Elam

Histoire, institution

A

– P. AMIET, Suse. 6000 ans d’histoire, Paris, RMN, 1988, 156 p., ill., index, bibliogr.: l’a. retrace les grandes étapes de la civilisation élamite et de celles qui suivirent, à Suse, d’après les collections du Louvre. Les découvertes archéologiques depuis 1885 attestent les échanges avec la Mésopotamie, le plateau iranien, l’Asie centrale et la vallée de l’Indus.

– IDEM, “Sur l’histoire élamite », IrAnt 27, 1992, p. 75-94: synthèse historique à partir des données archéologiques et épigraphiques. L’histoire politique du IIIe millénaire est mal connue jusqu’à la domination de Sargon, puis celle des rois d’Ur, séparées par une brève période d’autonomie sous le règne de Puzur-Inšušinak. L’union élamite se réalise à la fin du IIIe millénaire avec l’intégration de la Susiane, grâce à l’avènement de la monarchie. Cette lente émergence explique la dualité culturelle fondamentale entre montagnards élamites et citadins susiens akkadisés. Les premiers sont la base sociale et politique sur laquelle s’appuie la royauté au IIe millénaire. Le Ier millénaire est marqué par des mouvements nationalistes jusqu’à la restauration éphémère de la monarchie au VIIIe s. L’essor perse à partir du VIIes. s’explique par l’acculturation des Elamites et par l’usure d’une civilisation issue de l’époque proto-urbaine.

C

– D. CHARPIN et J.-M. DURAND, « La suzeraineté de l’empereur (sukkalmah) d’Elam sur la Mésopotamie et le ‘nationalisme’ amorrite », RAI 36, p. 59-66: les sources de Mari soulignent le rôle politique essentiel et incontesté, quoique discret, de l’empereur élamite dans les relations internationales. Il est appelé « père » du roi de Mari par les fonctionnaires mariotes, et joue le rôle d’arbitre dans les conflits internationaux. Une intervention trop directe de l’Elam a provoqué, sous le règne de Zimri-Lim, un brusque sursaut de nationalisme amorrite contre l’oppression de la suzeraineté élamite.

– S. W. COLE et L. DE MEYER, « Tepti-ahar, King of Susa, and Kadašman-dKUR-GAL », Akkadica 112, 1999, p. 44-45: une nouvelle proposition de lecture de l’idéogramme dKUR-GAL = Harbe qui se trouve dans le nom d’un roi kassite, contemporain du roi de Suse Tepti-ahar, renverrait à Kadašman-Harbe I (fin du XVe s. av. J.-C.) et non pas Kadašman-Enlil (fin du XIIIe s. av. J.-C.) comme cela avait été proposé jusqu’à présent. Cette identification permettrait d’assurer avec plus de certitude le placement chronologique du roi élamite.

D

– P. DE MIROSCHEDJI, “La fin de l’Elam: essai d’analyse et d’interprétation », IrAnt 25, 1990, p. 47-95: étude démographique, sociale et politique de l’Elam, de la fin du IIe millénaire jusqu’à la conquête perse, à partir du matériel archéologique disponible. Sur le plan économique et social, on constate une diminution constante du pourcentage de terres habitées par des sédentaires, un développement du pastoralisme et un déclin du mouvement urbain. Par ailleurs, les disparités ethniques s’accentuent à la suite de l’implantation de populations allochtones nomades. Sur le plan historique, après une période florissante aux XIVe-XIIe s., le déclin de l’Elam s’effectue en deux étapes: d’abord une décadence politique, courant XIe s., puis une période de régression économique et politique conduisant à l’effondrement de l’Elam en 646, au cours de la campagne assyrienne contre Suse. Ce schéma est typique de la dislocation des grandes puissances orientales, puisqu’il s’applique également à la Babylonie entre 110 et 750.

G

– M. GASSAN, “Hurpatila, roi d’Elammat », AION 49/3, 1989, p. 223-229: contrairement à l’opinion communément admise, Hurpatila n’est pas un roi élamite. L’Ela(m)mat est une principauté intermittente située au nord-ouest de la Susiane, qui eut parfois une importance stratégique dans les luttes opposant l’Elam à la Babylonie aux IIe et Ier millénaires. Hurpatila, qui régna au XIVe s., est le seul souverain connu pour ce pays.

