades, araméennes puis arabes qui menacent la Mésopotamie.

– IDEM, « La Babylonie hellénistique. Aperçu d’histoire politique et culturelle », Topoi 15, 2007, p. 21-74 : Synthèse sur la Babylonie hellénistique, telle qu’elle est connue par les textes de la pratique provenant surtout des temples, et par les textes littéraires et savants. Etude des rapports entre notabilités babyloniennes et les monarchies hellénistiques, de la survie économique et culturelle de la Babylonie séleucide, puis analyse des derniers temps de la culture suméro-akkadienne en Mésopotamie.

– S. W. COLE et V. G. GURZADYAN, « Ur III Eclipses Revisited », Akkadica 113, 1999, p. 1-5: les aa. réfutent les propositions de J. Koch dans NABU 1999/132 et réaffirment la validité de la chronologie proposée dans H. Gasche et al., MHEM IV, 1998.

– J. COOPER, « Literature and History. The historical and Political Referents of Sumerian Literary Texts », RAI 45, p. 131-147: l’a. conteste l’interprétation historicisante de la littérature sumérienne (van Dijk, Wilcke), présumée déguiser dans une allégorie mythologique des événements et des personnages politiques réels. Rien ne prouve l’existence d’une royauté élective sumérienne que les rois d’Akkad auraient combattue, ni d’une volonté chez ces mêmes rois de détruire le système religieux sumérien en remplaçant An et Enlil par Inanna ou Ištar d’Akkad. Dès lors, chercher dans la littérature sumérienne de l’époque d’Ur III des indices du violent ressentiment sumérien contre la dynastie de Sargon, conduit à un contresens. La malédiction d’Akkad insiste sur les dangers dévastateurs d’une attitude contestataire du roi envers le destin fixé par les dieux; Inanna et Šukaletuda ne poursuit pas un objectif politique mais peut-être astrologique.

– H. CRAWFORD, Sumer and the Sumerians, Cambridge University Press, 1991, x + 182 p., index, bibliogr.: l’a. souligne l’importance de la période d’Uruk, époque d’innovations technologiques (irrigation, écriture, roue…) et politiques (émergence des premières formes de gouvernement à caractère religieux). Progressivement, on passera d’un système politique dominé par le temple (cités-états) à un contrôle centralisé où le pouvoir est détenu par un roi divinisé, secondé par une bureaucratie organisée. Ces changements auront une incidence sur la société (développement d’une classe moyenne cosmopolite, composée surtout de marchands, vers la fin de l’époque d’Ur III), sur la propriété (le Palais reste le premier propriétaire foncier, et procède à des concessions de terres) et sur l’architecture et la vie religieuse (cf. les tombes royales d’Ur).

D

– S. DALLEY (éd. ), The Legacy of Mesopotamia, Oxford, 1998, xii + 227 p.: études sur l’influence de la Mésopotamie sur les civilisations araméenne, biblique, perse, grecque et sassanide et islamique, à travers notamment la science astrologique et la littérature.

– L. DEKIERE, « Some Remarks on Sippar-Amnānum = Sippar-rabûm' », NABU 1991/110: relecture et translittération de 3 textes du British Museum contestant l’assimilation de Sippar-Amnānum à Sippar-rabûm.

F

– F.M. FALES, “From Allabra to Lapsia », SAAB 3/2, 1989, p. 133: la ville d’Allabra est mentionnée dans les Annales d’Assurnasirpal II et réapparaît dans une lettre de Sargon II sous le nom de Lapsia.

– IDEM, “Mari: an additional note on ‘Rasappu and Hatallu' », SAAB 6/2, 1991, p. 105-107: l’a. conteste la localisation du Rasappu proposée par M. Liverani, qu’il situe dans le bas-Habur. La ville de Marê, citée à l’époque néo-assyrienne, est bien celle de Mari, d’après une inscription de Tell Bderi d’époque médio-assyrienne.

– D. FRAYNE, « Historical Texts in Haifa: Notes on R. Kutscher’s ‘Brockmon Tablets' », BiOr 48, 1991, p. 378-409: commentaires historiques et géographiques développés sur Naram-Sîn, Erridu-pizir, Šu-Sîn et Ammi-ditana.

– IDEM, “On the Location of Simurrum », in: Fs Astour, p. 243-269: la ville serait située sur la Diyala, près de l’ancienne Karahar, et commanderait l’accès vers Kirkuk. La rivière Sirwan pourrait avoir été nommée d’après le nom de l’ancienne cité de Simurrum.

– R. FRYE, « Assyria and Syria: synonyms », JNES 51/4, 1992, p. 281-285: l’a. maintient avec Hérodote que les Grecs appelaient les Assyriens des Syriens, et conteste la proposition de J. Tvedtnes (JNES 1981) qui rattachait le terme Syrie à un dérivé de Hurri via le copte *Suri.

G

– P. GARELLI et A. LEMAIRE, Le Proche-Orient asiatique, tome 2, Les empires mésopotamiens, Israël, Nouvelle Clio, 2e éd., 1997, x + 354 p.: nouvelle édition revue et augmentée du manuel paru en 1974.

– P. GARELLI, J. -M. DURAND, H. GONNET et C. BRENIQUET, Le Proche-Orient asiatique, tome 1, Des origines aux invasions des peuples de la mer, Nouvelle Clio, 2e éd., 1997, lxx + 380 p.: l’ouvrage couvre la période qui s’étend depuis la naissance de la civilisation urbaine jusqu’aux invasions araméennes. Il est conçu comme un manuel. Il contient une bibliographie abondante et dégage les problématiques afférentes à chaque période historique.

– H. GASCHE et al., Dating the Fall of Babylon A Reappraisial of Second-millenium Chronology, MHEM 4, 1998: nouveau synchronisme pour la période allant d’Ur III aux Kassites, d’après les données archéologiques et les rapports d’observation du ciel, notamment des éclipses. Il en ressort que les derniers rois de la première dynastie de Babylone sont contemporains des premiers rois kassites, la chute de Babylone étant désormais datée en 1500 et non plus en 1596.

– EIDEM, « A Correction to Dating the Fall of Babylon. A Reappraisal of Second-Millenium Chronology (= MHEM 4), Ghent and Chicago, 1998 », Akkadica 108, 1998, p. 1-4.

– H. GASCHE et S. W. COLE, « Irnina, Zubi and Other Watercourses in the Area North of Sippar: A Summary », in: Fs Huot, p. 197-210: nouvelle localisation de l’Irnina et de la Zubi, contredisant les conclusions de Jacobsen et plus conformes aux sources textuelles (localisation du district de Sîn dans le Cadastre d’Ur-Nammu, itinéraire entre Sippar et Mankisum, mouvements de troupes dans la guerre de Mari et Babylone contre les Elamites).

– A. R. GEORGE, Babylonian Topographical Texts, OLA 40, 1992, xvii + 504 p., 58 pl.: étude des textes topographiques de la fin du premier millénaire, concernant surtout Babylone, mais aussi Nippur, Aššur, Ur, Uruk et Kiš.

– M. GERHARDS, « Die biblischen ‘Hethiter’ « , WdO 39, 2009, pp. 145-179: l’a. revient sur l’identité, ou plus exactement, les identités diverses des « Hittites » de l’Ancien Testament. Il distingue ainsi 3 groupes ethniques: 1) les Cananéens de l’époque pré-israélite ; 2) la population proche de David ; 3) les « Néo-hittites » de Syrie du Nord. Pour l’a., les 2 premiers groupes désignent plus particulièrement des populations d’origine hourro-hittite vivant en Palestine. [A. Mouton]

– J. -J. GLASSNER, Chroniques mésopotamiennes, Paris, 1993, 304 p., index, bibliogr.: présentation et traduction de 52 chroniques historiographiques mésopotamiennes, établies à partir du règne d’Utu-⁄egal d’Uruk, jusqu’à l’époque séleucide. Ces documents sont destinés à situer chronologiquement des faits historiques et politiques. L’a. analyse le récit d’origine de la royauté, conçu selon un enchaînement cyclique de fondations et de destructions analogue à l’ordre généalogique humain. Les chroniques néo-babyloniennes révèlent une approche plus objective et descriptive des événements. Quant aux chroniques assyriennes, elles sont le reflet de l’histoire officielle contrôlée par le pouvoir politique.

– IDEM, « Le devin historien en Mésopotamie », RAI 45, p. 181-193: les historiens et devins mésopotamiens ont une conception circulaire du temps (bala, dâru), que les modernes ont tacitement travestie en temps linéaire en fonction de leurs propres repères temporels. Mieux vaut lui substituer un schéma sinusoïdal, marqué par un enchaînement de phases (expansion/récession) plutôt que d’étapes progressives. La connaissance historique d’un fait dépend alors de la transmission et de l’emploi des sources pertinentes. La chute de l’empire d’Ur III fait l’objet d’une analyse à la fois historique et historiographique (cf. infra Glassner IV) alors que la révolte sous le règne de Narâm-Sîn d’Akkad relève d’une démarche moins historique que commémorative, sans recul critique, où l’enjeu est la construction de la mémoire et non la vérité factuelle, perçue comme anecdotique.

– IDEM, La Mésopotamie, Paris, 2002: manuel d’introduction à l’histoire mésopotamienne divisé en deux parties, la première consacrée à la Mésopotamie (histoire, pays et essor urbain, organisation politique et sociale, vie économique) et la seconde à l’homme mésopotamien (espace et temps, religion, lettres et savoirs, arts, loisirs, vie privée), le tout complété par des cartes, tableaux et illustrations.

– S. GROSBY, “Borders, Territory and Nationality in the Ancient Near East and Armenia », JESHO 40, 1997, p. 29: l’a. s’intéresse plus particulièrement à l’idée de nation ouest-sémitique et arménienne, exprimée dans une conception de la citoyenneté translocale.

J

– C. JANSSEN, “Texts and material remains (1): Arabic geographical accounts on the vicissitudes of Tadmur and its road », Akkadica 91, 1995, p. 23-32: approche pluridisciplinaire autour de la ville de Palmyre. Les informations textuelles issues des sources arabes sont confrontées aux documents cunéiformes mentionnant le site et aux vestiges archéologiques. L’a. reconstitue la route reliant les villes de l’Euphrate avec la Syrie centrale.

– F. JOANNÈS, “La dénomination antique de la dépression d’Umm Rahal », NABU 1993/28: l’actuel lac salé d’Umm Rahal est désigné par les termes ammum/amûm au IIe millénaire, et hamâte au Ier millénaire.

K

– J. KLEIN, M. STOL, M. MCGUIRE GIBSON, D. P. HANSEN & R. L. ZETTLER, article « Nippur », RlA 9, 2001, p. 532-565.

– H. KLENGEL, Kulturgeschichte des alten Vorderasien, Veröffentlichungen des Zentralinstituts für Alte Geschichte und Archäologie der Akademie der Wissenschaften der DDR Bd 18, Berlin, 1989, 564 p.: manuel d’histoire du Proche-Orient depuis les phases les plus anciennes (2800 av. J.C.) jusqu’aux Achéménides. Pour chaque période, l’a. fait le point sur l’histoire, le droit, la société, la religion, l’écriture, les sciences, la littérature et l’architecture.

– IDEM, Syria 3000 to 300 B.C. A Handbook of Political History, Berlin, 1992, 263 p.: manuel d’histoire politique syrienne, à partir du Bronze ancien, marqué par le développement du mouvement urbain et la constitutions d’entités territoriales du type d’Ebla, jusqu’à la domination perse.

– IDEM, « The ‘Crisis Years’ and the New Political System in Early Iron Age Syria. Some Introductory Remarks », in: Syria, p. 21-30: les mutations ethniques et les changements économiques et internationaux modifient les pratiques politiques syriennes: les nouvelles entités hittites ou araméennes sont dominées par une économie de type familial (à une échelle réduite à la maison) différente du système antérieur, très centralisé. L’arrivée de l’Assyrie dans les prvocines syriennes, avec notamment la prise de Karkémiš en 717 marque la fin de ces principautés araméennes et hittites. L’enjeu des conflits entre Assyriens et Egyptiens se situera désormais sur la côte ouest où s’installent des cités-Etats phéniciennes indépendantes.

– A. KUHRT, The Ancient Near East c. 3000-330 B.C., 2 vol., Londres et New York, 1995, xxviii + xix + 782 p., index, bibliogr.: manuel d’histoire orientale incluant l’Egypte et la Bible, depuis l’invention de l’écriture jusqu’à l’époque achéménide. L’a. illustre ses développements par des citations de textes et des références bibliographiques parfois incomplètes.

L

– S. LACKENBACHER, “L’image du désert d’après les textes assyro-babyloniens », in: Le désert. Image et réalité, Actes du colloque de Cartigny (1983), Cahiers du CEPOA 3, Louvain, 1989, p. 67-79: à partir de textes mythologiques (Atrahasis, Erra, Gilgameš), religieux (hymnes à Šamaš), sapientiaux, magiques et historiques (kudurru, campagne de Sargon II), l’a. analyse la vision mésopotamienne du désert. Il s’agit tantôt d’un espace non urbain (sêru, “rase campagne », ie steppe) ou d’un lieu de soif et de faim (“terre de sel »).

– M. LEBEAU, “Esquisse d’une histoire de la Haute Mésopotamie au début de l’âge du Bronze », ZA 80/2, 1990, p. 241-296: synthèse historique sur le développement des civilisations urbaines de la Mésopotamie septentrionale. Après l’expansion urukéenne, marquée par des contacts commerciaux avec la Syrie et l’Egypte, une phase de récession sociale et économique intervint vers 3000 av. J.C., marquée notamment par un relâchement des réseaux commerciaux orientés vers le nord et un exode rural important. Les activités reprendront, axées cette fois vers le sud (Oman) et consacreront l’hégémonie de certains centres urbains, en particulier de Mari, à partir de la seconde moitié du IIIe millénaire. L’a. considère que l’Euphrate n’est pas une voie de communication essentielle.

– A. LEMAIRE, “Ambassades, traités, hégémonies au Levant (Xe-VIIIe siècles avant notre ère) », in: Relations internationales, p. 119-142: après avoir présenté les principales forces politiques en présence (principalement l’Egypte au Xes. et l’empire néo-assyrien aux IXe-VIIIe s.), l’a. examine l’activité diplomatique entre Etats à travers l’envoi d’ambassades (changement de roi, contexte militaire).

– O. LORETZ et W. MAYER, “Pûlu-Tiglat-pileser III. und Menahem von Israel nach assyrischen Quellen und 2 Kön. 15, 19-20″, UF 22, 1990, p. 221-231: interprétation de deux passages de la Bible (II Rois 15, 19-20 et I Chron. 5, 26) à la lumière des sources assyriennes. La comparaison révèle les différences d’éthique et de but des deux rédacteurs.

– M. LUCIANI, “Zur Lage Terqas in schriftlichen Quellen », ZA 89/1, 1999, p. 1-23: l’a. répertorie trois toponymes pour Terqa, deux au IIe milénaire (l’une située à l’ouest et connue depuis le IIIe millénaire et l’autre identique à Tall ‘Ašâra) et une troisième au Ier millénaire, située en Transtigrine.

M

– J. -C. MARGUERON, Les Mésopotamiens, 2 vol., Paris, 1991, 229 p. et 232 p.: approche archéologique de l’histoire mésopotamienne. L’a. présente le milieu physique dans lequel se sont épanouies les civilisations orientales et décrit la maîtrise progressive des ressources naturelles débouchant sur une amélioration des techniques et des outillages. La révolution urbaine, vers le 4e millénaire, marque un tournant dans l’histoire orientale; l’habitat urbain évolue selon les types de bâtiments (palais, maisons individuelles, temples) et les types d’architecture (circulaire, octogonale…). L’a. se penche aussi sur l’apparition de l’écriture, justifiée par la nécessité de transmettre une pensée, sur le métier de scribe et sur la formation des bibliothèques.

– D. MATTHEWS et J. EIDEM, “Tell Brak and Nagar », Iraq 55, 1993, p. 201-207: étude de l’inscription d’un sceau de Tell Brak, conservé à Alep, qui conforte l’identification possible de l’ancienne Nagar avec l’actuel Tell Brak.

– W. MAYER, “Der Weg auf den Thron Assurs. Sukzession und Usurpation im assyrischen Königshaus », in: Fs Loretz, p. 533-555: présentation chronologique de tous les cas de rupture de la succession dynastique, justifiés notamment par l’absence de descendance masculine ou le jeune âge de l’héritier trop jeune. Dans ces cas, une nouvelle dynastie est créée par le roi, qui choisit son héritier dans sa propre lignée et non parmi les descendants de son prédécesseur. L’a. s’interroge aussi sur les règles de légitimation de l’usurpateur.

– P. MICHALOWSKI, “On the Early Toponymy of Sumer: A Contribution to the Study of Early Mesopotamian Writing », in: Gs Kutscher, p. 119-133: étude paléographique des NG attestés dans les sources d’Uruk, Jemdet Nasr et Ur à l’époque des dynasties archaïques.

– IDEM, « Sumer Dreams of Subartu: Politics and the Geographic Imagination », RAI 42, p. 305-315: le terme Subir/Subartu désigne d’une manière générale le nord dans la cosmologie du sud mésopotamien, et les territoires nord-est pour les rois d’Ur III, cette dénomination recouvrant une représentation changeante, selon les motivations politiques auxquelles elle correspond.

– C. MICHEL, « Nouvelles données pour la chronologie du IIe millénaire », NABU 2002/20: ajustement des conclusions exposées à l’article de JEOL 35-36, à partir des analyses affinées de la dendrochronologie, qui incitent à n’abaisser la chronologie moyenne que d’une quinzaine d’années.

– C. MICHEL et P. ROCHER, « La chronologie du IIe millénaire revue à l’ombre d’une éclipse de soleil », JEOL 35-36, 1997-2000, p. 111-126: l’étude combinée des données astronomiques, à partir de la mention d’une éclipse de soleil dans la Chronique éponymale de Mari comparée à la Kültepe Eponym List, et des données de la dendrochronologie, de l’archéologie et des textes, permet de dater l’éclipse précédant la naissance de Samsî-Addu en 1795 et conduit à abaisser la chronologie moyenne de 51 ans.

N

– N. NA’AMAN, « The Assyrian Outpost of Aribua = Modern Sfire? », NABU 2003/37: propose d’identifier Sfire à Aribua, pour en faire un avant-poste assyrien, dont les fonctions militaires et administratives expliqueraient la conclusion d’un traité à cet endroit.

O

– B. ODED, “Observations on the Israelite/Judean Exiles in Mesopotamia during the Eighth-sixth Centuries BCE », in: Fs Lipinski, p. 205-212: l’a. passe en revue la condition économique, sociale et juridique des exilés hébreux en Mésopotamie. En général, le but de ces déportations était économique et politique, mais n’emportait pas d’oppression, d’intolérance religieuse ou d’humiliations. Les déportés affectés à des travaux agricoles recevaient souvent une terre du palais, qu’ils transmettaient à leurs héritiers. Les exilés urbains se livraient à l’artisanat ou au commerce. D’autres étaient enrôlés dans l’armée impériale ou conservaient leur métier d’origine. Les communautés s’organisaient autour d’un chef politique issu de la dynastie davidique, d’un conseil des “Anciens en Exil » et du clergé.

P

– A. H. PODANY, The Land of Hana. Kings, Chronology and Scribal Tradition, Bethesda, 2002, xiii + 305 p.: synthèse historique sur le royaume de Hana entre les XVIIIe et XIIIe siècles, à partir du corpus des 31 tablettes publiées de Terqa, dont 17, issues de fouilles clandestines, sont rééditées dans l’ouvrage. La chronologie interne des textes est organisée à partir de critères issus de la diplomatique et de la prosopographie. Dans la phase ancienne de son histoire (XVIIIe-XVIe s.), Terqa fut rattachée au royaume de Babylone au moment de la conquête hammurabienne, avant d’accéder à l’indépendance par une révolte contre Samsu-iluna, puis de retomber sous domination babylonienne à partir du règne d’Ammi-saduqa. Après la chute de la 1ère dynastie de Babylone se place une série de rois à l’onomastique mariote, mais dont les sceaux relèvent clairement de l’époque médio-babylonienne, laquelle est subdivisée par l’a., en ce qui concerne le “Pays de Hana », en période moyenne (1595-1400) et période récente (1400-1200). L’analyse diplomatique des sources pointe d’une part les constantes des documents et d’autre part les variantes de forme et de contenu. La clause nasbum est comprise par l’a. en référence au terme sabâ’um, “incontestable » (cf. H. Kümmel).

– B. PONGRATZ-LEISTEN, “Toponyme als Ausdruck assyrischen Herrschaftsanspruch », in: Fs Röllig, p. 325-343: analyse du choix des noms attribués aux villes, notamment aux villes nouvelles, dans la perspective d’une étude de la politique de conquête militaire des Assyriens, traduisant l’aspiration universaliste des rois.

– J. N. POSTGATE, Early Mesopotamia. Society and Economy at the Dawn of History, Londres, 1992, xxiii + 367 p., bibliogr., index: manuel sur l’histoire du sud mésopotamien entre 3000 et 1500 av. J.C., évoquant les institutions, les villes, l’économie et la société. La césure chronologique est justifiée par l’altérité totale que représentent les états cassite et médio-assyrien par rapport à la koiné sociale et politique suméro-akkadienne.

Q

– E. QUINTANA, « La géographie de Sargon », NABU 1992/92: l’a. conteste la localisation et l’étendue du Subartu proposées par F. Vallat sur la base du texte KAV 92.

R

– M. ROAF, Cultural Atlas of Mesopotamia and the Ancient Near East, New York, Oxford, Equinox, 1990, 238 p., bibliogr., index, ill. (éd. française, Brepols, 1991, trad. de Ph. Talon) : l’a. utilise les données archéologiques, géographiques et historiques pour étudier les communautés humaines du Proche-Orient, depuis les premiers villages jusqu’aux empires puissants, en insistant sur l’importance des villes (le développement urbain, les conflits et rivalités, le commerce, le pouvoir).

S

– W. SALLABERGER, “Der antike Name von Tell Beydar: Nabada (Na-ba4-daki/Na-ba-ti-umki), NABU 1998/130.

– C. SAUVAGE, Trade and Exchanges in the Late Bronze Age: an Adaptation to the Environmental Milieu, dans H. Kühne, R. M. Czichon, F. J. Kreppner (éd.), 4 ICAANE. Proceedings of the 4th International Congress of the Archaeology of the Ancient Near East, Wiesbaden, 2008, p. 207-218: cet article s’intéresse aux conditions de navigation en Méditerranée à la fin du l’âge du bronze : il montre que le calcul des routes se fait de manière assez précise, que la navigation loin des côtes est possible. Les marins s’adaptent au milieu, choisissant l’emplacement des ports en conséquence, ou le modifient pour favoriser la navigation, comme à Ougarit où les tours des temples servent de point de repère, ou à Dor où le port est aménagé en fonction des besoins. [L. Graslin-Thomé]

– G. SELZ,  » “Guter Hirte, Weiser Fürst ». Zur Vorstellung von Macht und zur Macht der Vorstellung im altmesopotamischen Herrschaftsparadigma », AOF 28, 2001/1, p. 8-39: étude des représentations du pouvoir sumérien dans l’iconographie et les inscriptions, et de l’idéologie qu’elles convoient, notamment la notion de « bon pasteur ». Celle-ci ne s’enracine sans doute pas dans un milieu pastoral et semi-nomade mais remonte à l’époque paléo-sumérienne, quoiqu’elle n’y soit pas une image courante et typique de la fonction royale. Elle est surtout exploitée par Gudea et Šulgi pour illustrer la sagesse du gouvernant, le premier insistant sur sa piété (bâtisseur de temples) et le second sur sa mission de justice. Ces deux aspects ne sont que les variantes d’un même idéal politique, exprimé dans les emplois du verbe composé si–sá, signifiant fondamentalement « ajuster ensemble les cornes (des animaux) » et par extension « mettre en ordre, régler, normaliser ». Le concept de « bon pasteur » traduit le devoir pour le roi d’assurer le bien-être du pays et symbolise sa légitimité et son efficacité, tirées de sa sagesse et de ses capacités physiques.

– G. STEINER, « LÚ HÉ.ŠÈ.GE4.GE4.A: Misserfolge und Erfolge der Diplomatie im alten Orient », RAI 38, p. 367-373: synthèse sur la diplomatie orientale à travers les sources littéraires ou politiques. L’a. examine les causes des conflits opposant des états rivaux (e.g. Umma et Lagaš; Hatti contre Egypte) ou des états vassaux à leurs protecteurs puissants.

– P. STEINKELLER, “The Location of Kuwara », NABU 1995/91: l’a. revient sur son identification de Kuwara avec Tell ‘Ubaid, et propose Rejibah, près d’Ur.

– R. R. STIEGLITZ, “The City of Amurru », JNES 50, 1991, p. 45-48: l’a. analyse deux lettres, l’une du Pharaon à Aziru, prince d’Amurru, provenant d’Amarna, et l’autre d’Ugarit, relatant un jugement rendu devant les rois de Karkémish et d’Amurru. Le royaume d’Amurru, situé entre Byblos et Arwad, avait pour capitale une ville du même nom, qui pourrait être identifiée à l’actuel Tell Kazel (l’antique Sumur des textes d’Amarna).

– E. STONE, « The Ur III-Old Babylonian Transition: An Archaeological Perspective », Iraq 64, 2002, p. 79-84: les différences observées entre les tablettes d’Ur III (archives publiques) et celles du début de l’époque paléobabylonienne (archives privées) reflètent un processus différencié d’érosion des sites plutôt qu’un changement réel de la société au tournant des IIIe et IIe millénaires. Il n’y a donc pas rupture mais continuité entre les textes administratifs d’Ur III et les archives privées du début d’Isin-Larsa, l’ensemble documentant les deux facettes d’une même société.

T

– O. TAMMUZ, “The Location of Lagaba », RA 90, 1996, p. 19-25: une lettre inédite de Lagaba permet de montrer que cette ville était située sur les bords d’un canal reliant l’Euphrate à la ville de Kutha.

V

– F. VALLAT, “Amurru et Subartu dans la ‘Géographie’ de Sargon », NABU 1992/117: réponse à l’article de E. Quintana (NABU 1992/92), à propos des superficies indiquées pour les pays d’Amurru, des Lullubi et d’Anšan.

– R. J. VAN DER SPEK, “Assyriology and History. A Comparative Study of War and Empire in Assyria, Athens and Rome », in: Fs Hallo, p. 262-270: analyse de l’impérialisme dans l’Antiquité, à travers les exemples de l’Assyrie, de la Grèce et de Rome. La guerre est une nécessité pour l’expansion territoriale et l’accroissement des richesses, mais aussi un fait de société mettant en valeur la bravoure et le courage des guerriers et enfin un moyen pour les gouvernants de légitimer et d’assurer leur présence au pouvoir.

– G. VAN DRIEL, « Spijkers met koppen, II. Maškan-šapir: een begin bij de Tigris », Phoenix 37/1, 1991, p. 55-56: sur la localisation de Maškan-šapir proposée par E. Stone et P. Zimansky.

W

– H. WEISS, “Habur Triangles: Third Millenium Urban Settlement in Subir », NABU 1992/126: l’équidistance entre les trois principaux centres urbains du Habur, au 3e millénaire, à savoir Leilan, Brak et Mozan, a une incidence sur la politique d’extension territoriale de ces villes. Leur contrôle des zones irriguées va jusqu’à 25 km de rayon, établissant un équilibre géo-politique qui dura jusqu’à la domination akkadienne.

– C. M. WHITTAKER, « The Absolute Chronology of Mesopotamian Archaeology, ca. 2000-1600 B.C. and the Iron Age Iran », Mesopotamia 24, 1989, p. 73-116: synthèse sur les chronologies relatives et absolues pour l’époque paléobabylonienne en Mésopotamie, à partir de la stratigraphique de Nippur essentiellement, et comparaison avec l’Age du Fer en Iran.

– E. WOESTENBURG, “Sippar-rabûm », NABU 1991/82: un inédit du British Museum contenant un partage successoral confirme l’assimilation Sippar-rabûm = Sippar-Amnânum

– IDEM, « The continuing story of Sippar-Amnānum = Sippar-rabûm », NABU 1992/28: les aa. reprennent les textes édités par L. Dekiere à propos du partage successoral d’une maison, localisée tantôt à Sippar-Amnānum tantôt à Sippar-rabûm, et montrent que les deux toponymes désignent la même ville.

Economie, société

A

– B. ALSTER, “He Who Pays with Valid Money: on the Status of Merchants in Early Mesopotamia », in: Fs Limet, p. 1-6: les proverbes sumériens montrent que le commerce obéissait à la loi de l’offre et de la demande et que les marchands exerçaient leurs activités dans le but d’en retirer un profit. La thèse d’une économie dirigiste pour le IIIe millénaire n’est pas confirmée par ces sources littéraires.

– J. ASHER-GREVE, « Decisive Sex, Essential Gender », RAI 47, p. 11-26: la notion de genre (gender) en Mésopotamie, ne se fonde pas seulement sur des éléments biologiques et présente des aspects multiples. Seuls l’homme et la femme sont marqués comme tels à leur naissance. L’a. discerne trois genres: le premier, masculin, repose sur l’intégrité corporelle (qualifiée par la présence d’organes génitaux), l’aptitude à procréer et le comportement viril. Le troisième regroupe les hommes qui ne sont pas des mâles complets, soit physiologiquement soit socialement. Les femmes appartiennent au deuxième genre et changent occasionnellement de catégorie lorsqu’elles acquièrent un statut plus élevé. L’idée d’une humanité dérivée d’un unique corps androgyne (amîlu) introduit une discrimination entre l’humain d’un côté et le divin et l’animal de l’autre. Les différences de genre ont une valeur sociale et ne valent que pour les humains, alors que les différences de sexe, communes aux divinités et au monde animal, sont perçues comme des données naturelles objectives.

– J. ASSANTE, “The kar.kid/harimtu, Prostitute or Single Woman? A Reconsideration of the Evidence », UF 30, 1998, p. 5-96: l’a. considère que le terme désigne une classification juridique et non pas une catégorie professionnelle (la prostituée). La femme qui refuse la tutelle de son père ou d’un mari prend le statut de harimtu; la femme divorcée pour faute, et que sa famille refuse de reprendre, devient elle aussi une harimtu. En tant que célibataire, elle ne devait rendre de compte à personne sur sa vie sexuelle, ce que la littérature mésopotamienne a interprété comme une licence de mœurs typique de la prostituée.