– J. -J. GLASSNER, “Chronologie élamite et chroniques mésopotamiennes », NABU 1993/38: sur la mention du titre de sukkalmah dans deux chroniques paléo-babyloniennes, l’une de la dynastie d’Isin, l’autre de Samsu-ilûna. Cette dernière pourrait évoquer la campagne élamite au cours de laquelle la statue de Nanâya d’Uruk fut dérobée et rapportée en Elam. Le fait aurait alors eu lieu sous le règne de Kutir-Nahhunte Ier.

– IDEM, « Les textes de Haft Tepe, la Susiane et l’Elam au 2e millénaire », RAI 36, p. 109-126: les tablettes de Haft Tepe, peut-être l’ancienne Kabnak, constituent les archives d’un grand domaine durant environ 30 ans. La datation de ces textes amène l’a. à reprendre la chronologie et l’histoire politique de la Susiane.

– IDEM, “Les dynasties d’Awan et de Simaški », NABU 1996/34: l’a. met en doute l’historicité de la liste paléo-babylonienne des souverains élamites. Un bilan des connaissances actuelles sont les rois d’Awan et de Simaški montre les lacunes de la liste ou au contraire la présence d’individus inconnus par ailleurs.

– IDEM, “Kuk-Kirwaš, sukkalmah », NABU 1996/35: il faut ajouter à la liste des sukkalmah régnant entre le XIXe et le XVIIe s. le nom de Kuk-Kirwaš, qui exerça la charge à la suite de son oncle, conformément au principe d’hérédité collatérale en vigueur pour les sukkalmah et illustré parle cas de Kuk-sanit.

– J.-J. GLASSNER et F. GRILLOT, « Problèmes de succession et cumuls de pouvoirs: une querelle de famille chez les premiers sukkalmah? », IrAnt 26, 1991, p. 85-99: une révision de la généalogie des premiers sukkalmah élamites conduit à reconstituer les faits politiques entourant la succession du 5e sukkalmah, Temti-Agun, au XVIIe s.: son fils cadet, Kuk-Nasur, concentra pour la première fois entre ses mains les fonctions de sukkal de Suse, d’Elam et de sukkalmah.

– EIDEM, “Chronologie susienne », NABU 1993/18: le synchronisme entre Atta-hušu de Suse et Sumu-abum de Babylone, fondé sur MDP X 2, doit être abandonné. Atta-hušu fut donc sukkal de Suse à la fin du XIXe s. ou au début du XVIIIe s.

– EIDEM, “A propos des premiers sukkalmah. Addenda et corrigenda », NABU 1993/27: recomposition du tableau généalogique des sukkalmah à la lumière des modifications apportées dans la note 18 de la même revue et réponse aux critiques de F. Vallat.

– M. GUICHARD, “Résurrection d’un souverain élamite fantôme? », NABU 1994/102: le nom du roi de Suse Šulši-kudur, figurant dans un texte administratif de Mari à la place de Kudušuluš, est peut-être une notation maladroite du scribe pour motiver un anthroponyme qu’il ne comprend pas.

H

– W. F. M. HENKELMAN, « Defining Neo-Elamite History », BiOr 60, 2003, p. 251-263: review-article de M.W. Waters, A Survey of Neo-Elamite History. Le recenseur discute principalement le processus d’affaiblissement de l’Etat néo-élamite par des fragmentations successives.

L

– W. G. LAMBERT, “The Fall of the Cassite Dynasty to the Elamite. An Historical Epic », in: Fs de Meyer, p. 67-72: la réédition de l’une des trois tablettes de Pinches (PSBA 39, 1917, p. 4-15) montre qu’elle relate l’invasion de la Babylonie par Kutir-Nahhunte et qu’elle a été composée à la fin de l’époque achéménide ou au début de l’époque séleucide. D’une manière générale, le lien entre ces textes et les épisodes mentionnés en Genèse XIV doit être écarté.

M

– I. N. MEDVEDSKAYA, « Once more on the destruction of Hasanlu IV: problems of dating », IrAnt 26, 1991, p. 149-161: réponse aux critiques de R. Dyson et O. Muscarella, qui contestent la date proposée par l’a. de 714 pour la destruction de Hasanlu IV.

P

– N. PONS, “Tchoga Zanbil après Untaš-Napiriša », in: Fs de Meyer, p. 43-51: il faut remonter la durée d’occupation de cette ville, fondée par le roi Untaš-Napiriša, à la fin du IIe millénaire (et non à la conquête d’Assurbanipal), comme le montre l’évolution de la céramique.

Q

– E. QUINTANA CIFUENTES, “Los gobernantes elamitas », AuOr 12, 1994, p. 73-94: liste exhaustive, commentée et ordonnée chronologiquement par dynasties de tous les rois élamites connus aujourd’hui, d’après les sources mésopotamiennes principalement. L’ensemble est résumé en trois tableaux et une liste synchronique.

– IDEM, Historia de Elam, el vecino Mesopotámico, Estudios Orientales, Murcie, 1997, 112 p.: synthèse sur les relations de l’Elam avec la Mésopotamie au IIIe millénaire (Sumer, Akkad, Ur III) et au IIe millénaire (rapports avec Isin et Larsa, avec les royaumes amorrites), et au Ier millénaire (rois néo-élamites et néo-assyriens). Aperçu sur la religion et l’art élamites.

S

– M. J. STEVE, « Elam: histoire continue ou discontinue? », RAI 36, p. 1-9: synthèse sur l’histoire de l’Elam. La révision de la chronologie des sukkalmah, qui disparaissent vers 1500, crée un vide historique d’un siècle dans lequel s’insèrent 5 rois « de Suse et d’Anzan », avant l’apparition des Igi-halkides en 1400.

– IDEM, “Suse: la couche XII du chantier ‘A’ de la ‘ville royale’ et la fin de l’époque des Sukkalmah », in: Fs de Meyer, p. 23-30: étude d’une centaine de tablettes sur la phase finale des sukkalmah. Une tablette de Dilbat datée d’Ammi-saduqa, où apparaît Kuk-našur III, permet d’établir le synchronisme des deux rois vers 1620. Les 4 derniers sukkalmah s’échelonnent entre 1620 et 1200.

V

– F. VALLAT, “Les sukkalmah: errata », NABU 1992/116: la correction d’une erreur typographique dans un précédent article (Fs Perrot, p. 119ss) est l’occasion de reprendre la généalogie des sukkalmah. Kutir-Nahhunte n’a pas exercé cette dignité, au contraire de son fils Temti-Agun, auquel succéda Kutir-Silhaha.

– IDEM, “Le Kutir-Nahhunte d’Assurbanipal », NABU 1993/31: la déesse Nanna retrouvée à Suse par Assurbanipal lors de sa campagne élamite avait été apportée par Kutir-Nahhunte II.

– IDEM, “Kuk-Našur et Ammisaduqa », NABU 1993/39: le roi élamite contemporain du babylonien Ammisaduqa est Kuk-Našur II.

– IDEM, “Succession royale en Elam au IIe millénaire », in: Fs de Meyer, p. 1-14: synthèse sur la transmission du pouvoir en Elam à l’époque des Šutrukides, la mieux documentée à l’heure actuelle. La succession se fait par ordre de primogéniture mâle, modifiée par la pratique de l’inceste (père/fille et frère/sœur). Le fratriarcat n’existe pas: en l’absence de fils du défunt, le pouvoir est exercé par son frère dans le cadre d’une régence. L’association au trône est documentée en ligne collatérale. L’a. aborde aussi les questions de la polygamie, qui n’est pas pratiquée, et du lévirat.

– IDEM, “Šutruk-Nahunte, Šutur-Nahunte et l’imbroglio néo-élamite », NABU 1995/44: Šutruk-Nahunte et Šutur-Nahunte sont deux souverains distincts qui ont régné à un demi-siècle d’intervalle (le premier à la fin du VIIIe s., le second dans la seconde moitié du VIIe s.).