B

– H. D. BAKER, « Approaches to Akkadian Name-Giving », in: Fs Walker, p. 1-24: étude onomastique rattachant les noms de personne à leur contexte socio-culturel. L’a. analyse les noms “dans la société », i.e. ceux qui ont une connotation politique (nom de trône, nom programmatique, nom d’usage restreint) ou administrative (noms associés à des fonctions), puis les noms “dans la famille », examinés pour les NP masculins par rapport au rang de naissance. Des annexes listent les NP néo-assyriens formés avec sarru ou portés par des eunuques.

– S. BENDOR, The Social Structure of Ancient Israel, Jerusalem Biblical Studies 7, Jerusalem, 1996: après avoir présenté les différentes strates de la parenté dans la Bible (beit ‘av, “maison paternelle », mišpahot, “groupe gentilice », rôle du ger, de l’orphelin et de la veuve). Les structures sociales sont restées identiques, malgré les changements historiques et politiques intervenus dans l’histoire d’Israël. L’a. souligne l’importance du « patrimoine successoral » (nahalâh), pour conserver les traditions familiales et maintenir l’organisation et la cohérence du corps social.

C

– D. COLLON, Near Eastern Seals, Londres, 1990, 64 p., index: étude des sceaux orientaux depuis le Ve millénaire jusqu’à l’époque pré-islamique. Outre leur valeur artistique et technologique, les sceaux sont une preuve du consentement à une transaction et un témoin des croyances religieuses. Ils reflètent surtout la conception de la propriété d’une société donnée.

– J. COOPER, « Virginity in Ancient Mesopotamia », RAI 47, p. 91-112: les textes juridiques et littéraires montrent qu’il n’existe pas de preuve positive de la défloration en dehors de la grossesse ou du flagrant délit, la virginité étant toujours définie de manière négative. Les critères physiologiques (hymen, linges de la virginité) ne sont pas assez fiables pour être pris en compte. La valeur socio-économique de la virginité est un enjeu masculin (pour le mari ou le père) mais aussi féminin (honorabilité, perspectives de mariage). La virginité des hommes n’est pas appréciée d’un point de vue moral mais rituel. L’importance attachée à la virginité tient au caractère patriarcal de la société en ce qu’elle écarte le choix personnel du futur conjoint et prépare à la fidélité conjugale.

– IDEM, « Buddies in Babylonia: Gilgamesh, Enkidu and Mesopotamian Homosexuality », in: Gs Jacobsen, p. 73-86: les relations entre Gilgameš et Enkidu, quoique exprimées sur un mode érotique, sont plutôt une métaphore de l’intense amitié qui lie les deux hommes. L’homosexualité semble être un phénomène marginal en Mésopotamie. L’a. examine les §§ 19 et 20 des LA tabl. A à la lumière des sources grecques sur la question: l’homosexualité passive est ressentie comme humiliante quand elle concerne un homme libre, et sa pratique régulière est assimilée à une forme de prostitution.

D

– C. DE CESARI, « Graves as Public Space? Some questions about possible « public » aspects of graves and cemeteries in ancient Mesopotamia », AOF 29/2, 2002, p. 355-366: les cultes funéraires ne sont pas seulement une affaire privée mais revêtent une dimension publique dans la mesure où les cimetières et les tombes, en particulier royales, sont des lieux de mémoire collective.

– I. M. DIAKONOFF (éd. ), Early Antiquity, Chicago, 1991, xxiii + 461 p.: analyse déterministe du processus d’apparition de la société de classes au Proche-Orient, à partir de la division du travail et de l’émergence d’une classe dominante contrôlant les moyens de production, dès le 4e millénaire. Un tel modèle de développement idéologique et économique du « centre » a été favorisé par le rôle de la « périphérie », à la fois réservoir d’hommes et de matières premières, et menace pour la stabilité politique des royaumes du « centre ». Contributions sur les cités-Etats sumériennes (I. M. Diakonoff, p. 67-83), le despotisme de Sargon et des rois d’Ur III (I. M. Diakonoff, p. 84-97), la période paléobabylonienne (N. V. Kozyreva, p. 98-123), la culture religieuse et littéraire sumérienne (V. K. Afanasieva, p. 124-136), Assur, le Mitanni et Arrapha (N. B. Jankowska, p. 228-260), les Kassites et l’Elam (V. A. Jakobson, p. 261-265), les Hittites (G. G. Giorgadze, p. 266-285), et enfin la Syrie-Palestine aux 3e et 2e millénaires (I. M. Diakonoff, p. 286-308).

– IDEM, “Extended Family Households in Mesopotamia (III-II millenia B.C.) », RAI 40, p. 55-60: l’a. reprend et approfondit sa thèse déjà présentée en 1970 sur l’existence de propriétés collectives primitives aux IIIe et IIe millénaires. Il s’attache surtout à la documentation paléo-babylonienne d’Ur pour établir que, à côté du secteur templier et palatial, le secteur privé s’organisait autour de familles élargies groupées en communautés territoriales villageoises ou urbaines.

E

– D. O. EDZARD, « La vision du passé et de l’avenir en Mésopotamie. Période paléo-babylonienne », in: Histoire, p. 157-173: pour les Mésopotamiens, le passé historique commence avec la Royauté, donnée par Enlil dans un passé très lointain mais pas immémorial (cf. la liste royale sumérienne). La mémoire du passé plus récent est conservée grâce aux listes de noms d’années. L’avenir immédiat est connu grâce à la divination, le futur éloigné étant assimilé à l’éternité.

– IDEM, article « Name, Namengebung (Onomastik) A/ Sumerisch », RlA 9, 1998, p. 94-103: outre les aspects linguistiques, l’a. évoque les changements de nom (pour les rois, les fonctionnaires et des épouses royales), les “modes » dans l’attribution des noms, leur répartition géographique, leur incidence sur la capacité successorale, et les noms attribués aux objets ou aux animaux.

– IDEM, article “Namen Namengebung (Onomastik) B/ Akkadisch », RlA 9, 1998, p. 103-116: l’a. reprend les mêmes rubriques en y ajoutant les noms de lieux et les noms divins.

– M. ELAT, « Phoenician Overland Trade within the Mesopotamian Empires », in: Fs Tadmor, p. 21-35: les documents néoassyriens attestent le contrôle de l’empire dans les relations économiques avec les Phéniciens, tandis que les sources néobabyloniennes montrent que les gouvernants encourageaient les échanges économiques internationaux et le commerce terrestre.

– R. ENGLUND, “There’s a Rat in my Soup », AOF 22/1, 1995, p. 37-55: à propos des rongeurs dans les sources cunéiformes de toutes époques (typologie, usages alimentaires, élevages…)

F

– N. S. FOX, “Clapping Hands as a Gesture of Anguish and Anger in Mesopotamia and in Israel », JANES 23, 1995, p. 49-60: sur la symbolique plutôt négative de l’applaudissement dans les sociétés mésopotamienne et biblique.

– A. J. FRENDO, “The Capabilities and Limitations of ancient Near Eastern nomadic Archaeology », Or 65/1, 1996, p. 1-23: bien que les populations nomades aient laissé des traces archéologiques de leurs passages, leur interprétation n’est pas toujours aisée pour trois raisons: toutes les installations ne laissent pas forcément de vestiges; les vestiges retrouvés sur certains sites ne sont pas forcément typiques des sociétés nomades; le sens des vestiges clairement identifiables n’apparaît pas toujours. L’archéologie nomadique ne peut donc répondre à toutes les questions concernant la vie des nomades, par exemple quant aux différences de niveaux de vie d’une tribu à l’autre.

G

– P. GENTELLE, “Milieu naturel et techniques d’irrigation en Asie centrale aux Âges du Bronze et du Fer: problèmes nouveaux? », in: Asie centrale, p. 223-288: l’a. confirme l’ancienneté des systèmes d’irrigation par canaux, attestés dès la fin du 3e millénaire en Bactriane. L’étude de ces techniques permet de connaître l’organisation économique et sociale de ceux qui les ont mis en œuvre.

– J. -J. GLASSNER, « Women, Hospitality and the Honor of the Family », in: Women’s Earliest Records, p. 71-94: l’a. montre, à partir de l’épopée de Gilgames, les liens existant entre les règles de l’hospitalité et l’institution matrimoniale. Il propose une nouvelle interprétation d’un passage des réformes d’Uru´inimgina de Lagas, qui évoque non pas la bigamie pratiquée aux époques antérieures, mais le d »vergondage des femmes qui avaient deux « mâles » (nita) successivement. L’abolition de ce ius primae nocti aurait été repris par Gilgames qui fait du mariage un élément du code de l’hospitalité.

– IDEM, “Le temps de l’histoire en Mésopotamie », in: A. de Pury et al. éd., Israël construit son histoire. L’historiographie deutéronomiste à la lumière des recherches récentes, Le Monde de la Bible 34, s.d., p. 167-189: étude de la perception du temps en Mésopotamie. L’a. examine le sens du sumérien bala, qui traduit un temps cyclique, de l’akkadien dâru/dûru, qui renvoie à un temps continu et linéaire, et enfin le temps immobile de la science divinatoire.

– IDEM, « Polygynie ou prostitution: une approche comparative de la sexualité masculine », RAI 47, p. 151-164: étude du vocabulaire habituellement compris en référence à la prostitution (nu-gig = qadištu, kar-kid = harimtu, kezertu) montrant que ces termes définissent un métier ou un statut. Les femmes ainsi désignées n’entrent pas dans les catégories d’épouse ou de fille de famille, sans être pour autant assimilables à des prostituées.

– IDEM, « Quelques questions sur les femmes en Mésopotamie », in: Fs Huot, p. 211-214: les études sur les femmes ont investi trois domaines particuliers, à savoir les religieuses-nadîtum, la prostitution sacrée et la place d’Inanna dans le monde des dieux.

– P. GOUIN, “Bovins et laitages en Mésopotamie méridionale au 3ème millénaire. Quelques commentaires sur la “frise à la laiterie » de el-’Obeid », Iraq 55, 1993, p. 135-145: la “Frise à la laiterie » découverte dans le temple de Ninhursag à el-’Obeid, et datant du milieu du IIIe millénaire, illustre la préparation du beurre clarifié destiné à la vente, et témoigne d’une économie rurale, centrée autour d’une communauté paysanne exploitant les ressources de troupeaux de bovins.

– A. K. GRAYSON, “Eunuchs in Power. Their Role in the Assyrian Bureaucracy », in: Fs von Soden, p. 85-98: après avoir examiné la question des eunuques dans les sociétés chinoise, ottomane, musulmane, byzantine, grecque et romaine, achéménide et babylonienne, l’a. développe le rôle de ces personnages officiels dans les sources médio- et néo-assyriennes, où ils sont désignés par l’expression ša rêši et figurent en grand nombre dans les effectifs de l’administration. Castrés avant la puberté selon le souhait de leurs familles, ils occupaient de hautes fonctions et pouvaient se marier et adopter des enfants. L’institution, sans doute d’origine assyrienne, a été transmise aux Grecs et aux civilisations postérieures.

H

– W. W. HALLO, « The Death of Kings: Traditional Historiography in Contextual Perspective », in: Fs Tadmor, p. 148-165: les sources documentant les circonstances de la mort des rois orientaux ont une dimension idéologique. Les souverains pieux et aimés des dieux vivent longtemps et sont enterrés avec leurs ancêtres. S’ils ont au contraire porté atteinte à l’ordre divin, ils meurent prématurément et leur esprit erre sans repos. Chaque narrateur prend prétexte de tels récits pour exprimer ses opinions favorables ou opposées au roi concerné.

– IDEM, « From Bronze Age to Iron Age in Western Asia: Defining the Problem », in: Crisis Years, p. 1-9: la crise du XIIe s. découle moins de catastrophes naturelles que de changements profonds dans le système d’écriture (alphabet), l’organisation politique (développement des empires) et la technologie (utilisation du fer). La transition entre l’Age du bronze et l’Age du fer a produit une mutation comparable à la révolution agricole (ca. 8000 av. J.C.) ou à la révolution urbaine (ca. 3000 av. J.C.).

– IDEM, « Trade and Traders in the Ancient Near East: Some New Perspectives », RAI 38, p. 351-356: synthèse sur le commerce mésopotamien à travers la terminologie et les sources littéraires. Les activités du marchand (tamkarum) sont liées à l’organisation économique du temple ou du palais, à la diplomatie, et, dans la mentalité populaire, à la richesse et aux capitaux.

– IDEM, Origins. The Ancient Near Eastern Background of Some Modern Western Institutions, Londres-New York-Cologne, 1996, xvii + 362 p., index: l’a. retrace les survivances de certaines innovations de l’Antiquité orientale dans nos sociétés modernes, à travers les thèmes divers (urbanisme, écriture, économie, culture et littérature, calendrier, royauté, religion et femmes). Le livre se fait l’ardent défenseur d’une histoire linéaire et verticale, enracinée dans les civilisations du Proche-Orient ancien, matrice originelle des institutions occidentales.

– R. HARRIS, “Gendered Old Age in enuma elish », in: Fs Hallo, p. 111-115: l’a. cherche à cerner, sur un plan anthropologique, la place des personnes âgées dans la société mésopotamienne, à travers le mythe de la création enuma eliš.

– EADEM, « Independant Women in Ancient Mesopotamia », in: Women’s Earliest Records, p. 145-156: panorama du statut de la femme orientale. L’indépendance juridique et économique existe réellement pour les veuves, les prostituées et les nadîtû vivant en communauté, malgré un statut ambigu prévoyant à la fois leur autonomie et le retour de leur dot à leur famille.

– B. HRUŠKA, Tradicní obilnárství staré Mezopotámie (Der traditionnelle Ackerbau im alten Mesopotamien), 2 vol., Prague, 1990: étude de l’économie mésopotamienne du IIIe millénaire. La propriété privée est attestée dès l’époque archaïque à côté de la propriété d’Etat, mais il n’y a en revanche aucune trace probante de propriété communale.

– IDEM, “Hacke oder Pflug? Zur Bodenvorbereitung in den sumerischen Literaturtexten », Ex pede pontis, Papers presented on the occasion of the 70th anniversary of the Foundation of the Oriental Institute Prague, J. Prosecky éd., Prague, 1992, p.70-79: à propos des techniques agricoles telles qu’elles sont décrites dans les Géorgiques sumériennes, et l’utilisation de la houe et de la charrue.

– M. HUDSON, « Reconstructing the Origins of Interest-Bearing Debt and the Logic of Clean State », in: Debt, p. 7-58: histoire du prêt à intérêt soulignant que la pratique se développe, aussi bien dans le secteur de l’agriculture que du commerce, avec la privatisation des activités du secteur public. Les Mésopotamiens ont su distinguer prêts productifs (commerciaux) et improductifs (agricoles) pour permettre l’annulation des seconds par les édits royaux.

K

– B. KAIM, « Killing and Dishonouring the Royal Statue in the Mesopotamian World », in: Gs Cagni, vol. 1, p. 515-520: sur les mutilations volontaires des statues de roi, considérées comme des substituts de la personne du souverain.

– M. KELLY-BUCELLATI, “Trade in Métals in the Third Millenium Northeastern Syria and Eastern Anatolia », in: Fs Bounni, p. 117-132: le commerce et les contacts en Syrie-Mésopotamie commencent dès le Ve millénaire, par exemple pour l’obsidienne, et profite surtout aux villes situées sur des axes de transport naturels (confluent de rivières, passage entre des montagnes…). Par ailleurs, le commerce interrégional se développe très tôt aussi dans la région du Khabur.

– U. KOCH-WESTENHOLZ, « Everyday Life of Women According to First Millenium Omen Apodoses », RAI 47, p. 301-309: étude des normes et valeurs sociales concernant les femmes, à travers les omina traitant du mariage, de l’adultère et de la naissance d’enfants.

– A. KUHRT, « Women and War », NiN 2, 2001, p. 1-25: les mentions de femmes en relation avec le thème de la guerre illustrent une différenciation des rôles respectifs des hommes et des femmes, sans pour autant exclure la participation directe des femmes aux activités militaires. L’a. étudie notamment la figure ambiguë d’Ištar, qui assimile et renforce les normes masculines de l’organisation de la société.

L

– B. LAFONT, « Fortunes, héritages et patrimoines dans la haute histoire mésopotamienne. A propos de quelques inventaires de biens mobiliers », in: Fs Huot, p. 295-314: analyse croisée des sources archéologiques et épigraphiques sur la composition du patrimoine mobilier des maisons du IIIe et du IIe millénaires. L’enquête est conduite à partir des 13 inventaires de biens personnels connus à l’heure actuelle, s’échelonnant entre le XXVIe et le XVIe s. Ces documents sont rédigés à l’occasion d’une succession, d’un mariage ou d’une libéralité. Quoique de natures différentes, ces textes se ressemblent quant à leur structure et à leur contenu: ils montrent la permanence de quelques éléments de base (vaisselle, ustensiles, meubles meublants, meules, vêtements et denrées), à quoi s’ajoutent parfois du bétail et des esclaves, voire des véhicules ou des bijoux. La rédaction d’un inventaire était particulièrement utile en cas de décès ou de faute d’un officier royal, afin de séparer les biens personnels de l’intéressés de ceux qu’il avait reçus à son entrée en fonctions. L’expression é-dul-la désigne une confiscation par le roi (Maekawa) et non une simple récupération de biens de fonctions (Heimpel).

– W. LAMBERT, « Prostitution », in: V. Haas (éd. ), Aussenseiter und Randgruppen, Xenia 32, 1992, p. 127-157: synthèse sur la prostitution, les eunuques et les invertis dans les sociétés orientales.

– A. LEMAIRE et F. JOANNÈS, “Premières monnaies avec signes cunéiformes: Samarie IVe s.av.n.è. », NABU 1994/95: étude de deux drachmes comportant au revers des signes cunéiformes qui ont une finalité décorative seulement.

– H. LIMET, “L’émigré dans la société mésopotamienne », in: Fs Lipinski, p. 165-179: le thème de l’émigration au IIe millénaire est traité d’un point de vue lexicographique (différents termes pour désigner l’étranger, l’habitant d’une ville et le sujet du roi), socio-politique (notion de frontière) et religieux (désaffection divine pour une ville). Les causes structurelles de l’émigration tiennent d’une part à la libre circulation des personnes dans tous les Etats mésopotamiens (cf. les études onomastiques et anthroponymiques), et d’autre part à l’esclavage (esclaves d’origine étrangère; fuite des esclaves à l’étranger). Les causes conjoncturelles tiennent par exemple aux mariages royaux avec des princesses étrangères et aux déportations de vaincus.

– E. LINDEMEYER, « Traditionen und Innovationen in der Siedlungsgeschichte Syriens zur Zeit der Auflösung der Urgesellschaft und der Herausbildung der frühen Klassengesellschaft », AOF 19/1, 1992, p. 259-265: l’étude des sceaux syriens depuis le Chalcolithique jusqu’au début du Bronze (5e au 3e millénaires), révèle l’existence de différences sociales, marquées notamment par l’apparition d’une aristocratie militaire obtenant des pouvoirs politiques à côté du clergé.

– B. LION, « Les mentions de “prophètes » dans la seconde moitié du IIe millénaire av. J.-C. », RA 94, 2000, p. 21-32: l’étude des occurrences des termes åpilu, muhhû, muhhûtu, nåbû et munabbiåtu dans les sources médio-assyrienne et médio-babyloniennes ainsi qu’à Emar et Nuzi, autorise la traduction leur par « prophète ». La tradition attestée aux époques paléo-babylonienne puis néo-assyrienne se serait ainsi maintenue sans interruption.

– EADEM, « Âges d’or et paradis perdus dans la littérature sumérienne », in: V. Pirenne-Delforge et Ö. Tunca éd., Représentations du temps dans les religions, Acte du Colloque de l’Université de Liège, Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’Université de Liège 286, 2003, p. 55-73: le prétendu paradis perdu sumérien de Dilmun, tel qu’il est décrit par exemple au début du mythe d’Enki et Ninhursag, est en réalité une évocation d’un monde en devenir dans lequel on fait l’inventaire des manques. Le monde des origines n’est donc présenté ni comme un néant ni comme un paradis, mais comme un univers perfectible. L’évocation d’un passé heureux reste cependant un thème souvent évoqué dans la littérature sumérienne, décliné autour de la proximité des hommes avec leurs dieux et de la notion d’abondance, contrastant avec le dénuement originel d’une nature hostile qu’il a fallu dompter.

– EADEM, « Un idéal de bonheur atypique, celui des guerriers et des nomades », Estudios Orientalis 8, 2003, p. 13-32: étude de textes littéraires (Epopée d’Erra et de Zimrî-Lîm, Epopée de Gilgameš) et épistolaires (textes de Mari) opposant l’idéal guerrier au mode de vie citadin. Le premier exalte la privation et le mépris du corps, à travers l’éloge de la frugalité, l’absence de femme et de famille et le besoin d’espaces ouverts. En revanche, la mort héroïque au combat, typique du monde grec, ne trouve pas d’écho en Mésopotamie, où la vaillance du soldat se mesure à sa capacité à survivre aux affrontements. Par contraste, le citadin est présenté comme celui qui recherche les plaisirs de la table et de la chair, et enferme son oisiveté dans la maison.

– M. LIVERANI, Prestige and Interest. International Relations in the Near East ca. 1600-110 BC, HANES I, 1990, 313 p. : l’a. analyse, dans une perspective synchronique, les relations entre Etats à la fin du Bronze sous deux aspects antagonistes de l’idéologie politique de l’époque, correspondant à deux types de sources distinctes: d’une part, l’intérêt de chaque pays à maintenir des relations, manifesté dans les traités internationaux et les lettres privées; d’autre part, le prestige de chaque Etat, qui s’exprime dans les inscriptions royales, véhiculant l’idéologie du pouvoir. Cette recherche reprend et développe la problématique du “centre » et de la “périphérie » dans la structure des empires orientaux. A travers l’étude de trois thèmes (1/ Territoire et frontières; 2/ Guerre et alliance; 3/ Circulation des biens) se dégage l’existence d’un système régional économique et politique organisé autour du palais pour le centre, et des zones non palatiales pour la périphérie géographique et sociale.

– IDEM, “Reconstructing the rural Landscape of the Ancient Near East », JESHO 39, 1996, p. 1-41: l’a. utilise les données de l’archéologie, de la paléobotanique et des textes (cadastres, textes administratifs, contrats de vente foncière) pour reconstituer la taille des exploitations rurales et les modes d’exploitation de la terre, depuis les premiers documents d’Uruk jusqu’à la période achéménide.

– M. LIVERANI et W. HEIMPEL, “Observations on Livestock Management in Babylonia », ASJ 17, 1995, p. 127-144: les textes administratifs d’Uruk IV concernant la gestion du bétail (Liverani) contiennent à la fois des données réalistes (répartition égale de mâles et de femelles, ratio des moutons par rapport aux chèvres) et sur des calculs purement théoriques (croît des troupeaux), rendus nécessaires par l’impossibilité d’un contrôle de la composition de tous les troupeaux. Les quotas ainsi fixés étaient inférieurs aux rendements réels. La courbe d’évolution, en principe exponentielle, était corrigée par l’abattage des animaux à des fins cultuelles, et par les famines et les épidémies. Les surplus des années fastes étaient conservés par les bergers en vue des années maigres. Les sources de Lagaš et Umma (Heimpel) illustrent la gestion étatique des troupeaux de moutons sur un mode comparable à celui de la Larsa paléo-babylonienne. Le faible taux du croît (25%) est contrebalancé par l’absence de dédommagement de l’Etat pour les animaux morts.

– A. LIVINGSTONE, “The muškênu, ‘villein’, causes confusion in Cambridge », NABU 1995/72: le livre de J. Oates, Babylon (1986), laisse supposer que le muškênum n’est attesté qu’à partir de l’époque OB. En réalité, son équivalent sumérien EN.MAŠ.DÙ est attesté dès l’époque de Fara.

– S. M. LUNDSTRÖM,  » ‘Für die Dauer der Tage … für die Tage, die verbleiben’. Zur Funktion der akkadischen Grabinschriften des 2. und 1. Jts. v. Chr. », WZKM 91, 2001, p. 211-258: typologie du corpus des textes trouvés en contexte funéraire, regroupés par lieu de provenance (textes assyriens et babyloniens) et locus de découverte. L’a. présente la structure formelle des documents et les supports sur lesquels ces inscriptions sont rédigées, puis s’interroge sur leur fonction, qui est d’établir de manière quasi-contractuelle une obligation d’accomplissement des rites funéraires à tout visiteur futur de la tombe, qu’il appartienne ou non à la famille du défunt.

M

– M. MALUL, “Some Measures of Population Control in the Ancient Near East », in: Fs Heltzer, p. 221-236: contre l’image traditionnelle pour le Proche-Orient ancien d’une société où croissent et se multiplient les enfants, force de travail puis signe extérieur de richesse, l’a. oppose plusieurs pratiques attestées dans les sources, témoignant d’une volonté de contrôler les naissances, à la fois par des mesures pré- et post-natales.

– M. MATOUŠOVÁ, « Tanzchulen im alten Vorderen Orient? », ArOr 60/2, 1992, p. 167-171: étude des sceaux de Kiš et de Tello semblant attester l’existence d’écoles de danse dirigées par un maître.

– EADEM, « Dance in Mesopotamia », ArOr 69/1, 2001, p. 21-32.

– S. M. MEIER, “Women and Communication in the Ancient Near East », JAOS 111/3, 1991, p. 540-547: sur les femmes scribes et messagères en Mésopotamie et en Israël. Bien que leur nombre soit réduit, leur répartition spatio-temporelle témoigne du rôle essentiel qu’elles ont eu dans les échanges commerciaux et de leur place dans les sociétés orientales.

– A. MICHAILIDOU, Weight and Value in pre-coinage societies, Athènes, 2005: cet ouvrage s’intéresse à la manière dont est évaluée la valeur des biens de commerce dans les économies méditerranéennes pré monétaires. Rédigé comme un plaidoyer pour une approche comparative entre monde égéen et mondes orientaux, il propose une longue bibliographie destinée à faciliter l’accès des non-spécialistes à la documentation égyptienne et proche orientale. Les spécialistes de chaque domaine trouveront sans doute à redire à certains choix et à la présentation très monolithique qui est faite du monde oriental, mais la volonté de décloisonner les domaines de recherche est séduisante.

– B. MULLER (éd.), « Maquettes architecturales » de l’Antiquité. Regards croisés (Proche-Orient, Egypte, Chypre, bassin égéen et Grèce, du Néolithique à l’époque hellénistique). Actes du Colloque de Strasbourg, 3-5 décembre 1998, Travaux du Centre de recherches sur le Proche-Orient et la Grèce Antiques 17, De Boccard, Paris, 2001 : Colloque organisé par B. Muller sur un sujet, les maquettes architecturales, sur lequel elle a également mené sa thèse de doctorat soutenu en 1993 et publiée en 2002 (Les maquettes architecturales du Proche-Orient ancien : Mésopotamie, Syrie, Palestine du IIIe au milieu du Ier millénaire av. J.-C., BAH 160, Institut français d’archéologie du Proche-Orient, Beyrouth). Cette publication regroupe une trentaine de contributions, qui tentent de croiser les différentes approches que l’on peut porter sur ces objets, en fonction des régions étudiées (Proche-Orient, Egypte, Chypre et Grèce), de la spécialité des chercheurs (archéologues, iconographes, philologues) ou de leurs caractéristiques techniques ou symboliques. En dernier lieu, une partie expérimentale est proposée sur le modelage en terre cuite de telles maquettes et les restitutions et modélisations informatiques [J. Patrier].

N

– H. NEUMANN, “Überlegungen zu Ursprung, Wesen und Entwicklung des frühen Staates im alten Mesopotamien », OLZ 85/6, 1990, p. 645-655: à propos du travail de R. Herzog, Staaten der Frühzeit und Herrschaftsformen, Munich, 1988: analyse socio-politique de l’apparition de l’Etat au Proche-Orient, liée au développement d’une société de classes, dès l’époque proto-dynastique (XXIXe s. av. J.-C.). La volonté d’expansion territoriale des cités-Etats vers le XXVe s., illustrée notamment par le conflit entre Lagaš et Umma, doit être reliée à des facteurs sociaux, économiques et juridiques, dont la conjonction aboutit à la mise en place de l’Etat. Ce processus est étroitement associé à l’évolution du droit de propriété, reflétant les intérêts politiques complexes de l’autorité publique.

– IDEM, “Der sumerische Baumeister (šidim) », in: RAI 40, p. 153-170: à propos du “bâtisseur/architecte » (šidim = itinnu) dans les sources cunéiformes, principalement à l’époque d’Ur III. Ses compétences sont utilisées par le palais ou le temple, sans qu’il fasse pour autant partie du personnel administratif de l’État. L’a. examine notamment la question de la responsabilité de l’architecte à travers la comparaison entre les dispositions du CH (§§229-233) et un document juridique néo-sumérien (MVN 2,2), qui montre que l’architecte doit répondre envers les tiers – en l’espèce envers l’administration étatique – de l’homicide par négligence qui lui est imputable.

P

– A. PALMIERI, “Storage and Distribution at Arslantepe-Malatya in the Late Uruk Period », in: Fs Özgüç, p. 419-430: les nombreux bols découverts sur ce site étaient destinés non pas à la distribution de rations mais à leur consommation sur place, dans le bâtiment où travaillaient les employés des services centralisés de l’administration. De nombreux fonctionnaires étaient affectés au stockage et à la distribution des céréales, notamment aux travailleurs dépendants.

– D. PARAYRE, “Les âges de la vie dans le répertoire figuratif oriental », in: Enfance, p. 59-88: étude iconographique des divers âges de la vie d’après des critères physiques ou gestuels, et de la représentation de l’enfant dans la famille, ordinaire, royale ou divine.

– J. C. PAUGAS, “Notas sobre el aborto en la antigua Mesopotamia », AuOr 8/2, 1990, p. 213-218: l’a. rassemble toutes les attestations législatives et médicales relatives à l’avortement en Mésopotamie et en Hatti, puis en étudie les causes, naturelles ou mythiques, les sanctions et les effets physiologiques et magiques.

– L. E. PEARCE, « sepîru and lúA.BA: Scribes of the Late First Millenium », RAI 42, p. 355-368: analyse chronologique et contextuelle des attestations du sepîru, scribe compétent en araméen, dans la documentation néo-assyrienne et néo-babylonienne.

– O. PEDERSEN, « Written and Oral Traditions: Mesopotamia Compared with Other Cultures », Or NS 38-39, 1989-1990, p. 120-124: la rédaction de textes cunéiformes a d’abord pour but l’apprentissage et la conservation du patrimoine culturel ou économique et politique. Cependant, la tradition orale s’est toujours maintenue en Orient, tant dans le droit privé (la plupart des partages successoraux se sont effectués sans document écrit; 2/3 des maisons privées sont sans tablettes) que dans le domaine administratif, ou l’écrit consigne une activité routinière ou conserve la communication d’accords oraux quotidiens.