– IDEM, « Réflexions sur l’époque des sukkalmah », in: Fs Perrot, p. 119-127: critique de l’organisation tripartite des institutions habituellement proposée, avec un souverain suprême et deux corégents. Les textes montrent en réalité que le pouvoir était divisé entre 4 dignitaires au moins. La succession dynastique était organisée selon les principes de masculinité, de primogéniture et d’association au trône, la légitimité du roi étant fondée sur une filiation incestueuse devenue rapidement un simple élément de titulature. L’a. reconstitue l’ordre des souverains élamites sur environ 3 siècles, depuis Ebarat jusqu’à Kuk-Nasur III, contemporain d’Ammi-Saduqa.

– IDEM, F. VALLAT, “Le royaume élamite de SAMATI », NABU 1996/31: présentation chronologique des rois de Samati, contemporains d’après la documentation des tablettes de l’Acropole, entre 585-539. – IDEM, “L’Elam à l’époque paléo-babylonienne et ses relations avec la Mésopotamie », Amurru 1, p. 297-319: la réinterprétation des anciennes données combinée aux éléments fournis par la documentation récente permet de modifier le schéma de la dynastie des sukkalmah élaboré par W. Hintz, qui est le plus généralement accepté. Ebarat II, en effet, apparaît comme le fondateur de la dynastie des sukkalmah ce qui présuppose que les derniers simaškéens sont comtemporains des premiers sukkalmah. Le règne d’Ebarat doit être désormais fixé vers 1970. Enfin, le groupe Pala-iššan a exercé le pouvoir au milieu du XXe siècle.

– IDEM, “La politesse élamite à l’époque des Igihalkides », NABU 1997/74: l’a. s’oppose à la proposition de E. Quintana, NABU 1996/106, de voir une royauté à Anšan et une autre à Suse. Il n’y a qu’une royauté double à cette époque.

– IDEM, “Les trois Kuk našur », NABU 1997/110: la dynastie des Epartides, qui a régné en Elam et en Susiane, n’a compté que trois souverains nommés Kuk-našur.

– IDEM, « Le palais élamite de Suse », Akkadica 112, 1999, p. 34-43: point sur les vestiges archéologiques et les textes médio-élamites mentionnant le palais et la chapelle royale, sur le tepe de l’Apadana. Le palais fut rasé par Assurbanipal en 646 ou par Darius pour reconstruire sur le même emplacement son propre palais.

W

– M. W. WATERS, « Mesopotamian Sources and Neo-Elamite History », RAI 45, p. 473-482: la reconstitution de l’histoire néo-élamite repose principalement sur la chronologie et l’histoire mésopotamiennes. Cependant, l’a. préfère une approche minimaliste cherchant à confronter les sources néo-élamites avec d’éventuelles précurseurs de l’époque des sukkalmah ou de la période médio-élamite (par exemple en matière de mariages dynastiques ou d’inceste dans la famille royale), même si à l’heure actuelle, de tels parallèles restent hautement hypothétiques en l’absence de référence explicite dans les textes. Il est également tentant de placer au début et à la fin de la période néo-élamite (1000-750 et 645-550) les souverains pour lesquels aucune concordance n’est possible avec une séquence mésopotamienne, mais l’entreprise reste hasardeuse en l’absence de synchronisation chronologique.

Géographie

V

– F. VALLAT, Les noms géographiques des sources suso-élamites, RGTC 11, Wiesbaden, 1993.

– IDEM, « La géographie de l’Elam d’après quelques textes mésopotamiens », RAI 36, p. 11-21: la révision de l’interprétation traditionnelle des distances exprimées dans la « géographie de Sargon » (= KAV 92) corrobore la localisation de Meluhha dans le Baluchistan pakistanais, de Marhasi dans le Baluchistan iranien, et de Tukris dans le Kerman.

Economie, droit, société

A

– G. G. APERGHIS, “Surplus, exchange and price in the Persepolis Fortification Texts », Economie antique, p. 277-290: l’a. étudie le sort des surplus de production des magasins publics de stockage, à partir des “tablettes de fortification » de Persépolis. Son étude montre un système d’économie proto-monétaire contrôlé par le pouvoir central, à base d’échanges par les magasins publics de leurs surplus contre d’autres denrées ou contre de la monnaie, utilisable notamment par les travailleurs. Ceux-ci recevaient leur salaire en monnaie et le dépensaient dans les comptoirs commerciaux (zamatash) approvisionnés par les magasins publics. La monnaie (qui appartient au roi) fonctionnait ainsi en circuit fermé.

– E. ASCALONE et L. PEYRONEL, “Typological and Quantitative Approach to the Ancient Weight Systems. Susa, Persian Gulf and Indus Valley from the End of the III Mill. to the Beginning of the II Mill. BC », AOF 26, 1999, p. 352-376: analyse des unités de poids d’après objets retrouvés à Suse et dans la vallée de l’Indus, qui eurent des contacts économiques étroits.

B

– L. BACHELOT, « Les relations entre Suse et la Haute Mésopotamie au IIIe millénaire av. J.C.: étude des sceaux et scellements trouvés à Kutan (région d’Eski-Mossoul), in: Fs Perrot, p. 67-81: l’examen des nombreux sceaux-cylindres de style proto-élamite du site de Kutan, dépourvu à cette époque d’organisation étatique, remet en question l’explication traditionnelle de l’apparition de l’Etat, liée notamment à l’invention de l’écriture.

C

– E. CARTER, « Elamite Exports », in: Fs Perrot, p. 89-100: étude du commerce maritime entre l’Elam et la Mésopotamie, via le Golfe Persique, entre la fin du IVe et le début du IIe millénaires. Les échanges ont été favorisés par des alliances politiques et matrimoniales, comme le mariage de la fille de Bilalama d’Esnunna avec le roi du Simaski, au tournant du IIe millénaire.

– J. CURTIS (éd. ), Early Mesopotamia and Iran: Contact and Conflict 3500-1600 BC, Proceedings of a Seminar in memory of Vladimir G. Lukonin, Londres, 2 éd., 1994, 95 p., pl., photos: actes d’un colloque consacré aux échanges entre Mésopotamie et Iran, du milieu du IVe au milieu du IIe millénaire. Quatre contributions sont publiées: 1/ P. Amiet, “The Period of Irano-Mesopotamian Contacts 3500-1600 BC », p. 23-30: l’analyse de la céramique de Suse montre que l’Elam s’est rattaché à la Mésopotamie et à l’Iran, au gré des vicissitudes politiques et historiques de cette période. 2/ P.R.S. Moorey, “Iran: A Sumerian El-Dorado? », p. 31-43: l’Elam est perçu comme un pays mythique et riche par les Sumériens, comme le montrent les poèmes d’Enmerkar et du Seigneur d’Aratta. Cette image explique les contacts commerciaux étroits avec l’Iran, pour l’importation de produits de luxe et de métaux, et les visées politiques des rois néo-sumériens sur cette région. 3/ E. Porada, “Seals and Related Objects from Early Mesopotamia and Iran », p. 44-53: la glyptique mésopotamienne et iranienne révèle l’extension de l’influence d’Uruk vers Suse, à la fin du IVe millénaire, préfigurant la domination sumérienne d’Ur III. 4/ H. Nissen, “The Context of the Emergence of Writing in Mesopotamia and Iran », p. 54-71: l’apparition de l’écriture dans la région d’Uruk est liée à la taille exceptionnelle de la ville, à la fin du IVe millénaire, devenue un centre économique et administratif de premier plan. Le système a été exporté vers l’Iran, où s’est développé plus tard et de manière indépendante le proto-élamite.

J

– F. JOANNES, « L’étain de l’Elam à Mari », RAI 36, p. 67-76: le développement du trafic de l’étain correspond à un rapprochement diplomatique entre Mari et l’Elam. Mari apparaît comme le pivot du commerce international, recevant de l’étain d’Esnunna, d’Assur ou d’Elam, en renvoyant une partie vers l’ouest (Alep, Karkemis) en échange de cuivre d’Anatolie et de Chypre. Les principaux agents de ce commerce international sont des diplomates, qui convertissent ou échangent les cadeaux reçus contre de l’étain.