– S. POLLOCK, “Political Economy as viewed from the Garbage Dump: Jemdet Nasr occupation at the Uruk Mound, Abu Salabikh », Paléorient 16/1, 1990, p. 57-75: étude de l’économie politique de l’époque de Djemdet Nasr à partir du contenu de fosses domestiques contenant des déchets organiques. Il s’agit d’ordures jetées d’un bâtiment consacré à diverses activités de production (bithume, poterie, tissus de laine) et de stockage (denrées, biens importés).

– D. T. POTTS, “A Note on Rice Cultivation in Mesopotamia and Susiana », NABU 1991/2: les premières attestations de la culture du riz au Proche-Orient remontent au Ier millénaire, entre 750 et 590 av. J.-C. à Hasanlu, ainsi qu’à l’époque néo-assyrienne comme en témoigne une lettre de Nimrud; en Susiane, le riz est cultivé à partir du IVe s.

– M. A. POWELL, “Wir müssen unsere Nische nutzen: Monies, Motives, and Methods in Babylonian Economics », in: Trade, p. 5-23: après avoir fait utilement le point sur le débat actuel entre économie de redistribution (Renger, Polanyi) contre économie de marché (Powell), l’a. aborde la question du rôle de l’argent dans l’économie mésopotamienne, pour conclure que les circuits “monétaires » (en argent pesé) et la notion de profit ont une existence significative dès le IIIe millénaire.

– IDEM, “Money in Mesopotamia », JESHO 39, 1996, p. 224-242: l’économie mésopotamienne a connu la monnaie, sous forme d’orge pour les petites sommes, ou d’argent pour les sommes plus élevées. Lorsque les pièces apparaissent, à la fin de la période achéménide, elles sont pesées comme n’importe quel autre métal. Plusieurs termes akkadiens semblent se référer aux formes sous lesquelles la monnaie circulait, sans que l’on puisse préciser à quoi elles ressemblaient.

R

– J. RENGER, « Trade and Market in the Ancient Near East. Theoretical and Factual Implications », in: Mercanti, p. 15-39: les modes de fonctionnement du commerce sont déterminés par le type d’économie dans lequel ils s’inscrivent. Au IIIe millénaire prévaut l’économie domestique tandis que le IIe millénaire est caractérisé par des formes tribuatires. Les rapports entre marchands et pouvoir politique varient selon qu’on se trouve dans la plaine alluviale mésopotamienne ou dans des environnement géographiques différents (Mari, Assur), ou encore dans le cadre de relations internationales (Amarna).

– IDEM, “On Economic Structures in Ancient Mesopotamia », Or 63, 1994, p. 157-208: recension de deux ouvrages récents de M. Silver sur l’économie orientale antique (Economic Structures of the Ancient Near East, 1985 et Prophets and Markets: The Political Economy of Ancient Israel, 1983). Contre Polanyi selon lequel l’économie de marché n’est apparue que vers le XVIIIe s. de notre ère, Silver décèle dans les sources antiques des traces de la loi de l’offre et de la demande. Le recenseur maintient au contraire que les concepts modernes déforment les réalités anciennes, notamment pour la fin du IIIe et le début du IIe millénaires. Pour cette période, la richesse se mesure à l’accumulation des terres et non à l’augmentation de leur rendement. Silver surestime l’importance de la propriété privée, en négligeant le domaine du palais, des temples, et des biens familiaux. Il affirme l’existence de prêts commerciaux. Le recenseur analyse le vocabulaire juridique de ce type de transaction et souligne la complexité du système des prêts. Il conclut à l’impossibilité d’appliquer aux sociétés pré-industrielles une terminologie et des conceptions issues de l’économie moderne.

– IDEM, « When Tablets Talk Business: Reflections on Mesopotamian Economic History and Its Contribution to a General History of Mesopotamia », RAI 45, p. 409-415: l’économie domestique (oikos) du IIIe millénaire sumérien contraste avec le développement d’une économie fondée sur le tribut, à partir du IIe millénaire. Désormais, l’Etat n’est plus le principal opérateur économique, mais cède à des entrepreneurs privés certaines tâches pour lesquelles ils versent un tribut au palais. L’a. plaide pour une approche conceptuelle et comparative des systèmes économiques mésopotamiens.

– J. F. ROBERTSON, “On Profit-Seeking, Market Orientations, and Mentality in the ‘Ancient Near East' », JAOS 114/2, 1994, p. 437-443: rencension de M. Silver Economic Structures of the Ancient Near East, 1985. Sans remettre en cause la principale thèse de l’ouvrage de Silver, qui conclut à l’existence d’une économie de marché au Proche-Orient, le recenseur lui reproche d’une part de gommer les spécificités des sociétés orientales antiques au profit de théories économiques modernes, et d’autre part d’aborder cette vaste zone géographique et chronologique comme une seule entité culturelle homogène.

S

– J. SAPIN, “Les rapports nomades-sédentaires dans la région syro-palestinienne au IIe millénaire avant J.-C. », in: Le désert. Image et réalité, Actes du colloque de Cartigny (1983), Cahiers du CEPOA 3, Louvain, 1989, p. 131-138: la steppe est le cadre géographique dans lequel nomades et sédentaires s’intègrent dans une même structure sociale souple. Le dimorphisme est inhérent aux sociétés syriennes de la steppe (cf. l’origine nomade des familles royales d’Ugarit et d’Ebla, ou encore la persistance des modèles tribaux à Emar).

– L. SASSMANNSHAUSEN, “Funktion und Stellung der Herolde (Nigir/Nâgiru) im alten Orient », BagMitt 26, 1995, p. 85-194: point terminologique et historique sur le “héraut » mésopotamien, attesté durant les trois millénaires d’histoire cunéiforme. Ce fonctionnaire local (sauf à l’époque néo-assyrienne où il était rattaché au Palais), rattaché au maire (hazannu) et d’un rang social élevé, était chargé de la publicité orale des ventes, de l’appel au service militaire et de la dénonciation des fugitifs et des hors-la-loi. Il exerçait aussi la fonction de guetteur et avait des attributions militaires.

– IDEM, “Funktion und Stellung der Herolde (nigir/nâgiru) im alten Orient », BagMitt 25, 1996, p. 85-194: synthèse sur la fonction du héraut (nigir/nâgiru), attestée dès les premières sources écrites et jusqu’à l’époque achéménide. Le terme sumérien semble être un emprunt au paléo-akkadien. Ce haut fonctionaire local, soumis au maire (hazannu) au IIe millénaire, avait pour rôle de rendre publiques les ventes (maisons, champs, esclaves), la perte de biens de valeur, les corvées et obligations militaires, et les appels à témoins en cas de fuite d’esclave ou de condamnés. Ils devaient aussi, plus généralement, convoquer la population pour des annonces officielles. En raison de leur large ressort de compétences (dans et hors la ville), ils servaient aussi de sentinelle et avaient des attributions militaires. Certaines villes comptaient plusieurs hérauts, groupéds sous l’autorité d’un “héraut en chef » (nigir-gal) et même dans une “Maison des hérauts » dans l’Ur paléo-babylonienne.

– D. SCHMINDT-BESSERAT, “Tokens, Seals and Administration in Uruk in the Fourth Millenium B.C. », in M. Dietrich et O. Loretz éd., Beschreibung und Deutung in der Archäologie des Alten Orients, Festschrift für R. Mayer-Opificius, Munster, 1994, p. 283-295: la comptabilité administrative des temples d’Uruk, entre 3500 et 3100, repose sur un système d’utilisation de jetons (pour prouver le paiement des dettes) et de sceaux (pour contrôler la gestion des biens entrés, stockés et enregistrés).

– EADEM, « Le feste nel Vicino Oriente antico », in: Gs Cagni, vol. 2, p. 921-932: étude de la documentation iconographique et textuelle pour mettre en valeur le rôle des fêtes au IIIe millénaire comme élément significatif de l’économie redistributive. La livraison d’offrandes aux dieux effectuée par le palais oblige à un surcroît de production pesant sur toute la population.

– A. L. SLOTSKY, The Bourse of Babylon. Market Quotations in the Astronomical Diaries of Babylonia, Bethesda, 1997, xiv+ 192 p.: étude des listes de prix contenues dans les rapports astronomiques babyloniens tardifs pour les denrées de base et la laine, durant les périodes achéménide, séleucide et arsacide (de 463 à 72 av. J.-C.). L’a. étudie les fluctuations de prix et détermine les variations du marché des céréales. Il en ressort que les prix tendent à baisser sur le long-terme, et que le marché est contrôlé et non pas auto-régulé.

– D. C. SNELL, Life in the Ancient Near East 3100-332 B.C.E., New Haven et Londres, 1997, xvii + 270 p., index, bibliogr.: manuel d’histoire orientale socio-économique. L’a. fournit un appendice consacré aux principales théories économiques et sociales “importées » dans la sphère orientaliste.

– M. STOL, “Women in Mesopotamia », JESHO 38/2, 1995, p. 123-144: synthèse sur le statut des femmes mésopotamiennes, insistant sur le mariage et le travail. L’a. se rapproche de la thèse du mariage par achat de P. Koschaker. Il souligne l’inégalité hommes/femmes face au divorce, parfois corrigée par les conditions dérogatoires favorables à l’épouse de haut rang social. Dans le monde du travail, les femmes sont ouvrières (notamment dans le textile), nourrices, cabaretières, prostituées (la prostitution sacrée était une réalité), et occupent parfois des postes élevés dans l’administration ou à la cour.

– IDEM, article “muškênu », RlA 8, 1997, p. 492-493: le terme muškenum correspond au sumérien maš-en-kak. Il est formé sur le verbe šukênum qui signifie « se prosterner ». A l’époque paléo-babylonienne, la société est tripartite. Elle se compose de l’awîlum, le muškenum et le wardum. La notion de muškenum doit être comprise par opposition au palais (ekallum) et à ceux qui y appartiennent (awîlum). Comme l’indiquent les textes de Mari, le muškenum désigne le simple particulier qui ne relève pas du monde palatial. L’évolution du terme vers le sens de « pauvre » est déjà sensible à l’époque paléo-babylonienne comme en témoigne AbB 12 99: 10.

– E. STONE, « The Constraints on State and Urban Form in Ancient Mesopotamia », in: Urbanization, p. 203-228: les deux formes d’organisation du pouvoir politique que sont l’Etat territorial et la cité-Etat sont déterminées non par des critères géophysiques (agriculture irriguée ou non) mais par une relation différenciée à la terre et au travail agricole. L’Etat territorial se développe dans les régions où la terre arable est constamment contrôlée par le pouvoir, permettant ainsi aux élites de maintenir la main d’œuvre sur les domaines à exploiter. La cité-Etat au contraire correspond à des régions dans lesquelles la terre arable est plus mobile, les élites devant alors trouver d’autres moyens pour mettre les champs en culture.

– M. P. STRECK, article « Nomaden », RlA 9, 2001, p. 591-595.

U

– A. ULSHÖFER, « Sprachbarrieren und ihre Überwindung: translatorisches Handeln im alten Orient », in: Landscapes, p. 163-169: sur les interprètes officiels et leur rôle dans l’administration et le commerce.

V

– M. VAN DE MIEROOP, « Thoughts on Urban Real Estate in Ancient Mesopotamia », in: Urbanization, p. 253-287: présentation des données textuelles et archéologiques sur l’habitat urbain entre 3000 et 1500 av. J.-C. L’a. étudie notamment la taille des maisons, les procédures de vente (le sikkanum sert de publicité foncière et d’instrument de mesure; le paiement du prix est symbolisé par du grain répandu sur le sol) et les critères de variation des prix.

– IDEM, « A History of Near Eastern Debt? », in: Debt, p. 59-94: aperçu général des textes mésopotamiens concernant les dettes, depuis le Dynastique archaïque jusqu’à l’époque néo-assyrienne. Il ressort de cette présentation que les taux d’intérêt restent remarquablement constants pendant 2000 ans (20% pour l’argent, 33 1/3% pour l’orge), fixés officiellement par le roi à partir du système métrologique et non pas de considérations économiques. En pratique cependant, on constate des variations importantes liées à la durée des prêts.

– IDEM, The Ancient Mesopotamian City, Oxford, 1997, xv + 269 p., index, bibliogr.: l’a. propose un modèle de la cité mésopotamienne (Babylonie et Assyrie) fondé sur l’importance primordiale de la ville dans cette partie du Proche-Orient ancien. La Mésopotamie a inventé la ville et axé son développement culturel autour d’elle, à la différence de l’Egypte, de l’Anatolie ou de la Syrie-Palestine où l’urbanisme joue un rôle secondaire. Dans une perspective braudélienne, faisant de la Méditerranée une entité à part entière plutôt qu’une frontière entre l’Europe et l’Asie, l’a. conteste l’opposition traditionnelle entre monde gréco-romain et monde oriental, notamment à propos des villes, en montrant que la cité mésopotamienne présente de nombreuses caractéristiques propres à la “cité ancienne » idéale décrite par M. Weber. Quoique présentant des variantes (en Babylonie, la ville créé le pouvoir politique; en Assyrie, le pouvoir créé la ville), le mouvement d’urbanisme mésopotamien est homogène et harmonieux et constitue un paradigme oriental spécifique.

– IDEM, “The Government of an Ancient Mesopotamian City: what we know and why we know so little », in: Priests, p. 139-161: l’a. s’intéresse aux diverses instances de gouvernement, en nuançant le rôle politique du roi contrebalancé par les institutions locales, notamment les assemblées de citoyens, dont l’a. étudie les fonctions judicaires et politiques. Il développe aussi les attributions du hazannu et du rabiânu, qui sert d’intermédiaire entre la population et le pouvoir central. L’organisation collective de la société (chaque individu appartient à un groupe ethnique, professionnel, géographique…) se reflète dans l’organisation collective et décentralisée du pouvoir urbain et explique le peu de sources sur ce thème: la majorité des décisions concernant le fonctionnement d’une ville découlait de discussions orales.

– IDEM, compte rendu de M. Stol et S. P. Vleming, The Care of the Elderly in the Ancient Near East, 1998, BiOr 56, 1999, p. 41-42: le recenseur souligne que le principal problème du thème traité ici tient à la définition de la vieillesse dans l’Antiquité. Le recenseur propose d’aligner l’espérance de vie des Mésopotamiens sur celle des Romains d’Egypte, soit autour de 33 ans, et non pas de 50 ans.

– K. VAN DER TOORN, From Her Cradle to Her Grave. The Role of Religion in the Life of the Israelite and the Babylonian Woman, The Biblical Seminar 23, 1994, 151 p.: tableau de la place de la femme orientale dans la société, aux différents stades de sa vie (naissance, jeunesse, adolescence, mariage, maternité, piété, veuvage). Cet aperçu fait ressortir le rôle prépondérant des femmes dans le quotidien des religions proche-orientales, qui ne sont pas exclusivement contrôlées par les hommes.

– G. VAN DRIEL, « The Mesopotamian North: Land Use, An Attempt », in: Rainfall, p. 265-299: tableau général des conditions d’utilisation du sol dans les régions du nord de la Mésopotamie aux IIe et Ier millénaires. L’agriculture institutionnelle y est organisée en groupes de laboureurs exploitant une surface inférieure d’1/3 en moyenne à celles du sud. On ne peut pas connaître le rendement et les taux d’ensemencement des champs. Face au rôle centralisateur des temples au sud, le nord apparaît structuré autour d’une hiérarchie de palais plus ou moins importants.

– IDEM, “Capital Formation and Investments in an Institutional Context in Ancient Mesopotamia », in: Trade, p. 25-42: d’après les sources “institutionnelles » (comptabilité des palais et des temples), la production de surplus dans l’économie mésopotamienne est réinvestie dans d’autres circuits (travaux d’irrigation, rations, offrandes religieuses…). Les traces d’un véritable profit ou d’investissements dans un capital de production, ne sont pas attestées de manière significative.

– IDEM, « On Villages », in: Fs Veenhof, p. 103-118: étude sur les villages, notion malaisée à cerner du fait de la difficulté à trouver des critères de définition, et du silence des sources textuelles et archéologiques (les petits établissements échappent souvent aux prospections, lorsqu’ils n’ont pas complètement disparu). L’a. examine en particulier le cas le mieux connu, celui de la province d’Umma à l’époque d’Ur III, les prospections permettant de proposer une hiérarchie des établissements humains et de leurs fonctions, tandis que les textes fournissent des données sur l’exploitation des terres.

– IDEM, « The Role of Nomadism in a Model of ancient mesopotamian Society and Economy », JEOL 35-36 (1997-2000), 2001, p. 85-101: les nomades ont une économie de subsistance fondée sur le pastoralisme et servent de main d’œuvre d’appoint pour les périodes de moisson. L’intégration des nomades dans l’économie sédentaire se produit tardivement (périodes chaldéenne et achéménide), lorsque les institutions et les élites urbaines participent aux activités de production de laine et d’élevage de bétail dans les zones de nomadisme.

– IDEM, Elusive Silver. In Search of a Role for a Market in an Agrarian Environment, Leiden, 2002: l’objet du livre est de comprendre quand et comment se met en place un marché dans une économie fondamentalement agricole mais dépendante cependant de l’argent échangé contre les produits d’importation indispensables à son fonctionnement. La première partie s’intéresse aux marchands d’Ur III et montre que l’argent est d’ores et déjà utilisé par les marchands, sans aller jusqu’à la constitution d’un véritable marché. La seconde partie montre que la possession des prébendes assure aux élites des revenus et des statuts qui dépendent peu de l’argent ou du marché. La troisième partie s’intéresse à la taxation et à la place du marché aux époques néo-babylonienne et achéménide, période pendant laquelle l’argent et le marché jouent un rôle de plus en plus important bien que difficile à quantifier. [L. Graslin-Thomé]

– P. VARGYAS, “Getreidekursangaben und Preistarife im Assyrien und Babylonien des 2. und 1. Jahrtausends », RAI 39, p. 185-190: les prix proclamés par les gouvernants dans leurs textes officiels sont majoritairement des éléments de la propagande royale, sans lien avec la réalité économique. Ils ne consitutent pas des maxima ou des tarifications officielles, mais plutôt des “prix conseillés », indicatifs, s’inscrivant dans une économie de marché obéissant à la loi de l’offre et de la demande.

– IDEM, « Babylonian Interest Rates: Weren’t They Annual? », in: Gs Cagni, vol. 2, p. 1095-1106: à partir de la documentation néo-babylonienne et achéménide, l’a. considère que le calcul des taux d’intérêt des prêts se faisait sur une base annuelle et non mensuelle et applique cette conclusion à l’époque paléo-babylonienne, contre l’opinion de M. van de Mieroop. On ne peut donc parler de pratique usuraire pour la Babylonie.

W

– H. WEISS, “Tell Leilan 1989: New Data for Mid-Third Millenium Urbanization and State Formation », MDOG 22, 1990, p. 193-218: les fouilles de Leilan en 1989 montrent que le phénomène urbain qui apparaît au milieu du IIIe millénaire n’est pas lié à une imposition militaire ni à l’extension de l’empire.

– T. J. WILKINSON, “The Development of Settlement in the North Jazira between the 7th and 1st millenia BC », Iraq 52, 1990, p. 49-62: aperçu sur le phénomène d’urbanisation au nord de la Djeziré. Le mouvement de concentration urbaine se manifeste au IIIe millénaire et au début du IIe millénaire. A l’époque paléo-assyrienne, le développement du commerce modifie l’implantation des villes, qui s’installent près des routes. Il n’y eut sans doute pas de réelle désertion des villes à l’époque méso-assyrienne mais plutôt de courtes périodes d’abandon.

Y

– J. YAKAR, “Anatolian Trade with Syro-Mesopotamian Prior to the Establishment of the Assyrian Merchant Colonies », RAI 39, p. 365-372: sur le commerce entre la Syrie du nord, la Mésopotamie et l’Anatolie au IVe millénaire, d’après les informations archéologiques. Les relations commerciales entre les cités s’organisaient dans une perspective économique libérale, sans interférence idéologique ni contrôle politique des colonies établies en Syrie et en Anatolie par les villes du sud comme Uruk.

– N. YOFFEE, compte rendu de M. Hudson et B. A. Levine, Privatization in the Ancient Near East and Classical World, vol. 1, 1996, BiOr 56, 1999, p. 37-40: actes d’un colloque tenu à l’Université de New York en 1994 autour des théories de l’économiste M. HUDSON sur la notion de propriété privée en Mésopotamie. Hudson place le début du processus de privatisation vers le début du IIIe millénaire, au moment de l’apparition de l’Etat et du développement des grandes institutions (temples, palais), qui représentent les premières entreprises « capitalistes », recherchant le profit, pratiquant le stockage, la comptabilité, l’organisation hiérarchique du travail et les relations contractuelles. C’est le secteur public qui aurait ainsi donné l’impulsion aux initiatives privées. Ce point de vue est confronté à celui de plusieurs spécialistes de l’Antiquité. L’archéologie (C.C. LAMBERG-KARLOVSKY) ne confirme pas l’hypothèse de M. Hudson puisque les cultures de Samarra et de Halaf montrent la coexistence des secteurs public et privé dans la production de biens. Les actes de vente foncière présargonique et sargonique où un vendeur agit seul pourraient, selon l’idée de D.O. EDZARD, refléter un système de précaire (voir à ce sujet S. LAFONT dans J.-P. Poly et E. Bournazel éd., Les féodalités). A Nuzi, M. MAIDMAN suggère que la propriété privée, bien documentée, soit issue des concessions royales, et conteste l’existence d’une forme primitive de propriété lignagère dont les adoptions-vente seraient un effet résiduel. Ugarit connut aussi deux modèles privé et public concommittants (M. HELTZER). L’entreprise privée ne fait aucun doute au Ier millénaire, comme le rappelle M. DANDAMAEV étudiant les archives des Egibi ou des Murašû. Dans la Bible, la propriété privée foncière est principalement familiale (B.A. LEVINE). Le recenseur souligne l’absence d’une contribution sur le commerce paléo-assyrien et sur les thèses polanyistes opposées à celle de M. Hudson et soutenues notamment par J. Renger.

Z

– C. ZACCAGNINI, « Economic Aspects of Land Ownership and Land Use in Northern Mesopotamia and Syria from the Late 3rd Millenium to the Neo-Assyrian Period », in: Urbanization, p. 331-352: étude de l’étendue des propriétés foncières et de leur rendement à partir des textes de vente, donation, bail et hypothèque à Ebla, Mari, Nuzi, Emar et dans les principales villes néo-assyriennes. Dans toutes ces régions dites périphériques s’observe le même contraste entre un petit nombre de grands domaines détenus par quelques latifundistes et d’innombrables petites parcelles de terres familiales, dont la superficie était insuffisante pour nourrir leurs occupants. Les villa sont exploitées par des paysans locaux, sans doute les anciens propriétaires contraints de vendre leur champ sous la pression économique.

– IDEM, “Prices and price formation in the Ancient Near East: A methodological Approach », in: Economie antique, p. 361-384: considérations très générales sur la méthode et les sources utilisables par l’historien pour approcher les mécanismes de formation des prix.

– IDEM, “Ideological and Procedural Paradigms in Ancient Near Eastern Long Distance Exchanges: the Case of Enmerkar and the Lord of Aratta », AOF 20/1, 1993, p. 34-42: analyse anthropologique du poème sumérien d’Enmerkar, reliant la construction des relations économiques entre Uruk et les autres villes à un modèle idéologique prédéfini. Sous couvert de l’autorité d’Inanna, Uruk exige la soumission d’Aratta pour l’acheminement de biens divers. En échange, Uruk manifestera sa supériorité par l’approvisionnement d’Aratta en céréales. La collaboration diplomatico-commerciale entre les deux villes s’effectue ainsi dans le cadre de rapports de forces constamment négociés.

– IDEM, “Lo scambio dei beni nelle relazioni internazionali del Vicino Oriente durante il Tardo Bronzo: Istituzioni, ideologie, prassi », in: Relations internationales, p. 41-68: analyse anthropologique de l’échange dans la diplomatie orientale ancienne, à travers le vocabulaire employé dans les traités (mandattu, “tribut »; šulmânu, “don »). Le don, qui consiste toujours en un objet offert à une personne, oblige au contre-don lorsque les protagonistes sont à parité; pour un inférieur, c’est une valorisation idéologique du tribut qu’il doit payer et qui marque sa subordination. L’a. examine l’association des deux termes “don » et “tribut » dans la documentation hittite et d’El-Amarna.

– R. ZADOK, “Hurrians as well as Individuals Bearing Hurrian and Strange Names in Sumerian Sources », in: Gs Kutscher, p. 219-245: étude onomastique des composantes hurrites et non-sémitiques de la population mésopotamienne du IIIe millénaire, à partir des sources sumériennes.

– IDEM, “Foreigners and Foreign Linguistic Materials in Mesopotamia and Egypt », in: Fs Lipinski, p. 431-447: liste de divers groupes de populations étrangères attestées en Mésopotamie et étude onomastique des NP documentés.

– J. ZARINS, “Early Pastoral Nomadism and the Settlement of Lower Mesopotamia », BASOR 280, 1990, p. 31-65: l’archéologie préhistorique dans le désert arabique ne démontre pas la prétendue origine nomadique des Akkadiens. Venus de l’ouest, ils ont progressé vers la steppe et le désert du nord (Djeziré, Hamada) au milieu du VIIe millénaire.

– S. ZAWADSKI, “Hostages in Assyrian Royal Inscriptions », in: Fs Lipinski, p. 449-458: sur les occurrences du terme lîtu, “otage » dans les inscriptions royales MA et NA. La plupart du temps, ces otages étaient pris non pas dans la totalité du territoire vaincu, mais dans quelques petites villes mal défendues, menacées de graves représailles assyrienne en cas de rébellion. Le statut des otages était distinct de celui des prisonniers de guerre, en ce qu’ils bénéficiaient de garanties personnelles et de moyens de subsistance, tant que leur pays payait les tributs imposés par le vainqueur. Le mot disparaît à partir de Sennachérib, sans doute remplacé par la notion de vassalité (ardûtu, ana epeš ardûti).

Religion, mythologie, littérature

A

– T. ABUSCH, “The Socio-Religious Framework of the Babylonian Witchcraft Ceremony Maqlû: Some Observations on the Introductory Section of the Text, Part II », in: Fs Greenfield, p. 467-494: sur Maqlû I 37-60, et le rôle du récitant.

– T. ABUSCH et K. VAN DER TOORN (éd. ), Mesopotamian Magic, Ancient Magic and Divination I, Groningen, 1999.

– S. ALAURA et M. BONECHI, « Il carro del dio del sole nei testi cuneiformi dell’eta del bronzo », SMEA 54, 2012, p. 5-115: tour d’horizon des attestations textuelles du IIe millénaire relatives au char du dieu Soleil. Après avoir brièvement passé en revue les données du Ier mill. (données bibliques incluses), les deux a. se concentrent sur la période qui les concerne. Ce motif du dieu Soleil sur son char se retrouve aussi bien dans les grandes compositions littéraires mésopotamiennes que dans les prières hittites d’influence mésopotamienne. Dans ce cadre, le char est tiré par des chevaux correspondant aux différents moments de la journée, tradition littéraire qui se retrouve en Grèce ancienne. [A. Mouton]

– R. ALBERTZ (éd. ), Religion und Gesellschaft. Studien zu ihrer Wechselbeziehung in den Kulturen des Antiken Vorderen Orients, AOAT 248, 1997.

– B. ALSTER, “The sumerian poem of early rulers and related poems », OLP 21, 1990, p. 1-25: nouvelle éd. du “Poème des premiers gouvernants » incluant les nouveaux parallèles d’Emar et de Sippar.

– IDEM, “Incantation to Utu », ASJ 13, 1991, p. 27-96: transcr. et trad. d’une longue incantation qui établit un culte funéraire permettant aux esprits des morts de trouver la paix. Ce texte décrit une scène de jugement dernier et témoigne de l’importance des notions de faute morale et de péché. Il atteste aussi la pratique de l’enterrement des morts dans les maisons privées.

– IDEM, « The Manchester Tammuz », ASJ 14, 1992, p. 146: éd. complète de 4 fragments de tablettes de Nippur faisant des « hymnes Manchester Tammuz » un récit de cérémonie nuptiale en forme d’hymne poétique.

– IDEM, “The Sumerian Folktale of the Three Ox-drivers from Adab », JCS 43-45, 1991-1993, p. 27-38: éd. révisée de la fable des trois bouviers, incluant le duplicat de Philadelphie publié par l’a. en 1991. L’histoire s’inspire sans doute d’un fait réel: 3 bouviers assoiffés délaissent respectivement leur bœuf, leur vache et leur charrette. Le veau qui naît pendant leur absence est revendiqué par les trois hommes, qui portent leur affaire devant le roi. La solution, très allusive, lui est suggérée par une “femme du cloître » (sé-ek-rum).

– IDEM, “Two Sumerian Short Tales Reconsidered », ZA 82/2, 1992, p. 186-201: relecture de deux contes sumériens. Dans “Le chasseur d’oiseaux et sa femme », publié par l’a. en 1975, une femme reproche à son mari ivrogne de négliger son métier. Elle utilise le jargon des chasseurs d’oiseaux pour lui reprocher son impuissance sexuelle. “L’esclave et le gredin » est plutôt une satire dans laquelle une servante affranchie est privée de son héritage paternel sous prétexte d’un mariage.

– IDEM, “Some Ur 3 Literary Texts and Other Sumerian Texts in Yale and Philadelphia », ASJ 15 1993, p. 1-10: éd. de six tablettes sumériennes, dont trois néo-sumériennes (un fragment de la Malédiction d’Agadé, un texte scolaire et un fragment d’hymne royal) et trois sources littéraires (une incantation contre les petits serpents, deux chants d’amour et une lamentation paléo-babylonienne).

– IDEM, Proverbs of Ancient Sumer. The World’s Earliest Proverb Collections, 2 vol., Bethesda, 1997, xxxvi + 548 p., 133 pl., bibliogr., index, glossaire: éd. complète et commentée de tous les proverbes sumériens accessibles à la publication.

– P. AMIET, « Anthropomorphisme et aniconisme dans l’antiquité orientale », RB 104, 1997, p. 321-337: les dieux anthropomorphes ont été conçus à l’époque de la naissance de l’écriture. Au milieu du IIe millénaire, les civilisations urbanisées préfèrent les symboles aux effigies, mais les traditions préhistoriques sont perpétuées chez les nomades avec le culte des bétyles. Le Ier millénaire ignore l’idée de transcendance et utilise des symboles frustes, rejetés en Juda, de même que l’iconographie divine.

– D. ARNAUD, “Le fœtus et les dieux au Proche-Orient sémitique ancien. Naissance de la théorie épigénétique », Revue de l’histoire des religions 213/2, 1996, p. 124-142: sur la perception qu’avaient les Mésopotamiens de la conception et de la naissance. La formation du fœtus à l’embryon est comprise comme une succession de stades physiologiques: sur une masse indifférenciée se développent des parties différenciées qui s’agrègent dans un ordre nouveau, au cours d’un long processus de fabrication. Cette théorie justifie la place des avortons et autres monstres dans la religion: les dieux ont manifesté leur volonté en changeant l’ordre normal des éléments de formation de l’être vivant. La difformité est un signe des dieux, un présage, qu’il s’agit d’interpréter.

– M.-A. ATAC, « Religion as Represented in the Art of the Ancient Near East », Religion Compass 2, 2008, p. 889-928 : l’a. fait le point sur les représentations religieuses dans l’iconographie de l’ancien Proche-Orient. Il fait surtout la synthèse des discussions qui ont entouré ces représentations, se concentrant sur les témoins mésopotamiens. [A. Mouton]

B

– M. R. BACHVAROVA, « The Transmission of Liver Divination from East to West », SMEA 54, 2012, p. 143-164 : l’a. revient sur l’idée que l’hépatoscopie étrusque et grecque a été héritée de l’Orient. Plus exactement, elle cherche à préciser les modalités de cette filiation supposée. Elle suggère l’existence de trois voies de transmission. Le premier courant viendrait d’Anatolie en direction de l’Italie et serait lié à un mouvement migratoire à la fin du deuxième millénaire. Le deuxième viendrait d’Anatolie du sud-est ou de Chypre en direction de la Grèce et serait lié à des contacts militaires entre 750 et 530 av. J.-C. Le troisième courant serait plus tardif et relirait la tradition babylonienne (appelée chaldéenne par l’a.) à l’hépatoscopie étrusque de l’époque hellénistique. L’a. montre à juste titre que les points de comparaison entre l’hépatoscopie mésopotamienne et celle de l’Occident sont des éléments que l’anthropologie a également observés dans les traditions hépatoscopiques des autres sociétés traditionnelles. Ces éléments ne prouvent pas en eux-mêmes l’existence d’une filiation entre Orient et Occident. Concernant le premier courant de transmission supposé par l’a., il est lié à l’origine anatolienne envisagée pour les Etrusques, théorie qui semble étayée par le données textuelles, linguistiques et génétiques: les Tyrsenoi seraient originaires de l’Anatolie occidentale. L’hépatoscopie « hittite » décrite par les comptes rendus oraculaires combine des termes techniques hourrites traduisant les concepts mésopotamiens à des formes louvisées, ce qui incite l’a. à attribuer ce courant au Kizzuwatna, à la suite de M. Schuol. Ces textes reflètent en outre une indépendance certaine des devins anatoliens vis-à-vis des grands recueils de présages hépatoscopiques mésopotamiens. [A. Mouton]

– M. L. BARRÉ,  » “Wandering about » as a Topos of Depression in Ancient Near Eastern Literature and in the Bible », JNES 60, 2001, p. 177-188.

– H. M. BARSTAD, “No prophets? Recent Developments in Biblical Prophetic Research and Ancient Near Eastern Prophecy », JSOT 57, 1993, p. 39-60: Une approche phénoménologique et comparative des prophéties bibliques et mésopotamiennes confirme l’existence (très débattue pour l’Ancien Testament) des prophètes, à la fois intercesseurs et intermédiaires entre les rois et les divinités. La mise par écrit des messages prophétiques, délivrés oralement, ne changent pas leur nature oraculaire fondamentale.

– J. BLACK et A. GREEN, Gods, Demons and Symbols of Ancient Mesopotamia. An Illustrated Dictionary, British Museum Trustees, Londres, 1992, 192 p.: introduction sur l’histoire et l’art mésopotamiens. Entrées noms propres et noms communs; nombreuses ilustrations.

– B. BÖCK, “Sumerisch a.rá und Divination in Mesopotamien », AuOr 13, 1995, p. 151-159: l’a. corrige le PSD, qui donne pour a.rá les sens de “manière, état, condition, conseil », et propose d’après l’étude des listes lexicales et des sources relatives à la divination suméro-akkadienne, la signification “omen, décret divin, révélation divine ».

– D. BODI, The Book of Ezechiel and the Poem of Erra, OBO 104, Fribourg, 1991.

– F. BRUSCHWEILER, “La plainte du roseau. Eršemma de Dumuzi, MAH 16014″, RA 84, 1990, p. 119-124: éd. complète d’une composition poétique de 29 lignes, conservée à Genève et contenant une lamentation sur la disparition de Dumuzi.

– T. BRYCE, “The Trojan War in its Near Eastern Context », JAC 6, 1991, p. 1-21: le récit de la bataille de Troie pourrait renvoyer aux épisodes d’un conflit bien antérieur opposant les Anatoliens de Wilusa aux Mycéniens, et refléterait la transmission de thèmes littéraires entre l’est et l’ouest, visible notamment dans la mythologie (comparaison entre Gilgameš et l’Iliade et l’Odyssée).

C

– A. CAVIGNEAUX, “La pariade du scorpion dans les formules magiques sumériennes (Textes de Tell Haddad V) », ASJ 17, 1985, p. 75-99: éd. complète de deux textes évoquant l’accouplement des scorpions dans un rituel d’exorcisme.

– A. CAVIGNEAUX et F. AL-RAWI, “Textes magiques de Tell Haddad (Textes de Tell Haddad II) », ZA 83/1, 1993, p. 170-205: première partie d’un article éditant deux tablettes d’exorcisme, regroupant des rituels contre divers maux (mauvais œil, sorcellerie…).

– EIDEM, “Textes magiques de Tell Haddad (Textes de Tell Haddad II). Deuxième partie », ZA 85/1, 1995, p. 19-46: suite de la publication entamée par les mêmes auteurs dans ZA 83. Edition d’un texte d’exorcisme sumérien.

– EIDEM, “Textes Magiques de Tell Haddad (Textes de Tell Haddad II). Troisième partie », ZA 85/2, 1995, p. 169-221: éd. d’un charme contre “la mauvaise langue », mis en parallèle avec YOS 11, 90 et MAG 16003; d’un charme universel jouant sur le son /im/ et opposant l’orage à l’argile; d’un rituel contre le démon Namtar. Concordance des textes déjà publiés dans la ZA.

– D. CHARPIN, « Mois intercalaire et fêtes religieuse : de Mari à Babylone, du deuxième au premier millénaire », NABU 2005/35 : l’a. compare un épisode de l’histoire néo-assyrienne à un événement ayant eu lieu dans la Mari amorrite. A ces deux occasions différentes, le pouvoir politique envisage l’intercalation d’un mois supplémentaire pour pouvoir respecter le calendrier religieux.

– IDEM, « Des prophètes-âpilu dans le Šumma âlu », NABU 2006/4, n°88: l’a. suggère de lire, dans un passage du célèbre recueil de présages, l’idéogramme ou pseudo-idéogramme A.BIL.MEŠ ‘apillû’.

– M. CIVIL, « Reading Gilgameš », in: Fs Del Olmo Lete, p. 179-189: l’interprétation du passage de l’épopée de Gilgameš et Agga consacré aux puits creusés à Uruk est l’occasion de retracer l’histoire littéraire du récit. Jusqu’à la fin de l’époque paléo-babylonienne, il existe une version orale longue et vivante de cet épisode, et des versions écrites plus courtes, inspirées des variantes de la tradition orale.

– M. COHEN, The Cultic Calendars of Ancient Near East, Bethesda, 1993, xxiii + 504 p., index, bibliogr.: étude des calendriers cultuels utilisés durant les trois millénaires de l’histoire mésopotamienne. Après la mise en place d’un calendrier sémitique commun pour le nord, au milieu du IIIe millénaire, les grandes villes comme Nippur et Lagaš adoptent, à l’époque pré-sargonique, leurs propres calendriers religieux. A l’exception de Drehem, les cités néo-sumériennes cumulaient le Reichskalendar avec leur calendrier local. La dynastie d’Isin contribua à la diffusion de la tradition sumérienne de Nippur dans le sud mésopotamien. Cette tradition est concurrencée par les usages amorrites puis hurrites au IIe millénaire. Samsuiluna tenta de mettre fin à ce pluralisme en élaborant un calendrier standard s’enracinant dans la culture sumérienne de Nippur.

– G. COLBOW, Die kriegerische Ištar. Zu den Erscheinungsformen Bewaffneter Gottheiten zwischen der Mitte des 3. und der Mitte des 2. Jahrtausends, Münchener Vorderasiatische Studien VIII, Munich Vienne, 1991, 526 p., 32 pl., index, bibliogr.: recherche sur les représentations de la déesse armée Ištar dans la glyptique, la statuaire et la sculpture.

– G. CONTI, “Incantation de l’eau bénite et de l’encensoir et textes connexes », MARI 8, 1997, p. 253-272: analyse du corpus des incantations faisant intervenir deux composantes cultuelles essentielles, l’eau bénie et l’encensoir, et réflexion sur les représentations cosmiques sumériennes.

D

– F. D’AGOSTINO, “Umorismo e utilizzo del testo: a proposito de ‘Il medico di Isin' », AuOr 13, 1995, p. 67-74: l’histoire du médecin illettré d’Isin adopte un ton ironique pour se moquer du faible niveau de sumérien de ce lettré. Le texte ne prouve pas la longévité du sumérien (George) et poursuit un but pédagogique: il s’agit d’utiliser l’humour pour enseigner aux scribes les NP sumériens difficiles à mémoriser.

– S. DALLEY, “Statues of Marduk and the date of Enûma eliš », AOF 24/1, 1997, p. 163-171: la publication de BM 119282, où sont mentionnées sept statues de Marduk et sept sièges, oblige à reconsidérer la date de la composition de l’Enûma eliš, habituellement liée à l’hypothèse d’une unique statue de Marduk et placée sous le règne de Nabuchodonozor Ier. Selon l’a., cette œuvre littéraire fut élaborée à la fin du règne de Hammurabi, puis fut modifiée constamment, y compris à la fin de la période néo-babylonienne.

– C. DE MOOR, « Standing Stones and Ancestor Worship », UF 27, 1995, p. 1-20: à propos des stèles massêbôt, dont la fonction dans l’Ancien Testament s’éclaire grâce aux parallèles mésopotamiens (cf. surtout l’akk. sikkanum). Les bétyles ont une fonction commémorative, particulièrement pour perpétuer la mémoire des ancêtres et maintenir une présence physique du défunt dans le culte. Le yahwisme s’enracine dans cette tradition, comme le montre l’exemple de Jacob élevant une stèle massêbâh pour Yahwé.

– C. DE MOOR et W. G. E WATSON (éd. ), Verse in Ancient Near Eastern Prose, AOAT 42, 1993.

– S. DENNING-BOLLE, Wisdom in akkadian literature. Expression, instruction, dialogue, MVEOL 28, 1991, xiv + 199 p.: la mythologie et la littérature sapientiale mésopotamiennes montrent que la sagesse s’exprime à travers des dialogues (Gilgames, Istar en enfer, etc…), des proverbes ou des instructions, donc qu’elle résulte d’une communication entre les individus.

– M. DIETRICH, « Der Dialog zwischen Šûpê-amêli und seinem ‘Vater’. Die Tradition babylonischer Weisheitssprüche im Westen », UF 23, 1991, p. 33-68: analyse d’un discours babylonien sur la sagesse repris dans les tablettes d’Ugarit, d’Emar et du Hatti. L’a. présente un synopsis du texte d’après ces 3 sources, et étudie la structure poétique de la langue employée.

– IDEM, “ina ûmî ullûti. ‘An jenen (fernen) Tagen’. Ein sumerisches kosmogonisches Mythologem in babylonischer Tradition », in: Fs von Soden, p. 57-72: l’expression “dans les jours anciens » dans la mythologie mésopotamienne marque la transition entre les conceptions nippuréenne et babylonienne de la création du monde: le “temps de la création » fait place aux « jours de la création ».

– M. DIETRICH, O. LORETZ et W. MAYER, “sikkanum ‘Betyle' », UF 21, 1989, p. 133-139: il résulte de l’analyse des occurrences de ce mot dans le monde syrien (Mari, Emar, Ugarit), notamment dans les formules de malédiction des documents juridiques d’Emar et de Munbâqa, et de la comparaison avec le hittite NA4.ZI.KIN = huwaši, que tous ces termes désignent des stèles et bétyles en pierre ou en bois d’utilisations variées.

– R. A. DI VITO, Studies in Third Millenium Sumerian and Akkadian Personal Names. The Designation and Conception of the Personal God, Studia Pohl: Series Maior 16, Rome, 1993, xii + 327 p.: catalogue des NP sumériens et akkadiens du IIIe millénaire destiné à montrer, à travers l’onomastique, l’existence du concept de divinité(s) personnelle(s) dès les époques archaïques. Le choix même du nom d’une divinité dans la composition du NP, et la transposition de la formule “mon dieu » hors du domaine religieux (ex. le NP šar-ru-ì-lí) révèlent l’existence et l’importance de la personnalisation des cultes, qui ne se comprend que dans le cadre familial.

– J. -M. DURAND, “Sumerica », RA 84, 1990, p. 137-139: copie d’une tablette sumérienne, duplicata du Rêve de Dumuzi. Le commentaire sera publié ultérieurement.

– IDEM, “Enûma Eliš I 76″, NABU 1994/100: l’a. propose une nouvelle traduction du vers im-bi-šum-ma abzu ú-ad-du-ú eš-re-e-ti, “il lui donna le nom d’ABZU: (car ainsi) eut-on la notion de temples ». Le sens de wedûm II, “découvrir la notion de », “avoir claire connaissance de » est bien connu dans le CH (cf. bît abi-šu uweddi, “il a découvert quelle était sa vraie famille » plutôt que “il a fait connaître la maison de son père »).

E

– D. O. EDZARD, “Gilgameš und Huwawa A I. Teil », ZA 80/2, 1990, p. 165-203: étude complète du récit mythologique sumérien concernant Gilgameš et Huwawa A. Tableau de correspondance et reconstitution du récit à partir des 82 tablettes constituant cette composition.

F

– W. FARBER, « Singing an eršemma for the Damaged Statue of a God », ZA 93, 2003, 208-213 : au sujet du texte religieux TuL 27 dans lequel des instructions concernant ce qu’il s’agit de faire au moment de restaurer une statue divine sont données. Le rituel comprend un chant qu’il faut entonner à la divinité.

– Y. FEDER, « The Mechanics of Retribution in Hittite, Mesopotamian and Ancient Israelite Sources », JANER 10, 2010, p. 119-157: l’a. montre que la vision évolutionniste voulant que le divin soit d’abord impersonnel puis personnifié sous la forme de divinités (anthropomorphes ou non) doit être définitivement abandonnée. Les textes de serments hittites reflètent ici et là la personnification du serment lui-même, alors que les divinités du serment sont clairement mentionnées dans d’autres parties du même corpus. Cette personnification se manifeste, selon l’a., par l’usage de l’ergatif hittite pour le terme lingai- « serment », notamment. Le serment contient toujours une malédiction « conditionnelle » qui ne sera effective qu’en cas de parjure. Par conséquent, il a une force « magique » en lui-même. Cela explique, d’après l’a., la confusion volontaire effectuée par les scribes hittites entre NĪŠ DINGIR-LIM « serment » et NĪŠ DINGIRMEŠ « dieux du serment », à l’exception notable des textes de traités qui distinguent bien ces deux appellations. L’a. indique à propos de ce double phénomène (distinction puis confusion du serment personnifié avec les divinités du serment) : « Since the oaths could be conceived as automatically punishing their violators, as expressed by the ergatival forms described above, there was no longer a place for deities in the dynamic of retribution. » L’expression « no longer » implique que l’a. voit une évolution dans le processus, à savoir d’abord la distinction entre le serment et les divinités du serment puis leur confusion. Or, il y a un élément que l’a. ne semble pas prendre en compte : les traités sont des formulaires tout droit empruntés au monde mésopotamien. C’est en cela qu’ils se distinguent des textes de serment hittites, par exemple. Il n’y a par conséquent pas lieu d’introduire une chronologie dans le phénomène étudié, puisque nous avons affaire à deux réalités culturelles différentes. Outre cet aspect, l’a. insiste sur la double signification de l’akkadien mâmîtu et du hittite lingai-. Pour lui, tous deux doivent se traduire tantôt par « serment », tantôt par « malédiction ». Le lien sémantique entre ces deux concepts réside dans la malédiction conditionnelle systématiquement incluse dans le serment. Dans la dernière partie de son article, l’a. s’interroge sur l’expression hittite « rechercher le sang » (ešhar šanh-) de quelqu’un dont le sujet est une ou plusieurs divinités. Cette expression indique que les dieux se chargent de collecter la dette de sang due à la victime. L’a. met en lumières un parallèle biblique à cette conception hittite. En général, l’on peut dire que la réification de concepts négatifs était un biais commode, pour les Hittites et leurs voisins, de contrôler voire neutraliser les phénomènes néfastes associés. La malédiction issue d’un parjure ou la dette de sang ne sont que deux de ces phénomènes, parmi beaucoup d’autres (l’impureté, l’ensorcellement, le mauvais rêve, etc.). La réification a coexisté avec la croyance en des entités divines personnifiées. Ces deux tendances n’étant pas contradictoires, elles apparaissent dans des discours différents. [A. Mouton]

– J. C. FINCKE, “Omina, die göttlichen ‘Gesetze’ der Divination”, JEOL 40, 2007, p. 131-147 : l’a. suggère de considérer les recueils de présages mésopotamiens comme autant de « lois divines » (« göttlichen Gesetze (der Divination) »), d’où les nombreuses similarités formelles entre ces traités et les textes de lois proprement dits.

– EADEM, « Ist die mesopotamische Opferschau ein nächtliches Ritual? », BiOr 66, 2009, p. 519-558: après réexamen des célèbres « prières aux divinités de la nuit » mésopotamiennes attestées dès l’époque paléo-babylonienne et jusqu’à l’époque néo-assyrienne, l’a. met l’accent sur leur fonction au sein du rituel de l’haruspice. Elle en conclut que ce rituel commençait au milieu de la nuit et se terminait vers le milieu du jour suivant. [A. Mouton]

– I. FINKEL, “In Black and White: Remarks on the Assur Psephomancy Ritual », ZA 85/2, 1995, p. 271-276: à propos du rituel assyrien LKA 137, faisant usage de pierres blanches et noires pour prédire l’avenir. L’a. conteste le parallèle établi par Horowitz et Hurowitz (JANES 21) avec l’usage des dés sacrés dans la Bible.

– D. FLEMING, “Nâbû and Munabbiâtu: Two New Syrian Religious Personnel », JAOS 113/2, 1993, p. 175-183: à Mari et Emar, les nâbû et les munabbiâtu sont des “invocateurs » des dieux. Ces termes, formés sur la racine nabûm, “nommer, appeler », sont à rapprocher de l’hébreu nâbi’. Les contextes dans lesquels ils apparaissent confirment l’activité prophétique dans la Syrie du IIe millénaire.

– B. FOSTER, « On Authorship in Akkadian Literature », AION 51, 1991, p. 17-32: l’anonymat des oeuvres littéraires akkadiennes reflète l’absence d’auteurs au sens moderne. Les poèmes sont inspirés directement par la divinité, les copieurs successifs n’étant que des intermédiaires pour la transmission de la composition aux humains.

– IDEM, From Distant Days: Myths, Tales and Poetry of Ancient Mesopotamia, 1995, 438 p.: cet ouvrage est un abrégé du livre du même auteur Before the muses où différents textes fondateurs de la littérature mésopotamienne sont exposés. L’arrangement général n’est plus le même; la table des matières est thématique et non chronologique. Les commentaires sont plus condensés. Toutefois, certains nouveaux documents sont intégrés, dont les textes prophétiques de Mari et des corrections sont signalées dans la préface.

– E. FRAHM, « Nabû-zuqup-kenu, Gilgamesh XII, and the Rites of Du’uzu », NABU 2005/5 : l’a. s’interroge sur le contexte historique de la rédaction de la douzième tablette de l’Epopée de Gilgameš. Selon lui, la date mentionnée sur le colophon incite à penser que le scribe à l’origine de la rédaction de la tablette venait d’apprendre le décès tragique de Sargon II d’Assyrie. Selon Frahm, le scribe aurait intégré des éléments faisant allusion à cet événement récent tout en souhaitant insérer sa composition dans le contexte plus général d’une fête funéraire en l’honneur de Dumuzi.

G

– M. J. GELLER, “Very Different Utu Incantations », ASJ 17, 1995, p. 101-126: éd. complète de deux tablettes d’incantation à Utu, l’une étant la copie néo-babylonienne d’un texte sumérien, l’autre un précurseur paléo-babylonien de la composition bît rimki. Ces incantations ont pour but de faire intervenir un ou des dieux afin d’aider une victime humaine face aux puissances maléfiques surnaturelles, plutôt que d’organiser un culte funéraire apaisant l’esprit des morts et protégeant les vivants (Alster).

– IDEM, “Jacobsen’s ‘Harps’ and the Keš Temple Hymn », ZA 86/1, 1996, p. 68-79: éd. sans traduction d’un hymne du temple de Keš, dont le déchiffrement et l’interprétation sont enrichis par les derniers travaux de T. Jacobsen (The Harp That Once, 1987).

– IDEM, « Akkadian Evil Eye Incantations from Assur », ZA 94, 2004, p. 52-58 : édition d’une incantation contre le mauvais œil. La composition est connue par deux manuscrits.

– A. R. GEORGE, “The Day the Earth Divided: A Geological Aetiology in the Babylonian Gilgameš Epic », ZA 80/2, 1990, p. 214-219: la version babylonienne de l’épopée de Gilgameš donne une explication mythologique à un phénomène géologique: la séparation des deux rives de la vallée du rift levantin.

– IDEM, House most high. The Temples of Ancient Mesopotamia. Mesopotamian Civilizations 5, 1993, xii + 209 p., 16 pl., index, bibliogr. L’a. met à jour les travaux de T. Pinches et de E. Ebeling en répertoriant et en éditant toutes les listes de temples actuellement connues. Les textes sont classés typologiquement en listes lexicales (époque paléo-babylonienne), théologiques (e.g. la liste dite canonique de la seconde moitié de l’époque cassite), géographiques (la plupart du Ier millénaire), et hiérarchiques. Un répertoire des noms religieux et populaires des temples est établi à partir de ces listes ainsi que de diverses sources (tablettes topographiques, inscriptions royales, noms d’années, textes religieux et littéraires).

– IDEM, “Ea in Hiding », NABU 1995/68: relecture d’une incantation OB où la phrase ša den-líl i-da iš-ku-nu, “qu’Enlil a secouru », qui ne donne aucun sens, est corrigée en ša den-líl-bàn-da iš-ku-nu, “(je vais jeter sur toi un sort) qu’Enlilbanda a fourni ». Cet “Enlil junior » est le patron des exorcistes, appelé Ea dans le même texte, soit un demi-millénaire avant la plus ancienne liste de divinités.

– IDEM, “Marduk and the Cult of the Gods of Nippur at Babylon », Or 66/1, 1997, p. 65-70: l’a. reprend l’étude du début de BM 119282 (édité par B. Pongratz Leisten dans Ina Šulmi ırub, BaF 16, 1994 sub no 6), texte concernant le culte de Marduk. Il s’attache à localiser plus précisement dans Babylone les sept statues de Bêl (Marduk) mentionnées. Certaines se trouvaient dans des sanctuaires de divinités de Nippur (Enlil et Ninurta), nouvel indice de la force d’assimilation de Marduk.

– J. -J. GLASSNER, “Inanna et les me », RAI 35, p. 55-86: le terme me est compris par rapport au pronom réfléchi archaïque et renvoie à des qualités ou des attributs de la personne qui les détient. L’énumération des me dans le mythe d’Inanna et Enki permet de mieux cerner la personnalité de la déesse, donnant au récit une dimension théologique.

– IDEM, « Triades archaïques dans les panthéons sumériens », in: Fs Renger, p. 161-167: analyse des structures des panthéons locaux sumériens, montrant une prédominance de la triade associant un dieu, son épouse et sa sœur, par exemple à Nippur et Lagaš.

– J. GOODNICK WESTENHOLZ, “The Clergy of Nippur: the Priestess of Enlil », RAI 35, p. 297-310: analyse du clergé de Nippur entre le milieu du IIIe millénaire et la fin de la période paléo-babylonienne. L’a. étudie les fonctions cultuelle et sociale des prêtres et prêtresses, leur origine sociale et familiale et les critères de leur recrutement.

– EADEM, “Writing For Posterity: Naram-Sin and Enmerkar », in: Gs Kutscher, p. 205-218: sur la valeur de la prière pour les morts dans la société mésopotamienne, à partir de l’époque paléo-babylonienne, à travers la pratique des mémoires rédigées sur une stèle (narû) afin que les générations futures bénissent l’âme du défunt.

– F. E. GREENSPAHN, “A Mesopotamian Proverb and Its Biblical Reverberations », JAOS 114/1, 1994, p. 33-38: la sagesse sumérienne qui prétend que “l’homme le plus grand ne peut atteindre le ciel; l’homme le plus large ne peut recouvrir la montagne/terre », exprime les limites de l’existence humaine et trouve un écho dans la Bible, notamment dans l’épisode de la Tour de Babel.

– B. GRONEBERG, “Ein Ritual an Ištar », MARI 8, 1997, p. 291-303: présentation d’extraits d’un rituel inédit du culte d’Ištar conservé au Louvre, dans lequel les participants revêtent des habits caractéristiques du sexe opposé. L’a. analyse le rôle du personnel cultuel d’Ištar et interprète ce texte comme un rituel de purification avec participation du roi.

– EADEM, « Brust (irtum)-Gesänge », in: Fs Renger, p. 169-195: analyse du vocabulaire et du style des chants comportant le lexème irtum « poitrine », et éd. complète d’une tablette fragmentaire appartenant à ce genre littéraire.

– A. K. GUINAN, “The Perils of High Livings: Divinatory Rhetoric in Šumma Alu », in: Fs Sjöberg, 1989, p. 227-235: analyse des structures littéraires des omina: les scribes manipulent les données et se comportent en devins. Le langage divinatoire est binaire. Les inversions rhétoriques permettent d’exprimer différents niveaux de signification divinatoire.

– EADEM, “The Human Behavioral Omens: on the Threshold of Psychological Inquiry », BCSMS 19, 1990, p. 9-14: étude des comportements humains décrits dans la série šumma alu (sommeil, accidents, tics, habitudes sexuelles) et rapprochement avec les conclusions de Freud sur l’inconscient.

– EADEM, “Left/right Symbolism in Mesopotamian Divination », SAAB 9/1, 1996, p. 5-10: les séries ominales et l’extipiscine utilisent sur un principe d’interprétation fondé sur l’association par analogie d’éléments opposés, dont les valeurs positives et négatives sont bien établies.

H

– W. W. HALLO, “Sumerian Religion », in: Gs Kutscher, p. 15-35: l’a. retrace les signes du maintien de la religion sumérienne dans la tradition akkadienne, à partir de l’époque sargonique.

– IDEM, The World’s Oldest Literature. Studies in Sumerian Belles-Lettres, CHANE 35, Leyde -Boston, 2010, 766 pp.: ce sont les kleine Schriften de l’a. On y retrouve de nombreux articles écrits entre les années 1960 et 2006. Ceux-ci sont classés par grands thèmes : catalogues et textes scolaires, hymnes royaux, lettres-prières, correspondance royale, historiographie, mythes et épopées, proverbes, incantations, etc. [A. Mouton]

– K. HECKER et al., Mythen und Epen II, TUAT III/4, 1994, 865 p.: éd. de mythes mésopotamiens (enûma eliš, Atrahasis, Gilgameš, Ištar aux enfers, Nergal et Ereškigal), hittites et bilingues hurro-hittites.

– R. S. HESS, “Asherah or Asherata? », Or 65/3, 1996, p. 209-219: étude de la déesse connue sous le nom d’Asherah, à partir de sources paléo babyloniennes et ouest sémitiques du IIe et du Ier millénaire av. J. C. (Ugarit et Amarna notamment). Le nom de cette divinité d’origine ouest sémitique se prononcerait Asherata.

– V. A. HUROWITZ, “Temporary Temples », in: Gs Kutscher, p. 37-50: entre la destruction et la reconstruction des temples, les statues des divinités étaient entreposées dans d’autres temples ou dans des installations de fortune.

– M. HUTTER, Religion in der Umwelt des Alten Testaments I, Babylonier, Syrier, Perser, Kohlhammer Studienbücher Theologie 4/1, 1996, 256 p.

J

– T. JACOBSEN, “A Maidenly Inanna », JANES 22, 1993, p. 63-68: relecture du texte littéraire BM 23631 (publié par S. Kramer, Or. 54) où Inanna prie son frère Utu de la raccompagner chez elle, à Zabala. La déesse est décrite comme une enfant effrayée par la sexualité, et qui, en dépit de son statut de fiancée, insiste sur sa virginité.

– IDEM, “The Historian and the Sumerian Gods », JAOS 114/2, 1994, p. 145-153: publication posthume de l’allocution d’ouverture prononcée par l’a. à l’ouverture de l’AOS en 1993. Etude sur le mode de pensée théocratique des Sumériens dans la vie politique.

– U. JEYES, “Divination as a Science in Ancient Mesopotamia », JEOL 32, 1991-1992, p. 23-41: l’accumulation des connaissances dans le domaine de la divination a permis de transformer une pratique empirique en une méthode scientifique reposant sur une rationalisation des données observées.

K

– D. KATZ, “Inanna’s Descente and Undressing the Dead as a Divine Law », ZA 85/2, 1995, p. 221-233: la relecture de la « Descente d’Inanna/Ištar aux enfers » montre que la déesse tombe dans un piège tendu par Ereškigal, qui veut la priver des attributs de sa divinité. On ne peut donc pas conclure sur la base de ces mythes que les morts arrivaient nus au Pays sans retour.

– EADEM, “Enmebaragesi king of Kiš a sister of Gilgameš? », NABU 1995/29: dans l’épopée de Gilgameš et la Forêt de cèdre, Gilgameš offre à Huwawa sa sœur Enmebaragesi comme épouse. La similitude de ce nom avec celui du roi de Kiš indique que Huwawa est ici doublement ridiculisé par son adversaire: on lui propose en réalité d’épouser un homme, et de surcroît son pire ennemi.

– J. KLEIN, “Additional Notes to ‘the Marriage of Martu' », in: Gs Kutscher, p. 93-106: nouvelles lectures et interprétations du texte réédité par S. Kramer dans Studies Artzi (sur quoi v. RHD 1992, p. 97), complétant l’addendum de l’a. dans le même volume.

– S. N. KRAMER, “A New Dumuzi Myth », RA 84, 1990, p. 143-149: éd. complète d’une tablette fragmentaire relatant un nouveau mythe de Dumuzi, où celui-ci demande l’aide des dieux pour lutter contre les calamités qui l’assaillent.