S

– G. J. SELZ, « ‘Elam’ und ‘Sumer’. Skizze einer Nachbarschaft nach inschriften Quellen der vorsargonischen Zeit », RAI 36, p. 27-43: les relations entre l’Elam et les villes sumériennes présargoniques commencent très tôt et se fondent avant tout sur les échanges économiques. L’Elam importe des matières premières et exporte du bois, des métaux, des technologies et des artisans.

U

– A. UCHITEL, « Foreign Workers in the Fortification Archive », RAI 36, p. 127-135: les tablettes des fortifications de Persépolis attestent la présence de nombreux travailleurs étrangers, de Lycie et de Thrace surtout, intervenant toujours comme force additionnelle de travail et non pas permanente.

Z

– R. ZADOK, « Elamite Onomastics », SEL 8, 1991, p. 225-237: la liste des noms de personnes établie pour toutes les époques révèle les mélanges de populations, sumérienne et akkadienne, puis kassite et enfin iranienne.

– IDEM, “Elamites and Other People from Iran and the persian Gulf Region in Early Mesopotamian Sources », Iran 32, 1994, p. 31-51: analyse prosopographique des NP élamites attestés à Ur III, des NP cassites puis d’autres groupes Iraniens.

Sources, linguistique

A

– N. AL-MUTAWALLY, « Economical Texts from Isan-Mazyad », RAI 36, p. 45-46: à propos des textes trouvés sur ce site proche de Kis, contenant des listes de travailleurs ou de distribution de rations de céréales. Quelques remarques sur les datations et les noms propres.

B

– G. BECKMAN, « A stray tablette from Haft Tepe », IrAnt 26, 1991, p. 81-83: éd. complète d’une tablette appartenant à un particulier, revêtue du sceau d’Athibu, gouverneur de Kabnak, et contenant un compte de bétail.

C

– D. CHARPIN et J. -M. DURAND, “Un roi élamite parlant sumérien? », NABU 1994/101: relecture des ll. 20-21 de l’épopée relatant l’invasion de la Babylonie par les Elamites. La version proposée par W. Lambert laisse supposer que le roi d’Elam s’exprime en sumérien. Mieux vaut comprendre que les ravages ont été décidés par les divinités.

D

– L. DE MEYER, « Un meurtre à Suse », in: Fs Veenhof, p. 31-38: éd. d’un texte juridique en akkadien, enregistrant la déclaration d’un certain Ea-gâmil qui, suite à un homicide, s’engage à retrouver le coupable et le corps de la victime.

G

– G. GIOVINAZZO, “I ‘puhu’ nei testi di Persepolis. Nuove interpretazioni », AION 55/2, 1995, p.141-157: l’analyse des tablettes de Persépolis, d’époque achéménide, permet d’affiner le sens de puhu, qui désigne une personne jeune “déplacée » en Perse, notamment dans les satrapies orientales de l’empire, et qui exerce l’activité d’apprenti, de serviteur ou de valet.

– J. -J. GLASSNER, “Collations susiennes », NABU 1995/1: relecture d’une empreinte de sceau-cylindre publiée par P. Amiet. Le nommé Attapuni ne s’y présente pas comme serviteur du sukkal Kukusanit (Vallat) mais comme son fils. Le nom de sa fonction a disparu dans une lacune.

– F. GRILLOT-SUSINI, “Les textes de fondation du palais de Suse », JA 278, 1990, p. 213-222: un réexamen du texte de Darius Ier connu sous le nom de “Charte de fondation du Palais » montre que ce roi n’a construit qu’un seul complexe palatial à Suse. Les nombreux textes d’un genre similaire retrouvés sur le site ne sont que des variantes d’une unique inscription, recopiée et modifiée plusieurs fois pour s’adapter aux différents stades des travaux.

H

– P. HERRERO et J. -J. GLASSNER, “Haft-Tépé: choix de textes I », IrAnt 25, 1990, p. 1-45: éd. de 70 textes remontant aux XIVe-XIIIes. et provenant de Haft-Tépé, peut-être l’ancienne Kabnak, près de Suse.

– EIDEM, « Haft-Tepe: choix de textes II », IrAnt 26, 1991, p. 39-80: éd. de 89 nouveaux textes de Haft-Tepe et de 4 tablettes d’Abu Fandowa, site voisin du précédent: comptes de denrées diverses et listes d’anthroponymes. Les aa. analysent par ailleurs les noms de mois élamites.