– IDEM, “Lamentation over the Destruction of Nippur », ASJ 13, 1991, p. 1-26: éd. complète d’une composition sumérienne décrivant la ruine et la dévastation de Nippur puis célébrant la délivrance de la ville par Išme-Dagan.

– IDEM, “The Marriage of Martu », in: Fs Artzi, p. 11-27: transcr; et trad. d’un mythe reflétant l’alliance politique du nomade Martu avec la fille de Numušda, divinité tutélaire de la ville de Ninab, située près de Kazallu. Ce poème sert de prétexte à une peinture des mœurs nomades.

– R. KUTSCHER, “The Cult of Dumuzi-Tammuz », in: Fs Artzi, p. 30-44: la rareté des textes administratifs concernant le culte de Dumuzi s’explique par la popularité de ce dieu, honoré loin des sanctuaires urbains. L’a. retrace les grands traits de ce culte jusqu’au premier millénaire.

L

– W. G. LAMBERT, “Nippur in Ancient Ideology », RAI 35, p. 119-126: sur le processus qui a conduit, au Ier millénaire, à la victoire de Marduk de Babylone sur Enlil de Nippur, dans l’idéologie religieuse dominante

– IDEM, “A Note on The Three Ox-Drivers from Adab », NABU 1995/2: dans l’épisode des trois bouviers, le responsable de la charrette refuse d’abandonner le véhicule, non pas parce qu’il risque de se rompre sous la charge qu’il supporte (Alster), mais parce que son contenu pourrait être volé. Le verbe sumérien (l. 12) doit être lu ku-ku-ru, glosé en akkadien ta-az-za-ba-al (zabâlu IV/1).

– IDEM, “Syncretism and Religious Controversy in Babylonia », AOF 24/1, 1997, p. 158-162: éd. complète d’une tablette du British Museum dans laquelle un prêtre invoque cinq divinités appelées à la fois par leur nom syncrétique et par leur nom d’origine.

– IDEM, “Questions addressed to the Babylonian oracle, the tamîtu textes », in: Oracles, p.85-98: un corpus de questions oraculaires désignées par le terme technique tamîtu provient de Babylonie. Les questions sont adressées conjointement à Šamaš et à Adad. Analyse du vocabulaire et du contenu des questions posées et éd. de la tablette K.2884.

– IDEM, « The Relationship of Sumerian and Babylonian Myth as seen in Accounts of Creation », RAI 38, p. 129-135: l’étude du mythe de la Création sumérien Enki et Ninmah à la lumière de l’épopée babylonienne d’Atra-hasis, montre qu’il y a bien une unité culturelle mésopotamienne par delà des différences de détail.

– IDEM, « The Etymology of the name Nissaba », NABU 2003/96 : l’a. revient sur sa proposition d’étymologie du nom divin Nissaba, à savoir « la Dame de (la ville de) Saba », interprétation qui a été remise en question par P. Michalowski dans RlA. L’a. fournit de nouvelles évidences allant de le sens de son interprétation : il énumère les attestations de la ville de Saba/um qui se trouverait, selon lui, en Iran occidentale. Il mentionne également un passage inédit d’une liste divine dans laquelle Ninlil, la fille de Nissaba est dite « Dame de Sabu ».

– A. LEMAIRE, “Oracles, politique et littérature dans les royaumes araméens et transjordaniens (IXe-VIIe s. av. n.è.) », in: Oracles, p. 172-193: le rôle du prophétisme dans le monde ouest-sémitique n’est guère connu en raison du peu de documentation disponible. Toutefois, les stèles de Zakkur, de Tell Dan ainsi que l’inscription de la citadelle d’Ammân et la stèle de Mesha mentionnent des oracles divins. Ces oracles semblent toujours adressés au roi qui est assimilé au lieutenant du dieu national. Il se conforme à sa volonté lors de la prise du pouvoir, la conduite de la guerre et la réalisation de travaux. Les prophètes qui entourent le roi détiennent assurément un rôle politique prépondérant. Les oracles sont sélectionnés et seuls ceux qui sont favorables sont conservés sur les inscriptions monumentales, véritables outils de propagande. L’inscription sur plâtre de Deir ‘Allâ est le premier exemple d’une littérature prophétique.

– L. LENOIR, “L’image spirituelle du désert dans le Proche-Orient ancien », in: Le désert. Image et réalité, Actes du colloque de Cartigny (1983), Cahiers du CEPOA 3, 1989, p. 89-98: la crainte superstitieuse des Mésopotamiens et des Égyptiens pour le désert a été transmise à la tradition chrétienne comme en témoigne l’épisode de la tentation de Jésus dans le désert.

– Th. J. LEWIS, Cults of the Dead in Ancient Israel and Ugarit, Harvard Semitic Monographs 39, Scholars Press, Atlanta, 1989 : en étudiant les sources textuelles ougaritiques et de l’ancien Israël, l’a. tente de prouver qu’un culte était encore rendu aux morts pendant la mise en place du « Yahwisme normatif », ce qui est prouvé entre autres choses par les lois interdisant certaines pratiques jugées menaçantes pour la nouvelle religion. En revanche, il considère que le marzeah ne serait pas un banquet funéraire mais impliquerait principalement l’absorption de boissons alcoolisées. Il ne peut, selon lui, être clairement mis en relation avec un rituel funéraire. [J. Patrier]

– IDEM, “CT 13.33 34 and Ezekiel 32: Lion Dragon Myths », JAOS 116, 1996, p. 28 47: l’a. présente la trs. et la trd. de Rm 282 (copie dans CT XIII, pl. 33 34). Cette tablette, conservée dans la “bibliothèque » d’Aššurbanipal, est la transcription tardive d’un mythe remontant au IIe millénaire. Il s’agit du combat du grand dieu d’Ešnunna Tišpak, avec une créature aux proportions fantastiques. L’a. étudie les différentes caractéristiques de ce monstre lion/serpent et met le récit en parallèle avec Ez. 32 relatant le combat de Yahweh avec le dragon tannîn.

– H. LIMET, “Le sacrifice sanglant », in: Fs Hirsch, WZKM 86, 1996, p. 251-262: étude des diverses manières de tuer et de dépecer un animal de sacrifice.

– O. LORETZ, “Siegel als Amulette und Grabbeigaben in Mesopotamien und HL 8, 6-7″, UF 25, 1993, p. 237-246: la mention du sceau porté “sur le cœur » dans le Cantique des cantiques 8, 6-7 est à rapprocher de la double signification des sceaux mésopotamiens, amulettes protectrices à la fois des vivants (Keel) et des morts (Hallo).

M

– J. MACGINNIS, “A royal share in the meals of Šamaš », NABU 1994/90: éd. d’un fragment non daté de Sippar contenant un protocole de redistribution des denrées composant les repas offerts aux divinités. Parmi les bénéficiaires figure le roi, qui n’a donc pas (ou plus) de privilège par rapport aux autres.

– P. MANDER, « General Considerations on Main Concerns in the Religion of Ancient Mesopotamia », in: Gs Cagni, vol. 2, p. 635-664: étude de la structure du panthéon mésopotamien autour des figures de An, Enlil, Enki notamment, et des représentations cosmiques du monde à travers la place du temple et du roi.

– S. MAUL, “‘Auf meinen Rechtsfall werde doch aufmerksam!’ Wie sich die Babylonier und Assyrer vor Unheil schützten, das sich durch ein Vorzeichen angekündigt hatte », MDOG 124, 1992, p. 131-142: à propos des rituels namburbi (litt. “(rituel pour) sa solution »), qui annulent les effets négatifs d’un mal dont souffre un individu. Le rituel se déroule devant Ea, Šamaš et Asalluhi, et prend la forme d’un procès opposant le patient à l’exorciste, et se déroulant devant le juge Šamaš assisté de ses assesseurs Ea et Asalluhi.

– P. MICHALOWSKI, “Sailing to Babylon. Reading the Dark Side of the Moon », Albright Centennial, p. 177-194: des considérations générales sur les diverses écoles et théories littéraires, en particulier le structuralisme, sont utilisées dans des développements sur la littérature mésopotamienne, notamment les grandes épopées (Gilgameš, Atrahasis, Poème d’Erra).

– W. L. MORAN, « Ovid’s blanda voluptas and the humanization of Enkidu », JNES 50/2, 1991, p. 121-127: la comparaison entre l’histoire d’Enkidu et la description d’un homme primitif par Ovide montre que l’humanité complète est procurée par la vie urbaine et le conseil d’un homme supérieur, le roi.

P

– S. M. PAUL, “‘Emigration’ from the Netherworld in the Ancient Near East », in: Fs Lipinski, p. 221-227: à propos des revenants dans la littérature akkadienne et biblique.

– B. PONGRATZ-LEISTEN, “‘Öffne den Tafelbehälter und lies…’ Neue Ansätze zum Verständnis des Literaturkonzeptes in Mesopotamien », WO 30, 1999, p. 67-90: sur la fonction des stèles et de la littérature historico-épique (légende de Kutha; épopée de Gilgamesh).

– J. PROSECKY, “Quelques réflexions sur les textes historiques littéraires akkadiens », ArOr 64, 1996, p. 151-156: la tradition littéraire akkadienne est constituée essentiellement par les textes historiques littéraires. Ce lot comprend selon une division acceptée aujourd’hui les poèmes historiques, les autobiographies fictives et les prophéties. L’a constate que la tradition littéraire s’attache à cinq périodes du développement historique de la Mésopotamie ancienne: l’époque du règne de la dynastie d’Akkad et de ses rois Sargon et Narâm-Sîn, la dynastie kassite du XVIe au XIIe s. av. J.C., Nabuchodonosor Ier, les rois assyriens du XIVe au XVIIe s. av. J. C. et les rois chaldéens de Babylone des VIIe et VIe s. av. J. C. La tradition historique littéraire s’est concentrée sur les moments principaux du développement historique moins importants du point de vue politique que du point de vue spirituel et culturel.

R

-E. REHM, « ‘Harz und Zeder mögen euch hervorrufen’. Über die Räucherkultur im Alten Orient », in: Fs Meyer, 2010, p. 449-480: sur les utilisations de l’encens en contexte religieux. Celles-ci sont au nombre de deux :  la fumigation dont la vertu purificatrice se retrouve un peu partout au Proche-Orient ancien, et la libanomancie, qui consiste à examiner, dans un but divinatoire, la fumée qui se dégage de l’encens brûlé. [A. Mouton]

– E. REINER, “Wie man sich bettet… », in: Fs Hirsch, WZKM 86, 1996, p. 351-354: à propos d’un rituel-namburbi dans lequel il faut transporter le lit hors de la maison.

– S. RIBICHINI, “Prologo a Babilonia. Un approcio al problema del male nelle tradizioni mesopotamiche », Filosofia e teologia 7/2, 1993, p. 351-362: le mal et la souffrance dans les religions suméro-akkadiennes sont perçus comme des initiatives des démons autorisées par les dieux pour punir une transgression des règles imposées par les dieux. L’exorcisme permet d’obtenir le pardon des dieux. Le “juste souffrant » s’inscrit dans cette perspective du rachat de la faute humaine.

– Th. RÖMER, « La mort et les morts dans le Proche-Orient ancien et dans la Bible hébraïque », Etudes théologiques et religieuses 80, 2005/3, p. 347-358. L’a. étudie plus précisément la mort dans l’Ancien Testament, qu’il replace dans son contexte proche-oriental, en partant notamment de la fameuse épopée de Gilgamesh. Il aborde des thèmes tels que l’inéluctabilité de la mort, le dépassement de celle-ci par la descendance (notion de continuité de la lignée et réalisation du culte funéraire). Le lieu de résidence des défunts est également évoqué, tout comme le moyen de garder contact entre les morts et les vivants. Enfin, l’a. aborde la question de la résurrection individuelle ou de tout un peuple et celle de la rétribution des actes. [J. Patrier]

– W. H. Ph. RÖMER, « Miscellanea Sumerologica II. Zum sog. Gudam-Text », BiOr 48, 1991, p. 363-378: transcription, traduction et commentaire de PBS 5, 26, un chant composé par un musicien à propos d’un certain Gu’-dam, qui aurait bu et mangé, au cours d’un festin, de la chair et du sang au lieu de pain et de bière.

– W. H. Ph. RÖMER et D. O. EDZARD, Mythen und Epen I, TUAT III/3, 1993: traduction des grands mythes sumériens (Genèse, Déluge, Inanna en enfer, le mariage de Mardu) et akkadiens (Gilgameš et Huwawa, Lugalbanda II, Gilgameš et Akka).

S

– J. M. SASSON, « Time and Mortality. Creation Narratives in Ancient Israel and Mesopotamia », in: Papers on Ancient Literatures, 2008, p. 489-509: sur l’importance du « média », c’est-à-dire, dans le cas du monde mésopotamien, de la tablette d’argile dans la composition de la littérature. Selon l’a., les scribes mésopotamiens cherchaient souvent à faire rentrer toute une composition dans une seule et même tablette, de peur que les administrateurs analphabètes ne puissent mélangent ou perdent des manuscrits. L’a. applique son hypothèse aux récits de création de la Mésopotamie cunéiforme et de l’Ancien Testament. Il examine notamment l’épisode de la « création du temps » par Yahvé dans Gen. 1. Il remarque le caractère original de cette séquence, dont aucun réel parallèle ne peut être retrouvé, ni en Mésopotamie, ni en Egypte.

– H. SAUREN, “Nammu and Enki », in: Fs Hallo, p. 198-208: analyse littéraire et mythologique du mythe sumérien de la création “Nammu et Enki ». On notera que le narrateur relate le mariage “par entrée (du mari dans la famille de la femme) » des deux divinités.

– H. SCHMÖKEL, Das Gilgamesh-Epos, Stuttgart, 1998, 132 p.

– D. SCHWEMER, « Witchcraft and War : the Ritual Fragment Ki 1904-10-9, 18 (BM 98989) », Iraq 69, 2007, p. 29-42 : l’a. se penche sur les “rituels de guerre”, ces rituels propitiatoires pratiqués avant la bataille pour s’assurer la protection divine. Alors que certains tournent autour d’interrogations oraculaires (namburbi notamment), d’autres se basent en revanche sur la manipulation de figurines représentant l’ennemi ou le roi. Dans ce contexte, l’adversaire est souvent qualifié de bēl dabābi, ce qui désigne, dans la littérature mésopotamienne, le complément masculin de la sorcière kaššāptu. L’ennemi est donc souvent vu comme usant de sorcellerie et les rituels propitiatoires ou exorcistiques en relation avec une bataille, bien qu’utilisant un procédé le plus souvent bien différent des rituels de contre-magie, peuvent parfois se rapprocher de ceux-ci. Le texte que l’a. publie en est le témoin. Le rituel consiste, notamment, à confectionner une figurine représentant un démon apotropaïque qui est appelé par son nom. Après avoir égorgé un porc blanc, on place la figurine et le couteau qui a servi au sacrifice à l’intérieur de la peau de l’animal, technique que l’on retrouve dans un rituel zikurruda. On place également les paroles et substances magiques utilisées habituellement pour la sorcellerie dans la peau de porc qui est alors scellée afin de renfermer les impuretés pour toujours. Le paquet ainsi constitué est déposé à la frontière ennemie.

– J. A. SCURLOCK, “kispu ina sêri », NABU 1993/46: l’expression figurant dans la tablette CT 45, 99 ne renvoie pas à un rite funéraire (A. Tsukimoto) mais à un rite de guérison.

– EADEM, “K 164 (BA 2, P. 635): New Light on the Mourning Rites for Dumuzi? » RA 86/1, 1992, p. 53-67: le texte K 164 réexaminé par l’a. est un rite de guérison pour le fils du roi, dont le contenu éclaire certains détails des lamentations de Dumuzi.

– EADEM, « Medicine and Healing Magic », in: Women in the Ancient Near East, 2014, p. 101-143 : l’a. présente une sélection de textes mésopotamiens en traduction qui portent sur la médecine et la magie curative. Ils ont été classés par sujet en quatre grands groupes, avec une introduction et des commentaires de l’a. pour chacun. Ainsi, nous y retrouvons des textes d’Ardat-lilî et lilû (associés à des désordres liés à l’adolescence), de magie amoureuse (l’amour étant décrit comme une maladie dans certains textes, mais aussi d’autres qui présentent des remèdes pour l’impuissance et les querelles amoureuses), des textes relatifs à la santé de la femme (saignement excessif, complications post-partum et des textes pour se protéger de laLamaštu), et des textes en relation avec la naissance (pour pronostiquer la grossesse ou le sexe de l’enfant, pour éviter les fausses couches et pour les accouchements difficiles). [L. Puértolas Rubio]

– Y. SEFATI, “An oath of chastity in a sumerian love song (SRT 31)? », in: Fs Artzi, p. 45-63: étude d’un chant balbale où Inanna fait jurer à Dumuzi un serment de chasteté pré-maritale.

– IDEM, Love Songs in Sumerian Literature: Critical Edition of the Dumuzi-Inanna Songs, Bar-Ilan Studies in Near Eastern Languages and Culture, 1998, 445 p., 44 pl.: trsl. et trad. du poème sur le mariage sacré d’Inanna et Dumuzi.

– M. J. SELMAN, “Sacrifice in the Ancient Near East », in R.T. Beckwith et M.J. Selman éd., Sacrifice in the Bible, 1995, p. 88-110: synthèse sur les pratiques sacrificielles et leur signification religieuse en Mésopotamie et Syrie-Palestine.

– M. -J. SEUX et al., La création et le déluge d’après les textes du Proche-Orient ancien, Cahiers Evangile suppl. 64, 1988, 98 p.: extraits des grands mythes mésopotamiens, égyptiens et ougaritains sur la création et sur le déluge.

– W. SOMMERFELD, “Flüche und Fluchformel als Quelle für die altorientalische Kulturgeschichte », in: Fs Bergerhof, p. 447-463: l’a. examine tous les supports littéraires de malédictions (inscriptions royales, épilogues des codes, traités de vassalité, serments des soldats hittites…) et conclut qu’elles étaient destinées à protéger l’ordre public et social. Dès lors, seuls ceux qui détenaient un pouvoir et une autorité appropriés pouvaient les prononcer.

– H. SPIECKERMANN, « Stadtgott und Gottesstadt. Beobachtungen im Alten Orient und im Alten Testament », Biblica 73/1, 1992, p. 1-31: l’Egypte et la Mésopotamie ont en commun une conception du « dieu de la ville », la divinité protectrice étant attachée à une seule cité. En revanche, Yahwé ne réside dans aucune ville particulière d’Israël tant que son universalité n’est pas reconnue. Sa présence dans une ville la transforme en « ville de Dieu ».

T

– M. L. THOMSEN, « The evil eye in Mesopotamia », JNES 51/1, 1992, p. 19-32: étude des incantations mentionnant le « mauvais oeil » et ses effets maléfiques, peu dangereux. Rien ne prouve qu’une telle croyance ait été répandue en Mésopotamie.

– R. J. TOURNAY, “Début de l’épopée de Gilgamesh: nouveau fragment cunéiforme », RB 106, 1999, p. 5-7: trs et trd du fragment Rm 785 du British Museum contenant les 8 premières lignes de l’épopée de Gilgamesh.

– R. J. TOURNAY et A. SHAEFFER, L’épopée de Gilgamesh, LAPO 15, 1994, x + 320 p., index: trad. annotée des 12 tablettes de l’épopée de Gilgameš. Annexe: G. et Agga; G. et Huwawa; G. et le taureau céleste; mort de G.

V

– A. VAN DER KOOIJ, “The Story of Genesis 11:1-9 and the Culture of Ancient Mesopotamia », BiOr 53, 1996, p. 28-38: recension de C. Uehlinger, Weltreich und “eine Rede », OBO 101, 1990. Selon l’ouvrage recensé, l’histoire de la construction de la tour de Babel (Gen. 11, 1-9) symboliserait l’échec de l’ambition universaliste de Sargon d’Assyrie, exprimée par la construction de la ville de Dur Šarrukin. Sur ce substrat daté du VIIe s., se serait greffé un second message, critiquant le pan-babylonisme à l’époque de Nabuchodonosor II, un roi bâtisseur, après quoi l’épisode aurait été remonté chronologiquement pour figurer dans l’histoire originelle d’Israël. Enfin aurait été ajouté le thème de la dispersion, sous l’influence de l’idéologie achéménide, caractérisée par le maintien d’un grand nombre de peuples différents. Le recenseur conteste notamment la datation basse du récit, replacé a posteriori dans la tradition des origines, de même que les parallèles mésopotamiens (“une bouche ») à l’expression biblique “une langue » pour désigner l’unité linguistique et la cohésion sociale.

– K. VAN DER TOORN, “Domestic Religion in Ancient Mesopotamia », RAI 40, p. 69-77: les pratiques de la religion domestique en Mésopotamie font intervenir trois catégories de divinités: 1/ le “dieu de la maison », anonyme, symbolise la maison et ses occupants en tant qu’unité résidentielle; 2/ le dieu familial se rattache à un culte clanique ou de quartier; 3/ enfin le culte des ancêtres identifie la famille et établit un lien diachronique entre les individus et leurs aïeux.

– IDEM, “Old Babylonian Prophecy between the Oral and the Written », JNSL 24/1, 1998, p. 55-70: la prophétie est un phénomène essentiellement oral, l’écrit n’étant utilisé que comme moyen de communication de la parole divine, et non comme un moyen de la conserver.

– IDEM, “Worshipping Stones: On the Deification of Cult Symbols », JNSL 23/1, 1997, p. 1-14: les religions du Proche-Orient antique offrent des parallèles à la pratique biblique du culte aux pierres dressées. L’a. s’intéresse notamment aux bétyles (sikkanu) de Mari.

– H. L. J. VANSTIPHOUT, « The Mesopotamian Debate Poems. A General Presentation. Part II: The Subject », ASJ 14, 1992, p. 339-367: suite de l’art. du même a. publié dans ASJ 12, 1990.

– IDEM, “Enuma eliš as a systematic creed. An essay », OLP 23, 1992, p. 37-61: l’analyse de la structure du poème révèle une combinaison de thèmes religieux traditionnels, retravaillés pour élaborer une nouvelle théologie didactique à la gloire de Marduk, dieu suprême.

– IDEM, “Enmerkar and the Lord of Aratta line 503″, NABU 1993/13: ce passage insiste sur l’évolution qui mène de la fabrication des tablettes à leur utilisation comme support de l’écriture cunéiforme, puis à leur diffusion sous forme de lettres.

– H. L. J. VANSTIPHOUT et N. VELDHUIS, “tuppi ilâni takâltu pirišti šamê u ersetim », AION 55/1, 1995, p. 30-32: à propos des ll. 6-18 du récit d’Enmeduranki.

– C. VELDE, “Enkidus Rede von der Weisen von Uruk: SpTU II 30 +(?) IV 123″, NABU 1995/78: joint de deux fragments d’Uruk contenant le récit de la IIe tablette de l’épopée de Gilgameš.

– M. E. VOGELZANG, « The cunning of Ea and the threat to order », JEOL 31, 1989-1990, p. 66-76: remarques à propos de S. Kramer et J. Maier, Myths of Enki, et analyse des notions d’ordre et de désordre dans la mythologie, à travers la création de personnalités opposées.

– W. VON SODEN, « Der Urmensch im Atramhasîs-Mythos », RAI 36, p. 47-51: le nom du premier homme, Edimmu/Widimmu, montre que dans la mythologie mésopotamienne, les premiers humains étaient bisexués à l’instar de la vue grecque développée par Aristophane notamment. Il n’y a pas d’antériorité de l’homme par rapport à la femme.

W

– N. WASSERMAN, “‘Seeing eye to eye…’. Concerning two incantations against Lamaštu’s evil eye », NABU 1995/70: l’incantation OB publiée par Cavigneaux et Al-Rawi est destinée à protéger non pas contre le mauvais œil en général, mais contre celui de Lamaštu. – IDEM, “Sîn Goes to Fishing », NABU 1995/71: une autre incantation OB publiée par Cavigneaux et Al-Rawi, où Sîn est présenté en train de pêcher, se rapporte à la même histoire racontée en CT 15. Dans les deux cas, la pêche est évoquée en lien avec les relations du dieu avec Ningal.

– K. WATANABE, “Lebenspendende und todbringende Substanzen in Altmesopotamien », BagMitt 25, 1994, p. 579-596: l’a. examine les attestations des expressions “pain/eau de vie/mort », “herbe/eau de vie », “huile de vie » dans la mythologie (Adapa, Descente d’Innana aux Enfers), les rituels (maqlû) et les textes lexicaux, et aborde rapidement leur valeur théologique et symbolique.

– F. WIGGERMANN, article “muš⁄uššu », RlA 8, 1995, p. 455-462: sur les attestations de ce “serpent-dragon » dans la littérature, la mythologie et l’astronomie.

– A. -M. WITTKE, « Einige Bemerkungen zu Erdbeben und ihrer Verknüpfung mit religiösen Vorstellungen », in: Fs Finkbeiner, 2006, p. 531-547: sur les mentions de tremblements de terre dans les textes cunéiformes et sur la dimension religieuse de ce phénomène naturel.

Z

– A. ZGOLL, « Die Welt im Schlaf sehen – Inkubation von Träumen im antiken Mesopotamien », WO 32 2002, p. 74-101 : sur la pratique de l’incubation d’après les textes littéraires mésopotamiens. Etude principalement basée sur la lexicographie suméro-akkadienne mais qui cherche également à établir les divers procédés incubatoires employés.

– G. ZÓLYOMI, “Speaking cow or mooing sorcerer? A note on Enmerkar and Ensuhkešdanna ll. 173-4 (186-7) », NABU 1995/73: dans le poème d’Enmerkar édité par A. Berlin, la conversation entre le sorcier et les animaux ne se tient pas en langage animal. Au contraire, les animaux parlent le langage humain.

Droit

B

– D. BEYER, “Les sceaux apposés sur les traités de l’ancien Orient: étude de cas », in: Relations internationales, p. 27-40: les rares exemples de traités internationaux scellés mettent en scène des divinités, devant lesquelles les protagonistes devaient prêter serment. Les sceaux utilisés sont antérieurs à la rédaction du texte du traité, ce qui leur confère une valeur supplémentaire. L’a. examine aussi les quelques représentations iconographiques de dialogue pacifique entre deux souverains (vase de Salmanazar III; stèle de Ras Shamra; sceaux syriens de la première moitié du IIe millénaire).

– L. -J. BORD, “Emprunts et dettes dans les droits cunéiformes », RHD 76, 1998, p. 517-537: après une synthèse sur les diverses clauses des contrats de prêt à l’époque paléo-babylonienne, l’a. dresse un bilan général des mécanismes juridiques de l’emprunt, soulignant l’abandon progressif de la détention personnelle du débiteur défaillant au profit d’une antichrèse sur ses dépendants. Le nombre des prêts n’est pas significatif d’une société en crise mais plutôt en mutation. Certains actes de prêt s’analysent en réalité comme des ventes à paiement différé. Les réflexions de l’a. sur l’économie et la société, ainsi que son analyse des sources, ne procèdent pas toujours d’une approche chronologique ou terminologique rigoureuse, et se basent sur des références bibliographiques anciennes ou aujourd’hui nuancées.

– E. BOUZON, “Recht und Wissenschaft in der Redaktionsgeschichte der keilschriftlichen Rechtssammlungen », in: Fs Römer, p. 39-61: l’a. reprend le débat sur la valeur juridique des codes cunéiformes et rejoint l’opinion dominante selon laquelle ces textes n’ont pas de portée normative mais constituent des œuvres littéraires issues de l’activité scribale.

– J. BRIEND, R. LEBRUN & E. PUECH, Traités et serments dans le Proche-Orient ancien, Suppl. Cahier Evangile 81, 1992, 114 p.: trad. d’un choix de traités d’alliance politique à partir du 3e millénaire et jusqu’aux traités araméens de Sfirê, et brève étude terminologique sur deux mots: l’ougaritique sgl(th), désignant le statut de vassal, dérivé du sens premier « propriété, possession », et l’akkadien ra´amu, « aimer ». Ce panorama souligne, contre l’opinion répandue parmi les Biblistes, l’évolution du formulaire des traités, et les particularismes notamment hittites ou assyriens. Il n’y a donc pas de rigidité littéraire contraignante dans la conclusion d’une alliance.

C

– G. CARDASCIA, « La coutume dans les droits cunéiformes », Recueils de la société Jean Bodin, t. 51, 1990, p. 61-69: point sur la notion de coutume dans les droits orientaux. L’a. reprend notamment la question de la nature des Lois assyriennes, en écartant leur valeur de recueil coutumier privé.

– IDEM, « La peine dans les droits cunéiformes », Recueils de la société Jean Bodin, t. 55, 1991, p. 37-49: synthèse sur la répression des infractions pénales dans les droits cunéiformes. La peine est en principe appliquée à l’auteur de l’infraction, sauf responsabilité collective ou talion par personne interposée; elle peut être privée ou publique, corporelle, morale ou patrimoniale, et modulée selon la nature des faits et l’existence de circonstances atténuantes ou aggravantes.

– IDEM, “L’ordalie fluviale dans la Mésopotamie ancienne », RHD 71/2, 1993, p. 169-184: l’ordalie aboutit, au pénal, à une relaxe de l’accusé faute de preuve, et supplée, au civil, l’absence de preuve d’un droit ou d’une créance invoqués par le demandeur. Le juge influence l’issue de l’épreuve, qui consiste à s’avancer dans l’eau et non pas à plonger, en désignant lui-même le patient et en fixant les modalités de l’ordalie.

– IDEM, “Réflexions sur le témoignage dans les droits du Proche-Orient ancien », RHD 73/4, 1995, p. 549-557: l’écrit ne fait pas preuve par lui-même dans les droits cunéiformes mais sert seulement à retrouver les témoins à l’acte contesté. Quant au témoignage judiciaire, il est obligatoire comme le montrent les dispositions du CUN et des LA.

– M. CASINI, « ‘carcere’ nella terminologia accadica », EVO 13, 1990, p. 123-134: analyse des divers termes akkadiens désignant la détention.

– M. CIVIL, “On mesopotamian Jails and their Lady Warden », in: Fs Hallo, p. 72-78: l’a. étudie les termes sumériens é-kur et é-éš, “prison » et NIR-da, “peine capitale » dans l’hymne de Nungal. Ce texte décrit la prison, puis présente Nungal, la geôlière, et enfin le procès puis l’emprisonnement du coupable. Le choix d’une femme pour garder les lieux s’explique par une métaphore sur les vertus de la détention: la prison “donne naissance » (ù-tu) à un homme juste. Seule une femme, qui incarne la compassion en Mésopotamie, peut donc assumer cette fonction.