– EIDEM, , “Haft-tépé: choix de textes III », IrAnt 28, 1993, p. 97-135: copie de 44 textes concernant pour la plupart des comptes de vêtements et d’animaux. Un long texte divinatoire est transcrit, traduit et commenté. Appendice: remarques sur les inscriptions cunéiformes publiées par E. Negahban en 1991.

– EIDEM, “Haft-Tépé: choix de textes IV », IrAnt 31, 1996, p. 51-82: éd. des copies de P. Herrero de plus de 80 tablettes et fragments, réparties en deux groupes: les textes de la pratique d’une part et les textes scolaires d’autre part.

K

– H. KOCH, “Elamisches Gilgameš-Epos oder doch Verwaltungstäfelchen? », ZA 83/2, 1993, pp. 219-236: les trois fragments élamites trouvés en Arménie (site antique d’Argištihenele) ne contiennent pas une version élamite de l’épopée de Gilgameš (Diakonoff, ZA 1990) mais constituent 3 documents distincts, une lettre et deux textes économiques d’époque achéménide.

L

– W. LAMBERT, “A Sumerian-speaking king of Elam? », NABU 1995/10: mise au point sur la lecture des ll.20-21 de l’épopée sur la chute de la dynastie kassite (cf. Fs de Meyer).

– IDEM, « The akkadianization of Susiana under the sukkalmahs », RAI 36, p. 53-57: l’influence prépondérante de l’akkadien dans la langue de la Susiane provient de l’arrivée massive dans cette région d’habitants de Lagas, fuyant les raids élamites de la fin de la 3e dynastie d’Ur. Le développement de l’influence babylonienne s’est fait sentir à partir du début de la dynastie d’Isin-Larsa, jusqu’à la moitié du 2e millénaire.

M

– F. MALBRAN-LABAT, “Akkadien, bilingues et bilinguisme en Elam et à Ougarit », in: Bilinguisme, p. 33-61: synthèse sur les sources bilingues d’Elam et d’Ugarit. L’akkadien apparaît dans les inscriptions élamites dès la fin du IIIe millénaire (Puzur-Inšušinak) et se maintint dans les textes officiels mais aussi épistolaires jusqu’au milieu du IIe millénaire. Au contraire, la dynastie des Igihalkides rétablit l’emploi prioritaire de l’élamite. Un véritable bilinguisme s’instaure à l’époque néo-élamite (VIIe-VIe s.). L’a. examine aussi les divers emplois de l’akkadien à Ugarit, dans le domaine du droit et des relations internationales, l’emploi de l’ugaritique étant réservé à la religion et l’administration interne. Les deux langues (et d’autres encore, comme le hourrite) coexistent à tous les niveaux de la vie politique et quotidienne.

– C. MONTAGNE et F. GRILLOT-SUSINI, “Les inscriptions royales de Suse, Musée du Louvre (R.M.N., Paris, 1995) par Florence Malbran-Labat », NABU 1996/33: relecture de l’inscription n° 57 de l’ouvrage de F. Malbran-Labat, dans laquelle il serait question de déplacer non pas le temple-kukunnum de Suse mais les statues de trois rois défunts dans ce sanctuaire.

Q

– E. QUINTANA, « Algunas precisiones al artículo ‘A Loan Document from Elam’ « , NABU 2002/56: corrections et nouvelle éd. de NBC 6792, un contrat de prêt de grain publié par O. Tammuz.

R

– J. READE, “The Elamite tablets from Niniveh », NABU 1992/119: point sur les collections de tablettes élamites de Ninive au British Museum, incluant le locus et l’année de leur découverte.

S

– G. SELZ, « Irano-Sumerica », WZKM 91, 2001, p. 259-267: la figure héroïque d’Enmerkar, roi d’Uruk, dans la littérature sumérienne, est sans doute empruntée à la culture iranienne.

T

– O. TAMMUZ, « A Loan Document from Elam », RA 94, 2000, p. 17-19: éd. complète d’une contrat de prêt conservé à Yale, de provenance inconnue, élamite de par les NP et la datation.

V

– F. VALLAT, “Deux inscriptions royales en élamite de l’époque des Epartides (sukkalmah) », NABU 1990/137: identification de deux fragments d’inscription attribuées à Temti-Agun et à Kubir-Nahhunte, tous deux appartenant à la dynastie des Epartides (1970-1600).

– IDEM, “Une inscription élamite écrite de droite à gauche! », NABU 1995/45: les empreintes d’un sceau-cylindre sur les tablettes de l’acropole de Suse doivent être lues de droite à gauche pour donner un sens intelligible.

– IDEM, “Epopée de Gilgameš ou tablette économique de Persépolis? Ni l’un, ni l’autre! », NABU 1995/46: des trois fragments de textes élamites trouvés en Arménie, le plus important n’est ni un passage de l’épopée de Gilgameš ni un texte économique, mais une lettre ordonnant d’enquêter sur le mariage d’un individu dont la femme a disparu. L’a. annonce une prochaine éd. de cette lettre.

– IDEM, “Le royaume élamite de Zamin et les ‘lettres de Ninive' », in: Fs Stronach, vol. 1, p. 95-106: la relecture de la lettre du “Village perse-achéménide » montre que les prétendues “lettres de Ninive » proviennent en réalité de Mâlamîr, et sont rédigées en élamite anzanite.

– IDEM, “Nouveaux problèmes de succession en Elam », IrAnt 32, 1997, p. 53-70: contre l’opinion de J.-J. Glassner (JA 282, 1994), qui s’appuie sur le vocabulaire de la parenté pour conclure que le pouvoir élamite est transmis d’oncle à neveu, l’a. maintient que le terme ruhu-šak désigne le “fils légitime » (à l’origine incestueux) et non pas le “neveu ». Le lecteur pourra regretter que le ton de l’article dépasse parfois la pure critique scientifique.

– IDEM, « Le palais élamite de Suse », Akkadica 112, 1999, p. 34-43: après avoir précisé le sens des termes élamites hijan “palais royal » et kumpum kiduia “temple » ou “chapelle du palais », l’a. propose que le palais de l’époque élamite soit sans doute sous celui de Darius, attestant de la continuité des lieux de pouvoir.

– IDEM, “La lettre élamite d’Arménie », ZA 87, 1997, p. 258-270: nouvelle trs et commentaire des trois tablettes fragmentaires découvertes en Arménie, qui contiennent une lettre d’époque achéménide demandant une enquête à propos de la disparition d’une famille.

– IDEM, « Le “clergé » élamite », in: Gs Cagni, vol. 2, p. 1065-1074: l’a. identifie l’existence d’un verbe la- signifiant “assurer le culte de » ou “vouer un culte à », dont lar- pourrait être un dérivé nominal signifiant “clergé ». Une occurrence au pluriel (la-ap) dans une inscription de Tepti-Huban-Insusinak associe ce terme au pays (hal) et à l’armée (hit), rappelant la célèbre trilogie des fonctions dans les sociétés indo-européennes (prêtre, guerrier, agriculteur : théorie de G. Dumézil), peut-être inspirée du monde élamite.

Z

– R. ZADOK, “A Document Concerning Work in Elam: BM 49718″, NABU 1995/4: éd. d’une tablette du British Museum dans laquelle un nommé Uraš-ana-bîtîšu s’engage à aller travailler trois mois en Elam, en collaboration avec des dignitaires élamites, et peut-être à la place de son père. Celui-ci garantit que son fils dédommagera le commanditaire des travaux, Nabû-balassu-iqbi, s’il n’effectue pas les prestations demandées.

– IDEM, “On the Current State of Elamite Lexicography », SEL 12, 1995, p. 241-252: méthodologie de la recherche lexicographique en élamite.

Religion

V

– F. VALLAT, “Inšušinak, Ea et Enzag », NABU 1997/111: dans MDP 28 7, Ea et Enzag sont des épithètes d’Inšušinak.

– IDEM, “Le caractère funéraire de la ziggurat en Elam », NABU 1997/38.

%d blogueurs aiment cette page :