D

– M. DIETRICH, “Die Frage nach der persönlichen Freiheit im Alten Orient », in: Fs Bergerhof, p. 45-58: étude sur la notion de libre-arbitre en Mésopotamie, et notamment des termes andurâru, désignant la liberté de mouvement, et šubarrû, qualifiant l’autonomie individuelle. L’idée d’une liberté individuelle favorisant le bonheur personnel est absente: l’homme libre est celui qui remplit ses devoirs sociaux.

F

– J. FLEISHMAN, « Who is a Parent? Legal Consequences of Child Maintenance », ZAR 7, 2001, p. 398-402: extension de l’étude sur l’obligation alimentaire des parents envers leurs enfants, menée par l’a. à partir des LE (cf. infra V b). Comme dans les LE, la définition de la parenté dans le CH (§ 185) repose sur la fourniture de moyens pour nourrir et éduquer l’enfant. Une filiation est incontestable lorsqu’elle réunit un titre (enfant légitime; enfant adopté) et une possession d’état (éducation). Plusieurs textes néo-babyloniens vont en ce sens.

G

– I. J. GELB, P. STEINKELLER et R.M. WHITING Jr, Earliest Land tenure Systems in the Near East Ancient kudurrus, OIP 104, 2 vol., 1991: très importante contribution à l’analyse des modes d’acquisition de la terre au 3e millénaire à Sumer, Akkad, dans la région de la Diyala et à Assur. Il faut exclure, dès les époques les plus anciennes, l’existence d’une vraie copropriété familiale du sol. Néanmoins, le consentement familial ou communautaire est requis pour une aliénation foncière faite par un individu ou une famille nucléaire. Cette autorisation disparaît à l’époque d’Ur III, où les transactions sont désormais supervisées par l’Etat. La propriété privée est sans doute une innovation du nord, le sud étant soumis plutôt au système de gestion par les temples jusqu’à l’époque sargonique. Les kudurrû ne servaient pas de borne mais étaient déposés dans les temples pour bénéficier de la protection des dieux et assurer la publicité de la transaction intervenue. Les k. anciens concernent les achats de terre d’une seule personne à plusieurs vendeurs, tandis que les k. kassites documentent une concession de terre par le roi à un individu ou au temple.

– J. GREENFIELD, « Adi baltu: Care for the Elderly and its Rewards », in: Kl. Schr. Greenfield, p. 912-919: rééd. de l’art. de l’a. consacré aux liens entre la vocation successorale des enfants et l’obligation d’entretenir leurs parents.

– S. GREENGUS, « Bridewealth in Sumerian Sources », HUCA 61, 1990, p. 25-88: les cadeaux de fiançailles nigmussa, nigdea et mupad(d)a, presque tous alimentaires, sont une contribution aux frais de célébration du mariage. Ils sont envoyés par le fiancé à sa future épouse pendant la période située entre les accords de fiançailles et la célébration de l’union. Le zubullûm, le biblum et la tirhatum akkadiens sont les équivalents sémantiques des termes sumériens précités.

H

– R. HAASE, « Bodenrecht im altägyptischen und keilschriftlichen Rechtsbereich », AOF 23, 1996, p. 284-288: très bref essai de comparaison entre le droit de la possession du sol en Égypte et en Mésopotamie au IIIe et IIe millénaires.

– IDEM, « Talion und spiegelnde Strafe in den keilschriftlichen Rechtscorpora », ZAR 3, 1997, p. 195-201: présentation des cas de peine réfléchissante dans les codes, et discussion de deux cas douteux: § 153 CH et § 55 LA tabl. A. L’a. souligne que ce type de peine ne doit pas être confondu avec le talion, qui inflige un mal de même nature et de même intensité au coupable; il s’agit plutôt ici de rendre visible et intelligible l’infraction commise, par exemple en coupant la langue (Zunge) du menteur.

– IDEM, “Der unbotmässige Sohn in altorientalischen Rechtscorpora », in: Fs Heltzer, p. 181-185: étude des différents textes de droit positif concernant le fils rebelle: la série ana ittišu (tabl. 7 iii 23-28), le fragment YOS I 28, les §§ 168-169 (exhérédation) 192 (contestation de filiation envers les parents nourriciers) et 195 (voies de fait du fils sur le père) du Code de Hammurabi, et plus rapidement le § 171 des Lois hittites, Deut. 21:17ss et le droit égyptien. L’évolution des droits cunéiformes va dans le sens d’un adoucissement des sanctions, l’esclavage régressant devant l’exhérédation et les peines corporelles. De même, la fréquence des actes de rébellion contre l’autorité paternelle est-elle prise en considération. La répudiation du fils se fait avec le concours de l’autorité publique.

– IDEM, “Wasserrecht in den keilschriftlichen Rechtscorpora », AOF 25, 1998, p. 222-226: étude du droit de l’eau dans le CH (§§ 53-56), les LH (§ 162) et les LA (tabl. B §§ 17-18).

– IDEM,  » ‘Eine Wunde ohne Artz ist wie Hunger ohne Nahrung’. Vom Artz in den keilschriftlichen Rechtscorpora », AOF 28/2, 2001, p. 276-281: l’étude de CH 215-225, LA A 8 et LH 10 montre que seul le CH contient les éléments d’un droit médical fondé sur la responsabilité objective du médecin, qui est engagée lorsque son intervention a des conséquences néfastes sur le patient. Les LA envisagent peut-être un partage des responsabilités lorsque la victime de coups portés aux testicules a négligé de faire soigner la lésion d’un testicule, occasionnant l’infection du second.

– IDEM, « Zu den Rechtsfolgen falscher Angaben vor altorientalischen Gerichten », in: Gs Cagni, vol. 1, p. 433-438: résumé des dispositions législatives sur la fausse accusation (§§ 13-14 CUN, 17 CLI, 1-2 CH, Deut. 19:16-21; O Nash 2 et O Cairo 25556) et les fausses déclarations (LA tabl. A §§ 22 et 24, tabl. N §§ 1-2, O Nash 2).

– K. HECKER, « Akkadische Texte », TUAT Erg. Bd 2001, p. 11-60, spécial. p. 21-33: trd et bref commentaire de textes juridiques divers. Les trois premiers (n° 1-3) concernent des offrandes aux temples à l’époque néo-assyrienne; les n° 4-5 contiennent respectivement un édit royal intercalant un 13e mois (ABL 401) et un procès de Ninive (SAAS V, 8ss), tous deux à l’époque néo-assyrienne; le n° 7 est une lettre de Hammurabi à fiamaß-hazir (AbB 4 16); 6 textes paléo-assyriens sont présentés: deux arbitrages commerciaux (n° 8-9), un testament (n° 10), un partage successoral (n° 11), un contrat de mariage (n° 12) et un acte de divorce (n° 13); le n° 14 est un contrat d’adoption de Nuzi; les deux derniers textes, n° 15 et 16, d’époque néo-babylonienne, concernent un contrat d’apprentissage pour 2 ans et l’entretien d’une fille par son père.

– J. HENGSTL, “Zur Frage von Rechtsvereinheitlichung im frühbabylonischen Mesopotamien und im grieschisch-römischen Ägypten. Eine rechtsvergleichende Skizze », RIDA 40, 1993, p. 27-55: le concept d’unification du droit, comme moyen de faire disparaître les particularismes locaux et d’affirmer la centralisation de l’Etat n’est pas attesté dans l’Antiquité avant l’époque romaine. La Babylonie de Hammurabi ou l’Egypte des Lagides sont marqués par le pluralisme juridique, sciemment accepté par le pouvoir qui se préoccupe surtout d’imposer sa domination politique. Les codes reflètent le droit en vigueur mais ne contiennent pas de lois. Ce sont des inscriptions royales, directement issues de la tradition sumérienne et destinées à montrer aux dieux et aux hommes que le roi a accompli sa mission de justice. Le CH constitue le dernier exemple, en même temps que le plus accompli, de cette littérature juridique héritée de la culture sumérienne. Par leur origine et leur nature, les codes ne pouvaient donc avoir vocation à standardiser le droit.

– IDEM, “Palingenesia iuris und die ausserrömische Welt. Methodische Betrachtungen », RIDA 41, 1994, p. 55-96: la reconstitution des systèmes juridiques orientaux dépend moins du rétablissement de la lettre des textes (comme en droit romain), qui sont authentiques et transmis sans altération, que de la compréhension technique du fond. Dans cette démarche, les risques d’anachronie inhérents aux méthodes d’investigation modernes (terminologie juridique, définitions et rationalisation du droit, globalisation à partir d’institutions isolées) doivent être soigneusement évalués pour rendre les sources accessibles aux non-juristes.

K

– B. KIENAST, “Mündlichkeit und Schriftlichkeit im keilschriftlichen Rechtswesen », ZAR 2, 1996, p. 114-130: au Proche-Orient cunéiforme, l’écrit est supplétif dans tous les domaines et notamment le droit. Il a un but probatoire dans les contrats de droit privé mais aussi dans les alliances internationales. Jusqu’au milieu du IIe millénaire, les “traités » d’alliance ne seraient en réalité que des protocoles de serment: aucun témoin n’est cité dans ces documents, et aucune autorité supranationale ne pourrait trancher un éventuel conflit entre les parties. Quant aux codes, ils représentent un genre mineur, confirmant la place prépondérante de l’oralité dans la vie juridique orientale.

– Th. J. H. KRISPIJN, « The sumerian lexem *urum, a lexico-etymological approach », in: Fs Veenhof, p. 251-262: recherche sur le lexème *urum, qui signifie dans les textes de Girsu et Lagaš « bien, propriété » voire « propre » (own), sens qui se retrouve jusque dans les textes néo-sumériens. L’a. examine ensujite le terme níg-ú-rum et ses équivalents akkadiens construits sur la racine tlm, comportant l’idée de proximité et de relation étroite, puis les termes de parenté liés à *urum, et enfin les termes ù-ru12, équivalent à nhl d’après les textes d’Ebla, et RU-lugal. Ces diverses occurrences mettent en lumière le lien entre la propriété immobilière et la famille au sens large, aussi bien dans le nord que dans le sud de la Mésopotamie.

L

– S. LAFONT, “Les ‘premiers’ empires mésopotamiens », Méditerranées 8, 1996, p. 11-26: étude de deux exemples de l’expérience impériale mésopotamienne, l’empire idéologique d’Akkad et l’empire administratif d’Ur.

– EADEM, “Nouvelles données sur la royauté mésopotamienne », RHD 73/4, 1995, p. 473-500: une tablette de Mari récemment publiée montre que le souverain amorrite reçoit l’onction et rend la justice, à l’instar des rois bibliques puis chrétiens. Il faut reconsidérer l’ensemble de la fonction royale à la lumière de ce nouveau texte, qui détruit le mythe du despote oriental.

– EADEM, “Codification et subsidiarité dans les droits du Proche-Orient ancien », in: Codification, p. 49-64: les divergences entre les codes de lois et les actes de la pratique s’expliquent par le caractère subsidiaire du droit positif, lequel ne s’applique qu’à défaut d’une règle locale efficace ou incontestée. La même notion de subsidiarité vaut pour les actes d’andurârum syriens, auxquels on peut renoncer par contrat.

– W. LEEMANS, « Quelques considérations à propos d’une étude récente du droit du Proche-Orient ancien », BiOr 48, 1991, p. 409-437: reveiw-article de R. Westbrook, Studies in Biblical and Cuneiform Law, 1988. L’a. conteste l’existence d’une tradition juridique orientale uniforme, au moins pour le IIe millénaire, et montre la diversité des règles applicables en matière de droit privé (vente, droit pénal: boeuf frappeur, délits contre les esclaves, vol). L’hypothèse d’un choix systématique, au pénal, entre la mort du coupable ou le rachat de la vengeance par une rançon, est également rejetée. Par ailleurs, l’a. maintient la valeur législative des codes, contre l’avis de R. Westbrook.

– S. J. LIEBERMAN, “Nippur: City of Decisions », RAI 35, p. 127-136: à propos des assemblées (sum. ukkin, akk., puhrum) divines et humaines de Nippur. La tradition mésopotamienne fait de cette cité le lieu par excellence où la justice humaine est rendue, et où les dieux se rassemblent.

– H. LIMET, “Le vocabulaire technique du droit en sumérien », in: Fs Hallo, p. 140-145: l’a. passe en revue les termes proprement juridiques rencontrés dans les sources sumériennes. Par exemple, tuku + comitatif signifie “avoir une créance sur quelqu’un »; túg-ga-ni ur5, “lacérer son vêtement »; á–dar, “confisquer »; su (= akk. apâlu), “rembourser »; nì-mí-ús-sá (= akk. terhatu), “don nuptial ».

– IDEM, “La maîtrise du temps en droit mésopotamien ancien », in: Fs De Meyer, p. 197-208: l’a. passe en revue les dispositions légales sur le flagrant délit et les méthodes d’investigation retenues devant les tribunaux pour établir un fait passé contesté. Les obligations, la famille et la vente et la location foncière fournissent des exemples d’utilisation du futur dans le domaine juridique (prêts; louage de travail; contestation d’adoption).

– E. LIPINSKI, “Traditions juridiques sémitiques de l’Ouest à l’époque préhellénistique: les esclaves », Transeuphratène 8, 1994, p. 121-135: étude des papyrus d’Eléphantine et de Samarie sur l’esclavage, qui reflètent des situations comparables à celles de la Babylonie aux époques néo-babylonienne et perse.

M

– M. MALUL, “sillam patârum ‘to unfasten the pin’. Copula carnalis and the Formation of Marriage in Ancient Mesopotamia », JEOL 32, 1991-1992, p. 66-86: l’expression “ouvrir l’aiguille » attestée deux fois, dans un document matrimonial paléo-babylonien (TIM 4, 48) et dans un passage de l’ardat lilî, désigne la consommation du mariage. La comparaison avec d’autres sources matrimoniales montre que la copula carnalis est la dernière étape du processus de formation du mariage qui devient ainsi juridiquement complet. Par extension, la phrase ana bît emim šasûm désigne les relations sexuelles intervenant dans la chambre nuptiale, au domicile du beau-père.

– IDEM, « Foot Symbolism in the Ancient Near East », ZAR 7, 2001, p. 353-367: étude de la signification symbolique de l’empreinte du pied dans l’argile en Mésopotamie, principalement dans le cadre de l’adoption. Elle indique le plus souvent que l’adopté est un enfant trouvé, et matérialise le stade intermédiaire entre une situation de non-droit (l’enfant trouvé est hors du droit car sans statut) et le nouveau état de l’adopté, rattaché à une famille et prenant rang dans la société.

– W. MORROW, « The Sefire Treaty Stipulations and the Mesopotamian Treaty Tradition », in: Fs Dion, vol. 3, p. 83-99: étude des formules du traité de Sfiré, notamment les clauses répressives finales, à la lumière des adê néo-assyriens et des traités de vassalité hittites. L’a. conclut que, en dépit d’affinités génériques avec ces sources cunéiformes, les inscriptions de Sfiré contiennent des particularismes qui les relient plutôt à la tradition de l’ouest telle qu’elle se développe au IIe millénaire.

– I. MÜLLER, Stellung der Frau im Recht altorientalischer Kulturen und Altägyptens. Eine Bibliographie, Weinheim, 1996: les références bibliographiques pour le Proche-Orient cunéiforme, majoritairement en allemand et en anglais, sont réparties 1/ par mots-clefs d’après les notions modernes (adoption, mariage, adultère…) 2/ par codes présentés en ordre chronologique 3/ et par sources (sumériennes, babyloniennes et nuzites) comportant date, provenance et nature du texte, ainsi que les éditions et commentaires qui en ont été donnés et des renvois au lexique en fin de volume pour les termes akkadiens ou sumériens.

O

– J. OELSNER, article “Nachlass A/ Allgemeines, Gesetze, Urkunden bis Ende Ur III », RlA 9, 1998, p. 34-36: présentation terminologique (patrimoine et partage successoral) et législative (paragraphes des divers codes traitant du droit des successions) du sujet, et synthèse sur les textes sumériens du IIIe millénaire, qui abordent le thème à travers les listes d’inventaire (e.g. archives d’Enlilemaba de Nippur) ou les procès (Ur III).

– IDEM, article “Nachlass C/ Nachaltbabylonisch, Assyrisch, Nuzi, Syrien », RlA 9, 1998, p. 42-44: synthèse sur les pratiques successorales assyriennes (toutes époques), médio-babyloniennes, nuzites et syrienne (Ugtarit, Emar, Alalakh).

– E. OTTO, « Auf dem Wege zu einer altorientalischen Rechtsgeschichte », BiOr 48, 1991, p. 5-13: recension de A. Theodoridès (éd. ), La formazione del diritto nel Vicino Oriente Antico, Rome, 1988. L’opposition entre recueils coutumiers à portée véritablement juridique et codes constituant des instruments de propagande royale (C. Zaccagnini) doit être dépassée car les dispositions des codes systématisent une tradition juridique réelle tout en témoignant de l’idéologie royale en vigueur. Les similitudes des droits orientaux reflètent une koinè incontestable (C. Zaccagnini) mais ne prouvent pas une filiation de toutes les règles juridiques entre elles. L’a. préconise une histoire de la rédaction des codes, notamment des LA et des LH, afin de mieux discerner la portée des lacunes constatées dans les recueils, et d’expliquer l’évolution du droit. Ainsi, la version récente du § 17 LH, relatif à l’avortement violent, distinguerait selon l’âge du foetus et alourdirait la peine encourue (A. Archi). En réalité, l’analyse littéraire montre que cette norme reproduit le texte original, la version dite ancienne introduisant des différences stylistiques notables.

– IDEM, “Die Einschränkung des Privatstrafrechts durch öffentliches Strafrecht in der Redaktion der Paragraphen 1-24, 50-59 des Mittelassyrischen Kodex der Tafel A (KAV 1) », in W. Zwickel éd., Biblische Welten. Festschrift für Martin Metzger zu seinem 65. Geburtstag, OBO 123, Fribourg/Göttingen, 1993, p. 131-166: la structure littéraire de la tablette A des LA, et par extension de l’ensemble du corpus, révèle le souci du rédacteur de limiter la juridiction privée au profit de celle de l’autorité publique. L’œuvre ne constitue ni un manuel privé, ni un code officiel, mais un travail préparatoire de juriste destiné à modifier le droit en vigueur, comparable en cela aux dispositions réformatrices du Deutéronome.

– IDEM, “Zivile Funktionen des Stadttores in Palästina und Mesopotamien », M. Weippert et S. Timm éd., Meilenstein, Festgabe für Herbert Donner, Ägypten und Altes Testament 30, 1995, p. 188-197: sur les différentes fonctions de la porte dans les villes orientales. A l’utilité défensive primitive de la porte, complément des fortifications protectrices, s’ajoutent diverses attributions juridiques et économiques: elle représente symboliquement la cité comme personne morale; elle sert de critère définissant le bourgeois doté de droits par opposition à l’étranger et à l’esclave; elle sert de tribunal et de centre administratif; elle est un pôle essentiel de la vie commerciale. Toutes ces fonctions qui règlent la vie municipale ont en commun de rassembler la population autour d’activités communes. En cela, la porte de la ville orientale préfigure l’agora grecque et le forum romain.

P

– G. PETTINATO, “Il bicameralismo a Sumer: un topos letterario assunto a realtà storica », Rendiconti serie IX, vol. V, fasc. 1, 1994, p. 47-85: l’a. reprend l’épopée sumérienne de Gilgameš et Agga et l’idée de Jacobsen et Kramer d’une démocratie primitive sumérienne. Sur les deux Assemblées mentionnées dans le poème, celle des Anciens de la ville (ab-ba-uruki) et celle des Jeunes hommes (guruš), seule la première est attestée réellement. Par ailleurs, l’hypothèse d’un conflit institutionnellement possible entre le roi et les Assemblées n’est pas philologiquement plausible puisqu’elle repose sur une restitution.

– J. N. POSTGATE, “Middle Assyrian to Neo-Assyrian: the Nature of the Shift », RAI 39, p. 159-168: analyse des changements et des permanences dans la documentation juridique méso- et néo-assyrienne. Les contrats, surtout en matière de prêt, sont modifiés dans leur formulation juridique et stylistique et dans leur forme elle-même. Vers l’an mil, le volume des prêts semble diminuer, notamment dans les relations entre la ville et la campagne, s’accompagnant d’une modernisation du langage et de la phraséologie légale. L’usage de mettre sous enveloppe scellée les textes de prêt d’argent et de cuivre viendrait d’une pratique en vigueur pour les prêts de consommation consentis aux populations rurales majoritairement araméenne: une étiquette d’argile portant l’impression du sceau et un texte cunéiforme était rattachée au papyrus (araméen).

– M. A. POWELL, “Elusive Eden: Private Property at the Dawn of History », JCS 46, 1994, p. 99-104: recension de I.J. Gelb, P. Steinkeller et R. Whiting, Earliest Land Tenure Systems, 1991 (sur quoi v. RHD 71, 1993, p. 88). Le recenseur souligne toutes les zones d’ombre qui obscurcissent encore notre connaissance du IIIe millénaire, et modère les conclusions générales tirées par Steinkeller à partir d’exemples isolés. Ainsi la formule lugal(-šè) lagaš accolée au NP Enhegal (texte n° 20) désigne-t-elle non pas le roi de Lagaš mais le propriétaire de terres situées dans cette région. De même, la cause des transferts de biens fonciers reste inconnue. Le petit nombre de textes relatifs aux ventes foncières dans le sud sumérien s’explique par la disparition progressive des alleux au détriment de la grande propriété templière, sous la pression économique (prix des outils et des matières premières). L’impact de ces considérations matérielles a été atténué au nord, où les patrimoines fonciers des familles élargies ont mieux résisté.

R

– M. ROTH, “The Law Collection of King Hammurabi: toward an Understanding of Codification and Text », in: Codification, p. 9-31: les lois de Hammurabi ne sont pas une codification au sens des critères modernes, car rien ne prouve l’existence d’un processus législatif (révision du droit), d’une application obligatoire des lois et d’une incidence sur la vie juridique contemporaine. La seule influence de l’œuvre hammurabienne se limite à la tradition scholastique, où le Code est utilisé pour son texte et non pour son contenu.

– EADEM, “Gender and Law: A Case Study from Ancient Mesopotamia », in: Gender, p. 173-184: analyse du célèbre procès en “maricide » de Nippur au regard du statut sociologique des femmes en Mésopotamie. Les arguments misogynes qui y sont développés pour défendre la femme illustrent le thème du sexe faible, tandis que le jugement retient l’enchaînement inéluctable de l’adultère au meurtre.

– EADEM, Law Collections from Mesopotamia and Asia Minor, Society of Biblical Literature 6, Atlanta, 1995, xviii + 283 p., index complets, bibliogr.: transcr. et trad. annotée de tous les recueils de lois cunéiformes, depuis Ur-Nammu jusqu’aux Lois néo-babyloniennes, en passant par les Lois hittites, les fragments scolaires (YOS I, 28; dispositions sur le bœuf frappeur; prisme de Philadelphie) et les édits palatins assyriens. Chaque corpus est précédé d’une présentation formelle et d’un point documentaire, complété par une précieuse liste des sources composant tous ces recueils (p. 249-254). A l’occasion de la discussion sur la valeur normative des lois orientales (p. 4-7), l’a. édite une lettre paléo-babylonienne invoquant les barèmes salariaux de “la stèle » pour refuser les revendications trop élevées d’un groupe de travailleurs. La publication et la publicité des normes légales étaient donc une réalité. L’a. souligne, d’une manière générale, la fonction sociale du droit, dont les diverses formes (lois, jurisprudence, actes de la pratique, édits royaux) reflètent des valeurs culturelles irréductibles aux questions modernes. L’ouvrage est une contribution scientifique sérieuse, complète, accessible aux débutants comme aux chercheurs confirmés, et consitute un outil de référence pour les travaux sur les droits cunéiformes.

– EADEM, « The because clause: punishment rationalization in Mesopotamian laws », in: Fs Veenhof, p. 407-412: la clause commençant par aššum, « parce que », qui figure dans plusieurs paragraphes du Code de Hammurabi, répète souvent le point fondamental de la protase qui justifie la sentence. Le même usage se retrouve dans l’édit d’Ammi-Saduqa, ainsi que dans les procès où cette clause insiste sur le fait précis qui entraîne la décision des juges.

S

– A. SKAIST, “Šîmu gamru: Its function and History », in: Fs Greenfield, p. 619-626: l’expression “prix complet » figurant dans les clauses de paiement des contrats de vente paléo-babyloniens, mais aussi dans les textes d’Emar et d’Alalakh, a pour but de protéger l’acheteur contre d’éventuelles revendications du vendeur. L’a. retrace l’évolution postérieure du formulaire de la vente, qui subit l’influence des pratiques ouest-sémitiques.

V

– K. VOLK, “Zum Alter der Drittelpacht », NABU 1994/25: l’introduction du métayage remonte à l’époque sargonique, comme l’atteste une lettre d’Ešnunna (MAD 1, 126) où l’expéditeur, après avoir mentionné l’attribution d’argent et de terres à différentes personnes, refuse de conclure un contrat de métayage (šalištum).

W

– R. WESTBROOK, “The Phrase ‘His heart is satisfied’ in Ancient Near Eastern Legal Sources », JAOS 111/2, 1991, p. 219-224: cette phrase apparaît dans les sources sumériennes, akkadiennes, araméennes et démotiques et fonctionne comme une sorte de preuve anticipée. Ainsi au § 264 CH où figure cette expression, le berger est payé par avance à un taux fixe et ne pourra se plaindre par la suite. Il y a alors une présomption de paiement complet permettant de se prémunir contre un défaut d’exécution des obligations du berger: il ne pourra alléguer l’absence ou la modicité du paiement pour justifier l’inexécution ou l’exécution partielle de ses obligations contractuelles.

– IDEM, Property and the Family in Biblical Law, JSOT suppl. 113, 1991, 177 p.: recueil d’articles consacrés au droit de propriété familiale dans les sources du Proche-Orient ancien. L’introduction examine les différents termes hébreux relatifs à la famille (bht, « maison », englobant les biens et les personnes vivant sous l’autorité d’un chef de famille, mšphh, qualifiant le lignage, et šbt désignant la tribu) et présente les grands traits du droit successoral biblique, en montrant le parallèle existant entre le mode de dévolution des biens à l’intérieur d’une famille et le récit de l’attribution de la Terre Promise. Les ch. 1 à 5 sont des rééditions d’articles déjà publiés dans Israel Law Review et dans la RIDA, et concernent l’acquisition de la caverne de Makpéla (Gen. 23), les lois du Jubilée, le rachat de la terre familiale et l’évaluation de son prix, et enfin le lévirat. Les ch. 6 et 7, inédits, s’intéressent à l’indivision et à la dot. La propriété indivise du patrimoine familiale (ch. 6) est examinée à travers les sources cunéiformes et hébraïques. Il en ressort que la rupture de l’indivision théoriquement possible par consentement mutuel, intervient en pratique à cause de faits imputables à l’un des coindivisaires (cf. LA B, §§ 2-4). L’adoption en fraternité pratiquée à Ugarit et en Elam procurait le même résultat juridique que l’indivision. Le lévirat hébreu évite la perte de la part d’héritage de l’indivisaire mort sans enfants. La dot (ch. 7) est toujours considérée comme une part d’héritage pour les filles, constituée par une libéralité du père et donc distincte juridiquement de la vocation successorale légale des garçons. Les femmes n’héritent pas, au sens propre, mais peuvent bénéficier de la générosité parentale.

– IDEM, “zíz.da/kiššâtum », in: Fs Hirsch, WZKM 86, 1996, p. 449-459: le sumérien zíz.da et l’akk. kiššâtum ont été répertoriés comme équivalents lexicaux parce qu’ils se rapportent tous les deux à une punition infligée pour de petits délits et passibles de la vengeance ou d’une rançon. Les sources sumériennes documentent surtout le second aspect (versement d’une somme) tandis que les textes akkadiens attestent plus souvent le recours à la vengeance sous forme d’asservissement au service de la partie offensée.

– IDEM, “Legal Aspects of Care of the Elderly in the Ancient Near East: Introduction », in: Care of the Elderly, p. 1-22: l’a. étudie les enjeux actuels de l’entretien des personnes âgées et les rapproche de certaines pratiques attestées notamment au Proche-Orient ancien, notamment quant à la nature de l’entretien (aliments, aide à domicile, culte funéraire) et aux stratégies de transfert du patrimoine familial (adoption, convention de paramone, prêt contre services).

– IDEM, “Legal Aspects of Care of the Elderly in the Ancient Near East: Conclusion », in: Care of the Elderly, p. 241-250: bien que l’entretien des personnes âgées découle prioritairement de considérations affectives ou sociales, le droit se préoccupait de faire appliquer ce devoir familial, à travers les pratiques patrimoniales (limitation de l’exhérédation, indivision, dot) ou divers autres moyens (contrat, adoption, entrée en religion, paramone, aide publique sous forme de rations versée par l’Etat ou le temple).

– IDEM, “Codification and Canonization », in: Codification, p. 33-47: les législations cunéiformes n’étaient pas prescriptives à l’origine, l’idée d’une loi autonome en tant que source du droit étant alors absente. Le tournant est représenté par le VIIe s., lorsqu’apparaît dans les milieux savants une tradition analytique. Les anciennes compilations mésopotamiennnes sont alors recopiées par des juristes (et non plus des érudits) qui, en les canonisant, leur ont donné une dimension législative.

– IDEM, « A Sumerian Freedman », in: Fs Wilcke, p. 335-339: dans les documents de procès (di-til-la) et les recueils de lois (Codes d’Ur-Namma et de Lipit-Ištar), le terme dumu-gi7 désigne un esclave affranchi, donc un homme libre mais né dans la servitude, pour le distinguer de l’homme libre dès sa naissance, appelé dumu lú ou dumu NG.

– IDEM, « Noxalhaftung », RlA 9 7/8, 2001, p. 605: synthèse sur la pratique consistant pour le chef de famille à abandonner à la famille de la victime l’auteur du dommage au lieu d’accepter de le compenser. L’abandon noxal est attesté dans les droits hittite (§§ 95-99 LH, traité de Tuthaliya II et Šunašura du Kizzuwatna), assyrien (§§ 5 et 24 tabl . A LA) et à Nuzi (HSS IX 94, HSS V 43).

– IDEM (éd. ), A History of Ancien Near Eastern Law, 2 vol., HdO 72, 2003: manuel d’histoire des droits du Proche-Orient ancien, incluant l’Egypte et la Bible, et présentant pour chaque période les traits essentiels du droit privé (personne, biens, obligations, droit commercial, droit pénal) et du droit public (structures administratives, institutions politiques et judiciaires).

Y

– R. YARON, “Enquire now about Hammurabi, ruler of Babylon », TVR 59 fasc. 3-4, 1991, p. 223-238: sur les lois orientales et leur but. Le CH innove dans divers domaines, notamment par l’uniformité de sa rédaction, l’apparition d’un droit de classes avec la mention du muškênum, une répression accrue du vol et une tendance à l’adoucissement des peines en matière de coups et blessures. Ces nouveautés ont une incidence sur notre connaissance des structures sociales de la Babylonie. La société est divisée en deux catégories, les libres (awîlum et muškênum) et les esclaves. Les muškênum représentent la plus grande partie de la population.

– IDEM, « Zu babylonischen Eherechten », ZSSRA 109,1992, p. 51-99: compte rendu très détaillé de 1/ de R. Westbrook, Old Babylonian Marriage Law, 1988, et 2/ de M. Roth, Babylonian Marriage Agreements, 1989. 1/ Le recenseur propose de conserver pour ahazum son sens littéral « prendre », dont le sémantisme large recouvre toutes les acceptions particulières possibles, selon les contextes. Il comprend les §§ 142-143 CH en référence à la rupture d’un mariage complet et non pas simplement inchoatif, conteste la valeur juridique des fiançailles et suit Kraus pour attribuer au mot kallatum le sens de « épousée ». La peine de mort imposée au § 142 CH à la femme ésorteuse » voulant divorcer exclut en réalité le droit au divorce de l’épouse. 2/ Le recenseur commente surtout les textes araméens et le vocabulaire du mariage néobabylonien. Plusieurs excursus étudient notamment la terminologie akkadienne du mariage (ana assutim u mututim ahazum) et celle de l’union inchoative dans l’Ancien Testament, ainsi que l’interprétation du § 29 LE, où le législateur envisage peut-être un cas de bigamie plutôt qu’un divorce suivi d’un remariage.

– IDEM, “The Nature of the Early Mesopotamian Collections of Laws: another Approach », in: Codification, p. 65-76: l’a. évoque plusieurs thèmes juridiques traités par les différents codes de lois (surtout droit pénal et droit matrimonial) pour montrer que le CH contient des innovations ou des révisions du droit antérieur. Il n’y a donc pas un droit mésopotamien commun figé au fil des siècles, mais des remaniements constants reflétant les changements de la société.

Droits cunéiformes et Bible

A

– Y. AVISHUR et M. HELTZER, Studies on the Royal Administration in ancient Israel in the Light of epigraphical Sources, Tel Aviv, 2000, 295 p.

B

– B. F. BATTO, « The Institution of Marriage in Gen 2 and in Atrahasis », CBQ 62/4, 2000, p. 621-631: Atrahasis I 249-308 représente un parallèle significatif pour l’interprétation de Gen 2:18-24. Alors que dans Atrahasis, la procréation est présentée comme le but premier du mariage, la description du Jahwiste privilégie l’affection et la communauté de vie.

– B. BECKING, “A Judge in History. Notes on Nahum 3,7 and Esarhaddon’s Succession Treaty § 47.452″, ZAR 1, 1995, p. 111-116: l’a. rapproche un passage du livre de Nahoum et une malédiction du traité d’Assarhaddon (SAA II 6 § 47, l. 452) pour rattacher la métaphore présentant Dieu comme le juge par excellence, aux relations vassaliques et à la notion de loyauté politique.

– Z. BEN-BARAK, “Trials for Treason against the King in Israel and the Ancient Neart East », RIDA 38, 1991, p. 11-37: étude des deux types de trahison contre le roi, à savoir la conspiration politique et le crime de lèse-majesté. La documentation montre que la protection du roi et de l’institution monarchique s’effectue dans le cadre légal, conformément à la mission de justice du souverain.

– E. BONS, « Konnte eine Witwe die nahalah ihres versotrbenen Mannes erben? Überlegungen zum Ostrakon 2 aus der Sammlung Moussaïeff », ZAR 4, 1998, p. 197-208: en dehors de la Bible, aucun texte juridique du monde israélite ou juif ne mentionne la faculté pour une veuve de succéder aux biens de son mari. Ils confirment implicitement Nb 27:1-11. La veuve a parfois cependant des droits successoraux, comme le montre l’ostrakon 2 de la collection Moussaïeff, où la veuve hérite le nahalah de son mari, non pas en simple usufruit mais en pleine propriété. Ce document est ainsi le premier témoignage peut-être pré-exilique d’un droit encore mal attesté dans la pratique.

– E. BOUZON, « Einige Bemerkungen zum KH § 117 und zur Schuldknechtschaft im alten Israel », in: Gs Cagni, vol. 1, p. 47-70: l’a. interprète le § 117 CH d’après les données sur la servitude pour dette et la pratique des édits de rémission, et rapproche ce passage du Code de Ex. 21:2-11 et Deut. 15:12-18. La comparaison révèle des différences importantes interdisant de postuler un transfert direct du Code vers la Bible, bien que les traits généraux de la servitude pour dette soient identiques dans les deux cultures.

– D. I. BREWER, “Deuteronomy 24:1-4 and the Origin of the Jewish Divorce Certificate », JJS 49, 1998, p. 230-243: l’a. suit les conclusions de R. Westbrook, pour qui l’homme tente de tirer profit financièrement de son remariage avec son ancienne femme. L’objet de Deut. 24:1-4 est de décourager les divorces hâtifs et de permettre à l’épouse divorcée de se remarier plus facilement. Dans le contexte du mariage proche-oriental, l’objet du « certificat de divorce » est en effet de prouver qu’elle n’est plus en puissance de mari, à l’instar des “tablette de veuvage » médio-assyriennes. Celui-ci ne peut plus la revendiquer (ni elle ni ses enfants) et abandonne donc tous ses droits sur elle (argument a contrario sur CH 135 et LA A 36). Dans certains contrats de mariage mésopotamiens, l’époux renonce à cette prérogative, alors que dans la Bible, le certificat est obligatoire.

– G. BRIN, Studies in Biblical Law. From the Hebrew Bible to the Dead Sea Scrolls, JSOT Suppl. 176, 1994, 309 p.: dans la première partie du livre, l’a. retrace les caractéristiques littéraires principales des lois du corpus biblique. Les “lois doubles » dans la Bible sont l’expression d’une glose juridique destinée à atténuer ou à renforcer une sanction légale. Les lois utilisant la formulation “Si il ne (fait) pas », insérée postérieurement à la rédaction initiale, dénotent le refus ou l’impossibilité d’exécuter une obligation légale. Les sources de Qumran illustrent la méthode de reformulation du droit, à partir d’un assemblage de diverses normes hébraïques. La seconde partie est consacrée à l’étude des droits de l’aîné, dans ses aspects religieux, anthropologiques, sociaux et juridiques (succession).

– IDEM, “The Formula ‘If He Shall Not (Do)’ and the Problem of Sanctions in Biblical Law », in: Fs Milgrom, p. 341-372: la formule “s’il ne (fait) pas » figurant dans certaines dispositions légales de l’Ancien Testament, exprime la menace d’une sanction contre le contrevenant, qui pourrait être tenté d’ignorer ou de contourner une loi dont l’exécution est difficile à contrôler (par exemple le lévirat). La peine prévue dépasse chaque fois largement la perte ou l’appauvrissement résultant de l’observation des normes concernées.

– M. BUSS, “Legal Science and Legislation », in: Theory and Method, p. 88-90: l’absence de référence expresse aux lois orientales dans les sources de la pratique s’explique par le fait que les dispositions légales constituent du droit naturel et non pas du droit positif.

C

– F. CARAMELO, « Poder e Oposiçao em Israel e na Mesopotâmia: a ionterpretaçao ideológica nos Salmos biblicos e nos hinos assiro-babilônicos », Estudios Orientais 6 (= Fs A. A. Tavares), 1997: les hymnes akkadiens et les psaumes bibliques montrent que le roi doit se conformer aux volontés divines. Son pouvoir est donc idéologiquement subordonné à celui des dieux, qui expriment leur désaccord avec le souverain en suscitant des révoltes populaires ou palatiales. L’alliance entre le roi et Dieu, propre à la conception biblique de la royauté, s’inspire peut-être de la notion de réciprocité en vigueur chez les Mésopotamiens.

– M. CARDEN, « Homophobia and Rape in Sodom and Gibeah: A Response to Ken Stone », JSOT 82, 1999, p. 83-96: le viol masculin en Gen. 19 et Juges 19 est un acte de violence homophobe visant des étrangers et rompant l’unité de la communauté.

– C. CARMICHAEL, « The Three Laws on the Release of Slaves (Ex. 21, 2-11; Dtn 15, 12-18; Lev. 25, 39-46) », ZAW 112/4, 2000, p. 509-525: les trois lois du Pentateuque concernant l’esclavage correspondent à trois objectifs de la loi mosaïque, et à trois modèles différents. Dans le Code de l’Alliance (Ex. 21:2-11), le législateur s’appuie sur l’histoire de Jacob et Laban pour traiter la question de la durée de la servitude et du mariage de l’esclave organisé par son maître. La norme deutéronomique (Deut. 15:12-18) s’inspire du statut des Hébreux durant leur asservissement en Egypte. Le texte du Lévitique (Lév. 25:39-46) se base sur l’expérience de Joseph en Egypte pour autoriser la servitude permanente des étrangers.

– H. CAZELLES, « La Bible et la culture cunéiforme », in: Gs Cagni, vol. 3, p. 1385-1400: même si de nombreuses rédactions des livres bibliques se sont fixées à l’époque post-exilique (achéménide), une partie du vocabulaire liturgique est d’origine préexilique et témoigne de l’influence de la culture cunéiforme sur les auteurs bibliques.

– G. C. CHIRICHIGNO, Debt-Slavery in Israel and the Ancient Near East, JSOT Suppl. 141, 1993, 406 p.: analyse de la servitude pour dettes dans les droits cunéiformes et biblique. En Mésopotamie, ce type d’asservissement dû à des causes économiques et sociales variées (charges fiscales excessives, coût trop élevé du crédit, monopoles économiques d’une élite) se développe à partir de l’époque néo-sumérienne. L’a. examine les législations cunéiformes sur ce thème, notamment le § 117 CH: l’obligation théorique de libérer le gage après 3 ans a été réalisée en pratique par le § 20 de l’édit d’Ammi-saduqa. Les sources bibliques sur ce thème (Ex. XXI, 2-11; Deut. XV, 12-18; Lév. XXV, 39-54) sont issues d’une seule législation, comme le montrent les parallèles avec les édits-mîšarum babyloniens, et remontent à l’époque de la Royauté.

D

– P. DALE, « The Rhetoric of Collective Responsability in Deuteronomic Law », in: Fs Milgrom, p. 421-436: l’emploi du “tu » dans les lois du Deutéronome a une valeur collective et s’adresse à l’ensemble du peuple d’Israel. Cette forme rhétorique nouvelle a pour but d’unifier la communauté sous un seul droit et un seul Dieu, en lui permettant de prendre en main son avenir politique et religieux sous la conduite avisée des Anciens.

– E. W. DAVIES, “The Inheritance of the First-born in Israel and the Ancient Near East », JSS 38/2, 1993, p. 175-191: synthèse sur les coutumes successorales avantageant l’aîné. La part double attestée dans la Bible (Deut. XXI, 15-17) ou à Larsa, le préciput d’1/10e pratiqué à Ur ou à Nippur, contrastent avec les coutumes égalitaires documentées à Sippar et dans le CH. Toutefois, la pratique contemporaine montre que le droit d’aînesse n’était pas toujours appliqué.

– P. E. DION, “La procédure d’élimination du fils rebelle (Deut 21, 18-21). Sens littéral et signes de développement juridique », in: Fs Lohfink, p.73-82: originellement, la loi deutéronomique sur le fils rebelle consacrait l’autorité des parents sur leur enfant en leur donnant le droit de le mettre à mort. Mais la rédaction de ce texte au VIIe s., à une époque où l’Etat voulait contrôler les litiges familiaux, a conduit le législateur à imposer une déposition parentale devant l’autorité publique, sans forcément conduire à un procès. Les additions à la version d’origine vont dans le sens d’un affaiblissement de l’autorité paternelle.

F

– Z. W. FALK, Hebrew Law in Biblical Times: an Introduction, 2e éd., 2001: rééd. de la publication originale de 1964, avec un addendum de 1977. L’approche de l’a. est conceptuelle, organisée autour de thèmes larges (sources, institutions, droit pénal, organisation judiciaire, biens et contrats, personnes, famille), où l’accent est mis sur les aspects sociaux et religieux et sur la comparaison avec les sources cunéiformes.

– F. C. FENSHAM, “Liability of Animals in Biblical and Ancient Near Eastern Law », JNSL 14, 1988, p. 85-90: les droits du Proche-Orient ancien admettent la responsabilité des animaux en matière d’homicide (bœuf frappeur, cf. LE 53-55, CH 250-252, Ex. 21-23), de bestialité (Lév. 20, 15-16; LH 199-200) et de transgression des tabous religieux (Ex. 19, 12-13; LH 166). Il en va de même dans d’autres droits de l’Antiquité (Grèce) ainsi que dans les droits germanique et français du Moyen-Âge.

– T. FRYMER-KENSKY, « Israel », in: Security, p. 251-263: la pratique du crédit dans la Bible est destinée non pas à procurer un profit au créancier mais à soutenir économiquement un débiteur appauvri. La loi encadre cette forme d’assistance par le crédit en minimisant les risques de perte pour le créancier, afin de ne pas compromettre son propre équilibre financier, sans doute assez précaire.

– IDEM, “Virginity in the Bible », in: Gender, p. 76-96: le récit de Dina (Gen 34) et les lois sur la séduction et le viol (Ex. 22:15-16; Deut. 22:13-29) montrent que l’honneur d’un homme dépend de la chasteté de sa femme. La conservation des « linges de la virginité » par le père de la mariée restitue au paterfamilias un pouvoir de vie et de mort sur sa fille, que la loi lui a apparemment retiré. Le père peut en effet à son gré présenter des draps propres ou ensanglantés, selon qu’il accepte ou pas l’inchasteté de sa fille.

G

– B. GANDULLA, « Marriage and Adoption: Two Institutions of Hurrian’s Family Law in the Patriarchal Traditions », in: Gs Cagni, vol. 1, p. 319-332: l’adoption matrimoniale pratiquée à Nuzi (HSS 5 67 et Gadd 51), incluant l’entrée du fils-époux au domicile de son père et la charge de l’entretien des dieux familiaux, trouve un écho dans les relations de Jacob et Laban (Gen. 29-33:1-3) d’une part, Moïse et Jéthro (Ex. 2:21 et 4:18) d’autre part, qui décrivent une situation comparable à celle du mariage-erêbu.

– C. H. GORDON, “Father’s Sons and Mother’s Daughters: The Problem of Indo-European-Semitic Relationships », in: Fs Astour, p. 271-278: sur la double structure familiale du côté masculin (père + fils) et du côté féminin (mère + filles), attestée à Ugarit (épopée de Keret), chez les Hittites, dans la Bible et chez les Shiites d’Iran et d’Iraq. On ignore quelle est l’origine (indo-européenne ou sémitique) de cette pratique, au contraire de l’institution du lévirat, qui a été diffusée à partir de la sphère indo-européenne vers le monde sémitique.

– M. GREENBERG, Studies in the Bible and Jewish Thought, Philadelphie-Jérusalem, 1995: rééd. de plusieurs articles de l’a., notamment “Some Postulates of Biblical Criminal Law », “The Biblical Concept of Asylum », “Biblical Attitude toward Power: Ideal and Reality in Law and Prophet », “Hebrew segullâ: Akkadian sikiltu ».

– S. GREENGUS, “Some Issues Relating to the Comparability of Laws and the Coherence of the Legal Tradition », in: Theory and Method, p. 60-87: l’a. conteste la thèse de R. Westbrook (voir ci-dessous) d’un droit commun oriental unique englobant la Mésopotamie et Israel, et maitient l’existence d’une évolution juridico-historique au Proche-Orient.

– IDEM, « The Selling of Slaves: Laws Missing from the Hebrew Bible? », ZAR 3, 1997, p. 1-11: les dispositions mésopotamiennes (§§ 178ss CH) et rabbiniques (Tosefta BB 4,5?7; bGit 86a) sur l’achat d’esclave rendent l’acquéreur responsable de la santé physique et morale de l’esclave. L’a. cherche les traces d’une influence de normes juridiques non israélites dans la littérature biblique et talmudique. Ce mélange de traditions juridiques différentes s’explique par les siècles de domination assyrienne, babylonienne et achéménide sur Israël et Juda. La pleine influence de la tradition juridique cunéiforme se manifeste d’abord dans les documents araméens et se retrouve jusqu’à l’époque talmudique.

– M. I. GRUBER, “Matrilineal Determination of Jewishness: Biblical and Near Eastern Roots », in: Fs Milgrom, p. 437-444: le principe matrilinéaire est bien attesté dans les sources de Nuzi et dans le CH (§ 175): l’enfant d’un mariage mixte suit la condition de sa mère. Par exception, l’enfant de la concubine-esclave suit la condition de son père lorsque celui-ci l’adopte (§ 170 CH). De même la doctrine rabbinique retient les deux critères de l’ascendance maternelle et de la conversion, qui confère le statut de “fils/fille d’Abraham », pour déterminer l’appartenance à la communauté juive.

H

– W. W. HALLO, “Slave Release in the Biblical World in Light of a New Tex », in: Fs Greenfield, p. 79-93: éd. d’un fragment de la Nies Collection de Yale contenant le dernier paragraphe de l’édit de mîšarum de Samsu-iluna, refusant aux esclaves de certaines villes le bénéfice de l’affranchissement accordé par le roi aux libres asservis pour dette. La comparaison avec les dispositions du CH et de l’Ancien Testament fait apparaître trois statuts d’esclaves protégés par le roi: l’esclave “né à la maison » (ilitti bîtim), équivalent de l’“esclave à vie » biblique; l’habitant de certaines villes ou régions, comme l’Ida-maras; l’“habitant du pays » (mâr mâtim). Le texte de Samsu-iluna annule le § 117 CH, qui impose la libération des esclaves pour dettes après trois ans et la subordonne à une intervention expresse du roi lors de son avènement.

– J. -G. HEINTZ, “Nouveaux traités d’époque babylonienne ancienne et formules d’alliance de la Bible hébraïque. Remarques préliminaires », in: Relations internationales, p. 69-94: la notion biblique d’alliance (berît) renvoie à des pratiques sémitiques anciennes, dont on constate l’existence dans les tablettes d’alliance diplomatique de Mari et de Tell Leilan.

– J. HOFTIJZER, « Description or categorical rule? Some remarls on Ex. 18:16″, in: Fs Veenhof, p. 193-196: Ex. 18:16 est une règle générale énoncée par Moïse, d’après laquelle le peuple doit venir devant lui pour qu’il tranche les litiges, ce qui explique la situation décrite par les versets précédents: Moïse siège devant le peuple du matin au soir.

– S. E. HOLTZ,  » ‘To go and marry any man that you please’: A Study of the formulaic Antecedents of the Rabbinic Writ of Divorce », JNES 60, 2001, p. 241-258: étude de la continuité thématique des formules du divorce en akkadien et en araméen, à travers l’examen des textes cunéiformes (codes, listes lexicales et actes de la pratique), des tablettes d’Elephantine et des sources bibliques sur le divorce interprétés par la tradition rabbinique. Dans toutes ces sources, la femme divorcée peut “aller où elle veut » ou épouser “l’homme de son choix », les deux expressions traduisant la même idée d’une liberté de décision de la femme. La phraséologie juridique araméenne a donc incorporé ces deux éléments de la tradition mésopotamienne.

– V. A. HUROWITZ, “Joseph’s Enslavement of the Egyptians (Genesis 47. 13-26) in Light of Famine Texts from Mesopotamia », RB 101/3, 1994, p. 355-362: l’a. examine les parallèles mésopotamiens à la formule biblique “Tu nous as sauvé la vie… Nous serons les esclaves de Pharaon ». L’idée d’un asservissement temporaire en remerciement d’un important service rendu est attestée dans un texte paléo-assyrien, à Emar et dans les sources assyriennes et babyloniennes du Ier millénaire, toujours dans le cadre d’initiatives individuelles. Le rédacteur de l’épisode relaté en Gen. XLVII, 13-26 a transposé une expression confinée au domaine privé dans la sphère politique en l’utilisant pour signifier la soumission définitive des Egyptiens à Joseph et Pharaon.

J

– B. S. JACKSON, « Justice and Righteousness in the Bible: Rule of Law of Royal Paternalism? », ZAR 4, 1998, p. 218-262: réflexion sur l’activité législative et judiciaire royale autour du livre de M. Weinfeld, Social Justice in the Ancient Near East, 1995. L’a. conteste notamment l’interprétation de l’expression mišpat usedakah en référence à l’équité royale tempérant la rigueur de la législation qui s’impose aux juges. Cette analyse repose sur des notions modernes de séparation des pouvoirs et de fonctionnement des institutions judiciaires, éloignées des conceptions du Proche-Orient ancien. L’a. s’interroge sur les liens entre les édits d’annulation des dettes (deror, mîšarum, andurâru) et le droit positif codifié: les édits ne doivent pas être compris comme libérant les justiciables d’une stricte application de la loi par les tribunaux, mais comme l’expression d’un arbitraire royal dont l’exercice abusif est limité par la législation écrite.

– J. JOOSTEN, « L’imbrication des codes législatifs dans le récit du Pentateuque: le cas du “Code de Sainteté » (Lévitique 1726) », in: Codification, p. 125-140: l’interprétation du Code de Sainteté ne peut être détachée de son contexte narratif. La comparaison du récit et des normes de loi permet d’attribuer une valeur étiologique à ce Code, analysé comme un “mythe du don de la loi ».

K

– P. A. KRUGER, “Rites of passage relating to Marriage and Divorce in the Hebrew Bible », JNSL 21/2, 1995, p. 69-81: analyse anthropologique du mariage et du divorce orientaux à la lumière du concept de “rite de passge » (verba solemnia, déplacements physiques, et symboles de la perte de l’identité ancienne).

L

– S. LAFONT, “Ancient Near Eastern Laws: Continuity and Pluralism », in: Theory and Method, p. 91-118: le pluralisme inhérent à l’histoire et à la culture orientales exclut la thèse d’un droit oriental unique (Westbrook) au profit d’une variété de règles élaborées à partir d’une tradition commune. La définition des termes “code », “loi », “interpolation », “apodictique » et “casuistique », permet de classer les sources du droit normatif (lois, rescrit de Samsu-iluna à propos des religieuses-nadîtû, édits-mîšarum). La diversité législative en Orient est illustrée à travers le thème de l’avortement violent.

– EADEM, Femmes, droit et justice dans l’Antiquité orientale. Contribution à l’étude du droit pénal au Proche-Orient ancien, OBO 165, 1999: synthèse sur le droit pénal féminin cunéiforme et biblique, cherchant à montrer qu’il n’y a pas une législation sexiste, liée à une société patriarcale, mais un intérêt très marqué du droit pour les femmes rattachées à une institution (familiale ou religieuse), par contraste avec la moindre protection offerte aux femmes indépendantes ou émancipées (notamment les courtisanes et les commerçantes).

– A. LEMAIRE, « Veuve sans enfants dans le royaume de Juda », ZAR 5, 1999, p. 1-14: relecture d’un ostracon paléo-hébreu de la collection Moussaïeff, qui constitue un exercice scolaire (et non pas un faux) et illustre le rôle du ŠR, sorte de notaire, dans un litige opposant une veuve sans enfant à ses beaux-frères dans une affaire de captation d’héritage; le ŠR, chargé de recueillir le testament et de partager la succession, a remis aux frères du défunt la terre que ce dernier avait attribuée par testament à sa femme (sur ce texte, cf. aussi WAGENAAR).

– IDEM, « L’héritage des femmes: Bible, épigraphie et papyrologie », in: P. Hidiroglou (éd. ), Entre héritage et devenir, la construction de la famille juive, Etudes offertes à Joseph Mélèze-Modrzejewski, Paris, 2003, p. 37-50: la législation biblique n’admet la succession des filles qu’à défaut de fils. Cette règle, qui vaut pour les successions ab intestat, est corrigée par la faculté de gratifier une fille ou une femme par des libéralités du chef de famille. Divers exemples de ces formes testamentaires de succession sont donnés par l’a., tirés des parties narratives de la Bible, mais aussi d’actes de la pratique (ostracon Moussaïeff n° 2, documents araméens d’Elephantine, manuscrits de la mer Morte).

– B. A. LEVINE, “On the Semantics of Land Tenure in biblical Literature: the term ‘ahuzzâh », in: Fs Hallo, p. 134-139: la racine ‘hz “prendre » a eu tardivement un sens juridique spécifique, issu de la tradition coutumière araméenne, elle-même transmise par les scribes de l’administration assyrienne au VIIe s. Le substantif dérivé ‘ahuzzâh désigne la terre “prise » dans des conditions légales, à l’instar de son équivalent sémantique akkadien sibtu.

– B. LEVINSON, “The Case for Revision and Interpolation within the Biblical Legal Corpora », in: Theory and Method, p. 36-59: la méthode synchronique préconisée par R. Westbrook pour interpréter le Code de l’Alliance (voir ci-dessous) n’a pas toujours de base dans le texte biblique et conduit parfois à en modifier le sens.

M

– M. MALUL, The Comparative Method in Ancient Near Eastern and Biblical Legal Studies, AOAT 227, xii + 197 p.: approche méthodologique sur la démarche comparatiste et application aux textes orientaux relatifs au bœuf frappeur. La comparaison des sources doit s’attacher d’abord au contexte, puis interpréter les différences ou les similitudes au regard de leur pure coïncidence ou au contraire de leur réelle valeur historique. Les lois bibliques sur le bœuf frappeur dépendent étroitement des textes mésopotamiens sur le même thème: le rédacteur biblique connaissait ces sources et en avait peut-être une copie lorsqu’il a composé les normes hébraïques en la matière.

– V. MATTHEWS, “The Anthropology of Slavery in the Covenant Code », in: Theory and Method, p. 119-135: l’analyse des dispositions sur la servitude dans les droits orientaux témoigne d’une évolution historique et juridique des sources, notamment bibliques, jusqu’à leur canonisation. Le processus s’explique par la nécessaire adaptation du droit aux changements socio-économiques.

– IDEM, “Honor and Shame in Gender-Related Legal Situations in the Hebrew Bible », in: Gender, 97-112: l’exécution de la femme convaincue d’infidélité préconjugale (Deut. 22:13-21) ou encore l’ordalie des eaux amères (Nb 5:11-31) mettent en cause l’honneur du chef de famille.

– IDEM, “Amnon and Tamar: A Matter of Honor (2 Samuel 13:1-38) », in: Fs Astour, p. 339-366: l’histoire du viol de Tamar par son demi-frère Amnon met en jeu non pas un code de l’honneur aggravé par le caractère incestueux du viol, mais une lutte pour le pouvoir entre les maisons d’Absalom et d’Amnon autour de la succession de David.

– IDEM et al., Old Testament Parallels: Laws and Stories from the Ancient Near East, New York, 1997: nouvelle éd. de la compilation préparée par les même aa. en 1991 et rassemblant des textes juridiques et littéraires du Proche-Orient ancien reliés à l’Ancien Testament.

– T. MEACHAM, “The Missing Daughter: Leviticus 18 and 20″, ZAW 109, 1997, p. 254-259: l’omission de l’inceste père-fille reflète la polémique opposant les familles sacerdotales et la lignée davidique, flétrie par plusieurs liaisons prohibées. Le Code de Sainteté veut discréditer l’exemple des Patriarches comme modèle pour certaines relations sexuelles.

– A. MILLARD, “Oral Proclamation and Written Record: Spreading and Preserving Information in Ancient Israel », in: Fs Heltzer, p. 237-241: étude des formes de proclamation orale de certains actes juridiques, mis également par écrit, en Mésopotamie et dans la Bible. Les ventes foncières sont annoncées publiquement par le héraut à Assur, Nuzi, Emar, Alalakh et Ugarit, puis rédigées pour servir de preuve. Les traités diplomatiques hittites sont d’abord proclamés avant d’être mis par écrit. De même l’Alliance du Sinaï fut-elle annoncée puis inscrite sur des tables de pierre et la Torah était-elle proclamée tous les 7 ans.

– Y. MUFFS, Love and Joy. Law, Language and Religion in Ancient Israel, Cambridge, 1992, xxvii + 240 p.: recueil d’articles examinant le thème général du bonheur à travers le droit et la religion. L’a. interprète notamment le personnage d’Abraham en Gen. XIV à la lumière des traités internationaux hittites et ugaritains et plus particulièrement du droit de la guerre au Proche-Orient. Il examine aussi l’expression de la volonté à travers les termes désignant la joie et la satisfaction dans les actes de gratifications royales babyloniens et dans la littérature rabbinique sur ce sujet.

N

– P. J. NEL, “The Talion Principle in Old Testament Narratives », JNSL 20/1, 1994, p. 21-29: le talion ne relève pas, originellement, de la sphère du droit, mais de celle de la morale yahwiste, c’est pourquoi il structure plusieurs épisodes narratifs de l’Ancien Testament (Juda et Tamar en Gen XXXVIII; Ruth; Samson en Juges XIII-XVI).

– H. NIEHR, « The Constitutive Principles for Establishing Justice and Order in Northwest Semitic Societies with Special Reference to Ancient Israel and Judah », ZAR 3, 1997, p. 112-130: étude de l’expression « droit et justice » et des formules comparables dans la littérature mésopotamienne utilisant les termes kittum et mešarum ou leurs équivalents nord-ouest sémitiques. La notion de loyauté contenue dans l’akk. kittum des lettres d’El-Amarna est encore conservées dans le tsdq nord-ouest sémitique du Ier millénaire et trouve aussi des échos dans les inscriptions royales araméennes. Les termes mšpt et tsdqh appartiennent à ce même contexte.

O

– S. M. OLYAN, “Honor, Shame, and Covenant Relations in Ancient Israel and Its Environment », JBL 115/2, 1996, p. 201-218: les concepts d’honneur et de honte jouent un rôle essentiel dans la conclusion des alliances au Proche-Orient ancien, quoi qu’elles ne soient jamais explicites dans les traités mais y figurent implicitement, comme le montrent les textes narratifs se référant aux relations d’alliance de deux personnes (e.g. les lettres d’El-Amarna, la correspondance assyrienne, ou encore les récits bibliques comme II Sam. 19).

– E. OTTO, Körperverletzungen in den Keilschriftrechten und im Alten Testament. Studien zum Rechtstransfer im Alten Orient, AOAT 226, 1991, 227 p.: à partir de l’étude des structures littéraires des textes cunéiformes et bibliques relatifs à l’avortement violent et au bœuf frappeur, l’a. s’interroge sur la réception du droit mésopotamien en Israel. Il conclut que, quant au fond, les sources juridiques bibliques sont originales et pures de toute influence extérieure. Elles reflètent une société de villageois, constituée en structures atomisées. En revanche, la forme a subi l’influence des techniques de rédaction des scribes mésopotamiens. Ainsi y a-t-il au niveau de l’Etat une vie intellectuelle plus ouverte et plus évoluée qu’à la base.

– IDEM, “Das Verbot der Wiederherstellung einer geschiedenen Ehe. Deuteronomium 24, 1-4 im Kontext des israelitischen und judäischen Eherechts », UF 24, 1992, p. 301-310: l’interdiction deutéronomique du remariage d’un homme avec celle qu’il avait répudiée est interprétée à la lumière des dispositions bibliques et cunéiformes sur l’adultère. L’expression ‘aerw›t dabar désignant une attitude scandaleuse, englobe l’infidélité conjugale. Le mari peut alors rompre le mariage en vertu de ses pouvoirs domestiques, mais ne pourra reprendre la femme, que l’infraction a rendue impure vis-à-vis de lui. Dans les droits proche-orientaux, le divorce est donc une sanction possible de l’adultère relevant des prérogatives du mari. Toutefois, à la différence des droits cunéiformes, la loi hébraïque limite la juridiction privée de l’époux en lui refusant le droit de revenir sur sa décision.

– IDEM, “Aspects of Legal Reforms and Reformulations in Ancient Cuneiform and Israelite Law », in: Theory and Method, p. 160-196: le processus de révision des textes légaux est constant au Proche-Orient. Par leur structure littéraire, les codes cunéiformes, le Code de l’Alliance et le Deutéronome témoignent des nombreuses corrections et adjonctions rédactionnelles qui sont intervenues pour modifier le sens juridique, éthique et théologique des dispositions.

– IDEM, “Town and Rural Countryside in Ancient Israelite Laws: Reception and Redaction in Cuneiform and Israelite Law », JSOT 57, 1993, p. 3-22: à propos de la réception des droits cunéiformes classiques (i.e. paléo-babyloniens) en Israël. L’a. distingue d’une part le fond du droit biblique, indigène et enraciné dans une tradition jurisprudentielle rurale propre, et d’autre part sa forme, largement influencée par la technique de rédaction des codes mésopotamiens.

– IDEM, “Das Eherecht im Mittelassyrischen Kodex und im Deuteronomium. Tradition und Redaktion in den §§ 12-16 der Tafel A des Mittelassyrischen Kodex und in Dtn 22, 22-29″, in: Fs Bergerhof, p. 259-281: analyse structurelle des §§ 12-16 LA à la lumière de Deut. 22, 22-29. Dans les deux cas, le rédacteur adopte une même structure concentrique, et agence les dispositions en chiasme. Ce procédé littéraire a pour but, dans les LA, de limiter la juridiction privée du mari en l’insérant dans la compétence de l’autorité publique. De même dans le Deut., il s’agit de renforcer le poids des tribunaux au détriment des pouvoirs juridictionnels de la famille.

– IDEM, “Körperverletzungen oder Verletzung von Besitzrechten? Zur Redaktion von Ex. 22, 15f. im Bundesbuch und §§ 55; 56 im Mittelassyrischen Kodex der Tafel A », ZAW 105/2, 1993, p. 153-165: les dispositions du Code de l’Alliance relatives à la séduction d’une jeune fille (Ex. XXII, 15-16) se rattachent structurellement au thème de la répression des dommages corporels et non pas au droit des biens traité pourtant dans les versets précédents (Ex. XXII, 6-14). Cette conclusion est issue d’une analyse comparée des structures littéraires des LA et du code biblique.

– IDEM, “Biblische Altersversorgung im altorientalischen Rechtsvergleich », ZAR 1, 1995, p. 83-110: le thème de l’entretien des parents et aïeux est examiné à travers l’obligation alimentaire des enfants, l’adoption et le lévirat. Toutes ces institutions relèvent du droit privé, et s’enracinent dans la tradition coutumière. En Mésopotamie, l’adoption n’est pas un moyen de contourner l’interdiction de vendre la terre familiale hors du groupe gentilice, mais une stratégie interne au lignage destinée à modifier l’ordre successoral à l’intérieur de la famille. Quant au lévirat assyrien, il s’analyse comme un moyen de remplir une obligation contractuelle du mari défunt, issue du contrat de mariage. Au contraire, l’adoption et du lévirat ont conservé dans la Bible ont leur valeur originelle, ces deux institutions servant à procurer une descendance à des familles sans enfant, et par là même une garantie de subsistance pour les parents.

– IDEM, “Treueid und Gesetz. Die Ursprünge des Deuteronomiums im Horizont neuassyrischen Vertragsrecht », ZAR 2, 1996, p. 1-52: l’analyse structurelle des analogies entre certains passages de Deut. 13 et les traités de vassalité d’Assarhaddon, montre que la rédaction du Deutéronome s’est appuyée sur la réception de la tradition néo-assyrienne des serments de fidélité (adê). Les réformes deutéronomiques seraient ainsi à dater entre 622 et 587/6, et illustreraient une réaction anti-assyrienne menée avec des “armes » littéraires et juridiques directement empruntées aux Assyriens.

– IDEM, “Diachronie und Synchronie im Depositenrecht des ‘Bundesbuches’. Zur jüngsten literatur- und rechtshistorischen Diskussion von Ex 22,6-14″, ZAR 2, 1996, p. 76-85: dix ans après deux publications sur le droit de dépôt dans le Code de l’Alliance, l’a. reprend le même thème en contestant l’analyse récente de R. Westbrook (ZAW 106, 1994) qui postule une rédaction cohérente et consistante de cette loi, dont les incohérences doivent être levées par la critique interne et non d’hypothétiques remaniements. L’a. maintient la nécessité d’une méthode diachronique pour l’interprétation de ce texte en particulier et de tous les autres textes juridiques en général.

– IDEM, review-article de C. Houtman, Das Bundesbuch, Ein Kommentar, 1997, BiOr 57, 2000, p. 372-376: le recenseur pointe l’absence d’analyse textuelle diachronique dans le commentaire de certains passages du code de l’Alliance, notamment la célèbre péricope « œil pour œil, dent pour dent ». C. Houtman a développé ailleurs (« Eine schwangere Frau als Opfer einer Handgemenges (Exodus 21,22-25): Ein Fall von stellvertretender Talion im Bundesbuch? », in: M. Vervenne (éd. ), Studies in the Book of Exodus: Redaction – Reception – Interpretation, Leuven, 1996, p. 381-398) son interprétation de l’ensemble du passage biblique (Ex. 21:22-25) consacré à l’avortement violent, et qui imposerait non pas une compensation financière mais un véritable talion subi par l’épouse du coupable, à l’instar des dispositions prévues par les lois mésopotamiennes (§§ 210 CH, 50 LA et 55 LA). Le recenseur conteste cette analyse, qui conduit à faire de la péricope sur l’avortement une loi protégeant toutes les femmes, enceintes ou non.

– IDEM, “False Weights in the Scales of Biblical Justice? Different Views of Women from Patriarchal Hierarchy to Religious Equality in the Book of Deuteronomy », in: Gender, 128-146: les lois deutéronomiques représentent un progrès dans le traitement juridique des infractions sexuelles. La femme devient sujet de droit, par exemple grâce à l’interdiction de répudier l’épouse violée, ou encore la limitation des cas de divorces injustes.

– IDEM, “Kodifizierung und Kanonisierung von Rechtsätzen in keilschriftlichen und biblischen Rechtssammlungen », in: Codification, p. 77-124: les codes cunéiformes s’enracinent dans la tradition scolaire mésopotamienne, où ils étaient enseignés. On initiait ainsi les scribes à la structure complexe de rédaction de ces sources, qui étaient ensuite réemployées par les rois comme moyens de propagande, développée dans les prologues et les épilogues des codes. Le même processus d’élaboration, dans les milieux lettrés, caractérise les lois bibliques, utilisées non pas par les souverains mais par les prêtres pour illustrer la révélation divine.

– IDEM, « Biblische Rechtsgeschichte als Fortschreibungsgeschichte », BiOr 56, 1999, p. 5-14: recension de B.M. Levinson, Deuteronomy and the Hermeneutics of Legal Innovations, 1997. L’ouvrage recensé se situe dans une perspective d’histoire critique du texte du Deutéronome, considéré comme une révision radicale et engagée du Code de l’Alliance. Cette interprétation globale, reposant sur une méthode d’élaboration proche de la lecture rabbinique de la Bible, est approuvée par le recenseur, qui insiste sur la nécessité de se fonder sur l’exégèse interne du texte biblique pour en saisir la signification. L’histoire du droit biblique, mais aussi cunéiforme, est donc avant tout l’histoire de la rédaction des textes législatifs, cherchant à reconnaître dans le style et la formulation des lois de l’Ancien Testament l’influence d’éléments extérieurs issus des cultures mésopotamienne et égyptienne voisines.

– IDEM, « Human Rights: the Influence of the Hebrew Bible », JNSL 25/1, 1999, p. 1-20: la notion de droits de l’homme s’enracine, au-delà des Lumières, dans la démocratie athénienne, les discussions sur la tolérance des écoles philosophiques grecques et romaines, mais aussi dans l’Ancien Testament. La théologie du Deutéronome et l’anthropologie des traditions de création ont joué un grand rôle à cet égard.

P

– C. PRESSLER, “Wives and Daughters, Bond and Free: Views of Women in the Slave Laws of Exodus 21:2-11″, in: Gender, p. 147-172: dans le livre de l’Exode, les esclaves femmes (‘âmâ) échappant à la libération sabbatique sont seulement les concubines, acquises pour donner des enfants. Les autres sont appelées “esclaves hébreux » (‘ebed ‘ibrî), expression englobant les hommes et les femmes, et peuvent être libérés au bout de 7 ans. Il ne faut donc pas attribuer au Deutéronomie l’innovation de l’affranchissement sabbatique des servantes: la pratique existait antérieurement, mais exprimée par un vocabulaire différent.

R

– A. ROFÉ, « The Organization of the Judiciary in Deuteronomy (Deut. 16.18-20; 17.8-13; 19.15; 21.22-23; 24.16; 25.1-3) », in: Fs Dion, vol. 1, p. 92-112: Deut. 16:18-20 et 17:8-13 forment un ensemble continu, rompu par l’insertion postérieure de 16:21-17:7, qui devrait venir à la suite de 13:1. Lus ensemble, ces deux segments énoncent les principes judiciaires en vigueur dans un système centralisé. L’a. étudie le rôle des juges et des anciens, le sens de š˝têrîm « scribes (jugeant avec le statut d’officier royal) », et le rôle des prêtres. Le contexte historique entourant ce système judiciaire est présenté en II Chr. 19:4-11, où le roi Josaphat nomme les juges dans toutes les villes fortifiées de Judah, coiffés par les juges de Jérusalem.

– R. ROTHENBUSCH, « Die kasuistische Rechtssammlung im ‘Bundesbuch’ (Ex 21,2-11. 18-22, 16) », ZAR 7, 2001, p. 243-272: les dispositions casuistiques du Code de l’Alliance s’inscrivent, par leur contenu et leur forme, dans la continuité des codes cunéiformes ce qui rend très vraisemblable l’existence d’une culture juridique orientale sans qu’il y ait eu pour autant une réception directe des normes mésopotamiennes dans la Bible, laquelle a modelé ses propres règles juridiques en fonction d’un contexte spécifique.

S

– A. SCHENKER, “The Biblical Legislation on the Release of Slaves: the Road from Exodus to Leviticus », JSOT 78, 1998, p. 23-41: Lév. 25 représente une novelle, en ce qu’il envisage la libération de l’Israélite et de ses enfants asservis pour dette auprès d’un créancier immigré, ce que les dispositions sur l’affranchissement en Ex. 21:2-6 ne prévoyait pas.

– W. SCHOTTROFF, Gerichtigkeit lernen: Beiträge zur biblischen Sozialgeschichte, Theologische Bücherei 94, Gütersloh, 1999: 12 essais sont réunis dans ce volume, consacrés au travail et à la corvée effectués par des femmes, aux veuves et aux personnes âgées, et enfin au bail foncier.

– B. J. SCHWARTZ, “‘Profane’ Slaughter and the Integrity of the Priestly Code », HUCA 67, 1996, p. 15-42: Lév. 17:3-7 est une entité stylistique et thématique homogène et non remaniée, interdisant aux profanes de tuer les quadrupèdes domestiques. Plus largement, l’a. considère que le Code de Sainteté présente une consistence interne qui en fait une composition indépendante du Deutéronomiste.

T

– A. TAGGAR-COHEN, “Law and Family in the Book of Numbers: the Levites and the tidennûtu Documents from Nuzi », VT 48, 1998, p. 74-94: essai d’explication du rôle des Lévites à travers l’institution du gage-tidennûtu de Nuzi.

– R. E. TAPPY, « Lineage and Law in pre-exilic Israel », RB 107/2, 2000, p. 175-204: analyse de la seconde moitié du Décalogue (Ex. 20, 12- 17 // Deut. 5, 16-21) sous l’angle de l’ethnographie comparée (Nigéria, Pakistan). L’a. voit dans ces règles les vestiges d’anciennes lois sur le lignage, destinées à protéger le patrimoine et la pureté sexuelle des individus appartenant à la tribu. L’a. détaille les structures et les relations internes au lignage et au clan, puis étudie les stratégies d’extension du lignage par le mariage et la procréation.

V

– K. VAN DER TOORN, “The Signification of the Veil in the Ancient Near East », in: Fs Milgrom, p. 327-340: l’usage consistant à voiler la fiancée mésopotamienne ou biblique a trois fonctions: 1/ manifester la virginité de l’épousée; 2/ signaler son changement de statut: l’apposition du voile marque le début de l’engagement matrimonial et s’accompagne du versement du don nuptial. Il appartient au mari de retirer le voile de la jeune fille lors de la nuit de noces. L’action d’“étendre le pan du manteau » du mari sur la femme a une portée identique: le tissu du voile ou du vêtement symbolise donc l’acceptation de l’épouse dans un groupe social, tandis que sa nudité symbolise son exclusion; 3/ servir d’ornement.

– A. VIBERG, Symbols of Law. A Contextual Analysis of Legal Symbolic Acts in the Old Testament, Coniectanea Biblica, Old Testament Series 34, Stockholm, 1992, x + 206 p.: examen des divers actes symboliques à portée juridique dans la Bible, notamment ceux qui sont font intervenir la main (lever la main, dans le contexte des prestations de serment; serrer la main, pour ratifier un accord; placer la main sous la cuisse d’un tiers, en signe de soumission à l’autorité du chef de famille dans le cadre des serments privés), les animaux (marcher sur un animal découpé, pour ratifier une alliance; l’a. conteste la validité des parallèles mésopotamiens mentionnant le sacrifice de l’ânon), les repas (partager un repas pour sceller une alliance), les parties du corps (percer l’oreille d’un esclave, pour marquer l’asservissement définitif du gage; oindre la tête, pour “faire » juridiquement le roi; l’a. cite des rites d’onction hittites et ugaritains, auxquels ils faut ajouter maintenant celui de Mari, publié par J.-M. Durand dans MARI 7, infra, V c; mettre un enfant sur ses genoux, pour le légitimer), les vêtements (remettre le manteau, pour expulser un membre de la famille; couvrir une femme avec un manteau, pour symboliser le mariage; l’expression est maintenant documentée à Mari cf. ARM XXVI, 251; enlever la sandale, pour signifier l’abstention du lévir).

W

– J. A. WAGENAAR,  » ‘Give in the Hand of Your Maidservant the Property…’ Some Remarks on the Second Ostracon from the Collection of Sh. Moussaïeff’, ZAR 5, 1999, p. 15-27: une veuve réclame à un officier-ãr l’attribution d’un champ promis à son défunt mari et remis en réalité aux frères du de cujus. Il ne s’agit pas d’une affaire successorale, car le droit biblique ignore le droit de la veuve de succéder à son époux (contra Bons, pour qui ce droit aurait été accepté à l’époque post-exilique). La femme revendique une terre prélevée sur les communaux, que l’officier public devait donner à son mari, et qui sera son seul moyen de subsistance puisqu’elle est dépourvue d’enfants et que ses beaux-frères, sans doute restés indivis, ne sont pas tenus d’appliquer le lévirat (cf. Deut. 25:5-9).

– H. M. WAHL, « Ester, das adoptierte Waisenkind. Zur Adoption im Alten Testament », Biblica 80/1, 1999, p. 78-99: la pratique de l’adoption, courante dans le monde mésopotamien, n’est guère attestée dans la Bible qu’au livre d’Esther (2,7.15) où un orphelin est adopté par son cousin. Cette particularité s’explique par le fait que, pour les Hébreux, seul Dieu peut garantir la progéniture et procurer une descendance aux hommes; il serait blasphématoire pour les théologiens exiliques et post-exiliques de transgresser l’ordre naturel du monde par le biais de l’adoption.

– H. C. WASHINGTON, “‘Lest He Die in the Battle and Another Man Take Her’: Violence and the Construction of Gender in the Laws of Deuteronomy 20-22″, in: Gender, p. 185-213: le pouvoir violent appartient aux hommes et les femmes en sont les victimes. Plusieurs lois deutéronomiques illustrent ce stéréotype, notamment les dispositions sur le viol. Deut. 21:10-14 (femme captive de guerre) et Deut. 22:23-29 (viol et adultère) montrent que le droit admet des formes de violence sexuelles sur les femmes dans certaines conditions, contribuant ainsi à maintenir la domination masculine sur la société.

– J. W. WATTS, “The Legal Characterization of God in the Pentateuch », HUCA 67, 1996, p. 1-14: analyse des caractéristiques du discours juridique de Dieu dans l’Exode, le Lévitique et les Nombres, à la lumière des traditions légales cunéiformes. La formulation du droit mésopotamien et biblique exprime des standards juridiques internationaux, propres à faire reconnaître universellement la personne du roi-législateur. Ainsi, dans les trois livres cités de l’Ancien Testament, Dieu est-il dépeint sous les traits du monarque idéal, adoptant un discours conforme à celui de la tradition orientale la plus ancienne.

– A. WEINGORT, “Juge et sentence: la responsabilité pénale en droit hébraïque et dans les droits du Proche-Orient ancien », RHD 71/3, 1993, p. 357-370: l’a. oppose les solutions matérialistes et économiques retenues par les législations cunéiformes en matière de meurtre ou de vol, à celles de la Bible, protégeant des valeurs morales spécifiques, notamment le caractère sacré de la vie humaine.

– G. J. WENHAM, “The Gap between Law and Ethics in the Bible », JJS 48, 1997, p. 17-29: les lois édictées dans l’Ancient Testament ne reflètent pas les principes éthiques de la Torah, beaucoup plus exigeants. Les dispositions légales sont des minima au-dessous desquels la société se doit d’intervenir pour punir.

– R. WESTBROOK, “The Deposit Law of Exodus 22, 6-12″, ZAW 106, 1994, p. 390-403: Ex. XXII, 6-12 contient deux dispositions cohérentes et authentiques sur le dépôt. La première prévoit une procédure oraculaire en cas d’accusation du propriétaire contre le dépositaire pour des biens déposés chez lui ; la seconde concerne un contrat de pâture et prévoit un serment exonératoire d’une part pour le dépositaire accusé d’avoir maltraité un animal, et d’autre part pour le propriétaire accusé d’avoir frauduleusement repris la bête.

– IDEM, “What is the Covenant Code? », in: Theory and Method, p. 15-36: les sources légales du Proche-Orient, tant cunéiformes que bibliques, n’ont été ni remaniées ni altérées. Elles s’inscrivent toutes dans un même fonds juridique uniforme constitué au IIIe millénaire et resté inchangé durant les deux millénaires suivants. Il faut dès lors rejeter la démarche diachronique dans l’interprétation du Code de l’Alliance et chercher une explication interne et empirique aux apparentes redondances et incohérences juridiques du texte.

– IDEM, “The Female Slave », in: Gender, p. 214-238: les esclaves ont un double statut juridique, en tant que personnes dans le droit de la famille et en tant qu’objets dans le droit des biens. Les droits réels du maître sur sa chose sont témpérés par des préoccupations de justice sociale ou annulés par le mariage du propriétaire avec sa servante. Deux personnes peuvent détenir concuramment des prérogatives sur la femme, par exemple sa maîtresse et son mari. L’a. illustre ce dédoublement de personnalité par plusieurs textes mésopotamiens et bibliques.

Y

– R. YARON, “Stylistic Conceit: the Negative Antonym », JANES 22, 1993, p. 141-148: l’a. maintient que la forme imât ul iballut figurant dans les LE est une forme rhétorique dépourvue de signification juridique, comme le prouvent plusieurs parallèles akkadiens et hébreux figurant dans des documents épistolaires ou narratifs.

– IDEM, « Landbesitz: Drei Miszellen », in: M. J. Schermaier et al. (éd. ), Iurisprudentia universalis, Festschrift für Theo Mayer-Maly zum 70. Geburtstag, Cologne, 2002, p. 921-931.

Z

– M. ZER-KAVOD, “The Code of Hammurabi and the Laws of the Torah », JBQ 26/2, 1998, 107-110: les dispositions du Code et les mišpa†im de la Torah n’ont pas de source commune et les secondes ne dérivent pas des premières; la comparaison entre les deux législations n’est pas pertinente.

– J. R. ZISKIND, “The Missing Daughter in Leviticus xviii », VT 46, 1996, p. 125-130: l’absence de prohibition de l’inceste père-fille dans la série des interdits sexuels du Lévitique reflète le souci du rédacteur de ménager l’autorité paternelle et les chefs de famille afin de ne pas réduire la crédibilité de l’ensemble des réformes engagées. Le respect de certaines valeurs morales s’est effacé devant des considérations politiques générale.

– IDEM, « The Treatment of Women in Deuteronomy: Moral Absolutism and Practicality Part 1 », JBQ 27, 1999, p. 152-158: le Deutéronome montre un souci d’humanité envers les faibles et les deshérités, notamment envers les femmes comme le montrent les lois relatives à la calomnie de l’épouse (Deut. 22:13-22) et au lévirat (Deut. 25:5-10).

– IDEM, « The Treatment of Women in Deuteronomy: Moral Absolutism and Practicality Part 2 », JBQ 27, 1999, p. 231-237: étude de plusieurs lois deutéronomiques comparées à celles du monde cunéiforme, concluant que la réforme de Josias a rendue nécessaire une codification des lois encourageant la chasteté des femmes. La plupart des normes sur ce point étant impossible à mettre en pratique, l’a. considère qu’elles représentent davantage une vision utopique de la société qu’une base juridique applicable par les juges.

Historiographie, études théoriques, méthodologie

A

– P. ARTZI, “Ebla and Us », in: Fs Heltzer, p. 55-67: historiographie de la recherche israélite sur Ebla.

B

– M. BAUD, “Naissance de l’archéologie scientifique », in: Cités, p. 46-57: l’a. retrace les débuts de l’archéologie scientifique, dans les années 1880, où les savants étaient de véritables aventuriers.

C

– A. CAUBET, “Claude Schaeffer, inventeur d’Ougarit », in: Cités, p. 65-74: l’a. retrace les années d’activités de Cl. Schaeffer sur le site d’Ugarit, qui a livré des tablettes dès les premières campagnes.

D

– D. J. W. DE MEIJER, « Long distance trade. Some remarks on the ancient Syrian economy », in: Fs Veenhof, p. 325-340 : réflexion théorique sur les théories de Polanyi concernant le marché et le commerce, que l’a. conteste en les confrontant aux informations textuelles sur le sujet. Présentation archéologique des fouilles de Tell Hammam al-Turkman (Syrie du nord), montrant qu’à l’époque du commerce entre Aššur et la Cappadoce, cette ville a pu servir de lieu d’étape aux marchands (ossements d’ânes, réserves de fourrage). Un complexe administratif a été dégagé sur le tell, et au pied de celui-ci, un établissement qui évoque celui des marchands assyriens à Kaneš.

E

– S. M. EVERS, “George Smith and the Egibi Tablets », Iraq 55, 1993, p. 107-117: historiographie de la découverte et de l’édition des archives Egibi au XIXe s.

G

– M. GUICHARD, « Le déchiffrement de l’écriture cunéiforme », in: Ecriture, p. 33-35: synthèse sur l’histoire du déchiffrement, depuis Niehbur au XVIIIe s. jusqu’à la découverte d’Ebla en 1975.

H

– K. HECKER & W. SOMMERFELD, Assyriologisches Anschriftenverzeichnis, Akk. Supplementum 4 1990, 134 p.: répertoire des adresses des assyriologues et des Instituts.

K

– G. KALLA, « Entdeckung der altbabylonischen Sippar-Archive », ZA 89/2, 1999, p. 201-226: histoire de la découverte des textes de la région de Sippar, et de la constitution de la collection conservée au British Museum.

– I. KLOCK-FONTANILLE, « Le déchiffrement des hiéroglyphes ‘hittites’ : des débuts difficiles », in: Fs Lebrun I, 2004, p. 433-453 : sur les difficultés rencontrées par les pionniers du déchiffrement des hiéroglyphes anatoliens et l’origine de ces difficultés.

L

– M. LIVERANI, “2084: Ancient Propaganda and Historical Criticism », Albright Centennial, p. 283-290: essai sur l’apport des travaux orientalistes dans l’analyse des mécanismes de propagande de l’Antiquité et de notre monde moderne: la recherche assyriologique sur l’idéologie royale antique peut servir de modèle pour éduquer le sens critique des citoyens d’aujourd’hui.

M

– C. MICHEL, « Quelques réflexions sur les archives récentes de Kültepe », RAI 34, p. 419-433: présentation de la composition des lots d’archives de Kültepe d’après les exemples des lots de 1970, 1990 et 1993. Analyse méthodologique des critères permettant de déterminer le propriétaire d’un fonds d’archives, étude de la composition et de la répartition des textes par genre (lettres, créances, contrats, etc…) et de la transmission familiale des archives sur plusieurs générations.

N

– H. NEUMANN, “Forschungen zur altorientalischen Geschichte in der DDR (1980-1990) », AOF 18/2, 1991, p. 346-370: point bibliographique sur les publications orientalistes parues entre 1980 et 1990 dans l’ex-Allemagne de l’Est.

– IDEM, « Zum Problematik des subjektiven Faktors im Prozess politischer Umwälzungen in Mesopotamien gegen Ende des 3. Jahrtausends v.u.Z. », ArOr 60/3, 1992, p. 234-250: sur la notion d’évolution en histoire. Il n’y a pas de processus linéaire, mais plutôt des successions de progrès et de régressions, de continuités et de ruptures. La construction de l’Etat en Mésopotamie est liée à l’expansion territoriale, sous l’impulsion de facteurs politiques, économiques et sociaux. Les textes juridiques rendent compte des différentes phases de ce développement: les réformes d’Uru´inimgina dérivent sûrement d’une contestation populaire contre l’aristocratie dirigeante; le code dit d’Ur-nammu reflète la réorganisation administrative et politique néosumérienne consécutive aux changements politiques et territoriaux. L’affermissement de l’autorité centrale se mesure aux nombreux jugements et procès-verbaux, qui expriment les intérêts politiques de l’Etat.

R

– M. ROTH, « Reading Mesopotamian Law Cases. PBS 5 100: A Question of Filiation », JESHO 44/3, 2001, p. 243-292: la méthode traditionnelle d’interprétation du droit mésopotamien, combinant les dispositions des codes de lois et les actes de la pratique contemporains afin de dresser les contours d’un système juridique uniforme, repose sur une approche anachronique consistant à aller du général (la loi) au particulier (la pratique). D’autre part, le présupposé évolutionniste guidant la majorité des recherches assyriologiques conduit à nier l’existence d’une science juridique (ou autre d’ailleurs) au motif qu’il n’existe pas de formulation abstraite et théorique comparable à celle du monde grec. Or, la démarche cognitive dans les sciences sociales consiste non pas à apprendre des principes pour les appliquer ensuite à des situations concrètes mais à inférer des règles générales à partir de cas d’espèce. Telle est d’ailleurs l’approche anglo-saxonne de l’enseignement du droit, qu’on retrouve également à la base de la formation juridique des scribes mésopotamiens. Ces paradigmes juridiques sont construits comme des narrations, obéissant à des critères formels et structurels, et opérant des choix littéraires conditionnant l’ensemble du récit. A titre d’exemple, l’a. étudie le texte de Nippur PBS 5 100 pour conclure qu’il s’agit non pas d’un procès mais d’une série de dépositions faites par des témoins pour valider une procédure entamée 6 ans plus tôt. L’enjeu est l’établissement de la filiation d’un enfant posthume.

S

– L. SASSMANNSHAUSEN, « Administrative Texts as a Source for Historiography », RAI 45, p. 441-453 : étude de 4 lots d’archives administratives (listes néo-assyriennes de Nimrud; textes médio-babyloniens de Nippur; archives paléo-babyloniennes de Mari; archives paléo-akkadiennes du sud sumérien) privilégiant l’analyse onomastique et ethnique des NP cités. La méthode permet de croiser les informations fournies par ces documents avec celles des sources historiographiques afin de les compléter, de les confirmer ou de les modifier.

– J. SASSON, « About “Mari and the Bible » « , in: Traditions amorrites, p. 97-123: étude de méthodologie à propos des comparaisons entre Mari et la Bible et de leur utilité. L’a. distingue « homologies » et « analogies », sur les démarches nécessairement différentes selon la place que tient la Bible dans les sociétés contemporaines. Les comparaisons sont habituellement faites dans les domaines de l’onomastique, de la lexicographie, de la stylistique et de l’ethnographie. L’a. présente une sorte de status quaestionis pour chacun de ces domaines et prend position dans les débats en cours. L’article se termine par un appendice sur l’usage du mot Amurrum dans les textes de Mari, comme nom divin, comme désignation géographique, comme terme désignant une langue sémitique et comme terme ethnique.

– IDEM, « The King and I. A Mari King in Changing Perceptions », JAOS 118/4, 1998, p. 453-470: l’a. aborde la manière dont la vie du roi Zimrî-Lîm de Mari (XVIIIe s. av. J.-C.) a été traitée à travers les différentes études qui ont été consacrées à cette période.

Z

– R. ZETTLER, « Reconstructing the World of Ancient Mesopotamia: Divided Beginnings and Holistic History », JESHO 46/1, 2003, p. 1-45: l’a. plaide pour un développement des études orientalistes associant culture matérielle et documents écrits, pour rompre avec la tradition séparant les disciplines archéologique et philologique depuis le XIXe siècle. Il prend comme exemples récents de travaux communs aux deux spécialités les cas du temple d’Inanna à Nippur à l’époque d’Ur III, l’interprétation du changement climatique survenu à la fin du IIIe millénaire et les publications du Sumerian Agriculture Group sur les ressources alimentaires.

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